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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 08:25

http://www.croiseur-lamotte-picquet.fr/photos/divers/flotte.gif

source croiseur-lamotte-picquet.fr

 

10 septembre 2011 Par Le marquis de Seignelay - Le Fauteuil de Colbert

 

Un de mes axes de réflexion sur ce blog est la construction de la Marine nationale dans le temps. J'ai même hésité à choisir comme titre "Savoir construire la Flotte dans le temps". J'essaie de comprendre, d'une part, les lois qui gouvernent la construction des escadres avec le meilleur rendement financier possible. D'autre part, à comprendre comment on arrive à s'éloigner de ces mêmes lois. Par "lois", j'entends la construction en série, en lot, la standardisation des coques, des équipements, la diminution du même nombre de plan... et peut être d'autres lois que j'ignore ou qui sont à découvrir.

 

Il m'arrive donc de prendre des partis qui ne sont pas forcément compris. Ainsi, en ce qui concerne les BPC, je plaidais déjà, bien avant ce blog, pour une composante toute amphibie. C'est un choix mûrement réfléchi. Les finances y tenaient une grande place dans la nature de ce choix puisque Marine rime avec finances. Mais, que valait-il mieux faire ? Hésiter à passer à une composante tout BPC, ou bien choisir de le faire et obtenir quatre vaisseaux neufs ? La construction en série et en lot permettait de baisser significativement le coût par unité, au point d'envisager une cinquième unité pour remplacer la Jeanne d'Arc. Mer et Marine envisageait un coût de 150 à 200 millions d'euros un BPC 3 pour remplacer la Jeanne d'Arc. Finalement, le BPC 3 est devenu le Dixmude, et construit plusieurs années plus tard, il nous coûte 400 à 500 millions d'euros.

Il y a des choix budgétaires qui amènent un plus grand nombre de coques que d'autre. Une Marine, c'est des navires.

Je passe outre le fait que ces BPC sont bien plus utiles qu'on s'autorise à le croire, et qu'ils rempliront des missions bien inattendues. Je tenterais de l'exposer dans d'autres billets.

Sinon, j'ai pu lire que par mon choix à 5 BPC, je ne me préoccupais pas de l'avenir du groupe aéronaval. Rien de plus faux pour ceux qui lisent ce blog et les échos de mes recherches que je publie sur les pages Facebook et Twitter de ce blog. Je suis un partisan du défunt Amiral Barjot qui avait osé réclamer une Royale à 6 porte-avions à la fin des années 40 ! Un lecteur m'avait fait remarquer qu'avec 4 BPC et 2 porte-avions, nous allions atteindre ce souhait. Cependant, il reste le problème du second porte-avions. Bien des personnes cherchent à imaginer la meilleure solution possible, tant sur le plan technique que financier. J'aimerais leur faire remarquer une nouvelle fois que ce n'est pas un second porte-avions dont il faut parler, mais des PA2 et PA3. Je suis partisan d'une composante aéronavale à trois porte-avions. Mais je suis également un lecteur attentif des "âges" du Charles de Gaulle ! Hors, si le PA2 est commandé entre 2015 et 2020, il deviendra bientôt question de remplacer le Charles de Gaulle dans la foulée. Le scénario classique qui se dessine c'est une commande du PA2 qui accompagnera le Charles de Gaulle (sans même parler des problèmes de gestion du personnel s'il est conventionnel). Cette commande sera "unique" puisqu'il risque de s'écouler entre la fin de la construction du PA2 et le retrait de service du Charles de Gaulle un laps de temps supérieur à 10, peut être même 15 ans. Je lis (dans le rapport du sénateur André Boyer sur le PA2 en 2000) qu'aux Etats-Unis ils partent d'un modèle et ne cessent de l'améliorer au fil du temps. De sorte que les études du précédent modèle sont réutilisées pour le nouveau navire. Les gros équipements, ensembles et sous-ensembles du navire sont autant les mêmes que possible. Donc, quelque part, la standardisation n'est pas entièrement respectée au profit d'une amélioration continue. Les modifications des nouveaux navires étant peut être répercutées sur les autres au cours des refontes. Mais, si vous vous donnez la peine de revenir en France, alors vous êtes coutumiers d'une donnée sur le programme PA2 : le délai écoulé entre la construction du Charles de Gaulle et l'éventuelle construction d'un PA2 est beaucoup trop grande pour espérer réutiliser les plans ! Il y a donc une perte financière sèche.

Donc, perdre des crédits budgétaires, c'est perdre des navires. Les plans et études du Charles de Gaulle représenteraient 600 à 700 millions d'euros, soit le coût de deux BPC construit en lot ou d'une frégate de défense aérienne, même s'il faut rallonger pour celle-là. Ou tout simplement le coût d'une frégate FREMM. Ou d'un ensemble d'équipements plus petits mais tout aussi utile : autoprotection, drones, drômes, etc...

Le message que je tentes de faire passer c'est que la construction d'une Flotte est faite de programmes qui s'inscrivent dans un ensemble. Il s'agit donc d'optimiser autant que possible ce programme pour disposer du plus grand nombre d'unités possible aux meilleurs coûts. Bien entendu, le nombre de BPC est discutable. Néanmoins, il n'est absolument pas question d'un report des BPC 3 et 4 au profit d'un second porte-avions. J'essaie de démontrer qu'une commande en lot de 5 BPC aurait été beaucoup moins coûteuse que la réalité que nous connaissons. C'est-à-dire qu'à sommes équivalentes, nous aurions pu avoir 5 navires, contre 3 actuellement. Deux navires de perdus -et ce sera encore pire avec le BPC 4 ! De même, je persistes, il ne faut pas parler du PA2, mais des PA2 et 3. A moins de remplacer le Charles de Gaulle à temps pour profiter des études du PA2 et donc, de suivre le  "modèle américain" en la matière pour construire des porte-avions.

In fine, il n'est pas question d'être le représentant officieux de tel ou tel chantier, voire de tout les chantiers. Je ne reçois aucune rémunération sonnante et trébuchante pour ce blog. Ni même un livre. En aucun cas, non plus, je n'ai reçu une quelconque invitation à visiter ces mêmes chantiers. Et alors ? Je ferais tout ceci par intérêt personnel ? Non. Il est bien question de regarder à quoi correspond le budget de la Marine depuis... 1870 (au moins) et de comprendre le cheminement des décisions et de tenter de délimiter les sommes qui ont été perdues faute d'une stratégie de construction claire. L'optimisation parfaite ne peut pas exister, mais entre les errements doctrinaux et l'optimisation parfaite, il y a une marge. Comprendre ce qui conduirait à améliorer la prise de décision pour avoir plus de bâteaux, c'est construire une Marine.

Une Marine, c'est des bâteaux. De Churchill à Coutau-Bégarie, c'est une leçon que l'on retrouve souvent.

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