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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 08:50
Semaine de rencontres avec les acteurs clefs de l’OTAN

 

16/01/2015 Sources : État-major des armées

 

Le 15 puis le 16 janvier 2015, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a rencontré, respectivement à Paris, les deux commandants stratégiques de l’Organisation de l’Alliance du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : le général Jean-Paul Paloméros, commandant suprême allié pour la transformation de l’OTAN (SACT) et le général d’armée aérienne américain Philip Mark Breedlove, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

 

Ces deux rencontres interviennent quelques jours après celle du général de Villiers avec son homologue tchèque, le général d’armée Petr Pavel, futur président du comité militaire de l’OTAN.

 

Ce cycle d’entretiens avec le commandement stratégique de l’Alliance s’inscrit notamment dans le cadre des travaux visant à mettre en œuvre les orientations stratégiques prises lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique à Newport en septembre 2014.

 

Dans le contexte sécuritaire actuel, le CEMA a confirmé avec le général Paloméros et le général Breedlove la nécessité d’adapter l’Alliance à l’évolution de notre environnement stratégique et à ses nouvelles menaces. Les trois autorités ont souligné le lien étroit entre le processus de transformation et la révision stratégique de l’OTAN, dont l’objectif consiste à renforcer la capacité de l’Alliance et de ses partenaires à agir conjointement pour faire face aux défis opérationnels, capacitaires et budgétaires.

 

Au cours de ses entretiens, le général de Villiers est revenu sur les principaux axes relevant de cette dynamique : la mise en œuvre du plan de réaction rapide visant à améliorer l’efficacité de l’OTAN ; la nécessité pour l’OTAN de prendre en compte les menaces émanant du flanc Sud de l’Europe, d’une part, et celles relevant du flanc Est, d’autre part.

 

Avec le général Breedlove le CEMA a plus spécifiquement abordé la question des capacité de réaction rapide de l’Alliance et celle des mesure de réassurance à l’égard de certains de ses alliés. Son entretien avec le général Paloméros a été l’occasion de revenir plus spécifiquement sur les mesures permettant de renforcer l’interopérabilité entre les partenaires de l’Alliance en optimisant, par exemple, la planification des entrainements opérationnels ou en renforçant les mutualisations capacitaires.

 

Ces rencontres ont ainsi permis de faire un premier tour d’horizon des principaux travaux engagés au comité militaire de l’OTAN, dans la perspective de la réunion au niveau des chefs d’état-major qui aura lieu les 21 et 22 janvier 2015 à Bruxelles.

Semaine de rencontres avec les acteurs clefs de l’OTAN
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 08:45
Entretien avec le nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali

 

16/01/2015 Sources : État-major des armées

 

Le 16 janvier 2015, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a reçu monsieur Mongi Hamdi en France en tant que représentant spécial du secrétaire général des Nations unies (RSSGNU) au Mali.

 

En réservant son premier déplacement à la France et en rendant visite au CEMA, Monsieur Hamdi, précédemment ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a tenu à marquer le lien étroit entre l’action conduite par nos forces et celle de l’ONU dans le cadre de la lutte contre les groupes armés terroriste (GAT) au Mali et au Sahel.

 

Cette rencontre a été l’occasion d’évoquer plus spécifiquement la situation au Mali, où les forces françaises sont engagées en soutien et en appui de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Ils ont évoqué les actions de terrain engagées avec les forces armées maliennes. Cette rencontre a également permis de faire le point sur la situation opérationnelle dans la bande sahélo-saharienne (BSS), où la force Barkhane agit en soutien aux pays de la région dans le cadre de la coopération régionale pour lutter contre les GAT.

 

Le CEMA et le RSSGNU se sont félicités de la bonne coordination établie sur le terrain par les forces françaises et celles de l’ONU. Ils ont toutefois rappelé que pour relever le défi sécuritaire dans cette région, l’action militaire seule ne suffisait pas et qu’elle devait être complétée par les piliers politiques, juridiques et économiques. A ce titre, ils ont évoqué les négociations d’Alger dont la prochaine réunion planifiée en février 2015.

Entretien avec le nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali
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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 21:00
Directives opérationnelles du CEMA dans le cadre du plan Vigipirate « attentat »

 

14/01/2015 Sources : État-major des armées

 

Le 13 janvier 2015, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a réuni les adjoints de ses commandants interarmées (COMIA) au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), à Paris.

 

Alors que nos armées sont dans une configuration sans précédent pour garantir la sécurité du territoire national, le CEMA a convoqué ses principaux « bras armés territoriaux » pour leur préciser « à la voix » ses directives et recueillir leur appréciation de situation. Il a axé son message sur sa perception des enjeux sécuritaires, appelant les COMIA à poursuivre leur action pour contribuer au plan d’alerte gouvernemental.

 

Alors même que le Président de la République annonçait le déploiement de 10 000 militaires sur l’ensemble du territoire, le CEMA a insisté sur la nécessité, pour les armées, de maintenir le niveau de réactivité et de professionnalisme avec lequel elles ont su mobiliser, en moins de 72h00, plus de soldats qu’elles n’en engagent en opérations extérieures.

 

A cet égard, le général de Villiers a rappelé la continuité entre les opérations extérieures, qui constituent une véritable « défense de l’avant », et nos engagements sur le théâtre national. « Dans chacun des cas, il s’agit bien d’assurer la protection de la France et de nos concitoyens », a-t-il précisé, soulignant que ce lien est d’autant plus fort face à une menace terroriste qui ne connaît pas de frontières.

 

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Les COMIA

 

En métropole, les commandants interarmées (COMIA) se répartissent entre les officiers généraux de zone de défense et de sécurité (OGZDS), les commandants de zone militaire (CZM) et les commandants de la défense aérienne et des opérations aériennes CDAOA.

 

    Dans le cadre de l’organisation territoriale interarmées de défense (OTIAD), les sept OGZDS (Nord, Est, Ouest, Sud-Ouest, Paris, Sud et Sud-Est) sont chargés, en liaison avec les autorités préfectorales, de la préparation et de la gestion des crises sur le territoire national. Ils assurent également le contrôle opérationnel des unités engagées en missions intérieures et sont responsables de la mise en œuvre, sur décision du gouvernement, de tout ou partie des mesures de défense opérationnelle du territoire (DOT) dans leurs zones.

    Les commandants de zone maritime (CZM) sont chargés de la défense maritime du territoire au sein de leur zone maritime. Ils agissent depuis les trois bases navales métropolitaines (Brest, Toulon et Cherbourg).

    Le COM DAOA est, quant à lui, responsable de la veille permanente et de l’intervention dans l’espace aérien national,  ainsi que de la planification, de la conduite et du suivi des opérations aériennes. Le commandement est implanté sur la base aérienne de Balard ; son état-major est basé à Lyon.

 

Hors territoire métropolitain, les commandants des forces de souveraineté (COMSUP), basés aux Antilles, en Polynésie française, en Nouvelle Calédonie et dans la zone sud de l’océan Indien assurent, entre autre, les missions des COMIA, sous l’autorité du CEMA.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 18:55
photo EMA

photo EMA

 

14/01/2015 Par LeFigaro.fr avec Reuters et AFP


Lors de ses voeux aux Armées, prononcés depuis le porte-avion Charles-de-Gaulle François Hollande a déclaré qu'il fallait revoir et adapter le rythme de réduction des effectifs des forces armées compte tenu de la situation exceptionnelle de la France. "Je demande au ministre de la Défense (Jean-Yves Le Drian) de me faire des propositions d'ici la fin de la semaine, en tenant compte évidemment des nécessités budgétaires", a ajouté le chef de l'Etat lors de ses voeux aux Armées. Il tiendra un Conseil de Défense sur la question des effectifs mercredi et "prendra aussitôt la décision".

La loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit quelque 24.000 suppressions de postes dans les armées, dont 7 500 en 2015.

Le président a confirmé l'allègement du dispositif militaire français en Centrafrique, qui sera réduit à 1000 soldats, tandis que la mission de l'Onu sera renforcée.

François Hollande a, par ailleurs, une nouvelle fois déploré que la communauté internationale ne soit pas intervenue militairement en Syrie à la fin de l'été 2013 comme le souhaitait la France.

Le porte-avions, qui va faire route vers l'Irak, permettra "si nécessaire" de "mener des opérations en Irak avec encore plus d'intensité et d'efficacité" dans le cadre des frappes françaises contre l'organisation Etat islamique (EI), a affirmé le chef de l'Etat.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 16:55
L’armée appelée à être plus visible sur le territoire national

 

13.01.2015 Par Nathalie Guibert – LeMonde.fr

 

L’armée sera-t-elle, demain, engagée sur le territoire national contre des citoyens français, dans une «  guerre  » contre le terrorisme ? Le cadre légal de la République l’exclut, mais les attentats de ces derniers jours ont montré que les capacités militaires étaient jugées indispensables, en appui de la police.

 

Le ministre de la défense a mobilisé, lundi 12 janvier, sur ordre du chef de l’Etat, 10 000 soldats au total dans le cadre du plan Vigipirate. « Une opération militaire à part entière », selon les mots officiels, sous le commandement d’un préfet, pour protéger les points sensibles. C’est le volume maximal prévu en appui des forces de sécurité intérieure et civile par le Livre blanc sur la défense de 2013. Mais c’est plus que l’effectif déployé dans les opérations extérieures, qui s’établit actuellement à 9 000 hommes, et cela représente un effort très conséquent pour l’armée de terre. Vingt-six régiments sont concernés. Plus de la moitié des effectifs seront consacrés à la région parisienne.

 

Dimanche 11  janvier, pour la marche parisienne, tous les moyens aériens de l’armée de l’air, à l’exception de drones (satellite, avions, hélicoptères) avaient été employés. Le gouvernement avait déjà, dans la foulée des attentats, triplé en trois jours les effectifs de Vigipirate sur l’Ile-de-France, d’abord portés à 1 350 militaires, tandis que le niveau « Vigipirate attentat » permettait d’armer les patrouilles – dans les échelons inférieurs du plan, les munitions sont disponibles mais ne sont pas chargées dans les fusils.

 

Suite de l'article

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 08:45
Sangaris : point de situation du 30 décembre 2014

 

30/12/2014 Sources : État-major des armées

 

Point de situation sur les opérations de la force Sangaris, engagée en République centrafricaine, du 19 au 30 décembre 2014.

