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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 12:56
Un aumônier français bénit le cercueil d’un soldat, durant la Premiere Guerre Mondiale.(Rue des Archives/Tallandier)

Un aumônier français bénit le cercueil d’un soldat, durant la Premiere Guerre Mondiale.(Rue des Archives/Tallandier)

 

30/3/15 – Antoine Fouchet – LaCroix.com

 

Une plaque à la mémoire des prêtres et religieux morts durant la Première Guerre mondiale sera dévoilée et bénie mardi 31 mars dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées.

 

Certaines cérémonies commémoratives sont importantes parce qu’elles confirment la place de choix qui doit être accordée dans la mémoire collective à des acteurs de l’Histoire. Le dévoilement et la bénédiction, mardi 31 mars, dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, par l’évêque aux armées Mgr Luc Ravel, d’une plaque à la mémoire de tous les prêtres diocésains, religieux, séminaristes et religieuses, morts au service de la patrie et des soldats durant la Première Guerre mondiale, en fera incontestablement partie.

 

Près de cent ans après la fin de ce conflit, il s’agit de la pose de la première stèle honorant l’ensemble des consacrés engagés morts pour la patrie. Jusqu’à présent, seules quelques plaques dans des églises en province mentionnaient la mort au front de prêtres relevant des paroisses concernées.

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 11:55
Célébration des dix ans de l’aumônerie militaire du culte musulman

 

18/03/2015 DICOD

 

Mercredi 18 mars 2015, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a célébré à l’Hôtel de Brienne  les dix ans de l’aumônerie militaire du culte musulman en présence du chef d’État-major des armées, le général Pierre de Villiers, de l’aumônier en chef Abdelkader Arbi, nommé en juin 2006, des aumôniers en chef des cultes catholique, protestant et israélite, des aumôniers des quatre cultes et de nombreux invités.

 

Le 18 mars, à l’occasion de la célébration des dix ans de l’aumônerie militaire du culte musulman, Jean-Yves Le Drian, en présence du général Pierre de Villiers, chef d’État-major des armées, et du secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, a rassemblé à l’Hôtel de Brienne l’aumônier en chef Abdelkader Arbi, nommé en juin 2006, des aumôniers en chef des cultes catholique, protestant et israélite, et des aumôniers des quatre cultes. Étaient également présents le grand rabbin de France Haïm Korsia et le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur. A cette occasion, le ministre a rappelé que dix ans après sa création, « l’aumônerie musulmane aux armées s’est montrée à la hauteur des espoirs placés en elle », et qu’elle a acquis « légitimité » et démontré du « dynamisme ». Ce mérite revient notamment « aux aumôniers musulmans, parmi lesquels se trouvent une femme et sept réservistes opérationnels ».

 

Pour sa part, Abdelkader Arbi a souligné « [qu'] il aura fallu beaucoup d’effort, d’entrain et de pédagogie pour rassurer, banaliser, rendre accessible au plus grand nombre notre service cultuel». « Les militaires d’aujourd’hui qui vivent leur foi musulmane de manière assumée [...] sont des citoyens à part entière à l’égal de tous les Français », a-t-il ajouté.

 

Créée par arrêté ministériel du 16 mars 2005, l’aumônerie militaire du culte musulman compte trente-huit aumôniers d’active (un aumônier en chef, trois aumôniers en chef-adjoints terre, marine et gendarmerie, cinq aumôniers de zone de Défense, vingt-neuf aumôniers des forces) et cinq aumôniers de réserve répartis sur l’ensemble du territoire national.

 

Avec pour missions essentielles de soutenir moralement et spirituellement les personnels militaires et civils de la Défense qui le souhaitent, les aumôniers militaires des cultes catholique, israélite, protestant et musulman peuvent également être consultés par le commandement dans leur domaine de compétences.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 12:55
Le baume de la Foi



6/03/2015 Cne Laetitia Perier  - DICOD

 

Le père Danel exerce son activité d’aumônier au sein de l’armée française depuis 2008. Lors de ses séjours sur les théâtres d’opérations, ses capacités d’écoute et d’empathie sont des réconforts essentiels pour les soldats troublés par les épreuves de la guerre.

