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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 08:35
Dien Bien Phu : faute stratégique ou bonne idée qui a mal tourné ?

source www.dienbienphu.org/

 

23 novembre 2014  Par Jean-François Daguzan - Diploweb.com

 

Quelles sont les leçons de la bataille de Dien Bien Phu, voici 60 ans ? Directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique, J-F Daguzan offre aux lecteurs du Diploweb.com une étude remarquable. A la fois fresque historique et analyse stratégique, voici un texte de référence pour guider la réflexion, la décision et l’action.

 

« Messieurs, c’est pour demain 17h » Colonel Henri de Castries.

 

LA BATAILLE de Dien Bien Phu 1 qui s’est achevée le 8 mai 1954 par la défaite des armes françaises a vu son soixantième anniversaire un peu occulté par celui de la Première guerre Mondiale et du débarquement en Normandie. Pourtant, cette bataille épique (13 mars-8 mai 1954) est un des grands happenings psychologiques dont raffolent les Français. Ce Cameron, ce Waterloo du vingtième siècle enflamme encore les imaginations et concentre les fantasmes de toutes origines – va-t-en guerres, anticolonialistes, pacifistes, nostalgiques, romantiques, etc. Cette bataille a, avec le retour dramatique des survivants des camps de prisonniers vietminh, marqué et façonné les esprits d’une génération de militaires qui s’attachèrent à transposer en Algérie les « acquis » de la guerre d’Indochine. Un vétéran de Dien Bien Phu – le général Maurice Schmitt - fut même chef d’état-major des armées. 2 En réalité cet événement tragique mérite mieux que des fantasmes.

 

Sa survenue soixante ans plus tôt, est le fruit d’un continuum politico-stratégico-tactique dont les leçons potentielles retentissent encore jusqu’à nous. Que peut-on retirer de cet événement vieux de soixante ans qui s’est déroulé au fin fond de l’Asie du Sud-Est dans un coin perdu (« un coin d’enfer ! » comme dira Bernard Fall 3) aux confins du Vietnam et du Laos ?

 

Le général Navarre, puisqu’il avait perdu, a assumé le poids de la défaite et, d’une certaine manière, tout le monde s’est déchargé sur le perdant. Cependant, la décision de combattre à Dien Bien Phu fut un choix tactique plausible ab initio qui s’appuyait sur un écheveau complexe de relations nationales et internationales imbriquées auquel tout le monde participa et de contradictions qui se révélèrent au final insurmontables. Au plan théorique cette affaire confirme la théorie de Clausewitz des « centres de gravité » (Schwerpunkte), tant au plan tactique que stratégique. Raymond Aron, qui étudie Clausewitz, met en évidence ce moment dans la bataille qui décide de sorts multiples. « Il y a dans la guerre comme dans la mécanique, des centres de gravité « dont le mouvement et la direction décident des autres points. 4 » Ces centres de gravité sur lesquels il s’agira de faire porter l’effort pour modifier le sort de la guerre peuvent se trouver dans la bataille même (cela peut-être un homme, groupement ou un lieu) ; être la bataille elle-même (choisir ou pas d’engager) ; et se jouer aussi au niveau politique. Comme le rappelle également Aron, « Clausewitz l’emploie aussi en un sens politique pour traduire en terme réel la notion de renversement. » « Dès lors que la manœuvre de destruction du centre de gravité a été amorcée », note le général Vincent Desportes, « elle doit être poursuivie sans relâche, car par effet de cascade, elle doit entraîner l’effondrement de la volonté adverse. » 5 Et le stratège prussien conclut lui-même « Dans l’élaboration du plan de guerre, il faut donc tout d’abord chercher à reconnaître quels sont les centres de gravité de la puissance de l’ennemi et les réduire autant que possible à un seul. Il faut ensuite s’efforcer de réunir, en vue d’une action décisive contre ce centre de gravité unique, toutes les forces qui y peuvent être employées. 6 » Dien Bien Phu sera l’application à la lettre de ce principe côté Vietminh – côté Français ce sera son double inversé.

 

Contingences internationales et nationales : instabilités et incertitudes

 

L’affaire de Dien Bien Phu (car il y a affaire avant et après d’avoir bataille) se situe à un moment critique des relations internationales de l’après-guerre et à une période où la France enchaîne crise politique sur crise politique. 7

 

La situation internationale

 

Le retour de la France en Indochine après la courte mais très violente occupation de la péninsule (1945) par le Japon agonisant, est décidé par le Général De Gaulle dès son arrivée au pouvoir avant même la libération de la France. Elle correspond à l’obsession de ce dernier de rétablir l’empire dans toute sa plénitude quitte évidemment à faire progressivement évoluer les possessions françaises vers l’autonomie. 8 Cette reprise de l’Indochine est marquée par plusieurs éléments internes et externes qui en conditionneront l’issue fatale : la « décapitation » politique de l’administration vichyste survivante (dont son chef l’amiral Decoux) qui maîtrisait parfaitement le pays et ses arcanes et l’ignorance volontaire des contingents de l’armée française réfugiés en Chine après l’agression japonaise, d’une part ; et d’autre part, l’action des services secrets américains qui faciliteront la montée du Vietminh et le pourrissement du Nord assuré par les seigneurs de la guerre chinois qui en exerceront le contrôle jusqu’à l’arrivée du général Leclerc (octobre 1945-mars 1946).

 

Plus globalement, c’est une France faible qui défend désespérément ses acquis dans un monde marqué par l’affrontement impitoyable entre les grandes puissances et les deux blocs idéologiques. 9

 

La situation politique française

 

La situation politique est rendue instable en France par le système électoral mis en place par la quatrième République. Le jeu des partis qui fait et défait les majorités rend impossible la mise en place de toute ligne politique de longue durée et cohérente. Les communistes français surpuissants à l’époque, s’alignent sur l’Union soviétique et s’opposent frontalement à la politique indochinoise française (jusqu’à faciliter des actes de sabotage visant l’armement ou les équipements à destination de l’Indochine).

 

Lorsque le Président du Conseil, René Mayer, nomme le général Navarre, commandant en chef pour l’Indochine, il le fait sur la base de son ignorance de la question : souhaitant « un œil neuf » après le départ des grands anciens de l’équipe de Lattre (Salan, de Linarès, etc…) qui avaient tenus le Vietminh en respect depuis quatre ans. 10 Dans sa feuille de route, Navarre part aussi avec les vagues instructions de faire de son mieux avec les moyens du bord ; c’est-à-dire n’espérer aucune amélioration en hommes et matériels en attendant une vague issue politique dont les contours ne sont pas tracés.

 

La situation stratégique en Indochine et en Asie

 

Depuis 1946, les choses ont bougé en Asie. La Chine est devenue communiste après la défaite de Tchang Kaï Tchek et des armées nationalistes. Ce nouvel acteur majeur fait bouger le balancier au profit des mouvements révolutionnaires et/ou de libération. Les Britanniques perdent l’Inde et se battent en Malaisie. Mais le grand « moment » stratégique de l’époque est la guerre de Corée (juin 1950-juillet 1953) qui vient de se terminer. Les Etats-Unis, qui viennent de perdre 50 000 hommes dans ce pays pour un gain politique et stratégique limité et au risque d’une guerre totale avec la Chine, viennent de comprendre que le colonialisme à la française (qu’ils avaient combattu au départ) avait du bon - tout du moins dans sa fonction de stabilisation et de contrôle de la péninsule indochinoise. De ce point de vue, Eisenhower, fraîchement élu, est mieux disposé envers Paris que Truman que les Français agaçaient beaucoup. 11 Les Chinois (et les Soviétiques) soutiennent donc le champion vietminh alors que les Etats-Unis appuient le champion français d’abord diplomatiquement puis progressivement en armes et matériels jusqu’à couvrir la totalité du coût de la guerre.

 

La situation tactique sur le terrain

 

Une fois la reconquête partielle du pays assurée par le général Leclerc, la défense de l’Indochine devient de plus en plus difficile. Les choses sont gérables tant que la Chine ne représente pas un abri et un soutien pour les communistes indochinois. Mais à partir du moment où Mao Zédong prend le contrôle de l’empire du Milieu (octobre 1949), Ho Chi Minh s’assure une base arrière et un soutien en armement à partir desquels il devient possible de lancer des opérations de grande ampleur sur le Nord et le Delta.

 

Le désastre de Cao Bang (sorte de Dien Bien Phu avant la lettre mais en rase campagne) en 1949, fruit des aberrations du commandement français, fragilise très gravement la situation stratégique. Le gouvernement fait alors appel à l’homme providentiel, le général de Lattre qui, par son seul charisme et son seul génie militaire rétablit une situation considérée comme perdue. 12

 

De Lattre : le magicien de génie

 

Envoyé en Indochine avec aucun moyen, le général de Lattre, redresse la situation en quelques combats de génie. Giap pense que le temps est venu d’affronter les Français en rase campagne. Il déchantera. De Lattre gagne à Vinh Yen, Dong Trieu, Mao Khé, Ninh Binh et à la rivière Day. Il remonte le moral des troupes, lance l’indochinisation des forces et allie sans relâche défensive (il couvre le pays « utile » d’un cordon de postes et bunkers) et offensive. Mais malade, et très affecté par la mort de son fils au combat, il rentre en France pour mourir.

 

Salan, l’homme du terrain

 

Son remplaçant, le général Raoul Salan, n’a pas peut-être pas le génie flamboyant de son ancien patron mais présent en quasi-continu depuis 1945, il connaît parfaitement le pays (dont il parle plusieurs langues) et sait ce qu’il peut obtenir de ses hommes et de ses moyens. 13 Fin tacticien, il sait tenir avec des bouts de ficelle. Avec le camp retranché de Nasan qui fixe les divisions de Giap en haute région vers Son La près de la frontière avec le Laos, la bataille de Hoa Binh (commencée par de Lattre 14) saigne les corps vietminh en une bataille féroce gagnée sur le fil. Salan est le roi de « l’économie des forces » - le rêve de tout soldat. Il prélève, déplace, manoeuvre, contourne, fixe des forces vietminh pourtant combattant « comme un poisson dans l’eau » ; mais il sait aussi, comme son ancien patron, que cela ne peut pas durer éternellement.

 

Le Plan Navarre

 

A peine arrivé Navarre constate une situation difficile. Le vietminh est partout et la pression se fait sentir sur le Nord ou l’axe Hanoï-Haïfong, l’axe stratégique qui relie la capitale du Tonkin à la côte, est menacé. Tous les chefs de la période Salan sont en partance. Faute de mieux, il nomme le général René Cogny déjà sur place, commandant en chef pour le Tonkin et doit faire face à une pénurie massive et à l’usure des hommes et du matériel.

 

Sans indications de la part du gouvernement (qui change en permanence) il élabore une stratégie globale à partir de ce qu’il a retiré d’une visite d’un mois sur le terrain. Il s’agira donc de :

. Protéger le Delta 15 et l’axe Hanoï-Haïphong, priorité 1 ;

. Défendre le centre et Sud Annam pour éviter de voir l’Indochine coupée en deux, priorité 2 ;

. Défendre le Laos car le vietminh a décidé de peser sur le maillon le plus faible de la confédération indochinoise, priorité 3. 16

 

Il s’agit au final pour le commandant en chef de gagner du temps ; 1 pour créer une armée indochinoise performante ; 2 pour créer les conditions les plus favorables pour une négociation qui préserverait au mieux la présence française.

 

Ce plan fut présenté devant le Comité de défense nationale du 24 juillet 1953. La question de savoir s’il fallait défendre le Laos ou pas ne fut pas tranchée. 17

 

Au final, Navarre va décider de réunir les priorités 1 et 3 en une manoeuvre unique. Sur le papier cette décision est cohérente. Elle répond à deux besoins majeurs voire contradictoires avec un minimum de moyens. Le général décide de créer un abcès de fixation sous forme d’un camp retranché situé entre le Laos et le Delta et loin du sud - môle où viendront se briser les bataillons réguliers de l’armée vietminh. C’est là qu’intervient le choix de la petite ville de Dien Bien Phu (ou « la préfecture du Nord-Ouest ») à la frontière du Laos abandonnée aux mains des insurgés depuis février 1952. Il faudra donc la reprendre avec les bataillons parachutistes (opération Castor), créer un camp retranché lourd inspiré de Nasan, et attirer les bataillons vietminh dans une bataille décisive, s’ils s’y risquent. Mais, d’après les stratèges, Giap ne devrait pas résister à un tel appât ; et, de fait, il n’y résistera pas ...

 

Avant la bataille : impréparation tactique et contradictions stratégiques

 

La marche vers la bataille s’est accompagnée d’un ensemble d’erreurs tactiques et stratégiques qui ont fait d’une idée à priori cohérente un désastre majeur.

