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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 11:30
Syrie: la France s'alarme d'une extension régionale du conflit

07/05/2013 Par Alain Barluet – LeFigaro.fr

 

Après les raids israéliens sur Damas, les Occidentaux craignent que le conflit ne soit déjà en train de gagner les pays voisins, et s'interrogent de plus en plus sur la livraison d'armes à l'opposition syrienne.

 

Les raids israéliens sur Damas et la possible utilisation d'armes chimiques par les protagonistes syriens renforcent à Paris les craintes de voir le conflit faire tache d'huile dans la région. Une «préoccupation» largement partagée d'ailleurs, y compris par la Russie, qui a estimé lundi que les risques d'escalade dans la région étaient sérieux.

 

Mais les ouvertures font défaut pour débloquer une situation dont les paramètres n'ont fondamentalement pas évolué. «La situation en Syrie est une véritable tragédie» qui gagne les pays voisins, tels que la Jordanie ou le Liban, a déploré lundi Laurent Fabius, depuis Hongkong où il effectuait une visite. Avec des lignes de front peu ou prou stabilisées, des rebelles qui peinent à progresser en dépit de l'activisme de ses éléments djihadistes, la perspective d'une «solution politique» est la seule qui vaille. Le chef de la diplomatie française l'a souligné lundi, en rappelant qu'il souhaitait la formation d'un «gouvernement syrien transitoire». Une allusion à l'accord de Genève, seul texte signé sur la Syrie, le 30 juin 2012, par la communauté internationale, dont la Russie et la Chine. Il prévoit la formation d'un gouvernement de transition incluant des membres du régime de Damas.

 

Fin de l'embargo sur les armes

 

Les écueils sur cette voie n'ont toutefois pas varié. Ils tournent principalement autour du rôle dévolu à Bachar el-Assad. Insistant sur son interprétation du texte, la Russie continue d'appuyer son allié syrien et se refuse à pousser vers la sortie celui qui reste le maître de Damas. Autre difficulté, et non des moindres, les carences d'une opposition divisée et largement incapable de se structurer.

 

Vue de Paris, l'éventuelle livraison d'armes à la rébellion s'inscrit dans cette perspective: c'est surtout comme levier politique que la diplomatie française maintient en suspens cette question. Certes, on pointe à Paris un déséquilibre militaire patent au détriment des rebelles, dans la mesure où «la Russie continue de fournir du matériel à Damas». Et l'on se prend à croire qu'une rébellion militairement renforcée exercerait une pression politique sur le régime qui l'inciterait à négocier… À Paris, on laisse donc planer la perspective d'une aide militaire à l'opposition. Même si François Hollande a donné un sérieux coup de frein en jugeant, fin mars sur France 2, que la situation était trop incertaine pour armer la rébellion.

 

L'heure des choix approche. Les chefs de la diplomatie des Vingt-Sept doivent se retrouver le 27 mai, quatre jours avant la fin des sanctions européennes instaurées contre Damas, dont découle l'interdiction de livrer des armes aux belligérants. Les Européens restent divisés, la Grande-Bretagne et la France étant les plus favorables, face aux Pays-Bas, aux Scandinaves et aux Allemands, même si ces derniers ont évolué.

 

Juridiquement, la question est complexe mais pas sans issue, pour permettre, par exemple, de prolonger certains volets de l'embargo, avec des assouplissements qui laisseraient le choix, à ceux qui le souhaitent, de livrer du matériel létal à l'opposition. La posture des Américains pourrait peser en la matière. De même, a contrario, s'il était avéré que les rebelles ont utilisé du gaz sarin, comme l'insinue Carla Del Ponte. Des imputations que l'on considérait, lundi à Paris, avec une grande circonspection.

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