 

Ces derniers jours étaient partagés entre une ambiance relativement festive en république Centrafricaine avec les différentes organisations de rassemblements et de distributions de cadeaux à la population par les autorités locales et une ambiance tendue avec des regains de tension. Malgré tout, les missions de la force Sangaris se poursuivent afin de maintenir un niveau minimal de sécurité sur le territoire.

 

A Bangui, les militaires partis plusieurs jours sur une mission de reconnaissance d’axe entre Bangui et Bossembélé (au nord-ouest de la capitale) sont bien rentrés le 22 décembre au camp de M’Poko. Au-delà de la sécurisation de l’axe et de leur rôle de dissuasion sur les bandits coupeurs de route, les soldats français ont également participé, avec les forces de sécurité intérieures (FSI) locales et les soldats de la MINUSCA, à des réunions de prise de contact avec les autorités locales. En parallèle, les sapeurs du GTIA Picardie ont œuvré sous les yeux admiratifs de la population à la réhabilitation d’un pont à Bossembélé.

 

A l’Est, la situation s’améliore malgré la tension ambiante liée à la présence de brigands qui agissent ponctuellement dans la zone. Les réunions et échanges quotidiens entre les représentants des anti-balaka, des ex-séléka et les autorités locales, en présence de représentants de la MINUSCA et de la force Sangaris se poursuivent et stabilisent la région. Toutefois, plusieurs prises à partie de la force par des groupes armés ont eu lieu dans des quartiers de Bambari.

 

La dernière semaine de l’année 2014 a été marquée par les visites du chef d’état-major des armées le 23 décembre et du secrétaire d’état des anciens combattants et de la mémoire le jour de Noël en République centrafricaine. Les autorités ont pu saluer l’ensemble des troupes françaises présentes sur le théâtre : la force Sangaris et l’EUFOR, à Bangui comme en province (Bambari et Sibut).

 

Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 8 500 hommes de la MINUSCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir un niveau de sécurité minimal en République centrafricaine et à accompagner la montée en puissance progressive de la mission de l’ONU.

Sangaris : point de situation du 30 décembre 2014
Sangaris : point de situation du 30 décembre 2014
Sangaris : point de situation du 30 décembre 2014
Sangaris : point de situation du 30 décembre 2014
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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 12:55
Au cœur d’une patrouille Vigipirate de nuit

 

23/12/2014 Sources : État-major des armées

 

Lundi 22 décembre à 22h, en gare Montparnasse, le général Pierre de Villiers était auprès des militaires engagés à Paris dans le cadre du Plan Vigipirate. Il en a profité pour suivre une patrouille armée par le 48e régiment de transmissions d’Agen.

 

Près de 1 000 militaires des trois armées, dont 500 en Ile de France, sont déployés en permanence sur le territoire français dans le cadre du plan Vigipirate, en complément des forces de gendarmerie et de police. Ils assurent essentiellement des missions de surveillance et participent à la lutte antiterroriste.

 

A Paris, les missions qui leur sont confiées par la préfecture de police sont réévaluées régulièrement en fonction de l'appréciation de la menace. Depuis le 18 décembre, à la demande du Premier ministre, le dispositif est renforcé en raison de la sensibilité particulière de la période des fêtes de fin d’année.

 

A l’approche de Noël, le CEMA a souhaité aller à la rencontre de ceux qui sont engagés en mission intérieure pour protéger les français. En effet, l’engagement des armées françaises dans la protection du territoire ne se limite pas aux opérations extérieures : en complément des 8500 militaires déployés à travers le monde dans « une défense de l’avant », 2500 autres sont engagés chaque jour en France dans la protection du territoire national. Le CEMA s’est rendu ensuite en Afrique pour passer Noël, sur le terrain, auprès des militaires de l’opération Sangaris en République centrafricaine et de l’opération Barkhane dans la bande sahélo-saharienne (BSS).

Au cœur d’une patrouille Vigipirate de nuit
Au cœur d’une patrouille Vigipirate de nuitAu cœur d’une patrouille Vigipirate de nuit
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:55
Le CEMA au contact de la vie de garnison du 16e BC à Bitche

 

17/12/2014 Sources : État-major des armées

 

Du 15 au 16 décembre 2014, le général de Villiers s’est rendu, au camp de Bitche, en Moselle, pour rencontrer dans leur garnison les hommes et les femmes du 16e bataillon de chasseurs (16e BC).

 

Le chef d’état-major des armées souhaitait retrouver le quotidien de la vie de garnison d’une unité, afin de ressentir sur le terrain la façon dont les réformes en cours sont perçues et appliquées, mais aussi pour prendre la mesure de la réalité d’un quotidien qu’il sait parfois difficile.

 

Pour cette première « immersion », sans réel préavis, sans protocole particulier et sans délégation, le CEMA a souhaité retrouver les militaires appartenant à l’unité avec laquelle il avait effectué une patrouille de nuit dans les rues de Bangui au mois d’août dernier. Le général Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre lui a donc proposé de se rendre au 16e bataillon de chasseurs.

 

C’est donc seul que le CEMA a rejoint lundi soir le camp de Bitche. Après un nuit passée dans cette garnison, il a choisi de retrouver l’ensemble des Chasseurs du 16e BC à l’occasion d’une séance de sport régimentaire, dans la fraîcheur matinale de ce camp situé dans l’est de la France. A l’issue de ce moment de cohésion, il a multiplié les occasions de rencontrer et d’écouter ceux et celles qui œuvrent, au quotidien, pour que la France dispose d’une armée qui gagne et qui protège.

 

En quittant Bitche, le CEMA a salué le professionnalisme, la rusticité, l’endurance et la force morale dont chaque militaire fait preuve au quotidien, depuis les garnisons jusqu’aux postes de combat les plus isolés.

 

Le général de Villiers a prévu de poursuivre ce type de déplacement dans les armées directions et services.

Le CEMA au contact de la vie de garnison du 16e BC à BitcheLe CEMA au contact de la vie de garnison du 16e BC à Bitche
Le CEMA au contact de la vie de garnison du 16e BC à BitcheLe CEMA au contact de la vie de garnison du 16e BC à Bitche
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 19:55
Hommage à nos morts, à nos blessés, ainsi qu’à leurs familles

 

16/12/2014 Sources : Etat-major des armées

 

A l’approche des fêtes de Noël, le général d’armées Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a tenu à témoigner son soutien aux associations qui, chaque fin d’année, organisent des événements en hommage aux militaires morts en opérations, à ceux qui y ont été blessés, ainsi qu’à leurs familles.

 

Le 03 décembre, le général de Villiers s’est rendu à la vente d’entraide organisée par l’association « Les Ailes Brisées » au bénéfice des familles des aviateurs civils et militaires tués ou blessés en service aérien. Quelques jours plus tôt, le 29 novembre, il s’était également rendu au Cercle de la Marine, à Paris, dans le cadre de la vente de charité organisée par l’association pour le développement des œuvres sociales de la Marine (ADOSM). Ces journées d’entraide à travers les dons réalisés permettent aux associations de poursuivre leur engagement au profit des membres de la communauté militaire et de leurs familles.

 

Le général de Villiers a également tenu à accueillir les veuves et les « pupilles » réunis par la CABAT dans le cadre de son premier séminaire baptisé « Regards croisés ». Organisé aux Invalides les 29 novembre en partenariat avec les associations « Terre Fraternité » et l’ANFEM (Association nationale des femmes et épouses de militaires), ce séminaire avait pour objectif de favoriser les rencontres et les échanges entre les veuves et les acteurs de l’accompagnement. Il a permis d’évoquer les difficultés auxquelles sont confrontées les familles endeuillées et de faire un bilan du soutien apporté.

 

Maintenir le lien, être solidaire, aider, se souvenir, constituent autant de fondamentaux auxquels le CEMA souhaite que la communauté militaire reste fidèle.

Hommage à nos morts, à nos blessés, ainsi qu’à leurs familles
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:50
Mise à l’honneur de la relation franco-espagnole

 

12/12/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Le général d’armées Pierre de Villiers, chef d’Etat-major des armées (CEMA), a reçu son homologue espagnol, l’amiral Fernando Garcia Sanchez, les 10 et 11 décembre 2014 à Paris. Au cours de cette rencontre, le CEMA a tenu à souligner l’excellence de la coopération en opération avec l’Espagne.

 

Plus que jamais, les coopérations interalliées jouent un rôle central dans la conduite des opérations extérieures : mesures de réassurance en Ukraine, lutte contre la menace terroriste dans la bande sahélo-saharienne (BSS) et au Levant, action de sécurisation en république Centrafricaine (RCA), lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée.  A ce titre, que ce soit dans un cadre bilatéral ou multilatéral, l’Espagne fait partie de nos partenaires majeurs en opération.

 

Tenant à témoigner de sa reconnaissance ainsi que celle de la France, le général de Villiers a remis la médaille de commandeur de la légion d’Honneur au général Garcia Sanchez. A cette occasion, il a salué l’ancienneté et la solidité de la relation entre nos armées, et s’est félicité de la constance de l’engagement des forces espagnoles aux côtés des militaires français.

 

Présent au Liban depuis 2006 au titre de la force intérimaire des Nations Unis au Liban (FINUL), l’Espagne a été, dès janvier 2012, le premier pays déployé au Mali en appui de la force Serval. Toujours présentes dans la région sahélo-saharienne où elles soutiennent actuellement la force Barkhane et la MINUSMA, les forces espagnoles sont également engagées dans l’opération EUTM Mali. Ainsi, le 14 octobre 2014, lors d’une cérémonie de transfert d’autorité sur la base de Koulikouro, le général Garcia-Vaquero a succédé au général Marc Rudkiewicz à la tête d’EUTM. Sensible aux enjeux sécuritaires liés à la menace terroriste, les forces espagnoles soutiennent également la lutte contre Daech au sein de la coalition. Enfin, avec un soutien aérien apporté à la force Sangaris et l’équivalent d’une compagnie engagée dans le cadre de la mission européenne EUFOR RCA, les forces espagnoles sont présentes à nos côtés en république Centrafricaine.

 

Réunis le lendemain pour une séquence de travail au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), les deux CEMA ont pu faire un point de situation opérationnel et décliner, ensemble, les perspectives de leur coopération opérationnelle et capacitaire.

Mise à l’honneur de la relation franco-espagnoleMise à l’honneur de la relation franco-espagnole
Mise à l’honneur de la relation franco-espagnoleMise à l’honneur de la relation franco-espagnole
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 07:55
Première visite de terrain au service des essences des armées

 

04/12/2014 Sources : État-major des armées

 

Le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’Etat-major des armées (CEMA), s’est déplacé le 2 décembre 2014 sur la base pétrolière interarmées (BPIA) de Chalon-sur-Saône afin de visiter le service des essences des armées (SEA).

