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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 07:35

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09/09/2011 Propos recueillis par l’adjudant Jean-Laurent Nijean – Armée de l’Air

 

Le général Dominique de Longvilliers, chef d’état-major au commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), dresse un bilan de l’action menée par l’armée de l’air depuis les attentats du 11 septembre 2001.

 

Mon général, pouvez-vous nous expliquer comment l’armée de l’air a réagi après les attentats du 11 septembre 2001 ?

 

Tout d’abord, il y a eu la prise de conscience réaffirmée du danger de l’utilisation de moyens aériens civils à des fins terroristes. La France a réagi en renforçant son dispositif qui reposait jusqu’alors sur deux plots de permanence opérationnelle. Elle est rapidement passée à cinq, puis à six plots. Ainsi, six paires d’avions de chasse armés ont été mis en alerte afin d’assurer la défense aérienne de la totalité du territoire. Notre dispositif a été réorganisé afin d’être plus réactif face à ce genre de menace.

 

Ensuite, lorsque le premier choc des événements du 11 septembre a été contenu, nous avons complété le dispositif par un réseau de permanence composé d’hélicoptères appliquant des mesures actives de sûreté aérienne (MASA). Nous avons ainsi pris en compte les menaces atypiques, comme les ULM (ultra léger motorisé) et les parapentes, que les avions de chasse ont des difficultés à intercepter en raison de leur faible vitesse. Aujourd’hui, nous avons quatre plots d’avions de chasse et quatre d’hélicoptères répartis aux points cardinaux de la France. Avec bien sûr une attention particulière autour de Paris. Ce sont concrètement les premières mesures qui ont été prises et qui concernent le territoire national.

 

Quelles sont les autres mesures qui ont été entreprises ?

 

Il y en a deux principales : les accords transfrontaliers et la coordination interministérielle. En ce qui concerne les accords avec les pays frontaliers nous avons mis en place tout un réseau d’accords qui prônent la réciprocité. Avant le 11 septembre 2001, il n’existait aucun accord avec nos voisins dans le domaine de la défense aérienne. En cas de menace, chacun agissait de son côté. Il n’y avait pas, à proprement parler, de véritables processus de coordination inter-états pour contrer une menace qui traverse une frontière. Des accords bilatéraux ont été progressivement mis en œuvre depuis le 11 septembre avec les Allemands, les Belges, les Britanniques, les Espagnols, les Italiens et les Suisses. Il ne s’agit pas d’accords incluant l’ensemble des nations, la France a signé avec chaque nation séparément. Par exemple, aujourd’hui, lors de l’interception d’un suspect se dirigeant vers l’Allemagne, nous avons le droit de poursuivre notre mission au-delà de nos frontières. Les avions de la permanence opérationnelle passent alors sous commandement allemand en attendant que ces derniers prennent le relais. Cette procédure est, bien entendu, réciproque. C’est une grande avancée qui assure une meilleure cohérence.

 

Pour aller un peu plus loin, nous avons développé un axe d’effort dans le cadre de l’initiative 5+5 « Défense » qui regroupe cinq pays membres de l’Union européenne (Espagne, France, Italie, Portugal et Malte) et cinq pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie). Des exercices sont organisés pour entraîner le réseau de diffussion de l’alerte à tous les partenaires, face à une menace aérienne non militaire. Un exercice 5+5 est programmé le 21 septembre 2011. Cet entraînement n’inclut pas la Libye en raison des événements en cours.

 

À part les accords transfrontaliers entre les différentes nations, l’armée de l’air a fourni un renforcement du travail interministériel. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

En effet, même si cela existait auparavant, il y a eu un renforcement de la coordination interministérielle. Nous avons des contacts permanents avec les ministères, et particulièrement ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances. Ainsi, les organismes comme les douanes, les services de renseignement, la gendarmerie nationale et la direction générale de l’aviation civile (DGAC) sont nos partenaires privilégiés pour fluidifier et coordonner le renseignement relatif à ce genre de menaces. La fusion de toutes les informations reçues nous permet d’obtenir une situation sécuritaire optimisée. En ce moment, nous renforçons encore plus notre vigilance en raison de la date anniversaire de l’acte terroriste du 11 septembre 2001. Nos contacts avec les organismes d’État sont d’autant plus fréquents.

 

Depuis 2001, les procédures concernant la protection et la surveillance de l’espace aérien ont beaucoup évolué. Sommes-nous parvenus aujourd’hui à un stade terminal ou reste-t-il des perspectives d’amélioration ?

 

Tous ces projets sont en constante évolution et ils ne seront jamais vraiment terminés. Nous essayons de pousser au maximum les accords bilatéraux et nous continuons encore à travailler la coordination interministérielle. C’est un effort quotidien pour augmenter la fluidité des informations et pour améliorer la réactivité. Les relations dans ce domaine avec les pays africains en sont encore à leurs débuts. Il n’existe pas d’accords formels, pour le moment, ce sont juste des exercices entre nous. Nous programmons aussi l’amélioration des équipements. Ainsi, nous renforçons la couverture radar, et notamment celles de la région parisienne et vers la basse altitude. Nous portons également un effort sur l’information, tournée vers le respect des règles de la navigation, plus particulièrement à l’attention des usagers d’aéroclubs. Nous avons remarqué une nette baisse des infractions depuis le début de nos campagnes d’information, ce qui nous permet de gagner en sécurité et de ne pas disperser nos moyens sur des événements mineurs.

 

Nous portons aussi une attention à l’entraînement du personnel dédié à cette mission. Que ce soit au commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), à Paris, au centre national des opérations aériennes (CNOA), à Lyon, dans les organismes de contrôle ou dans les unités navigantes, tous les aviateurs sont motivés et s’impliquent pour la protection du territoire.

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