 

Confusions stratégiques (Nasan et Hoa Binh)

 

L’option Navarre s’appuie sur un précédent réussi : le camp retranché de Nasan (novembre-décembre 1952). Installé par le général Salan près de Son La à proximité de la route 41 près du Laos sur un ensemble de pitons, le camp de Nasan va concentrer l’action des bataillons viets qui vont se casser les dents sur une défense serrée. Nasan démontre improprement aux Français que les Viets ne peuvent déplacer une artillerie lourde sur une longue distance face à une organisation tactique appelée « le hérisson », concept de défense constitué d’un poste principal et d’un aérodrome entouré de plusieurs positions armées appelées points d’appui (PA). Une fois le service rendu, le camp est évacué par un pont aérien surprise ne laissant à l’ennemi épuisé que quelques matériels logistiques sabotés. 18 La leçon que tire le commandement français est que ce qui a été fait à une échelle moyenne peut-être tenté à une grande échelle. Le problème est que le commandement vietminh tire aussi ses propres conclusions. Si la situation se reproduit, ils viendront avec l’artillerie ! 19 Le commandement, dans son enthousiasme, oubliera aussi que l’action de l’aviation a été déterminante dans la bataille de Nasan. Or, à Dien Bien pas Phu, les conditions d’emploi sont beaucoup plus difficiles.

Une autre erreur fut l’oubli des avertissements tactiques. La bataille de Hoa Binh lancée par Salan pour saigner les forces vietminh en février 1952 fut un succès … parce qu’elle ne fut pas perdue. Les forces de Giap avaient au final perdu environ 10 000 hommes et l’évacuation de la zone fut réalisée certes de main de maître ; mais cette dernière fut effectuée in extremis et dans des conditions de dangerosité particulièrement élevées (900 morts et 1800 blessés pour les Français !) 20 Encore une fois, le but tactique d’affaiblir considérablement le dispositif de bataille adverse avait été atteint, mais l’effet stratégique mettait en évidence le retrait français et la « victoire » du vietminh qui demeurait maître du terrain. 21

 

Surestimation de ses capacités - sous-estimation de l’adversaire

 

En installant le camp retranché de Dien Bien Phu, le commandant en chef compte sur un certain nombre d’avantages considérés comme acquis :

. Les capacités offensives et de manœuvre de l’armée française sont son premier atout. Si les vietminh sont les maîtres de la guérilla, ils n’ont jamais pu s’aligner dans une bataille rangée (cf. de Lattre et Salan). Le camp a donc pour vocation initiale, non seulement de fixer le dispositif militaire ennemi, mais de le poursuivre. C’est à cette condition expresse que le colonel de Castries, qui est un cavalier a accepté le poste. Le Général Navarre lui « vend » une « base offensive ». 22 Cette mission s’avèrera dès le début impossible à remplir ; 23

. La supériorité aérienne est l’autre force française ; le vietminh n’en dispose pas. Les aviateurs de l’armée de l’air et de l’aéronavale prennent tous les risques. Or Dien Bien Phu est loin ; souvent sous la brume et les nuages et, surprise, l’ennemi a une DCA !

. La supériorité de l’artillerie est le dernier élément déterminant. Nasan a démontré que le système des points d’appuis multiples se protégeant mutuellement anihilait les charges vietminh les plus puissantes. Or la zone de Dien Bien Phu est beaucoup plus grande que celle de Nasan et la plupart de ces points d’appuis ne pourront pas se soutenir. 24 (Ainsi le PA Isabelle vivra-t-il séparé du reste du groupe jusqu’au bout.)

 

La deuxième erreur majeure sera la sous-estimation de l’adversaire :

. Les Français pensent que l’adversaire n’a pas d’artillerie ou ne pourra pas l’acheminer or, celui-ci dispose d’ores et déjà de ces capacités ;

. Ils pensent qu’il n’a pas de DCA or il en a et quand cette information sera connue, on n’en tiendra pas compte ;

. Le vietminh n’est plus seul dans son combat. Il a désormais une artillerie de campagne (notamment des canons sans recul), de la DCA et surtout des compétences d’emploi. Des conseillers soviétiques et chinois l’accompagnent et des déserteurs de l’armée française (légionnaires, Maghrébins ou Africains) servent les armes lourdes.

 

Enfin, il faut insister sur le fait que Navarre et Cogny (car ces frères ennemis sont au départ liés dans cette affaire) font des choix tactiques contradictoires pour la même mission. Ils voient dans Dien Bien Phu à la fois une base d’opération et un camp retranché : en réalité il ne sera ni l’un, ni l’autre.

 

Or cette aporie aura un impact sur le destin du camp lui-même. Alors qu’il sera rapidement démontré qu’il ne peut pas conduire d’opérations offensives, Dien Bien Phu n’est pas protégé comme un camp retranché devrait l’être. Les installations ne sont pas dissimulées ; les bunkers sont peu enterrés et en bois ; les abords ne sont pas nettoyés ; il n’y a pas de glacis ; les moyens médicaux et le nombre de lits sont insuffisants ; il manque du barbelé, des réserves et, un comble, même la dotation d’artillerie n’est pas complète ! 25

 

Un mal français ? Vantardises et rodomontades :

 

Les Français ont à l’occasion de cette bataille enfilé un nombre impressionnant de perles dont notre nation à le secret dans les grands moments de son histoire, sur le modèle de « la route du fer est coupée ! » de la seconde guerre mondiale ou du « ils ne passeront pas parce que nous sommes les plus forts ! ». On compte à ce florilège quelques pépites :

. Les Viets ne peuvent pas amener de l’artillerie si loin…

. … Mais si les Viets y parviennent cependant, elle sera détruite par les tirs de contre-batterie. « Des canons, j’en ai plus qu’il m’en faut ! » 26 Cette affirmation péremptoire conduira le colonel Piroth, chef de l’artillerie, au suicide.

. « Dien Bien Phu ce sera Nasan multiplié par dix. Nous n’écraserons pas une division mais quatre. » 27

. « Qu’attendez-vous pour déclencher cette bataille (…) Venez, je vous attends... » tracts signés du colonel de Castries, adressés au « généralissime » Giap et dispersés début février. 28

. « Ils ne faudrait pas qu’ils nous privent de la bataille ! » car l’inquiétude de certains est que l’ennemi n’attaque pas. « A quelques jours de l’offensive ennemie, la crainte principale du commandement en Indochine (dont Cogny 29) restait que le Vietminh renonçât à attaquer le camp retranché. » 30 Il ne sera pas déçu…

 

. Enfin, Navarre s’illustre devant la presse à Saïgon par un petit chef-d’oeuvre de jargon bureaucrato-militaire : « Le Vietminh est arrivé au plus haut point de ses prétentions et vient de donner la preuve qu’il a dépassé ses possibilités logistiques. » 31

 

L’extension des lignes de communication

 

En choisissant Dien Bien Phu, Navarre installe un dispositif majeur à 300 km par avion de son point de ravitaillement dans un pays où les conditions météorologiques sont régulièrement mauvaises. Le camp retranché ne peut survivre que par un approvisionnement régulier et par le soutien de l’appui feu de la chasse et des bombardiers, dont une partie est celle de l’aéronavale croisant sur les côtes du Tonkin. Le colossal pont aérien 32 réalisé après la conquête du site par les bataillons parachutistes, d’une part ne permettra pas l’équipement en matériel lourd (béton, notamment) des casemates mais surtout ne pourra être maintenu au fur et à mesure que le camp perdra sa piste d’atterrissage et que la DCA viet sera de plus en plus efficace malgré le courage insensé des aviateurs. Plus que par l’assaut, Dien Bien Phu périra par componction !

 

La dispersion des moyens

 

Opération Atlante : pendant que l’affaire Dien Bien Phu est en cours, le général Navarre lance l’opération Atlante qui vise à dégager le centre et le sud Annam d’une implantation de longue date des forces vietminh qui menacerai à terme le Cambodge. 33 Cette opération, à laquelle tient beaucoup le commandant en chef, certes mobilise des troupes disparates et/ou fatiguées mais elles consomment en réalité des réserves sur un objectif à l’importance relative. Installé dans cette zone dès 1945, le Vietminh n’a pas fait évoluer son dispositif depuis cette date mais a pu consolider ses défenses et recevra sévèrement les attaquants. De son côté Cogny est obsédé par le Delta et rechigne à prêter la main à Dien Bien Phu à la grande colère de Navarre qui oublie qu’il a aussi ses propres priorités. 34

 

Bureaucratie : gagner ou perdre pourvu que ce soit dans les règles de l’administration !

 

Le soutien logistique et humain organisé à Hanoï va atteindre des sommets de « courtelinisme ». Le chef des parachutistes d’Indochine (le colonel Sauvagnac) exige que les volontaires sautant sur Dien Bien Phu aient leur brevet para et leur fait suivre le stage complet ! 35 Cette obligation ne sera levée qu’à la toute fin du siège et les parachutés survivants n’auront confirmation de leur brevet para que bien des mois plus tard grâce à l’acharnement de Castries. Hanoï exige aussi que les parachutages d’hommes et de matériel soient faits dans les conditions réglementaires de largage. Ce qui s’avérera également impossible dès la moitié de la bataille. Les avions français approvisionneront donc les troupes de Giap en matériel frais dont des obus.

 

Dien Bien Phu : le mépris du renseignement ?

 

Comme dans de très nombreuses défaillances ou défaites françaises, dans cette affaire il ne sera guère tenu compte du renseignement, aussi exact soit-il. Comme en août 1914 et en juin 1940 où le deuxième bureau français donnait la date, le lieu et l’endroit des offensives allemandes avec la même absence de résultat, les services français ont suivi au jour le jour, les préparatifs vietminh jusqu’à donner au bout du compte le jour et l’heure de l’attaque. 36 Les Français, qui ont percé les codes de l’ennemi suivent donc la mise en place de l’encerclement, la remontée des divisions d’élite, le nombre des troupes, l’arrivée d’une capacité de DCA massive avec les canons de 37 mm, la disposition et le dessin précis des batteries d’artillerie jusqu’au nombre d’obus disponibles et les cadences de tir théoriques de l’ennemi. 37 De tout cela il n’en sera fait aucun usage alors que Navarre avait fait brillamment la première partie de sa carrière dans le renseignement (mais c’était contre l’Allemagne). 38 A quoi bon puisque l’on espère la bataille !

 

Le centre de gravité stratégique, refuser la bataille ?

 

Au plan stratégique, en janvier 1954, l’implantation à Dien Bien Phu, avant le déclenchement de la bataille elle-même, ne répondait déjà plus aux objectifs qui lui avaient été affectés. Le Delta subissait toujours la pression ; la pénétration vers le Laos avait été reprise par les hauts plateaux ; les opérations de nettoyage du Centre-Sud Annam (Atlante) ne rencontraient pas de résistance car les divisions ennemies s’étaient effacées. A partir de ce constat – mais qui avait le malheur de faire le bilan de sa propre stratégie - Navarre pouvait donc envisager l’évacuation du camp en réaffectant 10 000 hommes à d’autres tâches tout en les sauvant de la destruction. 39 Si le supposé « piège » de Dien Bien Phu n’avait pas fonctionné comme prévu et se révélait finalement une chausse-trape pour lui-même, il lui avait fait gagner un temps précieux et il avait rempli son troisième objectif : empêcher l’attaque du Laos.

 

Mais en décembre 1953, l’étau viet se resserrait déjà dangereusement autour de Dien Bien Phu et le concept de base d’attaque – fonction tactique initialement dévolue à Castries - se révélait définitivement inopérante. Navarre pouvait donc déjouer le « centre de gravité » recherché par Giap en lui refusant la bataille par l’évacuation de la garnison. Cette évacuation, il l’évoque lui-même dans une lettre du 13 décembre 1953 à « son » ministre Marc Jacquet (Secrétaire d’Etat aux relations avec les Etats associés) dans laquelle il révise considérablement à la baisse ses chances de succès et envisage une évacuation (si la présence de moyens d’artillerie lourd et de DCA venaient à être confirmés.) cette lettre restera sans réponse. 40 L’hypothèse de l’évacuation est également formulée par Navarre auprès du général Cogny qui balaye l’argument lui demandant ne pas porter atteinte au moral de la garnison : « exaltée à la perspective par une grande victoire défensive. » 41 Après la défaite, pour se dédouaner, Cogny saura faire entendre un autre son de cloche...

 

Un peu plus tard, les missions d’inspection sur le site avait corroboré les inquiétudes de certains inspecteurs et non des moindres. Evacuer Dien Bien Phu et redessiner le schéma stratégique autour d’une option resserrée fut débattue et présentée, en l’absence du général Navarre, au ministre Pleven et au Secrétaire d’état de Chevigné par les généraux Ely (président de l’état-major général des armées), Blanc (chef d’état-major de l’armée de terre) et Fay (chef d’état-major de l’armée de l’air) dans une réunion le 10 février 1954, à Saïgon longtemps restée secrète. Ses conclusions demeurèrent sans suite. 42 Le général Ely, rentré à Paris et parlant du camp, suggérera de « s’en débarrasser » ! 43 Blanc reformulera ses préconisations devant le Comité de défense du 9 février. 44 Mais aucune recommandation officielle ne viendra appuyer ce sentiment partagé des militaires de haut rang (à commencer par le Maréchal Juin). Fay, le plus critique sur le site écrira des propos lénifiants une fois rentré à Paris. 45 Sur le terrain Cogny, qui se répandra par la suite dans des « je l’avais bien dit » propres à protéger sa carrière, ne défendra en aucun moment l’option du retrait ; bien au contraire.

 

Pour le général Blanc, il s’agissait d’abandonner rapidement le Tonkin, indéfendable, et de se replier sur l’Annam et la Cochinchine dans lesquels une véritable défense était possible (ce qui correspondait peu ou prou après les accords de Genève à un peu plus que le Vietnam du Sud).

