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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:25
Londres choisit le F-35B aux dépens de l'entente franco-britannique

 

 

10.05.2012 Le Monde.fr avec AFP

 

Au plan diplomatique, l'une des conséquences du revirement britannique est que les avions français Rafale ne pourront pas se poser sur le pont du "Queen Elizabeth", dépourvu de catapultes.

 

Le choix du F-35B américain pour équiper les porte-avions britanniques, annoncé jeudi 10 mai à Londres, constitue un coup dur pour le concept d'interopérabilité au coeur de l'entente franco-britannique en matière de défense.

 

Le gouvernement britannique hésitait entre deux versions de l'avion de combat fabriqué par la même société américaine Lockheed Martin pour équiper la Royal Navy et la Royal Air Force (RAF): le F-35B à atterrissage et décollage vertical et le F-35C lancé par catapultes. Il a finalement renoncé à se doter du F-35C du fait de "l'augmentation inacceptable [du coût] et des délais" qu'impliquait un tel choix. L'installation d'un système de catapulte et de récupération "cats and traps" sur le pont du Queen Elizabeth, futur porte-avions britannique qui reste à construire d'ici 2020, aurait entraîné un retard de trois ans et un surcoût de 2 milliards de livres (2,5 milliards d'euros) par rapport au devis initial, a plaidé Philip Hammond, l'actuel ministre de la défense du Royaume-Uni au sein du gouvernement de coalition de David Cameron.

 

La coalition des conservateurs et libéraux démocrates avait pourtant, en 2010, préconisé d'adopter le F-35C, plutôt que le F-35B initialement retenu par le précédent gouvernement travailliste. Le premier ministre David Cameron avait à l'époque vanté aux députés l'interopérabilité du F-35C avec les porte-avions français et américains. Jeudi, le porte-parole de l'opposition travailliste pour les affaires de défense, Jim Murphy, a immédiatement dénoncé "l'incompétence" gouvernementale.

 

PAS DE RAFALE SUR LE PONT DU "QUEEN ELIZABETH"

 

Au plan diplomatique, l'une des conséquences du revirement est que les avions français Rafale ne pourront pas se poser sur le pont du Queen Elizabeth, dépourvu de catapultes. Or l'utilisation croisée des porte-avions était au cœur du projet de coopération bilatérale franco-britannique esquissé à Saint-Malo en 1998 et relancé à grand renfort de publicité par David Cameron et le président Nicolas Sarkozy lors de la signature du traité de défense de Lancaster, en novembre 2010.

 

La nécessité du maintien de capacités aéronavales fortes, trente ans après la guerre anglo-argentine aux Malouines, en Atlantique Sud, constitue un argument fort dans le débat en Grande-Bretagne sur les risques réels ou supposés des coupes budgétaires dans le domaine de la défense. Jeudi, Philip Hammond a expliqué : "La décision concernant les porte-avions, prise en 2010, était légitime à l'époque, mais les faits ont changé et nous devons changer notre approche en conséquence. Ce gouvernement ne va pas aveuglément poursuivre des projets sans considération pour l'augmentation des coûts et des délais."

 

"C'est un autre rendez-vous manqué pour des raisons secondaires", a déploré Etienne de Durand, expert auprès de l'Institut français des relations internationales, dans une interview au Financial Times. Le partenariat inédit scellé en 2010 par les deux principales forces militaires européennes prévoit notamment la création d'un corps expéditionnaire commun s'inspirant de la brigade franco-allemande, le partage de laboratoires pour tester leurs arsenaux atomiques et des partenariats industriels sur les drones et les missiles. Le rapprochement exprime un souci commun de mutualisation et de réduction des coûts en période d'austérité.

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