 

Accueilli par l’ingénieur général de 1ère classe Jean-Luc VOLPI, directeur central du SEA, le CEMA a pu constater sur le terrain l’effort de transformation de ce service, l’engagement opérationnel de son personnel ainsi que la qualité de sa formation. Le pôle de formation et de préparation aux opérations extérieures du SEA, situé sur le site, lui a d’ailleurs été présenté.

 

Le CEMA s’est entretenu à plusieurs reprises avec le personnel, notamment lors de la présentation des matériels équipant le service, tels que le véhicule tactique d’avitaillement (VTA) ou encore le véhicule avitailleur de drone. Il a pu ainsi mesurer la motivation et le haut niveau d’expertise de ces « soldats du soutien ». Cette compétence, mise à disposition des forces par le SEA pour le soutien pétrolier, est indispensable à la conduite des opérations.

 

Le SEA utilise les réseaux oléoducs du CEPS (centre Europe pipeline System) de l’OTAN pour ravitailler plusieurs de ses dépôts. La mise en œuvre opérationnelle de ce réseau interallié de distribution des hydrocarbures a été présentée au CEMA par l'ingénieur général de 2ème classe Jean PERROLAZ, directeur du service national des oléoducs interalliés (SNOI), et par des cadres dirigeants de la société TRAPIL. Cette société, implantée à Paris et spécialisée dans les transports pétroliers par pipeline, a la charge de la partie française de l’oléoduc de l’OTAN. Son président directeur général, Monsieur Patrick GOULAY, était présent à Chalon-sur-Saône.

 

Engagé dans un processus de rationalisation et de redistribution de ses moyens, le SEA a pour objectif d’assurer le soutien des forces qu’elles soient en métropole ou en opérations. Les récentes décisions de restructurations donnent à ce service une visibilité pluriannuelle, lui permettant d’anticiper et de mieux accompagner le changement.

 

Le général de Villiers a félicité les femmes et les hommes du SEA non seulement pour leur implication dans la mise en œuvre de cette transformation, mais aussi pour leur engagement remarquable en opérations, sur le territoire national ou à l’étranger : « Aujourd’hui, la transformation du SEA est un succès que vous continuez à assurer et à construire au quotidien. Il s’ajoute à vos succès en opération».

Première visite de terrain au service des essences des armées
Première visite de terrain au service des essences des arméesPremière visite de terrain au service des essences des armées
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 07:30
Visite officielle du CEMA au Qatar

 

01/12/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Répondant à l’invitation de son homologue, le général Ghanem Al-Ghanem, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a effectué les 25 et 26 novembre 2014 sa première visite officielle au Qatar.

 

Au cours de cette visite, il a été reçu par le ministre de la Défense qatarien, le  général de division Hamad Al-Attiyah.

 

Ce déplacement s’inscrit dans le cadre des dialogues bilatéraux réguliers entre les chefs d’état-major français et qatarien. Les deux CEMA ont fait le point sur la coopération entre nos forces armées, en abordant notamment les aspects formation, interopérabilité et exercices. Cette coopération bilatérale est renforcée par des exercices majeurs réguliers, comme l’exercice interarmées Gulf Falcon, organisé tous les quatre ans (dernière édition en 2013 [Lien vers Brève]), ou encore Al Koot (prochaine édition planifiée en 2015).

 

Le général de Villiers et son homologue ont également échangé leur vision sur l’évolution de la situation sécuritaire régionale. Dans le contexte de la crise au Levant et de l’engagement des deux pays dans la lutte contre le groupe terroriste Daech, le CEMA a tenu à rappeler l’importance des partenariats mis en œuvre dans le golfe arabo-persique, en particulier avec le Qatar. Déjà mise en évidence en 2011 dans le cadre des opérations aériennes menées en Libye lors d’Harmattan, cette coopération s’illustre actuellement avec l’opération Chammal en Irak.

 

Le CEMA a aussi profité de ce déplacement pour faire un point opérationnel sur notre engagement en Irak avec le commandant du détachement aérien français inséré au centre interallié des opérations aériennes, le CAOC (Combined Air and space Operation Center).

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 08:56
Rencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle


24/11/2014  Armée de l'Air

 

Jeudi 20 novembre 2014, l’armée de l’air et le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ont organisé un colloque à l’École militaire intitulé « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle ».

 

Placé sous le haut patronage de monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense cette rencontre constituait le second volet du 50eanniversaire des forces aériennes stratégiques (FAS) qui assurent, de manière ininterrompue depuis 1964, la permanence opérationnelle de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française. Le colloque ouvert par le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), réunissait autour de trois tables rondes, un panel de spécialistes du nucléaire militaire.

 

La première rencontre orientée sur « les exigences de la dissuasion au quotidien » était animée par le vice-amiral d’escadre Louis-Michel Guillaume, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique et le général Philippe Steininger, commandant les forces aériennes stratégiques (CFAS). La participation du lieutenant-general Stephen Wilson, commandant l’US Air Force Global Strike Command à cet échange, a apporté un éclairage international sur le sujet. Les propos étaient principalement basés sur des éléments du quotidien des hommes et des femmes de la dissuasion nucléaire. De la permanence opérationnelle, en passant par les explications des procédures et des entraînements, les intervenants ont démontré que cet univers ne laisse aucune place à l’improvisation.

 

S’en est suivi un échange sur les retombées de la dissuasion nucléaire. Un second débat ouvert par le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui a rappelé : « Depuis le 8 octobre 1964, date de la première prise d’alerte de dissuasion, en permanence, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, cette mission d’excellence se poursuit à un niveau opérationnel très élevé, permettant à la plus haute autorité de l’État de garantir en toutes circonstances la protection des intérêts vitaux de la France et conférant ainsi à notre pays un réel poids sur la scène internationale ». Animée par de grands spécialistes, cette table ronde a exposé quels étaient « les effets de levier de la dissuasion dans les domaines opérationnel, technique et scientifique ».

 

Ces allocutions ont été suivies d’un troisième éclairage consacré au thème « En quoi la dissuasion française reste-t-elle pertinente au 21ème siècle ? ». Plusieurs professeurs et chercheurs français et américain se sont exprimés à tour de rôle : Bradley H. Roberts, professeur consultant au centre pour la coopération et la sécurité internationale à l’université de Stanford, Philippe Errera, directeur de la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la défense et Bruno Tertrais, maître de recherche à la fondation pour la recherche stratégique.

 

12 MRTT « Phénix » pour la France

 

En guise de conclusion, le ministre de la Défense a souligné la pertinence de l’arme nucléaire et a confirmé les efforts de modernisation apportés à ses composantes aéroportée et embarquée à bord de sous-marin, « la dissuasion nucléaire française me paraît plus que jamais pertinente » a-t-il ajouté. Il a également annoncé l’acquisition de nouveaux aéronefs : « notre volonté de moderniser la composante aéroportée de la dissuasion se concrétise avec un contrat d’acquisition de 12 avions MRTT (multi-rôles de ravitaillement en vol et de transport) ». La livraison du premier appareil, d’ores et déjà baptisé « Phénix » est prévue pour 2018. Les MRTT permettront de remplacer les ravitailleurs Boeing C-135, utilisés depuis les années 1960 par les forces aériennes stratégiques.

 

Retrouvez en ligne les discours du ministre de la Défense et du chef d'état-major des armées.

Rencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècleRencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècleRencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:45
Barkhane : point de situation du 20 novembre 2014

 

20/11/2014 Sources : État-major des armées

 

Point de situation sur les opérations de la force Barkhane, engagée dans la bande sahélo-saharienne (BSS), du 13 au 20 novembre 2014.

 

Le 19 novembre, le CEMA s’est rendu à Niamey à l’invitation des chefs d’état-major des pays constituant le G5 Sahel. Le général a ainsi participé à la deuxième réunion de ce groupe créé le 16 février 2014 et destiné, dans le cadre d’un partenariat élargi, à coordonner les politiques de développement et de sécurité dans la bande sahélo-saharienne (BSS).

 

Depuis le 4 novembre, la force Barkhane a débuté les travaux d’infrastructure sur la future base avancée temporaire (BAT) de Madama, en coordination avec les autorités nigériennes. Cette nouvelle base permettra à la force de disposer d’un point d’appui complémentaire dans le cadre de ses opérations de lutte contre les GAT dans la BSS.

 

Dans le cadre de sa montée en puissance, le dispositif Madama est composé de spécialistes venus de France afin de réaliser divers travaux d’aménagement.

 

L’opération Barkhane regroupe 3 000 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

Barkhane : point de situation du 20 novembre 2014Barkhane : point de situation du 20 novembre 2014
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 17:45
Pour la deuxième fois, le G5 Sahel se réunit au format CEMA.

 

20/11/2014 Sources : Etat-major des armées

 

A l’invitation des cinq chefs d’états-majors de la bande sahélo-saharienne composant le G5 Sahel, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est rendu à Niamey le 19 novembre dernier afin de participer à la seconde réunion organisée dans le cadre de ce partenariat.

 

Créé à l’initiative des chefs d’Etat de la région sahélo-saharienne (BSS) le 16 février 2014, le G5 Sahel regroupe cinq pays : le Burkina-Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Il constitue un cadre institutionnel destiné à coordonner les politiques de développement et de sécurité de ses membres.

 

Le 19 novembre, un peu plus de six mois après le premier G5 Sahel (9 avril 2014 Lien Brève), les chefs d’état-major des pays membres, ou leur représentant, se sont une nouvelle fois réunis à Niamey, en présence du CEMA français, pour confirmer leur volonté de répondre ensemble aux défis sécuritaires liés à la menace constituée par les groupes armés terroristes dans la BSS.

 

Après avoir rendu hommage aux soldats tombés au Mali et au Niger, les chefs d’état-major africains et le CEMA ont exposé leur évaluation de la situation sécuritaire dans la BSS et ont fait le point sur la coopération engagée avec la France pour lutter contre la menace terroriste. A cette occasion, les CEMA du G5 Sahel ont confirmé leur volonté d’appréhender conjointement cette menace en renforçant leurs coopérations transfrontalières. Ils ont ainsi réaffirmé leur détermination à agir collectivement et en lien avec la France, avec qui ils partagent l’approche globale mise en œuvre dans le cadre de l’opération Barkhane. A ce titre, les chefs militaires africaines se sont accordés pour développer leurs partenariats stratégiques bilatéraux et multilatéraux.

