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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:30

http://referentiel.nouvelobs.com/file/1887958.jpg

 

Rafale opérant en Libye au décollage du Charles de Gaulle (AFP)

 

18.06.2011 Sarah Halifa-Legrand – Le Nouvel Observateur

 

Combien la guerre en Libye a-t-elle coûté à la France jusqu'à présent ? Mystère. A l’état-major des armées, on renvoie prudemment vers le ministère de la Défense. Mais au cabinet du ministre, on n’est pas vraiment plus loquace sur le sujet : on nous (re)communique le seul chiffre que l’on ait à ce jour obtenu. 53 millions d'euros de surcoût, dont 31,7 millions en munitions. Et encore, "communiquer" est un grand mot, quand on se souvient que ce chiffre a en fait "fuité" dans la presse après une audition à huis clos du ministre de la Défense Gérard Longuet par la Commission de la Défense nationale. C’était le 3 mai, il y a déjà un mois et demi.

 

130 millions d’euros a minima

 

Depuis, on en est réduit à échafauder d’hypothétiques calculs à partir de données invérifiables. Sachant que la France a la méchante particularité d’avoir opté pour un mode de calcul complexe : on part du principe que les soldats touchent leur solde, s’entraînent, font un certain nombre d’heures de vol, etc., toute l’année. Par conséquent, seul le surcoût des opérations extérieures est calculé. C'est ce qui expliquerait, selon l'état-major des armées, que l'on ne puisse pas évaluer le coût d'une opération militaire avant qu'elle soit finie.

 

Début mai, quand le chiffre de 53 millions a été rendu public, le journaliste Jean-Dominique Merchet s’est néanmoins prêté à un petit jeu de calcul sur son blog Secret défense. "L’opération a débuté le 19 mars, soit 44 jours auparavant. Le surcoût de la guerre peut donc être évalué à 1,2 million d'euros par jour", fait-il alors remarquer. Soit un peu moins que ce que le ministère de la Défense prévoyait pour l’Afghanistan lors de l'élaboration du budget 2011 : 470 millions d'euros en 2011, soit 1,3 million par jour. L'état-major reconnaît que ce type de calcul peut donner "un ordre de grandeur". Ce que conteste Louis Gautier, ancien conseiller à la Défense de Lionel Jospin : ces 53 millions, affirme-t-il, ne peuvent même pas servir de base fiable à un calcul car "c’est un surcoût très certainement sous-estimé".

 

Aujourd’hui, François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, estime que le surcoût est très probablement d’au moins 1,4 million d’euros par jour. "Le rythme des sorties aériennes est plus ou moins le même depuis le début. Mais, souligne-t-il, il y a une inconnue : les hélicoptères de combat, entrés en lice début juin. Quelle part prennent-ils dans le surcoût ?" "Ils coûtent moins cher que les avions", répond-on seulement à l'état-major des armées. Si on part de l’hypothèse 1,4 million par jour, cela donne, au 17 juin, soit sur trois mois, un total de près de 130 millions d’euros.

 

La France peut-elle supporter un tel coût ?

 

Un surcoût en pleine austérité 

 

C’est après la décision de l’Otan – qui a pris la tête des opérations depuis le 31 mars –, le 1er juin, de prolonger son intervention en Libye jusqu'à fin septembre, que le mur de silence a commencé à se lézarder. Le chef d'état-major de la marine française, l'amiral Pierre-François Forissier, a rendu publiques ses inquiétudes en parlant d’"un problème de ressources humaines (...). Quand on est en opération, on ne fait plus d'école, plus de formation". Si le porte-avions Charles de Gaulle "était engagé en Libye jusqu'à la fin 2011, il ne travaillerait plus du tout en opération en 2012", essentiellement pour des raisons de maintenance, a-t-il ajouté.

 

Dans le budget 2011, une enveloppe de 900 millions d’euros a été prévue pour financer les opérations extérieures. Début mai, Les Echos rapportaient que cette somme n’était budgétée qu’à hauteur de 630 millions – auxquels il faut ajouter quelque 50 millions de l’Onu – et qu’il était envisagé que les autres ministères soient mis à contribution pour combler le manque. Tout ça sans compter l’opération Harmattan en Libye.

 

Mais mardi dernier, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative, le ministre du Budget François Baroin a reconnu qu’un effort budgétaire allait être demandé pour couvrir le surcoût des opérations en Libye et en Côte d’Ivoire. Un effort à ce stade non chiffré qui sera pris sur les crédits de la Défense selon des arbitrages rendus à l'automne, a-t-il promis. 

 

Compte tenu que le ministère de la Défense n’échappe pas à la réduction des déficits publics (il doit se voir retrancher 3,5 milliards d'euros sur trois ans, de 2011 à 2013), l’opération risque d’être délicate…

 

Une guerre qui s'enlise

 

"Les Français et les Britanniques pensaient que ce serait une guerre courte. Dans cette optique, le coût de cette opération militaire n’était pas en soi insupportable", juge François Heisbourg. Un avis que partage Louis Gautier. "Tout dépend de ce qu’ils veulent. S’il s’agissait juste de sécuriser la zone de Benghazi pour protéger les civils, ils avaient les moyens de leur politique. S’il s’agissait de soutenir l’avancée du front rebelle – ce qui n’est pas dans la résolution 1973 de l’Onu – c’est une autre histoire", convient-il. "Mais il ne faut pas en faire une question de capacité militaire. Si l’armée française commence à souffrir, c’est parce qu’elle est déployée sur plusieurs terrains extérieurs."

