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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 07:55
La base aérienne 136 de Toul est reconvertie en ferme photovoltaïque photo EDF EN.jpg

La base aérienne 136 de Toul est reconvertie en ferme photovoltaïque photo EDF EN.jpg

 

14/10/2015 Economie et technologie

 

Mercredi 14 octobre 2015, la conférence «Climat et Défense : quels enjeux ?» se déroule sur le site de l’École militaire (Paris). Initiée par le ministre de la Défense afin d’aborder les questions climatiques aux prismes des enjeux de Défense, cette première conférence internationale de cette ampleur réunit plus d’une trentaine de délégations internationales, ainsi que plusieurs hauts responsables politiques et militaires français.

 

Engagée depuis de longues années dans une politique de développement durable, l’armée de l’air favorise les projets favorables au respect de l’environnement. Illustration : la reconversion réussie de l’ancienne base aérienne 136 de Toul en ferme photovoltaïque (article paru dans le n°680 d’Air Actualités p.48-51).

 

Une seconde vie au soleil

 

Autrefois gardienne des Jaguar de la 11e escadre de chasse, la base aérienne 136 de Toul abrite désormais l’un des plus grands sites photovoltaïques d’Europe. Récit d’une reconversion réussie.

 

Base aérienne (BA) 136 de Toul-Rosières, Meurthe-et-Moselle, 24 juin 2004. Les aviateurs saluent une dernière fois le drapeau de leur base. La cérémonie clôt 60 années d’activité d’une enceinte ayant hébergé deux appareils de légende, le F-100 Super Sabre et le Jaguar. Le site lorrain tombe alors dans une profonde léthargie. Pendant plusieurs années, la base s’assoupit, avant qu’un puissant rayon de soleil ne vienne la sortir de sa torpeur. Son avenir prend alors la forme d’une centrale photovoltaïque majeure.

À l’origine de la nouvelle vie de la BA 136 se trouve un aviateur, le général (2S) Jean-Marc Dall’Aglio, devenu cadre de l’entreprise EDF Énergies Nouvelles (EDF-EN) en 2009. Le chantier de réhabilitation est colossal : près de 300 édifices sont à l’abandon, la plupart contenant de l’amiante. EDF-EN se charge de dépolluer, désamianter et démanteler les bâtiments : les collectivités locales bénéficiant quant à elles d’importantes rentrées fiscales. «Cette solution a permis de satisfaire toutes les parties engagées, estime Jean-Marc Dall’Aglio. Après le démantèlement final, l’État récupérera un site entièrement revalorisé.»

Le chantier débute en juin 2011. Lors des pics d’activité, près de 850 employés sont mobilisés. Au total, 280 édifices sont déconstruits. Quelques éléments de l’ancienne BA 136 comme les taxiways, l’ancien poste de commandement et des hangarettes ont été conservés, évoquant le passé aéronautique du site.

La mise en service du  «Parc solaire de la BA 136» est prononcée en novembre 2012 pour une durée d’exploitation de plus de 20 ans. Avec une puissance de 115 mégawatts-crête , elle couvre chaque année les besoins énergétiques d’environ 55 000 habitants, tout en respectant l’environnement. En outre, cette reconversion s’inscrit dans une démarche environnementale innovante. Des îlots boisés ont été conservés et sept hectares replantés, afin de créer des corridors biologiques pour la faune sauvage. Au total, 30 % des 522 hectares du site sont protégés de toute activité pour préserver des zones environnementales sensibles. Des colonies de chauves-souris, un élevage ovin et des plantes mellifères ont aujourd’hui élu résidence sur le site.

Fort de ce succès, l’ancienne base aérienne américaine de Dreux-Senonches abrite depuis plusieurs années un parc solaire d’une puissance de 60 mégawatts-crêtes. Une initiative à laquelle Jean-Marc Dall’Aglio a une nouvelle fois été associé. «En tant qu’ancien pilote de chasse, redonner vie à ces anciennes bases aériennes a été une expérience formidable», confie le général.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 18:55
Audition du général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de finances pour 2016

 

7 octobre 2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 4

 

Mme la présidente Patricia Adam. Je suis heureuse d’accueillir le général André Lanata, qui intervient pour la première fois devant notre commission en tant que chef d’état-major de l’armée de l’air. Outre la situation de cette dernière, que nous avons déjà pour partie abordée ce matin lors de l’audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, nous évoquerons la fin de gestion de l’année 2015, comme il se doit à cette période de l’année. Je précise qu’après votre exposé, général, je donnerai la parole à Marie Récalde et Alain Marty, afin qu’ils nous rendent compte de leur récent déplacement en Jordanie.

 

Général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air. En préambule, et puisqu’il s’agit de ma première audition en tant que chef d’état-major de l’armée de l’air devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, je tiens à dire combien je suis fier de pouvoir évoquer devant vous l’extraordinaire niveau d’engagement des aviateurs au service de la protection des Français. Je veux également remercier la représentation nationale pour le soutien sans faille qu’elle apporte à nos militaires. J’attache une importance particulière à ce rendez-vous et à nos échanges.

Après deux semaines passées à la tête de l’armée de l’air, je dresserai deux constats : tout d’abord, les aviateurs sont au rendez-vous, quels que soient les sollicitations et le contexte sécuritaire ou opérationnel ; ensuite, rien ne permet de penser que la pression des opérations, qui s’est encore accrue, notamment ces deux dernières semaines en Syrie, diminuera en 2016.

Partant de ces constats, je commencerai par témoigner de l’engagement opérationnel de l’armée de l’air, en opérations extérieures comme sur le territoire national, avant de montrer que le seul moyen d’honorer ces missions au niveau actuel et dans la durée est de poursuivre la modernisation engagée par mon prédécesseur, le général Mercier. Nous continuerons donc à transformer l’armée de l’air en un système de combat complet, cohérent, dynamique et réactif, à la disposition de la Nation, du président de la République et du chef d’état-major des armées. Enfin, je vous indiquerai quelles sont mes priorités dans le cadre du projet de loi de finances pour 2016.

Quelle est ma vision de l’armée de l’air au moment où j’en prends le commandement ?

Premièrement, je veux souligner sa réactivité, qui est une qualité essentielle pour figurer dans l’élite mondiale. En vingt-quatre heures, une crise peut changer de visage. Ainsi, moins de vingt-quatre heures se sont écoulées entre la décision du Président de la République de réaliser des missions de reconnaissance en Syrie et le survol effectif de ce pays par nos Rafale, le 7 septembre dernier. Nous nous tenions prêts à y effectuer des frappes pour continuer à réduire le potentiel militaire de Daech et, dans la nuit du 26 septembre, cinq Rafale ont frappé un camp d’entraînement de terroristes dans le nord de la Syrie. En janvier 2013, Bamako serait tombée si la chasse française n’était pas intervenue en l’espace d’une nuit. Les actions aériennes combinées à une manœuvre interarmées ont alors porté un coup d’arrêt puis réduit considérablement les capacités des groupes armés djihadistes et leur ont interdit les sanctuaires dans le nord du Mali. L’armée de l’air est donc capable, et elle le montre, d’intervenir de façon rapide, où que ce soit dans le monde, en moins de vingt-quatre heures. Il s’agit d’une qualité essentielle : l’armée de l’air est l’armée du temps court.

Le deuxième trait essentiel de l’armée de l’air est son caractère global et cohérent. Aux ordres du chef d’état-major des armées et dans le cadre d’une manœuvre globale interarmées, l’ensemble du spectre des missions aériennes est mobilisé. Reconnaissance et surveillance de vastes étendues, frappes de précision de nos chasseurs Rafale ou Mirage 2000, ravitaillements en vol, transports stratégiques avec l’A400M et largages tactiques avec nos vénérables Transall et C-130, forces spéciales avec les commandos parachutistes de l’air : tout cela est commandé, organisé et contrôlé par un système de commandement performant. Il s’agit là, non pas d’un inventaire, mais des capacités réellement utilisées tous les jours sur les théâtres d’opérations. Parce que nous ne savons pas aujourd’hui de quoi demain sera fait, nous aurons toujours besoin d’un outil complet pour mettre en œuvre un large éventail de capacités cohérentes entre elles. C’est une question d’efficacité opérationnelle et de souveraineté nationale.

Troisièmement, il convient de souligner l’importance de la permanence des actions aériennes. Pour couvrir des étendues de plus en plus vastes avec des moyens en constante réduction, pour traquer un ennemi fugace et le frapper au moment opportun, pour imposer à la bataille un rythme toujours plus proche du temps réel, il est nécessaire de disposer de toujours plus de permanence. Il s’agit, me semble-t-il, d’une tendance lourde de notre développement, qui se traduit en particulier par le recours aux moyens de surveillance de longue endurance ou l’importance du ravitaillement en vol.

Quatrièmement, cette permanence s’accompagne de la nécessité de renforcer la connexion des forces dans un cadre interarmées et interallié. Les forces aériennes ont en effet besoin de combiner leurs actions entre elles et avec celles des autres armées dans des délais très brefs. Moyens de surveillance, forces spéciales, avions de combat, forces terrestres, avions de transport, hélicoptères de combat ou de manœuvre : cette mise en réseau élargie facilite le quadrillage de vastes étendues et accroît la réactivité des forces. C’est pourquoi j’estime indispensable de penser le développement de nos capacités d’abord en système de combat global interconnecté et donc, si possible, nativement connectable.

Cinquièmement, existe aujourd’hui le risque de croire que la maîtrise de l’air est définitivement acquise. Nous, aviateurs, avons le devoir de répéter inlassablement qu’il y aura toujours une condition préalable essentielle au bon déroulement de toutes les opérations : la maîtrise de l’air et de l’espace. La présence d’avions russes dans le ciel syrien aujourd’hui en apporte la démonstration. Cette maîtrise garantit non seulement la protection du territoire national, mais aussi la capacité d’entrer sur un théâtre d’opérations. Elle est donc un gage de liberté pour l’action politique et de souveraineté. Il faut le rappeler et préparer les capacités qui nous permettront demain de toujours pouvoir tirer parti de l’exploitation, à des fins militaires, de l’air et de l’espace, comme nous le faisons actuellement.

Notre aptitude à réaliser ces opérations, à garantir l’efficacité et la cohérence et à durer repose sur quatre piliers.

Le premier est la capacité de commander et de conduire des opérations aériennes, qui est une des clés de l’efficacité des opérations aériennes, dans le Sahel, au Levant ou sur le territoire national. La situation tactique est suivie en temps réel, les ordres sont adaptés, transmis et exécutés au même rythme. Il s’agit d’une aptitude centrale, héritée de nos missions permanentes : la défense aérienne et la dissuasion, qui constituent le cœur de nos obligations et répondent à des ordres directs de l’exécutif. En cinquante ans, ces deux missions ont structuré notre système de commandement. Les moyens de commandement et de contrôle associés à des moyens de communication longue distance constituent l’intelligence et le système nerveux de ces opérations.

Deuxième pilier : nos bases aériennes. L’armée de l’air opère à partir de ses bases, que ce soit dans le cadre de ses missions permanentes, d’alertes ou pour intervenir dans des délais très brefs où que ce soit dans le monde. Les premières missions au-dessus de la Libye, du Mali, de l’Irak ou de la Syrie ont toutes décollé de nos bases aériennes métropolitaines ou pré-positionnées. Ainsi, la base aérienne, système complet, réactif et cohérent, participe à part entière du système de combat global de l’armée de l’air. En outre, elle matérialise la présence de l’armée de l’air sur le territoire national et sert de point d’appui à des actions interministérielles ou de service public. Compte tenu de leur importance et de menaces croissantes à l’intérieur de nos frontières, le renforcement de la protection des bases aériennes est l’une de mes priorités – j’y reviendrai en détail ultérieurement, si vous le souhaitez.

Troisième pilier : la préparation opérationnelle, qui se situe au cœur de mes responsabilités, donc de celles de l’armée de l’air. Elle regroupe l’ensemble des actions qui vont permettre aux capacités de l’armée de l’air d’être prêtes le jour où le président de la République décidera de les engager – je pense notamment à l’entraînement de nos équipages ou à l’entretien de nos systèmes d’armes. Elle est essentielle car elle est le gage de notre efficacité, donc de notre crédibilité opérationnelle à l’égard tant de nos autorités politiques, qui doivent avoir confiance dans les possibilités d’emploi de l’arme aérienne, que de nos adversaires, sur lesquels elle procure un ascendant, de nos alliés, qui savent pouvoir se reposer sur un partenaire robuste, et de nos propres forces, qui ont confiance dans les chances de réussite de leurs missions car elles se savent bien entraînées. La préparation opérationnelle fonde notre réactivité ; elle est donc la clé.

