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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 12:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/photo-capitaine-erbland/2138551-1-fre-FR/photo-capitaine-erbland.jpg

 

 

4 février 2013 par Bruno Rivière – Aerobuzz.fr

 

Le Capitaine Brice Erbland est pilote d’hélicoptère, notamment du Tigre. Il raconte quelques unes de ses missions en Libye et en Afghanistan, dans un livre intitulé « Dans les griffes du Tigre ». Une version de la guerre vue de l’intérieur.

 

Capitaine à 32 ans, Saint-Cyrien et pilote de l’Armée au sein de l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) qui opère les hélicoptères d’attaque, Brice Erbland raconte pour la première fois ses combats. Au cours de l’année 2011, Brice Erbland a été chef de mission en Libye et en Afghanistan. Son livre « Dans les griffes du Tigre » (Editions Les Belles Lettres, collection Mémoires de guerre), petit ouvrage d’une centaine de pages, sobrement illustré, et rédigé un peu à la manière de compte-rendus officiels, n’est pas un plaidoyer à la grandeur de l’Armée française, ni même une leçon de morale destinée à « valider » les combats. C’est beaucoup plus simple que cela. « Dans les griffes du Tigre » est juste le récit de quelques actions aériennes que l’auteur a vécues en opération. Des témoignages racontés à la première personne, avec infiniment d’humilité, de respect, et d’humanité. L’auteur y parle de ses peurs, de ses angoisses, de ses fiertés.

 

C’est donc très humain, vraiment très humain. « Même dans le combat d’hélicoptères, où les équipages ont la sensation d’être isolés dans leur cockpit, il n’y a pas d’individualisme. Ce n’est pas « l’homme et la machine », mais bien, « l’homme et l’homme » avec toutes les grandeurs et les subtilités des relations humaines.  » (page 91). Rentrant de mission au cours de laquelle le pilote-auteur a « liquidé » un insurgé afghan « chef insurgé de la vallée de Bedraou tué par tir hélicoptère cet après-midi près de Tagab  », mais où un soldat français est également tombé, il lâche à un camarade : « Celui-là, on l’a vengé ! Je regrette aussitôt mes paroles même si elles ne semblent pas le choquer outre mesure. Je tombe inexorablement dans la loi du talion. Cette réaction est sans doute profondément humaine et a dû être partagée par bon nombre de soldats peinés de voir leurs frères d’armes tués de cette façon. N’est-ce pas Sophocle qui écrivait qu’on ne doit haïr un ennemi qu’en se disant qu’il redeviendrait un jour notre ami ? Mon Dieu que c’est dur ! » (page 16).

 

Brice Erbland mettra d’ailleurs du temps à s’en remettre. « Impossible de penser à autre chose, ce scénario se répète à l’infini devant mes yeux. […] Une psychologue des armées m’expliquera lors de mon départ d’Afghanistan que cette réaction tout à fait normale s’appelle un « phénomène d’identification ». Pour la plupart des autres tirs où j’ai tué des êtres humains, en Afghanistan ou en Libye, je pense avoir toujours inconsciemment justifié mon acte par le fait que des soldats français, au sol ou à bord d’autres hélicoptères, auraient pu trouver la mort si je n’avais pas agi.  » (page 21).

 

Des hélicoptères, il en est évidemment question tout au long de l’ouvrage. Des Tigre, d’abord, que pilote la capitaine Erbland. Hélicoptère d’attaque des unités opérationnelles de l’Armée de terre française depuis 2007, le Tigre est piloté à deux en tandem. L’efficacité de ses équipements et de son armement, notamment un viseur, comportant une caméra thermique, installé entre le cockpit et le rotor et couplé à un canon de trente millimètres en font un des meilleurs hélicoptères de combats modernes. Et puis l’inépuisable Gazelle, en service dans l’Armée de terre depuis près de quarante ans, et équipée soit d’un canon de vingt millimètres, soit d’une caméra thermique et de missiles Hot (Haut subsonique Optiquement Téléguidé). « En arrivant, nous prenons notre schéma d’évolution habituel : le Tigre en cercle à mille pieds du sol, et la Gazelle deux cents pieds au-dessus dans le sens inverse… » (page 9).

 

Le capitaine Erbland parle d’ailleurs des hélicoptères sans détours : « certains voudraient déjà enterrer l’hélicoptère au profit des drones ; je crois au contraire que le combat mené à partir d’hélicoptères n’en est qu’à ses débuts, tant les possibilités sont grandes et l’efficacité mesurée. Très peu d’armées dans le monde occidental possèdent de nos jours une aviation légère capable de manœuvrer à l’échelle d’une escadrille et de combattre à la fois de nuit, à partir d’un bâtiment de la marine nationale, au milieu des montagnes ou encore en pleine zone urbaine. L’Armée française est l’une d’entre elles.  » (page 6).

 

Enfin, il est parfois question ici … de questions. «  Nous arrivons près de la place d’arme du régiment, où un véhicule m’attend pour me conduire au port de Toulon afin d’embarquer. […] Nous y sommes une fois de plus. Cet instant est détestable entre tous et semble interminable. J’embrasse ma femme, […] puis je serre dans mes bras chacun de mes enfants, avec cette indicible voix qui répète inlassablement dans ma tête que c’est peut-être la dernière fois. Leur regard de peine incomprise me fend le cœur. « Pourquoi tu pars, papa ? » Vaste question ma fille ». (page 59)

 

http://www.aerobuzz.fr/local/cache-vignettes/L311xH475/PILOTE_TIGRE_biblio-f985c.jpg

Dans les griffes du Tigre De Brice Erbland

Editions Les Belles Lettres, collection Mémoires de guerre

122 pages (15 photos) – 14,90 euros ISBN : 978-2-251-31004-6

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