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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 12:30
photo EMA

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25/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le général d'armée Pierre de Villiers a passé la veillée de Noël avec les aviateurs de l’opération Chammal sur la base aérienne projetée en Jordanie.

 

Lors de cette dernière étape de son déplacement au cœur des forces à Noël, le CEMA a voulu témoigner de sa fierté pour l'engagement sans faille des aviateurs, que se soit au combat, dans les opérations extérieures, dans leur mission quotidienne de surveillance de l'espace aérien national, ou encore dans les missions d'appui ou d’évacuations conduites au profit des Outre Mer.

 

Par sa présence en Jordanie, il voulait aussi rendre un hommage appuyé au rôle déterminant tenu par les pilotes, les mécaniciens, les logisticiens et tous les spécialistes de l’armée de l’air qui contribuent, sur cette base comme aux Émirats arabes unis, au succès de l'opération Chammal.

 

Bien évidemment, il associait dans cet hommages les pilotes de chasses, de drones, d'avions de transport ou d'hélicoptères qui, dans la bande sahélo-saharienne ou en Centrafrique, tiennent une place tout aussi déterminante dans les engagements opérationnels de l'armée française.

 

Les aviateurs de l’armée de l’air sont présents partout dans le monde où les armées sont engagées. En ce jour de Noël 2015, près de 2 500 d'entre eux sont engagés en opérations ou en posture opérationnelle, assurant directement la protection des Français.

photo EMAphoto EMA

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 11:30
photo EMA / Armée de l'Air

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23/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Depuis le 16 décembre 2015, les équipages français ont réalisé 71 sorties aériennes au-dessus des zones contrôlées par Daech en Irak et en Syrie, dont 57 de bombardement en appui des troupes irakiennes au sol ou sur un objectif planifié, et 6 de recueil de renseignement. 18 frappes ont détruit 43 objectifs de Daech.

 

Appui au sol (close air support)

16 frappes d’appui au sol ont été réalisées au cours de la semaine.

    En Irak, la force Chammal a concentré ses efforts sur les missions d’appui au sol dans la région de Mossoul, où les combattants de Daech occupent des positions et harcèlent les forces au sol.

    Des frappes ont par ailleurs été réalisées dans les régions de Tall Afar, Sinjar, Falloujah, et Ramadi.

 

Frappe sur des objectifs planifiés (deliberate)

2 raids ont été menés sur des objectif planifiés au cours de la semaine.

    Le 19 décembre 2015, les Mirage 2000 et les Rafale de l’armée de l’air ont frappé dans la région de Raqqah un site de production pétrolier

    Le 22 décembre 2015, les Super-Etendard du GAN ont frappé un centre logistique situé entre Ramadi et Fallujah.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 08:55
photo Armée de l'Air

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22/12/2015 Armée de l'air

 

Du lundi 14 décembre au vendredi 18 décembre 2015, la base aérienne 126 de Solenzara a accueilli l’exercice Manoir 2015.

 

Cet entrainement réunissait des légionnaires du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), des membres du commando parachutiste de l’air n°20 (CPA 20), ainsi que des équipages de l’escadron d’hélicoptères 1/44 «Solenzara».

 

Pendant une semaine, l’ensemble des participants a pu s’exercer, de jour comme de nuit, à un ensemble de procédures tactiques : aérocordage en corde lisse et rappel, saut en parachute, tir tactique, largage de petit colis avec un marquage au sol…

 

Les commandos de l’armée de terre et de l’armée de l’air ont pu s’entraîner au-dessus de zones montagneuses particulièrement techniques grâce aux hélicoptères Puma et Super Puma de l’escadron corse. Légionnaires et CPA ont ainsi pu entretenir leurs savoir-faire communs.

photo Armée de l'Airphoto Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 08:55
Livraison du 8e A400M Atlas au ministère de la Défense

 

22/12/2015 DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ARMEMENT

 

La Direction générale de l’armement (DGA) a réceptionné mardi 22 décembre 2015 le huitième exemplaire de série de l’avion de transport militaire A400M Atlas destiné à l’armée de l’air. L’appareil porte le numéro de série MSN31. Comme pour l’appareil précédent réceptionné en juin (MSN19), le MSN31 dispose d’une première capacité de largage de parachutistes en chute libre par la rampe arrière et par les portes latérales de l’appareil. C’est par ailleurs le premier appareil français équipé du système de visualisation améliorée infrarouge EVS (Enhanced Visualisation System).

 

Avion de transport militaire tactique doté d’une allonge stratégique et à la pointe de la technologie, l’A400M, produit par Airbus Defence and Space, est sans équivalent sur le marché mondial. Equipé de quatre turbopropulseurs, il est conçu pour transporter jusqu’à 37 tonnes de matériel et réaliser l’ensemble des missions liées au transport, notamment les liaisons inter et intra-théâtre, les poser d’assaut sur terrains sommaires, l’aérolargage de personnel et de matériel y compris à très grande hauteur, le ravitaillement en vol ou les évacuations sanitaires.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 08:20
Entraînement franco-américain à Orange - photo Armée de l'Air

Entraînement franco-américain à Orange - photo Armée de l'Air

 

22/12/2015 Sources : CFA

 

Dans la semaine du 14 au 18 décembre 2015, les équipages de Mirage 2000C de l’escadron de chasse 2/5 «Île de France» se sont entraînés à des missions de Close Air Support (CAS – appui aérien rapproché) avec l’US Marines Corps.

 

Cet entraînement conjoint a également profité aux Mirage 2000D de la 3e escadre de chasse de Nancy et à des contrôleurs aériens avancés du centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air (CPOCAA).

 

Les Foward Air Controller (FAC - contrôleurs aériens avancés) américains arment depuis quelques années une force de réaction rapide (U.S. Crisis Response Force) dans le sud de l’Espagne. Désireux d’entretenir leurs compétences et leurs qualifications, ils ont sollicité les chasseurs français basés à Orange pour s’entraîner à des missions air-sol sur le terrain. «C’est une opportunité que nous avons saisie immédiatement, rapporte le commandant G. de l’EC 2/5. Anciens pilotes d’attaque au sol, ils ont une immense expérience dans le domaine, acquise notamment en Afghanistan ou en Irak.»

 

Plusieurs missions de guidages ont eu lieu dans la région d’Orange, de jour comme de nuit pour s’exercer au travail sous jumelles de vision nocturne (JVN). De plus, trois jours étaient consacrés à des missions en patrouilles mixtes (Mixed Fighter Employment) avec les Mirage 2000D de l’escadron 3/3 «Ardennes» de Nancy. Ce format est déjà éprouvé dans l’opération Barkhane depuis juillet 2015, date à laquelle les chasseurs «bleus» ont rejoint les Mirage 2000D au Niger pour assurer des missions air-sol. Enfin, trois commandos spécialisés dans le guidage aérien actuellement en poste au CPOCAA ont également rejoint l’entraînement afin d’entretenir leurs qualifications et de s’aguerrir aux procédures propres à ce domaine de compétence.

 

Cette semaine a constitué un Warm Up de très grande qualité pour les équipages qui seront prochainement déployés en opérations extérieures.

 

Patrouille de Mirage 2000C au décollage - photo Armée de l'Air

Patrouille de Mirage 2000C au décollage - photo Armée de l'Air

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 17:55
photo Baudouin Frippiat - MIL.be

photo Baudouin Frippiat - MIL.be

 

13/12/2015 Texte : Vincent Maniet – MIL.be

 

Un détachement comprenant cinq F-16 et une cinquantaine de personnes du 2 Wing Tactique de Florennes se déployait sur la Base Aérienne 118 (BA 118) de Mont-de-Marsan du 30 novembre au 11 décembre 2015.

 

Ce déploiement planifié dans un délai très court répond à une opportunité d'entraînement mutuel dans le cadre de l'European Air Group (EAG). Ce groupe, dont l'état-major restreint est basé à High Wycombe au Royaume-Uni, ne possède pas de forces préaffectées et ne constitue donc pas une force multinationale à proprement parler. Il favorise par ailleurs la coopération, la standardisation et l'entraînement entre les forces aériennes des pays membres qui le constitue. L'EAG comprend le Royaume-Uni, la France, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne et la Belgique.

photo Baudouin Frippiat - MIL.be

photo Baudouin Frippiat - MIL.be

L'EAG a élaboré un Technical Arrangement (TA) EUROFIGHT en 2000, ratifié depuis par tous ses Etats membres et qui permet à ceux-ci de s'entraîner mutuellement. Ceci, en particulier dans le domaine Air-to-Air, de façon flexible et en déployant des avions pour une période définie sur l'une des bases aériennes des pays membres. Dans ce contexte, les cinq F-16 du 2 Wing Tactique déployés sur la base de Mont-de-Marsan s'entraînent à des missions aux profils divers et variés (Dissimilar Air Combat Training (DACT), Mixed Force Fighter Operations (MFFO), etc.) avec les Rafales de l' Escadron (Régiment) de chasse 2/30 Normandie-Niemen ainsi qu'avec les avions de l'Escadron de chasse et d'expérimentation 5/330 Côte d'Argent stationnés sur la Base BA 118.

 

Par ailleurs, des Mirage 2000D de la base de Nancy (BA 133), des Mirage 2000-5 de la base de Luxeuil (BA 116) ainsi que des Alpha-Jet de la base de Cazaux (BA 120) participent également aux missions qui se déroulent dans les zones de travail de l'Armée de l'Air française. La compatibilité et la mise en commun des données de restitution après vol, développées en outre par l'EAG, permettent d'optimaliser au maximum les débriefings entre les équipages et de mieux exercer l'interopérabilité entre nos deux forces aériennes. Cette mission n'est pas sans rappeler la même qualité d'entraînement que lors des nombreuses périodes ACMI (Air Combat Maneuvering Instrumentation) de la Composante Air sur la base RAF Waddington au Royaume-Uni dans les années 1990 et 2000.

 

Malgré les délais de préavis très courts avant le déploiement, la qualité de l'accueil et du soutien de la base de Mont-de-Marsan sont à mettre à l'honneur car ils ont grandement contribué au succès de cette mission.

photo Baudouin Frippiat - MIL.be

photo Baudouin Frippiat - MIL.be

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 12:20
[#TrilatExercise] Clap de fin


19 déc. 2015 Armée de l'Air

 

L'exercice réunissant l'USAF, la RAF et l'armée de l'air a pris fin le 18 décembre 2015 sur la Joint Base de Langley. Petit retour en images sur les moments forts.

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 17:55
Groupement commando de montagne de la 27e brigade d’infanterie de montagne de Varces en exercice à Ambérieu-en-Bugey

Groupement commando de montagne de la 27e brigade d’infanterie de montagne de Varces en exercice à Ambérieu-en-Bugey

 

18/12/2015 Armée de l'air

 

Le détachement air 278 d’Ambérieu-en-Bugey a ouvert sa plateforme aéronautique à un exercice du groupement commando de montagne de la 27e brigade d’infanterie de montagne de Varces, du 07 au 11 décembre 2015.