La raison d’être et l’enjeu de cette préparation sont les hommes et les femmes de l’armée de l’air, qui forment le dernier pilier, et non le moindre ; il est au centre de mon attention. Actuellement, 5 800 aviateurs sont mobilisés en opération, de jour comme de nuit, dont plus de 4 000 sur le territoire national, forces de souveraineté comprises. Il ne s’agit pas ici uniquement de chiffres et de bilans comptables, même si ceux-ci sont éloquents. Si l’armée de l’air est reconnue comme l’une des meilleures du monde sur l’ensemble du spectre des opérations, depuis les missions humanitaires jusqu’aux opérations de combat de haute intensité, c’est bien grâce à la valeur des aviateurs qui accomplissent ces missions, à leur professionnalisme, à leur expérience opérationnelle et, avant tout, à leur esprit de service. On ne salue jamais assez ce que j’appelle l’« épaisseur opérationnelle », cette qualité humaine, cette abnégation doublée d’une exceptionnelle maturité opérationnelle qui fait la véritable valeur d’une armée.

Aujourd’hui, pour faire face à un contexte sécuritaire exceptionnel, l’armée de l’air est fortement engagée, depuis plus d’un an, à une hauteur qui dépasse les contrats opérationnels issus du Livre blanc. En l’espace d’un an, elle a ouvert deux théâtres supplémentaires, notamment en Syrie ces derniers jours. Nos avions opèrent aujourd’hui simultanément à partir de quatorze territoires. Nos chasseurs ont largué cent tonnes de bombes depuis le début de l’année. Nous sommes engagés sur tout le spectre des missions pour traquer un ennemi qui dispose de ramifications sur notre propre territoire, et ces perspectives me semblent durables.

Face à cette situation, l’armée de l’air est au rendez-vous. Elle l’a encore prouvé il y a un peu plus d’une semaine, lorsque le président de la République a ordonné des frappes sur la Syrie. Nos opérations constituent un exercice de vérité pour nos armées, en particulier pour l’armée de l’air. Vérité sur nos capacités réelles, sur l’efficacité de nos systèmes d’armes, sur le niveau de préparation opérationnelle et sur la valeur de nos soldats. Peu d’armées sont aujourd’hui mises à nu d’une façon aussi exigeante que la nôtre, qui opère au Sahel, en Centrafrique et au Levant, souvent dans des conditions très difficiles qui requièrent prouesses techniques, prouesses opérationnelles et courage. Bien plus, l’armée de l’air assure simultanément en permanence, sur le théâtre national, les missions de protection de l’espace aérien, de sauvegarde et de dissuasion.

Pour faire face à une telle tension opérationnelle, l’armée de l’air doit tout d’abord poursuivre sa transformation. Alors que l’armée de l’air vient de changer de tête, vous vous interrogez probablement sur l’avenir de l’ambitieux plan de transformation lancé par mon prédécesseur. Cette question bien légitime, les aviateurs se la posent également. Je les ai rassurés sur ce point lorsque je les ai réunis sur la base de Villacoublay le premier jour de mon commandement, le 21 septembre. Qu’il n’y ait aucune ambiguïté : je m’inscris pleinement dans la continuité du plan stratégique « Unis pour faire face » lancé par le général Mercier. Je tiens du reste à dire ici publiquement toute mon admiration pour cet officier général hors pair et pour son action volontariste à la tête de l’armée de l’air. Son rôle a été déterminant à un moment où se sont ajoutées à un niveau d’engagement opérationnel hors-norme de fortes contraintes structurelles.

Nous ne nous transformons pas parce que c’est à la mode, mais parce que nous sommes convaincus que le seul moyen d’assurer dans la durée un tel niveau d’engagement est de continuer inlassablement à nous adapter. Le monde évolue en permanence, les technologies également, nos ennemis s’adaptent, la contrainte budgétaire demeure. Dès lors, l’immobilisme n’est pas de mise. Si nous voulons avoir, demain, une armée de l’air aussi performante qu’aujourd’hui, une armée de l’air opérationnelle, modernisée, ouverte aux partenariats, portée par ses aviateurs, nous devons continuer à nous transformer.

Depuis deux ans, les projets-phares du plan « Unis pour faire face » articulent, dans une dynamique d’ensemble et de façon cohérente, la modernisation des capacités de combat, la simplification de nos structures, l’ouverture et le développement de partenariats ainsi que la valorisation du personnel. Mais cette transformation n’est pas un empilement désordonné de dossiers techniques ; c’est une manœuvre globale, caractérisée par un état d’esprit. Elle passe surtout par les hommes : les aviateurs sont au centre du projet. Ce plan donne un sens à nos évolutions. Les hommes en sont à la fois le moteur et la raison d’être. Je continuerai donc à promouvoir la dynamique d’une armée de l’air qui avance avec les aviateurs aux commandes.

J’illustrerai cette dynamique par trois réalisations concrètes intervenues cet été.

Outre le regroupement du commandement des forces aériennes à Bordeaux cet été, un autre projet emblématique a pris corps le 1er septembre dernier avec la création du centre d’expertise aérienne à Mont-de-Marsan. Cet « Air warfare center » est construit sur un modèle nouveau qui a pour vocation principale de rapprocher sur un même plateau les expérimentations, c’est-à-dire le volet équipements, la réflexion conceptuelle, c’est-à-dire le volet doctrine, et les savoir-faire opérationnels, c’est-à-dire le volet tactique. Ce triptyque sera alimenté en permanence par les retours d’expérience à chaud des unités opérationnelles du commandement des forces aériennes et du commandement des forces aériennes stratégiques. Résolument tourné vers l’innovation, le centre apportera son expertise des programmes aux autorités en charge des opérations aériennes, en coordination étroite avec tous les commandements, y compris pour l’orientation de l’entraînement des forces. Ouverts à des partenariats industriels, nous comptons beaucoup sur les synergies dégagées par un tel travail en plateau.

Le deuxième exemple concerne la formation et de l’entraînement. Grâce à la création, cet été, sur la base d’Orange du CEPOCAA, le Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air, nous rationalisons nos emprises et nos structures tout en renforçant la capacité socle de formation et d’entraînement. Ce centre, qui formera à terme 4 000 stagiaires par an, a été créé à partir des effectifs transférés depuis les bases aériennes de Dijon et de Saintes. Cette centralisation des structures de formation du combattant à Orange comporte d’importants effets d’échelle : valorisation des infrastructures, uniformisation des méthodes, renforcement de l’identité de l’aviateur par la transmission de valeurs communes et densification de la base aérienne 115 d’Orange. La préparation opérationnelle du combattant a désormais son pôle d’excellence.

Troisième exemple : le projet « Smart base », qui a été inauguré, cet été également, sur la base d’Évreux. Ce projet innovant consiste à développer, dans le cadre de partenariats, les applications tirées des nouvelles technologies du numérique. Il s’agit, comme pour les smart cities, d’améliorer concrètement la vie du personnel sur les bases aériennes. La vie d’une base aérienne est en effet comparable à celle d’une petite ville qui interagit avec son environnement. L’approche étant résolument expérimentale, il faut accepter un certain foisonnement au départ ; nous accompagnerons, le moment venu, les applications les plus prometteuses. Ce type d’approches est particulièrement adapté à la difficulté que nous avons à appréhender a priori toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Parmi les projets qui se concrétisent chaque jour, nous développons des applications destinées à partager entre aviateurs les informations relatives à différents domaines : protection et sécurité de la base aérienne, administration du personnel ou infrastructure.

Mais la Smart base se caractérise également par son ouverture et sa collaboration avec son environnement. Une première start-up numérique va ainsi s’installer, le 16 octobre, sur la base aérienne d’Évreux, au sein de la pépinière favorisant la synergie entre les entreprises locales et l’escadre de commandement et de conduite projetable, composée de spécialistes des systèmes d’information et de commandement projetables de l’armée de l’air.

Comme le montrent ces trois exemples, le plan stratégique « Unis pour faire face » va continuer à vivre. Si l’armée de l’air est au rendez-vous des opérations, elle démontre également sa capacité à se transformer en conduisant une modernisation d’ampleur. De la réussite de ces projets et de la mise en œuvre du nouveau plan de stationnement dépend la capacité de l’armée de l’air de réaliser les rationalisations nécessaires et les gains que nous en attendons.

Le second facteur qui nous aidera à obtenir des succès en opération, ce sont incontestablement les décisions prises au titre de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM).

Compte tenu du niveau d’engagement de nos forces, il est certain que nous aurions eu des difficultés à garantir la même performance dans la durée sans l’ajustement que vous avez voté en juillet dernier et qui concerne aussi bien les hommes, que les équipements, et leur régénération. L’actualisation de la LPM marque en effet une inflexion significative en ajustant la trajectoire de la programmation au durcissement du contexte sécuritaire. Ce résultat a été rendu possible par l’action volontariste du ministre de la Défense et par des décisions courageuses, compte tenu du contexte budgétaire. Je veux donc saisir l’occasion qui m’est donnée ici afin de remercier votre commission pour son appui et la diligence dont elle a fait preuve dans l’examen, mené tambour battant, de ce texte essentiel pour les capacités des armées, en particulier de l’armée de l’air.

Je souhaiterais également dire un mot de la fin de gestion 2015, qui est importante en ce qu’elle conditionne le lancement sur de bonnes bases des quatre années de la LPM actualisée. Sur le plan financier, la fin de gestion nécessite que toutes les ressources encore attendues se concrétisent. Pour l’armée de l’air, une incertitude existe, comme chaque année, sur la levée totale ou partielle de la réserve de précaution et sur le montant du remboursement des opérations. La couverture du décret d’avance OPEX permettra, par exemple, d’assurer le recomplètement au plus vite des munitions que nous consommons à un rythme élevé en opération. Il est important – et vous me pardonnerez ce tropisme probablement hérité de mes fonctions précédentes – que le ministère aborde l’année 2016 avec un report de charges raisonnable si nous voulons garantir la bonne exécution de la LPM.

Sur le plan capacitaire, je suis attentif à la notification de plusieurs contrats essentiels pour l’armée de l’air, qui doit intervenir d’ici à la fin de l’année. Rénovation des C-130 et des Mirage 2000D, lancement du programme « Avion léger de surveillance et de reconnaissance », dit « ISR léger », commande du troisième système de drones MALE et affermissement de la tranche de huit avions de ravitaillement en vol : autant d’affaires centrales pour la feuille de route capacitaire de l’armée de l’air, tant elles touchent à des domaines clés de ses capacités.

Ces précisions concernant la fin de gestion 2015 étant faites, j’en viens au projet de budget pour 2016. Celui-ci est fondamental pour notre préparation opérationnelle, pour la poursuite de la modernisation de nos capacités, pour la manœuvre des ressources humaines et pour la poursuite de notre transformation.

Le projet de loi de finances pour 2016 représente la première annuité de la LPM actualisée ; il intègre donc les ajustements apportés par cette actualisation. Pour l’armée de l’air, ceux-ci concernent principalement les crédits consacrés au maintien en condition de nos équipements, qui constitue le premier axe.

En la matière, nous poursuivons les objectifs de remontée de l’activité. L’entretien des équipements est un déterminant de l’activité, laquelle est la clé de notre préparation opérationnelle. L’investissement dans cette préparation est le prix de nos performances en opération ; les heures de vol sont irremplaçables. L’entretien des équipements est donc central. Si je devais résumer l’équation, je dirais que l’objectif consiste à équilibrer la pression des opérations – qui conduit à une surexploitation de certains parcs et au vieillissement accéléré des cellules dans des conditions sévères d’exploitation – à l’aide des mesures décidées en actualisation de la LPM et en LPM, de la poursuite des chantiers de modernisation et de différents chantiers de transformation, dont celui de la formation des pilotes de chasse. Ainsi, la remontée progressive du niveau d’activité à partir de 2016 dépend non seulement de la mise à disposition des ressources prévues par la loi de programmation militaire mais aussi de la baisse des dépenses permise par les réformes engagées dans le domaine du maintien en condition des équipements ou de la « supply chain ».

En 2015, nous observons, comme cela était prévu et malgré la pression des opérations, une stabilisation de l’activité. De fait, les effets des investissements ne sont pas immédiats et ne se font sentir que deux ans plus tard. Ainsi la stabilisation observée cette année est-elle consécutive à la progression des crédits décidée par le ministre de la Défense en 2013. Ce rebond, bien qu’inégal selon les flottes, s’observe déjà, en particulier pour l’aviation de chasse, avec une progression de 3 % attendue cette année. Pour être complet, je dois néanmoins ajouter que cette situation masque des difficultés que nous gérons sur le plan organique : le sous-entraînement des jeunes équipages qui ne sont pas encore engagés en opération et un moindre effort sur certains savoir-faire, que nous surveillons. Pour 2016, toutes choses étant égales par ailleurs, je suis confiant dans le maintien de cette dynamique : nous prévoyons une augmentation de l’activité de l’ordre de 5 % dans tous les domaines : chasse, transport, hélicoptères.

Je rappelle enfin l’importance que revêt la poursuite du projet de formation des pilotes de chasse, dit FOMEDEC. Ce projet est structurant non seulement pour la formation des pilotes mais aussi pour la cohérence du modèle de l’aviation de chasse, la rationalisation de nos emprises et la manœuvre des ressources humaines. Il importe donc que l’entrée en service de cette capacité se fasse dans les meilleurs délais. Outre une meilleure performance dans la formation de nos pilotes, elle permettrait la réalisation de nombreuses économies indispensables pour tenir les différentes trajectoires de notre transformation.

