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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:44

EADS BAE

 

11/10/2012 Romaric Godin– latribune.fr

 

Les éditorialistes d'outre-Rhin regrettent quasi unanimement l'échec du projet de fusion et jugent durement le comportement de la chancelière. Quelques-uns doutent de la stratégie de Thomas Enders, le patron d'EADS.

 

Les éditorialistes d'outre-Rhin regrettent quasi unanimement l'échec du projet de fusion et jugent durement le comportement de la chancelière. Quelques-uns doutent de la stratégie de Thomas Enders, le patron d'EADS.
Globalement, la presse allemande ne fait guère ses gros titres ce jeudi sur la fin du projet de fusion entre EADS et BAE. Plusieurs éditorialistes tentent néanmoins de tirer les leçons de cet échec.

 

Que des perdants, pour le Handelsblatt


C'est notamment le cas de celui du Handelsblatt qui estime que l'affaire «ne laisse que des perdants». Mais sa critique s'adresse surtout aux politiques qui ont «joué un jeu peu glorieux» en mettant en avant les intérêts nationaux plutôt que l'intérêt de l'entreprise elle-même. Le quotidien économique a la dent particulièrement dure à l'encontre du gouvernement fédéral allemand qui «a laissé passer la chance de créer un groupe dans la défense et l'aéronautique qui puisse jouer dans la même cour que les Américains». Et d'ajouter: «c'était aussi l'occasion unique de transformer un groupe étatique en une entreprise normale.» Mais le Handelsblatt y voit aussi l'incapacité des Européens à établir une «confiance mutuelle». «Ceci est particulièrement vrai de la relation franco-allemande», conclut-il. Dans un autre texte, le quotidien renchérit sur "le rôle doûteux des politiques" dans la politique industrielle.

 

Position discutable pour Die Welt


Mêmes regrets pour Die Welt qui estime que «l'échec de la fusion d'EADS est fâcheuse». «On pourrait être fiers qu'un chef de gouvernement allemand ait atteint une telle puissance en Europe, si la façon dont le gouvernement a fait échoué la fusion n'était aussi fâcheux», souligne l'éditorialiste. «Au lieu de soutenir la fusion, le gouvernement s'est enfermé dans une position discutable dont le sens n'est pas clair», continue-t-il en regrettant que Berlin ait «délaissé» la question industrielle pour se concentrer sur la question politique et de pouvoir. Là aussi, le quotidien conservateur de Hambourg considère que «l'occasion de dépolitiser EADS un peu plus a été perdue».

 

Même Bild regrette


Même la Bild Zeitung, peu réputée pour ses positions pro-européennes titre «une occasion perdue» et tance le gouvernement fédéral pour «son manque de courage». « Le «non» du gouvernement nuit à l'Europe, car l'Europe a besoin d'une industrie unie pour faire face aux Américains», remarque l'éditorialiste du quotidien populaire.

 

Echec pour Tom Enders


D'autres médias, comme Der Spiegel, préfèrent retenir l'échec de la stratégie du patron du groupe franco-germano-espagnol Tom Enders. Le magazine estime ainsi sur son site Internet qu'il s'agit d'un «atterrissage forcé pour le major Tom» et voit dans l'échec de la fusion celui du «style Enders». Même diagnostic pour le quotidien de Francfort Frankfurter Rundschau ou pour le quotidien des affaires Börsen-Zeitung.
 

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