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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 16:55
photos Armée de l'Air

photos Armée de l'Air

 

 

17.03.2014 Helen Chachaty journal-aviation.com

 

Alors que le premier A400M livré à l’armée de l’air se trouve actuellement en visite de maintenance, son petit frère, MSN8 a effectué le 11 mars sa première traversée transatlantique, dans le cadre des campagnes d’expérimentation de la MEST (Multinational Entry into Service Tram). Parti de la BA 123 d’Orléans-Bricy, il a rallié la BA 125 d’Istres, puis l’aéroport de Sal au Cap Vert, afin de se diriger vers la BA 367 de Cayenne, en Guyane, avant de faire le trajet retour avec un détour par Fort de France en Martinique.

 

11 mars, BA 123 Orléans-Bricy, 7h du matin. C’est dans le brouillard matinal que le Ville de Toulouse se prépare à son grand voyage. Le décollage a lieu aux alentours de 8 heure, pour un premier « saut de puce », une escale de quatre heures à la BA 125 d’Istres, afin d’y charger un hélicoptère Fennec destiné aux missions de protection aérienne du centre spatial guyanais de Kourou, ainsi que du fret supplémentaire. L’opération de chargement, une première pour l’A400M, va durer une bonne heure, le temps pour les loadmasters de calibrer les rampes de chargement et de vérifier que la manœuvre pourra s’effectuer de manière optimale. L’ensemble des étapes, les données chiffrées et techniques sont consignées sur une fiche de chargement, afin de servir de base de référence pour les futurs chargements de Fennec.

 

« La difficulté n’était pas de charger le Fennec à l’intérieur de l’avion, mais de trouver le bon arrimage pour pouvoir être dans les normes que nous imposent le transport et les limitations de l’A400M », explique le major Franck Girard, loadmaster. Car si l’emplacement des chaînes d’arrimage est fixé en ce qui concerne l’hélicoptère, il faut en revanche effectuer un calcul pour chaque chaîne en fonction du poids qu’elle peut supporter avec la fixation au sol, qui elle n’est pas définie.

 

L’hélicoptère est treuillé dans l’avion, qui pourrait même en accueillir un deuxième. « A côté d’un Transall ou d’un C-130, c’est le paradis », selon un des militaires chargé de la manœuvre. La capacité de chargement de l’A400M laisse, il est vrai, de la place pour de la cargaison supplémentaire.

 

A 13h30, MSN8 est prêt à re-décoller, chargé du Fennec et de 2,1 tonnes de matériel. Direction l’aéroport de Sal, au Cap Vert, ultime arrêt avant le « grand saut ». Après six heures de vol, l’A400M se pose au crépuscule sur le petit aéroport de l’île située à l’ouest du Sénégal. Le temps de faire le plein et d’exécuter les formalités administratives de rigueur, l’équipage prend l’air et en profite pour se dégourdir les jambes.

 

A 21h, l’A400M prend la direction de Cayenne, pour un vol de 5 heures et 32 minutes. L’arrivée sur la BA 367 « Capitaine François Massé » vers 22h30 heure locale (2h30 heure de Paris) signe l’accomplissement de la première traversée de l’océan Atlantique d’un A400M français. « Tout s’est très bien passé », selon le lieutenant-colonel François Brun, commandant de bord sur A400M, pour qui l’avion a rempli toutes les exigences. Le Ville de Toulouse a atteint les 800km/h et les 32 000 pieds.

 

La traversée permet une fois de plus de constater le gain de temps certain par rapport aux avions de transport actuellement en service. « On ne fait pas la traversée avec un Transall, on se serait arrêté à l’aéroport du Cap Vert, mais Cap Vert-Cayenne ça ne passe pas, donc on aurait fait un arrêt supplémentaire au Brésil », précise le LCL Brun. Un bon point pour ce nouvel avion de transport tactique et stratégique, qui permettra à l’armée de l’air d’acheminer troupes et matériels beaucoup plus rapidement qu’actuellement.

 

Le déchargement de l’hélicoptère Fennec et du fret s’effectue le lendemain sur la base aérienne de Cayenne. L’opération est également consignée dans les moindres détails, l’espacement des rampes calculé au centimètre près. Une fois l’avion vidé, il est à nouveau chargé, emportant à nouveau du fret et un hélicoptère Fennec pour le retour en métropole.

 

MSN8 décolle le 13 mars de la base aérienne 367 pour rallier Fort de France en Martinique en 2 heures et 15 minutes. Le lendemain a lieu la seconde traversée transatlantique afin de retourner en métropole. L’A400M relie Fort de France à la BA d’Istres en 10 heures et 23 minutes, du roulage à l’arrêt des moteurs. C’est le vol le plus long sans escale de l’A400M français à ce stade des expérimentations et la capacité de ravitaillement en vol - qui n’est pas attendue avant fin 2015 - permettra d’allonger encore plus considérablement les capacités de l’avion. Après ce vol de nuit, l’hélicoptère et le fret embarqués à Cayenne sont déchargés en un temps record. MSN8 peut enfin rejoindre sa base à Orléans, signant ainsi la fin de la campagne d’expérimentation.

 

« L’ensemble de la mission s’est très bien passé » pour le capitaine Alexandre Jaubertie, NOSA (Navigateur officier systèmes d’armes) au sein de la MEST. « Avec un vent pas forcément favorable, on n’était pas loin des limites d’endurance de l’avion, c’est pour cette raison qu’on a dû prendre le temps de bien affiner les réserves d’essence avant le départ », précise-t-il. L’ensemble de la mission a permis de valider les points d’expérimentation et les comptes-rendus vont à présent être envoyés au CEAM pour alimenter les banques de données sur l’avion.

 

Prochaine expérimentation, une mission en Norvège, prévue normalement pour cette semaine.

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