Deuxième axe : la manœuvre des ressources humaines. Je crois avoir déjà insisté sur l’importance que j’attache à nos ressources humaines. Les moindres déflations obtenues dans le cadre de l’actualisation de la LPM (1 300 postes) bénéficient principalement au soutien à l’export fourni par l’armée de l’air et aux efforts consentis en faveur du commandement et de la conduite des opérations, du renseignement et de la protection. Elles compensent enfin des contraintes structurelles comme la non-fermeture de certaines emprises. Pour le domaine fonctionnel « air », les déflations sur la durée de la loi de programmation militaire sont ramenées de 4 500 à 3 200. Si l’on tient compte de celles qui ont été réalisées en 2014 et 2015, il reste un peu plus de 500 postes nets à supprimer.

Cette logique arithmétique ne saurait toutefois rendre compte de la complexité d’une manœuvre RH plus lourde qu’il n’y paraît. Je ferai plusieurs remarques à ce sujet. Tout d’abord, il s’agit bien d’une moindre déflation, et non d’effectifs supplémentaires. Derrière les déflations, il existe un mécanisme complexe de gestion des flux, d’organisation et de gestion des filières. Ainsi l’armée de l’air a besoin de faire des efforts dans certains secteurs. Ces efforts conduisent à des créations de postes supplémentaires dans les métiers de l’aéronautique, de la protection, des structures de commandement et de conduite des opérations ou des unités de drones, qui montent en puissance. Environ 700 postes supplémentaires seront ainsi créés sur la période 2015-2019. Il est donc nécessaire d’ajouter aux déflations nettes les gages à mobiliser pour permettre ces créations. Aussi les déflations totales à réaliser s’élèvent-elles en réalité à environ 1 200 postes entre 2015 et 2019. Du point de vue des flux, le freinage des déflations conduit à doubler le taux de recrutement en 2015 et 2016. Nous ne sommes pas inquiets sur ce point, mais la vigilance reste de mise.

Tout cela montre combien les restructurations restant à effectuer sont indispensables pour atteindre nos objectifs. Nous continuons donc à densifier nos emprises, à optimiser nos transferts de personnels et à réorganiser nos métiers comme nos structures.

Il me faut, pour être complet sur ce sujet, signaler la diminution du taux d’encadrement, c’est-à-dire de la proportion des officiers dans l’ensemble de la population des aviateurs. Le modèle des ressources humaines de l’armée de l’air est, me semble-t-il, spécifique : le volume de ces officiers ne peut être évalué en fonction du seul taux d’encadrement. En effet, nos pilotes et navigateurs sont tous officiers. C’est un mécanisme différent mais comparable à celui des médecins ou des ingénieurs. Le volume de déflation et le dépyramidage ne peuvent pas être abordés sans tenir compte de cette particularité. En termes de cible, nous avons atteint, en 2015, le maximum de ce que nous pouvons réaliser compte tenu de l’augmentation de nombreux besoins, notamment dans les structures de commandement et de contrôle ou dans les structures internationales – ce raisonnement vous avait déjà été présenté par mon prédécesseur.

Enfin, la condition du personnel contribue à l’efficacité opérationnelle de nos forces. Nous demandons beaucoup à notre personnel, dans un environnement qui est incertain à de nombreux égards et suscite de l’anxiété. J’estime donc important de prendre en considération ses attentes et de lui donner le sentiment qu’il bénéficie d’un traitement équitable ; je prendrai le temps d’analyser la situation et de faire remonter les éléments qui me paraîtront les plus significatifs dans ce domaine.

En ce qui concerne la trajectoire capacitaire, le budget pour 2016 permet à l’armée de l’air de poursuivre la modernisation de ses capacités de combat dans le domaine des équipements. Compte tenu du contexte opérationnel, la tenue des feuilles de route capacitaires est indispensable dans une LPM qui ne dispose d’aucune marge.

S’agissant de l’aviation de combat, les perspectives s’organisent autour des éléments clés suivants. Premièrement, la modernisation du Mirage 2000D. En 2020, la plupart des flottes anciennes seront retirées du service ou sur le point de l’être, et l’armée de l’air possédera une centaine de Rafale. La rénovation programmée du Mirage 2000D joue donc un rôle essentiel dans la préservation non seulement de la cohérence opérationnelle mais aussi de l’équilibre du format de l’aviation de chasse.

Deuxièmement, l’export du Rafale est indispensable à l’exécution de la LPM. Nous avons en effet construit notre feuille de route capacitaire sur cette hypothèse, qui suppose une reprise impérative des livraisons en 2021 ; à défaut, il faudrait revoir à la baisse les ambitions de l’aviation de combat.

Troisièmement, la montée en puissance du deuxième escadron nucléaire sur Rafale est un point d’attention majeure. Cet escadron doit être opérationnel à l’été 2018. Sa montée en puissance a débuté cet été à Saint-Dizier, où les ressources humaines et les compétences commencent à être transférées. Vous comprenez bien que, pour une mission de cette importance, ces mouvements sont en partie irréversibles. Dans ce cadre, nous attendons dès 2016 le début de la restitution des six Rafale biplace prélevés sur nos livraisons dans le cadre de l’export Égypte. Puisque j’évoque la dissuasion, il me paraît utile de vous signaler également le lancement en 2016 des importants travaux d’infrastructure nécessaires à l’accueil des avions ravitailleurs MRTT « Phénix » sur la base aérienne d’Istres.

Dans le domaine du commandement et de la conduite des opérations aériennes, l’année 2016 sera marquée par la mise en service, à Lyon, du système de commandement et de conduite des opérations aériennes de l’OTAN, ACCS (Air command and control system), qui permet la rationalisation du dispositif autour de trois centres de détection et de contrôle au standard OTAN, tout en garantissant la robustesse du système pour les missions de souveraineté nationale. Cette intégration se fait en effet au sein du programme « Système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales » (SCCOA).

S’agissant du renseignement, outre le programme d’ISR léger que j’ai évoqué, les priorités pour 2016 concernent principalement le système Reaper. Il s’agit en effet d’une des capacités clés dans la bande sahélo-saharienne, de sorte que la demande en heures de vol augmente : celles-ci ont doublé en l’espace d’un an. Je serai attentif à la livraison, courant 2016, du deuxième système, à la commande du troisième avant la fin de l’année 2015 et à la commande du quatrième en 2016, afin que nous soyons en mesure d’atteindre le format décrit dans la loi de programmation militaire. Je veillerai également à ce que soit étudiée l’acquisition d’une capacité de pilotage des missions depuis la France, avec une station sol sur la base aérienne de Cognac, qui permettrait de soulager temporairement la pression que subit un nombre d’équipages limité à ce stade.

Quant à l’aviation de transport, il s’agit d’une capacité sensible, car extrêmement sollicitée en opération, et qui mérite en conséquence une attention particulière. L’enjeu se situe dans la poursuite de la modernisation de la flotte, avec les livraisons de l’A400M. Nous en attendons trois en 2016, qui s’ajouteront aux huit, dont nous devrions disposer fin 2015. Je suis également très attentif au dialogue engagé actuellement avec l’industrie sur la question des standards tactiques de cet appareil. Par ailleurs, la flotte de C-130, constitue un complément indispensable à l’A400M, en particulier pour les missions effectuées au profit des forces spéciales. Outre le lancement de leur rénovation en 2015, l’acquisition de quatre C-130 supplémentaires, qui vise à soutenir nos efforts en opération, est à l’étude.

Au vu de ce bilan, vous mesurez combien la fin de l’année 2015 et l’année 2016 sont déterminantes pour les capacités de l’armée de l’air.

En conclusion, qu’est-ce que l’armée de l’air aujourd’hui ?

C’est bien entendu, cette patrouille de Rafale qui délivre de l’armement de précision sur les positions de Daech en Syrie. C’est ce pilote qui a décidé récemment de ne pas ouvrir le feu en Irak parce qu’il jugeait que les conditions n’étaient pas réunies. Il n’est pas évident de prendre une telle décision aux commandes d’un avion de combat au-dessus d’une zone hostile – et je sais de quoi je parle. Ce choix démontre la maturité opérationnelle de nos forces, qui suppose une véritable intelligence des situations.

L’armée de l’air aujourd’hui, c’est aussi l’abnégation de ce caporal-chef du 25e régiment du génie de l’air qui construit une plateforme aéronautique aux confins du Niger, à Madama, dans des conditions extrêmes de température et de rusticité. C’est également le sens du service de ce sous-officier spécialiste des systèmes d’information et de communication qui, avec son équipe, a câblé tous les réseaux opérationnels de la base déployée de nos Mirage 2000D en Jordanie en moins de trois jours ; cette performance remarquable a permis l’activité opérationnelle de cette base en un temps record. C’est encore ce commando parachutiste de nos forces spéciales qui combat au corps-à-corps les groupes armés djihadistes dans le nord du Mali.

Enfin, je ne saurais oublier les victimes du terrible accident d’Albacete, qui a marqué l’armée de l’air et la communauté de défense tout entière.

Je viens de prendre la tête d’une armée de l’air opérationnelle car ses aviateurs sont engagés, entraînés, enthousiastes. Ils le sont parce que les missions, la trajectoire de la transformation et la feuille de route de la LPM actualisée sont claires. Les défis restent nombreux, qu’il s’agisse du niveau d’engagement, de la durée, des tensions sur le personnel, du maintien en condition de nos équipements ou de la poursuite de notre transformation. Vous pouvez compter sur ma franchise pour vous alerter sur les besoins de l’armée de l’air et sur le moral de ses aviateurs, qui conditionnent la poursuite de ses opérations et de sa transformation. Nous sommes au rendez-vous des opérations et de notre modernisation. J’ai confiance en mes hommes, en leur engagement, en leurs compétences et en leur équipement. J’ai confiance dans les capacités de l’armée de l’air et, surtout, dans la foi en la mission, qui constitue par-dessus tout le moteur de l’armée de l’air.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci, général. Nous partageons la confiance que vous avez en vos hommes.

 

Mme Marie Récalde. Alain Marty et moi-même nous sommes rendus, du 18 au 21 septembre, sur notre Base aérienne projetée (BAP) de Jordanie dans le cadre d’une mission sur les conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle (MCO). Ce déplacement coïncidait, d’une part, avec le premier anniversaire du lancement de l’opération Chammal et, d’autre part, avec la décision du président de la République d’étendre à la Syrie les vols de reconnaissance. Les premières frappes en territoire syrien ont, du reste, été menées une semaine après notre départ, à partir de la base d’Al-Dhafra.

Proche des frontières irakienne et syrienne, la BAP de Jordanie est idéalement située. Cette situation privilégiée permet d’économiser à la fois le potentiel opérationnel d’appareils extrêmement sollicités – nous y reviendrons – et le carburant nécessaire aux vols. L’activité de la BAP est permanente et soutenue, et la mission particulièrement exigeante : deux patrouilles de deux avions sont effectuées six jours sur sept, le no fly day étant consacré au MCO. Les équipages réalisent ainsi vingt-quatre sorties par semaine. La base doit, en outre, être en mesure d’offrir pendant une semaine une capacité surge, qui suppose la mobilisation de deux avions supplémentaires, soit l’intégralité de la flotte présente.

À ce jour, 1 100 opérations ont été réalisées par les forces françaises dans le cadre de Chammal, dont environ 500 à partir de la BAP. Parmi les 350 objectifs détruits par les forces françaises, 300 l’ont été par les appareils de la base. Je précise que 95 % des missions menées sont dites de Close air support (CAS), c’est-à-dire d’appui des forces au sol – il s’agit de frappes d’opportunité effectuées en fonction du contexte tactique ; les 5 % restants correspondent à des missions dites deliberate : il s’agit de frappes en profondeur, sur des objectifs clairement identifiés au préalable.

Outre cette « suractivité », les conditions opérationnelles, particulièrement sévères, pèsent sur les hommes et les matériels. Les conditions climatiques ainsi que la qualité de certaines infrastructures – la base a été édifiée par les Américains en 1969 – sont des défis quotidiens. Les températures sous abri ont en effet pu atteindre près de 58 degrés au mois d’août. Pénible pour les hommes, la chaleur pose également des problèmes de gestion des matériels et des équipements, qu’il s’agisse du stockage ou du fonctionnement d’appareils sensibles aux températures extrêmes tels que les systèmes d’information et de communication. Le sable, qui infiltre les matériels, peut également compliquer leur maintenance. Quant aux tempêtes de sable, aussi violentes qu’imprévisibles, elles sont susceptibles de paralyser provisoirement l’activité de la base.

 

M. Alain Marty. Je compléterai l’intervention de Marie Récalde en citant quelques chiffres, qui permettent de comprendre l’activité de la base. Le taux de disponibilité des six appareils est supérieur à 90 %. Chaque avion réalise en moyenne 72 heures de vol par semaine – contre 21 heures sur le territoire national –, soit 4 300 heures de vol en dix mois. Dans le même temps, l’escadrille La Fayette, par exemple, qui compte 23 appareils, en réalisent 5 000. Nous avons pu constater également des tensions sur les matériels, notamment les pods de désignation laser et les jumelles de vision nocturne.

