Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 12:45

cyber warfare

 

14/11/2012 Guerric Poncet -  Le Point.fr

 

Le Point.fr s'est entretenu avec Daniel Ventre, titulaire de la chaire de cyberdéfense et cybersécurité à l'École militaire.

 

L'École militaire a accueilli mardi à Paris la leçon inaugurale de la toute nouvelle chaire de cyberdéfense et cybersécurité des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Cet événement a été l'occasion pour Daniel Ventre, chercheur au CNRS et titulaire de la chaire, d'exposer les nouvelles problématiques de la sécurité informatique, un domaine en constante évolution. Il détaille ces enjeux pour Le Point.fr.

 

Le Point.fr : La France est-elle en retard dans la cyberdéfense et la cybersécurité ?

 

Daniel Ventre : Je ne pense pas. Certes, les États-Unis se considèrent avancés à 8 sur une échelle de 10, et mettent les pays suivants à 3 sur 10. Mais ces choses sont très subjectives. Beaucoup d'initiatives sont menées dans le secret, et si l'Iran est considéré par Washington comme la troisième plus grande menace cybernétique après la Chine et la Russie, rien ne permet de le vérifier. La comparaison dépend aussi de ce qu'on inclut dans le terme cyberdéfense. Aux États-Unis, des unités de guerre électronique ont été déplacées dans la case cyberdéfense et gonflent les investissements affichés par le Pentagone dans le domaine.

 

La création de cette chaire (en juillet 2012) n'arrive-t-elle pas un peu tard ?

 

L'idée était de former un point de discussion et de réflexion au sein de l'institution militaire pour fédérer les acteurs nationaux, publics comme privés. Cette chaire a été créée à l'initiative des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, en phase avec deux partenaires industriels, Sogeti (filiale de Capgemini, NDLR) et Thales. C'est une bonne chose, même si l'on peut toujours dire qu'on aurait pu faire les choses plus tôt.

 

Donc un classement n'a pas vraiment de sens ?

 

Dans cette réflexion, il faut être beaucoup plus fin que "on est plus forts" ou "on est moins forts". De notre côté, il faut se demander s'il est utile de se lancer dans une course aux armements avec les géants. Il existe des outils offensifs simples et qui ne coûtent pas cher. Ce qui coûte cher, en revanche, ce sont les outils de défense, et c'est bien pour cela que, dans un conflit cyber, l'avantage est toujours à l'agresseur... En France, l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, NDLR) est bien positionnée, tout comme nos partenaires européens en Grande-Bretagne et en Allemagne. Les autres pays européens investissent moins.

 

La France a-t-elle une doctrine d'emploi de l'arme informatique ?

 

Nous avons une stratégie de cyberdéfense. Il n'y a pas toujours besoin de doctrine : les États-Unis emploient l'arme cyber sans disposer d'une doctrine précise. Toutefois, il est important d'affirmer une position nationale claire, car cela permet d'avoir un avis plus respecté sur la scène internationale.

 

La cyberdéfense peut-elle être un moteur pour l'Europe de la défense ?

 

Peut-être, mais ce n'est pas pour demain. La plupart des États voient la cyberdéfense comme une question de souveraineté. Le modèle qui fonctionne aujourd'hui le mieux dans ce domaine, c'est la coopération bilatérale, au cas par cas.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : RP Defense
  • : Web review defence industry - Revue du web industrie de défense - company information - news in France, Europe and elsewhere ...
  • Contact

Recherche

Articles Récents

Categories