 

Par des températures hivernales, des militaires aguerris se sont entraînés, de jour comme de nuit, aux techniques de mise à terre en aérocordage et de détachements d’intervention aéromobile. L’infrastructure particulière du site d’Ambérieu, associée à une parfaite coordination des moyens air et terre, a permis une préparation complète de ces commandos. Particulièrement étendue, cette zone aéronautique permet aux hommes de s’entraîner sans trop gêner les communes alentour. De plus, la proximité de reliefs autorise un entraînement adapté à ces commandos de montagnes dans les manœuvres d’hélitreuillage.

Exercice à Ambérieu-en-Bugey

Exercice à Ambérieu-en-Bugey

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 17:55
Un aviateur thésard en histoire militaire et études de défense

 

18/12/2015 Armée de l'air

 

Le 1er décembre 2015, le capitaine Aurélien, chargé de mission histoire au centre d’études stratégiques aérospatiales, a soutenu sa thèse en histoire militaire et études de défense à l’université Paul-Valéry Montpellier III.

 

Commencée au sein du centre de recherche de l’armée de l’air à Salon-de-Provence, sa thèse de doctorat porte sur « La stratégie française en Afrique pendant la Guerre froide : le rôle de l’armée de l’air, entre présence et interventions », sujet ayant déjà fait l’objet de plusieurs communications internationales et articles scientifiques.

 

L’objectif de cette thèse était de comprendre l’origine des capacités d’interventions des forces aériennes françaises et d’étudier comment les opérations extérieures ont pu forger l’identité de l’armée de l’air.

 

Présidé par le professeur Jacques Aben, directeur général de l’enseignement universitaire et de l’enseignement par la recherche à l’École de l’air, le jury a décerné au capitaine Aurélien la meilleure mention : « Très honorable avec les félicitations du jury » et a recommandé la publication de ses recherches.

 

Le jury était composé de Jean-François Murraciole, professeur à Montpellier III, directeur de thèse, de Patrick Facon, historien de l’armée de l’air, codirecteur, de Pascal Griset, professeur à l’université Paris-Sorbonne Paris 4, de Francis Simonis, maître de conférence à l’université d’Aix-Marseille, et de Julie d’Andurain, directrice des études au Centre de doctrine et d’emploi des forces, et chargée de cours à Paris-Sorbonne (Paris 4).

 

Le capitaine Aurélien fait partie de ces jeunes chercheurs qui ont conduit leurs travaux sous la direction de Patrick Facon, historien de renom, expert de la stratégie aérienne. Mieux faire connaître l’histoire aéronautique est l’une des missions du centre d’études stratégiques aérospatiales, au travers de ses publications et plus particulièrement de ses Chroniques ; les 150 premières, rédigées sous la direction de Patrick Facon, ont été rassemblées dans une publication qui contribue à nourrir l’identité de l’aviateur.

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 12:55
Dispositif Crotale

Dispositif Crotale

 

17/12/2015 Ltt Alexandra Lesur-Tambuté - Armée de l'air

 

Plus de 40 000 participants, chefs d’État et de gouvernement, ont fait le déplacement au parc des expositions du Bourget à l’occasion de la conférence de Paris sur le climat (COP 21). Pour garantir la protection de cet événement d’ampleur internationale, l’armée de l’air a assuré un dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) pendant toute la durée de l’événement, soit trois semaines. Mis en œuvre par le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), ce DPSA a nécessité le déploiement d’une base aérienne projetée (BAP) et la mobilisation de plus de 600 militaires.

 

Un espace aérien réglementé

Instauré en complément de la posture permanente de sûreté aérienne, ce DPSA avait pour objectif d’assurer la protection de l’espace aérien au-dessus et aux alentours du lieu de réunion de la COP21 et de parer à toute menace aérienne d’origine terroriste, militaire ou contestataire, pilotée ou non pilotée. Alors que l’activité aérienne a été maintenue autour du parc des expositions du Bourget, des règles spécifiques ont été établies pendant toute la durée de l’événement. Deux zones ont ainsi été définies : une zone réglementée temporaire (ZRT), dont l’accès était contrôlé, et une zone interdite de survol (ZIT).

 

Des moyens de surveillance

Conduit depuis le centre national des opérations aériennes (CNOA) de Lyon Mont-Verdun, le DPSA reposait sur un dispositif humain et matériel conséquent. Au niveau de la surveillance, plusieurs radars tactiques des systèmes de défense sol-air étaient déployés sur zone. « Un avion radar E-3F a également réalisé des vols pendant les créneaux les plus sensibles », ajoute le commandant Stéphan, de la division DPSA du CDAOA. De plus, un réseau de guets à vue périphériques et un réseau de guets à vue périmétriques complétaient le dispositif. « Le premier était destiné à prévenir l’intrusion d’avions lents, tandis que le second était déployé en cas d’intrusion "drone" », explique le spécialiste.

 

Des moyens d’intervention

Prêts à intervenir en cas d’intrusion, des aéronefs étaient prépositionnés aux alentours de la zone à protéger. À Creil, deux Rafale sont venus renforcer la permanence opérationnelle, tandis qu’un troisième était stationné à Saint-Dizier. « Deux hélicoptères Fennec étaient stationnés au Bourget en complément de deux autres machines d’alerte à  Villacoublay, explique le commandant. De plus, six Epsilon TB30 étaient basés à Creil, réalisant à tour de rôle des alertes en vol. » Deux systèmes armés de défense sol-air Crotale étaient également présents, ainsi qu’un système armé de défense sol-air MAMBA. Petite nouveauté pour ce DPSA, une capacité antidrone complétait le dispositif durant les créneaux sensibles, avec la mise en œuvre de plusieurs brouilleurs et de fusils adaptés à la neutralisation des drones.

         

Retrouvez un article complet sur le DPSA de la COP 21 dans le prochain numéro d’Air Actualités (février 2016).

COP 21 : une protection aérienne optimale
COP 21 : une protection aérienne optimale
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 12:50
Un E-3F ravitaillé en vol par un Boeing KC 767 italien

 

17/12/2015 Armée de l'air

 

Dimanche 6 décembre 2015, un E-3F « Awacs » de la 36e escadre de commandement et de conduite aéroporté d’Avord a été ravitaillé en vol par un Boeing KC 767A italien. Une première en mission opérationnelle.

 

Engagé dans la mission de « réassurance «  avec ses partenaires et alliés de l’Otan, l’E-3F peut désormais compter sur trois types de ravitailleurs. Le Boeing KC 135, le KDC-10 et le KC 767, permettant aux aviateurs d’être en première ligne dans la planification et la réalisation des missions.

 

« Interopérabilité, plus d’allonge et plus de temps sur zone ! », confie l’un des pilotes fraîchement lâché sur le ravitailleur italien. Manœuvre délicate, le ravitaillement en vol est indissociable des dernières opérations menées par les aviateurs de la 36e escadre, que ce soit pour l’entrée en premier ou pour la conduite des opérations aériennes.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 08:55
Des « hélicoptéristes » reçoivent la Médaille de l’académie de l’air et de l’espace

 

16/12/2015 Armée de l'air

 

Vendredi 27 novembre 2015, le général (2s) Michel Fleurence et le colonel Bertrand Sansu, pilote d’hélicoptères, actuellement en poste à l’état-major des armées, ont été récompensés par l’Académie de l’air et de l’espace, au titre de leur ouvrage consacré à l’«Histoire des hélicoptères de l’armée de l'air».

 

Lors de la séance solennelle de l’Académie, manifestation organisée chaque année en l’Hôtel de ville de Toulouse, le colonel Sansu et le général Fleurence ont reçu la Médaille de l’académie de l’air et de l’espace. Cette récompense prestigieuse met en valeur l’action de personnalités ayant contribué à faire progresser les connaissances aérospatiales, grâce à des initiatives variées : publication, reportage, œuvre d’art, démarche éducative…

« Nous avons accueilli cette récompense avec fierté, confie le colonel Sansu. Cette médaille salue le travail de recherches que nous avons mené avec passion de 2008 à 2012, année de publication de l’ouvrage. »

Ouvrage collectif, «Histoire des hélicoptères de l’armée de l’air» retrace l'aventure humaine et technique initiée en 1935 sur autogires et en 1950 sur hélicoptères. Fort de 670 pages richement documentées et illustrées, ce livre est le premier du genre à retracer, de manière exhaustive, l’ensemble des unités de l’armée de l’air ayant mis en œuvre des hélicoptères.

« Nous avons eu accès à des archives jusque là inédites, précise le colonel. Nous avons notamment retrouvé une somme considérable de photos rares. » L’ouvrage répertorie ainsi pas moins de 712 hélicoptères, d’une quinzaine de types, ayant équipé l’armée de l’air. Livre de référence, il fait depuis sa parution le bonheur des amateurs avertis.

 

Des « hélicoptéristes » reçoivent la Médaille de l’académie de l’air et de l’espace

«Histoire des hélicoptères de l’armée de l'air», Association Hélicoptères Air, mai 2012.

Bon de commande sur :  http://www.aha-helico-air.asso.fr/parution_2HAA.htm

 

Retrouvez ici l’intégralité de l’interview du colonel Sansu parue au moment de la publication de l’ouvrage en 2012.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 08:20
Exercice TEI : rencontre au sommet sur la base de Langley

 

16/12/2015 ADJ Jean-Laurent Nijean - Armée de l'air

 

Mardi 15 décembre 2015, un DV Day (Distinguished Visitor Day / journée consacrée aux autorités) a été organisée sur la base aérienne de Langley en Virginie à l’occasion du Trilateral Exercise Initiative (TEI) qui se déroule du 2 au 18 décembre.

 

 

Pour cette réunion au sommet, le général Antoine Creux, inspecteur général des armées/air, a représenté le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), aux côtés de l’Air Chief Marshal Sir Andrew Pulford, CEMAA britannique (Chief of the Air Staff), du général Mark Welsh (CEMAA américain), du général Hawk Carliste, commandant l’Air Combat Command (COMACC) et du général Frank Gorenk, commandant l’USAF en Europe (COMUSAFE).

