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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 17:50
photo  European Parliament

photo European Parliament

 

08 avril 2015 par Stéphanie Heng*, chercheuse – L’Echo.be

 

D’un monde bipolaire à la fin de la Guerre froide, nous sommes aujourd’hui dans un monde multipolaire, marqué par l’arrivée de nouvelles puissances telles que la Chine ou l’Inde. Quelle place pour l’Europe dans la nouvelle configuration et les rapports de force entre les pays? Et, face à la multiplicité des crises, dans un monde globalisé où prospérité rime avec sécurité, la politique extérieure n’est aujourd’hui guère un choix. Elle est une nécessité.

 

La Politique européenne et de sécurité commune est devenue une réalité dès 1992 avec le traité de Maastricht. Javier Solana, Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne, envisageait déjà, voilà plus de dix ans, la mise en œuvre d’une stratégie de sécurité européenne. Qu’en est-il réellement?

Force est de constater que nous en sommes aujourd’hui encore très loin, malgré quelques avancées certes concrètes. L’Union européenne jouit d’un poids relativement faible sur la scène internationale, notamment car nombre de décisions doivent être prises à l’unanimité des États membres.

 

Les premiers pas

Une politique européenne et de sécurité commune nécessite le volet défense. La crédibilité du projet européen est en jeu. Des développements et des évolutions concrètes ont vu le jour en la matière au début des années nonante.

Ainsi, lors de la déclaration de Petersberg en juin 1992, les États membres de l’Union européenne ont décidé de mettre en place des forces de défense pacificatrices via, entre autres, l’organisation de missions humanitaires, de missions de prévention des conflits et de maintien de la paix, de missions de forces de combat pour la gestion des crises, d’opérations de rétablissement de la paix ou encore d’actions conjointes en matière de désarmement. Il s’agit d’un premier pas vers une Europe de la défense.

Autre initiative intéressante: la création de l’Eurocorps en 1992, regroupant des contingents de cinq pays, la France et l’Allemagne initialement, auxquels se sont rajoutés la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg.

 

Le tournant de 1998

En 1998, les Britanniques et les Français décident, à Saint-Malo, de la nécessité de doter l’Union européenne d’une capacité d’action autonome, y compris vis-à-vis de l’OTAN.

L’ambition de l’Union en matière de sécurité et de défense s’est renforcée en 1999 lors du sommet d’Helsinki avec la constitution d’une force de réaction rapide, puis la création de structures permanentes avec le traité de Nice (le Comité politique et de sécurité, le Comité militaire de l’Union européenne et l’État-major de l’Union européenne). Ces développements ont annoncé la mise en place de la Politique européenne de sécurité et de défense, puis de la Politique de sécurité et de défense commune dix ans plus tard.

 

Pour ou contre une armée européenne?

L’Union européenne demeure cependant peu cohérente sur la scène internationale, surtout sur le plan militaire. L’intervention en Libye en 2011 offre un exemple intéressant: certains États membres de l’Union, comme la France et le Royaume-Uni, sont intervenus durant la crise libyenne, mais il n’y a pas eu de réponse ou d’action commune du bloc européen. En découle un poids évidemment moindre de l’Union sur les questions et conflits internationaux.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est récemment exprimé sur l’idée de créer une armée européenne comme objectif à long terme. Ses propos ont fait couler beaucoup d’encre. L’ensemble des États membres de l’Union européenne ne s’accordent en effet nullement sur cette question. Pour certains pays, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) serait suffisante. N’oublions cependant pas que tous les États membres de l’Union ne sont pas membres de l’OTAN.

 

Bastion de souveraineté

La création d’une armée européenne homogène permettrait de renforcer le poids de l’Union sur le plan international. Signal fort sur la scène mondiale, il apporterait par ailleurs une réponse crédible en cas de menaces et risques pour la paix, non seulement dans les États membres mais aussi aux frontières de l’Union.

Mais cette idée est-elle capable de se matérialiser? Une telle armée, qui ne serait pas une simple juxtaposition de soldats des différents États membres, pourrait-elle voir le jour? La défense reste en effet aujourd’hui un important bastion de souveraineté nationale…

 

* Stéphanie Heng, chercheuse franco-belge en sciences sociales, ex-directrice de la communication du Groupe Herstal, Commandant (réserve citoyenne, Armée de Terre française).

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