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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 08:50

le-rafale photo LesEchos.fr

 

13/02/2012 Ecrit par Alain RUELLO et Thierry Ogier (au Brésil) – LesEchos.fr

 

Au Brésil, l'avion de combat de Dassault serait de nouveau en pole position face au F-18 de Boeing et au Gripen de Saab. En Suisse, les nouvelles révélations de la presse locale sur les piètres performances de l'appareil suédois redonnent confiance à son concurrent français.

 

Malgré un chômage record, un endettement abyssal et la crise de l'euro, le prochain hôte de l'Elysée a de grandes chances de démarrer son quinquennat par un heureux événement : le premier contrat export du Rafale. La prudence s'impose évidemment, mais jamais le fleuron de l'aviation militaire française n'a eu autant le vent en poupe, depuis que l'Inde l'a sélectionné en vue d'en acheter 126 exemplaires.

 

Dernier épisode en date, le Brésil va « très probablement » choisir l'avion de combat de Dassault, selon des sources gouvernementales citées hier par Reuters. L'appel d'offres porte sur 36 appareils. Face au F-18 de Boeing et au Gripen de Saab, la présidente Dilma Rousseff et ses conseillers seraient convaincus que l'offre française est supérieure, notamment sur le critère clé, des transferts de technologies. La décision ne serait toutefois pas officialisée avant l'élection présidentielle française. Mais la bourse de Paris apprécie d'ores et déjà, témoin la hausse de 4,3% du titre de l'avionneur ce mardi.

 

En 2009, l'ex-président Lula avait déjà affiché sa préférence pour le Rafale pour, finalement, laisser son successeur trancher. Depuis, le dossier est gelé. Dilma Roussef l'aurait-elle réanimé ? Pas encore, tempère-t-on de sources concordantes, même si le brusque regain de fièvre médiatique ce lundi n'est pas sans fondement.

 

Encore un peu tôt

 

A l'origine, il y a sans doute la récente visite en Inde du ministre de la Défense brésilien, Celso Amorim, accompagné du chef de l'armée de l'Air. Prévue de longue date, cette visite est intervenue, heureux hasard de calendrier, peu de temps après la sélection du Rafale par New Delhi. Les deux hommes en ont profité pour poser des questions à leurs homologues, lesquels se sont montrés très coopératifs.

 

De retour ce week-end à Brasilia, le très francophile Celso Amorim (il parle un français parfait), a-t-il aussitôt « débriefé » Dilma Rousseff ? Possible. Mais à ce stade, une chose est sûre : vu par les industriels en lice, les choses n'ont pas (encore) bougé. « Il est encore un peu tôt », confirme l'un d'entre eux. Sous-entendu, pour que les discussions reprennent. Certains observateurs sont même sceptiques sur la proximité d'une annonce. Leurs arguments ? Très endetté, le Brésil est sur le point d'annoncer une grosse coupe budgétaire. Surtout, les priorités militaires du pays concernent la protection de ses immenses gisements pétroliers offshore. En d'autres termes, sa marine.

 

Le Gripen sur la sellette

 

En Suisse aussi ça bouge. Début décembre, Berne avait choisi le Gripen au détriment du Rafale et de l'Eurofighter, du trio BAE-EADS-Finmeccanica. Avec deux arguments : l'avion suédois est moins cher et il assure le travail demandé. Depuis, le dossier va de Charybde en Scylla. A peine la décision annoncée, la presse locale a exhumé des extraits de rapports de l'armée de l'Air montrant que l'appareil n'a pas réussi les tests. Nouvelle révélation ce week-end avec la publication des rapports entiers. Il en ressort que même la version modernisée du Gripen, qui n'existe que sur le papier, n'est pas capable d'assumer la seule mission vitale pour le pays : la police de l'air.

 

Ueli Maurer, le ministre de la défense suisse a affirmé n'avoir pas eu connaissance de ces rapports. Il va devoir s'expliquer devant le Parlement, qui, in fine, aura le dernier mot. A moins que ce ne soit le peuple, en cas de votation. Pour Yvan Perrin, membre de la sous-commission chargée d'enquêter sur l'évaluation des trois avions, la conclusion est déjà tirée : « On peut déjà faire une croix sur le Gripen », a-t-il déclaré au « Matin ». Si tel est le cas, le Rafale, arrivé en tête des tests et des compensations industrielles, a une chance d'être remis en selle. Face à l'Eurofighter, il n'aura pas de mal à se prévaloir d'être moins cher, comme New Delhi l'a calculé. A moins que la Suisse ne décide de tout reprendre à zéro.

 

Pendant ce temps, les négociations aux Emirats Arabes Unis pour l'achat de 60 Rafale sont très actives. Mais il est encore impossible de savoir si elles vont déboucher. Deux sujets sont toujours traités entre l'Elysée et le Royaume : la reprise des Mirage 2000 d'Abou Dhabi et le partage du financement des améliorations techniques demandées.

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