 

Cette réunion s’est achevée par la signature d’un communiqué institutionnalisant la réunion du G5 Sahel selon un rythme semestriel, organisée à tour de rôle par chaque pays membre. La prochaine rencontre aura ainsi lieu au Tchad au printemps prochain.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 08:55
La puissance et l'attractivité de Daesh sont "très préoccupantes" (état-major des armées)

Défense "La lutte contre Daech sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides", a estimé le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers

 

19/11/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La force de frappe de l'Etat islamique inquiète l'état-major des armées. "La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante", a estimé le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser.

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait été très clair sur l'arsenal dont dispose Daech. Ses grands subordonnés, qui suivent le dossier, affiche une préoccupation sur la puissance et l'attractivité de ce mouvement terroriste, dont les effectifs sont actuellement évalués à 25.000 djihadistes. Daech, qui dispose notamment de chars, "ne constitue pas qu'un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s'appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée", a expliqué aux sénateurs le chef d'état-major de l'armée de Terre (Cemat), le général Jean-Pierre Bosser.

"Le groupe exerce une forte attraction sur les djihadistes du monde entier, qui rallient l'Irak et la Syrie par milliers", a noté le député UMP des Bouches-du-Rhône Guy Tessier dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2015. "Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d'hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes", a pour sa part confirmé le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

"La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante", a précisé le général Bosser. Les percées de Daech contre l'armée irakienne lui ont permis "de mettre la main sur des équipements lourds et modernes. Il bénéficie de ressources financières substantielles, en stock et en flux, grâce à l'exploitation des puits de pétrole, des postes frontaliers ou des barrages sur lesquels il a mis la main", a rappelé Guy Tessier.

 

"La lutte sera longue"

Pour le Cemat, "la problématique n'est pas seulement militaire, elle porte également sur les flux financiers qui viennent alimenter de véritables mercenaires appointés". Sur le plan financier Daech a effectivement récupéré à Mossoul 450 millions de dollars dans les banques. En outre, les ressources de Daech proviennent également du pétrole que le mouvement vend à des prix défiant toute concurrence.

"La lutte sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides", a estimé le Général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, la France a, selon le chef d'état-major des armées, "besoin d'une vision stratégique militaire qui intègre les objectifs militaires, mais aussi politiques, diplomatiques et psychologiques. Pour réussir, notre plan de campagne devra donc être global".

 

Préoccupations avec le retour des combattants européens

Selon le général Jean-Pierre Bosser, "plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l'espace Schengen". Une menace pour la France et les pays européens. Car "l'adversaire n'est plus seulement aux portes de l'Europe, il en a franchi le seuil", a souligné le chef d'état-major de l'armée de terre. Il est donc persuadé "de la nécessité d'intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l'armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l'extérieur".

Cette problématique est là "pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens", a de son côté expliqué le général Pierre de Villiers. Et selon le chef d'état-major de l'armée de terre, "il ne faut d'ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d'actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu'il s'agissait d'un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires".

 

L'armée de terre présente en France

L'armée de terre peut-elle être en première ligne face à Daech sur le sol national ? Le général Bosser en est convaincu : "il me semble raisonnable de considérer que la nature des opérations et l'envergure des défis sécuritaires inscrivent l'action militaire, hors et désormais à l'intérieur de nos frontières, durablement. Ils confortent ainsi le contrat opérationnel de l'armée de terre qui est réaliste et structurant".

La situation au Levant met l'accent sur l'indispensable nécessité d'une capacité autonome d'appréciation de situation tactique et stratégique, a affirmé le général Pierre de Villiers. "C'est la vocation de nos capteurs de renseignement, de nos satellites, mais aussi des efforts consentis pour améliorer nos capacités Cyber. Ce constat conforte la priorité mise sur le renseignement dans la loi de programmation militaire".

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 08:55
Drone tactique : le chef d'état-major des armées veut le Watchkeeper

Le drone tactique Watchkeeper a effectué fin septembre ses premiers vols opérationnels en Afghanistan (Crédits : Thales crédit Richard Seymour)

 

19/11/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a une préférence pour le drone tactique fabriqué par Thales UK : "Je préconise le Watchkeeper", a-t-il expliqué aux sénateurs.


 

Sur le renouvellement de la flotte de drones tactiques, le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a une nette préférence pour le Watchkeeper, fabriqué par Thales UK, la filiale britannique du groupe électronique : "le système de drone tactique intérimaire (SDTI) est à bout de souffle. Il faudra le remplacer d'ici 2016-2017. Je préconise le Watchkeeper, que j'ai vu à l'œuvre en Afghanistan, et qui est le fruit de la coopération menée dans le cadre des accords de Lancaster House, mais il faudra passer par un appel d'offres", a-t-il expliqué le 22 octobre au sénateurs.

L'acquisition du nouveau système de drone tactique (SDT) remplaçant le SDTI consistera en un achat sur étagère, francisé a minima notamment pour l'adaptation des liaisons de données aux contraintes réglementaires. "La compétition est lancée, a de son côté précisé fin octobre le délégué général pour l'armement Laurent Collet-Billon aux sénateurs. Des vols d'évaluation auront certainement lieu courant 2015 pour ceux qui auront été retenus in fine. Je ne sais ce qui se passera après. On pourra bien sûr choisir un vainqueur". La décision pourrait ête prise mi-2015 pour une notification en fin d'année.

Outre Thales avec le Watchkeeper, les concurrents devraient être Sagem (groupe Safran) avec le Patroller, Airbus avec le Shadow 200 et, peut-être, Latécoère et IAI avec le Heron, selon le député PS de Meurthe-et-Moselle, Jean-Yves Le Déaut, dans son rapport sur le projet de loi de finances 2015. "Il s'agit d'une concurrence sans publicité, a expliqué Laurent Collet-Billon. Nous choisissons donc les compétiteurs. D'autres sociétés souhaitent se porter candidates. Nous n'avons pas encore répondu". Ces systèmes présentant tous des caractéristiques très différentes en matière d'endurance, de poids, d'autonomie et de mise en œuvre, l'appréciation de la couverture du besoin opérationnel devrait être décisive.

 

Un programme important pour l'armée de terre

Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser, a été un peu plus prudent que son patron devant la commission de la défense du Sénat. "L'armée de terre s'est intéressée au Watchkeeper qui est en service dans l'armée britannique qui en est satisfaite. Une mise en concurrence a été décidée. Dans ce cas, les offres qui seront présentées avec de bons rapports coût-efficacité seront étudiées avec attention". Les solutions seront appréciées dans une approche de coût complet prenant en compte tous les aspects de la capacité et notamment les possibilités de mutualisation.

Un programme "dimensionnant" pour l'armée de terre qui nécessite un "lancement dès 2015" en raison des "obsolescences incompatibles avec le maintien en service du SDTI au-delà de 2017". Et ce d'autant que "le financement est programmé", a rappelé le général Bosser, précisant qu'une "approche par les coûts, trois fois inférieurs au MALE, à l'achat et en soutien, me porte à penser que son acquisition est justifiée". Jean-Yves Le Déaut a pour sa part regretté que "la consultation n'ait pas eu lieu plus tôt car si le calendrier actuel permet normalement d'éviter la rupture capacitaire sur le papier, elle est plus que frôlée sur le terrain".

D'un point de vue opérationnel, la nécessité de disposer de drones tactiques, déjà avérée en Afghanistan puis vérifiée au moment de l'opération Serval au Mali, se confirme dans la bande sahélo-saharienne. "Ce moyen de renseignement de l'avant a confirmé sur les théâtres d'engagement son importance au niveau tactique et pour la protection rapprochée de la force", a rappelé le chef d'état-major de l'armée de terre.

 

Des réserves ?

Les sénateurs s'interrogent sur les systèmes en compétition, notamment du Watchkeeper dont les performances seraient trop près des performances d'un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) et le prix serait trop cher dans un environnement budgétaire contraint. D'autant que comme l'a fait remarquer le vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Jacques Gautier, "il nécessite en outre des relais au sol". Réponse de Laurent Collet-Billon : "ce sont des choses sur lesquelles il faudra effectivement se pencher. La véritable question est de savoir si l'armée de terre n'a pas en priorité besoin d'un système plus tactique".

"Affecter à un emploi tactique un moyen tel que le drone MALE irait à l'encontre du principe de différenciation et de la logique d'économie des coûts, a estimé le général Bosser. Le drone tactique est donc le drone de la subsidiarité et de la complémentarité car il remplit à coût plus réduit des missions de renseignement et de protection aux profits des unités au contact, réservant l'emploi des drones MALE, plus performant et onéreux, à des opérations d'un niveau d'intérêt supérieur". Soit au niveau stratégique.

Toutefois, au-delà des systèmes en compétition, Jacques Gautier et le vice-président de la commission Daniel Reiner (PS) s'interrogent également sur la priorité à donner en matière de drones pour équiper les armées. Interrogé par La Tribune, Jacques Gautier pose clairement la question : "ne vaut-il pas mieux acheter des drones MALE supplémentaires priorité absolue dans la bande sahélo-sahélienne et en Irak plutôt que des drones tactiques?" Le débat est lancé...

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 23:56
Carte des opérations - oct. 2014 source EMA

Carte des opérations - oct. 2014 source EMA

 

16.11.2014 Par Nathalie Guibert – leMonde.fr

 

Paris va déployer des moyens supplémentaires pour frapper l’Etat islamique en Irak et soutenir l’armée libre en Syrie. Six Mirage, des avions d’attaque au sol, seront basés en Jordanie d’ici quelques semaines, en sus des Rafale stationnés aux Emirats arabes unis. Dans cette opération, l’état-major « s’inscrit dans la durée ».

 

Au Sahel, la force antiterroriste Barkhane comptera de nouveaux points d’appui à la fin de l’année, au nord du Tchad et du Niger, d’où frappent déjà les Rafale et autres hélicoptères Tigre ultramodernes. Ses effectifs, autour de 3 500 soldats, pourraient croître début 2015. Dans la crise ukrainienne, aussi, on annonce des moyens. Des drones français entreront bientôt en jeu, tandis que la marine nationale continue de faire tourner ses bateaux espions en Mer Noire.