Les hommes souffrent de la fatigue. Le contrat opérationnel exigeant couplé à des vols longs – cinq heures en moyenne – mobilise durablement les personnels navigants ainsi que les équipes au sol chargées de la maintenance et de la préparation des opérations. Grâce aux efforts considérables qui ont été réalisés cette année, les infrastructures de vie sont désormais de bonne qualité et permettent de vivre sur la base de façon assez satisfaisante en dépit du contexte difficile.

J’insiste sur le stress lié à la situation tactique. Compte tenu des théâtres d’engagement, il n’existe en effet aucune zone sûre en cas d’éjection des équipages. Or, les Mirage 2000 étant mono-réacteurs, la crainte d’une panne compromettant le vol est en permanence présente à l’esprit. Nous avons abordé ces sujets avec l’ensemble des personnels, dont le courage force l’admiration. J’ajoute que les ressources humaines sont dimensionnées au plus juste, puisque 230 personnes, dont dix équipages et 68 mécaniciens, font voler les six appareils. Certaines spécialités transverses sont ainsi assurées par une seule personne.

En conclusion, je veux dire combien nous avons été impressionnés par le professionnalisme de nos militaires, leur sens de l’engagement et leur détermination. Leur participation à des missions très dangereuses dans le cadre de cette OPEX complète les efforts fournis sur le territoire national pour assurer la sécurité de notre pays. Cette mission parlementaire est la première à s’être rendue sur cette base, il est vrai récente puisqu’elle n’a qu’un an, et je vous remercie, madame la présidente, de nous avoir permis de faire ce déplacement. Je crois pouvoir dire que les personnels, que nous avons assurés du soutien de notre commission et de l’Assemblée nationale, ont été sensibles à notre démarche. Nous tenons d’ailleurs à adresser tous nos remerciements au colonel commandant la base pour sa remarquable disponibilité ; il nous a permis de rencontrer l’ensemble des personnels présents, auxquels nous voulons exprimer une fois de plus notre admiration et notre reconnaissance.

 

Général André Lanata. Je vous remercie de vous être rendus en Jordanie et je transmettrai aux personnels les compliments que vous leur avez adressés. Je salue également leur engagement remarquable dans des conditions éprouvantes. C’est paradoxalement dans de telles situations que nos hommes sont heureux, car leur mission a un véritable sens. Ils parviennent toujours, du reste, à résoudre les difficultés qu’ils rencontrent, du moins celles qui ne relèvent pas des états-majors centraux. C’est sur ce point que je souhaite revenir.

Le taux de disponibilité est en effet de 90 %, car nos dispositifs en opération sont prioritaires, ce qui induit des difficultés de gestion en métropole. Il convient, du reste, de distinguer la suractivité, qui touche à la mise en condition des personnels, et la surintensité, qui affecte les équipements. S’agissant des personnels, la suractivité produit un déséquilibre entre les équipages qui sont en opération et ceux qui restent en métropole et qui volent moins. C’est notamment le cas des plus jeunes, qui ne sont pas encore suffisamment qualifiés pour partir sur des théâtres d’opérations exigeants comme celui de la Jordanie. Nous cherchons donc des solutions pour qu’ils puissent continuer à s’entraîner et à progresser régulièrement afin de pouvoir partir à leur tour sur des théâtres où ils pourront acquérir l’indispensable expérience opérationnelle. Quant à la surintensité, nous cherchons à la compenser en nous efforçant de régénérer nos équipements – je pense en particulier aux avions. Tel est l’objet de certaines dispositions de la loi d’actualisation de la LPM, dans le cadre de laquelle nous avons également réclamé l’acquisition de pods de désignation laser et de jumelles de vision nocturne (JVN) supplémentaires. L’actualisation de la LPM vise en effet à ajuster la trajectoire à l’effort que nous réalisons en opération.

Par ailleurs, j’ai bien conscience de la situation tactique et des dangers inhérents au survol d’une zone hostile. C’est la raison pour laquelle nous accordons une attention particulière à la capacité de sauvetage en zone hostile, qui est aujourd’hui principalement assurée par les Américains sur les théâtres syrien et irakien. Nous sommes en effet parfaitement conscients des conséquences humaines et politiques de l’éventuelle capture d’un équipage.

Nous disposons de deux bases aériennes à partir desquelles opérer sur ce théâtre : l’une est en Jordanie, la base aérienne projetée que vous avez évoquée. L’autre, aux Émirats arabes unis, souligne la pertinence de notre dispositif pré-positionné. Bien entendu, la base des EAU est plus éloignée, mais, pour éviter la dispersion de nos stocks, qui constitue une contrainte importante dans la tenue de nos dispositifs, nous avons préféré maintenir la cohérence des flottes. Ainsi, la base des EAU accueille exclusivement des Rafale et celle de Jordanie des Mirage 2000.

 

M. Alain Marty. Nous avons assisté au départ d’une patrouille et nous avons été touchés par la cohésion qui règne au sein de l’équipe.

J’en viens maintenant à mes questions, général. Comment l’armée de l’air va-t-elle gérer dans la durée l’extension de l’opération Chammal au territoire syrien, compte tenu des conditions opérationnelles difficiles pour les hommes et les matériels que nous venons de décrire ? En ce qui concerne la base, cette extension pourra-t-elle s’effectuer à moyens constants ou la BAP est-elle appelée à « monter en puissance » ?

 

Mme Marie Récalde. La BAP accueille actuellement des Mirage 2000D et 2000N. Les exigences opérationnelles relatives aux OPEX permettront-elles de maintenir le calendrier de passage au « tout Rafale » ou certains appareils devront-ils être maintenus en service plus longtemps – je pense en particulier aux Mirage 2000N ?

Par ailleurs, le programme « Cognac 2016 », devenu FOMEDEC, nous avait été présenté par votre prédécesseur. Le maintien d’une préparation opérationnelle différenciée, qui permet de disposer d’un premier cercle de forces employables avec un très haut niveau de réactivité, est important et salué, mais le rythme actuel des OPEX, qui créé un besoin accru de MCO, permet-il de maintenir ces objectifs ?

 

M. Christophe Guilloteau. Je m’associe, mon général, à l’hommage que vous avez rendu à votre prédécesseur, qui est parti pour Norfolk – et c’est une chance pour la France –, car il a beaucoup fait pour l’armée de l’air. Pouvez-vous nous dire où nous en sommes du projet FOMEDEC, qui est important et structurant pour l’armée de l’air française ?

 

M. Jean-Jacques Candelier. Airbus aurait pris du retard dans la livraison des A400M, prévue en 2015. En outre, ces avions ne seraient pas dotés des capacités de largage de parachutistes par les portes latérales et de ravitaillement des hélicoptères en vol. Qu’en est-il exactement et qu’est-il prévu pour 2016 ? Par ailleurs, la France multipliant les opérations extérieures, notre aviation est très sollicitée. Avons-nous réellement les capacités aériennes nécessaires et les moyens de nos ambitions à moyen et long terme ? Le conflit qui nous oppose à l’EI ne se terminera pas en quinze jours. Enfin, partisan de la parité à tous les niveaux, je souhaiterais connaître le pourcentage d’aviatrices parmi les pilotes de chasse.

 

M. Yves Fromion. Est-il arrivé, au cours des dernières opérations, que nos équipages soient visés par des missiles antiaériens ou la réaction ennemie s’est-elle limitée à l’emploi d’armes légères ? Deuxièmement, en quoi l’actualisation de la LPM, qui semble avoir surtout bénéficié à l’armée de terre, améliore-t-elle la situation de l’armée de l’air ?

 

M. Joaquim Pueyo. En tant que président du groupe d’amitié France-Émirats arabes unis, j’ai visité, il y a un an et demi, lors du voyage officiel du président de la République, la base interarmées d’Abou Dhabi. Lorsque je l’ai rencontré, le ministre des Affaires étrangères des EAU m’a beaucoup parlé de cette base. Les Émirats sont en effet très actifs dans la lutte contre Daech, et le ministre m’a semblé attentif aux relations que pourraient avoir, dans ce cadre, l’aviation française et celle des Émirats, qui est composée de bons éléments et qui intervient actuellement au Yémen. Quelle est votre position sur ce point ? Par ailleurs, je souhaiterais savoir si les effectifs présents sur la base de Jordanie vous paraissent suffisants. Permettent-ils d’assurer la formation et le roulement des personnels ? Des renforcements sont-ils envisagés du fait des perspectives offertes par l’actualisation de la LPM ? Enfin, l’entretien du matériel et le budget prévu vous paraissent-ils également suffisants ? J’ai eu le sentiment, en vous écoutant, que nous étions sur la bonne voie en ce domaine…

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Ma première question porte sur l’éventuel report de la réalisation du projet FOMEDEC. Le général Mercier nous avait indiqué que ce projet permettrait d’économiser environ 100 millions par an. Ce retard signifie-t-il que le montant de ces économies devra être revu à la baisse ?

Ma seconde question concerne le dépyramidage. Vous avez indiqué qu’en 2015, vous aviez atteint le maximum de ce qu’il était possible de faire. Estimez-vous, compte tenu des opérations extérieures dans lesquelles vous êtes engagés, que les objectifs qui vous ont été fixés dans la LPM sont difficiles à atteindre ?

 

Général André Lanata. De nombreuses questions ont trait à notre capacité à durer. Aujourd’hui, j’estime, madame Récalde, qu’avec les six mirages 2000D et les six Rafale dont nous disposons, notre dispositif est adapté aux opérations menées au Levant. Mais il est bien évident que si celles-ci devaient s’intensifier, il nous faudrait l’ajuster. Dans les domaines où nous avons traditionnellement besoin de nos alliés, c’est-à-dire le ravitaillement en vol et la surveillance, il nous faudrait également adapter nos capacités. Pourquoi avons-nous engagé des Mirage 2000N en Jordanie – ainsi, d’ailleurs, que des Mirage 2000C au Sahel ? Nous nous sommes aperçus que les unités de Mirage 2000D étaient trop sollicitées – le taux d’engagement était de l’ordre de 50 % – pour que nous puissions poursuivre cet engagement dans la durée : nous aurions « rincé » les unités, non pas tant au plan technique qu’au plan humain. Nous avons donc allégé la pression sur les unités de Mirage 2000D en proposant la mise à disposition de Mirage 2000N de manière à organiser des patrouilles mixtes.

Pour remédier aux tensions que connaît la flotte des Mirage 2000, qui sont très sollicités, nous avons pris la décision, dans le cadre de l’actualisation de la LPM, de prolonger des Mirage 2000C, autant pour répondre aux besoins de nos opérations que pour compenser le potentiel consommé par l’accompagnement du soutien export de la flotte Rafale, puisqu’une partie des heures de vol de cette dernière est consacrée à la formation des équipages des pays clients de cet équipement.

Pour durer, la rénovation du Mirage 2000D est donc absolument nécessaire, car c’est cette flotte pivot qui nous permet de garantir le format de l’armée de l’air et notre capacité à tenir nos opérations dans la durée. Aujourd’hui, la cible de ce programme d’armement est de 45 avions rénovés, sachant que nous disposons de 71 avions en parc. Si les opérations devaient s’intensifier ou durer très longtemps, nous aurions donc toujours la possibilité de rénover davantage de Mirage 2000D. La rénovation de 10 Mirage 2000D supplémentaires permettrait en outre de prendre en compte l’attrition sur la période 2020-2032 pour maintenir 185 avions de chasse en parc au sein de l’armée de l’air.

J’en viens au projet FOMEDEC, qui a fait aussi l’objet de plusieurs questions. Ce projet participe également de notre capacité à durer et de la modernisation de nos capacités. De fait, les objectifs que nous poursuivons sont multiples en la matière. Il s’agit, en premier lieu, de moderniser la formation des pilotes de chasse. Cette modernisation est rendue nécessaire par le fossé important qui existe actuellement entre les Alpha Jet employés au début de la formation et la génération du Rafale. L’Alpha Jet est en effet un avion des années 1980 ; il ne dispose donc pas d’un système d’armes nous permettant de former correctement nos pilotes de chasse. Mais la modernisation de la formation participe d’une transformation beaucoup plus complète qui combine, outre le remplacement des Alpha Jet par une flotte plus économique, une adaptation de notre modèle RH – qui devrait permettre de réaliser des gains sur la plateforme de Tours et le soutien des Alpha Jet –, une restructuration – grâce au basculement de l’activité de Tours sur Cognac – et une évolution vers le nouveau format de l’aviation de chasse tel qu’il est prévu dans la LPM, en permettant la création d’un deuxième cercle d’équipages qui renforcera le premier si celui-ci est trop sollicité en opération.

Pour ce faire, nous prévoyons un dispositif qui inclut la formation des pilotes de chasse et la préparation opérationnelle du deuxième cercle d’équipages. Il s’agit, non pas de les former ab initio sur ce nouveau type d’appareils, mais, une fois qu’ils auront une expérience opérationnelle en unité de combat, de les maintenir à niveau grâce à une activité équilibrée comprenant 40 heures de vol par an sur avion de combat et le reste sur ces appareils modernisés qui leur permettront de se remettre à niveau pour être engagés sur les théâtres d’opérations. Ce deuxième cercle devrait être composé d’une cinquantaine d’équipages.