 

La journée a commencé avec la présentation en vol du F22 Raptor, le fer de lance de l’aviation de chasse de l’USAF. Après cette démonstration dynamique, les autorités militaires de l’armée de l’air française, de la Royal Air Force et de l’US Air Force ont pu assister aux phases de briefing et de debriefing des missions du jour. Elles ont pu dresser un premier bilan de cet exercice trilatéral. « L’équipe qui a participé à cet exercice nous a présenté les principaux enseignements. Le premier défi était de réaliser cet exercice avec nos avions les plus modernes et de les faire travailler ensemble, souligne le général Creux. C’est une totale réussite les aviateurs des trois nations ont développé des tactiques ensemble, ont appris à se connaître et ont renforcé leur confiance mutuelle. »

 

Pour clôturer cette journée, le général Creux a ensuite rencontré les aviateurs français sur leur lieu de travail : en piste, dans le hangar de la mécanique et dans le local opérations (DDF – deployable debrifing facility). « Lors de ma visite du détachement français, j’ai vu qu’ils avaient tous le sourire car ils ont beaucoup appris de cet exercice et ont vécu une excellente expérience », témoigne le général.

 

 

Exercice TEI : rencontre au sommet sur la base de LangleyExercice TEI : rencontre au sommet sur la base de LangleyExercice TEI : rencontre au sommet sur la base de Langley
Exercice TEI : rencontre au sommet sur la base de Langley
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 17:55
Fanion de la SPA 62 de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" mis à l'honneur pour les 100 ans de l'escadrille

Fanion de la SPA 62 de l'escadron de chasse 1/3 "Navarre" mis à l'honneur pour les 100 ans de l'escadrille

 

15/12/2015 Armée de l'air

 

Vendredi 11 décembre 2015, l’escadrille « SPA 62 », la plus décorée de la Première Guerre mondiale, fêtait son centième anniversaire sur la base aérienne 133 de Nancy, en présence de nombreux anciens.

 

Une cérémonie militaire et une exposition historique ont rassemblé près de 80 pilotes, mécaniciens et anciens de l’escadrille pour célébrer le centième anniversaire de la SPA 62. Fidèle à son emblème et plus combattante que jamais, cette vieille dame a revêtu une nouvelle robe de circonstance : une peinture commémorative orne désormais la dérive de l’un de ses avions.

 

Histoire de la SPA 62

Créée à Lyon le 11 août 1915, l’escadrille numéro 62 de l’arme aérienne effectue alors des missions de reconnaissance à des centaines de kilomètres derrière les lignes ennemies. Cette mission essentielle permettait de préciser les positions de l’adversaire et notamment celles des pièces d’artillerie. C’est elle qui identifia et positionna la fameuse « Grosse Bertha » qui pilonnait Paris. Loin derrière les lignes, les équipages dans leurs avions de bois et de toile étaient exposés à une météo souvent hostile et à des balles tirées du sol. Ces combats singuliers écrits dans le sang font partie des légendes entourant la future armée de l’air.

 

Le coq, comme symbole

Équipée en 1916 d’avions Spad, l’escadrille prit définitivement le nom de SPA 62 ; elle adopta le coq blanc symbole de la République comme emblème. Le coq est rapidement rouge, en mémoire du sang versé. En 1917, la SPA 62 arborait un coq de combat noir, celui-là même qui orne aujourd’hui encore les dérives de ses Mirage 2000 D.

 

Escadrille la plus décorée de la Première Guerre mondiale

Escadrille la plus décorée de France au 11 novembre 1918, elle a légué un patrimoine d’excellence à ses héritiers, qui l’enrichiront au travers des crises et guerres du XXe siècle. En 1995, elle est intégrée à l’escadron 1/3 « Navarre » sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey sur Mirage 2000 D. Elle aura été de toutes les guerres (Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Congo, Tchad, Lybie et, plus récemment, Mali, Sahel, Irak et Syrie).

SPA 62 : « Au combat depuis 100 ans »
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 17:55
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

 

14/12/2015 Capitaine Karim Djemaï - Armée de l'air

 

Vendredi 11 décembre 2015, deux pilotes de l’équipe de voltige de l’armée de l’air (EVAA) ont été mis à l’honneur, lors de la grande soirée annuelle de l’Aéro-Club de France à Paris, pour leurs titres de champions du monde de voltige aérienne, obtenus à Châteauroux en août 2015.

 

Le capitaine Alexandre «Popov» Orlowski s’est vu décerner la Grande médaille d’or de l’Aéro-club de France pour son titre de champion du monde en individuels. «Je reçois cette récompense avec énormément de plaisir et d’humilité, a déclaré le capitaine Orlowski. Je suis d’autant plus honoré en sachant que cette médaille a, par le passé, été remise à d’illustres personnalités de l’aéronautique comme Steve Fossett ou Bertrand Piccard.» «Popov» succède à plusieurs pilotes de l’armée de l’air au sommet du classement mondial de la voltige: le capitaine François Le Vot sacré en 2013 et le regretté capitaine Renaud Ecalle en 2009.

 

La Grande médaille d’or de l'Aéro-Club de France a également été attribuée au capitaine François Rallet, 5e en individuel et champion du monde par équipe aux côtés du capitaine Orlowski et d’Aude Lemordant. Le capitaine Rallet a aussi été salué par la médaille d'or de la fédération française de l'aéronautique (FFA).

 

«Cette année, nous avons tenu à saluer à la fois les pilotes civils et militaires, explique M. Louis Le Portz, président de l’Aéro-Club de France, en compagnie de Jean-Michel Ozoux, président de la FFA. Il existe entre eux une saine concurrence, qui contribue à tirer toute l’aviation française vers l’excellence.»

 

Au cours de cette soirée de gala, le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), a ainsi décoré un pilote civil, Damien Vadon, devenu champion du monde de précision de pilotage, au Danemark en juillet 2015.

 

Première institution aéronautique au monde créée en 1898, l'Aéro-Club de France est l'instance nationale représentant l'ensemble des disciplines des sports de l'air en France, notamment pour l'homologation des records. De Georges Guynemer à Marcel Dassault, en passant par Charles Lindbergh, Antoine de Saint-Exupéry, Pierre Clostermann, Catherine Maunoury ou Neil Armstrong… Tous ceux qui comptent dans l'histoire de la troisième dimension ont été un jour distingués par l'Aéro-Club de France.

 

Plus d’informations sur www.aeroclub.com

photo Armée de l'Airphoto Armée de l'Air

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 16:30
Rafale, équipé de bombes et de missiles SCALP - photo EMA / Armée de l'Air

Rafale, équipé de bombes et de missiles SCALP - photo EMA / Armée de l'Air

 

16/12/2015 Sources : EMA/COM

 

Mardi 15 décembre 2015 en fin de matinée, les avions de l'armée de l'air ont conduit un raid contre une position de Daech située dans la région d’Al Qaim en Irak, à la frontière entre l’Irak et la Syrie.

 

Situé dans la région d’Al Qaim, dans l’ouest du pays, à proximité de la frontière avec la Syrie, ce site regroupait des bâtiments, dont certains en dur, servant à la fois de quartier général, de centre d’entraînement et de dépôt logistique.

 

Engagé depuis les Émirats arabes unis et la Jordanie, ce raid était composé d’une dizaine d’avions de chasse (Rafale et Mirage 2000), équipés de bombes et de missiles SCALP (système de croisière autonome à longue portée). L’emploi de ces missiles est une première dans le cadre de l’opération Chammal.

 

En parallèle de ces frappes planifiées, les avions de chasse de la force Chammal ont poursuivi leur mission d’appui au sol des troupes irakiennes engagées contre les éléments de Daech.

 

Pour plus de renseignements sur l’opération Chammal

 

Rafale, équipé de bombes et de missiles SCALP - photo EMA / Armée de l'Air

Rafale, équipé de bombes et de missiles SCALP - photo EMA / Armée de l'Air

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 12:55
Sous les cocardes : Le centre d'expertise aérienne militaire

 

15/12/2015  Armée de l'Air

 

Ne ratez pas la quatrième émission de Sous les cocardes, jeudi 17 décembre 2015 à 21h00 !

 

Dans ce reportage de 26 minutes, partez à la découverte du centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) de Mont-de-Marsan. Outil essentiel de l’armée de l’air, il expérimente tous les équipements de l'armée de l'air. Les experts qu’il emploie interagissent au profit de l’avenir des forces aériennes.

Cette nouvelle émission vous emmène notamment à bord de l’A400M Atlas. Nouvel avion de transport tactique de l’armée de l’air, il est aussi synonyme de nouvelles exigences pour les équipages. Vous verrez comment ces spécialistes testent les limites des équipages, qui sont autant d’élément à prendre en compte dans la définition des procédures. Un second volet vous plongera dans l’expérimentation matérielle d’une tablette tactile d’aide à la décision. Depuis le lancement du programme Rafale dans les années 1980, les missions confiées à l’armée de l’air ont évolué. Afin d’augmenter l’efficacité des équipages, les équipes du CEAM ont développé un nouvel outil : l'OCAD (outil connecté d’aide à la décision). Développé dans une tablette tactile, l'OCAD est un concentré d’informations qui vient en complément des systèmes de l'aéronef et qui permet de s'adapter à l'évolution des menaces. Il aide ainsi le pilote à prendre les bonnes décisions.

Retrouvez ce reportage jeudi 17 décembre 2015 à 21h00 sur le canal 109 de votre box Orange, sur le canal 221 de la box Bouygues ou sur le site d’ Aérostar TV.

Consultez les anciennes émissions sur les sites Dailytmotion et YouTube de l’armée de l’air.

 

Sans plus attendre, visionnez le teaser de l’émission :

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 12:30
Puma de l'EH 1/67 sur le porte-avions Charles de Gaulle

Puma de l'EH 1/67 sur le porte-avions Charles de Gaulle

 

16/12/2015 sources EMA / COM

 

Deux hélicoptères Puma de l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » ont assuré une mission de recherche et de sauvetage au combat à bord du Charles de Gaulle, pendant le déploiement du groupe aéronaval en Méditerranée orientale.

 

À bord du Charles de Gaulle, l’escadron d’hélicoptères (EH) 1/67 « Pyrénées », en synergie avec le commando parachutiste de l’air n°30 (CPA 30), a assuré une mission de recherche et sauvetage au combat (RESCo). L’objectif était d’être en mesure de porter secours et d’exfiltrer des pilotes isolés en territoire hostile, après une éjection. Depuis que le groupe aéronaval a rejoint l’océan Indien, cette fonction essentielle pour la sécurité des pilotes des chasseurs embarqués sur le Charles de Gaulle est transférée à la coalition, qui devrait pouvoir secourir rapidement un pilote éjecté en zone hostile, à tout moment et sur l’ensemble du théâtre d’opération.

 

EH 1/67 : un escadron très spécial

 

Les équipages des Puma et des Caracal de l’EH 1/67 « Pyrénées » sont spécialisés dans l’ensemble des missions de sauvetage, que ce soit en mer ou sur terre, pour des missions de service public ou de combat.

 

Implanté sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac, le CPA 30 est non seulement spécialisé en récupération de personnel isolé, mais aussi en protection de la force, appui aérien, reconnaissance de terrains sommaires, mesures actives de sûreté aérienne et fouilles opérationnelles spécialisées.