 

L’autre option eut été, dans une approche à la Giap, de tout jouer sur la bataille, et de mettre pour quelques jours tous les moyens français disponibles sur la défense de Dien Bien Phu. Selon le général Gras, le Delta et l’Annam aurait pu survivre quelques temps à ce prélèvement provisoire qui aurait pu permettre de couper les lignes de communication vietminh en encerclant les encercleurs . C’était jouer son va-tout mais c’était bien ce qui se jouait déjà dans la cuvette. « Il (Navarre) lui restait cependant la possibilité de reporter tout son effort sur la région la plus importante et la plus menacée du théâtre d’opérations. C’est alors qu’il aurait pu, lui aussi jouer le tout pour le tout avant la conférence de Genève, et tenter, à partir du Delta, de couper les communications de l’adversaire. Il n’est pas douteux qu’il a laissé passer, à ce moment là, la dernière occasion de gagner la bataille de Dien Bien Phu. » 46

 

Pendant et après : défaillances, héroïsme et illusions

 

Centre de gravité tactique : Les trois premiers jours et la faillite du commandement

 

La bataille est perdue entre le 13 et le 15 mars 1954.

 

Il ne s’agit pas ici de d’accabler une fois de plus les responsables dans la conduite tactique de la bataille. Certains s’acharnent sur Castries quand d’autres désignent Langlais, son adjoint opérationnel trop sûr de lui, ou fustigent toute la chaîne. Toujours est-il que le continuum de commandement Castries-Langlais-Hanoï-Saïgon commet deux erreurs majeures qui conditionneront la défaite inéluctable en ne reprenant pas, une fois la surprise et le choc passés, coûte que côute les positions perdues, surtout Béatrice 47, et ensuite Gabrielle et Anne-Marie dont le contrôle conditionne le maintien de la piste d’atterrissage. 48 En trois jours Giap a détruit le centre de gravité français qui en l’occurrence sont les défenses de l’aérodrome et donc l’aérodrome lui-même. Le reste n’est qu’une affaire d’héroïsme. Bigeard, avec son génie tactique évident ne pourra, plus tard, qu’aider à reculer l’inévitable. La bataille est donc perdue entre le 1er et le 3ème jour. On ne reviendra pas sur le déroulement tactique si souvent décrit. Les 77 jours suivants ne seront qu’une lente agonie.

 

Comme le dit de façon éclairante Henri de Brancion, « ... si la protection de la piste était prioritaire pour les Français, elle constituait, par symétrie, l’objectif n°1 de Giap. De fait elle fut mise hors d’usage la première nuit et ne put jamais reprendre son rôle essentiel dans la bataille ce qui modifia du tout au tout les conditions de l’affrontement. » 49 Effondrement psychologique, mauvaise appréciation de la conduite de la bataille ? Cet objectif prioritaire disparaît du souci tactique français dès le deuxième jour du combat et sonne le glas du camp retranché. Les parachutages et le sacrifice des « paras d’un jour » et des aviateurs ne servira qu’à retarder l’inévitable. Le 7 mai à 17h30 les combats s’achèvent en « laissant mourir le feu » selon les mots de Cogny et sans drapeau blanc. Le camp ne s’était pas rendu, il avait juste cessé de combattre. Giap venait de gagner la première bataille du Tiers-Monde contre une force occidentale depuis le XIXème siècle.

 

Rêves et illusions

 

. Les bombardements américains (du raid massif à la bombe atomique !)

 

La demande française ou la proposition américaine d’utiliser la bombe atomique pour sauver le camp retranché fut un des grands mystères historiques de l’affaire de Dien Bien Phu. 50 On ne peut que rester circonspect voire sceptique sur l’idée qu’ont pu se faire certains Français – y compris de haut rang – sur les intentions américaines. Rappelons que Truman ayant refusé d’utiliser l’arme nucléaire en Corée et mis à pied le général Mac Arthur pour l’avoir exigé. On voyait mal son successeur, le – Président et général Eisenhower, souscrire à cette demande « à l’emporte-pièce » pour une affaire sans commune mesure avec la dimension de la Corée. Le ministre des Affaires étrangères Georges Bidault qui était parti négocier à Washington, a juré qu’elle avait émané d’Allen Dulles lui -même. A-t-il surinterprété des paroles bienveillantes du ministre américain ; s’est-il auto-intoxiqué ; y a-t-il eu erreur de traduction ? On ne le saura pas. La « proposition » qui aurait eu l’aval de certains militaires des deux bords et qui avait pu également être étayée à partir de déclarations « va-t-en guerre » de Richard Nixon alors Vice-Président, sera repoussée par le Président du Conseil Joseph Lainiel et, au final, par Bidault lui-même... 51 Cette histoire acadabrantesque n’en demeure pas moins illustrative d’un état d’esprit général, notamment du côté français en attente d’un « miracle » qui ne viendra pas.

 

En revanche un bombardement massif des positions vietnamiennes par l’aviation américaine (opération Vautour) aurait pu débloquer la situation en évitant la reddition. Mais personne n’a finalement voulu assumer les conséquences politico-diplomatiques que ce geste aurait entraînées. Pourtant cette option a été à deux doigts de se concrétiser. C’est finalement l’opposition des Britanniques (Churchill !) qu’Eisenhower avait imprudemment consulté qui fit pencher la balance. Qui plus est, pour certains diplomates, l’intervention directe des Américains aurait internationalisé de facto le conflit (en oubliant que Russes et Chinois « conseillaient » déjà le Vietminh sur le terrain.) 52

. L’évasion impossible : opérations Xénophon, Ariane, Condor, Albatros, Desperado…

 

Faute d’une évacuation qui aurait pu être menée au bon moment avec les grands moyens, l’idée d’une « évasion » des combattants valides vers les maquis de l’arrière fit son chemin. Cinq options furent étudiées. La première de grande ampleur, Xénophon, dès janvier 1954 envisageait une évacuation avec hommes et matériels. En parallèle était étudiée une simple évacuation des troupes (Ariane). 53 Les autres plans ne furent que des variantes fortement dégradées de la deuxième qui prévoyait d’évacuer par la route l’ensemble des troupes ; mais, dans tous les cas de figure, l’ampleur des moyens nécessaires fit reculer le commandement. Les deux autres, Condor et Albatros furent élaborées au fur et à mesure que la situation empirait pour exfilter les survivants. 54 La dernière fut abandonnée. Fortement suggérées par Cogny mais réfutées par Navarre qui ne s’y résoudra que trop tard, le principe était que les groupements mobiles qui animaient la guérilla sur les arrières de l’ennemi en pays laotien, avec les supplétifs Meos notamment, se rapprochent le plus possible de Dien Bien Phu et accueillent les « évadés » selon un schéma prédéfini. Le capitaine Sassi, le lieutenant-colonel Godard (qui s’illustra plus tard différemment à Alger) et le capitaine Loustau commandaient ces groupements aux origines variées. 55 Mais là aussi cette hypothèse tenait du rêve. Giap tenait sa proie et n’allait pas la laisser s’échapper. 56 Les tentatives « d’offensives » avant la bataille proprement dite avaient toutes tourné court et l’évacuation de Laïchau (autre point d’appui au nord) dont la garnison devait en principe renforcer celle de Dien Bien Phu avait fini en massacre des supplétifs thaïs qui étaient censés rejoindre à pied… Les détachements avancés de ces groupes mobiles et commandos se contentèrent de voir brûler le camp et rentrèrent chez eux en ne ramenant qu’une poignée de survivants chanceux récupérés au hasard.

 

Le centre de gravité politico-stratégique : la conférence de Genève

 

La conférence de Genève qui s’ouvre le 26 avril 1954 change la nature de la bataille. De tactique, elle devient stratégique pour les Vietnamiens qui voient dans la conjonction des dates la fusion miraculeuse de leurs objectifs. Ce « détail » majeur n’est pas vu ou ne veut pas être vu par les Français qui s’enferrent eux-mêmes dans la nasse.

 

De fait, cette conférence que personne n’avait mise à l’agenda international est suggérée par la France même le 25 janvier 1954 lors de la conférence de Berlin, inaugurant ainsi une singulière forme de suicide diplomatique.

 

La sous-estimation du résultat ou Le syndrome du « Chevalier noir »

 

Dans le film « Sacré Graal » des humoristes britanniques, les Monty Python, un chevalier en armure noire barre la route des deux héros et les défie en combat singulier. Le Chevalier noir se fait couper un bras, se relève et veut continuer le combat. Il se fait couper un deuxième bras, et il repart à l’assaut. Ayant perdu successivement tous ses membres, le Chevalier noir saute sur son tronc démembré (humour anglais !) en traitant de lâches les chevaliers qui passent leur chemin. Cette parabole peut parfois s’appliquer à quelques généraux qui refusent d’admettre la défaite, mais pas seulement à des militaires : « La guerre n’est pas une catégorie autonome », constate Hervet Guineret, « c’est d’ailleurs ce que les militaires ont parfois du mal à comprendre. Le but de la guerre est d’amener une situation politique » 57…. « La force de caractère nous conduit à l’obstination qui en est une dégénérescence » rappelle Clausewitz. 58 C’est ce qui différencie pourtant Churchill en 1940 et Hitler en 1945.

 

De la défaite tactique à la défaite stratégique

 

Perdre est presque inclus dans l’ADN de la guerre. L’incertitude, « le brouillard » dont parle Clausewitz en est un des principes majeurs – « …le résultat n’est jamais assuré, mais seulement vraisemblable,… » 59. Les adversaires de Napoléon, sur 15 ans vont perdre presque toutes les batailles ou presque, sauf la bonne ! Cependant, le refus, de la part de certains chefs militaires de ne pas voir qu’une défaite tactique a priori relative signe en réalité le glas d’un désastre stratégique, diplomatique et politique demeure une constante historique.

 

Autrement dit, le soldat vaincu reproche au pouvoir politique d’avoir manqué du courage minimum qui eût permis de l’emporter au final sur l’adversaire dans un « ultime petit effort » – (« J’ai été trahi par l’arrière » clama le généralissime Gamelin en juin 1940 et le général Westmorland au Vietnam quelques années plus tard pensait qu’on l’avait privé de la victoire en n’envahissant pas le Nord). Parfois, le chef militaire a-t-il raison, mais pas toujours…

 

Clémenceau disait certes que « celui qui est vainqueur, c’est celui qui peut, un quart d’heure de plus que l’adversaire, croire qu’il n’est pas vaincu. 60 » mais il se plaçait dans le cadre d’une confrontation bilatérale qui se jouait à « armes égales » et à modes de pensée compatibles. Dans le cas particulier des guerres du Vietnam comme d’autres conflits asymétriques qui suivront (dont l’Algérie), il s’agit pour l’adversaire quantitativement le plus faible, de faire plier la volonté de l’autre en comptant sur ses faiblesses psychologiques (justesse de la cause au moment où elle se déploie, opinion publique, nombre de morts, etc.). A Dien Bien Phu nous sommes bien donc au cœur de la guerre clausewitzienne dont le résultat est « soumettre à notre volonté » 61. Mais elle est aussi la démonstration de ce que le général Gambiez 62 appelle « le style indirect » qui « vise à mettre l’adversaire en état d’infériorité par les actions préliminaires qui le disloquent moralement et matériellement, avant que de l’achever par la reddition ou par la bataille. 63 » Qui plus est, l’adversaire irrégulier dispose d’un avantage concurrentiel majeur : La défaite au sens militaire ne joue que pour l’un des partenaires et pas pour les deux car le temps est l’allié des guérillas. Giap pouvait perdre la bataille, mais pas Navarre ! Ce sont donc deux conceptions mentales de la guerre qui s’affrontent. Ce processus reste encore aujourd’hui incompréhensible pour certains. Ce sont pourtant les limites de la contre-insurrection et de ses théories.

 

La mise : poker ou roulette russe ? Le général Navarre dira un jour : "je considère donc que les effectifs réunis à Dien Bien Phu constituent la "mise" qu’il était possible et nécessaire de faire pour la défense du Haut Laos et pour maintenir notre présence en Haute région. Cette "mise" peut donner des résultats considérables si nous gagnons la bataille. Elle pourrait être en grande partie perdue si nous perdions cette bataille. En tout état de cause, Dien Bien Phu aura joué le rôle d’abcès de fixation et aura permis d’éviter la bataille générale du Delta." 64 Cette notion de « mise » est importante en stratégie. Tout général va faire un choix engageant ses forces et est censé calculé à la fois le gain et le risque. « Napoléon a joué son armée dans la campagne de Russie » note Raymond Aron, « et il a perdu sa mise ; prix payé pour de grandes espérances. 65 » « Enorme enjeu qu’il mit volontairement à cette partie colossale, au gain de laquelle il attachait tant de prix ! » renchérit Clausewitz. 66 Engager la guerre et la bataille est donc miser comme au poker. Mais dans cette affaire Navarre se contente de miser un peu alors que Giap, comme on dit, fait tapis. Et c’est là toute la différence. En refusant de se détourner de ses autres objectifs pourtant secondaires, le général en chef perd tout ; la bataille et l’Indochine. Navarre - argument qui fut également repris par le général Catroux - tenta de justifier son choix et d’en limiter l’importance en excipant que, dans cette bataille, il n’avait perdu que 5% du corps expéditionnaire et qu’il ne s’agissait que d’un revers tactique qui ne remettait pas en cause la défense globale de l’Indochine. 67 Sur l’analyse froide des chiffres, le général avait raison. 68 Mais c’était oublier le choc psychologique et la dimension stratégique et politique de Dien Bien Phu.