J’ajoute, pour être complet sur ce chapitre, que ce dispositif exige que nous nous appuyions sur des appareils plus modernes, qui embarqueront de la simulation représentative d’un système d’armes moderne, et plus économiques. Tels sont les deux paramètres que l’armée de l’air a fait figurer dans son expression de besoins. L’appel d’offres est en cours : aujourd’hui, la balle est dans le camp de la DGA. Bien entendu, le plus tôt sera le mieux. L’armée de l’air envisageait initialement une mise en service en 2016, mais les discussions ont un peu traîné et la contractualisation est longue, en raison du montage que nous voulons réaliser. En effet, cette contractualisation ne concerne pas que l’acquisition des équipements : nous achetons également la prestation permettant de produire les heures de vol sur la base de Cognac. Je pense aujourd’hui que la mise en service opérationnelle aura lieu au plus tard en 2018. Je précise que nous avons compensé au mieux, dans le cadre des travaux de VAR, le delta financier afin d’intégrer le retard du programme. J’espère que les premiers appareils seront livrés en 2017. Enfin, le chiffre de 100 millions d’économies annuelles réalisées sur l’ensemble des périmètres – RH, heures de vol et carburant – est exact.

M. Candelier m’a interrogé sur le programme A400M. Celui-ci a en effet rencontré des difficultés dont la presse s’est fait l’écho. La DGA a engagé un dialogue direct avec Airbus, car nous avons un impérieux besoin de renforcer notre capacité dans ce domaine. Initialement, nous devions recevoir quatre avions en 2015 ; en raison des capacités de production d’Airbus, seuls deux avions seront livrés à l’armée de l’air en 2015, portant notre flotte à huit avions. En tout état de cause, il nous a été garanti que ces livraisons seraient rattrapées d’ici à 2018. Par ailleurs, les premiers A400M n’ayant pas été livrés aux standards tactiques définitifs de l’appareil, il a été convenu avec Airbus que ceux-ci seraient rattrapés à partir de 2016, date à laquelle serait livré le premier avion disposant de toutes les capacités, y compris l’aéro-largage de parachutistes et le largage de charges – l’autoprotection et l’atterrissage sur terrain sommaire constituent également deux capacités essentielles pour faire de cet avion un véritable avion tactique. Aujourd’hui, l’industriel nous dit pouvoir être au rendez-vous en 2016 pour ce qui est des standards tactiques et être capable de « rétrofiter » des appareils qui nous auront déjà été livrés, de manière à ce que l’armée de l’air dispose de six avions avec leurs capacités tactiques avant la fin 2016. Nous attendons une confirmation : une discussion sur ce point est en cours entre la DGA et Airbus.

Pour être complet sur cette capacité de transport tactique, qui est essentielle en particulier au Sahel, où il faut ravitailler des forces stationnées aux confins du désert, je précise que nous nous appuyons sur des A400M en phase de maturation opérationnelle, d’une flotte vieillissante de C-160, dont les coûts d’exploitation augmentent, et d’un noyau de C-130, qui constitue en quelque sorte notre flotte pivot. Mais certains de ces avions sont également âgés. C’est pourquoi nous avons demandé, dans le cadre de l’actualisation de la LPM, l’acquisition de quatre C-130 supplémentaires. Aujourd’hui, deux options sont à l’étude : la première consisterait à acquérir des avions d’occasion, mais ces derniers sont bien souvent relativement vieux, la seconde à acquérir des avions neufs aux États-Unis. Nous pourrions ainsi moderniser cette capacité, que j’estime par ailleurs pérenne car, du point de vue de l’armée de l’air, une bonne structure de force pour les capacités de projection doit comprendre des cargos stratégiques de type A400M et des cargos médians de type C-130, qui porteraient par ailleurs la mission des forces spéciales, les deux flottes étant, il est important de le souligner, complémentaires.

Quant à notre capacité à durer sur le long terme, c’est une question que je me pose. J’estime que l’actualisation de la LPM nous permet de nous adapter à l’intensité des opérations. Nous estimons pouvoir durer au rythme d’engagement actuel–, mais si les opérations devaient encore s’intensifier, il faudrait procéder à de nouveaux ajustements.

En ce qui concerne la féminisation de l’armée de l’air, je peux vous indiquer que les femmes représentent 6 % du personnel navigant, 11 % des mécaniciens et 34 % des soutiens, pour un total supérieur à 20 %.

Par ailleurs, les avions en opération ont essuyé surtout des tirs de petit calibre en République Centrafricaine, dans le cadre de l’opération Sangaris. En revanche, au Levant, sur le théâtre Chammal uniquement, ainsi qu’en Libye en 2011 et en Afghanistan, des tirs de missile ont été détectés par les systèmes d’armes des avions.

Quant à l’actualisation de la LPM, elle visait à assurer notre capacité à durer, d’une part, sur le territoire national, d’où un effort portant principalement sur les effectifs de l’armée de terre, et, d’autre part, sur les théâtres d’opérations extérieures, d’où une série d’ajustements qui ont apporté, pour les trois armées, une réponse que nous avons estimée équilibrée, dans la limite de l’effort budgétaire possible, entre les effectifs, les équipements et le maintien en condition de ces derniers pour garantir leur régénération dans la durée. Il s’agit d’une réponse ciblée nous permettant de durer en opération.

En ce qui concerne les effectifs de l’armée de l’air, l’actualisation de la LPM a prévu une moindre déflation de 1 300 postes, qui permet principalement d’améliorer la situation de nos effectifs dans certains domaines : drones, protection, commandement et contrôle et soutien à l’export. Quant aux équipements, il s’agit de pods de désignation laser, d’équipements destinés aux forces spéciales, de C-130 et de leurs missiles. Surtout, un peu moins que la moitié de l’enveloppe de 500 millions dédiée au MCO est directement consacrée à l’entretien des matériels aéronautiques et nous permettra d’accélérer la régénération de certains équipements, en particulier pour les flottes de transport et de chasse, et, dans une moindre mesure, pour le ravitaillement en vol.

L’actualisation de la LPM est donc une réponse à la capacité à durer de l’armée de l’air, compte tenu contexte sécuritaire et opérationnel actuel.

En ce qui concerne la base d’Abou Dhabi, je partage, monsieur Pueyo, l’appréciation que vous portez sur le partenariat privilégié que nous avons avec les EAU et leurs autorités militaires, qui font preuve d’un niveau opérationnel remarquable. Je sais que mon prédécesseur entretenait d’excellentes relations avec ses homologues émiratis – que je rencontrerai en novembre – et je compte bien maintenir ces contacts pour bâtir un partenariat avec les autorités de ce pays.

 

M. Joaquim Pueyo. Je précise que l’ambassadeur de France aux Émirats est, depuis quelques mois, un général, très proche du gouvernement de la fédération.

 

Général André Lanata. S’agissant du dépyramidage, je considère en effet que nous avons atteint une limite. En conséquence, les marges de manœuvre ne peuvent être trouvées que dans le cadre d’une redéfinition du partage de la charge au sein du ministère ou en prenant de nouvelles mesures concernant la restructuration de notre dispositif. Une très grande partie de ces officiers se trouve en effet actuellement en dehors de l’armée de l’air. Il faudrait donc, le cas échéant, que nous entamions des discussions avec les organismes qui les emploient.

 

M. Philippe Meunier. Lorsque nous sommes intervenus en Serbie, deux pilotes de Mirage 2000 se sont éjectés en zone de combat. Si tel devait être le cas en Syrie, quel serait le statut de nos pilotes dans la zone tenue par le gouvernement légal ?

 

Général André Lanata. En Syrie – je compléterai ma réponse, si besoin est, en interrogeant les personnes en charge des opérations –, nous intervenons principalement pour cibler des objectifs liés à Daech, donc situés en dehors des zones contrôlées par le gouvernement légal. Aussi l’éventualité d’une éjection est-elle une véritable préoccupation. À cet égard, les capacités de recherche et de sauvetage en zone de combat sont centrales, pour des raisons humaines et politiques. C’est pourquoi nous attachons de l’importance au développement de cette capacité. Je précise cependant que le Rafale est un biréacteur, ce qui réduit les possibilités d’une éjection en zone hostile.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Général, je vous remercie.

La séance est levée à dix-huit heures.

*

* *

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Daniel Boisserie, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Jacques Candelier, M. Guy Chambefort, M. David Comet, Mme Marianne Dubois, M. Yves Fromion, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Bruno Le Roux, M. Alain Marleix, M. Alain Marty, M. Philippe Meunier, M. Joaquim Pueyo, Mme Marie Récalde, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Michel Voisin

Excusés. - Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-David Ciot, M. Guy Delcourt, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Yves Foulon, M. Serge Grouard, M. Éric Jalton, M. Charles de La Verpillière, M. Frédéric Lefebvre, M. Maurice Leroy, M. Damien Meslot, M. Jean-Claude Perez, M. Alain Rousset, M. François de Rugy

 

Télécharger Audition du général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air, sur le projet de loi de finances pour 2016

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:55
 Rafale -photo Armée de l'Air

Rafale -photo Armée de l'Air

 

05.10.2015 source Armée de l'Air / France3

De belles images embarquées d'une mission d'entraînement au tir et au combat avec les Rafale du Régiment de Chasse 2/30 Normandie Niémen.

 

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:55
Défense : HeliDax, enfin un PPP gagnant-gagnant

Sur les 36 hélicoptères, 32 sont disponibles tous les matins pour les élèves de l'EALAT et 100% des moyens demandés par l'école ont été fournis", explique à La Tribune le PDG de DCI, Jean-Michel Palagos - photo DCI

 

14/10/2015 Par Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

HeliDax a fêté le franchissement de la barre des 100.000 heures de vol en cinq ans d'exploitation. Sa flotte de 36 hélicoptères Colibri (H120) est dédiée à la formation de base des pilotes des trois armées et de la gendarmerie.

 

Et si HeliDax était un cas d'école. Dans le maquis des Partenariats publics-privés (PPP) qui plombent le budget de l'État, la filiale à 50-50 entre DCI (Défense Conseil International) et INAER Helicopter France, est l'arbre qui cache la forêt. Implanté sur le site de l'école de l'aviation légère de l'armée de Terre (EALAT) à Dax, HeliDax a d'ailleurs fêté mardi le franchissement de la barre des 100.000 heures de vol en cinq ans d'exploitation. Sa flotte de 36 hélicoptères Colibri (H120) est dédiée à la formation de base des pilotes des trois armées et de la gendarmerie.

D'une durée de 22 ans, ce PPP est le premier contrat de ce type, qui avait été signé en 2008 par le ministère de la Défense. Selon un rapport de la Cour des comptes, publié en 2011, des loyers annuels d'un montant maximal d'environ 24 millions à partir de 2012 seront versés par l'État pendant vingt ans. La formation reste, en revanche, assurée par des instructeurs de l'armée. Selon DCI, HeliDax enregistre un chiffre d'affaires annuel de 23 millions d'euros.

 

Un succès gagnant-gagnant

Pourquoi HeliDax est-il est un succès ? "Sur les 36 hélicoptères, 32 sont disponibles tous les matins pour les élèves de l'EALAT et 100% des moyens demandés par l'école ont été fournis", explique à La Tribune le PDG de DCI, Jean-Michel Palagos. Il précise également que la flotte d'HeliDax a un taux de disponibilité de 90% pour environ 20.000 heures de vols par an. "C'est un très beau succès", assure-t-il. "Notre flotte d'hélicoptères, avec poste de pilotage numérique, permet aux élèves de se préparer aux interfaces des hélicoptères modernes (Tigre, NH 90 Caïman)", rappelle-t-il. Ainsi depuis mai 2010, les appareils d'HeliDax ont participé à la formation de plus de 500 élèves pilotes et moniteurs issus des trois armées.

Selon le commandant de la base école de l'ALAT, le colonel Benoit Cirée, cité dans le premier communiqué du groupe DCI publié mardi, "l'externalisation des heures de vol et de la maintenance associée à la formation par les moniteurs militaires, cœur de métier de l'EALAT est bien un modèle de performance. Cette combinaison est un atout majeur pour préparer les pilotes de combat de demain aux hélicoptères de nouvelles générations. Je suis ravi du succès de ce partenariat que beaucoup considèrent avec intérêt".

En outre, HeliDax met à disposition lors des heures de substitution, notamment en été, les Colibri pour des missions de sécurité (feu de forêts...). Grâce à ses infrastructures, la société de services fournit entre autre des prestations de maintenance d'hélicoptères (moteur, avionique et structure) ainsi qu'une assistance à l'achat d'appareils. Ce qui lui procure des revenus tiers que HeliDax et l'État se partagent, précise Jean-Michel Palagos. En 2015, le nombre d'heures de vol de substitution devrait s'élever à 3.500 heures en 2015 et il est prévu 4.200 heures en 2016.

