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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 07:45
4 mois d’opération Sangaris : Avec l’Europe mais sans les Tchadiens

 

3 avril, 2014 Guillaume Belan (FOB)

 

Le point sur l’opération Sangaris en RCA

 

Lancement de la troisième phase de Sangaris

 

Le Général Soriano a fait un point de situation ce matin par viso-conférence durant le point presse du Ministère de la Défense. Extraits.

 

« Après 4 mois d’opérations, la relève est maintenant terminée, le second mandat de l’opération Sangaris a donc débuté, qui correspond au début de la troisième phase de notre action. »

 

Alors que la première phase (décembre-janvier 2014) visait à l’instauration des mesures de confiance dans Bangui (désarmement…) et à assurer la transition politique et la montée en puissance de la MISCA, la seconde phase de l’opération Sangaris (Février-Mars) avait pour objet la sécurisation de l’ouest du pays, notamment l’axe reliant Bangui au Cameroun, afin de désenclaver le pays et rétablir le trafic routier (humanitaire et économique). C’est pour le Commandant de Sangaris, maintenant chose faite. « Bangui est redevenu calme. Demeurent deux zones de tensions au nord de la capitale : Le 3ème arrondissement et la zone PK12, qui a connu un regain de tension la semaine dernière ». Dorénavant, la présence française dans la capitale est réduite, la MISCA ayant repris l’essentiel de la sécurisation de Bangui. Un GTIA français demeure dans la capitale, en charge de la zone de l’aéroport et en appui des forces de la MISCA dans le nord de la capitale.

 

Sangaris a donc débuté la troisième phase de l’opération, à savoir le déploiement dans l’est du pays, afin notamment d’y installer les troupes de la MISCA, notamment des soldats congolais et gabonais. Ce déploiement, qui a déjà débuté, va donc s’intensifier. Avec les mêmes objectifs: mettre fin aux agressions, protéger les populations, notamment musulmanes ; désarmer les milices et restaurer l’autorité de l’État centrafricain.

 

EUFOR RCA

 

Sangaris va bientôt pouvoir compter sur des troupes supplémentaires, à savoir celles européennes de la mission EUFOR. Enfin, européennes, c’est beaucoup dire, car les 800 soldats de la mission seront pour moitié français (dont le 152ème régiment d’infanterie, déjà sur place), tandis que le second contingent le plus important sera fourni par… la Géorgie ! un Etat, qui, cela n’aura échappé à personne, ne fait pas partie de l’UE ! Pour Tbilissi, il s’agit là, d’une décision diplomatique stratégique : apporter son soutien dans l’espoir de compter sur l’Europe et l’OTAN (que la Géorgie souhaite intégrer), en cas de coup dur à venir avec la Russie. L’Allemagne et l’Angleterre quant à eux, se contenteront d’apporter leurs soutien en transport et logistique. Tout cela révèle une fois de plus que l’Europe n’est malheureusement une réalité que sur le plan économique. EUFOR RCA doit débuter son déploiement dès la fin du mois. Rappelons, que la France joue une fois de plus le rôle de nation-cadre de cette force, qui est commandée depuis la Grèce par le général français Philippe Pontiès (commandant de l’EMF 3 de Marseille). EUFOR RCA se déploiera à Bangui, ce qui permettra au GTIA opérant dans la capitale de se concentrer dans l’ouest du pays.

 

LA MISCA sans le Tchad

 

L’annonce a été faite aujourd’hui au sommet UE-Afrique, le Tchad va se retirer de la MISCA, la force africaine, élément clef de la stabilisation du pays. C’est une mauvaise et une bonne nouvelle.

 

Mauvaise, car la MISCA, qui compte plus de 6000 soldats et policiers va se soulager d’un effectif important de plus de 850 soldats. Un gros vide, d’autant plus que les tchadiens étaient déployés dans le nord du pays, une zone difficile.

 

Mais c’est aussi une bonne nouvelle, car la composante tchadienne de la MISCA a toujours été considérée comme soutenant les ex-Seleka, ils ont en communs d’être musulmans, et de nombreux éléments des Seleka sont d’origine tchadienne. Ils n’ont ainsi jamais été acceptés par la population. Là est aussi la raison du départ des tchadiens. C’est donc une source de tension en moins. Les soldats tchadiens ont également été l’objet d’une attaque directe et meurtrière des milices anti-balaka (chrétienne) samedi dernier.

 

Reste maintenant à voir si cette perte de près de 900 soldats, va pouvoir être comblée par d’autres pays africains. Ce qui est loin d’être gagné…

 

Les anti-balaka

 

Depuis l’arrivée des français, la menace a changée. Alors que ce sont les ex-Séléka musulmans qui constituaient la menace principale, l’action combinée de Sangaris et de la MISCA les a fait fuir dans les pays voisins. Aujourd’hui, ce sont les anti-balaka chrétiens qui s’attaquent aux populations musulmanes du pays. Le général Soriano, répondant à une question ce matin a détaillé leur composition: « nébuleuse insaisissable », les anti-balaka sont constitués de trois composantes: la composante dure, boziziste, s »ouvent des anciens militaires très organisés » et redoutables. La seconde composante est fournie par « les milices d’auto-défense de quartier », jugées « mal organisées aux actions limitées ». Enfin, la troisième composantes est faite de « voyous, de pillards », qui sous l’étiquette anti-balaka, prennent les populations musulmanes en otage et les rackettent.

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