 

Comme le fit justement remarquer le général Beaufre, « Dien Bien Phu était un épisode de « mécanique rationnelle » dans une campagne menée sous le signe de la stratégie indirecte. 69 » Deux univers mentaux foncièrement différents s’opposaient. En pleine conférence de Genève, la défaite démontrait l’incapacité française à tenir l’Indochine et légitimait de facto Ho Chi Minh et le gouvernement du vietminh. Elle donnait également en France un argument décisif à ceux qui voulaient, quelle qu’en soit la raison, se débarrasser du fardeau indochinois. 70 Ce n’était pas une défaite tactique marginale ; Genève en avait fait un maelström stratégique.

 

Le lien politique entre la conduite de la bataille côté vietminh et les événements internationaux semble être confirmé par le timing du général Giap. D’après les renseignements français (confirmés ensuite par les sources vietnamiennes) Giap avait décidé l’ouverture des combats au 25 janvier. Or il va surseoir à cet engagement en invoquant des raisons prétendument techniques. En réalité, le pouvoir vietminh, très bien renseigné, sait que va s’ouvrir la conférence de Berlin, dans laquelle la question indochinoise sera évoquée. Pour Ho Chi Minh il est donc essentiel que la bataille suive le tempo diplomatique. 71

 

Cette coïncidence des combats avec le calendrier international pourrait expliquer un mystère tactique. Pourquoi Giap n’a t-il pas anéanti l’artillerie lourde française dès le début de la bataille alors que malgré ses faiblesses initiales, elle jouera un rôle considérable de retardement ? 72

 

Une hypothèse est que Giap fut dépassé par son succès comme l’avait été les Allemands qui, utilisant pour la première fois les gaz de combat dans la Somme, ne surent pas l’exploiter. Une autre pourrait être que le commandement vietminh ait décidé, en l’épargnant, de faire durer le camp retranché pour qu’il tombe juste au moment de la conférence. En conquérant le camp point d’appui par point d’appui et malgré les pertes colossales et les contestations internes qui s’en suivirent 73, Giap créait les conditions d’une bataille épique qui trouvait son apothéose au meilleur moment politique. Une défaite brutale et hors timing en aurait peut-être altérée la dimension et l’impact.

 

D’une certaine manière les deux hommes jouaient bien au poker. Mais la dimension politique (« l’enjeu colossal » de Clausewitz) sublimait la partie du vietnamien. L’un n’avait pas voulu tout miser ; l’autre si !

 

Le Crime

 

Français et vietnamiens se sont battus à la loyale dans cet affrontement homérique. L’un a gagné, l’autre perdu. De cela il n’y a rien à dire. Mais c’est dans l’après que la guerre se transforma en crime de guerre. Pour un effectif de 15 090 hommes au 5 mai (qui inclut les parachutés) et nonobstant les pertes des deux jours suivants, le vietminh captura donc 5 500 valides et 4 500 blessés. 858, les intransportables furent rendus juste après la chute du camp 74. A la signature des accords, quelques mois plus tard, il en restitua 3 900 sur 10 000 ! 75 Les autres étaient morts d’épuisement dans cette marche de la mort vers les camps, puis de privations et de mauvais traitements – le tout accompagné d’un matraquage idéologique qui marquera définitivement les esprits des survivants. 76

 

Conclusion : « celui qui n’a pas clairement conscience de ses objectifs ne sait pas répondre à l’ennemi »

77

 

« Le vaincu médite son sort parce que sa défaite résulte toujours des fautes de pensée qu’il a dû commettre, soit avant, soit pendant le conflit. » dit le général Beaufre. 78

 

En ce moment, la mode est à l’uchronie. 79 Le général Ely, qui remplaça Navarre comme commandant en chef, avait un jour posé la question de la victoire et de ses conséquences : et si Navarre avait gagné ? 80 Un peu de chance ; une meilleure défense sur le terrain ; des réactions pertinentes les trois premiers jours ; l’arrivée des Américains, comme la cavalerie dans les Westerns. A l’instar de Waterloo, on refait toujours les batailles perdues. Fuller nous dit que « si Napoléon avait gagné (…) il est presque certain que la septième coalition se serait effondrée. Mais elle aurait été sans doute suivi d’une huitième et peut-être d’une neuvième, et finalement la France aurait été vaincue. » 81 Comme pour Waterloo, il n’est pas sûr qu’à Dien Bien Phu la victoire eût pu changer grand chose à la grande histoire. Peut-être aurait-elle retardée la perte de l’Indochine ? Guère plus. L’abandon du Tonkin et le repli sur le Sud (envisagée par le général Blanc) se profilait comme une option stratégique et, déjà, les Américains pointaient leur nez puisqu’ils assuraient tout le financement de la guerre.

 

Mais pouvait-on gagner ? L’accumulation d’erreurs tactiques et stratégiques ont conduit inéluctablement à l’échec face à des vietnamiens qui eux disposaient de l’unité tactique et stratégique (un but politique, un but stratégique, un schéma tactique et les moyens pour y parvenir). La conjonction des buts de guerre (Zweck) et des buts dans la guerre (Ziel)- tels qu’identifiés par Clausewitz, produit un avantage déterminant face à celui qui ne l’a pas. De là découle l’impossibilité française – tant pour Navarre que le gouvernement d’utiliser les rares moments stratégiques disponibles pour sortir de la nasse. A aucun moment les Français ne savent ce qu’ils veulent vraiment ! Au delà de ses erreurs personnelles, Navarre ne fut que la victime expiatoire d’un système gangréné – ce que lui reconnut bien volontiers mais en termes voilés et en secret la commission d’enquête. La solitude du commandement et l’orgueil de l’homme seul firent le reste.

 

Obsédés par questions intérieures et européennes, les gouvernements successifs ne virent l’affaire indochinoise que comme secondaire. Pour le commandant en chef, Dien Bien Phu était un problème – certes important – parmi les autres… 82

 

Navarre reconnaîtra plus tard que la conférence de Genève avait changé la nature de la bataille. Mais sur le moment, il n’en tira aucune conclusion concrète. 83 De leur côté, Giap et Ho Chi Minh agiront sur les quatre centres de gravité de l’adversaire : au niveau international, la faiblesse de la position française ; au niveau national, l’indifférence puis l’hostilité de l’opinion publique ; au niveau stratégique, accepter la bataille proposée par les Français ; au niveau tactique, paralyser l’aérodrome. Tout est dit.

 

Le maître de sabre japonais du XVIIIème siècle, Matsumura Seisan, résume la question de Dien Bien Phu, en une formule éclairante : « Lorsqu’on gagne, il y a des victoires surprenantes mais lorsqu’on perd, il n’y a pas de défaite surprenante. » 84 Sans avoir forcément lu Clausewitz ni peut-être même les stratèges chinois, Giap sût utiliser la notion de « che » ou « le potentiel né de la disposition ». 85 Le commandement français le lui apporta sur un plateau. Restait à agir ensuite sur les centres de gravité ; ce qui fut fait avec un talent consommé. L’affaire de Dien Bien Phu montre bien qu’on ne peut opposer Sunzi et Clausewitz. Les lecteurs hâtifs prennent la lecture philosophique de la guerre qui est faite dans le livre 1 (duel, montée au extrêmes, trinité, non limite de la violence) pour des recettes à appliquer sur le terrain stratégique et tactique. Or la même souplesse se retrouve chez les deux auteurs dans l’emploi. Giap en fera l’éclatante démonstration et la synthèse implicite.

 

Finalement les Français s’engagèrent dans cette affaire sans tout faire pour la gagner (y compris sur le terrain même) et avec un mélange de légèreté et de morgue envers l’adversaire alors que les Vietnamiens y allaient en faisant tout pour la gagner.

 

1] Il y a plusieurs façons d’écrire Dien Bien Phu. Nous avons choisi la plus simple.

2 Jeune officier d’artillerie affecté à l’état-major, le général Schmitt fut un parachuté volontaire de la dernière heure. Il a raconté son histoire dans son livre, « De Dien Bien Phu à Koweït City », Grasset, Paris, 1992.

3 Dien Bien Phu un coin d’enfer, Robert Laffont, Paris, 1968. En Anglais : « The siege of Dien Bien Phu, hell in a very small place ».

4 Penser la guerre, Clausewitz, tome I L’âge européen, Gallimard, Paris, 1976, p. 258.

5 Vincent Desportes, « L’impertinente pertinence » de Clausewitz, CESAT – Pensées Mili-Terre ; penseemiliterre.fr/-l-impertinente-pertinence-de-clausewitz, p. 4.

6 De la guerre, traduction du Lieutenant-colonel de Vatry, Editions Gérard Lebovici, Paris, 1989, p. 872.

7 Voir la somme de Georgette Elgey, Histoire de la quatrième République, six tomes, Fayard, Paris, 1965-2012.

8 « Cette oeuvre sera poursuivie par la France qui est et demeurera sa propre mandataire. », discours du 15 février 1945, cité par Philippe Franchini, Les mensonges de la guerre d’Indochine, Editions France Loisir, Paris, 2003, p. 72. « Le général De Gaulle et ses conseillers ont bâti leurs projets sur une analyse idéale de la situation. » in Jacques Valette, La guerre d’Indochine 1945-1954, Armand Colin, Paris, 1994, p. 35

9 Voir Philippe Maxence, « Géopolitique d’une défaite », in Le Figaro Histoire, décembre 2013-Janvier 2014 n°11.dossier Dien Bien Phu – le piège, le sacrifice, la tragédie, p. 52-55.

10 Général Henri Navarre, Agonie de l’Indochine (1953-1954), Plon, Paris, 1956, p. 2.

11 Voir avec intérêt ses démêlés avec le général De Gaulle (« les dictateurs au petit pied » ! sic), Harry S. Truman, Mémoires L’année des décisions, tome 1 L’Amérique continue 1945, Plon, Paris, 1955, p. 193-203.

12 Pour la « geste » Latrienne voir la somme de Lucien Bodard, La guerre d’Indochine, (cinq tomes 1963-1967), réédition poche Folio, Paris, 1973.

13 Jeune lieutenant il commande une province au Tonkin et a un fils métis. Il reste 9 ans en Indochine de 1924 à 1933 pour revenir avec Leclerc en 1945 ; Voir ses mémoires, Fin d’un empire, tome 1, et tome 2 notamment pour la bataille d’Hoa Binh, Presses de la cité, Paris, 1970-1972.

14 Philippe Fouquet-Lapar, Hoa Binh (1951-1952) De Lattre attaque en Indochine, Éditions Economica, Paris, 2006

15 Zone formée par les eaux du Fleuve rouge et la Rivière noire et leurs affluents formant la zone stratégique entre la capitale du Nord à l’époque et la mer (le port d’Haïfong). Ne pas confondre avec le Delta du Mekong côté Saïgon.

16 Le texte du plan Navarre est publié dans le livre de Jean Pouget qui fut son chef d’état-major avant de sauter lui-même sur le camp retranché, Nous étions à Dien Bien Phu, Presses de la cité, Paris, 1964, p. 438.

17 « D’autre part et bien qu’il eût ce même 24 juillet, demandé à être fixé sur la conduite à adopter en cas de menace d’attaque sur le royaume du Laos, le commandant en chef n’a reçu ni instructions, ni directives l’éclairant sur ce point important. Si bien que lorsque le général commandant en chef eut l’impression que l’éventualité se réalisait, il a dû prendre de lui-même la responsabilité de la décision que l’on connaît. » Texte intégral du « Rapport concernant la conduite des opérations en Indochine sous la direction du général Navarre », rédigé par la Commission d’enquête militaire, in Georgette Elgey, Histoire de la IVe République, tome 2, op. cit. p. 616.

18 Voir Jacques Favreau & Nicolas Dufour, Nasan La victoire oubliée (1952-1953) Base aéroterrestre au Tonkin, Economica, Paris, 1999, 210 pages.

19 Voir Général Vo Nguyen Giap, Mémoires, tome II le chemin menant à Dien Bien Phu, Anako éditions, Fontenay-sous-Bois, 2004, p. 286-287.

20 Georges Fleury, Histoire de la guerre d’Indochine 1945-1954, Plon Paris, 1994, p. 504.

21 Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Plon, Paris, 1979, p451-455.

22 Jules Roy, La bataille de Dien Bien Phu, Paris, René Julliard, 1963, op. cit., p. 133.

23 Voir Pierre Rocolle, ¨Pourquoi Dien Bien Phu ? Flammarion, coll. L’histoire, Paris, 1968, p. 224-234.

24 Ces points d’appui sont passés à la postérité sous des noms féminins : Anne-Marie, Béatrice, Claudine, Dominique, Eliane, Françoise, Gabrielle, Huguette, Isabelle, Junon, Lily ; soit ABCDEFG … et non le nom des filles du général de Castries comme cela a été dit parfois !

