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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 22:25

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photo Marine Nationale

 

30/03/2012 Dominique Pialot – LaTribune.fr

 

Le Ministère de la Défense et des anciens combattants met en place des mesures pour limiter les impacts environnementaux de ses activités. Mais à l'inverse des Etats-Unis, les initiatives visant à accroître l'indépendance énergétique en recourant massivement aux énergies renouvelables restent encore rares.

 

Le Ministère de la Défense et des anciens combattants, qui a publié il y a quelques mois son troisième rapport de développement durable, est un bon élève. La preuve, il obtient chaque année un bonus dans le cadre de la circulaire « Etat exemplaire ». Depuis 2009, sur la base d'une vingtaine de critères, Bercy restitue à chaque ministère l'enveloppe gelée en début d'exercice, assortie d'un bonus ou d'un malus en fonction des résultats obtenus sur des sujets comme les émissions moyennes de CO2 de la flotte auto, le recours à la visioconférence, etc.

 

La « Stratégie de développement durable de la Défense » (S3D) sur le point d'être publiée s'organise autour des mêmes axes que dans n'importe quelle autre structure : éducation au développement durable, consommation, changement climatique, énergie, biodiversité, transport...plus quelques autres qui lui sont propres, tels que la santé publique ou encore les défis internationaux en matière de pauvreté.

 

Respect des réglementations

 

Les initiatives sont de toute nature. Propriétaire de 252.000 hectares dont de nombreux et vastes camps d'entraînement, l'Armée veille à y préserver la biodiversité, y compris en adaptant les dates d'exercice.

Des milliers de compteurs suivent les consommations en énergie et fluides du parc immobilier (32 % en valeur du patrimoine de l'Etat). Les bâtiments neufs sont soumis aux normes en vigueur dans le cadre des réglementations thermiques. Le prochain site du ministère à Balard sera d'ailleurs labellisé BBC (bâtiment basse consommation) et HQE (Haute qualité environnementale). Conformément à la réglementation européenne, l'Armée se préoccupe de gestion des déchets, suivi des substances dangereuses ou encore démantèlement des appareils en fin de vie. En dehors des opérations, l'Armée est soumise aux mêmes objectifs que l'Etat en matière d'émissions de gaz à effet de serre et de consommation d'énergie (à savoir, 20 % de mieux en 2020 en comparaison de 1990).

 

Mais l'Armée n'est pas tout à fait une structure comme les autres, et plusieurs freins s'opposent à une mise en œuvre rapide des principes de développement durable. La longévité des équipements et le délai entre leur conception et leur mise en service ne facilitent pas l'intégration des technologies les plus récentes et les plus performantes. Les navires et camions d'aujourd'hui ont été conçus il y a dix ans ! En outre, ils doivent avant tout être robustes, adaptés aux environnements hostiles et capables de fonctionner avec des carburants de qualité médiocre. Plusieurs programmes d'éco-conception sont néanmoins en cours pour les générations futures. Et parfois, environnement et performances opérationnelles vont de pair : sobriété énergétique rime avec autonomie accrue, avion plus silencieux signifie aussi plus furtif...

 

Moins sensible à l'indépendance énergétique que l'US Army

 

Car c'est bien évidemment l'efficacité qui prime dans l'accomplissement des missions de défense dévolues aux Armées. Pas question d'imposer quelque restriction que ce soit lors des phases opérationnelles. Ainsi, si les Armées françaises se soucient de plus en plus de leur bonne gestion de l'eau, c'est essentiellement lors des phases de stationnement et de retour à la paix. Les équipements installés sur les théâtres d'opérations (tels que les systèmes de traitement de l'eau) y demeurent à disposition des populations locales après que les troupes les ont quittées.

 

En revanche, à l'inverse de l'armée américaine, très en pointe sur le sujet, l'Armée française ne se fixe pas d'objectifs en matière de consommation d'énergie. Pourtant, si les ordres de grandeurs sont très différents, les enjeux sont proches : l'énergie consommée par l'Armée est à 80 % constituée de pétrole, dont les trois-quarts pour faire voler des avions. Et les 20 % restants pèsent la moitié de la consommation d'énergie cumulée de tous les ministères. Mais, là où l'US Army, qui multiplie les installations de fermes solaires, fait voler certains avions au biocarburant et investit massivement en R&D, est un acteur majeur des cleantechs, l'armée française se montre réticente. Les éoliennes perturbent les images radars, l'espace disponible pour mettre des panneaux solaires n'est pas si vaste qu'on pourrait l'imaginer...Ce qui n'empêche pas quelques expériences isolées. La géothermie et le chauffage au bois trouvent plus grâce à ses yeux. Il est vrai que la réglementation française, qui ne permet à l'Armée ni de produire, ni de consommer, ni de vendre son énergie, ne pousse guère à la roue.

 

Il y a quelques semaines, les députés André Schneider (UMP) et Philippe Tourtelier (SRC) publiaient un rapport intitulé « Impact du changement climatique en matière de sécurité et de défense : un enjeu dont il faut se saisir d'urgence. » Ils y déploraient que le climat, en France, soit seulement perçu comme « une variable supplémentaire sur laquelle pèse une incertitude que la science sera en mesure d'affiner progressivement ».

 

Si l'on ne peut dénier à la Défense française la volonté de se saisir de ces problématiques, il faut bien reconnaître que les enjeux en termes de facture et d'indépendance énergétique, par exemple, ne semblent pas encore à l'agenda de nos armées.

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