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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 21:50
L’armée est prête à aider la police: les para-commandos sont formés pour ça (Belgique)

 

16.01.2015 par Catherine Joie – LeSoir.be

 

Quatre syndicats, trois militaires et un policier, réagissent à la décision du gouvernement Michel de faire appel à l’armée pour des « missions spécifiques de surveillances ».

 

L’armée sera disponible afin de renforcer notre niveau de sécurité », a assuré ce vendredi Charles Michel, lors de la conférence de presse présentant les mesures gouvernementales pour la lutte contre le terrorisme. Quelque 150 militaires vont, à titre temporaire, être mobilisés pour sécuriser certains lieux spécifiques en Belgique.

 

Ces missions spécifiques de surveillance ne sont pas encore connues : ni les lieux qui seront surveillés par les militaires, ni les détails de ces missions, ni les délais avant le début des opérations. « A ce stade, tout ce que l’on peut dire, c’est que l’armée se tient prête au niveau de l’État-major », signale la porte-parole du ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA).

 

Cependant, les syndicats militaires ont déjà un avis que la question. Tandis que deux d’entre eux (et au moins un syndicat de la police) soutiennent l’initiative du gouvernement, l’un des syndicats militaires (CGSP défense) s’oppose à la mesure. « Notre position est très claire : actuellement, les militaires ne sont pas habilités à faire ce genre de missions policières, estime Patrick Descy, de secrétaire permanent de la CGSP défense. «  En 2007, le ministre Pieter De Crem (CD&V) avait supprimé les missions qui faisaient partie de l’aide à la nation. Depuis, nous n’avons ni le matériel ni la formation adéquate pour intervenir dans les missions policières. C’est quelque chose qui n’existe plus. »

 

Plutôt remonté, Patrick Descy poursuit : « Il n’y a que 5.000 militaires aptes pour ce genre de missions de surveillance, sur les 30.000 militaires belges. Les 25.000 autres sont des informaticiens par exemple, qui ne sont pas formés pour aller défendre des ambassades ! Mais les 5.000 soldats (chasseurs ardennais, forces spéciales) sont presque tous à l’étranger, ou de retour au pays, mais au repos ou en formation… On ne peut pas leur demander, à peine rentrés de l’étranger, de commencer à faire de la surveillance en Belgique. »

 

La question budgétaire taraude également le syndicaliste, qui estime que « l’on ne cesse de déforcer les militaires – et les policiers ». « A chaque fois c’est la même chose : on vient demander de l’aide aux militaires. Mais il faut rester cohérent. On ne peut pas à la fois désinvestir dans la défense et faire appel aux militaires pour ce genre de missions. »

 

Des missions de maintien de la paix

 

Selon Erwin De Staelen, président du syndicat SLFP défense, « il ne faut pas parler de budget, dans une situation comme celle-ci ». Le SLFP défense soutient l’initiative gouvernementale.« On parle de la sécurité de nos citoyens. Il ne faut pas minimaliser la situation, et il faut employer le personnel qui est disponible. C’est logique de faire appel aux militaires. »

 

Pour Erwin De Staelen, il est évident que les 150 militaires mobilisés seront des para-commandos. « Ce sont les militaires qui sont le plus vite formés, ils sont faits pour cela. Tout comme les chasseurs ardennais ».

 

« Les militaires belges sont formés pour ces missions, poursuit Yves Huwart, le secrétaire général du syndicat militaire CGPM. C’est quoi cette idée de croire que les militaires sont formés pour d’autres situations ? Les tâches des Casques bleus, comme nous en avons au Liban, c’est du maintien de la paix ! Ce ne sont pas des missions de guerre ! Si on le fait au Liban, pourquoi est-ce qu’on ne serait pas capable de le faire en Belgique ? »

 

Yves Huwart estime aussi que ces missions spécifiques de surveillance sont une tâche qui peut revenir aux militaires. Cependant, il met le doigt sur un élément : les moyens budgétaires de la défense pour 2015 ont été réduits de 225 millions d’euros, et les coupes concernent surtout les petits investissements, comme les chiens militaires (qui repèrent les explosifs notamment). Or, il s’agit précisément d’investissements qui seront nécessaires pour l’intervention militaire belge dans la lutte contre le terrorisme en Belgique…

 

Enfin, Vincent Gilles, président du SLFP police, signale que son syndicat « laisse la porte ouverte à un appui militaire, pour les tâches dans lesquelles l’armée est excellente : le déminage, les drones, etc. » Lundi, lorsque l’idée d’un plan « Vigipirate à la belge », comprenant « la présence de militaires dans les rues », le SLFP police s’était montré réticent à cette idée. Mais depuis, changement d’avis… « De toute façon, la mission restera dans des mesures raisonnables, reprend Vincent Gilles. Les 150 militaires permettront de surveiller cinq bâtiments, pas plus. »

Soldat Para-commando - Composante Terre - BelgischeDefensie

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