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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:55
Le Rafale, une arme à un coup ?

 

18 décembre 2013 Paul Fauray

 

Sarkozy l’avait presque fait, Hollande en a juste rêvé. En 2009, Nicolas Sarkozy avait conclu une ébauche d’accord avec le président brésilien Ignacio Lula pour l’achat de 36 avions Rafale pour un montant de 3 Mds € en remplacement de ses Mirage 2000.

 

Mais à son arrivée au pouvoir, la présidente Dilma Roussef s’était démarquée de son mentor en reconsidérant le contrat. En reprenant en main un sujet de défense, elle asseyait ainsi sa légitimité. Elle se réfugiait derrière l’avis technique d’une commission chargée d’étudier diverses propositions. Depuis, le dossier n’avance pas, pire, il recule.

 

Cette situation appelle plusieurs observations. En matière de commerce, il ne suffit pas d’être français et de disposer de bons produits à vendre, il faut intégrer des règles qui nous sont parfois étrangères.

 

L’ébauche d’accord conclu entre Nicolas Sarkozy et Ignacio Lula, reposait, notamment sur une considération mutuelle des deux présidents. Malgré le crédit que la France a acquis en intervenant par deux fois en Afrique (Mali et Centrafrique), elle souffre d’une image internationale terne. Cela a pour effet d’altérer notre efficience commerciale à l’étranger. Les relations entre pays sont souvent tributaires de celles nouées entre leurs dirigeants. Bien que femmes ou hommes d’Etats, ils n’en sont pas moins humains. Il n’y a guère que dans les cours de sciences politiques qu’on traite de relations déshumanisées.

 

Les révélations sur les écoutes de la NSA, l’agence américaine, sont oubliées. Mais le mal est fait. La teneur des négociations concernant le marché du Rafale était connue des USA. Ainsi, les propositions américaines concernant le F / A 18 Super Hornet, étaient meilleur marché. « Le Rafale est trop cher », titrent les journaux brésiliens. Nous avons négligé ce paramètre et pourtant, nous avions déjà perdu un contrat Airbus au début des années 90 avec l’Arabie Saoudite au profit de Boeing pour les mêmes raisons. Décidément, en matière d’espionnage industriel, nous n’apprenons rien.

 

Nous avons le secret espoir que Dilma Roussef tienne rigueur aux USA de l’avoir mise sur écoute. Ce serait mal connaitre les règles du réalisme économique. En effet, le Brésil peut il se passer de son partenaire américain ?

 

La décision brésilienne doit être prise en 2015. Or, le gouvernement de Dilma Roussef est vertement critiqué sur la gestion de la coupe du monde de football. La compétition coûtera 11 Mds € pour une estimation initiale de 3 Mds. Les Brésiliens ont critiqué ce montant, manifesté contre le coût de la vie et la mauvaise qualité des services publics. Ils n’accepteraient pas le choix d’un avion cher.

 

Le Rafale doit surmonter des difficultés de politique nationale brésilienne et le handicap de son coût.

 

Alors comment faire pour placer un avion invendable ?

 

Le transformer en char de carnaval, non, renégocier le transfert de technologie, oui, ajuster son prix, oui.

 

Mais il faut prier pour que le Brésil gagne la coupe du monde en finale face à la France. Notre prestige en serait grandi et le client brésilien flatté. Tout ce qu’il faut pour réussir cette vente.

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