 

Né un 11 novembre dans un petit village du nord de la France, le père Jean-Jacques Danel pouvait-il échapper à l'univers de la guerre ? Ce qui est sûr, c’est que ses origines familiales le prédisposaient à devenir aumônier militaire. Du côté paternel, des soldats et des pompiers ; du côté maternel, des tantes et des oncles religieux. Pourtant, sa rencontre avec l’armée se fait tardivement, comme son entrée en religion. Il exerce d'abord le métier d'assistant social durant quatre ans. Puis, alors que sa foi s’affirme, il décide d’entrer à 27 ans au séminaire, toujours avec cette volonté d’être au service des autres.

C’est à ce moment que, parallèlement à ses études pour devenir prêtre, il se découvre une passion : l’histoire de l’art. « Je me suis rendu compte que passer par une image était parfois plus simple pour parler de spiritualité qu’un long discours, car l’image parle d’elle-même », explique-t-il. En complément des cours du séminaire, il décide donc de suivre des études dans cette discipline et se spécialise dans le lien entre peinture et spiritualité. Deux sujets en particulier attirent son attention : la peinture de Claude François, plus connu sous le nom de frère Luc, un franciscain du xviie siècle, et les vitraux patriotiques. « Après la Première Guerre mondiale, de nombreux vitraux représentant le Christ, la Vierge ou les saints consolant les blessés sur les champs de bataille ou emmenant les âmes des soldats morts ont été posés dans les églises. Ces représentations sont intéressantes,car elles mêlent mondes militaire et religieux. Derrière chacune d’entre elles, j’ai pu découvrir des histoires familiales touchantes. Un peu comme un gendarme, je mène une enquête pour trouver la petite histoire derrière la grande. »

 

L’aumônier militaire est une des personnes à qui l'on peut se confier, comme le psychologue ou l'assistant social

 

Le baume de la Foi

 

Devenu franciscain après avoir été -ordonné prêtre en 1992, c’est justement dans la gendarmerie que le père Danel prend ses fonctions d’aumônier militaire en 2008. Un souhait qu’il réalise par fidélité à la mémoire de son père, après la mort de ce dernier. « à l’âge de 17 ans, il avait rejoint la France libre et combattu au sein du 4e régiment des tirailleurs tunisiens. Il en était resté profondément militaire. C’était donc une évidence pour moi de reprendre d’une certaine manière le flambeau. » Dans la caserne de Villeneuve-d’Ascq, il découvre son nouveau rôle : « L’aumônier tient une place très particulière dans le monde militaire, il porte un uniforme, mais n’a pas de place dans la hiérarchie, il a un grade, mais, en même temps, il a le grade de celui à qui il parle. C’est une des personnes à qui l'on peut se confier, comme le psychologue ou l’assistant social. On n’est jamais trop nombreux à s’occuper des gens. »

Changement de décor en 2010, direction l’Afghanistan. Sa première opération extérieure est « un choc ». Basé à Kaboul, il se déplace avec casque lourd et gilet pare-balles sur tous les camps où se trouvent des militaires français, découvre une autre armée, officie pour les célébrations religieuses lors des huit décès qui surviennent pendant ses six mois de présence là-bas.

En 2013, il part pour le Mali : l’opération Serval vient d'être déclenchée. Il se partage entre Bamako et Gao. Puis il arrive à Tessalit, où le général Barrera, commandant la composante terrestre de Serval, le demande auprès de ses hommes. « Je n’ai jamais autant ressenti d’attente de la part des militaires, se souvient le père Danel. Très marqués par les combats, ils avaient besoin de parler de ces camarades qu’ils avaient vu mourir ou de ces enfants soldats qu’ils avaient trouvés en face d’eux. Ils se posaient des questions sur le sens de la vie. “Pourquoi suis-je vivant, padre ?”, “Pourquoi moi et pas mon camarade ?”, “Est-ce Dieu qui m’a protégé ?” Là, il faut savoir être à l’écoute et soutenir. » Le général Barrera confirme : « Par sa simplicité, sa foi profonde et sereine et son œil bienveillant, il nous a aidés à surmonter les horreurs de la guerre. Avant les départs au combat, les gars venaient prendre les médailles ou les croix qu’il distribuait volontiers. Ils ressentaient le besoin d’avoir un lien spirituel face à la mort… »Aujourd’hui, le père Danel s’apprête à repartir, en Côte d’Ivoire cette fois-ci. Il y poursuivra sa mission qu’il résume ainsi : « Être aumônier militaire, c'est avant tout être avec. »

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 19:55
Cérémonie aux Invalides pour la Croix-Rouge française

Jean-Jacques Eledjam et les aumôniers en chef des cultes catholique, protestant, israélite et musulman ont rendu hommage aux infirmières et volontaires morts lors des conflits.

