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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:55
La logistique dans les DOM-COM, agir au bout du monde

Sur la base aérienne Rochambeau de Cayenne, les logisticiens préparent une palette de matériel destinée à la base opérationnelle avancée de Maripassoula, à 1h de vol.

 

28/02/2014 CNE Flora CANTIN Opérations

 

Loin de l’image de carte postale, les DOM-COM français, sont, pour le logisticien ultramarin, un défi permanent. Insularité, immensité et diversité traduisent à elles seules les difficultés à surmonter. 1/5ème du territoire national est dispersé sur les 3 océans, jusqu’à plus de 16 000 kms de Paris, ce qui représente un effort logistique important. A cela s’ajoutent les zones de responsabilités prioritaires marines et les espaces aériens associés. Unique exception continentale, la Guyane présente d’autres contraintes.

 

Plus de 9 000 personnes sont affectées dans l’outre-mer français. Leurs missions sont les mêmes qu’en métropole : protéger les intérêts de la France et sa population, soutenir l’action de l’Etat. Leurs difficultés : composer avec les élongations, les climats tropicaux, la forêt équatoriale ou les surfaces lagunaires qui impliquent un soutien logistique adapté et consommateur d’énergie.

 

Souvent, le ravitaillement est effectué par mer ou par air. Le lieutenant-colonel Rojot, chef de la division logistique à l’état-major interarmées des Forces armées en Guyane, explique : « Ici, chaque armée assure la maintenance des ses moyens propres. Annuellement, les moyens aériens transportent près de 800 tonnes de fret et 7 700 personnes. La particularité du territoire guyanais réside dans son élongation et son climat équatorial. […] Ici, les vols sont courts - 1 heure - avec des décollages et des atterrissages très fréquents […], ce qui est un facteur de vieillissement précoce pour les appareils. Le climat chaud et humide engendre des pannes atypiques et les délais d’intervention sont plus longs. De plus, les pièces mettent beaucoup plus de temps à arriver du fait de l’éloignement de la métropole. Quant aux navires, conçus pour des missions par tous temps et par toutes mers, si les pannes sont plus classiques, le problème d’acheminement des pièces reste le même. »

Depuis la base opérationnelle avancée de Maripassoula, les hommes préparents le ravitaillement en eau destiné aux postes opérationnels avancés temporaires, accessibles uniquement par voie fluviale.

Depuis la base opérationnelle avancée de Maripassoula, les hommes préparents le ravitaillement en eau destiné aux postes opérationnels avancés temporaires, accessibles uniquement par voie fluviale.

 

 

En Outre-mer, les maitres mots du logisticien sont organisation et anticipation. Pour le lieutenant-colonel Flichot, chef du bureau maintenance et logistique du 9ème régiment d’infanterie de marine de Cayenne, « […] Du fait de la nature du milieu guyanais, le régiment n’est pas autonome pour ses transports. Nous faisons appel aux moyens aériens de l’armée de l’Air. Sans aéronef, nous acheminons par voies routières et fluviales. En moyenne, nous prévoyons 1 heure d’avion pour les liaisons courtes et jusqu’à 2,5 jours pour des acheminements de fret  par camions et pirogues.» En Guyane, la posture opérationnelle est permanente. Le soutien d’un soldat représente 8 kilos de fret par jour. « Annuellement, nous acheminons environ 65 tonnes de rations de combat et 80 tonnes d’eau sur l’ensemble de nos postes », ajoute le lieutenant-colonel. Les capacités d’emport sont contraintes : la charge offerte par un hélicoptère Puma peut aller jusqu’à 1 tonne quand celle d’un CASA atteint 5 tonnes.

 

 A 9 300 km de Paris, le capitaine de vaisseau Luthaud, basé à La Réunion, est adjoint interarmées au commandant de la zone maritime du sud de l’océan indien. « Compte tenu de l’immensité et de l’éloignement des espaces maritimes à surveiller, du coût élevé et de la complexité de la surveillance des mers, le ravitaillement logistique repose sur la mutualisation des moyens. Le Marion Dufresne, navire des Terres australes antarctiques françaises (TAAF), remplit 2 missions : la recherche scientifique et le ravitaillement des TAAF depuis La Réunion. Il n’existe aucun port dans les bases australes : l’hélicoptère et les moyens nautiques annexes assurent le lien avec la terre », explique le capitaine de vaisseau.

 

Au large de Madagascar, 15 militaires sont déployés sur les îles Eparses, soit 33 km² de terres immergées. Ils sont ravitaillés par des Transall tous les 30 à 45 jours. Malgré les complexités du soutien logistique outre-mer, le défi opérationnel est relevé en permanence, permettant aux armées de poursuivre la mission.

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