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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 07:50

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04.04.2012 par P. CHAPLEAU Lignes de Défense

 

Lundi 2 avril, 12e base de soutien du Matériel (BSMAT). Pas de retard pour la SNCF : à 8 h 32, comme prévu, 500 m de wagons plats surbaissés ont pénétré sur le site situé au nord de Châteauroux. A leur bord, les éclopés des opex : quelques camions (GBC et TRM) mais surtout plusieurs dizaines de VAB (véhicules de l’avant blindé) stigmatisés, cabossés, mal en point.

 

La plupart rentrent d’Afghanistan. Quelques véhicules portent encore le marquage onusien ; ceux-là arrivent du Liban. Une poignée, en camouflage sable, est en provenance d’Abu Dhabi.

 

VAB Afghanistan source LdDef

 

Leur périple donne une idée assez exacte de ce que sera le retrait d’Afghanistan des quelque 650 véhicules déployés au sein des forces françaises : 420 VAB, 74 camions, 45 VBL, 20 PVP, autant d’engins du Génie, 13 AMX10 RC, 10 Aravis, 8 VBCI, 2 Buffalo… Un retrait déjà ébauché (voir mon post du 7 février) et dont les modalités ont été rodées puisque de nombreux véhicules ont déjà fait la noria entre la France et l’Afghanistan.

 

Rassemblés à Kaboul, ces matériels empruntent  une voie mixte (aérienne et maritime). Ils sont d’abord chargés à bord d’Antonov 124 (cliquer sur la photo EMA ci-contre pour l'agrandir) et transportés jusqu’à Abu Dhabi (certains vols d’AN124 se font directement sur Châteauroux mais à 38 000 € l’heure de vol, ce n’est pas la solution la plus économique). A Abu Dhabi, ces matériels sont chargés à bord de rouliers (Ro-Ro) qui rallient Toulon (avec de possibles escales, si besoin, à Djibouti et à Beyrouth). Une fois en France, après une ultime étape ferroviaire, le périple se termine dans un des sites de la 12e ESMAT par où tout le matériel roulant doit transiter : Neuvy-Pailloux, près de Châteauroux (camions, VAB, porte-blindé), Gien, près d’Orléans (VBCI et, principalement, les véhicules de combat embarqué comme les AMX10 RC, les Leclerc, les Sagaie) ou encore Satory (VLRA, TRM, P4…).

 

Il existe trois bases de soutien du Matériel de l’armée de terre : la 5e à Draguignan (qui travaille surtout au profit des centres d’entraînement, comme Canjuers), la 13e à Clermont-Ferrand (plus spécialisée dans la maintenance VL, le stockage et la distribution des pièces) et la 12e BSMAT, « spécifique par sa taille, son éclatement et sa capacité à intervenir au plus haut niveau technique d’intervention (NTI 3) », explique le colonel Frédéric Bernard, le chef de corps de la 12e BSMAT (1 073 personnels dont 80 % de civils). Une unité "embasée" dans 4 BdD (base de défense) et 6 GSBdD…

 

Sur le site de Neuvy-Pailloux, plus de 5 300 véhicules ! Des véhicules neufs en attente de livraison aux unités, des véhicules réformés en attente de destruction ou de vente, et un parc destiné à être réparé. « Chaque véhicule qui rentre d’opex passe chez nous », précise Christian Bouyge, le responsable du Bureau Maintenance-Soutien, le « directeur technique » de la BSMAT qui va gérer cette année un plan de charge de 178 500 heures de travail. A lui de s’assurer que la réparation, la valorisation ou la remise en condition opérationnelle sont effectuées et que le véhicule pourra repartir en opex ou en unité. A lui et à ses chaudronniers, mécaniciens, tôliers, peintres, bourreliers, menuisiers de bientôt réceptionner les 300 véhicules qui doivent rentrer d’Afghanistan dans un premier temps.

 

Et le travail ne va pas manquer sur ces blindés et camions. « Un VAB qui rentre d’Afghanistan a vieilli à un rythme 3 ou 4 fois plus rapide que la normale », poursuit le colonel Bernard. « Il y a une usure généralisée du fait que le véhicule sort tous les jours, sur un terrain cassant, avec une poussière intense et des amplitudes thermiques très fortes »

 

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 « Chaque véhicule qui rentre passe par deux phases », explique le capitaine Claude Carpentier, qui commande le 11e groupement multitechnique et ses 150 ouvriers d’État. « D’abord une phase de tri (4 h) puis une phase de diagnostic (40 heures environs) qui permet de lancer les commandes de pièces. Une fois le lot de pièces confectionné, le véhicule peut être réparé. Pour un VAB, il faut compter entre 250 et 400 heures ».

 

Et s’il est irréparable ? « On peut d’emblée proposer la réforme si le véhicule est vraiment hors d’usage », précise Christian Bouyge. Sur quels critères ? Les coûts de réparations ? Puisque la comptabilité analytique fait toujours défaut, c’est en nombre d’heures que le « devis » est établi. « Si l’on dépasse les 500 heures de travail, le SIMT (service interarmées de maintenance de l’armée de terre) décide », explique le chef de corps. « Le problème, c’est que retirer du service, c’est bien ; encore faut-il pouvoir remplacer le véhicule ».

 

En cette période de basses eaux budgétaires, chaque véhicule est donc fait pour durer encore un peu plus, à coups de réparation, revalorisation (avec le programme « Ultima », le bien nommé, destiné aux VAB !). Et de cannibalisation… « Acquérir des pièces, c’est encore compliqué et long », explique Jean-Claude Logie, le responsable du 13e groupement des approvisionnements. « Certaines pièces ne sont plus fabriquées ; pour d’autres, les prix sont plus élevés et les délais plus grands. Alors, il reste les prélèvements ».

 

(à suivre)

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Published by RP Defense - dans France
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