 

L’ancien conseiller de Lionel Jospin estime que si cette campagne aérienne fait de plus en plus débat, c’est aussi et surtout parce qu’ "elle a échoué à produire l’usure psychologique qui avait mené en peu de temps à la capitulation de Milosevic." Bref, on a mal jaugé, dès le départ, le cas libyen. Résultat, cela fait déjà trois mois, et Kadhafi ne plie toujours pas.  

 

Un débat houleux en perspective

(en photo, Alain Juppé s'exprimant sur la Libye lors des questions au gouvernement le 24 mai)

 

L’absence de résultats, la controverse sur le non-respect du mandat onusien et la perspective de dépenses supplémentaires en pleine cure d’austérité ont d’ailleurs plombé l’ambiance au sein même de l’Otan, faisant apparaître au grand jour un contentieux plus profond. Le secrétaire à la Défense américain Robert Gates s’en est pris violemment, la semaine dernière, au manque d'investissements militaires et de volonté politique de ses alliés Européens, qui se reposent trop sur les Américains. Un déséquilibre qui, a-t-il menacé, pourrait "compromettre" l'efficacité de la mission en Libye, voire l’avenir de l’Alliance atlantique. La polémique, qui enfle depuis une semaine, ne semble pas près de faiblir : jeudi, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen lui a emboîté le pas en exprimant peu ou prou les mêmes critiques.

 

Si les Américains ont les nerfs à vif, c'est parce que Barack Obama est mis en difficulté par les élus qui lui demandent des comptes sur son intervention en Libye. Les Etats-Unis ont déjà dépensé 715 millions de dollars entre le 19 mars et le 3 juin, selon un rapport envoyé mercredi au Congrès par l'administration Obama. Ils prévoient un coût d'1,1 milliard de dollars d'ici à la fin septembre. (Ces chiffres ne peuvent être comparés avec ceux de la France, car il ne s'agit pas du même mode de calcul).

 

"Si Kadhafi est toujours là en juillet, ce débat, qui commence à peine à poindre en France, va aussi sérieusement se poser", estime François Heisbourg. "Car, rappelle-t-il, il est inscrit dans la constitution qu’en cas d’opération militaire extérieure se prolongeant au-delà de quatre mois, l’autorisation du parlement est nécessaire. Ce sera le temps des questions douloureuses : est-ce qu'on s'enlise ? Comment va-t-on payer ? Si cette guerre dure plus longtemps, je vois mal comment on va pouvoir supporter ce coût sans accroître soit notre déficit budgétaire, soit nos impôts."

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 20:21

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/NATO_flag.svg/800px-NATO_flag.svg.png

 

15 Juin 2011 Belga

 

La baisse des dépenses consacrées à la défense dans les pays de l'Otan constitue un "grave problème" qui risque à terme de détourner les Etats-Unis de l'Alliance, a affirmé mercredi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

Réitérant devant les sénateurs d'une sous-commission de la Défense ses critiques après son discours véhément de Bruxelles vendredi, le ministre a affirmé que la part des Etats-Unis était passé de la moitié aux trois-quarts du budget militaire des 28 pays de l'Otan. "C'est un grave problème. C'est un souci depuis quelques années mais je pense que nos propres difficultés financières et ce à quoi le budget militaire américain va devoir faire face pose le problème comme jamais auparavant", a-t-il jugé. "Un nombre croissant" de membres du Congrès "pour qui la guerre froide et nos liens avec l'Europe et l'Otan ne sont pas dans les gênes" va finir par ne plus vouloir prendre en charge le fardeau, selon lui. Mais le secrétaire à la Défense a toutefois estimé préférable une Otan aux capacités réduites que "pas d'Otan du tout". Robert Gates avait mis en garde à Bruxelles les alliés occidentaux contre leur manque d'investissements militaires et de volonté politique, soulignant que ces "lacunes" pourraient "compromettre" l'efficacité de la mission en Libye et contre la perspective "inacceptable" d'une "alliance à deux vitesses". (MPK)

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:45
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 21:06
Defence Requirements Trends for 2011 - 'Writing on the Wall' or 'Fresh Slate'?

 

Posted: 01/31/2011

Contributor: Defence Dateline Group, provides monthly and on-demand analysis of current security and defence issues.

 

As we place one hesitant foot in front of the other this new year, it seems the timing is right to offer the defence industry some predictions and likely trends in purchasing requirements for the coming twelve months. Without being foolhardy, it might do the industry some good to attack the issue head on - from the perspective of ‘big policy’, no less. Not all of these trends are commercially reassuring, but the world is not running out of conflicts or threats and 2011 will bring opportunities in a range of non-traditional markets.