 

Sur la photo, les armées françaises ont de l’allure. Leur chef, François Hollande, les déploie partout. Pour le président, rapportent plusieurs interlocuteurs, il est une vérité : la France reste un pays qui compte à l’étranger en matière militaire. « Nous avons plus de 20 000 militaires déployés hors de la métropole, dont plus de 8 000 au profit de 27 opérations sur quatre continents, dans les airs et sur tous les océans », dit le chef d’état-major, le général Pierre de Villiers.

 

« Dérive » des comptes publics

 

L’effort dépasse le « contrat opérationnel » fixé en 2013. Lire la suite de l’article

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 17:55
ITW du général d’armée P. de Villiers dans Armées d’Aujourd’hui (Sept. 2014)

 

14/11/2014 Communauté Défense

 

1. Depuis plusieurs mois déjà nous commémorons le centenaire de la 1ère Guerre mondiale. Pourriez-nous préciser l’objectif auquel répond ce nouveau rendez- vous mémoriel de septembre ?

 

Commémorer, c’est se souvenir ensemble, et les armées ont voulu réaffirmer l’importance du lien qui les unit à leur Nation en organisant, de manière concentrée le même jour, dans chaque département, un moment de souvenir autour des valeurs qui, hier comme aujourd’hui, animent le soldat français.

 

La date du 6 septembre a été choisie car ce jour-là, il y a un siècle, débutait la bataille de la Marne. Cette bataille, en rétablissant le front, a été déterminante pour l’avenir de la France : alors que la nation était en danger, les volontés, les talents, les énergies se sont mobilisées pour s’opposer à l’impensable. Dans chaque ville, au cœur de chaque village, les soldats citoyens de toutes catégories et de toutes origines sont partis en masse défendre la Patrie. L’immense majorité d’entre eux a tout accepté, jusqu’à donner sa vie. Les monuments aux morts et les noms qui y sont gravés en témoignent. Ce sursaut national a été celui des soldats de 1914, c’est-à-dire celui de nos grands-parents et arrière grands-parents.

 

Aujourd’hui encore, le sens de l’intérêt général, le courage, la cohésion, la fraternité d’armes et l’esprit de sacrifice fondent les forces morales de nos armées et je le vérifie au quotidien dans mes déplacements en France et en OPEX.

 

C’est pour ces raisons que nous avons voulu rassembler en cette date nos soldats et nos concitoyens autour de ces valeurs intemporelles et essentielles. Ce rendez-vous mémoriel a symboliquement débuté par une cérémonie sur 100 sites, choisis parmi les 400 casernes à partir desquelles les soldats français sont partis pour le front. Dans chacune de ces villes, un héros local et un drapeau régimentaire ont été mis à l’honneur pour rappeler cette mobilisation de tout un pays. Au cours de ces cérémonies, une plaque commémorative en hommage au départ de ces soldats a été dévoilée.

 

Cette opération d’envergure, organisée simultanément sur l’ensemble du territoire, en métropole et outremer, a donné du cœur et de l’âme au lien armée-nation. Elle a aussi sensibilisé les Français sur la place et le rôle d’une armée opérationnelle qui, aujourd’hui encore, a pour vocation de défendre la France et de protéger les Français.

 

Ainsi, la communauté militaire a tenu, par ces commémorations décentralisées, à marquer son attachement à la mémoire de leurs anciens et à y associer leurs concitoyens.

 

2. A l’occasion de cet événement, vous avez participé à la cérémonie de la ville d’Orléans, pourquoi cette ville en particulier parmi les 100 villes participantes ?

 

L’armée française est l’émanation de la Nation. Elle est un creuset représentatif de nos citoyens issus de tous milieux, de tous horizons.

Chaque soldat, marin ou aviateur a une histoire personnelle, professionnelle ou familiale qui prend place, même modestement, avec celle d’une ville, d’une région. Pour ma part, j’ai eu la chance de vivre à Orléans lorsque je commandais la 2ème brigade blindée. C’est une ville à laquelle je suis personnellement attaché et où j’ai tissé des liens d’amitié forts.

 

Il était en outre important pour moi d’être présent au cœur d’un département et de sa population afin de témoigner de la cohésion des armées, du chef d’état-major des armées au plus jeune des engagés volontaires.

 

Enfin, parce que le lien armée-nation doit s’inscrire dans des actions concrètes, je souhaitais aussi me rendre sur le terrain et j’ai été fier, au même titre que les autres militaires, de témoigner à Orléans des valeurs qui m’animent et de mon engagement au service de la défense et de la sécurité de notre pays.

 

3. Chaque époque à ses héros. Nous avons nous aussi les nôtres du fait de l’engagement des forces françaises sur de nombreux théâtres d’opérations. Quel message souhaitez-vous faire passer à la nouvelle génération ?

 

La France a des armées qui s’engagent et qui gagnent. Les hommes et les femmes qui les composent et qui incarnent, aujourd’hui, cet esprit d’engagement sont également célébrés au cours de ces 100 cérémonies. Ils font la preuve, chaque jour, qu’ils sont capables de se dépasser pour remplir leur mission, pour servir notre pays. Vous avez raison, il y a toujours de l’héroïsme chez nos militaires. Le sacrifice de nos frères d’armes tombés au champ d’honneur sur les  théâtres d’opération les plus récents en est la plus haute expression, l’exemple le plus marquant. Et comme leurs grands anciens, les soldats français font preuve d’un héroïsme discret et pudique, fondé sur une véritable aptitude au dépassement de soi, fait de générosité et de courage.

 

Nos jeunes engagés sont animés de la même ferveur et de la même audace que leurs anciens de la Grande Guerre. Sur le territoire national ou loin de nos frontières, je suis à chaque fois frappé par la détermination de ceux que je rencontre.

Aussi, mon message à destination de la jeune génération est simple : vous pouvez être fiers de l’uniforme que vous portez ainsi que de votre engagement. Vous faites votre métier dans des conditions exigeantes, souvent difficiles, mais toujours avec courage et professionnalisme  toujours dans le sens de l’intérêt commun.

 

Ces valeurs que vous portez, sont les mêmes que celles de vos anciens de 1914. Les années ont passé mais le sens du mot soldat reste le même. Ces valeurs, ces forces morales continueront d’être la clé du succès des armes de la France !

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 16:55
Football et Défense : ensemble vers un même but

 

14/11/2014 CNE Laetitia Périer

 

Vendredi 14 novembre, à 20h 45, l’équipe de France de football affronte l’Albanie en match amical à Rennes. Avant le coup d’envoi, une convention sera signée entre le ministère de la Défense et la Fédération française de football (FFF) afin de lancer un partenariat, notamment dans le domaine du soutien à la réadaptation par le sport des militaires blessés.

 

Vendredi 14 novembre, l’équipe de France de football affronte en match amical l’Albanie au stade  de la Route de Lorient, à Rennes. Avant le coup d’envoi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et le président  de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graet, signeront une convention afin de lancer un partenariat dans les domaines du soutien à la réadaptation par le sport des militaires blessés et de l’insertion professionnelle, mais également de la coopération technique et du développement de l’arbitrage.

Rappelant l’importance accordée au sport dans les armées, ce match est aussi l’occasion de rendre hommage aux anciens combattants, aux victimes de guerre et à leurs familles, cent ans exactement après le début de la Première Guerre mondiale. A ce titre, les commentateurs sportifs, le staff de l’équipe de France et les joueurs en tenue d’échauffement porteront le Bleuet de France. Aujourd’hui, les fonds récoltés par cette œuvre permettent d’aider financièrement les anciens combattants, les veuves de guerre, les orphelins mais aussi de soutenir les militaires blessés en opérations extérieures ou d’accompagner les familles endeuillées.

Toujours dans cet esprit de soutien et d’hommage aux militaires, des soldats blessés en opérations et leurs familles seront présents en tribune, sur invitation de la FFF. Ces militaires appartiennent à l’armée de Terre, à la Marine nationale, à l’armée de l’Air et à la gendarmerie. Le soutien aux blessés au sein des armées est une priorité du ministère de la Défense qui met en œuvre une démarche globale, dans la durée, alliant accompagnement médical, professionnel, psychologique mais aussi social. Le sport contribuant à cette réadaptation, le soutien de la FFF n’en est que plus significatif.

 

Outre Jean-Yves Le Drian et les militaires blessés et leurs familles en tribune, le chef d’état-major des armées, le général de Villiers, sera également présent. Enfin, la Marseillaise sera jouée par la musique de l'artillerie et le coup d’envoi fictif du match sera donné par le sergent Jean-Louis Michaud, du 7e bataillon de chasseurs alpins. Amputé du bas de la jambe droite après une grave blessure en Afghanistan, il a repris la pratique du sport pendant sa convalescence. Aujourd’hui, il occupe la fonction de moniteur de sport au sein de son régiment et est membre de l’équipe de France de football des amputés. Il participera prochainement avec cette équipe à la Coupe du monde qui se déroulera au Mexique.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 13:56
Propos liminaire du CEMA à l’Assemblée Nationale sur le PLF 2015

Note RP Defense : soulignement et mise en gras par mes soins.

 

14/11/2014 Sources EMA

 

Propos liminaire du CEMA à l’Assemblée Nationale sur le PLF 2015 à l'assemblée nationale le 7 octobre 2014

 

Madame la Présidente,

Mesdames et messieurs les Députés,

 

Je voudrais en tout premier lieu vous remercier de me donner l’occasion de m’exprimer une nouvelle fois devant vous. C’est pour moi un honneur et un rendez-vous majeur, car le projet de loi de finances, objet de cette audition, vise à donner à la France, pour l’année 2015, les moyens dont elle a besoin pour sa défense.

 

J’attache en effet la plus grande importance à ces échanges directs avec la représentation nationale. Comme nous le savons tous, la LPM 2014-2019 a été bâtie sur la base de la vision stratégique de la France, exprimée dans le Livre Blanc de 2013. Aujourd’hui, cette analyse stratégique qui a conduit au choix d’un modèle d’armée complet est confortée par la nette dégradation du contexte sécuritaire international.

 

A l’heure où je vous parle, nos forces sont engagées sur plusieurs fronts. Elles contribuent ainsi à la protection de nos concitoyens et des intérêts de la France. Dans le même temps, ces mêmes armées continuent à se réformer en profondeur.

 

Elles consentent des efforts considérables. Et tout cela, 7 jours sur 7 ; 24 heures sur 24.