 

HeliDax parie sur les revenus tiers

Jean-Michel Palagos parie de plus en plus sur les revenus tiers en misant sur la formation de pilotes étranger. HeliDax a déjà commencé à former des pilotes belges et nigériens. Dans ce contexte de croissance, DCI a annoncé mardi l'acquisition de trois premiers hélicoptères pour son Centre International de Formation Hélicoptère (CIF-H), basé sur les sites de l'EALAT à Dax et au Luc-en-Provence et créé en février 2015. Le premier appareil devrait être en ligne de vol dès la fin 2015 et les deux autres au cours du premier semestre 2016. Ces trois hélicoptères voleront sous les couleurs de DCI.

"Cette acquisition répond à la très forte demande de pays amis de la France dans le domaine de la formation initiale technique et tactique des pilotes d'hélicoptère. Les besoins du CIF-H s'élèvent pour la seule année 2016 à environ 3.000 heures de vol", a expliqué un deuxième communiqué de DCI.

En 2015, le CIF-H devrait former 14 pilotes koweïtiens, puis 14 autres en 2016, précise à La Tribune Jean-Michel Palagos, qui croit au "potentiel" de cette école. Le Brésil et le Gabon seraient par ailleurs intéressés par la création d'une école, à l'image de celle du Qatar. Cet émirat a lancé en 2011 avec DCI une école de formation de pilotes d'hélicoptères militaires à Doha, dont le soutien des hélicoptères est fondé sur le modèle d'HeliDax.

 

Un outil plus efficient

Selon DCI, le prix à l'heure de vol se situe en 2015 autour de 1.100 euros, contre environ 2.300 euros avant le contrat de PPP HeliDax. Des chiffres à prendre avec précaution en raison des différences entre comptabilité publique et comptabilité privée. "Cette différence de prix, du simple au double, s'explique essentiellement pour deux raisons, explique-t-on chez DCI : non seulement les nouveaux appareils consomment un tiers de carburant en moins mais en plus, ils nécessitent trois fois moins de maintenance que le parc antérieur". Et Jean-Michel Palagos de conclure, "nous rendons le même service avec 36 appareils qu'avec plus de 50 auparavant. HeliDax est plus efficient grâce à une organisation de la maintenance plus pertinente notamment".

Auparavant, l'EALAT de Dax qui assurait la formation initiale de 130 pilotes et 60 instructeurs par an, disposait d'une flotte de 53 hélicoptères Gazelle dont l'entretien et la mise en œuvre étaient assurés par un effectif de 175 personnes. Aujourd'hui HeliDax fonctionne avec plus de 50 personnes dédiées au management ainsi qu'à la logistique, la maintenance et à la navigabilité des appareils. Selon la Cour des comptes, le recours au PPP semble surtout se justifier par la possibilité offerte de disposer rapidement d'une flotte renouvelée, payée en 22 loyers annuels, ce qui était difficile en cas d'acquisition patrimoniale

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:55
Arrivée d'un E-3F sur le site d'AFI KLM E&M à Roissy - photo Armée de l'Air

Arrivée d'un E-3F sur le site d'AFI KLM E&M à Roissy - photo Armée de l'Air

 

13/10/2015 Sources : BA 702 - Armée de l'air

 

Et de 4! Le quatrième et dernier E-3F, l’appareil numéroté n° 203, a quitté lundi 12 octobre 2015 la base aérienne 702 d’Avord pour les ateliers d’Air France Industries KLM Engineering and Maintenance (AFIKLM E&M) localisé sur l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

 

Sur place, un chantier de plusieurs mois l’attend pour être mis au tout dernier standard technologique appelé Mid-Life Upgrade (MLU).

 

Démarré en mai 2013, le chantier MLU fait l’objet d’un contrat FMS (Foreign Military Sale) conclu entre la direction générale de l’armement et les autorités américaines. Dans le cadre de cette rénovation, l’armée de l’air a donc coopéré étroitement avec l’US Air Force, ainsi qu’avec un binôme industriel constitué de Boeing et d’AFIKLM E&M.

 

La modernisation du 4e système de détection et de contrôle aéroportés (SDCA) marque la fin de carrière des SDCA originels (appelés Legacy) qui ont servi pendant 25 ans.  Cet événement concrétise également le travail collectif mené au sein de la 36e escadre et de la base aérienne 702 d’Avord qui abritera désormais le plus haut standard de la technologie existante Awacs.

 

Sur MLU, l’ensemble du système de mission est revisité, avec notamment de nouvelles interfaces homme-machine, ainsi que de nouvelles consoles permettant de disposer de l’information tactique à chaque instant et de transmettre les ordres à tous les vecteurs engagés, notamment via des réseaux de liaisons de données puissants et robustes.

 

Prononcée le 17 avril dernier, la mise en service opérationnel de ce nouvel avion a permis l’envoi d’un E-3F dès le lendemain vers le théâtre d’opération irakien dans le cadre de l’opération Chammal.

 

E-3F en chantier de modernisation - photo Armée de l'Air

E-3F en chantier de modernisation - photo Armée de l'Air

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 07:55
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

 

12/10/2015 Armée de l'air

 

Le 8 octobre 2015, le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA) a réalisé sa première visite officielle sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan.

 

Le chef d’état-major de l’armée de l’air l’avait annoncé : « J’irai à la rencontre du personnel de l’armée de l’air ». Deux semaines après sa prise de fonction officielle, c’est chose faite. Le général Lanata a commencé son parcours des bases aériennes. Sur la plateforme landaise, le CEMAA est allé au contact des aviateurs de la 30e escadre, du régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niemen » et du centre d’expertise aérienne militaire. Sans oublier les unités « protection défense », avec l’escadron de protection et la brigade de la gendarmerie de l’air. « La protection de la base est l’affaire de tous », a-t-il souligné.

 

Dans un deuxième temps, le général Lanata a souhaité s’entretenir avec l’ensemble des acteurs de la condition du personnel convié à une table ronde. À cette occasion, le nouveau CEMAA a confirmé son intention de poursuivre le plan « Unis pour Faire Face » initié par son prédécesseur, le général Denis Mercier.

photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 07:55
Le général Jean-Paul Paloméros quitte le service actif après 42 ans au service de la France

Le général Jean-Paul Paloméros quitte le service actif après 42 ans au service de la France

 

12/10/2015 Armée de l'air

 

Le 9 octobre 2015, le général Jean-Paul Paloméros a fait son adieu aux armes dans la cour d’honneur de l’École militaire. La cérémonie était présidée par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

Admis à l’École de l’air le 10 septembre 1973, Jean-Paul Paloméros est breveté pilote de chasse le 23 juin 1977. Il débute sa carrière opérationnelle au sein de l’escadron de chasse « Vendée » sur la base aérienne 115 d’Orange, puis dirige l’escadron « Picardie » à Cambrai et participe activement à l’opération Épervier. « Meneur d’hommes, galvanisé par sa vocation aéronautique, il excelle et obtient la totale adhésion et la confiance des aviateurs », a souligné le ministre.

 

Après une année d’études en Grande-Bretagne, couronnée par le Curtis Prize, prix d’excellence décerné par le chef d’état-major de l’armée de l’air britannique, le général Paloméros rejoint successivement le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes et l’état-major de l’armée de l’air. « Ses nombreuses participations sur les théâtres extérieurs  (…) confirment son leadership dans les milieux interarmées et interalliés. » En 1996, il prend le commandement de la base aérienne 120 de Cazaux. « Il s’investit dans la création d’un escadron de formation de l’armée de l’air singapourienne, fédère l’ensemble de son personnel et gagne l’estime des civils et militaires qui le côtoient. »

 

Promu général de brigade aérienne le 1er septembre 2001, Jean-Paul Paloméros n’aura de cesse d’évoluer au plus haut niveau de la hiérarchie militaire.  Major général de l’armée de l’air en 2005, il est nommé chef d’état-major de l’armée de l’air par le président de la République le 25 août 2009. « Dans cette haute fonction, il garantit la préparation opérationnelle de l’armée de l’air, conforte son statut de puissance aérienne de tout premier rang et veille à promouvoir l’arme aérienne comme outil stratégique majeur. »

 

Pour couronner ce parcours hors du commun « qui lui confère une crédibilité sans faille sur le plan international », il est designé le 28 septembre 2012 pour occuper les fonctions de commandant suprême allié pour la transformation de l’Otan à Norfolk, en Virginie. Général français commandant aux États-Unis, il contribue au renforcement constant du lien transatlantique.

 

Grand officier de la Légion d’honneur, titulaire de la médaille aéronautique, totalisant plus de 4100 heures et 86 missions de guerre, le général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros « symbolise l’exemple du chef accompli incarnant les plus nobles vertus militaires ».

 

« Mon général, l’hommage que je vous rends est celui de la France à l’un de ses plus loyaux serviteurs », peut-on lire dans l’ordre du jour signé du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 16:55
Catherine Roch reçoit le prix du ministre de la défense au Salon officiel des peintres de l'Air

 

12/10/2015 Sources : SGA/DMPA

 

Retrouvez l'ensemble des œuvres exposées dans le cadre de la 9e édition de ce salon qui se tient jusqu'au 27 novembre 2015 au musée de l'Air et de l'Espace.

 

Le salon présente des œuvres traitant des multiples composantes aériennes de l’armée française. Elle a pour objectif de mettre en avant les principales missions de l’aviation militaire française, ses métiers, ainsi que ses évolutions technologiques regroupées en neuf séquences.

Capitaine Georges Madon, combats aériens, 1917 (huile sur toile 150x50 cm) - Catherine Roch de Hillerin

Capitaine Georges Madon, combats aériens, 1917 (huile sur toile 150x50 cm) - Catherine Roch de Hillerin

Parmi les prix et récompenses remis cette année, le prix du ministre de la défense a été décerné à Catherine Roch pour son évocation des combats aériens de la Grande Guerre dans une œuvre intitulée "Capitaine Georges Madon, combats aériens, 1917"  (huile sur toile 150x50 cm). Elle rend hommage à Georges Madon, pilote de chasse français qui s’est illustré pendant toute la durée du conflit, en menant des missions de reconnaissance aérienne et des combats aériens. Décédé en 1924 lors d’une démonstration aérienne, Georges Madon a marqué durablement l’histoire de l’aviation militaire française. Ainsi, la base aérienne 702 d’Avord porte son nom.

Née en 1964, Catherine Roch de Hillerin est attirée très tôt par les arts et plus particulièrement par la littérature et le théâtre. Après un parcours universitaire riche et varié, elle enseigne les lettres au collège et au lycée pendant près de dix ans. Des rencontres avec différents artistes l’orientent au début des années 2000 vers le dessin et la peinture, qu’elle pratique ensuite de manière intensive. Ainsi, Catherine Roch fréquente les ateliers de la ville de Paris et ceux de l’école d’Étampes. Cette école de peinture, caractérisée par la présence aiguë de la lumière dans ses œuvres et par des sujets le plus souvent figuratifs, avec un graphisme influencé par l’abstraction, marque profondément l’œuvre de Catherine Roch. Pour qualifier son travail, elle emprunte l’expression du peintre Maurice Denis "un ensemble de formes et de tons en un certain ordre agencé". Catherine Roch expose régulièrement ses œuvres lors de salons et dans les galeries depuis près de dix ans. Elle a été nommée peintre agréée des armées, spécialité peintre de l’air et de l’espace en 2013.

 

Salon officiel des peintres de l'Air

Du 16 septembre au 29 novembre 2015

Musée de l'Air et de l'Espace
Aéroport de Paris - Le Bourget
93352 Le Bourget

Métro : ligne 7 (station La Courneuve) - puis ligne de bus 152 (station Musée de l'Air et de l'Espace)

RER : ligne B (station Le Bourget) - puis ligne de bus 152 (station Musée de l'Air et de l'Espace)

Accès libre

 

Pour en savoir plus :

Musée de l'Air et de l'Espace : www.museeairespace.fr

Association des peintres officiels de l'Air et de l'Espace : http://peintresairespace.blogspot.fr

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 11:55
Les Groupes Lourds honorés sur la base aérienne 106 de Bordeaux

 

09/10/2015 Sources : Sirpa air / BA 106 - Armée de l'air

 

Les 70 ans du retour des Groupes Lourds d’Angleterre ont été commémorés, jeudi 8 octobre 2015, sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac.

 

Cette journée de commémoration a débuté par une cérémonie militaire solennelle, rendue en hommage aux vétérans et aux proches des groupes de bombardement II/23 «Guyenne» et I/15 «Tunisie», dits Groupes Lourds. Dix vétérans sur les douze toujours en vie avaient spécialement fait le déplacement.

 

À cette occasion, le colonel Christophe Michel, commandant la base aérienne 106 de Bordeaux, a procédé à la lecture d’un vibrant ordre du jour, saluant la mémoire des aviateurs français ayant combattu «au service de la France et de la liberté».

 

«Les 20 et 29 octobre 1945, les Groupes Lourds se posent sur le sol français, sur la base aérienne de Bordeaux-Mérignac. Ils constituent la 21eescadre de bombardement et sont dignement fêtés, le 26 novembre, sur la place des Quinconces, où la Croix de guerre vient orner leur drapeau. Sur une base aérienne sévèrement endommagée par les bombardements, le «Guyenne» et le «Tunisie» s’installent et appréhendent leur nouvelle mission. (...) Saluons ici nos Anciens dont la présence nous honore. Leur exemple est l’étoile qui nous guide sur le chemin de la réussite dans l’accomplissement de nos missions.»

