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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 13:20
Tradition du jour du souvenir, le dépôt de couronnes. (photo Nicolas Laffont - 45eNord)

Tradition du jour du souvenir, le dépôt de couronnes. (photo Nicolas Laffont - 45eNord)

 

9 novembre 2014 par Nathalie Corneau – 45eNord.ca

 

Au Canada, la tradition de porter un coquelicot rouge flamboyant lors du jour du Souvenir, le 11 novembre, tire ses origines d’une riche histoire symbolique. Quelle est-elle? Le jour du Souvenir occupe depuis longtemps une place importante dans le cœur des canadiens, pourquoi?

 

Jour de l’Armistice

 

Le premier jour du Souvenir a été célébré en 1919 dans tout le Commonwealth. On l’appelait alors le jour de l’Armistice et il visait à commémorer la fin de la Première Guerre mondiale. En fait, ce fut le lundi 11 novembre à onze heures. La onzième heure du onzième jour du onzième mois.

 

Le jour de l’Armistice fut alors instauré en 1919 à travers la majeure partie de l’empire britannique. Cependant, il était célébré le deuxième dimanche de novembre. En 1921, le parlement du Canada adopta la loi du jour de l’Armistice, énonçant que des cérémonies seraient organisées le premier lundi de la semaine du 11 novembre. De ce fait, l’événement se trouvait jumelé avec l’Action de grâce. Pendant la plus grande partie des années vingt, les Canadiens soulignèrent cette journée sans organiser de manifestations publiques.

 

C’est en 1928 que certains citoyens éminents, dont un bon nombre étaient des anciens combattants, firent des pressions pour que ce jour soit davantage reconnu et que l’on commémore les sacrifices du temps de guerre à un autre moment qu’à la même date que l’Action de grâce. En 1931, le gouvernement fédéral décréta que ce qu’on appellerait désormais le jour du Souvenir serait observé le 11 novembre et que le jour de l’Action de grâce serait alors déplacé à une autre date. Le jour du Souvenir serait d’avantage dédié à la mémoire des soldats décédés qu’à celle des événements politiques et militaires, qui avaient mené à la victoire lors de la Première Guerre mondiale.

 

Le 11 novembre

 

Chaque année, le 11 novembre, la nation se recueille afin d’honorer la mémoire des canadiens qui ont perdu la vie en servant leur pays pendant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, le conflit en Afghanistan et toutes les missions de paix. L’histoire, les traditions et les symboles associés au jour du souvenir, ou Remembrance Day en anglais, occupe depuis longtemps une place importante dans le cœur des canadiens.

 

En 1931, le jour du Souvenir raviva l’intérêt du public envers le souvenir de la guerre et du sacrifice militaire, attirant des milliers de personnes aux cérémonies dans les grandes et petites villes du pays. Il demeura un jour consacré au souvenir des morts, mais il arrivait aussi qu’au cours de certaines cérémonies traditionnelles, on incitait les gens à se souvenir des horreurs de la guerre et à œuvrer pour la paix. Les cérémonies du jour du Souvenir se déroulaient généralement devant les cénotaphes et monuments commémoratifs de guerre communautaire ou parfois dans des écoles ou d’autres lieux publics. À ces regroupements cérémonieux s’ajouta deux minutes de silence, l’interprétation de la « dernière sonnerie », ainsi que la récitation « Au champ d’honneur » et le port du coquelicot, éléments incontournables lors de la cérémonie du jour du Souvenir.

 

Le coquelicot: symbole du souvenir

 

Pendant le jour du Souvenir, un grand nombre de citoyens portent fièrement le coquelicot, accroché au revers de leurs collets, toujours du côté gauche « près du cœur », afin de commémorer le sacrifice des canadiens ayant servi bravement leur pays. Certains le portent le 11 novembre seulement, tandis que d’autres le portent pendant tout le mois de novembre.