 

Je ne vais pas chercher à vous convaincre de la pertinence de cette loi de programmation qui doit beaucoup à l’engagement des parlementaires. Le Président de la République a répété à plusieurs reprises son engagement à maintenir les crédits de la LPM. Il l’a encore fait le 28 août dernier, lors de la conférence des ambassadeurs.

 

C’est la troisième fois [Février (réforme des armées) et mai (dissuasion).] que je viens, en tant que chef d’état-major des armées, devant votre commission1. Aujourd’hui, je souhaite vous donner ma vision des enjeux que porte la loi de finance 2015 pour notre défense et notre sécurité.

 

Pour moi, chef militaire, l’année 2015 s’annonce comme, l’année charnière de la LPM, l’année de vérité. Pour vous le démontrer, j’articulerai mon discours en 3 parties :

 

1. Le contexte sécuritaire. Il change sous nos yeux ; nos armées sont dans l’action.

2. La transformation. Nous sommes sous pression.

3. Mes préoccupations. En toute transparence.

 

***

 

Première partie, donc : le contexte sécuritaire.

 

En quelques mois, il s’est profondément dégradé, il s’est durci. La conflictualité, « le tumulte du monde » a augmenté.

 

Les fractures sont multiples : sur le flanc Est de l’Europe, la crise ukrainienne renoue avec les conflits de type interétatique. Sur le flanc Sud, des guerres hybrides, transnationales, de plus en plus violentes, se multiplient : Syrie, Irak, Libye.

 

Dans le même temps, l’épidémie Ebola se propage et menace la stabilité de pays entiers. La menace de type cyber est elle aussi en pleine expansion.

Daech, mais aussi AQMI, Boko Haram ou encore les shebabs somaliens forment une nébuleuse d’organisations terroristes et de trafics mafieux, dont les activités s’enchevêtrent.

 

Les échos de ce monde tumultueux se font entendre sur le sol national avec la menace grandissante d’actes terroristes commandités depuis l’extérieur ou encore du retour des ressortissants français partis combattre au Levant ou ailleurs. Des appels à enlever, à tuer des Français, se font entendre.

 

Nos concitoyens sont menacés, ils ont besoin de protection. Nous avons le devoir de ne pas baisser la garde !

 

Vous le savez tous, mesdames et messieurs les Députés : face à ces menaces croissantes et multiformes, les armées françaises sont déjà pleinement engagées sur le territoire national, mais aussi au-delà de nos frontières.

 

Elles offrent une protection globale qui passe par la posture permanente de dissuasion nucléaire, qui sanctuarise nos intérêts vitaux grâce à ses deux composantes.

C’est aussi le sens de la surveillance de nos espaces aériens et maritimes avec la police du ciel et l’action de l’État en mer. Le contre-terrorisme maritime et la lutte contre tous les trafics en mer constitue aussi un enjeu majeur, notamment outremer. C’est l’une des missions de notre marine.

 

A l’heure où je vous parle, nous avons plus de 20 000 militaires déployés hors de la métropole, dont plus de 8 000 au profit de 27 opérations, sur 4 continents, dans les airs et sur tous les océans. Ils participent à la résolution des crises, à la protection des populations civiles et de nos ressortissants, et à la défense de nos intérêts et de nos valeurs. Les autres préparent et soutiennent ces opérations ou y contribuent directement, depuis nos bases prépositionnées, outremer et à l’étranger, en Afrique subsaharienne, comme dans le Golfe arabo- persique.

 

Dans la bande sahélo-saharienne, l’opération Serval a été un succès. Je peux vous le dire, à chaque fois que je rencontre mes homologues, partout dans le monde, quelle que soit la nation, c’est toujours une vraie admiration pour ce que nos armées ont réalisé.

 

Aujourd’hui, notre stratégie a évolué avec la régionalisation du dispositif et le renforcement du partenariat avec nos alliés africains.

 

Ce changement d’échelle est porté par la nouvelle opération transfrontalière Barkhane qui s’étend de la Mauritanie au Tchad.

 

Notre but est maintenant de transférer la sécurisation de la zone aux pays concernés en accompagnant la montée en puissance de leurs capacités. C’est le sens du partenariat élargi que nous avons établi avec la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina-Faso et le Tchad. Ces pays forment le groupe qu’ils ont baptisé le « G5 Sahel » et c’est à mon sens la meilleure instance pour faire progresser la sécurité dans la région. J’ai des contacts permanents avec mes homologues de ces

5 pays, auxquels j’ajoute évidemment le Sénégal, ainsi que l’Algérie, où j’étais il y a 3 semaines. Je crois que nous pouvons voir dans l’efficience de ce G5 Sahel, le résultat d’années de coopération avec nos amis africains.

Avec ce dispositif dans la bande sahélo-saharienne, nous sommes au croisement des menaces terroristes, dont AQMI et Boko Haram. Nous regardons au Nord en direction de la Libye, qui sert de zone de transit et de refuge, et vers le Sud avec la menace en expansion de Boko Haram. Nous devons aussi rester vigilants, en particulier au Nord Mali, où les groupes armés terroristes pourraient se reconstituer dans les mois à venir.

 

L’opération Barkhane est ma priorité opérationnelle. La défense de la Nation ne commence pas à nos frontières immédiates. Nous menons au Sahel une défense de l’avant qui participe directement à la défense de la France et de l’Europe.

 

Pour mener cette opération, outre l’action menée avec nos partenaires africains, j’attache une grande importance aux coopérations actives avec nos alliés. Les Américains, les Allemands, les Espagnols, les Britanniques, mais aussi d’autres pays européens, renforcent nos capacités. Ils le font dans le domaine du recueil de renseignement avec l’emploi de drones, dans le transport tactique et logistique ou encore dans celui de la formation. Ces coopérations pragmatiques sont d’autant plus indispensables que nous avons des réductions temporaires de capacité, qui ne seront comblées que par l’arrivée d’équipements supplémentaires.

 

S’agissant de la République Centrafricaine, nous sommes actuellement arrivés à un palier militaire ; la prochaine étape sera avant tout politique. Elle devra mener à la restauration de l’Etat, de son administration et à la réconciliation nationale.

 

L’opération Sangaris installe, consolide les conditions pour cette nouvelle étape, clé de la pacification du pays.

 

Le travail effectué depuis le début de cette opération a été aussi remarquable que difficile. En intervenant, en premier, nous avons évité le pire, c’est-à-dire le massacre interethnique et le désastre humanitaire. Les écoles ont rouvert, les marchés sont réapprovisionnés.

 

Mais en RCA, comme ailleurs, rien ne sert de gagner la guerre si nous ne gagnons pas la paix. Cette paix, nous la gagnerons par une approche globale qui conjugue les champs de la sécurité, du développement et de la gouvernance.

 

Pour ce qui concerne la crise ukrainienne, elle est un enjeu collectif de défense pour l’Europe et un défi pour l’OTAN.

 

A cette occasion, l’Union Européenne a redécouvert que ses frontières étaient instables. La France a été solidaire et a assumé ses responsabilités au sein de l’OTAN. Nous avons déployé des Rafale en Pologne et des navires en Baltique pour « réassurer » certains de nos alliés. Nous étudions actuellement le déploiement, en partenariat avec les Allemands, d’un module de drones en Ukraine dans le cadre de l’OSCE, pour surveiller la mise en œuvre effective du cessez-le-feu.

 

Le déploiement, en mer Noire, de navires de notre marine nationale, a permis à la France d’évaluer la situation en toute autonomie ; et nous a donné du poids dans les choix de l’Alliance.

 

Le dernier sommet de l’OTAN qui s’est tenu le mois dernier au Pays de Galles a également adopté différentes mesures. La plus emblématique est la création d’une force à très haute réactivité, sorte de « guépard de l’OTAN ». Nous en avons parlé avec les chefs d’état- major des 28 pays de l’OTAN à Vilnius, lors notre réunion il y a 2 semaines, et nous travaillons à la mise en œuvre de cette force, en liaison avec SACEUR et SACT, les deux commandements stratégiques concernés.

 

Cette situation sur le flanc Est rappelle, me semble-t-il, l’actualité et la pertinence de notre dissuasion nucléaire, qui ne doit pas être remise en cause par le seul prisme des conflits non étatiques, de type terroriste.

 

Il nous faut également être présents au Levant, car notre sécurité s’y joue aussi.

 

Nous parlons là de notre flanc Sud. Les djihadistes de « Daech », représentent une véritable armée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes. Là encore, nous sommes engagés, en première ligne, avec nos alliés. Nous participons aux frappes aériennes, mais aussi au recueil et au partage du renseignement.

 

Une conséquence directe des conflits au Levant est la menace grandissante du retour sur le sol national des Français partis y combattre. Cette problématique est là pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens.

 

Le Levant met l’accent sur l’indispensable nécessité d’une capacité autonome d’appréciation de situation tactique et stratégique. C’est la vocation de nos capteurs de renseignement, de nos satellites, mais aussi des efforts consentis pour améliorer nos capacités Cyber. Ce constat conforte la priorité mise sur le renseignement dans la LPM.

 

Ce rapide parcours, non exhaustif, des principaux foyers de crises rend compte de la réalité de l’augmentation des menaces. Et les menaces actuelles n’effacent pas celles d’hier. Mi-septembre, en moins de 2 semaines, nous avons ouvert trois nouveaux théâtres de nature bien différents : l’Irak, l’Ukraine avec l’OSCE, Ebola avec notre participation, en cours de définition, à la lutte contre ce fléau déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest.

 

Le corolaire direct est que nos opérations s’installent dans la durée. C’est un constat que je partage avec mes homologues américain, britannique et allemand.

 

Dans ce contexte, la France peut s’appuyer sur un modèle d’armée, certes taillé au plus juste, mais qui saura répondre aux surprises stratégiques évoquées dans le Livre Blanc. Après la Libye, le Mali et le Levant, que peut-il arriver ?

Nous avons de belles armées et elles sont efficaces. Nous avons un outil militaire très réactif. C’est le fruit d’une culture, d’un processus décisionnel extrêmement performant, d’une préparation opérationnelle rigoureuse et aussi d’une grande expérience, acquise sur tous les fronts ! C’est aussi ce que permet notre dispositif de forces prépositionnées, comme le rappelle les frappes aériennes lancées depuis les EAU et où les trois armées sont représentées. Parce qu’il est crédible, notre outil militaire est considéré par nos alliés, craint par nos adversaires.

