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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 14:22

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/fob/rafale.jpg

les Rafale au roulage à N’Djamena, après leur premier

bombardement sur le Mali ( photo ECPAD)

 

14.01.2013 par Frédéric Lert (FOB)

 

Au déclenchement de l’opération Serval, l’armée de l’Air dispose à N’Djamena de deux Mirage F1CR et trois Mirage 2000D. Quelques heures avant le déclenchement du premier raid dans la nuit de vendredi à samedi, une cellule « rapace » de trois autres Mirage 2000D en provenance de Nancy rejoint également la capitale tchadienne.

 

Pour faire face à cette montée en puissance, l’armée de l’Air bat le rappel de ses équipages de Mirage 2000D, les stages divers sont interrompus et tout le monde rejoint la base nancéenne. On peut supposer que pour six Mirage 2000D déployés, au moins douze équipages sont mobilisés sur place. On n’est pas loin du maximum de ce que peut fournir la communauté 2000D. Il faut en effet jongler avec les qualifications des uns et des autres, les indisponibilités diverses et les entrainements programmés. On se souviendra que la base de Nancy était arrivée aux taquets en 2011 en fournissant cinq avions pour la Libye et trois avions pour l’Afghanistan… Les trois escadrons de Nancy sont aujourd’hui impliqués dans l’opération Serval, avec un commandement sans doute confié au 1/3 Navarre à en juger par les visages aperçus à la télévision…

 

L’envoi de quatre Rafale dans la nuit de samedi à dimanche donne un sérieux coup de fouet capacitaire à l’engagement français. Le Mirage 2000D n’emporte que deux bombes de 250 kg. Idem pour le Mirage F1CR, dont la capacité théorique d’emport de quatre bombes ne peut sans doute pas être exploitée en raison des infrastructures disponibles N’Djamena (piste de 3000m sans barrière d’arrêt). Une mission avait été tentée pendant Harmattan avec quatre GBU-12 sous un Mirage F1. L’expérience ne fut pas renouvelée pour deux raisons principales : obligation de tirer très rapidement (autonomie réduite à la portion congrue) et impossibilité de revenir se poser avec les munitions.

 

Le Rafale ne présente aucune de ces limitations. Avec une capacité d’emport de six bombes guidées, un Rafale équivaut donc à trois Mirage. C’est un argument massue en faveur de l’envoi des biréacteurs dans une opération où la logistique joue un rôle essentiel avec une flotte de ravitailleurs très réduite et une capacité d’accueil limitée à N’Djamena. Peut-être peut on voir aussi dans l’envoi des biréacteurs la volonté de faire « jouer » la communauté Rafale et d’ajouter une ligne de plus au CV du nouvel avion.

 

Les images tournées par l’ECPAD (visibles ICI) sur le déploiement des Rafale sont intéressantes à plus d’un titre : on y voit en premier lieu que trois des quatre avions envoyés sont des biplaces utilisés en temps normal par l’escadron de chasse 1/91 « Gascogne ». Le quatrième est un monoplace, apanage à St Dizier du 1/7 « Provence ». Le 2/30 Normandie Niemen récemment recréé à Mont-de-Marsan est également équipé de Rafale. L’envoi de biplaces signifie sans doute la volonté de faire participer à l’opération les équipages des différents  escadrons, avec ou sans navigateur en place arrière.

 

Sur l’armement ensuite :

 

Au moins un avion est vu au décollage avec six GBU-49 sous la voilure. La GBU-49 est une munition à guidage mixte laser et GPS. A l’arrivée à N’Djamena, ces mêmes images montrent trois avions dépourvus de bombes mais avec les pylones d’emport triples et un quatrième avion avec six AASM sous la voilure. Ce quatrième avion a sans doute été simplement utilisé pour transporter des munitions qui seront utilisées pour une prochaine mission. Deux des avions sont porteurs de nacelle de désignation Damocles. Deux conclusions s’imposent : parce qu’il n’y a aucun intérêt à faire voler des avions à vide vers un théatre d’opération, les Rafale sans bombe ont tiré, que ce soit des GBU ou des AASM. Soit un total possible de 18 bombes utilisées, si les trois avions étaient à six munitions chacun.

 

Faire tirer six munitions guidées est un exercice long et complexe pour un pilote seul. A fortiori au milieu d’un raid sans escale d’au moins 6000 km (plus de 4000 km depuis St Dizier jusqu’aux objectifs, puis 2000 km pour rejoindre le Tchad) avec à la clef sans doute trois ravitaillements en vol : deux avant le bombardement et un troisième après. Dans ces conditions, l’emploi de munitions à guidage GPS apporte une très grand confort. Les bombes ayant été tirées contre des objectifs fixes (hangars, dépôt de carburant etc.) il est probable qu’elles ont été programmées avec les bonnes coordonnées géographiques avant même le départ du vol. Le cas échéant, les avions ont pu coordonner leurs tirs pour tous frapper à la même seconde des objectifs éloignés les uns des autres. A ce petit jeu, c’est l’AASM qui offre la plus grande flexibilité : la munition est propulsée et peut être tirée avec un fort dépointage sur des objecifs distans de plusieurs dizaines de kilomètres. Schématiquement, un seul avion peut larguer simultanément ses six bombes sur six objectifs répartis sur plusieurs centaines de kilomètres carrés autour de lui. La chanson est un peu différente avec la GBU-49, qui est, il est vrai beaucoup moins coûteuse. La portée ne s’exprime plus qu’en kilomètres depuis la moyenne altitude, mais un largage simultané sur un objectif assez vaste, comme cela a été le cas dans le week end, est toujours possible. Autre cas de figure, les coordonnées des objectifs ne sont pas disponibles avant la mission. Leur extraction doit donc être faite par l’avion lui-même. Deux des Rafale filmés par l’ECPAD emportaient une nacelle de désignation laser Damoclès permettant ces extractions de coordonnées. L’absence de menace anti-aérienne en moyenne altitude autoriserait les pilotes à se livrer à se travail. Mais c’est un scénario fastidieux pour des pilotes évoluant sans personne en place arrière, qui plus est au cœur d’un vol marathon de plus de sept heures…

 

A suivre…

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