Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:50
EADS va tailler dans ses branches Défense et Espace

 

06.12.2013 Romandie.com (AWP)

 

Paris (awp/afp) - Le géant européen de l'aéronautique EADS doit présenter lundi les détails d'une vaste restructuration de ses activités défense et espace aux syndicats européens inquiets des réductions d'effectifs attendues notamment en Allemagne.

 

Le directeur exécutif du groupe, Tom Enders, a rendez-vous lundi soir à Munich avec le comité d'entreprise européen, à qui il a déjà annoncé, mais par voie de presse, des "mesures draconiennes", surtout dans les activités de défense en Allemagne. Mardi se réuniront des comités européens par branche, selon des sources syndicales.

 

Pour "major Tom", c'est un nouveau défi. Après avoir réussi à desserrer l'emprise des États sur EADS, il a entrepris de regrouper les divisions défense, (Cassidian), espace (Astrium), avec la production d'avions de transport militaires d'Airbus Military, au sein d'une seule division, Airbus Defense and Space.

 

Face à la baisse des budgets militaires occidentaux, la restructuration est inévitable pour rendre le groupe plus efficace et performant dans les compétitions sur les marchés émergents, explique la direction d'EADS, bientôt rebaptisé groupe Airbus.

 

Les réductions de commandes militaires, notamment en Allemagne, ne pourront "pas rester sans conséquence pour l'activité et les emplois", a prévenu le patron d'EADS, en douchant les espoirs de reconversion. "Nous ne pouvons pas amortir cela facilement ni réaffecter les sites et capacités concernés à d'autres tâches", a-t-il ajouté dans un entretien à un magazine allemand.

 

Les syndicats n'en disconviennent pas mais disent craindre que la manoeuvre poursuive surtout une amélioration de la rentabilité, promise aux investisseurs pour 2015, avec qui le groupe a rendez-vous mercredi et jeudi à Londres. Le chiffre de 8000 suppressions d'emplois, avancé par l'agence allemande DPA mais jamais confirmé, n'est pas fait pour les rassurer.

 

APPELS À UNE INTERVENTION POLITIQUE

 

Le plus grand syndicat d'Allemagne, IG Metall, a organisé le mois dernier une vaste journée d'action pour mettre en garde contre les réductions d'effectifs. Plusieurs syndicats français ont adressé une lettre au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, estimant qu'un "groupe industriel dont le carnet de commandes est d'environ 650 milliards d'euros (...) et doit être en mesure de maintenir l'activité de ses sites".

 

Ils demandent à l'État, qui détient 12% du capital, de "peser afin que les intérêts industriels nationaux ainsi que les intérêts sociaux des personnels d'EADS soient préservés".

 

Des appels à un intervention politique vont mettre à l'épreuve la nouvelle gouvernance du groupe, que Tom Enders a voulu indépendante des trois États présents au capital, la France, l'Allemagne et l'Espagne. Depuis une réforme entrée en vigueur cette année, ils ne sont que de simples actionnaires et ne sont plus représentés au conseil d'administration.

 

Le patron allemand recule rarement devant une épreuve de force avec les gouvernements mais cela ne lui a pas toujours réussi. L'Allemagne a ainsi bloqué l'année dernière sa tentative de fusion avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems.

 

"La version qui a cours dans les milieux officiels, c'est qu'Enders avait conclu l'affaire avec Paris et Londres avant de s'adresser à Berlin, qui du coup n'a même pas voulu se pencher sur le projet", explique Christian Moelling, expert à l'Institut allemand des affaires internationales et de sécurité.

 

Et depuis l'équipe dirigeante "n'a pas encore essayé de rétablir des relations normales avec un des plus importants patrons d'industrie en Europe", selon lui.

 

La restructuration annoncée n'a pas encore déclenché de réactions politiques notables à Paris ni à Berlin mais il est vrai que la chancelière Angela Merkel et ses lieutenants étaient accaparés par la formation d'un nouveau gouvernement. EADS emploie quelque 50.000 personnes dans chacun des deux pays.

 

Reste à voir si les déclarations musclées de major Tom, qui ressemblent à une préparation d'artillerie avant un assaut, sont destinées à faire accepter des réductions d'emplois moins drastiques que ce que redoute le personnel.

 

La division Airbus, aujourd'hui en plein essor et qui réalise près de 80% du chiffre d'affaires du groupe, avait du se restructurer en 2007. Le plan prévoyait 10.000 suppressions de postes sur quatre ans chez Airbus et ses sous-traitants, la réduction avait finalement atteint 7.900 postes.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : RP Defense
  • RP Defense
  • : Web review defence industry - Revue du web industrie de défense - company information - news in France, Europe and elsewhere ...
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Categories