25 Fall, op. cit., p. 125-131.

26 In Jules Roy, op. cit., p. 152.

27 Castries et Cogny, in Roy op. cit., p. 165.

28 Pierre Pélissier, Dien Bien Phu. 20 novembre 1953-7 mai 1954, Perrin, Paris, 2004, op. cit., p. 214.

29 Pélissier, op. Cit., p. 209.

30 Le Haut Commissaire pour l’Indochine Maurice Dejean qui a en charge les affaires politiques – seul de Lattre cumulera les fonctions civiles et militaires, in Roy, op. cit., p. 154.

31 Roy, op. cit., p. 178.

32 Qui sera également assuré par les pilotes mercenaires des Tigres volants du fameux général Chesnault qui s’était auparavant illustrés en Chine pendant la deuxième guerre mondiale.

33 Voir Pierre Rocolle, Pourquoi Dien Bien Phu ? op. cit., p. 124 & 125 et Pierre Bruge, Les hommes de Dien Bien Phu, Perrin, Tempus, 2003, p. 120.

34 Roy, op. cit. p. 456 et Navarre, Le temps des vérités, Plon, Paris, 1979, p.334.

35 Pélissier, op. Cit., p. 361 ; Rocolle, op. Cit. p. 455.

36 Celle du 26 janvier comme celle du 13 mars ; Voir Henri Jacquin, Guerre secrète en Indochine, Olivier Orban, Paris, 1979, p. 231-327.

37 Bernard Fall, op. cit. p. 141-142. Pierre Rocolle, op. cit., p. 240-256.

38 « Selon une importante étude émanant de l’Ecole de guerre, l’état-major de Saïgon aurait « substitué aux faits, c’est-à-dire aux renseignements sérieux qui lui parvenaient, l’idée préconçue qu’il se faisait du Vietminh. » in Fall, op . Cit., p. 76.

39 Gras, op. cit., p. 527

40 Delpey, op. cit. p. 287-289.

41 Henri Navarre, Le temps des vérités, Plon, Paris, 1979, p. 377.

42 Roger Delpey, Dien Bien Phu l’affaire, Paris, Editions de la pensée moderne, Paris, 1974, p. 320-326, et Bernard Fall, op. cit., p. 145 ; propos réitérés par le général Fay sur le site lors de l’inspection du 19 février avec les mêmes, voir Pierre Pélissier, op. cit. p. 229-232, idem pour Jules Roy, p. 177 et Georges Fleury, La guerre en Indochine 1945-1954, Plon, Paris, 1994, p. 617.

43 Jacques Valette, op. cit., p. 326.

44 Pélissier, op. cit., p. 224.

45 Voir Cdt. Gilbert Bonnier, « Rapport Catroux sur Dien Bien Phu », Revue historique des armées n°1 1994, p. 73. cet article est une analyse du « rapport sur la conduite des opérations ... » dont le texte intégral figure dans l’ouvrage de Georgette Elgey, op. cit. Le Rapport n’est pas tendre avec le général Fay à qui « il appartenait de tirer les conséquences des lacunes révélées par lui et de s’employer à procurer aux combattants les matériels, les personnels et les crédits qui leur manquaient. » p. 74

46 Général Yves Gras, op. cit., 537. La commission d’enquête partage le même point de vue. Cdt. Bodinier, « Rapport Catroux », op. cit., p. 74.

47 Il y a débat : Castries a affirmé que la décision avait été prise par Hanoï et qu’il l’aurait refusé s’il avait dû décider seul. Rocolle (p. 360) affirme qu’elle l’a été par le général Gambiez en l’absence de Navarre à Saïgon. Gras (p. 547) et Roy (p. 207) considèrent qu’elle a été prise par Cogny ce que semble confirmer les mémoires de Navarre qui aurait refusé la trêve s’il avait été saisi. Le temps des vérités, op. cit. p. 428.

48 Castries accepte la proposition du Vietminh d’une trêve pour ramasser les blessés après la chute de Béatrice, interdisant de facto la reprise de ce point clé de la défense.

49 Dien Bien Phu, Artilleurs dans la fournaise, Presses de la cité, Paris, 1993, p. 258.

50 Voir Laurent Césari et Jacques de Folin, « Le projet « Vautour » en France : nécessité militaire, impossibilité politique », in Denise Artaud & Laurence Kaplan (dirs), Dien Bien Phu, l’Alliance atlantique et la défense du Sud-Est asiatique, La manufacture, Lyon, 1989, p. 137-156.

51 Voir George Herring & Richard Himmerman, « Le jour où nous ne sommes pas entrés en guerre », La politique américaine au moment de Dien Bien Phu : un réexamen », idem, p. 103-136.

52 Général Catroux, op. cit., p. 213.

53 Nom symbolique qui fait référence au général Grec qui conduisit en 401 av. JC la retraite des « Dix mille » (mercenaires grecs du roi Cyrus). Il raconte lui-même cette épopée dans son ouvrage l’Anabase. Voir Pierre Journoud & Hugues Tertrais, Paroles de Dien Bien Phu, les survivants témoignent, Tallandier, Paris, p. 88-91.

54 Cadeau op. cit., p 149-150

55 Voir colonel Roger Trinquier, La guerre, Albin Michel, Paris, 1980, p. 271. Les actions vers le camp retranché des groupes Godart et Loustau sont improprement connues sous le nom de « colonne Crèvecoeur » du nom du colonel du même nom qui commandait au Laos.

56 Cerise sur le gâteau, l’engagement de ces groupements sera fait sans véritable coordination ni connaissance mutuelle car ils ne relèvent pas des mêmes directions opérationnelles (Vientane, Saïgon, les services secrets,…). Voir Jean Sassi avec Jean-Louis Temblay, Opérations spéciales 20 ans de guerre secrète, Nimrod, Paris, 2009, p. 240-247 et Henry-Jean Loustau, Les derniers combats d’Indochine 1952-1954, Albin Michel, Paris, 1984, p. 224-246.

57 Clausewitz et la guerre, PUF, Philosophies, Paris, 1999, p. 34.

58 De la guerre, op. cit., 245.

59 Idem, p. 169.

60 Discours du 8 mars 1918 devant les Chambres.

61 De la guerre, op. cit., p. 33.

62 Gambiez sait de quoi il parle. Il est chef d’état-major du général Navarre et perd un fils à Dien Bien Phu.

63 Général Gambiez & Colonel Suire, L’épée de Damoclès, la guerre en style indirect, Plon, Paris, p. 34.

64 Lettre au Secrétaire d’Etat Marc Jacquet du 1er janvier 1954, Roy, op. cit. p 441.

65 Penser la guerre, Clausewitz, 1 l’âge européen, op. cit. p. 334.

66 De la guerre, op. cit. , p. 886.

67 Navarre, L’agonie de l’Indochine, op. cit. , p. 260-263. Catroux, op. cit., p. 112.

68 Voir notamment Ivan Cadeau, Dien Bien Phu 13 mars-7 mai 1954, L’Histoire en bataille, Tallandier, Paris, 2013, p. 171.

69 Général André Beaufre, Introduction à la stratégie, Pluriel, Hachette Littératures, 1963 - 1998, p. 184.

70 Voir notamment Alain Ruscio, Dien Bien Phu, la fin d’une illusion, L’Harmattan, Paris, 1987.

71 Jean Pouget, op. cit., 1954, p. 179-180 ; et Pélissier, p. 207-208.

72 « …, tout en lançant sa marée humaine à l’assaut de Béatrice, (…) Giap est passé ce jour là à côté de l’idée de génie (…) le chef de l’A.P.V. avait les moyens d’anéantir l’artillerie française en déclenchant contre elle la totalité de ses tubes. » Henri de Brancion, op. cit. p. 285.

73 Pélissier, op. cit., p. 343-345 et Giap ; op. cit., p. 261.

74 Rocolle, op. cit. pp 548-549.

75 Valette, op. cit., p. 331.

76 Voir Jean Pouget, Le manifeste du camp n°1, Taillandier, Paris, 2012 & Erwan Bergot, Convoi 42, Presses de la Cité, Paris, 1986.

77 Sunzi, L’art de la guerre, Champs Flammarion, Paris, paris, 1972, p. 118.

78 Introduction à la stratégie, op. it., p. 181.

79 Selon Wikipedia, Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé.

80 Fall, op. cit. p 489.

81 J. C. F. Fuller, Les batailles décisives du monde occidental, Berger-Levrault, Stratégies, Paris 1981, p. 304.

82 Ce sera un des gros reproches de la commission d’enquête. »En définitive, ainsi qu’il a été déjà mentionné, le général Navarre ayant accepté la bataille du Nord-Ouest, a commis l’erreur de ne pas la situer à son véritable plan, c’est-à-dire de ne pas la considérer – du moins dès la fin de décembre – comme la bataille principale de la campagne, celle qu’il fallait gagner ... » in Elgey, p. 587.

83 Henri Navarre, L’agonie de l’Indochine, op. cit., p. 299.

84 Cité par Kenji Tokitsu, La voie du karaté, pour une théorie des arts martiaux japonais, Seuil, Paris, 1979, p. 167.

85 François Jullien, La propension des choses. Pour une histoire de l’efficacité en Chine, Seuil, Points Essais, Paris, 1992, p. 23.

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 12:35
INS Vikrant (1984) - photo Admiral Arun Prakash (retd)

INS Vikrant (1984) - photo Admiral Arun Prakash (retd)

 

November 23, 2014 Livefist

 

Twenty seconds of heartbreak. A dozer yanks the ski jump head off of INS Vikrant as her scrapping begins in Mumbai (Vikrant was fitted with a ski jump in the late 1980s to ease Sea Harrier operations). Truly sad to see her go. Sure, some would argue that its best to let old relics fade away. Somehow, the Vikrant wasn't just an old relic. It was India's first aircraft carrier. It was involved in an unforgettable cat and mouse hunt during the 1971 war. And most of all, it was going to be possible to keep her alive as a privately funded museum with almost no public expense.
 
The British Majestic-class aircraft carrier, was transferred to the Indian Navy in 1961, serving 36 years before being decommissioned in 1997. Languishing as a half-hearted, mostly out-of-bounds relic at the Mumbai naval dockyard for nearly two decades, she was finally towed to a south Mumbai shipbreaking yard, where they began ripping her up late last week.
 
When I went on board Vikrant in 2011, she had just been cleaned up and renovated in preparation for a possible private buyout for conversion into a museum-cum-event venue. None of that worked out. 
 
So, over the next eight months, a ship steeped in history, will be cold rolled into those twisted steel bars for building construction work.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:35
La Chine s’affirme en Méditerranée

 

25 novembre 2014 par François d'Alançon – LaCroix.com

 

Au printemps 2015, la marine chinoise fera une nouvelle apparition en Méditerranée. L’occasion ? Des exercices navals conjoints avec la Russie annoncés la semaine dernière à Pékin. Un signe des ambitions de Pékin qui montre ses prétentions de puissance globale.

L’an dernier, la marine chinoise avait envoyé une flottille pour un mois en Méditerranée. En 2007, Pékin avait affiché pour la première fois sa présence en Méditerranée avec deux bateaux.

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:35
Garuda 5 - photo Livefist

Garuda 5 - photo Livefist

 

November 29, 2014 Livefist

 

So, as I mentioned in my earlier post, sticking points in negotiations between Dassault Aviation and HAL remain the chief reason why a draft contract hasn't reached finality. There have been a few reports that point to general difficulties in negotiations between HAL and Dassault on liability for the 108 aircraft that the former will license build in Bangalore. What you probably haven't heard about are the specific stumbling blocks. There are basically three:
 

 

  1. Responsibility for the 108 aircraft in terms of liability, damages and attendant clauses on access, inspection and post-manufacture testing. Dassault's concern is that HAL hasn't built up any of the fixed assets which the company feels would be the minimum requirement to begin discussing the modalities of the kind of liability HAL wants Dassault to take on for the jets built in India. With the last 60 aircraft to be as much as 90% 'Made in India',   

  2. The ball is apparently in HAL's court, with Dassault telling the Cost Negotiation Committee (CNC) that it still awaits figures from HAL on the financial specifics of the liability it is seeking to transfer to Dassault. Dassault has asked HAL to clarify the specifics of any similar liability parameters in comparable deals like HAL's Su-30 MKI production line on license from Russia.

  3. Modalities of licensee/licensor and the manner in which the final agreement sets down their roles. Things are actually more contentious than most believe/report. Dassault has even flagged up issues with access to HAL's facilities.

Done and dusted clauses of the exhaustive contract cover pretty much all other aspects. The company's aversion for HAL manifested itself two years ago when it was revealed that Dassault wanted to built some of its aircraft with Reliance Industries' new defence business. With an irritated HAL putting its foot down and asserting itself as the principal production partner, the relationship between the two has been, well, uncertain at best. Both sides will be looking to new leadership at the MoD to get things moving.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:35
Navy's Birdies mark another milestone

MRH-90 Taipan helicopter recently participated in deck handling trials on HMAS Canberra. (photo: ABIS Cassie McBride)

 

01 December 2014 news.navy.gov.au

 

As the Navy's newest ship's company prepared for her commissioning ceremony, two Navy helicopters marked a different milestone by making the first deck landings on Australia's largest warship.

A MRH90 'Taipan' from 808 Squadron and an S-70-B Seahawk from 816 Squadron flew to Fleet Base East, Sydney from their base at HMAS Albatross, Nowra to begin deck handling trials with Canberra's aviation support crew.