 

Organisme à vocation interarmées, il s’est illustré au Kosovo, au Tchad, en Ouganda, en Afghanistan et plus récemment en Libye, pendant l’opération Harmattan. Il est également engagé au Mali depuis 2013, dans le cadre de l’opération Serval, puis de l’opération Barkhane.

 

Consultez un dossier sur « Les pales de l’armée de l’air » dans le magazine Air actualités du mois de novembre 2015, disponible en ligne.

 

Pour en savoir plus sur l'opération Chammal, cliquez  ici.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 11:55
Airbus A330 MRTT - photo Airbus DS

Airbus A330 MRTT - photo Airbus DS

 

15 .12.2015 Aerobuzz.fr

 

La Direction générale de l’armement a passé auprès d’Airbus Defence and Space une commande ferme pour huit avions de ravitaillement et de transport multi-rôle Airbus A330 MRTT supplémentaires. Ces appareils constituent la deuxième tranche d’un contrat pluriannuel signé en novembre 2014 par le ministère français de la Défense, prévoyant la fourniture de 12 A330 MRTT. Ce contrat porte à neuf le nombre total de commandes fermes, les trois appareils restants devraient être confirmés en 2018, pour une livraison de l’ensemble des appareils avant 2025. Le premier A330 MRTT sera livré à la France en 2018, le deuxième en 2019 et les appareils restant au rythme d’un ou deux ravitailleurs par an.

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 08:55
Conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle des matériels

 

09.12.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 25

 

— Examen, ouvert à la presse, du rapport d’information sur les conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle des matériels (M. Alain Marty et Mme Marie Récalde, rapporteurs)

 

La commission procède ensuite à l’examen du rapport d’information sur les conséquences du rythme des OPEX sur le maintien en condition opérationnelle des matériels.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Mes chers collègues, le maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels est un sujet technique mais hautement stratégique. Nous aurons beau avoir la meilleure armée du monde, si elle n’a pas de matériels disponibles, elle connaîtra des difficultés pour remplir ses missions.

 

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés à la décolonisation – guerres d’Indochine et d’Algérie notamment – la France n’a sans doute jamais été confrontée à des menaces aussi diverses, intenses et durables. Parmi ces menaces, la menace terroriste est la plus préoccupante de toutes. Les attentats que notre pays a subis aux mois de janvier et de novembre 2015 l’ont rappelé de manière tragique. Elle n’est toutefois pas la seule.

 

Pour reprendre la classification établie par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, notre pays reste confronté à deux phénomènes.

 

Le premier phénomène, qui a brutalement refait irruption dans la vie des Français en 2015, renvoie aux « risques de la faiblesse », alimentés par la défaillance de certains États. Se créent alors des zones de forte instabilité où peuvent prospérer, selon l’analyse du Livre blanc, des « trafics de toute nature sur le territoire d’États fragiles [qui] procure[nt] aux groupes qui les organisent des moyens économiques et militaires souvent supérieurs à ceux dont disposent les autorités publiques, achevant de fragiliser celles-ci. »

Cette grille d’analyse s’applique parfaitement aux divers groupes et organisations terroristes djihadistes qui ont essaimé de l’Afrique à l’Asie en passant par le Proche et le Moyen-Orient.

 

Le second phénomène, plus classique, tient aux « menaces de la force », soit le renouveau de menaces traditionnelles portées par un État. Le conflit qui s’est récemment déroulé en Ukraine, aux portes de l’Europe, prouve que ces menaces sont toujours bien réelles.

 

Face à ces risques et menaces il est n’est pas seulement nécessaire de maintenir notre posture de défense. Il faut la renforcer. Or, le levier d’action le plus concret et le plus direct en termes opérationnels est celui du maintien en condition opérationnelle. Par le passé le MCO a pu servir de variable d’ajustement budgétaire. Or, le MCO est la clé de la disponibilité des matériels à l’extérieur de nos frontières comme en métropole ; la disponibilité en métropole est la clé de la préparation opérationnelle et de l’entraînement ; la préparation opérationnelle et l’entraînement sont la clé de la capacité opérationnelle, quel que soit le théâtre d’engagement des forces.

 

L’effort en la matière est d’autant plus essentiel que nos armées sont sans doute durablement engagées sur de nombreux théâtres extérieurs. Elles le sont dorénavant aussi sur le territoire national.

 

En effet, depuis 2011 et l’engagement majeur qu’a constitué l’opération Harmattan, les opérations extérieures (OPEX) de grande envergure se succèdent et même se juxtaposent à un rythme soutenu. La tendance s’est encore accentuée à compter de 2013 avec les opérations Serval, Sangaris, Barkhane et Chammal.

 

En outre, ces théâtres d’engagement s’avèrent beaucoup plus abrasifs que par le passé. Ceci tient aux conditions climatiques, géographiques, géologiques et opérationnelles extrêmes auxquelles sont soumis les hommes et les matériels. Cela tient aussi à l’utilisation des matériels au-delà de leur potentiel « normal », c’est-à-dire dans des conditions opérationnelles similaires à celles constatées en métropole.

 

Notre rapport ne prétend évidemment pas à l’exhaustivité en opérant un audit complet de l’ensemble des parcs et des matériels déployés. À sa lecture, vous constaterez toutefois que nous avons effectué un grand nombre d’auditions et de rencontres et que nous avons pu voir de nombreux matériels. L’objet de notre rapport est de faire état des grandes tendances à l’œuvre, des principaux blocages et difficultés rencontrés, et de proposer des moyens pour les dépasser. Nous sommes bien conscients qu’il n’existe pas de réponse univoque à la question du MCO, qui se caractérise par un grand nombre de variables et l’intervention d’un grand nombre d’acteurs.

 

Nous n’allons pas abuser de votre patience en formulant des constats que vous connaissez déjà sur l’état des matériels et leur disponibilité. Nous n’allons pas non plus vous assommer de considérations purement descriptives et statistiques. Vous trouverez de longs développements consacrés à ces différents sujets dans le rapport écrit.

 

Nous allons simplement revenir sur un certain nombre de points qui nous semblent fondamentaux, avant de vous présenter nos principales observations et recommandations parmi les 23 que nous avons formulées.

 

Un premier rappel méthodologique sur le champ du rapport. Au-delà des engagements considérés comme des opérations extérieures aux sens administratif et juridique du terme, nos armées mènent de nombreuses missions à l’extérieur des frontières nationales. Les opérations de la marine en sont un bon exemple. La marine est, par nature, une armée expéditionnaire. On peut citer, au titre de ces opérations à l’extérieur : tout ce qui relève de l’action de l’État en mer, la participation à l’opération Sophia de lutte contre les passeurs de migrants, et, évidemment, la mise en œuvre de la permanence de la dissuasion nucléaire avec les unités de la force océanique stratégique (FOST).

 

Par ailleurs, la France dispose de forces de présence prépositionnées dans le cadre d’accords bilatéraux et relevant des trois armées : au Gabon, au Sénégal, à Djibouti et aux Émirats arabes unis. Malgré leur importance, le rapport n’a abordé ces différentes opérations que pour rappel, sans les analyser dans le détail.

 

Nous en venons donc au cœur du rapport : les OPEX.

 

Il nous faut tout d’abord rappeler que le rythme et l’intensité de nos engagements se sont considérablement accrus depuis les années 2010. En 2015, ce sont près de 8 300 militaires qui sont déployés en permanence en OPEX, dont 8 000 au titre des trois opérations principales menées dans la bande sahélo-saharienne, en République centrafricaine et au Levant.

 

Ce niveau d’engagement est inédit et dépasse le modèle décrit par le Livre blanc dont les analyses avaient servi de support à la loi de programmation militaire 2014-2019. Celui-ci fixait un « plafond d’engagement » à « deux ou trois théâtres distincts dont un en tant que contributeur majeur ». Or notre pays est aujourd’hui engagé sur trois théâtres majeurs de haute intensité. Par ailleurs, on peut considérer que la France est contributeur majeur :

– directement, dans la bande sahélo-saharienne et en République centrafricaine ;

– indirectement, au Levant, si l’on compare l’engagement français non pas à l’engagement américain, sans commune mesure, mais à la participation européenne.

 

Au-delà du rythme et de la profondeur de nos engagements, une autre difficulté provient de l’intensité opérationnelle des missions menées. Sur les trois OPEX majeures, deux sont conduites dans des zones définies comme « sévères » par les classifications géographiques de référence : il s’agit de la bande sahélo-saharienne et du Levant.

 

Elles se caractérisent par un certain nombre de réalités géographiques et climatiques qui sont principalement responsables de l’usure prématurée des équipements terrestres et aéronautiques, notamment :

– une chaleur élevée : sur certains théâtres, la température excède parfois 50° et peut atteindre 60°. Nous en avons nous-mêmes fait l’expérience lors de notre déplacement sur la base aérienne projetée (BAP) en Jordanie ;

– une présence abondante de sable et de poussières, susceptibles de s’infiltrer dans tous les éléments « ouverts » et de provoquer leur érosion (turbines d’hélicoptères par exemple) ;

– des terrains cassants et des roches coupantes qui usent rapidement les pneumatiques ;

– des vents de forte intensité qui, couplés au sable, ne font que renforcer les difficultés associées.

 

Ces éléments n’étaient évidemment pas inconnus des forces françaises projetées en OPEX. L’Afghanistan par exemple était également un terrain très dur.

 

Mais les théâtres actuels portent ces difficultés à un niveau supérieur du fait de la conjonction de plusieurs éléments et des « spécificités locales » de certains facteurs pourtant connus. Ainsi, le sable malien n’est pas le sable afghan. Nous sommes désormais imbattables sur la granulométrie ! (Sourires) Celle du sable malien est beaucoup plus fine, ce qui lui permet de s’infiltrer beaucoup plus facilement et beaucoup plus abondamment dans les systèmes, accélérant leur érosion. S’ajoutent également à la liste des difficultés des éléments relativement inconnus jusqu’alors. C’est le cas de l’alfa ou « herbe à chameau », une plante du désert qui, tout comme le sable, s’insinue dans les ouvertures et peut fortement perturber les systèmes de filtration, en particulier des aéronefs.

 

Ces théâtres sont donc particulièrement abrasifs et peuvent parfois être considérés aux marges du domaine de qualification et d’utilisation des équipements déployés.

 

M. Alain Marty rapporteur. Autre difficulté : les distances. À titre d’exemple, le territoire malien est 2,5 fois plus étendu que le territoire français ; vous avez tous à l’esprit la distance Bamako-Gao ou Gao-Tessalit. Par comparaison, la zone d’opération française en Afghanistan couvrait l’équivalent de deux départements français « seulement ». À cela s’ajoute le caractère rudimentaire voire inexistant des réseaux routiers, qui accélère l’usure des matériels.

