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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 08:00

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crédits : CAROLINE BRITZ- MER ET MARINE

 

14/09/2011 MER et MARINE

 

80 marins, issus d'une vingtaine de spécialités différentes et de 42 unités de la Marine nationale, ont été sélectionnés pour le stage de formation afin d'intégrer les équipes de protection embarquée (EPE) déployées à bord des thoniers aux Seychelles. 80 hommes, de la petite vingtaine à la quarantaine passée, du matelot au major, qui, pendant quinze jours, vont suivre un rythme intensif de formation, encadrés par des instructeurs issus du commando de Penfentenyo.

L'assemblée est attentive. Après les séances de tir de la veille, les stagiaires des futures équipes de protection embarquée sont rassemblées dans le foyer de la base des fusiliers-commandos pour une instruction santé. En une matinée, ils vont devoir assimiler les bases du secourisme de combat. "Piazou", l'officier commando responsable de la formation, et son adjoint observent les recrues et rien ne semble leur échapper. Certains jeunes stagiaires montrent des signes d'assoupissement. Bref et ferme rappel à l'ordre des instructeurs. Les jeunes marins gardent un silence impressionné, les instructeurs reprennent leurs carnets d'évaluation. « Ce n'est pas pour le plaisir que l'on fait ce genre de sortie », murmure Piazou. « Nous devons nous assurer qu'ils sont parfaitement attentifs. S'ils ne peuvent pas rester concentrés sur la durée, il est impossible de les envoyer sur un thonier, où ils devront montrer une vigilance de chaque instant, même s'il fait chaud ou s'il y a de la mer ».


(© : MARINE NATIONALE)

Traiter l'urgence médicale en situation isolée

Les images projetées par l'infirmier commando qui dispense l'instruction sont impressionnantes. « Vous allez vous retrouver en situation d'isolement, vous ne pourrez compter que sur vous, même en cas de blessure. Alors, apprenez tout de suite les bons réflexes ». L'hémorragie grave, cause de plus de 60% des décès au combat, occupe une bonne partie de la formation. Les marins sont formés à la pose du garrot, une bande de 4 centimètres et un martyr que l'on doit pouvoir se poser soi-même. En petits groupes, les stagiaires s'entraînent. « Pour les zones non garrotables, en particulier les plaies au thorax, qui provoquent les plaies soufflantes et les pneumothorax, vous allez utiliser un pansement compressif ». Le pansement en trois côtés, inventé par les Israeliens pour évacuer rapidement les victimes d'attentats, permet de protéger la plaie en attendant le traitement de celle-ci. « N'oubliez pas que, quoi qu'il arrive, votre priorité c'est la mission. Alors, si devant vous quelqu'un est atteint et que les tirs continuent, ne vous précipitez pas sur lui. Menez votre mission, sécurisez, et c'est seulement après que vous pourrez agir efficacement pour secourir votre camarade ». Les stagiaires se familiarisent avec ces notions, qu'ils ne rencontrent pas à bord des bâtiments de la Marine nationale. Les images et le ton sont opérationnels. « Ce n'est pas du cinéma, il faut vous préparer à cela », explique l'infirmier.


L'infirmier commando supervise les ateliers de formation au secourisme de combat (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cela ne fait pas peur à Guillaume, la trentaine, chef de quart dans un Centre régional opérationnel de secours et de sauvetage (CROSS). « C'est sûr, c'est très éloigné de mon quotidien et de mon travail de guetteur qui consiste à surveiller le trafic au large des côtes et à faire respecter les réglementations nautiques. Mais j'ai vraiment envie d'apprendre cet aspect du métier de marin. Depuis mon affectation au CROSS, je suis sédentaire. J'ai eu envie de réembarquer et de retrouver ce côté opérationnel. Je pense que les compétences de ma spécialité peuvent être utiles au sein d'une EPE : je sais gérer l'urgence et coordonner les actions. Et puis je connais bien les pêcheurs, au CROSS ils nous appellent pour de l'aide. C'est un métier que j'aime et que j'ai envie de mieux connaître ».

Maîtriser les bases du renseignement en mer

Le programme de la journée est intense. Après les gestes médicaux d'urgence, les stagiaires vont suivre une formation photo. Les hommes du commando de Penfentenyo, spécialisé dans le renseignement opérationnel, ont coutume de dire que leur appareil photo est un de leurs principaux outils de travail. Et, dans le cadre de la lutte contre la piraterie, le maniement de cet outil est nécessaire. « Déjà, en termes de renseignement », précise un des instructeurs commandos, « avoir des clichés des embarcations qui se rapprochent des thoniers permet d'alimenter la base de données tenue par la force européenne Atalante. Ensuite, pour des questions d'ordre légal, il est important de pouvoir produire des preuves matérielles d'une attaque en cas d'action judiciaire en France ou à l'étranger ». Sur le quai de la base lorientaise, les stagiaires s'entraînent à utiliser les différents objectifs de leur appareil en photographiant les voiliers et les vedettes qui traversent la rade.


Les stagiaires s'entraînent à prendre des clichés de navires (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

« C'est une technique, un coup de main et un réflexe à prendre », sourit l'instructeur, « et ce n'est pas toujours évident, dans le feu de l'action, sur une embarcation qui bouge. Nous leur apprenons quelques techniques pour leur faciliter la tâche ». Pierre est attentif. Le jeune fusilier s'imprègne studieusement de toutes les instructions. « Je suis rentré dans la marine, il y a deux ans, comme fusilier. Mon but, c'est de devenir commando marine. Je me prépare au stage. Tout ce que je peux apprendre en termes d'opérations m'intéresse ». Pierre a le ton modeste et le sourire discret, mais le jeune homme est solide et déterminé. « Je suis impatient de partir sur les thoniers, cela fait partie de mon métier de fusilier et puis ce sera ma première mission en mer ».

Le caméléon social

La journée d'instruction est terminée. Du côté des stagiaires, la motivation est intacte malgré le rythme intense de la formation. Les instructeurs comparent leurs notes. Le niveau est bon, les complémentarités se dessinent entre les hommes. « Sans parler de dream team, il faut que l'on essaie de constituer des équipes cohérentes, non seulement entre les hommes de l'EPE mais également vis-à-vis de l'équipage du thonier », résume Piazou. Chez les commandos, on utilise le modèle du caméléon social, l'homme capable de s'adapter à n'importe quel environnement matériel et humain et de garder intact ses réflexes. « On s'inspire forcément de cela, surtout pour les chefs d'équipe qui seront en charge de la cohésion interne et la communication avec l'équipage ». Demain, les futures équipes vont devoir passer l'épreuve du terrain. Après l'instruction et l'entraînement, les stagiaires vont être mis en situation.

La suite dans notre édition de demain

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