 

Au terme de ce premier hommage, une cérémonie des couleurs était également organisée sur le tarmac de la base girondine. Pour l’occasion, deux Rafale de la 4e escadre de chasse de Saint-Dizier, entité héritière des traditions des Groupes Lourds, étaient disposés sur le parking bordelais.

 

Pour clore cette journée riche en célébrations, une rencontre a été organisée entre les vétérans, les 120 membres de l’association des anciens et des amis des Groupes Lourds, ainsi que 200 collégiens originaires de Mérignac. Après la projection de documentaires consacrés à l’histoire des groupes français, une série de questions-réponses a été entamée entre les jeunes élèves et les aviateurs français.

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:55
photo Ministère de la Défense

photo Ministère de la Défense

 

12.10.2015 par Ministère de la Défense

 

Dans toute forme de combat, surprendre son ennemi est un avantage considérable. Pour réussir cette phase délicate, il est impératif de s’approcher au plus près de son adversaire et de l’observer sans se faire repérer. Sur le terrain, le fantassin doit se fondre dans l’environnement ambiant. Il va devenir indécelable grâce au camouflage, l’art de la dissimulation.

 

Reportage photos

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 08:30
photo Armée de l'Air (archives)

photo Armée de l'Air (archives)

 

12 octobre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Amman - Des jihadistes français ont probablement été tués par des frappes françaises en Syrie, a-t-on indiqué lundi de source gouvernementale française, en marge d'une visite du Premier ministre Manuel Valls en Jordanie.

 

Les frappes françaises ont tué des jihadistes (en Syrie, ndlr). Il pourrait y avoir des jihadistes français, a déclaré une source gouvernementale. Le chiffre de six a été annoncé probablement par une ONG syrienne. A cette heure, nous ne pouvons rien confirmer, a-t-on précisé.

 

Interrogé par l'AFP, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG syrienne qui dispose d'un vaste réseau de sources dans ce pays en guerre, n'a pas pu confirmer qu'il y avait des Français parmi les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) tués lors des dernières frappes françaises.

 

La France a décidé de frapper Daech (un acronyme en arabe du groupe EI) au nom de la légitime défense puisque Daech prépare depuis la Syrie des attentats contre la France, avait souligné dimanche Manuel Valls qui effectue une tournée au Moyen-Orient.

 

Nous frappons Daech et tous ceux qui, au sein de Daech, quelles que soient leurs origines ou leurs nationalités, ont décidé de frapper la France et donc de frapper leur propre pays, avait poursuivi le Premier ministre devant la presse, en référence aux filières jihadistes françaises.

 

Ces filières concernent 1.700 personnes dont cinq à six cents sont en Syrie ou en Irak et y connaissent un nombre grandissant de décès, a-t-il indiqué.

 

Tous ceux qui rejoignent ces camps d'entraînement, tous ceux qui rejoignent Daech doivent savoir qu'ils peuvent demain être frappés. Nous ne demandons pas le passeport à telle ou telle personne mais nous frappons ceux qui préparent les attentats contre la France, avait-il poursuivi.

 

Dimanche, des sources au ministère de la Défense français avaient indiqué que le camp d'entraînement du groupe jihadiste Etat islamique visé par des raids aériens français en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi abritait des combattants français et francophones.

 

Cette présence de combattants étrangers avait été identifiée par le renseignement français, à travers notamment des interrogatoires de jihadistes liés à la Syrie.

 

Des chasseurs Rafale français ont visé pour la deuxième fois dans la nuit de jeudi à vendredi un centre d'entraînement de l'EI dans la région de Raqa (est de la Syrie), après une première frappe le 27 septembre sur un objectif de même nature.

 

Le Premier ministre a annoncé dimanche à Amman qu'il se rendrait lundi sur une base militaire jordanienne d'où décollent une partie des chasseurs français qui mènent des frappes aériennes contre l'EI en Syrie.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 08:30
photo Armée de l'Air (archives)

photo Armée de l'Air (archives)

 

11 octobre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Amman - Le Premier ministre français Manuel Valls a annoncé dimanche à Amman qu'il se rendrait lundi sur une base militaire jordanienne d'où décollent une partie des chasseurs français qui mènent des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

 

Nous aurons demain (lundi) l'occasion avec le ministre (français) de la Défense d'aller sur une base. (...) Nous partageons avec la Jordanie (...) les mêmes objectifs de paix, de sécurité et de stabilité pour la région, a déclaré M. Valls lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien Abdallah Nsour.

 

Il s'agit d'une base d'où partent des avions français qui mènent des frappes en Syrie, selon une source diplomatique française.

 

La France et la Jordanie sont engagées au sein de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis contre le groupe EI.

 

Paris a déployé en Jordanie des chasseurs-bombardiers qui participent à la campagne aérienne contre l'EI en Irak depuis plus d'un an, et en Syrie depuis quelques semaines.

 

La France a décidé de frapper Daech (un acronyme en arabe du groupe EI), au nom de la légitime défense puisque Daech prépare depuis la Syrie des attentats contre la France, a souligné Manuel Valls.

 

Nous frappons Daech et tous ceux qui, au sein de Daech, quelles que soient leurs origines ou leurs nationalités, ont décidé de frapper la France et donc de frapper leur propre pays, a poursuivi le Premier ministre devant la presse, en référence aux filières jihadistes françaises.

 

Ces filières concernent 1.700 personnes dont cinq à six cents sont en Syrie ou en Irak et y connaissent un nombre grandissant de décès, a-t-il indiqué.

 

Le nombre de ces tués s'établit à 136, a précisé Manuel Valls.

 

Nous ne frappons pas une nationalité en particulier. Nous frappons tous ceux qui aujourd'hui préparent des attentats contre la France, a précisé un peu plus tard Manuel Valls devant des journalistes.

 

Tous ceux qui rejoignent ces camps d'entraînement, tous ceux qui rejoignent Daech doivent savoir qu'ils peuvent demain être frappés. Nous ne demandons pas le passeport à telle ou telle personne mais nous frappons ceux qui préparent les attentats contre la France. Nous n'avons pas à ce stade à donner plus d'informations et plus d'explications, a-t-il poursuivi.

 

Le Premier ministre a indiqué par ailleurs qu'il n'y avait pas de consultations avec les Russes pour mener des frappes françaises en Syrie.

 

Les avions de la coalition volent dans un espace aérien de plus en plus encombré depuis le début de l'intervention russe le 30 septembre, avec des risques croissants d'incidents, même si les chasseurs russes opèrent surtout au nord et à l'ouest de la Syrie.

 

Manuel Valls s'envolera lundi pour l'Arabie saoudite, dernière étape de sa tournée régionale qu'il l'a conduit au Caire où s'est finalisée la vente de deux navires militaires Mistral.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 11:35
FANC : Exercice Mhãnüü 2015

 

09/10/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Du 28 septembre au 2 octobre 2015, les militaires des Forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) implantés sur la Base aérienne 186 (BA 186) Lieutenant Paul Klein ont conduit l’exercice Mhãnüü 2015 qui s’est principalement déroulé dans la région de Poum, au Nord de la Nouvelle-Calédonie, à 400 km de Nouméa.

 

Cet entraînement visait à entretenir la capacité opérationnelle de la base aérienne dans le cadre des missions réalisées par l’armée de l’Air au profit de l’armée de Terre, de la Société nationale de secours en mer (SNSM) et du Centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) de Nouméa. L’exercice, pour lequel une soixantaine de militaires a été déployée sur le terrain, a associé les moyens de la BA 186 (deux Puma, un Casa et l’escadron de protection), un groupe de combat du régiment d’infanterie de marine du Pacifique Nouvelle-Calédonie, des moyens humains et un camion avitailleur du service des essences des armées, une équipe du centre médical interarmées, des moyens de la SNSM et du MRCC. Lors de cet exercice, une base opérationnelle avancée aéromobile a été projetée dans la région de Poum. Cela a aussi été l’occasion pour les aviateurs de réaliser les missions et entraînements suivants : vols en formation de jour et de nuit, infiltration de nuit, levée de doute sur piste sommaire, posé d’assaut de jour et de nuit sur piste sommaire, largage de parachutistes de nuit, navigation tactique avec menace sol/air et largage de petits colis, recherche et secours sur terre et en mer avec la SNSM et évacuation sanitaire.

 

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 11:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

7 Octobre 2015 Marine nationale

 

Du 21 septembre au 2 octobre 2015, l’École de spécialisation sur hélicoptères embarqués (ESHE) a accueilli et formé à l’appontage 12 pilotes d’hélicoptères de provenance diverse (armée de Terre, armée de l’Air, Gendarmerie).

 

Ce stage, effectué sur hélicoptère Alouette III, a permis aux stagiaires d’être formé au survol maritime et aux techniques de treuillage, de VERTREP (vertical replenishment – ravitaillement vertical) et d’appontage sur petite plate-forme. Le travail de l’ensemble du personnel de l’escadrille 22S, techniciens et membres d’équipage, a permis de réaliser pendant ces 2 semaines plus de 90 heures de vol et 350 appontages. Avec ce certificat d’aptitude à l’appontage, les stagiaires peuvent désormais participer à des missions héliportées sur des bâtiments croisant sur toutes les mers du monde.

 

L’ESHE est située sur la base aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic, et a pour vocation de former les pilotes de la Marine nationale à l’appontage, avant qu’ils ne rejoignent leurs flottilles. Elle est également un passage obligé pour les pilotes des autres armées qui souhaitent embarquer ponctuellement sur un bâtiment de la Marine.

photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 16:55
Prix armée de l’air 2016 : vos écrits nous intéressent

 

09/10/2015 Sources : CESA - Armée de l'air

 

Chaque année, l’armée de l’air récompense les meilleurs mémoires traitant de l’« Air et espace » dans le cadre des prix « Clément Ader » et « René Mouchotte ».

 

Ces prix ont été créés afin d’encourager, de susciter et de promouvoir des études ou des travaux de recherche en relation avec les préoccupations de l’armée de l’air. Conduits dans les milieux universitaires, les instituts de recherche ou au sein du ministère de la Défense, ces travaux aborderont des questions de stratégie, d’histoire, d’emploi des forces, de ressources humaines, d’équipement ou de droit aérien.

 

Plus d'informations

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 16:45
photo J Marces - Armée de l'Air

photo J Marces - Armée de l'Air

 

09/10/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Du 24 septembre au 4 octobre 2015, un équipage mixte des Escadrons de transport (ET) 1/62 Vercors et 3/62 Ventoux, accompagné de mécaniciens de l’escadron de soutien technique aéronautique 2E.062 stationnés sur la base aérienne 110 de Creil, ont rejoint Djibouti à bord d’un CN235 pour une période d’entraînement logistique et tactique.

 

Cette instruction organisée sur la BA 188 visait à assurer le maintien en condition opérationnelle des équipages et la formation du personnel en menant des missions tactiques, en coopération avec différentes unités françaises stationnées à Djibouti.

 

Le programme d’entraînement prévoyait des exercices variés : atterrissages sur des terrains sommaires de jour comme de nuit, posés d’assaut avec l’escadron de protection 1G.188, aérolargages de petits colis, sauvetages aéroterrestre et aéromaritime dans le cadre des missions SAR (Search and rescue – recherche et sauvetage). Les militaires ont également réalisé des missions tactiques à plusieurs appareils, incluant du vol en formation avec le C160 de l’ET88 et des missions de Slow Mover Protection (protection d’aéronefs) avec les Mirage2000 de l’escadron de chasse 3/11.

 

Les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) apportent régulièrement un soutien logistique aux escadrons de transport de métropole qui viennent s’entraîner dans un environnement interarmées, exigeant et complexe. Djibouti, avec son climat chaud et ses paysages désertiques, s’apparente à de nombreux théâtres d’opérations actuels et présente un cadre d’entraînement très réaliste.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 11:30
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

09.10.2015 Romandie.com (ats)

 

L'Etat islamique (EI) s'est rapproché vendredi à l'aube de la métropole d'Alep, dans le nord de la Syrie. Il a chassé les rebelles d'une série de positions au nord de l'ancienne capitale économique du pays, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"L'EI n'a jamais été aussi proche de la ville d'Alep, c'est sa plus grande avancée vers" la deuxième ville de Syrie, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'ONG proche des rebelles, qui affirme disposer d'un large réseau de sources à travers le pays en guerre.

D'après ses sources, l'EI a chassé des groupes rebelles, au prix de violents combats durant la nuit, des localités de Tall Qrah, Tall Soussine, Kafar Qares mais surtout de la base de Madrasat al-Mouchat, aux mains des rebelles depuis 2012. "Des dizaines de combattants des deux bords ont été tués", selon M. Abdel Rahmane.

Avec la prise de ces positions situées au nord d'Alep, le groupe djihadiste est désormais à une vingtaine de kilomètres de la ville et "sur la ligne de front avec les troupes du régime de Bachar al-Assad", notamment près de la zone industrielle de Cheikh Najjar.