 

Ces succès entretiennent le moral de nos soldats avec la contrepartie, bien sûr, de peser sur la préparation opérationnelle et d’user les matériels. Deux exemples permettent de l’illustrer :

En l’espace de 25 mois, une chirurgienne de 32 ans a participé à 5 opérations extérieures de 2 à 3 mois chacune, en parallèle de son travail en hôpital militaire.

Sur le plan des matériels majeurs, nos hélicoptères s’usent très vite au Sahel avec pour résultat un taux de disponibilité réduit parfois à moins de 50 % de l’ensemble du parc.

 

Il nous faut prendre en compte cette usure des personnes et des matériels. Pour autant, ces opérations sont aussi pour moi une source de grande fierté. On ne va s’en plaindre ! Le comportement opérationnel de nos armées est le révélateur des qualités de nos jeunes militaires. Elle est la preuve de l’endurance et du dévouement à notre pays de nos jeunes engagés. Nous avons une belle jeunesse. Elle est généreuse. Elle mérite le respect de la Nation, sa considération et son soutien.

 

Très concrètement, nos armées transforment parfois des jeunes, aux parcours chaotiques, ou dans la difficulté, en véritables héros.

 

La crédibilité opérationnelle des armées est également à mettre au crédit de nos équipements et donc de la direction générale de l’armement et de nos industriels. C’est la force de ce trinôme armées- DGA-industrie qui permet de trouver les solutions les plus adaptées et aussi de gagner sur les marchés export et je tenais à le dire ici devant vous. On n’insiste pas assez sur « l’équipe de France de Défense ». Vous connaissez peut-être mon tropisme pour le football !

 

Au bilan, les constats établis au cours de cette première partie confirment la pertinence de notre modèle d’armée complet et des choix exprimés dans le Livre Blanc et inscrits dans la LPM.

 

Nos armées sont au rendez-vous. Elles s’adaptent aux évolutions du contexte sécuritaire et sont en ordre de marche pour y faire face. Dans le même temps, « la vente continue pendant les travaux » : pendant qu’elles sont engagées en opérations, souvent dans des conditions très difficiles, nos armées consentent aussi d’énormes efforts pour se transformer ; ce qui m’amène naturellement à ma deuxième partie.

 

***

 

La transformation des armées. En effet, pour continuer à être au rendez-vous, les armées se transforment sous forte pression budgétaire.

 

Vous le savez, depuis de nombreuses années, nos armées françaises se sont pleinement engagées dans une profonde transformation dont le but est de concilier les efforts budgétaires demandés avec le maintien de leur excellence opérationnelle. Il s’agit de fournir à la France le meilleur outil de défense possible pour faire face aux menaces, de donner à notre pays l’outil de ses ambitions et de ses besoins.

 

Tout au long de cette manœuvre, alors que les lignes bougent, et tout en continuant à assurer les opérations, nous devons conserver la cohérence de nos armées sous forte contrainte budgétaire. Cette contrainte, nous ne voulons pas la subir mais mettre les forces en mouvement par leur adhésion à un projet porteur d’avenir, réaliste. C’est un exercice particulièrement compliqué. Pour cela, nous nous sommes organisés avec soin :

un plan stratégique a été construit. Il s’appuie sur une cartographie des risques et sur une analyse fonctionnelle ;

un projet (CAP 2020) a été réalisé. Il traduit le plan stratégique en actions à conduire. Les trois armées et les six directions et services ont, à leur tour, construit et rédigé des projets pour leurs propres entités. Chacun d’eux s’inscrit dans le plan d’ensemble de CAP 2020, qui, pour la première fois, est un projet global, parfaitement cohérent avec la LPM 2014-2019 ;

trente et un chantiers transverses ont été lancés. Les projets Etat- major, formation, modèle RH ou supply chain (processus logistique) sont les plus structurants et aussi les plus sensibles.

 

J’insiste sur la grande cohérence qui existe entre les conclusions du Livre Blanc, la loi de programmation militaire, le plan stratégique des armées, le projet CAP 2020 et les projets des armées, directions et services. Ils s’inscrivent tous dans le même horizon temporel. C’est aussi un ensemble fragile. C’est une sorte d’ensemble où chaque pièce repose sur les autres ; si une seule bouge, l’ensemble est remis en question.

 

Oui, je le dis souvent : le costume est taillé au plus juste. Les marges de manœuvre sont inexistantes. Avec la Révision Générale des Politiques Publiques puis la Modernisation de l’Action Publique, toutes les pistes d’optimisation ont été explorées et mises en œuvre. Je me propose de vous en faire la démonstration à travers les trois grands domaines qui structurent le budget : la masse salariale, le fonctionnement et les équipements.

 

Premièrement, la masse salariale.

 

Pour le budget 2015, elle sera en baisse pour la quatrième année consécutive avec une diminution de 2,1% par rapport à 2014. Cette baisse concrétise les efforts des armées.

 

Sur l’année 2015, la masse salariale représentera 10,9 milliards d’euros, sur le budget global de 31,4 milliard d’euros pour la mission défense. Ce sont 7 500 postes qui doivent être supprimés sur le périmètre de la mission défense, dont 7 046 pour les armées directions et services, sous mon autorité, soit une économie de plus de 210 M€. En outre, nous maintenons l’effort de dépyramidage de nos effectifs, en particulier pour les officiers avec la suppression de 1 000 postes. Dans le même temps, les mesures catégorielles ont été réduites à

 

40 millions par an, soit la moitié du montant de ce qui était inscrit dans la précédente LPM. Compte tenu des efforts demandés à nos personnels, militaires et civils, on ne peut pas descendre plus bas.

 

En 10 ans, entre 2009 et 2019, nos effectifs auront diminué d’un quart. C’est considérable ! En 2014, le ministère de la défense, à lui seul, assumera près de 60% des suppressions d’emplois d’Etat. En 2015, ce ratio augmentera encore jusqu’à 66%. Et plus on avance, plus il est difficile d’identifier des postes à supprimer. On ne peut pas aller plus vite !

 

On ne peut pas aller plus vite car, tout en réalisant la déflation d’effectifs prévue par la LPM, il faut continuer à s’adapter, c’est-à- dire rénover le modèle RH et simplifier nos procédures.

 

Notre modèle RH évolue en effet vers un modèle optimisé, plus fluide, mieux maîtrisé et capable de conserver son attractivité. Il s’agit aussi d’adapter notre organisation. Pour cela, nous réduisons la taille des états-majors centraux, notamment l’état-major des armées qui a vu son effectif passer, en deux ans, de 900 à 600 personnes. Je ne connais pas d’équivalent dans la fonction publique ! Nous aurons aussi à conduire le déménagement du commandement des armées sur Balard.

 

C’est un défi supplémentaire qui nous attend en 2015, un défi, dont il ne faut pas sous-estimer l’ampleur.

 

Ces réorganisations toucheront aussi les forces de présence et les forces prépositionnées. Il faudra bien en mesurer les conséquences en termes de perte de réactivité, de connaissance des théâtres et, in fine, de liberté d’action.

 

Voilà pour la masse salariale. On ne peut pas faire mieux, sauf à rompre la cohérence de la LPM.

 

Deuxièmement, le fonctionnement.

 

Il représente 7 milliard d’euros pour 2015, et se décompose en deux types d’agrégats : le fonctionnement courant d’une part, l’activité opérationnelle d’autre part. Autrement dit, tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne des unités et à l’entraînement des forces.

 

S’agissant du fonctionnement courant, à hauteur de 2,6 milliards d’euros, il doit permettre d’assurer des conditions de vie et de travail décentes.

 

Sur ce point nous sommes déjà en limite de rupture. Et ce dans des proportions telles que le Ministre, Jean-Yves Le Drian, a décidé un abondement de 30 millions d’euros en fin d’année dernière, afin de soutenir les bases de défense, pour satisfaire en partie les besoins les plus basiques, comme le chauffage ou la réparation des douches !

 

Comment peut-on envisager d’aller plus loin en matière de fonctionnement quand la hausse de la TVA notamment est prise sous enveloppe et que les coûts de l’énergie et des fluides, également pris sous enveloppe, représentent 40% des dépenses des bases de défense ?

 

Que les choses soient dites, il n’y a plus de gras dans nos armées, si toutefois il y en a eu. J’invite ceux qui n’en sont pas convaincus à aller voir les conditions de travail et de vie de nos soldats.

 

Pour réduire nos coûts de fonctionnement, nous devons continuer à densifier nos emprises, ce qui signifie des restructurations et j’en reparlerai ci-après.

 

Quant à l’agrégat de l’activité opérationnelle, 4,4 milliards d’euros, il comprend l’entretien programmé du matériel et les frais de fonctionnement liés à l’entraînement, comme les munitions et le carburant opérationnel liés aux exercices.

 

La préparation opérationnelle, c’est le gage de notre réactivité ; c’est l’assurance de la sécurité de notre personnel. La première partie de mon exposé a illustré ce qu’elle rendait possible en opération. Seul un niveau suffisant de préparation opérationnelle, d’entraînement, permet par exemple à des pilotes d’hélicoptère de poser leurs machines sur le pont d’envol d’un bateau de la marine, ou à un pilote de l’armée de l’air de poser son avion tactique sur un terrain de fortune. Il n’y a rien d’inné en la matière ; il n’y a que de l’acquis au fil du temps, lorsque les moyens sont suffisants pour le faire. C’est la sécurité de notre personnel dont il s’agit.

 

S’agissant aussi de l’entretien du matériel, là encore, nous avons dû nous adapter : à l’usure du matériel existant d’une part, et à l’attente de l’arrivée des matériels nouveaux d’autre part.

 

L’objectif est de remonter progressivement, à partir de 2016, les indicateurs d’activité opérationnelle. Notre ministre, Jean-Yves Le Drian, l’a rappelé devant vous, la semaine dernière, lors de son audition : c’est une priorité de la LPM. Cela nécessite de réaliser des économies structurelles dans le domaine du maintien en condition opérationnel (MCO). C’est l’enjeu du projet « supply chain » qui vise, entre autre chose, à optimiser les fonctions liées aux approvisionnements et à la logistique.

 

Nous comptons également sur les coopérations internationales, sur lesquelles la LPM insiste et pour lesquelles il s’agit maintenant de faire effort. Ceci dans une approche que je souhaite pragmatique, dans un objectif d’interopérabilité, mais aussi de recherche de gains financiers. C’est par exemple l’enjeu de l’état-major de forces conjoints avec nos amis britanniques, projet qui avance de manière remarquable. Nous serons au rendez-vous en 2016.

 

Donc, vous le voyez, pour le fonctionnement, je ne vois pas de marges.

