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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 08:45

http://forcesoperations.com/wp-content/gallery/fob/ndjamena.jpg

 

Capture d’écran de l’aéroport de N’Djamena apparaissant sur Google Earth. Les installations françaises sont à l’extrémité de la piste 05-23. La masse blanche d’un Antonov 124 domine le parking gros-porteur récemment refait aujourd’hui occupé par les ravitailleurs. A gauche de l’image, les alvéoles blanches abritent les chasseurs que l’on distingue facilement en zoomant : deux Mirage F1 et deux Mirage 2000 sur cette vue relativement récente.

 

15.01.2013 Par: Frédéric Lert (FOB)

 

Comme aux grandes heures des opérations Epervier, Manta ou Artemis,  N’Djamena est redevenue la plaque tournante des opérations françaises en Afrique. La nouveauté, c’est que les avions français ne décollent plus cette fois vers le nord ou vers l’est, vers la bande d’Aozou ou la République Démocratique du Congo, mais bien vers l’ouest, en direction du Mali.

 

Les six Mirage 2000D ont donc été rejoints dans le week-end par quatre Rafale partis de Saint Dizier. D’autres Rafale pourraient encore être envoyés au Tchad. Les deux Mirage F1CR ont en revanche été « desserrés » sur Bamako, au Mali. Ce mouvement permet de faire d’une pierre trois coups : il libère deux emplacements à Djamena tout en plaçant deux avions dans une zone relativement proche des combats. Tout est relatif, puisqu’il y a 700 kilomètres entre Bamako et Mopti. Mais tout de même… C’est trois fois plus près que N’Djamena. Les avions peuvent être sur la zone des combats en une heure. Qui sait si les Mirage F1 ne pourraient pas en outre disposer d’un Transall pour satisfaire leurs besoins en ravitaillement en vol ? La flotte des Boeing s’en trouverait soulagée d’autant. Troisième avantage de ce déménagement, les Mirage F1 reviennent pleinement dans la course aux opérations. Au départ de N’Djamena, l’avion était handicapé par son autonomie maximale d’un peu plus de 6 heures de vol, dictée par la taille du réservoir d’huile de son réacteur… Les ravitailleurs en vol fournissent le carburant mais pas encore l’huile moteur.

 

On ignore encore si les Mirage sont partis à Bamako avec une nacelle Presto de reconnaissance (focale de 610mm, capacité de photographier à plusieurs dizaines de kilomètres de distance). Si c’est le cas, ils devront être rejoints par une cabine de développement et d’exploitation des images, celles-ci étant encore argentiques. Les F1CR sont par ailleurs équipés en permanence d’une caméra Omera 33 ou 40 dans le fuselage. Outil également argentique, qui peut faire un peu vieillot à l’heure des iphones 4, mais bien utile pourtant si la situation tactique offre le délai de 45 minutes nécessaire au développement des images…

 

Si l’utilisation de Presto n’est pas une certitude, c’est que les Rafale peuvent aujourd’hui mettre en œuvre la nacelle Reco NG entièrement numérique. Une focale encore plus puissante que la Presto, une capacité de transmission en quasi temps réel des images obtenues, la Reco NG a tout pour plaire. Cette nacelle a connu son baptême du feu en décembre 2010 dans le ciel afghan. C’est un beau bébé de 1100 kg pour 5,10m de long, à la base du système de reconnaissance le plus imposant et le plus performant jamais conçu en France. Le plus coûteux également : les vingt exemplaires commandés par la France, douze pour l’armée de l’Air et huit pour la Marine, auront coûté environ 400 M€. (Une somme qui comprend les coûts de développement les antennes de recueil des images au sol, les stations de traitement des images et les premières tranches du contrat de maintenance). Après l’Afghanistan et la Libye, et sans doute aussi d’autres terrains non divulgués, voici donc une nouvelle occasion pour la nacelle de briller.

 

Aux côtés des chasseurs, l’armée de l’Air déploie à présent cinq Boeing ravitailleurs à N’Djamena. Les trois présents dans les premières heures du conflit ont été rejoints par les deux qui ont « tirés » les Rafale venus de St Dizier.

 

Dix avions de combat, dont une majorité de biplaces, cela fait une cinquantaine de navigants. Cinq ravitailleurs (pratiquement la moitié de la flotte française de ravitailleurs !), c’est cinquante de plus en comptant les équipages de remplacement. Ajoutons à cela les mécaniciens, les armuriers, les officiers renseignement, les spécialistes réseaux, les commandos de l’air et autres contrôleurs. On peut évaluer sans trop de risque de se tromper à un déploiement d’au moins 300 personnes.

 

Il faut donc nourrir et loger tout ce monde, de préférence sur le camp. Les risques d’attentats anti-français ne sont pas nuls à N’Djamena. Les bonhommes c’est pas grave, ça se contente de rations, de tentes et d’ecolog… Les avions, c’est plus fragile et plus gourmand : il faut les bichonner, leur fournir le carburant et les munitions. Un Mirage 2000D consomme 50 kg de bon kérosène à la minute. Un chiffre à multiplier par le nombre d’avions, les heures de vol pour rejoindre le Mali et en revenir, et on aura une idée des cubages nécessaires… La question des munitions n’est pas simple non plus : les Rafale emportent quatre ou six bombes par vol, ce qui est bien. Mais il faut faire venir ces munitions de France. Et puis les stocker sur place dans de bonnes conditions de températures et d’humidité. La munition moderne exige des égards. Le dépôt de N’Djamena correspond-il aux besoins d’une opération longue et soutenue ? Du côté de la logistique, un deuxième front s’est ouvert au Tchad dans la plus grande discrétion.

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