 

The continent plans more cuts

Clearly, 2011 will be a year of some belt-tightening. Both Germany and the UK have already announced major cuts to their defence budgets, with the UK cutting 8% each year for four years, and Germany targeting air assets and troop numbers as it cuts by €8.3bn. Though France has been loath to implement austerity measures, in 2011 it will be forced to follow suit. Rumblings from the bond markets will combine with public protest at potential cuts to social benefits, making defence spending look like an easy target.

 

The US seems unlikely to follow this trend. In November 2010, the Republican Party won the midterm elections on a platform of deficit-cutting zeal. Yet they have remained vague as to where their cuts should fall. In a time of war, and with one eye on China, few congressmen will want to risk criticism from the political right. At a time of high unemployment, none will countenance the cancellation of procurement programmes in their own districts. Finally, with government divided between Democrats and Republicans, President Obama will be carefully choosing his conflicts, and major reductions in defence spending are unlikely to be one of them.

 

Pressure, though, will come from Defence Secretary Robert Gates, who has intimated that he will retire during 2011. He has made fiscal restraint a centrepiece of his attempts to reform the Pentagon, cutting jobs, and ending the Future Combat Systems and F-22 Raptor programmes. At the beginning of the year he announced a $78bn reduction in proposed spending, including cutting the Expeditionary Fighting Vehicle, the Marine Corps’ troubled amphibious tank. He will be determined to gain a valedictory success in this field.

 

American investment strategy for defence

However, he is likely to face a bitter battle with the incoming chairman of the House Armed Services Committee, Howard McKeon, who has already stated his firm opposition to defence cuts. Perhaps the most likely outcome is that major capital programmes such as the EFV will be permitted to continue, in return for the implementation of administrative and manpower cuts. In particular, the defence industry will have to adapt to proposed new rules on contracting which shift the onus for cost overruns onto contractors.

 

Meanwhile, service and personnel contractors will face some political pressure, but probably little action. There is a consensus in the policy community that oversight of private contractors in Afghanistan and Iraq should be increased and the December 2010 US defence bill went some way towards this aim. However, the White House will come under increasing public pressure to demonstrate that troops are returning from Afghanistan, meaning that contractors will continue to be too vital to the war effort to significantly restrict them at this point.

 

There will be more to 2011 than cuts and avoiding being on the wrong end of them. North Korea and a more assertive China are likely to make life in East and South-East Asia feel rather dangerous. South Korea and the Republic of China are obvious potential customers, but Singapore, Indonesia and Thailand may all look to add submarines to their naval forces.

 

Asian power struggles

Meanwhile, China’s close relations with Pakistan and Sri Lanka, and the likelihood that it will shortly have carrier strike capabilities, will continue to worry India. India is already expanding its own submarine and carrier capabilities, but may also seek to refine and improve its anti-ballistic missile shield. As a potential partner to balance against China, the US will continue to promote cooperation with India, and it may offer some further military hardware in addition to the eight P-8I maritime patrol aircraft it sold to the Indian Navy in March 2009.

 

A similar logic of fear applies in the Middle East. Tensions will continue over Iran, and with oil prices remaining high, the GCC countries will look to add to their arsenals. Mine clearing vessels, missile defence systems and prestigious fighter jets will remain the top priorities.

Moving northeast from Iran, the war in Afghanistan will continue to rumble on. A dispute between General Petraeus and President Obama over the precise number of troops to return home in 2011 is likely, but suffice to say that the majority of NATO forces there now will still be there in 12 months time.

 

However, new capital spending on the war is likely to taper off; there will be continued purchases of the latest counter-IED equipment, but little else will be required.

 

UAVs and cyber

No set of defence predictions would be complete without mention of the obvious headline areas for 2011: UAVs and cyberspace. With most of the major purchasers having already selected their next generation of drones, developments here will be in the fields of R&D, and in their sale to new users. Many of these new users will be countries with remote borders, interested in the homeland security and border patrol applications of UAVs. One counterintuitive effect of the continuing Iranian nuclear crisis is that defence cooperation between Israel and Russia is likely to deepen, with UAVs at the centre of this.

 

In cyberspace, almost all the major defence spenders will slowly emulate the US by creating a unified cyber-command. Meanwhile, in March 2011, a report on CYBERCOM’s strategy will be submitted to Congress. Given the sheer complexity of setting up CYBERCOM, and the vagueness of its remit, it may be predicted that it will at some point offer consultancy contracts to help with the organisation and implementation of its mission, as well as to supplement its own know-how and force levels. Its imitators will likely have to do the same.

 

Covering purchasing requirements as a first step might be viewed as a narrow approach. Certainly, it does not begin to touch on mergers and acquisitions, legal disputes and all the other issues that consume middle level and upper management in what has now become a turbulent industry. Yet, there are enough predictions here to keep your average defence executive up at night, whether through excitement or trepidation. What may be said with certainty is that as some familiar conflict areas resolve themselves, levees continue to break in others. Perhaps one modest prediction would be to add that disruptions of rising powers and rogue states will ensure that there will be a role for the defence industry - indefinitely.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 00:29
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