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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 07:55
Les armées préservent 7500 postes

Suite aux attaques meurtrières à Paris, un déploiement de militaires sans précédent a été décidé sur le territoire national pour la protection de «sites sensibles»,

 

21/01/2015 Par Alain Barluet – LeFigaro.fr

 

Seuls 18.500 postes seront supprimés d'ici 2019, contre 26.000 prévus initialement. La limitation des réductions d'effectifs doit permettre de «retrouver un peu d'oxygène pour que les restructurations puissent être poursuivies plus sereinement», explique-t-on au ministère de la Défense.

 

Les propositions formulées par Jean-Yves Le Drian à la demande de François Hollande ont abouti à un véritable aggiornamento, annoncé mercredi par l'Élysée. Entre 2015 et 2019, 7500 postes seront préservés dans les armées, sur les 26.000 qui devaient être supprimés. Sur l'ensemble de la loi de programmation militaire (LPM) de 2014 à 2019, les coupes dans les effectifs portaient sur 34.000 postes. Dès cette année, la réduction se limitera à 6000 postes, contre 7500 postes initialement prévus.

Deux facteurs expliquent les décisions rendues publiques à l'issue du Conseil de défense qui s'est tenu autour du chef de l'État. À la suite des attaques meurtrières du 7 janvier et de la mobilisation populaire massive qui a suivi, le 11 janvier, François Hollande a demandé l'activation du «contrat protection» intérieur, prévu par la LPM et qui a été porté en 72 heures à son niveau maximal: 10.500 militaires, dans le cadre de Vigipirate, dont 8900 pour la protection de «sites sensibles», principalement les lieux de culte.

Un déploiement sans précédent sur le territoire national tandis que, par ailleurs, les contraintes liées aux engagements en opérations extérieures (9000 hommes, notamment au Sahel) pèsent lourdement. C'est le deuxième facteur, qui prévaut de plus longue date. Dans ces conditions, «les tensions étaient extrêmement fortes et les restructurations devenaient de plus en difficiles à mener», fait-on valoir dans l'entourage du ministre de la Défense.

La limitation des réductions d'effectifs doit permettre de «retrouver un peu d'oxygène pour que les restructurations puissent être poursuivies plus sereinement», dit-on à l'Hôtel de Brienne. Il s'agit aussi de garantir la mobilisation «à tout moment de 10.000 hommes pendant un mois» face aux diverses calamités et catastrophes survenant sur le front intérieur. L'accent sur le renseignement, domaine prioritaire, est réaffirmé avec 250 postes supplémentaires, dont 185 pour la DGSE.

Aucune limitation dans le temps n'a été annoncée concernant le déploiement intérieur actuel, qui sera maintenu «autant que nécessaire», assure-t-on. Toutefois, compte tenu des relèves et des permissions, un tel dispositif apparaît difficilement tenable sur la durée.

Conformément à la demande de François Hollande, un vaste travail d'actualisation de la LPM sera entrepris avant le mois de juin. Un chantier, vaste et accéléré, doit être lancé sur l'analyse des nouvelles menaces et des contrats qui en découlent. Cette réflexion aboutira à une véritable «feuille de route» garantissant à la fois les engagements en Opex et la mobilisation sur le théâtre national, insiste un proche de Jean-Yves Le Drian en concédant qu'il reste «de nombreuses questions auxquelles nous devons répondre».

L'imposant édifice de la LPM, fruit de mois d'efforts et déjà en équilibre plus que précaire, est en jeu. Car se pose d'emblée la question du financement de ce recul dans les limitations d'effectifs, dans un contexte budgétaire ultra tendu. Faute de certaines ressources, dites exceptionnelles (ventes immobilières de fréquences hertziennes), quelque 2,2 milliards d'euros sont toujours manquants au budget en 2015 (6 milliards sur la période la LPM). Des pistes innovantes sont explorées à travers les «sociétés de projet».

À ce jour, les décisions annoncées mercredi ne sont pas financées, même si le coût d'un moindre «dégraissage» en 2015 «peut être absorbé», assure-t-on. Il n'en va pas de même pour celui des années suivantes. Au total, il manque «plusieurs centaines de millions d'euros» qui nécessiteront des aménagements budgétaires. L'évaluation précise repose sur une étude des postes à «déflater», souligne-t-on à l'Hôtel de Brienne. Face à une montagne d'incertitudes, on s'en tient fermement au garde-fou de l'assurance présidentielle: la «sanctuarisation» du budget de la défense à 31,4 milliards.

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