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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 20:45
Allô l'Europe ? Le soutien en Centrafrique, c'est pour quand ?

L'Union européenne n'a toujours pas envoyé de troupes pour renforcer le contingent français de Sangaris. Paris appelle ses partenaires à réagir.

 

14/03/2014 Alain Franco, correspondant à Bruxelle – Le Point.fr

 

La France est toujours seule en Centrafrique. Lancée par François Hollande en décembre 20013, l'opération Sangaris - qui a permis d'éviter de graves massacres - devait recevoir fin mars des renforts de l'Union européenne. Mais les partenaires de la France traînent les pieds, et cela inquiète Paris. "À ce jour, en dépit des contributions annoncées par quelques États européens, force est de constater que le compte n'y est pas", regrettent ainsi les ministres des Affaires étrangères et de la Défense Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian.

 

Cela fait pourtant un mois que les ministres des vingt-huit ont donné leur feu vert à une action sous la bannière européenne. Le général français Philippe Pontiès, en charge de la mission, a déjà organisé quatre conférences "de génération de force" pour trouver entre 800 et 1 000 militaires afin d'assurer la sécurité autour de l'aéroport et dans des quartiers de Bangui, ce qui libérerait des Français pour des missions hors de la capitale centrafricaine. Mais "il manque encore 150 hommes pour atteindre la pleine capacité opérationnelle", dit-on de bonne source. Ce retard a poussé Catherine Ashton à interpeller les États membres. Dans une lettre datée du 11 mars dont Lepoint.fr a obtenu une copie, la chef de la diplomatie européenne appelle ses partenaires à réagir : "Je compte sur votre soutien pour montrer notre détermination à agir en RCA et pour dépasser nos difficultés afin de préserver l'image et la crédibilité de l'Union européenne."

 

"Lointaine Afrique"

 

Las ! Cet appel est resté sans réponse. "Il nous manque de façon urgente des hommes et du matériel : un drone pour la surveillance, du génie, quatre ambulances avec le personnel, une dizaine de camions et leurs personnels, des heures de rotation aérienne...", énumère un diplomate européen. Si peu ? "Oui, mais cela suffit à empêcher le lancement de l'opération. Il y a urgence absolue. Les jours sont comptés si on veut pouvoir envoyer la force fin mars."

 

Le problème est double : certains pays qui ont les moyens, comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, rechignent à faire plus. D'autres ont fait des offres généreuses, eu égard à leurs possibilités. C'est le cas de l'Estonie et de la Géorgie. Mais vu les développements en Ukraine, et les risques qu'ils perçoivent de l'attitude du puissant voisin russe (qui occupe déjà une partie de la Géorgie), ces pays préfèrent désormais garder leurs troupes sur leur territoire, plutôt que de les voir partir dans la "lointaine" Afrique. Ce retard persistant à l'allumage empêchera les ministres de déclarer lundi à Bruxelles que tout est prêt pour la mission de l'UE en Centrafrique. Désireux de provoquer le petit sursaut nécessaire, les ministres français ont donc publié un communiqué vendredi. "L'Union européenne doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité internationale. La France appelle vigoureusement ses partenaires à s'en donner les moyens", peut-on y lire.

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