 

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The Royal Australian Navy's latest helicopter, the MH-60R Seahawk, flies past the Navy's latest ship, HMAS Canberra in Sydney, NSW.

The Royal Australian Navy's latest helicopter, the MH-60R Seahawk, flies past the Navy's latest ship, HMAS Canberra in Sydney, NSW.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:35
Inde : les grands de la défense multiplient les partenariats

Snecma créé co-entreprise maintenance moteurs d’avions militaires. La filiale Safran associée l’indien Max Aerospace (25 % 75 % respectivement capital). L’activité concerne notamment Mirage 2000H «Vajra » de l’Indian Air Force.

 

26/11/2014 Patrick de Jacquelot / Correspondant en Inde

 

Boeing et ses homologues occidentaux nouent des alliances locales. Le but : répondre à la volonté de New Delhi d’indigéniser son industrie militaire.

Boeing est à la recherche de partenaires indiens dans le secteur de la défense pour nouer « des relations stratégiques et approfondies », vient d’affirmer le vice-président en Inde du groupe américain d’aéronautique et de défense dans une interview à Bloomberg. La déclaration fait suite, selon lui, à la décision prise cet été par le nouveau gouvernement de porter le plafond des intérêts étrangers dans les sociétés indiennes du secteur de 26% à 49%, décision « bienvenue » selon le responsable de Boeing.

Le groupe américain se joint à un mouvement bien engagé, marqué par des partenariats de plus en plus nombreux et étroits entre fournisseurs d’armements internationaux et groupes indiens. Cette vague résulte non pas du relèvement du plafond des investissements directs étrangers, mais plutôt de la volonté des pouvoirs publics de pousser à la fabrication en Inde du matériel acheté par ses armées.

 

Des contrats de plus en plus souvent passés avec un groupe indien chef de fille

Premier importateur mondial d’armes, l’Inde achète à l’étranger plus de 70% de ses équipements, en l’absence de groupes nationaux capables de fournir les matériels sophistiqués dont son armée a besoin. Narendra Modi, le nouveau Premier ministre, qui veut promouvoir le développement de l’industrie indienne dans tous les domaines a, du coup, mis particulièrement l’accent sur celui de la défense.

Dès lors, les règles du jeu sont en train de changer. Ces dernières années, les contrats étaient souvent passés avec un fournisseur étranger, à charge pour lui de faire fabriquer une partie du matériel par un sous-traitant en Inde. C’est le cas du contrat en cours de négociations pour l’achat de Rafale : c’est Dassault qui les fournira, la majeure partie des appareils devant être fabriqués sur place par le groupe public HAL.

Dorénavant, on s’oriente de plus en plus vers des contrats passés avec un groupe indien chef de file qui se fournit en technologie auprès d’un partenaire étranger. L’exemple le plus flagrant est intervenu l’été dernier quand le gouvernement a annulé l’appel d’offres lancé auprès des constructeurs internationaux pour 197 hélicoptères, pour le remplacer par un appel d’offres destiné aux groupes indiens – à charge pour eux de trouver le bon fournisseur étranger.

Il devient dès lors essentiel pour les groupes occidentaux d’identifier des partenaires avec qui répondre ensemble aux appels d’offres. Comme le dit le représentant à Delhi d’un groupe français, « si on veut se développer ici, il est clair que nous n’avons pas d’autre choix que d’y accroître notre présence industrielle ». D’où la vague de partenariats ces derniers mois : Airbus, Thales, Safran ont pris récemment de telles initiatives. A noter qu’aucuns n’implique la création de co-entreprise où le partenaire étranger détiendrait 49% : « à 26% on est minoritaire, à 49% on le reste », note un professionnel qui déplore que le gouvernement n’ait pas relevé la barre à 51%.

La recherche de partenaires ne va pas de soi : les groupes privés du pays n’ont pas ou peu d’expérience dans la défense. Tous les projets n’aboutissent d’ailleurs pas. L’été dernier, une co-entreprise entre DCNS et le groupe Pipavav pour la construction de navires militaires a été bloquée par l’Etat français en raison de l’opacité des opérations du constructeur naval indien.

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 07:35
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

 

November 29, 2014 Livefist

 

An exhausted French government is probably seeing it as fortuitous that new Indian defence minister Manohar Parrikar's first foreign guest will be French defence minister Jean-Yves Le Drian, who arrives tomorrow in Delhi on a two-day visit. He meets Parrikar on Monday late in the morning. This will be Le Drian's third visit as his country's defence minister to India.

 

In January, the Indian MoD and Dassault Aviation will mark three years since the Rafale won the final downselect in 2012. A contract for 126 Rafale fighters remains in final negotiations, heaving and jerking across over 24 months. As the French minister arrives for what Paris hopes will be the last political push required to see the deal through, here's a quick round-up of six key developments that set out the state of play:
 

 

  1. On November 28 in Parliament, defence minister Parrikar made his most direct comment on the MMRCA negotiations, on which he is reported to have said, "Where defence acquisitions have almost come to end stage, we will stick to RFP (request for proposal)." In other words, while the new government focus would be on procurement routes that were reserved for Indian-made equipment or foreign equipment license-built in India, deals like the MMRCA would not be tinkered with. The MMRCA

  2. IAF chief Air Chief Marshal Arup Raha has met defence minister Parrikar three times since the latter took office (the first was a courtesy call, and they didn't talk shop). At both of the other two meetings, the IAF chief stressed the 'No Plan-B' message initiated by his predecessor.

  3. While negotiations are largely complete, the issue of OEM liability for the 108 aircraft that HAL will build in Bangalore hasn't been ironed out just yet. Reports on this issue have only touched the surface. It's a far greater sticking point than its being reported to be (my next goes into specifics). This could take a while to fix. The French defence minister's team will almost definitely have something to add on this. We'll know Monday.

  4. As negotiations plod through the so-called final stretch, the political establishment is looking for a way to peg the Rafale deal as a shining package for Prime Minister Modi's 'Make in India' campaign (he wants to do this with the navy's P75I too). Apart from certain voices on the inside, the deal isn't politically contentious given that negotiations took place largely under the previous government. In that light, I hear the present administration may be looking to own the deal better if it needs to.

  5. It's been nine months since then defence minister A.K. Antony threw his hands up in Feb this year and said the Rafale deal had to be pushed back because of a funds crunch. His successor Arun Jaitley, who doubled usefully as Finance Minister for the six months he spent at the MoD, didn't quite clarify on budgetary flexibility except to say that funds for all priority acquisitions would be made available. That's saying a lot without saying anything at all. Like most things in the MMRCA so far.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 07:35
Drone Down! Indian Heron UAV Crashes

 

November 26, 2014 Livefist

 

Drone down. An IAI Heron unmanned aerial vehicle of the Indian Air Force crashed today [26 nov] near Bhuj in western India. Indications are that the crash followed engine trouble and subsequent loss of control. The Indian Navy has lost a few Searcher MK.IIs in the past, but I'm pretty sure this is the first crash of the larger Heron, the most advanced unmanned air system currently in Indian service. The IAF and Indian Navy operate about 45 Heron I/IIs between them, with the government clearing a 15 Heron buy 11 months ago.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 07:35
First Photo From Akash SAM's Slam-dunk Week

 

November 22, 2014 Livefist

 

Smashing week for India's Akash SAM. Not that it needed any more of a push. But what a week.

 

This image from noon on Friday is the first one out from this week's training user trials of the Akash SAM conducted by the Indian Air Force at the Integrated Test Range (Nov 17-21). This particular test on Friday at 12.10pm involved a quick succession salvo test in which the two SAMs in the picture were fired at Meggitt Defence Systems Banshee Jet 80 aerial targeting drones.

 

The New Indian Express quotes a source as saying, "While the first missile successfully destroyed a fast moving aerial target at a low altitude, the second missile had a direct hit with the unmanned aerial target Banshee Jet 80 nearly 4-km away at 35 meter altitude above sea level proving the system’s capability against subsonic cruise missile." (While this is largely what I hear from my sources too, I'm picking up that that the range was more out to about 8-km in the low-altitude engagement and about 24-km for the second missile).

 

Starting Monday, a random selection of production series Akash missiles (from Bharat Dynamics Ltd) were fired at a series of targets ranging from para barrels, flare targets and on two occasions the Banshee Jet 80 drone. The series of tests is being described as the most successful so far (similar tests in April and June went well too though).

 

The Akash SAM has been in service for over two years now. This weeks training user trials have proven once again the system's maturity. Orders worth $3.7 billion have so far been placed by the IAF and Army (eight IAF squadrons and two regiments) on the Akash SAM system, and there will be more.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 06:35
Decks Cleared For Indian Truck-Mounted 155mm Gun Competition

 

November 22, 2014 Livefist

 

The Indian MoD's Defence Acquisition Council (DAC), the first chaired by new defence minister Manohar Parrikar, today cleared the Indian Army's proposal to tender for 814 mounted gun systems (MGS), a deal that could be worth $2 billion. Known contenders are Tata SED with its 155mm Tata-truck mounted gun system and the L&T-Ashok Leyland-Nexter 155mm CEASAR gun mounted on an Indian-built Super Stallion 6x6 chassis (photo). More details soon.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 08:35
2nd Cavalry Regiment Welcome Parade

Australian Army M1A1 Abrams tank during the parade welcoming the 2nd Cavalry Regiment to 3rd Brigade at Lavarack Barracks in Townsville, Queensland, 27 November 2014.

 

source Australia Army


Australian Army’s 2nd Cavalry Regiment has officially taken up its role as the armoured cavalry regiment within the 3rd Brigade at Lavarack Barracks in Townsville, Queensland. As part of the Australian Army’s modernisation plan, 2nd Cavalry Regiment’s incorporation into 3rd Brigade is an important milestone in the development of the combat brigade. It provides the brigade with full armoured capability with tanks, light armoured fighting vehicles and armoured personnel carriers. Mascot, wedge-tailed eagle Warrant Officer Class Two Courage, supported in the transition by Billabong Wildlife Sanctuary, has joined the regiment in its new home.

The 2nd Cavalry Regiment has contributed to many important Australian military operations. In 1999, detachments were part of the initial Australian contribution to stabilisation operations in Timor-Leste, and continued to support all subsequent Australian troop deployments. In Iraq, the regiment played a leading role and several supporting roles in a variety of deployments from 2003 to 2011. And, in Afghanistan, the regiment undertook mentoring roles and supported reconstruction efforts. It completed Australia’s mission in Uruzgan province in Afghanistan in 2013.

3rd Brigade is a multi-role combat brigade consisting of more than 4000 military and civilian personnel. The soldiers of 3rd Brigade are currently celebrating its centenary. The brigade was first formed in August 1914 for service during the First World War, taking part in the fighting at Gallipoli and on the Western Front in Europe. Elements of 3rd Brigade were the first ashore at Gallipoli on 25 April 1915 and remained on the peninsula until December 1915.

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 08:35
HAL’s third LCH prototype conducts maiden flight

 

17 Nov 2014 By: Greg Waldron - FG

 

Hindustan Aeronautics (HAL) has conducted the maiden flight of the third test aircraft in the Light Combat Helicopter (LCH) programme, with the company confident of attaining initial operational capability by September 2015.

The aircraft, designated TD-3, flew a 20 minute flight on 12 November from the airfield adjacent to HAL’s Bengluru factory, says the airframer in a statement.

TD-3 joins TD-1 and TD-2 in the test programme for the new helicopter. The previous two examples have accumulated 285 flying hours in 388 flights since the maiden flight of TD-1 in March 2010.

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 07:35
Sikorsky Set To Win Quarrelsome Indian Contest


18.11.204 by Livefist

This was coming. In more than one way. And there's really no other way to put it. The paperwork hasn't gone out officially yet, but the NHIndustries NH90 is effectively out of the Indian Navy's multirole helicopter (MRH) contest, a fight for a 16 copter deal in which it squared off against Sikorsky's S-70B Sea Hawk. It isn't really just about being right (I had also written of the possible effects), but about how NHIndustries' fate was probably sealed long before the AgustaWestland VVIP helicopter scandal threw a cloud over all of Finmeccanica's potential business (NHIndustries is 32% owned by AgustaWestland) in India.

 

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 07:35
India to Develop a Competitor to the Trophy

 

12/11/2014 Ami Rojkes Dombe – Israel Defense

 

The Defence Research and Development Organisation (DRDO) of the Indian Army is looking to develop an active protection system for armored vehicles. If and when such a system will be materialized, it will compete against the Israeli "Trophy" by Rafael

 

An Expression of Interest (EOI) published by the Combat Vehicles Research and Development Establishment (CVRDE) of the Indian Army, which operates under the DRDO, the Indian R&D agency (Indian equivalent of MAFAT), invites interested parties to participate in developing an active protection system for armored vehicles against a broad spectrum of threats, including anti-tank missiles. So it seems that this system would compete against Rafael's "Trophy" system.

According to the tender proposal, the system should have "Multispectral Sensor based threat detection", including radar and laser sensors to cover a wide variety of threat velocities ranging from 70 - 240 m/sec. The system should have engagement range from 50 to 150 m, and quick reaction time to effect neutralization before 50 m.

