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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 07:10

EADS

 

26/03/2012 par Nicolas BARRE Directeur délégué de la rédaction - LesEchos

 

EADS vaut de l'or. Créé il y a tout juste douze ans, le champion européen de l'aéronautique a déjà survécu à plusieurs crises et s'est imposé magistralement sur le marché mondial face à Boeing en dépit des mauvaises fées politiques qui, régulièrement, entravent son management et prétendent lui dicter la marche à suivre.

 

Il y a cinq ans, un accord entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avait utilement permis d'apaiser les rivalités franco-allemandes. Enfin, EADS était en train de devenir un groupe « comme les autres », proche bien sûr des gouvernements comme le sont Boeing, Lockheed Martin ou BAE, ce qui va de soi s'agissant d'un secteur de souveraineté, mais dégagé de leurs interférences tatillonnes.

 

Ce climat de grâce relative est en train de se gâter. Début mars, Berlin est intervenu auprès de Tom Enders, appelé à devenir président exécutif d'EADS dans quelques semaines, pour protester contre le transfert à Toulouse d'une partie des fonctions de siège du groupe. Si le patron d'Airbus n'est pas du genre à se laisser faire, la pression politique est ouvertement affirmée. Dans ce contexte, le dernier épisode en date, à savoir la montée au capital de l'Etat allemand dans EADS, accentue ce sentiment de politisation du dossier.

 

Le succès d'EADS passe pourtant non pas par un renforcement des Etats dans son capital, mais au contraire par leur retrait. Si les Etats devaient reprendre les parts que détiennent encore Daimler et Lagardère - des parts qu'ils souhaitent vendre -Paris, Berlin et Madrid se retrouveraient avec 50 % d'un groupe dont la croissance se passe hors d'Europe.

 

Les Etats français, allemand et espagnol ont mieux à faire que d'immobiliser des capitaux au sein d'EADS. Leur intérêt stratégique et non négociable est que les centres de décision demeurent en Europe et qu'EADS ne soit pas opéable. La solution passe par l'instauration d'une « golden share », une action « en or » comme Londres en détient dans BAE pour faire barrage à toute interférence étrangère. Cela suppose de forcer la main de Bruxelles qui juge la chose illégale et ferait mieux, en l'occurrence, de défendre les intérêts européens plutôt que de les torpiller. Pour protéger l'or d'EADS, il faut encourager les Etats à sortir de son capital tout en verrouillant son ancrage européen. Sans quoi, les interférences politiques risquent d'entraver encore longtemps son succès.

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