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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 16:30
L'axe du mal renversé : vers une coopération USA-Iran contre les Djihadistes


16.06.2014 par Laurent Marchand - Tout un Monde
 

Les négociations sur le programme nucléaire irakien avaient ouvert la voie à une normalisation des relations américano-iranienne. La déstabilisation de l’Irak paraît sur le point de la consacrer. Car l’avancée au Nord de l’Irak des troupes djihadistes de l’EIIL, l’Etat islamique en Irak et au Levant, est en train de changer la donne. La faiblesse du Premier ministre irakien, le chiite al-Maliki, son incapacité ou plutôt son refus d’intégrer la communauté sunnite au pouvoir, ont ouvert un boulevard à l’EIIL. Forte de se soutiens financiers en provenance du Golfe et de ses moyens en armes, en hommes et du retournement de milliers de soldats sunnites au sein de l’armée. Le blitz de l’EIIL exige une réaction rapide, que le gouvernement de Bagdad est incapable de lancer. Pour éviter la création d’un Djahidistan, à cheval entre la Syrie et l’Irak, les Occidentaux ne peuvent plus compter que sur les Kurdes, sur … Assad et sur…  Téhéran. Par la voix de John Kerry, le Secrétaire d’Etat, les Etats-Unis ont ainsi fait savoir ce lundi qu’ils étaient prêts à collaborer avec l’Iran pourvu que la progression de l’EIIL soit stoppée.  « Je n’excluerais rien qui puisse être constructif » a-t-il déclaré.

Crédit photo : capture d'écran de l'état des positions de l'EIIL au 10 juin, par l'Institut of War

 

« Les Iraniens peuvent prendre des mesures pour éviter que Bagdad ne tombe ». Cette petite phrase, ce n’est ni un chiite irakien, ni un membre du Hezbollah libanais qui l’a tenue ce week-end. Mais un Sénateur américain. Un faucon bien connu pour son intransigeance. Lindsey Graham. « Nous devons nous coordonner avec les Iraniens », affirme-t-il. Interviewé par CNN, il déclarait dimanche que Washington doit absolument prendre l’initiative pour combattre l’Etat islamique en Irak et au Levant, sous peine sinon de voir le pouvoir de al-Maliki s’effondrer et de voir les Iraniens renforcer leur présence au sud de l’Irak, pour tenir la partie chiite. http://on.msnbc.com/1kFDmUo

 

How ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi became the world’s most powerful jihadist leader - The Was - Windows Internet Explorer.jpg

Depuis une semaine, ce scénario n’est plus seulement une hypothèse. La forte et rapide progression des combattants de l’EIIL, qui ont pris Mossoul, Tikrit et menacent de prendre Bagdad, est en train de renverser les priorités diplomatiques. A Washington, on s’interroge à voix haute dans la presse pour savoir si Abu Bakr al-Baghdadi, le leader sanguinaire de l’EIIL, n’est pas l’héritier en puissance de Ben Laden. En un an, son ascension a été fulgurante en termes de collecte de fonds, de mobilisation de troupes, d’actions éclatantes et de percées militaires. Alors que le numéro 2 historique de Ben Laden, al-Zawiri, n’a pas quitté depuis dix ans  les montages de la frontière afghano-pakistanaise, al-Baghdadi est peut-être en train de modifier la carte du Proche Orient. Voir ICI le portrait qu’en fait le Washington Post

Faut-il s’attendre à une opération concertée entre Washington et Téhéran contre cet homme ? Ce serait un tournant historique, 35 ans après la prise d’otage de l’ambassade américaine dans la capitale iranienne. Les financements occultes en provenance du Golfe (Arabie Saoudite et Qatar) et dont bénéficient les djihadistes sunnites en Syrie depuis deux ans, rendent l’alliance américano-saoudienne de plus en plus problématique. L’Arabie et le Qatar sont d’ailleurs montés au créneau ce lundi pour accuser le premier ministre irakien de la dégradation de la situation.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un haut responsable américain a déclaré dimanche que Washington  envisageait de contacter l'Iran pour rechercher avec les Iraniens des moyens d'aider le gouvernement de Bagdad. En public, la Maison blanche assure qu'aucun contact de ce genre n'a été noué pour le moment.

 

rohani.jpgSamedi, le président iranien Hassan Rohani avait déclaré que Téhéran envisagerait de coopérer avec les Américains en Irak s'il voyait que Washington souhaitait combattre les "organisations terroristes".  Prié de dire si l'Iran pourrait désormais collaborer avec les Etats-Unis face à l'EIIL, Rohani avait déclaré lors d'une conférence de presse: "Nous pouvons l'envisager, si nous voyons que l'Amérique commence à affronter les groupes terroristes en Irak et au-delà". "D'où venait l'EIIL? Qui finance cette organisation terroriste? Nous avions averti tout le monde, y compris l'Occident, du danger de soutenir un tel groupe terroriste", avait-il continué.

Autrement dit, onze ans après l’aventureuse intervention américaine en Irak, tout se passe comme si l’axe du mal s’était renversé. Bouleversant ! Pour le grand reporter Robert Fisk, ce qui est en train de se passer au Nord de l'Irak depuis une semaine est peut-être en train de modifier radicalement le découpage du Proche Orient établi il y a près d'un siècle sur les ruines de l'Empire Ottoman. L'accord Sykes-Picot, du nom des deux négociateurs britannique et français, signé le 9 mai 1916...

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