 

Pour les matériels terrestres, qui sont particulièrement sollicités, l’ensemble de ces caractéristiques climatiques et géographiques fait qu’une année en OPEX équivaut à la consommation de potentiel de 2,5 années en métropole.

 

Mais à ces difficultés s’en ajoutent d’autres, liées elles aux réalités opérationnelles.

 

La première est la surintensité, qui caractérise l’utilisation des matériels dans des conditions beaucoup plus exigeantes qu’en métropole.

 

Le sable et la chaleur entraînent par exemple une surconsommation des moteurs d’hélicoptères. Pour les Caracal, 24 moteurs ont dû être remplacés alors que le forfait normal prévoyait un flux de 15 unités par an. Les « posés poussière » sont également traumatisants pour les matériels.

 

Par ailleurs, les nécessités opérationnelles impliquent un recours plus fréquent à des techniques très consommatrices de potentiel. On peut citer, par exemple, l’utilisation de la postcombustion des avions de chasse. Alors qu’elle est limitée aux seuls besoins d’entraînement en métropole, cette technique est beaucoup plus utilisée en OPEX. Autre exemple, que nous avons pu constater lors de notre déplacement en Jordanie : l’emport de munitions et l’utilisation de pods de désignation pour mener les frappes impliquent que les aéronefs sont presque en permanence en état de charge maximale par rapport aux notices constructeurs.

 

La suractivité est une autre cause d’usure prématurée, le tempo opérationnel étant sans commune mesure avec une utilisation « normale » en métropole. Ainsi, un VAB déployé dans le cadre de l’opération Serval au Mali pouvait parcourir en une semaine une distance quatre fois supérieure à celle qu’il couvrait normalement en un an d’utilisation en métropole : 1 600 km/semaine contre 400 km/an. Par rapport à l’opération Pamir menée en Afghanistan, les différences sont également notables, avec 1 000 km/mois parcourus dans le cadre de Pamir contre 6 400 km/mois dans la bande sahélo-saharienne.

 

Nous avons pu apprécier le niveau de cette suractivité en Jordanie. Chaque avion du détachement effectue en moyenne 72 heures de vol par mois, contre 21 heures en métropole, soit une activité 3,4 fois supérieure.

 

Enfin, les dommages de guerre sont plus fréquents et plus graves. Entre fin août 2013 et début mars 2015, 60 véhicules terrestres ont été détruits suite à des dommages de guerre ou des accidents. Dans le domaine aéronautique, ce sont les hélicoptères de reconnaissance et d’attaque qui subissent les plus lourds dommages au cours d’actions de feu. Vous trouverez dans le rapport un certain nombre d’informations concernant ces dommages, ainsi que plusieurs photographies de matériels ayant subi des dégâts.

 

Malgré ces conditions particulièrement rudes, la disponibilité des matériels projetés est remarquable. L’action des équipes chargées de la maintenance et, plus généralement, de l’ensemble des acteurs de la chaîne MCO doit ici être saluée. Lors d’un déplacement que j’avais effectué à Bangui dans le cadre de l’opération Sangaris, j’avais eu l’occasion de voir concrètement les opérations de MCO des matériels terrestres et aéroterrestres. Les personnels travaillent dans des conditions exceptionnelles – je pense notamment à la température –, plus de 10 heures par jour, sept jours sur sept. Il y a donc une disponibilité complète des équipes qui permet de réaliser un travail remarquable.

 

Globalement, en OPEX, la disponibilité technique opérationnelle des matériels terrestres est de 90 % et celle des matériels aéroterrestres de 70 %. La première est conforme à l’objectif assigné ; la seconde est inférieure de 10 points à cet objectif, en raison notamment des difficultés rencontrées sur le parc hélicoptère. Les résultats concernant l’armée de l’air sont également très bons : plus de 97 % pour les Rafale, près de 90 % pour les Mirage 2000, entre 90 % et 100 % pour les drones. Le rapport contient un certain nombre d’informations quant à la disponibilité des matériels pour les trois milieux : terre, air et mer.

 

Ces statistiques témoignent de la priorité légitimement donnée aux OPEX et des efforts consentis pour assurer les capacités opérationnelles à nos armées. Toutefois cette priorité, conséquence du rythme des engagements extérieurs, n’est pas sans effets pour les matériels et les hommes non déployés. Nous allons donc aborder maintenant les conséquences du rythme des OPEX sur le MCO des matériels en métropole.

 

Globalement, on constate ce que nous avons dénommé un « transfert de l’indisponibilité » sur la métropole. D’après les informations que nous avons recueillies, une augmentation de cinq points de la disponibilité en OPEX se traduit par une diminution de dix points de celle-ci en métropole.

 

De façon très synthétique, les matériels non déployés sont affectés de deux manières :

– directement, par l’affectation prioritaire des ressources aux OPEX : personnels maintenanciers, rechanges, équipements, outillages. Par ailleurs, les matériels non projetés peuvent être « cannibalisés » au profit des matériels déployés ;

– indirectement car la remise en état des matériels rentrés d’OPEX est plus longue, plus lourde et plus coûteuse du fait des conditions d’engagement extrêmes. À cet égard, je souhaite revenir quelques instants sur les termes successivement utilisés en matière de MCO. Au retour d’Afghanistan, on parlait d’actions de « métropolisation » ; aujourd’hui, on parle de « régénération » des matériels. À titre d’exemple, la régénération d’un AMX 10 RC représentera, en moyenne, 676 heures de travail et un coût de 190 000 euros par véhicule.

 

De fait, les statistiques de disponibilité s’en ressentent. Pour l’armée de terre par exemple, la disponibilité technique globale du parc de service permanent oscille entre 65 et 70 % ; celle du parc d’entraînement entre 60 et 70 % ; celle des matériels aéroterrestres n’est que légèrement supérieure à 40 %.

 

Faute de matériels disponibles, la préparation opérationnelle et l’entraînement des forces sont donc affectés par ricochet. Les chefs d’état-major ont eu l’occasion d’évoquer ce sujet à plusieurs reprises.

 

Ainsi, pour ce qui concerne l’armée de l’air, les jeunes équipages sont en situation de sous-entraînement sur certains appareils. Des qualifications ne peuvent être entretenues. En outre, la préparation opérationnelle est recentrée sur les compétences et les savoir-faire nécessaires aux opérations actuelles, au détriment d’autres. Le chef d’état-major de l’armée de l’air lui-même l’avait rappelé devant notre commission dans le cadre de son audition sur le projet de loi de finances pour 2016. De fait, nous restons encore en deçà des normes d’activités de l’OTAN qui constituent la cible de la LPM. Il faut toutefois préciser que certains objectifs d’activité ont été affectés par l’actualité. Tel est le cas dans l’armée de terre en raison de l’opération Sentinelle.

 

Nous en venons maintenant à nos recommandations. Mais tout d’abord, il faut rappeler que certains leviers ont déjà été actionnés. En termes d’organisation, la chaîne MCO a été refondée avec une organisation non pas par armée mais par milieu.

 

Par ailleurs, en termes financiers, la LPM a fait de la remontée des crédits d’entretien programmé des matériels (EPM) une priorité. En effet, comme nos collègues Yves Fromion et Gwendal Rouillard l’avaient parfaitement analysé à l’occasion de leur rapport sur la revue capacitaire des armées, la LPM précédente avait sous-estimé les besoins de financement pour l’EPM. La remontée prévue par la LPM 2014-2019 est à souligner, avec une croissance moyenne de 4,3 % par an des crédits d’EPM. L’actualisation de juillet dernier a poursuivi cet effort, avec 500 millions consacrés à ce poste sur les 3,8 milliards de ressources supplémentaires.

 

Ces rappels effectués, nous en venons à nos principales recommandations, que nous avons choisi de regrouper en cinq grands thèmes.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Le premier concerne les moyens financiers et humains du MCO. Derrière les aspects techniques du problème – dont vous avez vu qu’ils sont nombreux –, l’équation est en réalité relativement simple : si on gère par les coûts, la disponibilité et donc les capacités opérationnelles baissent ; si on gère par la disponibilité, les coûts augmenteront, compte tenu du nombre et de l’intensité de nos engagements extérieurs et d’une situation sous-optimale en métropole. Le haut niveau d’engagement de nos armées étant appelé à durer, il convient de le prendre en considération.

 

Nous devons être honnêtes et reconnaître que nous ne sommes pas en mesure de vous fournir un chiffrage précis des besoins de financement à long terme pour parvenir à une situation optimale. C’est tout à fait normal. Le niveau de ressources que l’on décide de consacrer au MCO est fonction du taux de disponibilité de chaque type d’équipement et de matériel, compte tenu, d’une part, des besoins au titre des engagements extérieurs et, d’autre part, de la préparation opérationnelle et de l’entraînement en métropole. La détermination de ces besoins et de ces critères n’est évidemment pas du ressort de la mission d’information.

 

Mais il est certain que si l’on souhaite une remontée de la disponibilité et donc de l’activité et des capacités opérationnelles, à l’extérieur comme en métropole, davantage de moyens sont nécessaires. Le taux de disponibilité souhaité par type d’équipement, par théâtre et par « nature » d’utilisation déterminera le niveau de ressources nécessaires. Il faut toutefois rester conscient du fait qu’une disponibilité technique de 100 % n’est pas atteignable ; il subsistera toujours une part résiduelle d’indisponibilité.

 

Ces précisions apportées, notre première recommandation consiste à modifier la procédure du décret d’avance OPEX pour assurer aux armées un financement « au fil de l’eau » et une plus grande réactivité face aux besoins opérationnels.

 

Il ne s’agirait pas d’obtenir davantage de moyens, mais de les obtenir plus vite. Nous proposons donc de rendre le décret d’avance OPEX non plus annuel mais semestriel, voire trimestriel. Cette simple modification de la procédure n’aurait que des vertus et ce, sans dépenser un euro supplémentaire. Elle permettrait, d’une part, d’assurer le financement des priorités en OPEX et, d’autre part, de ne plus « cannibaliser » les ressources nécessaires au soutien en métropole. Elle n’aurait aucune incidence sur le solde budgétaire, et elle permettrait, enfin, de rendre plus efficace les procédures de contractualisation des marchés. En effet, certains sont lancés en urgence, en fin d’année, une fois les ressources du décret d’avance rendues effectivement disponibles.

 

Une autre recommandation, elle aussi à coût zéro par rapport aux crédits votés par le Parlement, consisterait à dégeler au moins partiellement la réserve de précaution dès le début de l’année. Je rappelle que, pour 2016, le taux de mise en réserve hors titre 2 s’élève à 6 %, ce qui représente 1,63 milliard d’euros pour la mission Défense.

 

Certes, ce mécanisme budgétaire est nécessaire au pilotage de la dépense publique. Mais le recours à la réserve ne doit pas se traduire par des tensions opérationnelles pour nos forces, alors que les pouvoirs publics exigent d’elles un engagement sans faille encore renforcé par les événements tragiques que vient de connaître notre pays.

