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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 12:55

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/terre/terre-images/images-articles/dpsd/2207030-1-fre-FR/dpsd.jpg

 

01.03.2013  LTN E. Rossi  - Sources : TIM 238

 

Implantée au Fort de Vanves (92), la direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD) est le service de contre-ingérence dans le domaine du renseignement. Depuis 31 ans, ses agents agissent auprès des forces françaises dans leurs garnisons et en opérations, comme auprès des entreprises en contrat avec la Défense. Rencontre avec un service discret.

 

Si le maillage territorial lui permet d’être au plus près des forces, la DPSD est pourtant peu connue dans les unités. « De la délivrance des habilitations aux missions effectuées à Tagab, il s’agit pourtant toujours du même métier : renseigner pour protéger en identifiant les vulnérabilités et menaces puis en contribuant à diminuer ces vulnérabilités ou à entraver ces menaces. C’est une mission de contre-ingérence », explique le général de corps aérien Antoine Creux, alors directeur de la DPSD (le général de corps d'armée Jean-Pierre Bosser lui a succédé en décembre 2012). La DPSD assure la protection des personnes, des informations, des matériels et des installations sensibles. Elle est ainsi garante de la protection des capacités opérationnelles des forces. Par extension, elle protège les informations sensibles des entreprises partenaires du ministère de la Défense. « Près de 70 % des entreprises ont fait l’objet d’une cyber-attaque. C’est une des raisons qui nous incitent à être très présents auprès des entreprises de Défense. Par exemple, Euro Satory est un grand rendez-vous pour nous, comme tous les grands salons d’armement », poursuit le général.

 

L’adjudant-chef Jean Dupont est inspecteur et sert à la DPSD depuis 19 ans. Cheville ouvrière, il œuvre sur le terrain à la recherche de renseignements sur le terrorisme, l’espionnage, la subversion, le sabotage ou encore le crime organisé. Sa mission consiste à répondre aux demandes d’investigation formulées notamment par la cellule habilitation. Il doit alors chercher plus en détail pour lever le doute sur les dossiers. Sur le terrain, il est aussi à même de délivrer des conseils techniques, comme dans le cas de la protection d’une armurerie (localisation, environnement, accès, pénétrabilité, blindage…). Bien sûr, la mission de contre-ingérence ne se limite pas au territoire national. Les recherches de vulnérabilités des emprises militaires sont nécessaires en opération extérieure, pour prévenir les intrusions ou actes piégés. « L’attaque directe est du ressort de la force combattante », explique l’adjudant-chef, de retour de mission en Afghanistan. « L’action de la DPSD fournit à la force du renseignement de sécurité. L’inspecteur suit par exemple les personnes de recrutement local qui peuvent représenter une menace pour nos soldats. Il faut avoir un bon réseau d’informateurs et identifier les personnes vulnérables. Déceler la peau de banane pour éviter de mettre le pied dessus ».

 

« La réussite de notre action réside dans le non-évènement. Nous pouvons alors penser que les renseignements recueillis, analysés et transmis ont permis de protéger la communauté de la Défense, en toute discrétion, car nous sommes un service discret et non un service secret. Il faut savoir rester humble et ne pas oublier que, quelle que soit la mission, nous protégeons la force », conclut l’adjudant-chef Dupont. 

Contrôleur des systèmes de sécurité informatique (SSI)

La cyber-défense fait partie des enjeux actuels pour la DPSD. Le SSI a une mission d’inspection et de conseil au profit des structures ministérielles et des industries de Défense. « Nous devons apporter au ministre une vision claire du niveau de sécurité des sites. Pour mieux se défendre, il faut connaître parfaitement ses forces et ses faiblesses », explique le lieutenant-colonel Hervé Ledig, contrôleur SSI à la DPSD. Une équipe d’experts réseaux et systèmes a pour mission de tester les barrières et la résistance des réseaux et des données informatiques confidentielles. Ce volet inspection et protection par anticipation est la mission la plus connue, mais le SSI est aussi en mesure d’intervenir en cas d’attaque. Il doit alors enquêter, identifier le pirate espion et remonter l’intrusion. « Ce type d’intervention touche essentiellement les entreprises liées à la Défense, pour protéger les informations que nous partageons », justifie le lieutenant-colonel Ledig. Enfin, le volet retour d’expérience et conseil des autorités du ministère permet de sensibiliser aux menaces informatiques. «  Les grandes menaces viennent des connections internet. Les virus deviennent des armes numériques car, dès qu’il s’agit de secret-défense, nous sommes très convoités. Des organisations tentent de mettre à plat nos réseaux opérationnels. Notre travail est passionnant, car ce qui est fait ici ne peut être fait nulle part ailleurs. Nous remontons les pistes des attaquants, toutes les portes nous sont ouvertes lors de nos enquêtes. C’est un aboutissement », insiste le lieutenant-colonel.  


Centre national des habilitations Défense (CNHD)


Créé le 1er juin 2012, le Centre national des habilitations Défense est en charge de délivrer les avis de sécurité permettant d’habiliter les personnes et les entreprises qui travaillent pour la Défense. Sa mission est d’enquêter pour savoir si une personne peut sans danger pour elle-même ou pour l’institution conserver des informations classifiées. Yves Sanchez est chef de bureau. « Nous sommes 70 pour accomplir cette tâche et traitons 300 dossiers par jour, soit 6000 par mois. Mais le service est en pleine expansion et les effectifs vont grossir », précise-t-il fièrement. La profondeur des investigations est variable en fonction de l’habilitation demandée[2] ou du contrôle d’accès. Par exemple, un contrôle de probité, avec consultation des fichiers de police, est nécessaire pour chaque prestataire de service pénétrant sur un site du ministère de la Défense. De même, lors du recrutement, le bureau est un premier filtre, à titre de conseil, pour les services employeurs.

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