 

26/02/2015 P. H. - DICoD

 

Le mercredi 25 février 2015 s'est tenue en la cathédrale Saint-Louis des Invalides une cérémonie interreligieuse du souvenir pour les 150 ans de la Croix-Rouge française. 

 

Le mercredi 25 février, le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française, a accueilli près de 500 invités en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Cette cérémonie interreligieuse du souvenir, présidée par messieurs les aumôniers en chef des cultes catholique, israélite, musulman et protestant, a commémoré les 150 ans de l’association.

 

Durant cette cérémonie, un hommage a été rendu aux infirmières et volontaires de la Croix-Rouge française morts pendant les conflits pour défendre des valeurs de paix et d’humanité.

 

En 150 ans d’histoire, près de 800 membres de la Croix-Rouge française ont perdu la vie dans le cadre de leur mission, principalement au cours des deux guerres mondiales. Durant la Grande Guerre, 351 infirmières ont succombé aux maladies contractées en soignant les soldats ou lors de bombardements. Entre 1939 et 1945, 414 infirmières, secouristes, conductrices ambulancières et infirmières pilotes secouristes de l’air sont tombés en portant secours.

 

A noter également que depuis presque 70 ans, les bénévoles de la Croix-Rouge française apportent leur aide aux résidents de l’Institution nationale des Invalides qui accueille et soigne les soldats de France blessés et mutilés au service de la Patrie placés sous la tutelle du président de la République. Aujourd’hui encore, une centaine de pensionnaires y vivent. Les bénévoles de la Croix-Rouge française leur apportent soutien et réconfort en venant en appui de plusieurs services de l’institution.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 12:55
Pourquoi auditionner des aumôniers religieux sur la dissuasion nucléaire ?

 

14.02.2014 Par Tiphaine Le Liboux - Le Monde.fr

 

La commission de la défense de l'Assemblée nationale, qui planche sur l'évolution du contexte stratégique et le rôle de la dissuasion nucléaire a auditionné, mercredi 13 février, les aumôniers militaires en chef des armées.

 

La démarche est inédite. Il y a trois ans, sous la précédente législature et la présidence du député UMP Guy Tessier, les aumôniers en chef, qui représentent le culte catholique, protestant, juif et musulman dans l'armée, avaient déjà été auditionnés par la Commission défense. Les parlementaires avaient souhaité les entendre sur la place des cultes dans le milieu militaire et en savoir plus sur leurs missions.

Cette fois, le sujet est sorti de leur champ de compétence directe. Patricia Adam, présidente (PS) de la Commission depuis l'élection de François Hollande explique que l'objectif de cette commission est d'aborder la question de la dissuasion « sous tous ses aspects ». Une forme de réponse aux parlementaires, dont les écologistes, qui s'étaient émus que la dissuasion n'ait pas été débattue lors du vote de la loi de programmation militaire 2014-2019.

Jusqu'au mois de mai la Commission défense va recevoir militaires, industriels, mais aussi diplomates ou opposants de la société civile. Elle en rendra publiquement compte ensuite.

 

ENTENDRE LA RELIGION À L'ASSEMBLÉE

Les aumôniers militaires avaient leur place dans ce débat, estime Patricia Adam. « Ils sont en contact direct avec ceux qui exercent une mission dans le nucléaire. Parce qu'ils reçoivent beaucoup de paroles, ce sont des témoins précieux. »

Quelques mois après le vote de la loi ouvrant le mariage aux homosexuels, ce genre d'invitation peut aussi servir à faire passer un message ajoute Gwendal Rouillard, secrétaire de la Commission et député PS du Morbihan. « En cette période où les liens peuvent apparaître distendus entre les autorités religieuses et politiques, il était bien de les inviter. »

« L'Assemblée est moins dans le “à bas la calotte” sommaire, et c'est une bonne nouvelle », se réjouit François de Rugy, membre de la Commission défense et co-président du groupe Europe écologie- Les Verts à l'Assemblée.