Under the terms of the tender, the company chosen to develop the system will be required to develop the active defense system together with the DRDO, and it must be willing to manufacture the system in India. As the announcement states, there is nothing preventing foreign companies from participating in the tender. Are we likely to see Israeli companies participating? Proposals should be sent until January 29th, 2015. For tender details click here.

 

Vijainder K Thakur contributed to the article.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 18:35
Coopération de la FS Vendémiaire avec la marine indonésienne

 

20 Novembre 2014 Source : Marine nationale

 

Poursuivant son déploiement annuel en Asie, commencé le vingt octobre dernier, la frégate de surveillance Vendémiaire a rejoint Jakarta le 6 novembre 2014 pour cinq jours riches en interactions avec la marine indonésienne.

 

Au terme d’une nuit de navigation à travers le détroit de la Sonde, séparant les îles indonésiennes de Sumatra et de Java, le Vendémiaire est parvenu au large de Jakarta le 6 au matin. Un patrouilleur de la marine indonésienne, le KRI Halasan, l’y attendait pour l’accompagner à quai.

 

Après un échange de saluts et un « Selamat datang » à la VHF (qui signifie « bienvenue »), la frégate française a été escortée au milieu des centaines de navires de commerce et boutres de toutes tailles qui s’activent dans un brouillard permanent aux portes de Jakarta.

 

Les quatre jours d’escale avaient lieu en même temps que le salon d’armement « Indodéfense » de Jakarta. Plusieurs délégations de marins du Vendémiaire se sont rendues sur ce salon qui accueillait par ailleurs un certain nombre d’entreprises françaises présentes sur le marché local et régional.

 

Coopération de la FS Vendémiaire avec la marine indonésienne

 

Cette escale a été marquée également par la venue à bord du contre-amiral Morio de l’Isle, commandant la zone maritime du Pacifique, ce qui a permis de faire un point de situation sur la mission du Vendémiaire dans la région.

 

Ces quelques jours auront aussi été l’occasion pour l’équipage de la frégate de préparer un « PASSEX » en collaboration directe avec des officiers d’une marine n’appartenant pas à l’OTAN et ayant donc des méthodes de travail et des procédures différentes des nôtres.

 

Ainsi, au matin de l’appareillage, un autre patrouilleur indonésien, le KRI Tjiptadi et la frégate française se sont retrouvés devant Jakarta pour une journée d’entraînement mutuel. Un exercice d’évolution tactique et un exercice de lutte contre les menaces asymétriques avaient été organisés. Le bilan fut positif, bien qu’une avarie sur le patrouilleur ait finalement contraint les commandants des deux navires à écourter les exercices. Après une dernière visite de courtoisie en zodiac du commandant en second du Vendémiaire à bord du patrouilleur, la frégate a finalement repris sa route vers le Nord pour poursuivre sa mission en Asie du Sud Est.

 

Plusieurs exercices étant d’ores et déjà prévus avec des marines de la région, suivis d’escales qui permettront de consolider les liens établis, la coopération régionale et les échanges seront toujours d’actualité dans les semaines à venir. A cela s’ajoute une participation active au Contrôle Naval Volontaire (CNV SEA) dans le Sud Est Asiatique. Ce programme basé sur des conventions entre la Marine nationale et les armateurs français, voire des particuliers, permet un échange de bons procédés pour contribuer à la sécurité maritime dans la zone. Il montre l’attachement de la France à la libre circulation sur les routes de commerce maritime en général et à la protection des entreprises françaises en particulier.

 

Le Vendémiaire est déployé dans le Pacifique et en Asie du Sud Est. Les objectifs du déploiement sont d’entretenir notre connaissance de la zone d’intérêt stratégique Asie-Pacifique, de développer la coopération avec les marines riveraines, tout en réaffirmant l’attachement de la France à la liberté de navigation.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 13:35
Le CEMAA Malaisien en visite à Orléans-Bricy

Le CEMAA Malaisien en visite à Orléans-Bricy

 

20/11/2014 Armée de l'air

 

Le chef d’état-major de la Royal Malaysian Air Force (armée de l’air malaisienne) s’est rendu sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, lundi 17 novembre 2014, afin d'assister à une démonstration du programme A400M et une présentation statique du Rafale.

 

Accueilli par le colonel Gilles Besançon, commandant la base aérienne 123, accompagné du général Vincent Carré, chef du bureau préparation de l’avenir à l’état-major de l’armée de l’air, il  a rencontré les différents acteurs du programme A400M. La Royal Malaysian Air Force (RMAF) a en effet commandé quatre exemplaires de l’aéronef. Le chef d’état-major de la RMAF, le général Dato’Seri Rosland Bin Saad s’est vu présenter la situation complète sur la mise en service de l’avion. Du concept de maintenance de l’A400M, en passant par la formation et les premiers retours d’expériences des missions opérationnels de l’avion, cette visite a permis une approche synthétique de l’environnement, humain, matériel, infrastructure du programme A400M.

Le CEMAA Malaisien rencontre les différents acteurs du programme A400M
Le CEMAA Malaisien rencontre les différents acteurs du programme A400M

Le CEMAA Malaisien rencontre les différents acteurs du programme A400M

Dès 2015, une dizaine de personnes, équipages et mécaniciens de la RMAF seront accueillis par l’ensemble des acteurs A400M pour accompagner la montée en puissance de l'aéronef en Malaisie. Les personnels de l'escadron de soutien technique aéronautique 2/61 « Loiret » et de l'escadron de transport 1/61 « Touraine » seront ainsi les principaux interlocuteurs des aviateurs malaysiens.

 

Cette rencontre ouvre ainsi de nouvelles perspectives de coopération bilatérale entre les deux armées de l’air qui ont pu être évoquées lors de l’entretien à Paris entre le général malaisien et son homologue français, le général Denis Mercier.

Le général Denis Mercier et son homologue malaisien

Le général Denis Mercier et son homologue malaisien

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 12:36
FANC : voyage de fin de scolarité des élèves de l’Ecole de Guerre néo-zélandaise

 

18/11/2014 Sources : État-major des armées

 

Tous les ans, les forces armées de Nouvelle-Zélande organisent un déplacement international pour les officiers supérieurs, élèves de leur Ecole de Guerre, Advanced Command and Staff Course (Joint) – ACSC(J), et les majors des trois armées qui suivent le cours Joint Warrant Officers Advance Course (JWOAC).

 

Dans le cadre de ce voyage de fin de scolarité, les forces armées en Nouvelle-Calédonie (FANC) ont accueilli du 11 au 14 novembre cette délégation. Composée de 62 militaires et civils de quatorze des pays partenaires de la région, cette délégation était dirigée par le contre-amiral Wayne Burroughs, chargé de mission auprès du chef d’Etat-major néo-zélandais.

 

 Le but de cette visite, inscrite dans le programme de formation de haut niveau interarmées et international des forces néo-zélandaises, était de permettre aux élèves officiers de comprendre la position de la France dans le Pacifique et le rôle des FANC, mais aussi de mieux apprécier l’engagement et les missions des forces armées françaises à l’échelle régionale et mondiale.

 

A cette fin, la délégation a notamment bénéficié de conférences axées sur les FANC et leurs missions et sur nos derniers engagements en Libye  et au Mali ; d’une visite du musée de la Seconde Guerre mondiale, et de démonstrations par le régiment d’infanterie de Marine Pacifique Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC) au camp Broche à Plum.

 

 Les FANC constituent le point d’appui central du « théâtre Pacifique» avec un dispositif interarmées centré sur un groupement tactique interarmes (GTIA) et les moyens de projection associés. Avec les Forces armées en Polynésie Française (FAPF), dispositif interarmées à dominante maritime, les FANC ont pour principale mission d’assurer la souveraineté de la France dans leur zone de responsabilité, d’animer la coopération régionale et d’entretenir des relations privilégiées avec l’ensemble des pays riverains de la zone pacifique. Enfin, les FANC engagent régulièrement leurs moyens pour des opérations d’aide aux populations, en appui des autres services de l’Etat.

FANC : voyage de fin de scolarité des élèves de l’Ecole de Guerre néo-zélandaiseFANC : voyage de fin de scolarité des élèves de l’Ecole de Guerre néo-zélandaise

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 11:35
Visite officielle en Inde de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine nationale

L’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine nationale, passe en revue la garde d’honneur, à New Delhi le 13 novembre 2014 - photos Indian Navy

 

20 Novembre 2014 Marine Nationale

 

L’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine nationale, a été reçu par l’amiral R.K. Dhowan, chef d’état-major de la Marine indienne, lors d’une visite officielle en Inde du 13 au 18 novembre 2014. À Delhi, il s’est entretenu avec M. Rao Inderjit Singh, ministre délégué à la Défense, avec le général d’armée aérienne Arup Raha, chef d’état-major de l’Armée de l’air et président du comité des chefs d’états-majors, avec M. RK Mathur, secrétaire général du Ministère de la Défense et avec le général de corps d’armée Philip Campose, vice-chef d’état-major de l’Armée de terre. À Mumbai, il a été reçu par le vice-amiral d’escadre Anil Chopra, commandant en chef du Commandement naval ouest avant de visiter un bâtiment de la flotte de l’ouest ainsi que le chantier Mazagon Dock Limited, qui construit 6 sous-marins Scorpen» avec l’assistance de la société française DCNS.

 

Les entretiens très productifs avec les plus hautes autorités du Ministère de la Défense et de la Marine indienne ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale en matière navale et de sécurité maritime, ainsi que sur le soutien de la marine nationale à la formation des futurs équipages des Scorpene. La visite du chantier a permis de constater l’avancement dans la construction des sous-marins.

 

La visite officielle en Inde de l’amiral Rogel a été l’occasion de rappeler la solidité de la coopération de défense franco-indienne, établie de longue date, et de constater l’excellence des rapports entre les Marines nationales française et indienne. Elle a permis de souligner la convergence de vues des deux pays en matière de sécurité maritime, notamment dans l’océan indien, ainsi que leur intérêt partagé à renforcer leur coopération bilatérale.

Visite officielle en Inde de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine nationaleVisite officielle en Inde de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine nationale
Visite officielle en Inde de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine nationale

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 17:35
Publication : le personnel de la défense en France et au Japon



 18/11/2014 SGA/DRH-MD

 

Dans un contexte de renforcement de la coopération de défense entre la France et le Japon, la direction des ressources humaines du ministère la défense a réalisé avec son homologue japonaise la publication intitulée « Le personnel de la défense en France et au Japon ».

 

Cette publication concrétise une coopération soutenue entre la France et le Japon dans le domaine de la politique du personnel civil et militaire de nos deux ministères, coopération dont se sont félicités les ministres de la défense français et japonais lors de leur rencontre, au Japon, les 28 et 29 juillet derniers.

Cette broche offre également, pour la première fois, une vision comparée des ressources humaines de la défense de ces deux pays.

 

Brochure franco japonaise (format pdf, 2 MB).

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:40
Après l’échec du dialogue à Brisbane, sombre avenir pour les relations Est-Ouest

Le président russe Valdimir Poutine en conférence de presse avant son départ du sommet du G20 à Brisbane, en Australie, le 15 novembre 2014 (Service de presse du Kremlin)

 

16 novembre 2014 par Jacques N. Godbout – 45eNord.ca

 

Le départ anticipé du sommet du G20 à Brisbane de Vladimir Poutine, vilipendé par les puissances occidentales, tout particulièrement les pays anglo-saxons, le premier-ministre canadien allant jusqu’à l’attaquer frontalement, laisse présager un durcissement des positions de Moscou, estiment des experts.

 

Dès l’ouverture du sommet vendredi, les puissances occidentales avaient largement attaqué la Russie, qualifiée de «menace pour le monde», accusée de chercher à «restaurer la gloire perdue du tsarisme» et, se référant à l’Ukraine, d’«agresser» des pays plus petits.

En outre, la «main froide» du premier ministre Stephen Harper au président russe au premier jour du sommet a ajouté à l’humiliation du maître du Kremlin.

Rencontrant le président russe au premier jour du sommet, le premier ministre canadien a en effet laissé entendre qu’il n’avait pas tellement le choix de lui serrer la main, mais il en a profité pour lui intimer, sur un ton «reaganien», de «retirer les troupes russes de l’Ukraine».

Finalement, après deux journées de discussions marquées par des attaques de plusieurs dirigeants occidentaux fustigeant «l’agression» de la Russie en Ukraine, le chef du Kremlin a quitté le sommet de Brisbane bien avant ses homologues et avant la publication du communiqué final, l’Iliouchine présidentiel décollant dimanche de Brisbane aux alentours de 14h15, heure locale.

Saluant diplomatiquement une atmosphère et des discussions «constructives» lors de ce sommet, même si «certains points de vue» de la Russie «ne coïncident pas» avec ceux d’autres pays du G20, le président russes est parti en affichant ce sourire qui lui est propre.

 

Humiliation

«Au sommet du G20, les hôtes australiens ont tenté d’humilier Vladimir Poutine de toutes les manières imaginables», a réagi le magazine russe Expert.

Et le magazine pro-gouvernemental russe de rappeler que Poutine était prêt à faire des compromis, mais pas à abandonner les russophones de l’Est ukrainien. À son tour, Moscou et au sommet, et après il a souligné qu’il est prêt à faire des compromis. «Poutine a une fois de plus clairement défini les lignes rouges russes dans le Donbass», écrit Expert.

