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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:30
photo EMA - Armée de l'Air

photo EMA - Armée de l'Air

 

19/09/2014 LePoint.fr

 

Ne pouvant contrer la puissance américaine, les djihadistes vont se replier en ville pour mener des actions de guérilla et pousser la coalition à la faute.

 

Face à l'arsenal déployé par les États-Unis, les djihadistes du groupe État islamique (EI) vont se replier sur les zones urbaines et mener des actions de guérilla pour défendre leurs fiefs. Pour éviter d'être la cible de l'aviation américaine, cette organisation extrémiste, qui a proclamé un "califat" sur un territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie aussi grand que le Royaume-Uni, va réduire sa mobilité dans les importantes régions désertiques où ses combattants et matériel sont facilement repérables. L'EI va "se mettre en position défensive en se dissimulant dans les zones urbaines d'où il peut combattre" en cas d'attaque, explique le général britannique à la retraite Ben Barry, expert militaire à l'Institut international d'études stratégiques (IISS).

 

Depuis ses succès en Irak, l'EI contrôle plusieurs villes importantes notamment Mossoul, Tikrit, Tell Afar dans le nord de l'Irak, Fallouja et partiellement Ramadi dans l'Ouest. En Syrie, il dirige d'une main de fer Raqa, son fief dans le Nord, la moitié de Deir Ezzor (Est) et de nombreuses localités de moindre importance.

 

"Se mêler à la population"

 

Autre raison de se déployer dans les villes : pousser les forces américaines ou irakiennes à la faute. "Elles infligeront des pertes parmi les civils en voulant frapper les djihadistes", note le général. "Et ces derniers utiliseront leurs outils de propagande pour monter les sunnites contre le gouvernement irakien (dirigé par les chiites, ndlr) et éroder la légitimité de la coalition internationale", prévoit-il.

 

Ce mouvement a déjà commencé, selon Ahmed al-Sherifi, un expert irakien en matière de sécurité. "Daesh (acronyme de l'EI) a commencé à retirer certains combattants, notamment les étrangers, pour les diriger vers la Syrie. Ils n'ont gardé que les Irakiens, car ils peuvent aisément se mêler à la population en cas d'attaque", dit-il. L'expert ajoute qu'à Mossoul, les djihadistes ont abandonné leurs centres de commandement installés après la conquête de la ville le 10 juin, pour des maisons privées dans des quartiers populeux où ils font profil bas.

 

Même tactique en Syrie après l'annonce du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel que la campagne aérienne viserait en Syrie "les sanctuaires" de l'EI. À Deir Ezzor, un militant, Abou Ossama, a constaté qu'ils avaient vidé le principal dépôt d'armes de la région situé dans l'ancien siège du gouvernorat, et fermé à Mayadine, plus à l'est, la quasi-totalité de leurs positions. Même les champs pétroliers ont été désertés et les familles des combattants étrangers, qui vivaient dans des bâtiments résidentiels, ont été évacuées. "Ils disparaissent mais laissent des espions pour les informer", assure-il. Dans la province d'Alep (Nord), le groupe s'est retiré de ses sièges d'al-Bab, un de ses principaux fiefs dans cette région.

 

Retour à un modèle insurrectionnel

 

Pour Thomas Pierret, expert de l'islam en Syrie, "le seul cas où les bombardements lourds pourraient vraiment faire la différence, c'est sur les fronts où l'EI concentre des troupes comme à Marea, au nord d'Alep, tenu par les rebelles". "Si les Américains frappaient, l'EI n'aurait d'autre choix que de vider les lieux et de laisser avancer les rebelles", qui luttent à la fois contre l'EI et le régime de Bachar el-Assad.

 

Avec 35 000 hommes sur 215 000 km2, l'EI va devoir faire des choix. "L'EI possède des unités organisées, un commandement capable de diriger plusieurs opérations simultanément et la capacité d'utiliser des armes lourdes prises aux armées syrienne et irakienne", relève Christopher Harmer, un analyste de l'Institut pour l'étude de la guerre, un think-tank américain. "Comme les frappes américaines vont endommager les éléments visibles de la structure militaire de l'EI, cette organisation va revenir à un modèle insurrectionnel en se mêlant à la population civile, ce qui rendra plus difficile d'atteindre ses combattants", souligne-t-il.

 

"L'EI utilisera ses cellules dormantes, les tireurs embusqués, les voitures piégées ou les assassinats ciblés. Pour le moment, l'engagement américain ne représente pas une menace conséquente pour l'EI", assure Christopher Harmer. Richard Barret, spécialiste en contre-terrorisme, va dans le même sens : "L'EI ne peut pas contrer les raids américains et il va donc inverser son processus de développement. D'un mouvement clandestin terroriste, il avait progressé vers un 'État' et il va devoir redevenir ce qu'il était avant".

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