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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 18:00

 

 

L'OTAN et le général Abrial doivent aussi faire face à la crise

http://www.lavoixdunord.fr/stories/image250x00/mediastore/VDN/A2011/M10/l-otan-et-le-general-abrial-doivent-au-1358313.jpg

 

Le général Stéphane Abrial, chargé de la transformation de l'OTAN,

analyse l'opération aérienne en Libye et prépare la future transition en Afghanistan.

 

05.10.2011 PAR OLIVIER BERGER La Voix du Nord


Croisé à Paris sur le chemin de Bruxelles, pour une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN, aujourd'hui et demain, le général Stéphane Abrial est numéro deux militaire de l'Alliance atlantique, patron du commandement allié de la transformation (ACT, lire le zoom). Il étudie les sujets chauds, Libye, Afghanistan et... crise économique.

 


- Quels enseignements tirez-vous de l'opération en Libye ?


« La situation n'est pas encore totalement stabilisée du point de vue militaire, mais on peut d'ores et déjà dire que l'opération de l'OTAN a atteint ses buts. Elle a agi avec une légitimité incontestable sous mandat de l'ONU. Cette opération renforce la crédibilité de l'Alliance, notamment dans sa prise de décision. Ce fut le jour et la nuit avec le Kosovo (1999) puisqu'il nous a fallu six jours pour trouver un accord avec les vingt-huit pays. »  

 

- La spécificité aérienne et le rôle majeur de la France sont deux nouveautés...

 

« Cette opération à dominante aérienne a eu le souci d'éviter les dommages collatéraux. Jamais dans l'histoire une opération aérienne n'a été aussi précise. En tant qu'aviateur et Français, j'en suis très fier. Cela contribue à renforcer l'image de la France et de ses partenaires au sein de l'OTAN. C'est la première fois que des pays européens ont tenu le premier rôle, avec le soutien américain c'est nouveau. Le retour d'expérience nous montre quelques lacunes dans le manque de drones, le ravitaillement en vol et le ciblage des objectifs, mais nos forces aériennes n'ont pas eu à rougir.

Dans un contexte budgétaire difficile, nous devons maintenir nos capacités face au danger. »  

 

- Comment préparez-vous le retrait d'Afghanistan dans un contexte toujours délicat ?


« L'objectif en Afghanistan est de garantir un environnement sécuritaire pour les militaires et les populations, notamment en ce qui concerne les engins explosifs improvisés (IED). Ils ne disparaîtront pas comme ça. Toutes les questions sont ouvertes sur le retrait de nos troupes (prévu de 2012 à 2014). Il nécessite une préparation spécifique pour la transition. Avec quels types de forces ? Avec quel entraînement pour les forces locales, à l'occidentale ou en s'adaptant à leur culture ? On y travaille. C'est en tout cas un sujet très important car nous risquerions de perdre les bénéfices acquis sur le terrain. »

 

- La crise économique pèse aussi sur les budgets de défense. Comment l'OTAN peut-elle faire face ?


« Les budgets en baisse dans tous les pays et l'augmentation des coûts des capacités nous mènent à une combinaison dangereuse. On ne peut que faire face ensemble pour respecter le niveau d'ambitions des chefs d'État de l'OTAN. Cela passe par des approches innovantes de mutualisations, de partenariats. Nous avons remis un rapport à la mi-septembre où 169 projets de ce type sont sur la table, comme la mise en oeuvre par cinq pays d'un véhicule téléguidé chargé d'ouvrir la route en zone polluée par des IED, l'harmonisation du soutien médical, de la maintenance des hélicoptères... »

 

- Peut-on maintenir son ambition avec moins de moyens ?


« Personne n'aurait imaginé l'an dernier le printemps arabe, ni que nous mènerions une opération en Libye. Nous avons sans cesse de nouvelles surprises stratégiques. Moi, je suis chargé de préparer nos troupes sur l'ensemble du spectre. Or comme le disait l'amiral Mike Mullen, l'ancien chef des forces américaines : « La principale menace, c'est la dette. » Celle-ci nous empêche de nous adapter aux menaces futures. On doit faire du mieux possible, pas avec moins, mais avec ce qu'on nous donnera. D'où la priorité portée sur les projets multinationaux. Jusqu'où pourrait aller la spécialisation de nations qui abandonneraient certains domaines ? Prenons l'exemple de la Grèce : tout dépendra de sa sortie de la crise. Restons très vigilants. Attention à la cohérence globale de l'Alliance. » •

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