 

Nous estimons également indispensable d’attribuer les ressources nécessaires au soutien en métropole pour augmenter la disponibilité, et donc la préparation opérationnelle et l’entraînement. Il ne faut pas oublier que ce sont eux qui assurent l’excellence de nos armées à l’extérieur : la préparation opérationnelle d’aujourd’hui est l’OPEX de demain.

 

À plus long terme, nous sommes favorables à l’augmentation de notre effort de défense pour approcher les 2 % du PIB. Cela représenterait une dépense de 42 milliards d’euros par an environ, soit une dizaine de milliards de plus que les ressources actuellement consacrées à la défense. Il ne s’agit évidemment pas d’invoquer ce chiffre de manière irréfléchie comme une sorte de formule magique. La dégradation du contexte géostratégique et sécuritaire est une réalité qui est amenée à perdurer. Elle appelle donc à un effort plus grand afin de parer aux menaces ou de les neutraliser.

 

M. Alain Marty, rapporteur. Sur le plan des ressources humaines, nous estimons nécessaire leur renforcement au niveau quantitatif et au niveau qualitatif.

 

Le renforcement des effectifs de soutien nous paraît particulièrement important. Lorsqu’on analyse les conséquences des déflations d’effectifs opérées entre 2008 et 2015, comme l’avaient fait nos collègues Yves Fromion et Gwendal Rouillard, on arrive à 8 700 supprimés au niveau des MCO aéronautique et terrestre. Aujourd’hui, on constate de fortes tensions sur certains territoires et en OPEX. Les difficultés rencontrées sur le parc hélicoptères sont notamment dues à un manque de maintenanciers.

 

Sur le plan qualitatif, l’arrivée de nouveaux matériels très technologiques et hyper-connectés nécessitera à l’avenir le recours à des maintenanciers d’un haut niveau technique. L’armée de terre, par exemple, sera à terme dotée de matériels « info valorisés » dans le cadre du programme Scorpion. La marine est confrontée à la même question avec les bâtiments modernes comme les FREMM, dont les logiciels nécessaires à leur fonctionnement comprennent quelque 120 millions de lignes de code informatique.

 

De fait, en plus des équipes de soutien compétentes pour la maintenance traditionnelle, les forces auront sans doute besoin de véritables ingénieurs militaires au sein de la chaîne MCO, lesquels relèveront des catégories administratives supérieures les plus coûteuses en titre 2.

 

Le deuxième axe de recommandations concerne les flux logistiques. Des actions importantes ont été menées par le centre du soutien des opérations et des acheminements (CSOA) et par les équipes du projet « supply chain ». Il convient de les poursuivre. Je tiens à rappeler que la Cour des comptes avait formulé des critiques assez dures sur l’organisation logistique au sein des armées. Une réflexion de fond a été menée et la chaîne logistique militaire est en phase de modernisation complète, selon les modèles en vigueur parmi les professionnels de la logistique. Les efforts et les actions menés en la matière sont remarquables.

 

Au-delà, nous recommandons d’améliorer les flux logistiques « immatériels ». En OPEX, la limitation des débits informatiques peut ralentir la chaîne logistique, d’autant que les systèmes d’information logistique ne sont pas prioritaires par rapport aux systèmes d’information et de commandement. Il conviendrait donc de réfléchir aux moyens techniques de renforcement de ces flux immatériels pour améliorer la chaîne logistique, sans pour autant réduire les capacités nécessaires au commandement.

 

Concernant les flux physiques, nous proposons deux principales pistes de réflexion. Il faut tout d’abord relever que le degré de complexité des procédures et le niveau de réactivité des services douaniers locaux sont hétérogènes. Un exemple révélateur : un véhicule anti-incendie a pu être bloqué en douane au Liban pendant près de trois mois, et ce sans raison particulière ! Vous pouvez comprendre l’exaspération des militaires qui savent que le matériel est arrivé à destination mais n’est pas pour autant disponible en raison d’un blocage au niveau douanier.

 

De telles difficultés peuvent être surmontées par la réactivité de nos postes diplomatiques, dont la mobilisation en cas de blocage doit être soulignée. Toutefois, elles pourraient sans doute être mieux anticipées par une négociation en amont entre nos services diplomatiques et les autorités locales afin de fluidifier les procédures. Si cela s’avère insuffisant, des négociations de haut niveau pourraient avoir lieu au niveau gouvernemental afin d’améliorer la rapidité des services douaniers locaux.

 

Nous recommandons également de procéder à la modernisation de la composante logistique de la flotte. Notre collègue Gwendal Rouillard l’avait également souligné dans son rapport pour avis sur le PLF 2016. Un programme, baptisé FLOTLOG, doit procéder au remplacement de nos bâtiments logistiques, mais il n’interviendra qu’à l’horizon 2021-2025. Nous pensons qu’il faut faire de FLOTLOG une priorité afin de permettre des livraisons dès les premières annuités de la prochaine programmation militaire. Ces bâtiments ont déjà fait la preuve de leur intérêt en termes d’approvisionnement logistique, notamment dans les zones de conflit de moyenne à haute intensité comme dans le cadre de l’opération Harmattan.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Le troisième axe de réflexion concerne la conduite des programmes d’armement. Il faut que les cadences de livraison soient impérativement respectées. Le maintien en parc de matériels vieillissants n’est pas une solution optimale. Il s’avère coûteux, avec un accroissement de la fréquence des pannes. Il est aussi difficilement gérable au niveau technique en raison de l’obsolescence qui touche certains rechanges et pièces. Une solution alternative peut être envisagée pour certains types de matériels. Il s’agit de l’acquisition de « parcs tampon ». Ils seraient sans doute moins évolués que les matériels nouveaux, mais ceux-ci voient parfois leur livraison repoussée. Ils permettraient donc de pallier d’éventuelles réductions temporaires de capacités.

 

C’est la solution qui a été retenue, par exemple, face aux retards constatés sur les capacités tactiques de l’A400M ; je pense par exemple à l’atterrissage sur terrain sommaire. Le rapport fait état d’un certain nombre d’éléments sur les retards et les défaillances liés à l’A400M. L’acquisition d’Hercules C-130 supplémentaires doit permettre de maintenir les capacités opérationnelles de nos forces.

 

Il faut également préciser que, d’après les informations que nous avons recueillies à l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Bordeaux, des difficultés ont été rencontrées sur les moteurs TP400 qui équipent les A400M. La documentation fournie par l’industriel n’étant pas à jour, des moteurs qui auraient dû être réparés dans un délai théorique de 90 jours n’étaient toujours pas sortis des ateliers six mois après l’expiration de ce délai.

 

Nous formulons également des propositions dans le domaine des relations entre l’État et l’industrie. Nous pensons tout d’abord que, pour assurer des relations équilibrées entre les deux partenaires, l’État doit renforcer ses capacités en matière de connaissance des références et d’analyse des coûts. Des démarches ont été menées en ce sens, elles doivent être poursuivies. Nous pensons notamment à la démarche d’amélioration du référencement des composants homologués pour la réparation (ARCHER) de l’armée de terre. En améliorant le recensement, dans une base de données, de toutes les références et des prix de marché des composants utiles pour une prestation de MCO, elle a permis de renforcer les capacités de négociation de l’État. Sur certaines pièces, les écarts de prix étaient considérables : ils pouvaient aller de un à cinq pour un alternateur, et même de un à cent pour des fusibles. En six mois d’existence, ARCHER a permis de retirer quelque 6 000 références dont les prix se sont avérés exorbitants après une analyse comparative. Il y a là des gisements d’économies possibles.

 

Dans le même esprit, nous recommandons de renforcer les capacités de la division d’enquête des coûts de la direction générale de l’armement (DGA), dont les compétences sont précieuses. L’apport de cette division a pu permettre de bénéficier de gains compris entre 10 et 15 % voire plus par rapport à une négociation classique. Or elle ne compte qu’entre 40 et 45 enquêteurs, contre une centaine en Allemagne et près de 400 au Royaume-Uni au sein d’organismes comparables.

 

Nous pensons également utile de développer les plateaux techniques État-industrie afin d’assurer des échanges directs et de permettre une meilleure coordination des actions de maintenance. Nous estimons aussi qu’il faudrait élargir ces clusters aux PME/PMI qui semblent en être largement exclues à l’heure actuelle. Une telle démarche participerait d’ailleurs de l’effort à destination de ces petites entreprises, dans la logique du Pacte Défense-PME.

 

M. Alain Marty, rapporteur. Nous pensons également que l’action des industriels étatiques pourrait encore gagner en efficacité si un travail d’harmonisation des systèmes d’information mobilisés dans le cadre du MCO était conduit. D’après les informations que nous avons recueillies, 40 systèmes d’information différents sont aujourd’hui utilisés pour piloter le seul MCO aéronautique. Ceci est source d’inefficacité, ne serait-ce qu’en termes de temps passé à retranscrire les données d’un système à l’autre, sans évoquer les potentiels risques d’erreur dans cette retranscription.

 

Enfin, il est sans doute nécessaire de veiller sérieusement aux conséquences de la réglementation européenne REACH. Celle-ci oblige notamment les industriels à recenser et établir les risques potentiels que les substances chimiques utilisées représentent pour la santé humaine et pour l’environnement. Or la chaîne du MCO est grande consommatrice de substances chimiques. Aussi REACH pourrait-elle avoir un impact dans la conduite concrète des opérations de maintenance, en interdisant l’utilisation de certains produits. Elle obligerait donc les acteurs du MCO à trouver des solutions alternatives mais tout aussi efficaces en termes d’entretien, et donc potentiellement plus coûteuses.

 

Le cinquième et dernier axe de recommandations concerne le « partage du fardeau » opérationnel au niveau européen. Suite à l’attentat du musée du Bardo en Tunisie, M. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, avait déclaré que : « L’armée française sauve très souvent l’honneur de l’Europe. » et que « Sans [elle], l’Europe serait sans défense. » En conclusion, il affirmait : « Je suis en faveur d’une prise en charge plus collective de l’effort de défense […] de la France. »

 

Nous ne pouvons qu’abonder dans son sens, mais il est temps de passer des paroles aux actes. En effet, la France ne peut plus supporter davantage les injonctions contradictoires qui lui sont adressées, directement ou indirectement.

 

La première est d’assurer la sécurité des Européens, y compris à l’extérieur des frontières de l’Union européenne, ce qui suppose des dépenses importantes. Une telle exigence n’est évidemment pas formulée de la sorte à notre pays. Mais dans les faits, une seule armée est actuellement présente, avec les moyens suffisants, sur les « points chauds » qui représentent une menace potentielle pour l’Europe. Car en projetant ses troupes, la France ne protège pas seulement les Français, elle assure la protection de l’ensemble de ses partenaires européens et de leurs populations.

