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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 07:40
Flotte de la mer Noire russe photo Vasily Batanov

Flotte de la mer Noire russe photo Vasily Batanov

 

28 mars 2014 rusnavyintelligence.com

 

Au cours du référendum organisé le 16 mars dernier en Crimée, près de 96% des votants se sont exprimés en faveur du rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie. Au-delà des débats qui entourent les circonstances dans lesquelles est intervenu ce vote, le retour de jure de la Crimée dans le giron de la Russie change la donne maritime russe en mer Noire.

 

Conséquence du résultat du référendum, le rattachement de la péninsule de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie a été officiellement signé le 18 mars 2014 à Moscou par le présient Vladimir Poutine.

 

L'accroissement de la puissance maritime russe en mer Noire

 

Le rattachement de jure change la donne maritime pour la Russie en mer Noire :

 

  • La Russie devient l'Etat pontique qui possède le plus long littoral en mer Noire.
  • La Russie retrouve la pleine jouissance du meilleur port pontique, Sébastopol, et de sa base navale. Le site de Sébastopol, qui dispose de 8 baies en eau profonde, est incomparablement meilleur à celui de Novorossisk où une base navale est en cours de construction.
  • La mer d'Azov devient virtuellement une mer intérieure russe, tandis que la Russie contrôle désormais les deux rives du détroit de Kertch.
  • La Russie récupère une partie du plateau continental ukrainien. Le gisement gazier et pétrolier de Pallas situé en mer Noire au large du détroit de Kertch devient russe.

La possession du littoral constitue un des paramètres qui définissent une puissance maritime, surtout dans une mer fermée comme le bassin pontique. En ce sens, le rattachement de la Crimée accroit sensiblement la puissance maritime russe en mer Noire.

 

La fin des forces navales ukrainiennes

 

Avant la crise criméenne, la péninsule était déjà de facto sous le contrôle militaire de la Russie dont les forces armées déployées sur place surpassaient quantitativement et qualitativement les forces ukrainiennes. Compte tenu de la forte militarisation de la Crimée, le fait que l'intervention russe se soit déroulée sans combats meurtriers témoigne du dégré de préparation de cette opération et de la maîtrise des évènement par les forces russes et pro-russes.

 

Au cours des jours qui ont vu se dérouler les évènements ayant abouti au rattachement de la Crimée à la Russie, un certain nombre de bâtiments ukrainiens ont été récupérés par les Russes, ou sont passés à la Russie du fait du ralliement de leur équipage à la Russie. Les forces russes ayant saisi l'intégralité des 193 installations et sites militaires ex ukrainiens en Crimée le 26 mars dernier, un premier bilan peut donc être dressé.

Il convient de rappeler dans un premier temps que 12 000 des 15 450 hommes qui servaient la marine ukrainienne étaient déployés en Crimée. Avant la crise, les forces navales ukrainiennes étaient composées de 17 principaux bâtiments (1 frégate, des corvettes, et 1 sous-marins). Au 26 mars, la marine ukrainienne a perdu 12 de ces 17 unités au profit des forces navales russes.

 

Voici la liste des bâtiments récupérés par la Russie :

  • Le sous-marin classique U-01 Zaporojhie, devenu le B-435, est désormais rattaché à la 247e division des sous-marins basée à Sébastopol. Ce sous-marin avait été refité par la Russie il y a deux ans. Sa valeur opérationnelle est pratiquement nulle.
  • Le navire de commandement Slavutich
  • Le grand navire de débarquement Konstantin Olchansky
  • Le navire moyen de débarquement Kirovograd
  • Les corvettes Lutsk, Vinnitsa, Khmelnitsky, Ternopol
  • Les corvettes lance-missiles Priluki et Pridnieprovie
  • Les remorqueurs Tchernigov, Guenitchesk et Tcherkassy
  • 38 autres bâtiments de soutien.

 

La marine ukrainienne ne dispose aujourd'hui plus que de la base navale d'Odessa, et des navires suivants :

  • La frégate Hetman Saihadatchny
  • 6 corvette
  • 3 bâtiments de soutien, dont aucun remorqueur

Cette "marine" et en charde du littoral situé entre la frontière avec la Roumanie (ville de Sulina) et celle avec la Crimée.

L'aviation navale ukrainienne basée à terre a réussi à évacuer la base de Saki avant sa prise de contrôle par les Russes. Il en va autrement de certain systèmes d'armements (S-300, Buk-M1) probablement laissés par les Ukrainiens.

L'avenir de la marine ukrainienne est très incertain : elle a perdu ses principales infrastructures navales et ses principales unités.

 

Toutefois, la récupération des unités navales ex ukrainiennes par la flotte russe de la mer Noire ne va pas accroître la puissance de cette dernière. Si la flotte russe de la mer Noire est aujourd'hui une formation obsolète, l'ex flotte ukrainienne l'était encore plus. Les bâtiments récupérés par les Russes seront probablement canibalisés pour entretenir les unités russes en attendant l'admission au service actif de nouvelles unités prévues dans le cadre du programme d'armement 2011-2020.

 

Il s'agit bien là d'une conséquence plus importante pour la marine russe que la récupération des unités ukrainiennes. Désormais, la Russie pourra verser de nouvelles unités, déployer de nouveaux systèmes d'armement et moderniser les infrastructures sébastopolitaines sans avoir à demander sa permission à Kiev. La Russie a d'ailleurs annoncé ce jour qu'elle dénonçait une série d'accords passés avec Kiev, dont l'accord de 1997 sur le partage de la flotte ex soviétique de la mer Noire. L'armée russe a par ailleurs déployé dès le 9 mars une batterie côtière Bastion à Sébastopol, et a annoncé qu'elle entendait baser des bombardiers stratégiques Tu-22M3 en Crimée. Toutes ces mesures auraient été impossibles auparavant compte tenu des restrictions imposées aux forces russes en Crimée par les accords russo-ukrainiens (1997 et 2010).

 

Conclusion

 

Plus que sa puissance navale, c'est surtout la puissance maritime russe qui s'est accrue en mer Noire au lendemain du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie. En revanche, le potentiel naval russe s'accroit considérablement dans la mesure où la modernisation des infrastructures navales de Sébastopol et la possibilité de pouvoir déployer de nouvelles unités sans aucune contraintes n'entravent plus le développement des forces navales russes dans le bassin pontique.

 

Sources : site officiel de la marine ukrainienne, site officiel de la flotte de la mer Noire, Ria Novosti, IHS Jane's 360.

 

Pour aller plus loin :

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la flotte russe de la mer Noire

L'Ukraine retrouve l'usage de son unique sous-marin.

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