09.07.2013 par Frédéric Lert (FOB)
Les besoins à venir en termes de roquettes et missiles pour l’armée de Terre française se résument grosso modo en trois segments: le niveau inférieur du besoin est occupé par la roquette d’infanterie de base, appellée à remplacer l’actuel AT4 et le missile Eryx. En milieu de trame, le MMP sera placé à la disposition des escadrons anti-char, des escadrons d’éclairage et d’appui, des compagnies d’infanterie et éventuellement des sections de combat en fonction des besoins apparaissant lors des opex. A l’image de l’utilisation qui fut faite du Milan en Afghanistan… Troisième segment, celui représenté par un futur MRCM (MultiRole Combat Missile). Il s’agirait d’un missile anti-char à longue portée tiré depuis un hélicoptère ou un véhicule terrestre, avec une portée de 8 kilomètres et une capacité de tir au-delà de la vue directe. Ce MRCM est cité pour équiper l’EBRC et remplacer à terme le Hellfire américain sur le Tigre HAD.
Si l’on zoome sur le milieu de trame et le MMP, que voit-on ?
Comme pour l’Eryx, une capacité de tir en espace confiné sans effet de souffle important est recherchée. L’armée de Terre souhaite également disposer d’un double mode de tir : entièrement automatique (mode tire et oublie) d’une part et avec un guidage manuel d’autre part, de manière à remettre « l’homme dans la boucle » pour que le tireur puisse influer sur la trajectoire du missile. La portée initialement citée était de 2500m afin d’ouvrir le marché à un plus grand nombre de missiles. Mais dans les faits, l’armée de Terre pencherait plutôt pour une portée de 4000m de manière à placer le tireur hors de portée des obus flèches des chars. C’est vrai en particulier pour l’EBRC qui devrait recevoir, en toute logique, la tourelle T40 armée de ce futur missile de manière à traiter les cibles « lourdes ».
Pour répondre à ce cahier des charges, deux solutions s’affrontent : celle de MBDA, missile européen, qui promeut un missile entièrement nouveau, et celle de Raytheon, son concurrent américain, qui avance une version modernisée du Javelin. Innovation et plan de charge assuré pour les bureaux d’études français pour l’un, solution éprouvée et économique pour l’autre… Le choix sera cornélien et sans doute tout autant politique que technique. Mais pour l’heure, aucun contrat de développement n’a été notifié par la DGA.
A suivre
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