 

La seconde injonction, celle-ci formulée très directement et officiellement, est de respecter scrupuleusement les règles budgétaires. Il est vrai que ces règles ont été librement et souverainement consenties. Mais il est tout aussi vrai que leur observance peut faire oublier les réalités géostratégiques et sécuritaires. Elle conduit également à ignorer les coûts que la protection des Européens suppose, coûts que la France assume largement à l’extérieur de l’Union.

 

Ce partage du fardeau peut passer par différents canaux.

 

Le premier est une plus grande implication de nos partenaires au niveau opérationnel. C’est la démarche poursuivie par notre pays suite aux attentats du mois de novembre, sur le fondement de l’article 47-2 du Traité sur l’Union européenne. Une délégation de notre commission s’est récemment rendue à Berlin pour rencontrer nos collègues du Bundestag. Il est clair que la demande de mise en œuvre de cet article a produit des effets. Nous l’avions constaté avec les décisions prises par les Britanniques. Nous l’avons également vu suite au vote du Bundestag. Les effectifs allemands seront renforcés au Mali ; par ailleurs, l’Allemagne participera aux vols de reconnaissance en Syrie. On peut juger cette participation modeste, elle n’en demeure pas moins intéressante. En effet, au-delà des moyens mobilisés, elle témoigne d’une prise de conscience de nos homologues allemands sur la nécessité d’un plus engagement plus fort.

 

Le deuxième canal est financier, et deux solutions peuvent être envisagées. Tout d’abord, des clés de répartition pourraient être élaborées afin que nos partenaires financent une partie de la charge budgétaire des OPEX présentant un intérêt pour la sécurité de l’Europe. Il existe une autre solution moins indolore pour eux, qui sont également soumis à des tensions sur leurs finances publiques. Il s’agirait de la neutralisation, au moins à titre provisoire, d’une partie des coûts relatifs aux OPEX pour le calcul des règles de déficit excessif imposées par le Pacte de stabilité et de croissance.

 

Le troisième canal a trait aux mutualisations possibles, qui pourraient être recherchées dans deux domaines. Tout d’abord, pourraient être étudiées les possibilités de mutualisation du MCO pour les programmes européens menés en communs. Ceci permettrait de soulager la France à la fois au niveau budgétaire, mais également au niveau de l’organisation du MCO en diminuant la surcharge de la chaîne de soutien. Par ailleurs, les États membres pourraient progresser dans l’harmonisation des règles de certification de leurs rechanges afin de mutualiser certains stocks. Un pays non-engagé pourrait dès lors fournir des rechanges pour lesquelles une pénurie ou une tension serait constatée.

 

La solidarité européenne trouverait alors concrètement à s’exprimer, la France ne pouvant et ne devant rester seule dans les combats qu’elle mène aussi pour la sécurité de des Français, mais également de l’Europe et des Européens.

 

Telles sont les lignes directrices qui ressortent de nos travaux. Pour terminer je voudrais dire le plaisir que j’ai eu à travailler avec Marie Récalde avec qui nous avons travaillé dans un esprit d’ouverture et de franche collaboration.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Plaisir partagé !

 

M. Alain Marty, rapporteur. En guise de conclusion, je souhaiterais redire que nos armées sont durablement engagées, non seulement en opérations extérieures mais également sur le territoire national. L’unique question que nous devons nous poser est la suivante : quelles capacités opérationnelles souhaite-t-on assurer à nos forces ? Tel était l’objet de notre rapport.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci à nos deux rapporteurs. Il s’agit d’un rapport très complet, très précis et très technique comme vous l’avez rappelé. Mais il est essentiel pour la conduite des opérations.

 

M. Gwendal Rouillard. Vous avez évoqué la conduite des programmes d’armement, et ma première question porte sur l’anticipation du MCO : comment mieux le prendre en compte, tant dans sa définition que dans sa conduite ? Le MCO est en effet un sujet ancien mais qui est également d’actualité, et on voit bien que c’est une source d’investissement mais aussi une source d’économie.

 

Le deuxième sujet porte sur la méthode : si l’on évoque l’A400M, l’Atlantique 2 (ATL2) dont on a largement parlé dans cette commission, ou encore les moteurs de Caracal, on voit bien que la méthode est différente entre le constat fait par les mécaniciens, les cheminements de remontée de l’information jusqu’au ministère de la Défense et la manière de mobiliser les politiques, les militaires, la DGA et les industriels. Comment améliorer la méthode et le niveau de réactivité pour traiter ces sujets ?

 

Enfin, troisième et dernier point qui est plutôt un vœu : ce qui nous avait frappé lors d’un de nos déplacements en Afrique avec Yves Fromion, c’était le savoir-faire français exceptionnel en matière de MCO. Nos mécaniciens sont vraiment d’un excellent niveau et vous avez eu raison de saluer leur travail. Nous pourrions ensemble formuler le vœu que le MCO français devienne un élément de « l’équipe France » en matière d’industrie de défense pour mieux négocier, mieux valoriser nos produits et nos matériels afin de décrocher les contrats futurs. La qualité du savoir-faire français serait indéniablement un argument alors que l’on évoque souvent la performance de nos matériels d’exception avec le label combat proven. Si l’on prend l’exemple des frégates saoudiennes, ce n’est pas le savoir-faire français qui a été à l’œuvre, ces dernières années, pour faire en sorte qu’elles soient très disponibles. Je souhaiterais donc que, si demain nous vendons de nouvelles frégates à nos partenaires saoudiens, le MCO soit confié à des Français, toujours avec l’objectif de taux de disponibilité.

 

M. Jean-Jacques Candelier. J’ai écouté les rapporteurs avec beaucoup d’attention et je les remercie pour leur travail très sérieux. Je préciserai néanmoins que la France doit revoir sérieusement sa stratégie d’intervention qui l’amène aujourd’hui à participer à de nombreuses opérations extérieures. Son rôle d’intervenant majeur en Afrique et ailleurs nous coûte cher. Le matériel s’use, les déplacements sont très importants, le personnel est soumis à rude épreuve et les dégâts ne sont pas négligeables. Ce rôle de gendarme, souvent sans l’aval de l’ONU, nous éloigne de l’image que nous avions dans le monde et cela pourrait expliquer partiellement certaines exactions.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Chers collègues, merci pour vos compliments. Nous avons beaucoup auditionné, nous nous sommes souvent déplacés et ces expériences ont été très instructives. Je vous invite vraiment à regarder le contenu du rapport où vous trouverez des données très précises, notamment sur la question des ATL2.

 

À propos de la capacité d’anticipation, aujourd’hui, le MCO est pris en compte très en amont dans les contrats qui sont passés. C’est notamment l’objet d’une instruction n° 125-1516 relative au déroulement et à la conduite des opérations d’armement. Mais la difficulté vient du niveau des spécifications ; plus on ajoute de spécifications, plus on renchérit le coût du contrat. Les échanges avec les armées et les industriels, ainsi que les expériences des théâtres récents, ont montré qu’en particulier pour l’armée de terre nous nous orientons davantage vers la conception d’équipements modulaires, des kits optionnels pouvant être ajoutés et qui permettent de faire évoluer et d’adapter les matériels en fonction des besoins.

 

Par ailleurs, la mise en place des plateaux techniques me paraît être une solution qui a fait ses preuves, notamment dans le domaine de l’aéronautique, et qui est à renouveler sur tout le territoire. Quand on réunit l’ensemble des acteurs comme les donneurs d’ordres, les militaires, la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense (SIMMAD), les PME, la formation, en bref tous les intervenants de la chaîne du MCO, ils se comprennent mieux, les délais sont ainsi raccourcis et l’efficacité est au rendez-vous. Je crois que travailler en cluster, sous forme de plateaux, est une technique qui doit être dupliquée et qui par ailleurs est en train de l’être.

 

Enfin, au sujet du MCO et du savoir-faire français, Gwendal Rouillard a raison, c’est une véritable spécificité française. C’est en France qu’est organisé un salon international du MCO. Il y a cinq ans, quand nous avons créé ce salon, cela n’intéressait pas beaucoup de personnes. Désormais, dans la mesure où nous faisons durer l’utilisation de nos matériels dans le temps, les industriels ont bien compris que le MCO est une part importante de leur engagement et ce salon est de plus en plus fréquenté, y compris par des acteurs internationaux. De plus, nous avons en France des centres de formation de MCO qui sont reconnus internationalement et, dans les derniers contrats à l’export passés par nos industriels la maintenance et la formation à la maintenance de ces appareils sont vendues avec le matériel. Il s’agit d’une démarche importante, cela permettra également de former nos partenaires étrangers qui sont nos alliés : nos techniciens MCO sont une partie intégrante de « l’équipe France ». Néanmoins, il faut faire attention à ne pas perdre des savoir-faire qui sont en train de disparaître au sein de nos armées et chez nos industriels, notamment au service industriel de l’aéronautique (SIAé). Nous y avons vu des matériels anciens, avec des pièces obsolètes et des savoir-faire très particuliers. Il est important que les personnels qui partent soient remplacés par des gens bien formés, à qui l’expérience a été transmise. C’est pour cela que l’apprentissage dans ces services industriels est une piste à développer.

 

M. Alain Marty, rapporteur. En complément, je voudrais dire qu’il y a effectivement une instruction qui fixe la place du MCO dans les programmes d’armement. Au moment où on élabore un programme, on réfléchit également à sa mise en œuvre. Le MCO initial est aussi un élément qui associe directement l’industriel puisque pendant les deux premières années du programme, des crédits sont prévus à cet effet qui figurent sur le programme 146 « Équipement des forces » et non sur le programme 178 « Préparation et emploi des forces » qui concentre l’essentiel des crédits d’EPM. On voit bien aussi le rôle des industriels dans l’élaboration d’un programme et dans la mise en œuvre du MCO puisque pour le char Leclerc, le VBCI ou encore le CAESAR la maintenance de niveau industriel est aujourd’hui effectuée par Nexter.

 

Je vous rejoins s’agissant de la remarque sur les frégates saoudiennes. Mais il ne faut pas que nos programmes d’exportation télescopent nos capacités et nos besoins en matière de personnels et de pièces de rechange.

 

Enfin, la remarque de M. Candelier est de nature politique. Je voudrais lui répondre que les opérations menées par la France dans la bande sahélo-saharienne et en République centrafricaine le sont en partenariat étroit avec l’ONU : au Mali, la MINUSMA est mise en œuvre par l’ONU, ainsi que la MINUSCA en République centrafricaine. Enfin, la résolution 2249 du Conseil de sécurité de l’ONU donne mandat à l’opération Chammal. C’est un choix politique de ne pas être d’accord avec ces opérations, mais nous ne sommes pas dans le cadre d’interventions individuelles ; nous intervenons dans le cadre onusien.