L'EI a progressé notamment à partir du nord-est d'Alep, où il contrôle des villes et localités notamment Al-Bab, un de ses fiefs. Alep est ravagée par la guerre depuis 2012 et divisée entre des secteurs ouest aux mains du régime et est sous contrôle rebelle.

 

Nouvelles frappes françaises

Plus à l'ouest, l'armée française a mené dans la nuit de jeudi à vendredi une nouvelle frappe contre un camp d'entraînement de l'EI à Raqqa, chef-lieu des combattants djihadistes en Syrie, a annoncé le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"Deux Rafale français ont délivré des bombes sur ce camp d'entraînement et les objectifs ont été atteints", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Ce n'est pas la première fois" que la France frappe l'EI, "ce n'est pas la dernière fois", a-t-il ajouté.

"Nous avons frappé parce que nous savons qu'il y a en Syrie, en particulier dans les environs de Raqqa, des centres d'entraînement de combattants étrangers dont la mission n'est pas d'aller combattre pour Daesh sur le Levant mais de venir en France, en Europe, pour mener des attentats", a précisé M. Le Drian.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 10:30

 

09/10/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2015, les forces françaises de l’opération Chammal ont frappé au cœur du sanctuaire de Daech en Syrie – au Sud-Ouest de Raqqah. Deux Rafale de l’armée de l'Air engagés dans cette opération ont détruit un centre d’entraînement dédié aux opérations suicides.

 

Engagé depuis le golfe arabo-persique (GAP), le raid a duré près de six heures. Il s’agit d’une opération planifiée sur des sites préalablement identifiés lors des missions de renseignement réalisées depuis 1 mois.

 

Ces opérations sont conduites en coordination avec le Centre des opérations aériennes de la coalition (CAOC) situé à Al Udeïd au Qatar. Véritable « tour de contrôle » des opérations aériennes, ce centre dispose en permanence d’une image précise et exhaustive de l’espace dans lequel sont engagés les avions de la coalition.

 

REPERES

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal mobilise 900 militaires. Elle vise, à la demande du gouvernement irakien et en coordination avec la coalition, à assurer un appui aux forces irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daech. Le dispositif français est actuellement structuré autour de douze avions de chasse de l’armée de l’Air (six Rafale, trois Mirage 2000D et trois Mirage 2000N), d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2, d’un avion de ravitaillement KC135 et de la frégate anti-aérienne Cassard. Des détachements d’instruction participent par ailleurs, en Irak, à la formation des forces de sécurité irakiennes.

Chammal : raid contre un centre d’entraînement de Daech en SyrieChammal : raid contre un centre d’entraînement de Daech en SyrieChammal : raid contre un centre d’entraînement de Daech en Syrie
Chammal : raid contre un centre d’entraînement de Daech en Syrie
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 07:55
L’École de l’air présente à la Fête de la science

 

09/10/2015 Armée de l'air

 

Du 6 au 9 octobre, la ville de Salon-de-Provence organise la « Fête de la Science ». Inauguré par, entre autres, le maire de la ville et le général Francis Pollet, commandant l’École de l’air et la base aérienne 701, cet événement est l’occasion pour les aviateurs salonnais de présenter leurs travaux.

 

Grâce aux différents stands et ateliers mis en place pour l’occasion, la « Fête de la Science » permet à un auditoire de plus en plus nombreux d’élèves du primaire, de collégiens et de jeunes étudiants de découvrir ou de redécouvrir la science sous un jour nouveau, plus attractif et souvent fascinant. 

 

Des représentants de l’École de l’air, du centre de recherche de l’armée de l’air (CRéA) et de l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA) présentent sur leur stand un octocoptère équipé d’une liaison radiofréquence avec une station sol, un atelier « cyberdéfense » pour sensibiliser les visiteurs aux menaces informatiques, un atelier « imprimante 3D », un projet Fusex  (fusée expérimentale), ainsi que l’avion laboratoire « Busard » de l’ONERA. À noter également la présence l’Équipe de voltige de l’armée de l’air.

L’École de l’air présente à la Fête de la science
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:55
[INTERVIEW] La voltige a son nouveau champion !

 

08/10/2015 Ltn C. Hingant – Armée de l’Air

 

En août dernier, le capitaine Alexandre Orlowski est devenu champion du monde de voltige aérienne. C’est en toute décontraction et simplicité que « Popov » a répondu aux questions de la rédaction. Rencontre avec un champion qui fait rimer succès avec humilité !

 

Le 28 août dernier, vous êtes devenu champion du monde de voltige aérienne, dans la catégorie reine. Quelques semaines après, que ressentez-vous ?

Je suis évidemment très heureux. J’ai tout de même un peu de mal à réaliser car c’est un objectif que je m’étais fixé sur le long terme. C’est allé très vite. Je ne m’attendais pas à décrocher le titre.

 

Vous êtes rentré à l’équipe de voltige de l’armée de l’air il y a quatre ans et c’est seulement votre deuxième année dans la catégorie Élite. Un premier championnat du monde et un premier titre. Comment expliquez-vous cette progression fulgurante ?

C’est un concours de plusieurs éléments, avec, en premier lieu, la motivation, sans laquelle on ne peut pas avancer. J’ai été élevé à bonne école. Ma formation de pilote de chasse m’a appris à être rigoureux et à toujours chercher à me perfectionner. Ensuite, il y a l’équipe de voltige au complet, avec d’un côté les pilotes les plus anciens qui transmettent leur savoir au quotidien et, de l’autre, les mécaniciens qui prennent soin de notre machine. Pour aller plus loin dans nos performances, nous suivons également des stages tous les ans, menés notamment par la fédération française aéronautique, qui permettent d’arriver en compétition prêts techniquement. Enfin, il ne faut pas oublier que la voltige aérienne est un sport de haut niveau qui nécessite une condition physique optimale. En dehors de mes heures, je travaille donc avec un préparateur physique pour augmenter ma marge de progression. À ce niveau, chaque détail compte.

 

Suite de l’entretien

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:55
[Teaser] Sous les cocardes N°3 - Les forces aériennes stratégiques


8 oct. 2015 Armée de l'Air

 

Pour ce troisième numéro de "Sous les cocardes" Aerostar TV vous emmène au sol et en vol avec les forces aériennes stratégiques.


Diffusion prévue le 8 ocotbre 2015 à 21h00 sur le canal 109 de la box Orange, ou encore en direct sur www.aerostar.tv

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 07:45
Quelques minutes avant le saut, les parachutistes du 8e RPIMa se préparent et écoutent les dernières consignes des largueurs

Quelques minutes avant le saut, les parachutistes du 8e RPIMa se préparent et écoutent les dernières consignes des largueurs

 

07.10.2015 Reportage photo par Thomas Goisque

 

Depuis plus d’un an, l’armée française intervient dans une vaste bande sahélo-saharienne aussi grande que les Etats-Unis. Déployée avec 3 500 hommes dans cinq pays, la force Barkhane a succédé à la brigade Serval qui a acculé les djihadistes dans leurs derniers bastions du nord Mali.

Avec le largage des légionnaires parachutistes sur Tombouctou en janvier 2013, les actions aéroportées ont prouvé leur efficacité : discrétion et surprise, rapidité et ubiquité. Pour couper les flux d’approvisionnement des groupes armés terroristes du nord Mali, le 8e RPIMa vient d’être largué sur la zone des trois frontières Niger - Algérie - Libye. C’est l’opération Kounama VI

Un reportage à retrouver dans le magazine VSD et dès maintenant sur le site internet : http://www.thomasgoisque-photo.com/site.php…

 

Suite de l'article

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:55
L’ONERA expert dissuasion aux côtés de l’état et des industriels depuis les années 60

 

06.10.2015 par ONERA

 

“Le temps de la dissuasion n’est pas dépassé” (François Hollande, discours sur la dissuasion nucléaire, Istres, 19 février 2015)

La force de dissuasion nucléaire de la France a deux composantes : l’océanique, avec des missiles balistiques intercontinentaux M51 lancés depuis des sous-marins, et l’aéroportée, avec des missiles ASMPA de croisière supersoniques à moyenne portée, largables depuis un Mirage 2000 ou un Rafale.

S’agissant des missiles balistiques (M4, M51 et suivants), l’ONERA apporte son expertise à la DGA, en matière d’augmentation des performances, de propulsion « solide », de guidage-pilotage et de pénétration stratégique.

Pour les missiles aéroportés (ASMP et suivants), l’ONERA contribue en co-traitance avec l’industriel MBDA, notamment sur l’aéro-propulsion par statoréacteur mais aussi sur l’aérodynamique, la furtivité, les matériaux, la navigation inertielle et la pénétration des défenses adverses.

 

DAMB - défense anti-missile balistique

La DAMB ou défense anti-missile balistique est une réponse à la prolifération de missiles d’une portée de plusieurs milliers de kilomètres. Elle s’appuie sur trois piliers : le dispositif d’alerte (drones, satellites, radars), le système de commandement et de contrôle et les moyens d’interception-neutralisation.

L’ONERA apporte son expertise à la DGA pour évaluer, analyser la menace, mais aussi pour réagir à toute question sur le positionnement de la France dans ce domaine (notamment au sein de l’OTAN). Un « battle lab » numérique ONERA fait partie des moyens de mise en oeuvre de cette expertise.

L’ONERA est impliqué sur l’alerte avancée, avec les développements de capteurs infrarouges embarquables et d’un radar de très longue portée déployable, le TLP (avec Thales et la DGA).

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:55
Quand l’ONERA propose des concepts novateurs pour des besoins stratégiques

 

06.10.2015 par ONERA

 

La veille spatiale française ne s’endort jamais

Pourquoi surveiller l’espace ? Parce que tous les jours, des milliers de satellites ou objets de plus de 10 centimètres orbitent autour de la Terre. Parmi eux, des satellites espions et des débris qui font peser des risques de collisions. Avant les années 90, seuls les Américains et les Russes disposaient d’un système de veille spatiale. La France, grâce à l’ONERA, a rejoint ce club très fermé depuis 2002.

Développé sous contrat du Ministère de la Défense, le système Graves (Grand réseau adapté à la veille spatiale), composé d’un radar dédié et d’un traitement automatisé, assure en toute autonomie la création et la mise à jour d’une base de données de trajectoires d’objets observés.

Grâce à sa multidisciplinarité – radars, environnement spatial, modélisation et analyse orbitales – l’ONERA a conçu de A à Z un système qui détecte mais aussi reconnait et identifie les objets. Une contribution décisive à la souveraineté de la France.

Depuis 2005, Graves, opéré par l’Armée de l’Air, observe et catalogue des milliers d’objets. Réactif, le système détecte tout changement de situation en moins de 24h.

 

Un moyen économique qui fait de grandes choses

Comparé aux systèmes américains dont le budget se compte en milliards de dollars, le système français Graves n’a coûté « que » 35 millions d’euros et il voit la plupart des satellites d’intérêt. En plus d’une conception économique, c’est le prototype de démonstration ONERA qui a été transformé à peu de frais en système opérationnel pour la Défense ! En outre, Graves peut se targuer d’être respectueux de son environnement radioélectrique puisque son fonctionnement par fréquence unique n’engendre quasiment pas de pollution des ondes.

La performance du système Graves, son coût optimal et sa discrétion ont conquis les états-majors : l’ONERA est mandaté pour pérenniser le système Graves et le mettre à niveau pour répondre aux nouveaux besoins de la Défense.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 12:45
Barkhane: De l’eau pour la base avancée de Madama

 

06/10/2015 Sources : Armée de l'air

 

Chef de détachement du groupement aérien d’appui aux opérations (GAAO) à Madama (Niger), du 8 mars au 29 juillet 2015, le capitaine Bruno a pris part à un défi de taille: produire puis traiter de l’eau dans ce site désertique et reculé du Niger. Un challenge relevé avec brio!

 

45°C à l’ombre, 64°C au soleil, du sable à perte de vue, une dizaine de bungalows, aucune structure métallo-textile… Les conditions semblent rudes pour produire de l’eau potable à Madama, au cœur du désert du Ténéré, au Niger. Pour relever ce challenge, une quinzaine d’aviateurs du groupement aérien d’appui aux opérations (GAAO) et du groupement aérien des installations aéronautiques (GAIA) a été déployée début mars 2015 sur cette base avancée, point d’appui essentiel des forces engagées dans l’opération Barkhane. Implanté sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac, le GAAO est l’expert en infrastructure verticale de l’armée de l’air. Le GAIA, quant à lui, est chargé du maintien en condition opérationnelle de ces installations sensibles et de la fourniture au GAAO de l’ensemble du matériel de projection. «Deux aviateurs du GAIA ont renforcé nos rangs pour mettre en œuvre la station de potabilisation de l’eau et traiter les eaux usées, précise le capitaine Bruno, chef du détachement. À la fin de l’été, nous devions être autonomes en produisant notre eau, en la traitant, puis en mettant en place une station d’épuration.»

 

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Barkhane: De l’eau pour la base avancée de Madama
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