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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 17:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

29/05/2015 Sources : État-major des armées

 

Trois jeunes sous-officiers de la filière renseignement, déployés en Jordanie dans le cadre de l’opération Chammal, nous expliquent leur parcours et livrent leurs impressions sur leur métier respectif.

 

La sergent Mélanie est intercepteur technique : après chaque vol de Mirage 2000, elle récupère le boîtier contenant les enregistrements de l’environnement électromagnétique. Elle analyse les paramètres des radars interceptés pour identifier les menaces potentielles qu’ils pourraient constituer. « La détection de ces menaces est déterminante dans le monde des opérations, elle rend mon métier utile, mais aussi ludique d’une certaine façon ».

 

Lorsqu’elle a postulé pour intégrer l’armée de l’Air, après deux ans d’expérience comme hôtesse de l’air, elle a été d’emblée attirée par la filière renseignement et a opté pour la sous-spécialité d’intercepteur technique. Après quatre mois à l’école des sous-officiers à Rochefort pour sa formation militaire, elle a effectué son stage de spécialisation à Rennes où elle a étudié, durant une période de sept mois, la partie technique liée aux émissions radars. Sa formation s’est achevée par un stage de six semaines à Strasbourg, à l’Escadron de Formation au Renseignement, où elle a appris les éléments de base du renseignement.

 

La sergent Mélanie effectue en Jordanie sa première opération extérieure : ce qu’elle apprécie« c’est d’être la seule, sur le théâtre, à savoir réaliser la mission de détection. »

 

Le sergent Guillaume est interprète images : il participe à la préparation de la mission de vol en positionnant des points d’intérêt militaires sur une carte numérique embarquée par les personnels navigants (PN). En vol, les PN se servent de ces points d’intérêt pour repérer les zones sur lesquelles une activité ennemie peut potentiellement survenir, afin de faire remonter l’information au JTAC (joint tactical air controller– équipes de contrôle de l’appui aérien). A la fin de la mission, il exploite les vidéos du vol et des tirs et participe à l’élaboration des comptes rendus de tir. Il apprécie d’ « être au cœur de l’opérationnel et pouvoir régulièrement partir en OPEX ». En effet, en deux ans, il a été déployé au Tchad et au Niger, et effectue actuellement en Jordanie sa troisième opération extérieure.

 

En métropole, dans son escadron de chasse, son rôle est d’aider les pilotes dans leur formation en leur préparant des dossiers d’objectifs fictifs pour les missions d’entraînement à l’attaque au sol, ainsi que des briefings de reconnaissance de matériels militaires.

 

Le sergent Guillaume a débuté sa carrière militaire lors de son entrée à l’école d’enseignement technique de l’armée de l’Air (EETAA) à Saintes, qu’il a intégré via un concours d’entrée. Il y a effectué sa première et sa terminale en tant qu’ « arpète », nom donné à tous les élèves de cet établissement. Après avoir décroché son baccalauréat scientifique en 2012, il a décidé d’intégrer le corps des sous-officiers et a choisi la filière du renseignement. Il est devenu interprète images et a réalisé sa formation de spécialité à Creil pendant six mois, où il a appris les bases de son futur métier : déchiffrer des cartes, définir l’échelle d’une photo, se repérer à partir d’une vidéo vue du ciel, etc. « J’ai trouvé ma formation enrichissante car, jour après jour, j’en apprenais davantage sur le fonctionnement d’un certain nombre de lieux de la vie courante (centrales, aéroports, ports, gares, ponts…). »Il sait analyser, vu du ciel, l’utilité d’un bâtiment et le fonctionnement d’un site.

 

Le sergent Guillaume, enthousiaste et motivé, souhaiterait à terme intégrer le corps des officiers.

 

Le sergent Rami est exploitant renseignement : la veille de chaque vol, il extrait la documentation nécessaire à la mission, tel que le JTAR (joint tactical air request), et la transmet aux PN, qui en assurent l’utilisation finale. Suite à cela, il exploite la documentation opérationnelle, qui apportera aux PN une vision d’ensemble sur les zones actives et celles de ravitaillement en vol, ainsi que sur l’organisme qui contrôle l’équipage en vol.

 

Le jour du vol le sergent Rami vérifie que la documentation opérationnelle est à jour et briefe les PN sur leur mission pendant une quinzaine de minutes. A l’atterrissage de l’avion, il prépare le rapport de mission. Il effectue actuellement sa première opération extérieure.

 

En métropole, son rôle est de maintenir à jour la documentation de l’escadron et d’aider l’officier renseignement à préparer les briefings missions. « Ce qui me plaît dans ma spécialité c’est d’être polyvalent et de connaître toutes les sous-spécialités de la filière renseignement ».

 

Le SGT Rami a intégré l’armée de l’Air en 2009 en tant que militaire du rang et a exercé les fonctions de chauffeur d’autorités en région parisienne. Après trois ans de service, il a intégré le corps des sous-officiers et a fait le choix de devenir exploitant renseignement. Après six mois passés à l’escadron de formation au renseignement à Strasbourg, il est affecté en escadron de chasse à Nancy.

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