 

Mme Marie Récalde, rapporteure. Je rappelle, pour parler de manière triviale que la France ne « saute pas sur tout ce qui bouge ». Ce n’est pas la France qui a entamé l’offensive mais bien Daech qui a enclenché les hostilités. Le président de la République a pris la décision d’intervenir sur les théâtres où nous sommes à la suite de l’appel d’États souverains et amis, dans le cadre des règles de droit international. La défense de l’avant conditionne aussi la sécurité sur le territoire national, nous le voyons tous les jours, c’est donc un choix politique fort qui a été fait.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci chers collègues. Je pense que ce rapport sera très lu, certainement par les industriels mais aussi au sein du ministère de la Défense et j’espère aussi par de nombreux médias intéressés par ces questions.

 

*

* *

 

La commission autorise à l’unanimité le dépôt du rapport d’information sur les conséquences du rythme des OPEX sur le maintien en condition opérationnelle des matériels en vue de sa publication.

 

La séance est levée à onze heures trente.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, Mme Sylvie Andrieux, M. Nicolas Bays, M. Daniel Boisserie, M. Malek Boutih, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Jacques Candelier, Mme Nathalie Chabanne, M. David Comet, Mme Catherine Coutelle, M. Lucien Degauchy, M. Guy Delcourt, Mme Marianne Dubois, M. Yves Foulon, M. Claude de Ganay, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, M. Patrick Labaune, M. Marc Laffineur, M. Jacques Lamblin, M. Frédéric Lefebvre, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Marty, M. Jacques Moignard, M. Alain Moyne-Bressand, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard

 

Excusés. - Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Laurent Cathala, Mme Carole Delga, M. Philippe Folliot, M. Yves Fromion, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, M. Francis Hillmeyer, M. Éric Jalton, M. François Lamy, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. Damien Meslot, M. Philippe Meunier, M. Jean-Claude Perez, M. Alain Rousset, M. Philippe Vitel, M. Michel Voisin

 

Examen, ouvert à la presse, du rapport d’information sur les conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle des matériels (M. Alain Marty et Mme Marie Récalde, rapporteurs)

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 17:20
Avions de coalition au décollage

Avions de coalition au décollage

 

11/12/2015 ADJ JL Nijean - Armée de l'air

 

Après une première phase de familiarisation, au cours de laquelle les pilotes de la Royal Air Force (RAF) britannique et de l’armée de l’air française ont pu à la fois découvrir la zone et effectuer du combat à vue, les missions de défense aérienne modernes, dites BVR (Beyond Visual Range/au-delà de portée visuelle) débutent sur la base aérienne de l’US Airforce (USAF) à Langley (Virginie).

 

Au-dessus de l’océan Atlantique, une bataille aérienne fait rage entre les Blue Air de la coalition et les Red Air. Afin de contrer la menace Red Air simulée par des F15 E et des T38 Talon, un pilote de chasse américain, le Mission Commander (MC/chef de mission), a disposé ses avions en deux blocs distincts : d’un côté, deux Eurofighter Typhoon de la RAF et un F22 Raptor de l’US Air Force, de l’autre, deux Rafale et le second F22 Raptor. Grâce à sa tactique et à la préparation commune, la mission est un succès pour les forces coalisées.

 

« Pour le moment, nous menons des missions de DCA (Defensive Counter Air), explique le lieutenant-colonel N., pilote de Rafale. Ce sont des missions de protection d’un territoire ou d’une zone. À partir de vendredi, nous augmenterons le nombre de participants, pour atteindre des engagements de l’ordre de 15 contre 15, avec également la présence d’Awacs de l’US Air Force. »

 

Tour à tour, chacune des trois nations participantes désigne un Mission Commander, qui devient le chef d’orchestre de l’ensemble du dispositif. Une preuve de la confiance qui règne entre les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. « En fonction des conseils de chacun, le MC décide de l’agencement global des patrouilles et des tactiques associées, pour une efficacité maximale, ajoute le pilote. L’intérêt de ce type d’exercice est de connaître ces différentes tactiques pour agir avec le maximum d’efficacité lors d’un déploiement au coup de sifflet bref dans une coalition. »

 

Exercice TEI : les premières missions conjointesExercice TEI : les premières missions conjointes
Exercice TEI : les premières missions conjointes
Exercice TEI : les premières missions conjointesExercice TEI : les premières missions conjointesExercice TEI : les premières missions conjointes
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 12:55
A400M de l'ET 1-61 Touraine en vol d'entraînement au-dessus de l'Auvergne photo JL. Brunet Armee de l'air

A400M de l'ET 1-61 Touraine en vol d'entraînement au-dessus de l'Auvergne photo JL. Brunet Armee de l'air

 

10/12/2015 Par Véronique Guillermard - LeFigaro.fr

 

Un rapport parlementaire pointe un délai de réparation trop long à cause d'une documentation obsolète.

 

L'Airbus militaire A 400M fait à nouveau parler de lui. Cette fois, pour un problème de documentation technique obsolète. L'affaire est révélée dans un rapport sur les conséquences du rythme des opérations extérieures (Opex) sur la maintenance des matériels militaires. Ce rapport a été présenté à la commission de la défense mercredi 9 décembre par ses auteurs, Marie Récalde, députée (PS) de Gironde, et Alain Marty, député (LR) de Moselle. «Selon les informations recueillies notamment auprès de l'Atelier industriel aéronautique (AIA) de Bordeaux, explique Marie Récalde, des difficultés ont été rencontrées avec les moteurs de l'A 400M.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 14:20
Commande d’un 3e système de drones Reaper

 

10/12/2015 DIRECTION GÉNÉRALE DE L’ARMEMENT

 

La Direction générale de l’armement (DGA) a commandé le 7 décembre 2015 un troisième système de drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) de type Reaper. Le premier système, livré en décembre 2013, est utilisé de manière intensive dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre des opérations en cours. La livraison du 2esystème est prévue en 2016 et celle du 3e en 2019.

 

La Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit que l’armée de l’Air disposera en 2019 de 4 systèmes complets, comprenant chacun 3 drones.

 

Les drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) sont des outils essentiels dans les zones de conflit moderne, offrant une capacité majeure en termes de connaissance et d’anticipation. Ils sont capables d'assurer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs en opérant, grâce à leur endurance, sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées.

 

Les drones Reaper sont fabriqués par l'industriel américain General Atomics. Leur acquisition est réalisée selon la procédure FMS (Foreign Military Sale) auprès de l’US Air Force.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:50
Cette visite s'inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre les deux centres de formation aéronautique

Cette visite s'inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre les deux centres de formation aéronautique

 

09/12/2015 Sources : Armée de l'air

 

Mercredi 02 décembre 2015, le colonel Juan Pablo Sanchez de Lara, commandant l’Academia General del Aire, s’est rendue sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence.

 

Située sur la base aérienne de San Javier (Espagne), l’Academia General del Aire assure la formation des officiers de l’armée de l’air espagnole, mission également dévolue à l’École de l’air, son homologue française.

 

Cette visite s’inscrivait dans le cadre de la coopération bilatérale unissant les deux centres de formation. Les échanges actuels entre élèves-officiers français et espagnols ont été évoqués, tout comme la mise en œuvre de projets futurs.

 

Après une présentation du général Francis Pollet, commandant l’École de l’air et la base aérienne 701, le colonel Sanchez de Lara a visité les installations salonaises et a pu rencontrer des cadres et des élèves-officiers.

 

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:50
Des exercices interalliés en série

 

09/12/2015 Sources : Armée de l'air

 

Durant le mois de novembre 2015, des aviateurs du Core-JFAC français (noyau dur du commandement de la composante aérienne), unité du commandement de la défense aérienne et de la défense aérienne (CDAOA) stationnée à Lyon-Montverdun, ont participé à une série d’exercices interalliés organisés par l’Otan.

 

Ces entraînements étaient articulés autour des capacités de commandement et de conduite (C2) des opérations militaires. Retour notamment sur les exercices Citadel Bonus, organisé en Pologne et Naples Journey, s’étant déroulé en Italie.

 

Exercice Naples Journey

Du 16 au 23 novembre 2015, quatre aviateurs français ont œuvré au sein d’une cellule, dite de « réponse air » au cours de l’exercice Naples Journey. Cet entraînement avait pour objectif de qualifier les nouveaux arrivants au Joint Force Command (JFC – commandement des forces interarmées) de Naples au fonctionnement d’un état-major opératif.

L’exercice Naples Journey a notamment permis de tester le nouveau concept de Joint Task Force, décidé lors du sommet de Cardiff (Royaume-Uni) en 2014. L’objectif de ce concept est d’améliorer la rapidité d’action du JFC, grâce au déploiement d’un élément de liaison et de commandement au plus près de la zone d’opérations. Dénommée Forward Command Liaison Element (FCLE), cette structure a la charge de transmettre des rapports de situation au niveau opératif et de coordonner les actions avec les autorités locales.

Avec le JFC de Brunssum (Pays-Bas), le JFC de Naples est l’un des états-majors de niveau opératif de l’Otan, sachant que chaque opération militaire interalliée est articulée autour de trois niveaux de commandement : stratégique, opératif et tactique.

Un JFC est capable de conduire une force interarmées et interalliée, notamment dans le cadre de la Nato Response Force (NRF), force de réaction rapide dont l’armée de l’air assure le commandement de la composante aérienne, au cours de cette année.

 

Exercice Citadel Bonus à Bydgoszcz

Du 16 au 27 novembre 2015, le corps de réaction rapide « France » (CRR-Fr), état-major multinational de la composante terrestre situé à Lille, a été déployé au Joint Force Training Center (centre de formation de l’Otan) de Bydgoszcz (Pologne), dans le cadre de l’exercice Citadel Bonus 2015.

Près de 500 militaires ont participé à cet exercice, dont près de 250 en provenance du CRR-Fr. Parmi les représentants français, quelques aviateurs du Core-JFAC de l’armée de l’air armaient une cellule de coordination et de conduite de opérations aériennes (AOCC/L - Air Operations Coordination Cell/Land). Son rôle consistait à dialoguer avec l’état-major au sujet de la prise en compte des activités aériennes et des contraintes liées à la troisième dimension (demande d’appui aérien rapproché, déconfliction entre les tirs d’artillerie et les vols d’aéronefs…).

Cet exercice s’inscrit dans le processus de certification du CRR-Fr. En 2017, l’état-major lillois doit prendre l’alerte Otan en tant que Joint Task Force Headquarters (état-major d’un groupe de forces interarmées).

Citadel Bonus 2015 est le deuxième d’une série de trois exercices: Citadel Kleber 15 s’étant tenu en mars 2015 et Citadel Javelin 16 devant se dérouler en mars 2016. Un exercice final de certification est également programmé au printemps 2017.

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