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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 17:05

AMX-10RC-photo-r.-Balma-1er-rima.jpg

 

En soutien à l'infanterie, le rôle des Marsouins en Afghanistan sera de sécuriser les convois et les réunions entre civils et militaires afghans. (photo r. Balma / 1er rima)

 

23.05.2012 Par Aude Boilley - sudouest.fr

 

«Si vous saviez comme c'est beau l'Afghanistan. » Les yeux brillants de Benoît (1) en disent plus qu'un long discours. « C'est magnifique. La végétation, les vallées, tout est beau. On allait boire le thé chez les Afghans qui sont très accueillants. Ils étaient contents qu'on leur montre certaines choses. On se sentait utile. » Le caporal-chef est parti en 2010 dans la vallée de la Kapissa au sein d'une unité d'accompagnement, en doublure des Afghans. Il formait des pelotons de jeunes. Cette semaine, il part avec 21 autres soldats du 1er RIMa d'Angoulême, six mois, dans la région de Surobi (est de Kaboul) pour une mission totalement différente (2).

 

Le 1er RIMa sera un « petit pion » de la Task Force Lafayette. Sur le terrain, il officiera en soutien de l'infanterie. À bord de leurs chars AMX 10 RC et véhicules à l'avant-blindé, les Marsouins sécuriseront, par exemple, les passages de convois. « Notre mission est plus statique car nous sommes en appui. Mais ce n'est pas dévalorisant. Si le convoi peut avancer, c'est parce que nous sommes bien en place. C'est grâce à nous. Nous n'avons pas droit à l'erreur », témoigne le jeune engagé.

 

Aucun refus de partir

 

À 24 ans, Benoît est déjà parti en mission deux fois en Côte d'Ivoire et une fois au Sénégal. C'est pour son expérience que l'adjudant Jérôme l'a choisi. Dans son groupe, le chef du peloton a souhaité mélanger des hommes qui connaissent l'Afghanistan. C'est le cas de Rachid. Il y a connu son « baptême du feu ». « Sur le moment, on ne réfléchit pas, on suit ses automatismes. On cogite après, confie-t-il, son groupe sanguin scratché sur l'uniforme. Nos collègues nous ont posé des questions. Mais ça ne se raconte pas vraiment, ça se vit… »

 

Au 1er RIMa, aucun soldat n'a refusé de servir en Afghanistan. « C'est pour cela qu'on est soldat. On est inquiet, bien sûr, mais un accident peut arriver partout », relativise le caporal Cédric, chauffeur de char. « Pour certains, cela peut apparaître comme un suicide, pour nous c'est une chance de partir », confirme Benoît.

 

« On est impatient de partir… pour revenir plus vite », sourit Benoît, optique de nuit dernier cri sur la tête. Dans les paquetages, du matériel ultra-moderne et la dernière tenue convoitée par les soldats, l'uniforme Félin (comme Fantassin à équipements et liaisons intégrées), un concentré de prouesses technologiques.

 

Mais aussi des photos de famille. À 5 000 kilomètres, chacun son truc pour rester en contact avec sa famille. Il y a ceux qui appellent toutes les semaines et ceux qui se contentent de rares coups de téléphone et de photos de famille punaisées au-dessus du lit. Benoît a trouvé la parade, il part célibataire… « Sur place, il faut faire très attention aux hommes. Je connais leur vie, ou presque. Et je leur demande souvent des nouvelles. Si leur famille a des problèmes, cela se ressent », estime Jérôme.

 

Dessins d'enfants

 

« Je mentirais si je disais que nous n'avons pas eu de coups durs. Mais nous avons eu de la chance. On reçoit du réconfort par colis, des lettres d'anonymes ou des dessins d'enfants. C'est important pour le moral de savoir qu'on pense à nous en France », salue Benoît.

 

Sur place les occupations sont limitées. « Je m'étais fait envoyer des ballons de football par colis et j'avais monté des buts pour jouer avec les soldats afghans. Bon, les ballons se crevaient dans les barbelés… De toute façon, ils sont nuls au foot mais très doués au volley, ils nous battaient tout le temps. On mangeait parfois chez eux, ils ont une façon de faire le riz que je n'ai jamais réussi à refaire », poursuit-il. Pendant six mois, les hommes du 1er RIMa se sont entraînés à ce terrain particulier. Ils sont passés par le camp de la Courtine (Creuse) pour des entraînements au tir et au combat en ville, par celui de Mailly (Aine) pour voir s'ils étaient « aptes au combat ». Puis, ils ont terminé cette préparation intensive par trois semaines à Canjuers (lire « Sud Ouest du 12 avril et « Sud Ouest Dimanche » du 13 mai). L'occasion de coordonner tous les moyens et de mener des exercices grandeur nature. Là, les hommes de l'adjudant Jérôme se sont distingués au tir en battant les records du camp. « Ça nous permet de partir en bombant le torse et de savoir que nous serons capables d'agir sur place. Je suis satisfait du niveau des soldats. Même si on ne sait pas ce qu'il peut nous arriver là-bas, les gars ont prouvé qu'ils avaient les réflexes pour réagir en cas de coup dur. Je pars relativement serein. » Après six mois de préparation, il en est certain : « Je n'en changerai aucun. Ils sont tous prêts. »

 

(1) Pour protéger les familles et à leur demande, nous ne donnerons que les prénoms des engagés.

 

(2) Outre le peloton blindé, le 1er RIMa enverra également le capitaine Moreau, officier traitant, qui sera en charge de la conduite des opérations au sein du bureau opérationnel.

 

camp de canjuers (var) Une vingtaine de soldats du 1er Régiment d'infanterie de Marine d'Angoulême (RIMa) partent cette semaine pour une mission de six mois en Afghanistan. Pour certains, c'est la seconde mission dans ce pays où la France est engagée depuis 2001. Pour d'autres, c'est une grande première. Impressions.

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