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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 13:55

Mindef

 

27/11/2012 Par Véronique Guillermard, Yann Le Galès – LeFigaro.fr

 

INTERVIEW - Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, lance le pacte Défense PME. Les marchés publics en dessous de 15.000 euros seront attribués en priorité aux PME. Les grands groupes devront développer des partenariats.

 

LE FIGARO. - Le gouvernement a annoncé des mesures pour relancer la compétitivité des entreprises. Que mettez-vous en place en faveur des PME de la défense?


Jean-Yves LE DRIAN. - Le ministère de la Défense doit pleinement jouer son rôle dans le cadre du pacte de compétitivité lancé par le gouvernement, car il est le premier investisseur public avec un budget annuel de 16 milliards d'euros dont 6 milliards destinés aux équipements nouveaux. La compétitivité de la France passe par ses industries de défense. C'était un engagement du président de la République ; je le mets en œuvre.

 

La France compte 4000 PME de défense qui sont de véritables pépites. Elles peuvent apporter davantage d'innovations dans le secteur de la défense et faire bénéficier les marchés civils de leurs savoir-faire. C'est pour atteindre ces objectifs que je lance le pacte Défense PME. Ce pacte comprend 40 mesures concrètes et immédiates. Je souhaite que le ministère de la Défense pense PME, acquière une culture de la PME innovante et que sa stratégie d'achats accorde toute leur place aux PME. Je dresserai chaque année un bilan de ces mesures pour évaluer leur efficacité.

 

Favorisez-vous l'innovation?


J'ai décidé d'augmenter les sommes consacrées à la recherche de 10% en 2013 par rapport à 2012. Nous investirons 750 millions d'euros. Je maintiendrai cette ligne. Cela permettra de mieux soutenir les PME de défense qui ont des capacités d'innovation considérables.

 

Le dispositif Rapid, qui accompagne les PME développant des produits militaires et civils, est renforcé. J'augmenterai son budget de 25% d'ici à 2015. Il passe à 50 millions.

 

Comment améliorer la coopération entre grands groupes et PME?


Les grands groupes doivent avoir le réflexe PME. Ils contractualiseront leurs engagements avec mon ministère, qui en sera le garant. Je signerai début décembre la première convention avec EADS. Les grands groupes doivent s'engager sur le respect des délais de paiement et l'innovation. Ils devront travailler en priorité avec des PME sur certains projets.

 

Comment cela se traduira-t-il sur le terrain?


Je vais créer des pôles régionaux à l'économie de défense. Les PME auront ainsi un interlocuteur par région. Son rôle sera d'identifier les PME de défense, de les informer des marchés que nous lançons, de mettre les chefs d'entreprise en relation, de leur faire connaître les dispositifs mis en place et de veiller à ce que les 40 mesures se traduisent dans les faits.

 

Les marchés publics seront-ils plus ouverts aux PME?


Je souhaite que les PME bénéficient en priorité de tous les marchés inférieurs à 15.000 euros. Les procédures de passation des marchés doivent privilégier le réflexe PME.

 

Concrètement, une PME devra s'adresser à qui?


Elle pourra s'adresser dans chaque région au responsable du pôle régional à l'économie de défense. Celui-ci travaillera en relation avec le conseil régional. Tous les responsables de pôle seront en poste au début de l'année prochaine.

 

Les régions devront-elles encourager les coopérations?


Oui. L'une des missions des responsables régionaux sera d'encourager les coopérations et de favoriser les innovations entre les entreprises d'une même région. Il faut également développer les accords sur le modèle de ceux qui ont été signés entre la DGA et les régions Aquitaine et Bretagne. Ce type d'accord sera prochainement mis en place en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Rhône-Alpes.

 

Comment analysez-vous l'échec du projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems?


L'initiative est venue des industriels. Nous y étions plutôt favorables mais nous avons manqué de temps. D'abord, les États européens concernés n'ont eu qu'un mois pour trancher une affaire de cette ampleur. C'est très court, voire trop court. Ensuite, engager ce projet qui aurait eu des conséquences sur l'industrie de défense américaine avant les élections à la Maison-Blanche n'était sans doute pas judicieux. Enfin, obtenir un feu vert avant les élections allemandes sachant l'attention que l'Allemagne apporte à son industrie de défense était risqué.

 

Malgré l'échec, le projet a montré la nécessité d'avoir un outil industriel européen de défense afin d'être performant au niveau mondial. Créer une base industrielle et technologique de défense européenne capable de se solidifier est un sujet qui reste toujours sur la table.

 

Comment rebondir après l'échec? Vous prônez la relance de la défense européenne.


Mon souci est de prendre des initiatives qui ne soient ni déclaratoires ni incantatoires mais qui soient dans l'action et dans la preuve dans trois domaines: opérationnel, industriel et en matière de capacité. Je citerai plusieurs exemples. Nous avons réuni récemment les pays dits «Weimar Plus», c'est-à-dire la France, l'Allemagne et la Pologne auxquelles se sont associées l'Espagne et l'Italie. Nous avons décidé d'avoir le réflexe européen dans les trois domaines. Par exemple, la consolidation de l'armée malienne sera une opération de l'Union européenne. De même, nous allons réinsuffler la dimension européenne au Kosovo.

 

En matière de capacité, nous serons amenés à mutualiser davantage notamment dans les avions de transport ou dans les ravitailleurs.

 

Reste la question de l'Europe de la défense industrielle, qui passe par la définition des besoins futurs afin qu'ils soient unifiés et que nous ayons les mêmes matériels d'ici cinq à dix ans. Nous y travaillons dans le domaine des drones et des dispositifs antimines. Enfin, il faut engager la consolidation des outils industriels existant en Europe afin que les industriels répondent à la demande unifiée élaborée par les ministères de la Défense. Nous n'y sommes pas encore. L'initiative doit venir des industriels.

 

Mais EADS-BAE était une initiative des industriels. Le projet a été tué par l'Allemagne…


L'Allemagne a intérêt à cette évolution. Elle le sait. EADS-BAE a échoué mais la consolidation nécessaire de notre industrie européenne fait désormais consensus. Pour le reste, dans le naval et le militaire terrestre, le chantier reste ouvert.

 

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