07.07.2012 Le Monde.fr avec AFP et Reuters
Profitant d'une visite surprise de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton sur le sol afghan, samedi 7 juillet, les Etats-Unis ont officiellement désigné l'Afghanistan comme un "allié majeur non-membre de l'OTAN", un statut particulier qui accorde à Kaboul un certain nombre de privilèges spéciaux. Parmi les pays qui bénéficient de ce statut figurent Israël, le Japon, l'Australie, l'Egypte ou Bahreïn.
Il permet aux pays en question d'avoir accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, notamment dans le développement et l'achat d'armements. L'octroi de ce statut faisait partie de l'accord de partenariat stratégique entre les deux pays signé par Barack Obama et son homologue Hamid Karzaï début mai. "Il y a peu de pays qui ont ce statut, a noté Mme Clinton. C'est le genre de relation qui selon nous bénéficiera particulièrement à l'Afghanistan alors que nous effectuons la transition et que nous préparons la présence (américaine en Afghanistan) après 2014".
PAS D'ENGAGEMENT APRÈS 2014
La fin de la mission des forces militaires occidentales en Afghanistan est prévue d'ici à la fin 2014. Les Etats-Unis ont encore 87 000 soldats au sein de la force de l'OTAN (Isaf), qui compte au total 130 000 militaires. Cet accord entre Washington et Kaboul ne prévoit pas de bases militaires permanentes en Afghanistan mais engage ce pays à donner "accès et jouissance aux forces américaines jusqu'à 2014 et au delà". Il existe donc une possibilité pour que des forces américaines y restent après 2014 pour "former les forces afghanes et viser (les éléments) d'Al-Qaida restants". Mais ce partenariat "n'engage pas les Etats-Unis sur un nombre de soldats ou un niveau de financement à l'avenir", précise le document.
L'annonce de cet accord intervient alors qu'une conférence sur la coopération civile internationale en Afghanistan après 2014 s'ouvrira, dimanche à Tokyo. Les bailleurs de fonds internationaux devront fixer le montant de leur aide après le retrait de l'OTAN, et éviter ainsi un effondrement des dons qui serait catastrophique pour la population. Les 70 Etats participant au sommet de Tokyo devraient s'accorder sur une somme de 3,9 milliards de dollars annuels alloués à l'Afghanistan après 2014, selon plusieurs sources diplomatiques à Kaboul citées anonymement par l'AFP. En échange, les donateurs exigeront du gouvernement afghan des progrès en matière de gouvernance, notamment contre la corruption.