Car au delà du symbolique, l'enjeu de l'audition était aussi d'en savoir plus sur les arguments des différentes religions. « Le politique n'est pas là pour mettre en oeuvre une morale, mais celle-ci peut éclairer nos choix », ajoute le député « athé ».

 

OPPOSITION DE PRINCIPE ET DOCTRINE OFFICIELLE

D'autant que, les positions des dignitaires religieux rejoignaient celles de son parti. Cette arme qui « tue sans distinction » doit rester « hors-norme » ont rappelé les quatre aumôniers. Cette opposition de principe à la prolifération va jusqu'à la doctrine officielle pour certains cultes.

Depuis le Concile de Vatican II, en 1965, l'Eglise catholique s'est déclarée contre l'emploi de l'arme nucléaire. Une doctrine édictée au motif que, « tout acte de guerre qui détruit des villes ou des régions entières est un crime contre Dieu et l'Homme lui-même ».

L'Église condamne également tout usage de l'arme nucléaire comme une « menace » a souligné mercredi Mgr Luc Ravel, aumônier en chef du culte catholique. Une position semblable à celle de la Cour de justice internationale, qui ne réfute pas pour autant le principe de la dissuasion.

Si l'Eglise appelle à un « désarmement mondial, multilatéral, progressif et simultané », l'aumônier catholique a affirmé « qu'en l'état du monde d'aujourd'hui, le nucléaire et la dissuasion sont nécessaires ».

Les associations Pax Christie et Justice et Paix (à laquelle sont d'ailleurs associés des protestants), qui prônent un désarment « unilatéral et prophétique » ne sont donc pas sur la même ligne officielle de l'Eglise selon Mgr Ravel.

 

POSER LA QUESTION DE LA STRATÉGIE DE LA DISSUASION

Chez les protestants, a précisé le pasteur Stéphane Rémy, il n'y a pas non plus d'opinion unique. Mais dans la communauté, la critique à l'encontre de l'arme nucléaire va plus loin. La Fédération protestante avait exprimé dès 1983 le vœu d'un gel militaire unilatéral.

En 2012, elle avait aussi demandé à ce qu'une réflexion sur la dissuasion nucléaire soit engagée. Le journal protestant Réforme l'a rappelé récemment dans une tribune, qui pose la question de l'utilité stratégique de la dissuasion.

S'il faut discuter de la stratégie de la dissuasion c'est aussi parce qu'elle ne peut rien face au développement du ressentiment et d'un « sentiment de frustration », a souligné Abdelkader Arbi, l'aumônier musulman en faisant référence aux aspirations nucléaires de certains états comme l'Iran.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 22:55
La commission de la défense, le rabbin, l’imam, le pasteur, l’évêque et l’arme nucléaire

 

13 février 2014, par Hélène Bekmezian – LeMonde.fr

 

Cela pourrait presque être le début d'une histoire drôle. Celle d'un rabbin, d'un pasteur, d'un imam et d'un évêque qui entrent à l'Assemblée nationale pour y parler de la dissuasion nucléaire. Pourtant, les auditions des aumôniers militaires en chef des cultes israélique, protestant, musulman et catholique, devant la commission de la défense mercredi 12 février, n'avaient rien d'une plaisanterie.

 

L'exercice peut sembler surprenant – voire inconvenant – dans une République laïque où le pouvoir politique est séparé du religieux. Seul député écologiste de la commission de la défense, François De Rugy (dont la formation politique avait demandé ce débat sur la dissuasion nucléaire qui se déroule sur plusieurs mois avec de nombreuses autres auditions) n'a d'ailleurs pas masqué son étonnement devant ces invités religieux. Mais, bien qu'athée revendiqué, l'élu a pour autant salué un débat "intéressant" et utile pour "éclairer" le politique.

 

Chose rare en effet, les réflexions de ces religieux militaires, et particulièrement celles du rabbin Haïm Korsia, dont la religion place la discussion au cœur de sa pratique, ont permis d'aborder une question lourde – l'arme nucléaire – par ses versants éthiques et spirituel.

