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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 08:35
Les forces britanniques dans la province d'Hellmand, en Afghanistan, en 2009

Les forces britanniques dans la province d'Hellmand, en Afghanistan, en 2009

La mission était-elle de tuer des talibans ou de reconstruire le pays?

 

6 janvier 2014 par Jacques N. Godbout - 45eNord.ca

 

Avec le retrait qui approche, c’est l’heure des bilans. Après les Américains, d’anciens chefs de l’armée britannique ont averti à leur tour lundi que des zones du sud de l’Afghanistan risquaient de tomber aux mains des talibans après le départ des troupes britanniques.

 

Le Royaume-Uni compte environ 5200 soldats en Afghanistan, contre 9000 au début de l’année 2013 et le pays prévoit retirer toutes ses troupes de combat avant la fin 2014.

 

L’ex-commandant des troupes d’élite Special Air Service (SAS) Richard Williams a affirmé au Times de Londres qu’il y avait déjà des preuves d’une collaboration grandissante entre les insurgés talibans et les soldats et politiciens afghans dans la province de Helmand (sud-ouest).

 

«Je serais très surpris que le futur gouverneur de l’Helmand… ne soit pas lié à ceux que nous appelons talibans», a déclaré Richard Williams.

 

«Nous allons nous trouver dans une situation très inconfortable, où les gens diront: ‘Nous avons perdu près de 500 soldats, la plupart au Helmand, et au final, nous avons rendu le Helmand à un gouverneur proche des talibans».

 

Déjà, en décembre, le très sérieux Washington Post révélait qu’un «National Intelligence Estimate» (NIE) sur la guerre en Afghanistan prévoyait que les gains que les gains qu’ont fait les États-Unis et leurs alliés au cours des trois dernières années sont susceptibles d’être considérablement érodés d’ici 2017, même si Washington laisse derrière lui quelques milliers de soldats et continue de financer la sécurité des Afghans.

 

Et les NIE ne sont pas à prendre à la légère. Ils sont produits par le National Intelligence Council pour le Directeur du renseignement national, qui est chef de la communauté du renseignement, et reflètent les avis de la Communauté du Renseignement des États-Unis qui regroupe les 16 services de renseignement des États-Unis.

 

David Richards, chef du personnel de l’armée britannique jusqu’à l’année dernière, a quant à lui estimé dans le Times que la capacité de l’armée afghane à faire face à l’insurrection des talibans allait «rapidement s’évanouir» après le retrait.

 

Plus cinglant, Lord Ashdown de Norton-sub-Hamdon, l’ancien chef libéral-démocrate et un ex-Royal Marine, est allé jusqu’à qualifier le conflit, qui a duré près de 13 ans et coûté jusqu’à 447 vies britanniques ainsi que des dizaines de milliards de livres [la devise britannique], de parfaite illustration de la façon de perdre une guerre.

 

«Mission accomplie»…ou pas!

 

Le premier ministre David Cameron a été l’objet de critiques le mois dernier pour avoir dit que les troupes de l’OTAN avaient accompli leur mission de sécuriser l’Afghanistan, dans un écho aux propos controversés de l’ex-président américain George W. Bush sur l’Irak, en 2003. On se souvient de l’immense banderole «Mision accomplished» sur le porte-avion américain à bord duquel le président Bush déclarait victoire…un peu trop vite.

 

Mais «Mission accomplie…ou pas?» Tout dépend de la définition de la mission.

 

Pour le colonel Richard Kemp, ex commandant des Forces britanniques en Afghanistan devenu écrivain depuis, les 446 vies britanniques qui ont été perdues lors de ces années de lutte ne l’ont pas été pour la reconstruction de l’Afghanistan, mais pour tuer les extrémistes islamiques violents qui y sévissaient.

 

S’exprimant lui aussi dans le Times, lundi, Richard Kemp déplore que les experts «rejetent comme inutiles les 446 décès de militaires britanniques en Afghanistan».

 

«Cette perspective découle d’une combinaison de dogme anti-guerre délirant, de l’ambiguïté innée de la guerre non conventionnelle et de l’incapacité des gouvernements successifs à expliquer la réalité du conflit en Afghanistan», affirme celui qui a mis en place et dirigé les opérations anti-terroristes conjointes de la 4e brigade expéditionnaire des Marines américains et de l’armée britannique et enregistré plusieurs succès contre les extrémistes liés à Al-Qaïda.

 

«Mission accomplie!»…ou pas. Tout dépend de ce qu’on entend par mission, mettre des ennemis hors d’état de nuire ou reconstruire un pays, mais, pour Richard Kemp, c’est clair, ces vie n’ont pas été sacrifiées en vain et les forces de la Coalition ont bel et bien infligé une défaire cuisante à leurs ennemis.

 

Quant à savoir ce qui arrivera après, cela semble une autre histoire.

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