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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:00

Hargfang pic12 source FB Armee de l Air

 

14/11/2012  Ltn Charline Redin - Armée de l'air

 

Le capitaine Daniel Gigan, 34 ans, est enseignant chercheur au sein du centre de recherche de l’armée de l’air (CReA) sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence. Après quatre années de recherches, il a mis au point un prototype qui permet d’intégrer les drones dans la circulation aérienne en toute sécurité. Le projet TESC (trajectoire d’évitement sans collision) pourra être utilisé aussi bien dans le domaine militaire que civil. Les premiers essais en vol en septembre 2012 ont montré la validité et la performance de ce nouveau système. Explications du capitaine Gigan.

 

Qu’est ce que TESC exactement ?

 

Capitaine Gigan: Il s’agit d’un système qui permet à un drone de réagir comme le ferait un pilote afin d’éviter toutes collisions en vol. Il a été bâti à partir de processus cognitifs qui sont les traitements de l’information chez l’être humain (la manière dont un individu résout des problèmes et prend des décisions). TESC retranscrit l’observation qu’aurait un être humain et met en place des stratégies d’évitement. À l’aide de la caméra, il identifie les mobiles aériens potentiellement dangereux, les caractérise pour permettre le calcul du temps restant avant la collision, ce qui est essentiel dans la construction de la manœuvre d’évitement.

 

Il existe déjà des systèmes pour intégrer des drones dans la circulation aérienne mais ils sont très complexes et très lourds (parfois 15kg). Ors les drones possèdent une faible capacité d’emport. TESC pèse moins d’un kilo, car cette nouvelle technologie s’appuie sur un simple capteur optique passif de type webcam.

 

Comment vous est venu l’idée de créer un tel système ?

 

J’ai suivi une formation d’élève pilote au sein de l’armée de l’air avant de quitter cette filière et de me consacrer à la recherche. J’ai ensuite travaillé au centre d’essai en vol pendant quatre ans. Pour ce projet, j’ai allié le côté pratique de l’aéronautique, comme on me l’a enseigné lors de ma formation de personnel navigant, et le côté ingénierie. Je suis convaincu de l’importance de l’intégration des drones dans la circulation aérienne. Les drones ne remplaceront pas les pilotes humains, mais ils possèdent de réelles perspectives d’emploi.

 

Qu’est ce que TESC va changer ?

 

Dans un espace aérien où cohabitent des avions pilotés par des hommes et des drones, nous pouvons grâce à ce système garantir le principe d’une homogénéité comportementale. Avec TESC, le drone réagira comme le ferait un être humain face à une possible collision. La manœuvre sera donc sans surprise pour les autres usagers de l’espace aérien. TESC est un système simple, robuste et peu coûteux le rendant ainsi adaptable à tout type de vecteur aérien. À terme, il pourrait bien être un des éléments prépondérants permettant l’introduction massive des drones militaires et civils dans la circulation aérienne générale.

 

Quelles sont les performances obtenues après les tests effectués en septembre dernier ?

 

Les performances obtenues sont remarquables. Le système TESC est capable de détecter un Mirage 2000 à plus de 10 secondes, un avion de ligne à plus de 30 secondes et des avions type aviation légère à plus de 15 secondes. Cela laisse une marge de manœuvre plus que suffisante pour assurer l’anticollision d’un drone. En simulation dans un environnement aéronautique représentatif de la circulation aérienne générale, le système mis 100 000 fois en situation de collision aléatoires simulées a été capable de gérer, avec tous les éléments de sécurité aéronautique nécessaires, 99,8% des situations conflictuelles. Sachant que les 0,2% restant ne sont pas systématiquement liés à une collision mais à un passage, par exemple, trop proche par rapport à l’enveloppe virtuelle réglementaire de sécurité aérienne.

 

 Quelle sera la prochaine étape ?

 

Nous sommes encore aux prémices et venons d’achever une phase « prototype ». Le développement va rester pour l’instant interne à l’armée de l’air. Déjà soutenu par la « mission innovation participative », le projet TESC va continuer d’être financé par cet organisme.

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