 

DISSUADER UN SAGE OU UN FOU

 

Ainsi, un "enseignement extraordinaire" de la Genèse – le meurtre de Abel par Caïn – éclaire selon le rabbin Korsia la question de l'utilisation de l'arme fatale, "ultime aboutissement d'une incapacité à parler" : "Caïn a tué Abel lorsqu'ils ont arrêté de parler. Tant qu'ils se parlent, qu'ils se disputent, il reste une possibilité d'arranger les choses. Ce que nous apprend cette histoire, c'est que tant qu'il y a débat, même houleux, il y a possibilité de refraternisation. La dissuasion nucléaire a forcé les États à mettre en place des systèmes de parole, cela force à débattre."

 

Quant aux limites de la dissuasion et des conditions dans lesquelles elle peut fonctionner, ce sont, là encore, les Ecritures qui les expliqueraient le mieux. Et le rabbin de citer deux passages de l'Ancien testament. "Lorsque le prophète Jonas vient devant la ville de Ninive en disant 'si vous ne vous repentez pas, dans 40 jours, Dieu va vous détruire', la ville se repent. Celui qui menace est crédible et les gens en face sont intelligents. La menace du fort à l'intelligent fonctionne. Mais quand Moïse prévient Pharaon des plaies qui s'abattront sur l’Égypte s'il ne laisse pas partir le peuple d'Israël, Pharaon n'écoute pas. La dissuasion du fort envers le fou ne fonctionne pas".

 

"Avoir une vision angélique du monde n'interdit pas de se prémunir des risques", soutient le rabbin qui rappelle que "la Bible interdit la violence mais la légitime quand il s'agit de la légitime défense" : "le prophète Esaï dit qu'un jour le loup habitera avec l'agneau. Mais un autre grand rabbin du XXe siècle, Woody Allen, a précisé que 'le jour où le loup et l'agneau dormiront ensemble, l'agneau ne dormira quand même que d'un seul œil'". Pas question pour autant de légitimer les yeux fermés l'utilisation de l'arme nucléaire car "une société restera digne tant qu’elle se posera cette question : nous devons protéger nos citoyens mais on ne peut pas le faire en s’en lavant les mains, sans considérer que cela nous touche".

 

"LES FACTEURS POLITIQUES NE DOIVENT JAMAIS CONDUIRE A UNE SURDITÉ ÉTHIQUE"

 

Sans parler au nom des musulmans – il n'existe pas de clergé dans l'Islam – l'imam Abdelkader Arbi s'est lui davantage échiné à assurer que "l'Islam comprend une multitude de courants qui vont du mieux disposés à l’égard de l’époque moderne aux plus fondamentalistes" et que "la guerre en Islam tel que les textes religieux le prévoit, n’est pas sanctifiée. Qu'importe ce qu'en disent les fondamentalistes, "il n’existe pas de guerre sainte en Islam, à l’origine des textes. Le djihad reste une attitude individuelle, un effort sur soi même."

 

Enfin, Monseigneur Luc Ravel a porté le message le plus pacifique rappelant que, depuis le concile de Vatican II (1965), l’Église catholique juge que "tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de ville entière ou de région avec leurs habitants est un crime contre dieu et contre l’homme lui même" et plaide pour un "désarmement général, équilibré et contrôlé".

 

"Il y a des facteurs politiques qui ne doivent jamais vous conduire à une surdité éthique. Il n’y a qu’une terre, sur laquelle nous pouvons vivre ensemble, c’est ma foi, mon utopie. Mais celle-ci intègre aussi la fissure, que nous appelons pêché originel, qui est dans les cœurs de chacun et qui nous entraîne comme un poids vers le mal. Donc soyons lucide et raisonnable", a exposé l'évêque. "Il n’y a pas de cœur plus fort qu’un cœur brisé", lui a répondu le rabbin, amenant en conclusion le débat sur la spécificité de la dissuasion nucléaire française : "c’est parce qu’on a souffert, qu’on a connu la guerre sur notre sol, que l'on sait ce que c’est et qu'on ne peut le souhaiter à personne".

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