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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 15:30
CC-130J Hercules photo RCAF

CC-130J Hercules photo RCAF

 

10 novembre 2015 par Jacques N. Godbout – 45eNord.ca

 

Au milieu d’une vague de suspicion où abondent les théories du complot qui semblent alimenter la vie politique irakienne, Bagdad a fait saisir, même si cela ne fut que temporaire, un avion militaire canadien transportant des armes pour les forces spéciales canadiennes au Kurdistan qui forment les combattants locaux en lutte contre l’EI.

 

Cette initiative des Irakiens ne devrait pas manquer d’indisposer le nouveau gouvernement libéral du Canada, qui a résolu de se retirer de la mission de bombardement pour se consacrer plutôt à la la formation plus militaire dans le pays et qui devra discuter sérieusement de cet incident avec les autorités irakiennes.

Les Irakiens ont retenu l’avion de transport Hercules des Forces canadiennes, transportant des fournitures au Kurdistan pendant quatre jours parce qu’il n’avait pas, disent-ils, obtenu l’autorisation préalable nécessaire.

Certains Irakiens craignent que les Kurdes, qui cherchent à élargir leur autonomie à la faveur des événements qui agitent l’Irak, utilisent le soutien et les armes qu’ils reçoivent de la Coalition pour gagner davantage d’indépendance.

D’autres responsables politiques et militaires irakiens, au lieu d’admettre les faiblesses et lacunes de leur gouvernement et de leurs forces de sécurité, vont même jusqu’à accuser les États-Unis et leurs alliés de secrètement armer le groupe État islamique afin de maintenir le pays dans le chaos.

Le ministère de la Défense nationale a pour sa part confirmé qu’il y avait des problèmes avec un avion des Forces canadiennes qui a atterri à Bagdad le 28 octobre.

« Alors qu’il volait à l’appui de l’Opération Impact, un CC-130 Hercules s’est vu refuser l’autorisation de se rendre à Erbil, [en territoire kurde contrôlé par le Gouvernement autonome du Kurdistan de Massoud barzani, ndlr]par les autorités à l’aéroport international de Bagdad, en raison d’un problème avec les documents de douane à l’égard de sa cargaison », a déclaré ministère le porte-parole de la Défense nationale, Evan Koronewski, cité dans le National Post.

De son côté, Hakem al-Zameli, chef de la Commission sécurité et défense du Parlement irakien, a déclaré aux médias locaux que deux avions avaient été saisis: un du Canada et un de la Suède. Il a dit que les équipages tentaient de transporter des armes dans la région du Kurdistan sans en informer le gouvernement irakien.

« Le comité d’inspection à l’aéroport international de Bagdad a trouvé un grand nombre de fusils munis de silencieux, ainsi que des armes légères et moyennes », a déclaré Zameli, qui dit avoir appelé le ministère des Affaires étrangères irakien pour protester contre l’incident et le prier d’avertir les membres de la coalition de ne pas procéder à de tels transferts à l’avenir.

Le chef de la Commission sécurité et défense du Parlement irakien parle de huit armes équipées de silencieux ont été découverts à bord de l’avion canadien et de 92 armes à feu, y compris des silencieux, sur l’avion suédois qui, quant à lui, a été renvoyé à la base turque d’où il était parti.

Pour des raisons de sécurité opérationnelle, il a bien sûr été impossible de savoir d’Ottawa quelle était la nature exact du chargement et son destinataire, mais il est relativement évident que le gouvernement canadien n’aurait aucun intérêt à armer les Kurdes secrètement à la barbe de Bagdad.

Quoiqu’il en soit, les Forces canadiennes et le ministère des Affaires étrangères ont discuté de la question avec les responsables irakiens. Et l’avion a finalement été autorisé à rentrer au Koweït quatre jours plus tard. « Aucun équipement ou partie de la cargaison n’ont été confisqués par les autorités irakiennes », a précisé le porte-parole de la Défense nationale à Ottawa.

Les Forces spéciales canadiennes opèrent à Erbil dans le nord de l’Irak. Les membres du Régiment d’opérations spéciales de Petawawa, ainsi que le JTF 2 sont présents sur le terrain.

Ce climat de suspicion et d’incompréhension pourrait évidemment compliquer le projet du gouvernement libéral d’élargir la mission de formation militaire en Irak. L’ironie dans tout ça est que nous sommes là à la demande des Irakiens et que, sans l’appui de pays comme le Canada et la valeur des combattants kurdes, le calife Ibrahim, chef du sanguinaire groupe armé État islamique qui s’est emparé sans coup férir de pans entiers de territoire irakiens, serait sans doute en train de siroter le thé à Bagdad.

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