 

Le port du coquelicot en mémoire des soldats décédés au combat est en fait une tradition bien établie dans de nombreux pays, mais pour quelle raison cette petite fleur si délicate a-t-elle été adoptée pour devenir le symbole du souvenir? De plus, quel lien a-t-elle avec les canadiens?

 

Après avoir été le premier à établir un rapport entre les coquelicots et les champs de bataille durant la guerre napoléonienne du début du XIXe siècle, un écrivain remarqua que les champs qui étaient nus avant les combats se couvraient de fleurs rouge sang après les batailles. Durant les terribles bombardements de cette guerre, les sols crayeux devinrent riches en poussière de chaux, favorisant ainsi la venue des coquelicots. Cependant, à la fin de cette guerre, la chaux fut absorbée rapidement et les jolis coquelicots disparurent à nouveau.

 

Le lieutenant-colonel John Mc Crae, un chirurgien de brigade pendant la Première Guerre mondiale, avait quant à lui remarqué que les coquelicots poussaient parmi les tombes improvisées des soldats tués sur les champs de bataille. Inspiré, il composa en 1915 le célèbre poème «Au champ d’honneur» (In flanders fields) que voici :

Au champ d’honneur, les coquelicots

Sont parsemés de lot en lot

Auprès des croix; et dans l’espace

Les alouettes devenues lasses

Mêlent leurs chants au sifflement

Des obusiers.

Nous sommes morts,

Nous qui songions la veille encor’

À nos parents, à nos amis

C’est nous qui reposons ici,

Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,

À vous de porter l’oriflamme

Et de garder au fond de l’âme

Le goût de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon

Les coquelicots se faneront

Au champ d’honneur.

(Adaptation du poème In Flanders Fields de John McCrae)

 

Le rouge vif des pétales de ces fleurs évoquait pour lui le sang versé par ceux qui reposaient en ces lieux. Après l’écriture de ce poème, le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts au combat, «le symbole du souvenir». Plusieurs batailles de la Première Guerre mondiale ont été livrées dans les Flandres, région côtière de la mer du Nord en Europe de l’Ouest. Beaucoup de soldats canadiens y ont laissé leurs vies et c’est aux mêmes endroits que les corps de plusieurs d’entre eux ont été inhumés.

 

À une certaine époque, il était possible de porter sur soi un vrai coquelicot. Mais, avec l’engouement des militaires, vétérans, familles et amis de porter un coquelicot pour commémorer le sacrifice des soldats canadiens, impossible de disposer d’une quantité suffisante de petites fleurs symbole, afin d’accommoder tout le monde. Alors, c’est à ce moment que les militaires de l’armée, de la marine et de l’aviation qui avait été blessés durant la guerre, mirent la main à la pâte afin de confectionner des coquelicots. C’est après la Deuxième Guerre mondiale que les coquelicots que nous portons aujourd’hui furent fabriqués.

 

Le coquelicot demeure au Canada, en Grande-Bretagne et dans les pays du Commonwealth, un symbole durable du souvenir de ceux qui ont servi leur pays ou qui ont perdu la vie pour lui. Le jour du Souvenir, chaque individu qui porte fièrement un coquelicot et observe deux minutes de silence donne une signification de remerciement.

La campagne du coquelicot a lieu chaque mois de novembre, avant le jour du Souvenir. Le but de cette campagne, organisée par la légion royale canadienne, est de s’assurer que les canadiens et canadiennes reconnaissent davantage le coquelicot comme le symbole du jour du souvenir. Les fonds amassés lors de cette campagne sont utilisés pour aider les anciens combattants, les militaires ainsi que les familles militaires.

 

Afin d’honorer les militaires canadiens, les disparus ainsi que les anciens combattants, il est important de reconnaître leur bravoure et leurs sacrifices. De les accueillir au retour de mission comme ils le méritent, c’est-à-dire en héros. Rendre hommage à leur contribution exceptionnelle et leur transmettre toute notre fierté. Leur assurer que nous nous souviendrons à jamais de ce qu’ils ont fait pour notre pays, pour le monde entier et surtout pour notre liberté.

Jour du souvenir 2014 à Montréal

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