«Ainsi, Moscou a clairement indiqué que non seulement continueront à envoyer dans la région des convois humanitaires ([la septième, est déjà sur le territoire du Donbass), mais aussi de les protéger [les citoyens de l'Est ukrainien, ndlr] contre l’agression de l’armée ukrainienne.», poursuit le magazine pro-Kremlin.

Le président russe a répété à Brisbane qu’il est encore un partisan du projet d’une Ukraine fédérale. «Pour la Russie, il est important que les intérêts des personnes vivant dans toute l’Ukraine, y compris dans le sud-est soient respectés, qu’ils jouissent des mêmes droits», a redit Vladimir Poutine.

Mais, après l’échec du dialogue à Brisbane, le point de rupture risque d’être atteint et, «Si à Bruxelles ou au moins à Berlin et à Paris, on est pas prêt à négocier avec Moscou dans ces termes pour que le conflit soit résolu, alors tant pis, non seulement pour la Russie mais aussi pour l’Europe», écrit le magazine russe très proche du pouvoir à Moscou.

Le président russe a aussi condamné le blocus économique imposé par le président ukrainien Porochenko à l’Est ukrainien.

«J’ appris par les médias que le président ukrainien a rendu une ordonnance qui revient essentiellement à un blocus économique de Lougansk et Donetsk. Je pense que cela est une grosse erreur car, de cette façon, ils se coupent de ces régions de leurs propres mains», a déclaré le chef du Kremlin.

Quant à savoir combien de temps se prolongeront les perturbations actuelles, avant de quitter le sommet dimanche, Poutine a redit clairement en conférence de presse en réponse à un journaliste que la balle était dans le camp occidental: «Mais si les gens continuent à faire des tentatives pour régler toutes les questions dans leurs seuls intérêts et à faire de leurs intérêts géopolitiques leur seul point de référence, il est difficile de dire combien de temps cette situation pourrait se poursuivre».

 

Et maintenant, la radicalisation

Et maintenant? Pour l’expert Fiodor Loukianov, président du Conseil pour la politique étrangère et de défense, cité aujourd’hui par l’Agence-France-Presse, il faut s’attendre, en réaction, à un durcissement de la position russe.

«Nous assistons à une radicalisation des positions de certains pays occidentaux, avant tout de l’Amérique du Nord et de l’Australie, hôte du sommet», a estimé l’expert interrogé à la radio russe.

«Il n’y a aucune volonté de leur part d’adoucir leurs positions, et cela déborde dans la sphère publique. En conséquence, la réaction de la Russie est prévisible: elle va également durcir sa position», assure-t-il.

Un avis partagé par l’analyste Stanislav Belkovski, de l’Institut de la stratégie nationale, cité lui aussi par l’agence française. «Si M. Poutine quitte le sommet irrité, nous pouvons sans doute nous attendre à une intensification des combats en Ukraine», estime-t-il.

Le départ anticipé de Vladimir Poutine peut aussi être lu comme un message destiné à son opinion publique.

«Tous ses gestes sont destinés à ses soutiens en Russie» qui, selon l’analyste russe Konstantin Kalachev, approuveront son attitude à Brisbane, en se demandant: «Pourquoi le dirigeant national de la Russie doit-il parler à cet Occident décadent?».

 

La Russie: pas si isolée

De plus, la Russie n’est pas si isolée que cela, tant s’en faut, et, avec la confrontation entre Moscou et l’Occident, on pourrait bien assister au retour des «blocs» comme à l’époque de la guerre froide.

Tout cela n’a pas empêché le président russe Vladimir Poutine, vilipendé par l’Occident, particulièrement les pays anglo-saxons, de prendre une part active à une réunion des chefs d’État et de gouvernement du BRICS avant le début des travaux du sommet du G20.

BRICS est l’acronyme anglais du groupe des quatre grandes puissantes émergentes, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, plus l’Afrique du Sud qui s’est joint au groupe en 2011.

Prenaient part à la réunion du BRICS, outre le le président russe, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, le Premier ministre de l’Inde Narendra Modi et le président de la République d’Afrique du Sud Jacob Zuma.

«Permettez-moi de mentionner aussi la réunion du groupe BRICS qui a eu lieu», a souligné Vladimir Poutine à sa conférence de presse avant son départ de Brisbane. «Ces réunions en marge des sommets du G20 sont devenus partie intégrante de nos contacts réguliers. Nous coordonnons nos positions préliminaires avant la rencontre avec nos autres collègues du G20. Ce sont des échanges de vues fructueux que nous concentrer sur nos intérêts mutuels», a déclaré le président russe, ajoutant «Ce fut le cas cette fois encore, et nous allons continuer cette pratique. Le prochain sommet du BRICS, comme vous le savez, aura lieu en Russie, à Ufa au Bachkortostan les 8 et 9 juillet 2015.

Retour à la guerre froide et à la formation de «blocs», situation explosive. L’Ukraine valait-elle tout cela?

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:35
Le ministre russe de la Défense arrive à Pékin

 

PEKIN, 17 novembre - RIA Novosti

 

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou est arrivé lundi en visite officielle en Chine où il a une rencontre programmée par le premier ministre chinois Li Keqiang, a annoncé le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov.

 

"Lors de son séjour à Pékin, M.Choïgou aura des négociations avec son homologue chinois Chang Wanquan et sera reçu par le premier ministre du pays Li Keqiang", a déclaré devant les journalistes M.Konachenkov qui accompagne le ministre en Chine.

 

Et de préciser que ces entretiens porteraient sur les questions d'actualité de la politique internationale et régionale, ainsi que sur la coopération militaro-technique entre Moscou et Pékin.

 

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le vice-président de la Commission militaire centrale de la République populaire de Chine (RPC) Xu Qilang vont coprésider les travaux de la 19e réunion de la commission intergouvernementale russo-chinoise pour la coopération militaire et technique.

 

Formée conformément à un accord intergouvernemental du 24 novembre 1992, cette commission mixte se réunit une fois par an, alternativement à Moscou et à Pékin.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 17:35
Australia seeks additional C-17 Globemaster III aircraft from US

A Royal Australian Air Force C-17A Globemaster III on display at the 2013 Avalon Airshow in Australia. Photo Bidgee.

 

17 November 2014 airforce-technology.com

 

The US Defense Security Cooperation Agency has notified Congress of a potential foreign military sale (FMS) of C-17 Globemaster III aircraft and associated equipment to Australia.

 

Under the estimated $1.609bn sale, Australia has made a request for the supply of up to four C-17A Globemaster III aircraft, along with 19 F117-PW-100 Pratt & Whitney engines, four AN/AAQ-24V large aircraft infrared countermeasures (LAIRCM) Systems, four small laser transmitter assemblies and four system processors.

 

The package also includes four AN/AAR-54 missile warning sensors, one AN/ALE-47 countermeasure dispenser, one AN/AAR-47 missile warning system and five Trimble Force 524 receivers. Two GAS-1 antenna units, two controlled reception pattern antennas, and one AN-USC-43V advanced narrowband voice terminal were also included.

 

Australia has also requested for 16 Honeywell H-764 ACE embedded global positioning system/inertial navigation systems, spare and repair parts, supply and test equipment, personnel training and training equipment, as well as other related elements of logistics support.

 

The additional C-17A aircraft are expected to further improve Australia's capability to deploy rapidly in support of global coalition operations, while greatly enhancing its ability to lead regional humanitarian and peacekeeping operations.

 

Approved by the US Department of State, the sale contributes to the foreign policy and national security of the US. This is due to the fact that it is helping improve the security of Australia, a major contributor to political stability, security and economic development in South East Asia.

 

Australia makes significant contribution to peacekeeping and humanitarian operations worldwide.

 

Boeing has been named as prime contractor for the FMS programme.

"Under the estimated $1.609bn sale, Australia has made a request for the supply of up to four C-17A Globemaster III aircraft."

 

The Royal Australian Air Force currently operates six C-17As from RAAF Base Amberley in Queensland, in support of domestic and international missions.

 

The C-17 Globemaster is manufactured by Boeing. It is a military tactical transport aircraft designed to conduct rapid strategic airlift of troops and supply of palleted cargo to main operating bases or forward-operating bases in extreme climates worldwide.

 

As well as being able to land on short, sharp runways, the aircraft can also perform tactical airlift, medical evacuation and airdrop missions.

 

Alongside the Royal Australian Air Force, the C-17 Globemaster is also operated by air forces in the US, India, UAE, Canada, Qatar, the UK and the 12-member Strategic Airlift Capability initiative of Nato and Partnership for Peace nations.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 08:35
La FS Vendémiaire mouille à Da Nang

 

 

16 novembre 2014. Portail des Sous-Marins

 

La frégate de surveillance "Vendémiaire" basée à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) et commandée par le Capitaine de Frégate Hervé Siret et son équipage de 93 personnes, a jeté l’ancre samedi matin dans le port de Tien Sa de la ville de Da Nang pour une visite au Vietnam.

 

Référence : Vietnam +

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 20:45
photo EMA (Serval 2013)

photo EMA (Serval 2013)

 

16/11/2014 - JDD

 

L'état-major français recevra prochainement des journalistes indiens à N'Djamena, QG de l'opération Barkhane en vue de promouvoir les performances du Rafale. Les autorités indiennes pourraient acheter prochainement 126 exemplaires de l'avion de chasse français.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 08:35
DRDO to Encourage New Defence Start-ups

DRDO director-general and scientific adviser to the defence minister Avinash Chander (right), former director-general VK Saraswat and RCI director G Satheesh Reddy arriving at the Defence & Aero Supply India-2014 expo at Hotel Novotel, near the international airport, at Shamshabad on Friday. | A SURESH KUMAR

 

15th November 2014 By Express News Service

 

HYDERABAD: Recognising Hyderabad as a potential hub for growth and development of aerospace industry, experts called for creating a conducive environment with better infrastructure, and skill development among youth to enhance the industry in the state, during a session titled ‘Changes, implications and opportunity’ on the concluding day of the Defence & Aerosupply India 2014 here on Friday.

 

‘’Hyderabad continues to be a hub for aerospace activity and there is a vast industrial potential in the city,” said Avinash Chander, scientific advisor to defence minister and director general of  Defence Research & Development Organisation (DRDO).

 

Pointing out the Union government’s initiatives such as ‘Make in India’ campaign to enhance the sector across the country, Chander said, “We need to have an R&D base in the industry and must invest more in R&D. We are also encouraging new start-ups and anyone who comes with an innovative idea will be encouraged and supported by the government.”

 

Chander also urged private players in the industry to be more pro-active instead of waiting for an order to develop the industry. “There is a need for the industry to look beyond order and they can develop new equipment which are on par with world class standards. The industry has to take these initiatives rather than waiting for an order,” he advised.

 

Calling for creating more government-owned infrastructure in the private industry, Chander said that major DRDO labs are being set up in various parts in and around the city, such as Nagarjuna Sagar, Shamirpet and Dundigal. “We are also looking at new models to fund new projects. We are considering a model which will cover 80 per cent funding,” he added. Special chief secretary to the government and commissioner for industrial promotion & mines, government of Telangana, K Pradeep Chandra laid out the state government’s initiatives to enable the aerospace sector during the hour-long discussion.

 

‘’We are trying to create a business-friendly environment and are willing to partner with anybody, from private sector to educational institutions to develop any sector, including aerospace,” Pradeep Chandra stated.

 

Pointing out that the Telangana government had done an extensive land survey, he said, “Around 2.5 to 3 lakh acres of land has been identified for the aerospace industry. We have also purchased bulk water so that water supply will be available to each of the industries. In addition, to this `1000 crore for industrial infrastructure development has been allotted in the budget.”

 

SGK Kishore, chief executive officer, GMR Hyderabad International Airport had earlier pointed out that the Telangana government  must focus on south of Hyderabad for enabling the aerospace sector as it consists of Hyderabad airport, Aerospace Park in Adibatla, proposed ITIR, RCI and other establishments. However, Pradeep Chandra shared a different view. “We are looking to develop at least one cluster in north or north-west of Hyderabad,” Chandra added.

 

The three-day conference, organised by Kenes Exhibition - an Israel-based company, in association with government of Telangana, witnessed around 200 participants. There were several expert technical sessions and panel discussions during the event. IT minister KT Rama Rao was conspicuous by his absence.

 

Job Opportunities in Aerospace Industry

 

Laying emphasis on the importance of education to employment, UB Desai, director, Indian Institute of Technology Hyderabad, felt there was a need to create awareness about potential jobs in the aerospace industry among the youth.

 

Revealing interesting data, he showed that according to International Labour Organisation, 75 million young people are unemployed. Across nine countries only 43 per cent employers agreed that they could not find skilled entry level workers. Researches have estimated that by 2020, there will be a shortfall of 85 million high and middle skilled workers. Desai also revealed that 39 per cent of employers feel shortage of skill is the reason for lack of entry level vacancies.

 

“Youth do not feel that there are job opportunities in aerospace industry. There is a need for an awareness campaign in all colleges to educate the youth about the opportunities and potential of this industry,” said Desai. He also pointed out that only 10 per cent of Indians receive skill training compared to 96 per cent in South Korea and 80 per cent in Japan. India also has the least productive workforce at just 10 per cent, with China marginally better at 17 per cent.

 

Desai urged Telangana government to establish skill development centres in every industry.

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