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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 12:50
Sanctions contre la Russie: l'avenir s'assombrit pour Rheinmetall

L'équipement du fantassin Gladius équipe les soldats de l'armée de terre allemande. Crédit: Rheinmetall AG Düsseldorf

 

07/08/2014 Par Véronique Guillermard

 

Le gouvernement allemand interdit au fabricant de matériels militaires terrestres Rheinmetall d'exporter en Russie. Berlin a bloqué un contrat d'une valeur estimée à 100 millions d'euros.

 

Les nuages s'accumulent au dessus de Rheinmetall. Le groupe présent dans l'automobile et l'armement terrestre a revu, aujourd'hui, à la baisse ses perspectives pour 2014, en contrecoup de la décision du gouvernement allemand de bloquer son activité en Russie. Le chiffre d'affaires de l'activité défense ne devrait pas dépasser 2,3 milliards d'euros au lieu des 2,5 à 2,6 milliards attendus cette année.

 

En début de semaine, l'Allemagne a durci son train de sanctions contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne. Sigmar Gabriel, le ministre de l'Économie allemand, a retiré à Rheinmetall sa licence d'exportation d'un centre d'entraînement et de formation militaire. Un contrat estimé à 100 millions d'euros. Un coup dur pour le fabricant de blindés, canons et autres équipements pour fantassins. D'autant que si les Européens ont décidé de ne plus exporter d'armements en Russie, cette sanction ne devait s'appliquer qu'aux nouveaux contrats. Rheinmetall a aussitôt réagi. Sa direction va explorer «toutes les possibilités juridiques» et n'exclut pas de demander au gouvernement allemand des indemnités.

 

Pression sur la France et les Mistral russes

 

En prenant une mesure rétroactive, Berlin accentue, en outre, sa pression sur la France, sommée par plusieurs pays européens, Grande-Bretagne en tête, ainsi que par les États-Unis de ne pas livrer, cet automne, le premier des deux Mistral russes commandés par Moscou en 2011, pour 1,2 milliard d'euros.

 

Rheinmetall voit sa stratégie d'expansion en Russie contrariée. Or, c'est un des pays que le groupe allemand ciblait pour booster ses exportations hors d'Europe, où il ambitionne de prendre 50 % de ses commandes nouvelles d'ici à 2015. «Alors que les dépenses militaires baissent en Europe et aux États-Unis, d'autres pays tels que la Russie, le Brésil et l'Asie les augmentent. Notre objectif est d'augmenter notre présence dans ces régions en croissance», expliquait la direction du groupe dans son rapport annuel 2013.

 

Tentative pour faire capoter l'alliance Nexter-KMW

 

Bloqué en Russie, Rheinmetall est aussi en mauvaise posture depuis l'annonce, le 2 juillet dernier, des fiançailles entre son homologue, Krauss-Maffei Wegmann (KMW), et le français Nexter. Les deux groupes sont entrés en négociations exclusives afin de former le numéro un européen de l'armement terrestre d'ici à fin 2014-début 2015. Depuis plusieurs semaines, Rheinmetall se démène pour faire capoter ce futur Airbus des blindés. Il préparerait une offre sur KMW avec lequel il coopère pour la fabrication de plusieurs blindés dont les chars Puma. Jusqu'ici les négociations menées par le passé par les deux entreprises allemandes ont toujours tourné court. Et côté gouvernement français, on reste très confiant dans la capacité des deux entreprises et de leurs actionnaires - l'État français et la famille Bode-Wegmann - d'aboutir.

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