 

Enfin, et troisièmement, les équipements, 13,5 M d’€ pour 2015.

 

Les équipements concernent principalement trois grands domaines : la dissuasion, les programmes d’armement et l’infrastructure.

 

La dissuasion : les investissements en la matière représentent 3,6 milliards d’euros annuellement, sur la période. Je me suis déjà exprimé devant vous sur la dissuasion en mai dernier. Nous avons intégré 1,9 milliard d’économies sur la période de LPM. On ne peut pas aller plus loin, sans remettre en cause les choix fondamentaux, ce qui n’est pas souhaitable.

 

Les programmes d’armement : les commandes, comme les livraisons attendues visent en premier lieu au remplacement de matériels qu’il n’est plus possible de prolonger davantage.

 

Nos avions ravitailleurs actuels, les KC135, ont plus de 50 ans. Ils datent du début des années 1960, tout comme les avions Caravelle. Qui accepterait aujourd’hui de voler dans une Caravelle ? Nos véhicules blindés actuellement déployés en RCA ont 40 ans. Nos hélicoptères Puma ont eux-aussi presque 40 ans. Je pourrais multiplier les exemples.

 

L’infrastructure : j’avais déjà fait le constat devant la commission des finances du Sénat en juillet, lors de mon audition sur l’exécution du budget 2013, ce budget est sous-doté : le flux financier est déjà sous tension.

 

Un plan d’urgence pour l’infrastructure a dû être mis en œuvre. Ce plan pluriannuel, qui représente 67 millions d’euros en 2014, nous permettra de résoudre 310 points durs sur 670 identifiés. Il s’agit aussi en 2015 de lancer les réparations de bâtiments d’hébergement à Coëtquidan, à Toulon et à Brest, ou encore d’un point d’alimentation sur la base aérienne d’Orléans.

 

Environ 200 M€ supplémentaires par an seraient nécessaires, ne serait-ce que pour stabiliser la situation actuelle de nos infrastructures, sauf si nous acceptons collectivement de réduire notre empreinte au sol par des effets de structure. Je rappelle de nouveau que la plupart de nos jeunes soldats et sous-officiers vivent dans une enceinte militaire, donc sur leur lieu de travail.

 

Mesdames et messieurs les députés, il n’y a pas de gras dans nos armées. On attaque le muscle, alors que la situation sécuritaire se dégrade ! C’est mon devoir de vous le dire.

 

 

Cela me mène à ma dernière partie :

 

Mes préoccupations, ce que j’ai continuellement à l’esprit.

 

Elles sont au nombre de 4 : la conduite des opérations, le budget, les restructurations, et le moral.

 

Premier point de vigilance : la conduite des opérations.

 

Pour conduire les opérations d’aujourd’hui, en tant que chef militaire, j’ai besoin d’être réactif, de durer, de protéger mes forces, de les soutenir. J’ai aussi besoin d’allonge pour me renseigner et frapper au plus loin. Nos armées engagées au front attendent des drones, des ravitailleurs en vol, des véhicules de transport tactique, du blindage, des hélicoptères de manœuvre, des navires pour le contrôle des flux maritimes.

 

J’ai besoin que le calendrier de l’arrivée des nouveaux équipements soit respecté !

 

Il me faut aussi de la souplesse et de la liberté d’action pour adapter les équipements et les effectifs de façon réactive aux contingences des guerres que nous menons.

 

J’ai besoin de poursuivre les coopérations militaires internationales dans un esprit de partage des coûts et du fardeau sécuritaire.

 

Enfin, les opérations et les nouveaux engagements doivent faire l’objet d’un remboursement budgétaire. Nous payons le prix du sang. Nous attendons une légitime solidarité pour les coûts financiers !

 

C’est un besoin essentiel de stabilité budgétaire qui me mène à mon deuxième point d’attention : le budget.

 

Le chef des armées, le Président de la République, m’a confié une mission. Il a garanti les moyens de cette mission : ce sont les 31,4 milliards d’euros pour 2015. Certes, rien que les 31,4 milliards d’euros, mais la totalité des 31,4 milliards d’euros ! C’est sur ce projet que nous sommes engagés.

 

Je crains l’infiltration rampante, le grignotage progressif de nos ressources financières. J’ai besoin des ressources 2015 en temps et en heure. Cette lisibilité m’est indispensable pour maîtriser les risques et mettre en œuvre une gestion efficiente. Pour cela :

 

Les surcoûts OPEX doivent être partagés conformément à la LPM qui comporte, dans son article 4, le principe de leur couverture par recours, sans condition, à la réserve interministérielle de précaution.

 

Le dégel des crédits doit intervenir suffisamment tôt. Ne serait-ce que pour la santé, voire la survie financière des entreprises qui nous fournissent, et en particulier des PME.

 

Les ressources exceptionnelles doivent être confirmées. Je me réjouis sur ce point de la décision de création d’une structure ad hoc pour disposer de l’intégralité des 2,3 milliards de ressources exceptionnelles pour 2015. Les armées ne peuvent qu’être favorables à cette recherche de solutions financières innovantes. Je rappelle que 2015 est l’année la plus richement dotée en REX avec une part relative s’élevant à 7,3% des crédits.

 

Le risque lié aux prévisions d’export du Rafale doit, lui aussi, être couvert ; uniquement si nécessaire, bien sûr.

 

Enfin, ces principes vertueux, mais élémentaires, doivent être mis en œuvre dès l’exercice 2014 afin de ne pas hypothéquer l’année 2015, dont la réussite est aussi conditionnée par les données d’entrée de gestion. L’enjeu est en particulier la maîtrise du report de charges. Je rappelle que celui-ci a atteint, fin 2013, la somme de 3,45 milliard d’euros. Là encore, on ne peut pas, me semble-t-il, aller plus loin ! Vous l’avez bien compris, seule l’obtention en 2015 de l’intégralité des ressources, en volume et au bon cadencement, permettra de franchir la barre. 2015 est l’année de vérité.

 

Troisième point de vigilance, les restructurations.

 

La réduction des coûts de fonctionnement n’est possible qu’en fermant des sites et en densifiant d’autres, bref en regroupant nos emprises chaque fois que cela est possible et pertinent. Cette manœuvre doit être mise en regard de celle de la déflation des effectifs. Nous sommes prêts à effectuer ces mouvements de rationalisation. Là encore, conduire une manœuvre cohérente, préparée et accompagnée dans sa dimension sociale nécessite de la lisibilité.

 

Nous attendons donc avec impatience l’annonce des restructurations 2015, qui devrait intervenir dans les jours à venir. L’inquiétude est là, l’attente des annonces de fermeture de site est une période anxiogène et interdit toute programmation. Je le constate à chaque fois que je me rends dans les forces : c’est la première préoccupation actuelle, tous personnels confondus.

 

Considérant les conséquences familiales, personnelles et professionnelles de ces décisions, j’estime également indispensable que les annonces, relatives à la période 2016-2019, interviennent avant la fin de cette année, ou au plus tard en début d’année 2015. Les chefs d’état-major d’armées et moi-même sommes particulièrement attentifs à ce point qui pèse sur le moral, objet de mon quatrième et dernier point majeur d’attention :

 

Le moral :

 

Les hommes et les femmes de nos armées ont un sens aigu du service. Ils se font une haute idée de leur métier qu’ils vivent souvent comme une véritable vocation. J’ai encore pu le constater lors des commémorations 100 villes, 100 héros, 100 drapeaux, liées à la grande guerre : nos soldats d’aujourd’hui se reconnaissent dans les mêmes valeurs qui ont guidé leurs anciens de 14. Ce sont : le courage face à l’adversité, la fraternité d’armes, le sens du service, l’abnégation, le dévouement pouvant aller jusqu’à donner sa propre vie.

 

Nos armées sont engagées dans de nombreuses opérations qui sont de plus en plus dures et qui vont se prolonger. Dans le même temps, elles se réforment et consentent des efforts sans équivalent pour absorber les contraintes budgétaires qui leur sont imposées et j’ai essayé de vous le démontrer.

 

Dans ce contexte difficile, et c’est bien compréhensible, le moral de nos soldats, marins et aviateurs est changeant. Il est excellent en opérations. Il est parfois fragile dans la vie quotidienne. Il est à surveiller. C’est une préoccupation majeure : dans notre organisation avant tout humaine, le succès repose d’abord sur la cohésion et les forces morales. Ce sont elles qui nous permettront de franchir l’obstacle et d’être au rendez-vous des combats de demain.

 

Les efforts consentis, au quotidien, par nos soldats ne se conçoivent que dans une réelle perspective de retour à un niveau acceptable en matière de condition de vie et de travail. Ce n’est que justice sociale ! Je crois vraiment qu’il ne faut pas se cacher que toute économie supplémentaire demanderait d’autres efforts et induirait un risque non maîtrisé d’aller au-delà du seuil de l’acceptabilité sociale. Ne vous y trompez pas, nos soldats râlent parfois, mais parce qu’ils veulent faire leur métier ! Ils ne demandent qu’une chose : « Da materiam splensescam » : « donnez-moi les moyens et je resplendirai ». C’est la devise du 2ème régiment de Dragons, mon premier régiment.

 

***

 

Mesdames et messieurs les Députés, pour conclure, je dirai que la défense est plus que jamais au cœur de l’intérêt national.

 

Le contexte sécuritaire actuel renforce la pertinence de la Loi de programmation militaire en faveur d’un modèle d’armée complet. Nous sommes persuadés que c’est le bon choix et nous sommes prêts à poursuivre les efforts qui nous sont demandés pour cela.

 

Les hommes et les femmes de nos armées, nos jeunes, risquent leurs vies au nom de la France, en notre nom à tous. En retour, nous avons un contrat moral avec eux. Ils ne comprendraient pas, comme d’ailleurs nos concitoyens, que la LPM puisse être amputée de quelconque manière, dans le contexte actuel en France et dans le monde.

 

Le Président de la République, chef des armées, a garanti le respect de cette LPM. Nous attendons donc une exécution conforme pour l’exercice 2015, d’autant plus que 2015 constitue une véritable année charnière, une année de vérité, dans tous les domaines. Il ne faut pas baisser la garde !

 

Vous pouvez compter sur mon engagement sans faille et sur ma totale loyauté. Je compte sur votre soutien pour le succès des armes de la France.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:55
Le CEMA s’adresse aux attachés de défense étrangers

 

07/11/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Le 6 novembre 2014 à l’Ecole militaire, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est exprimé devant les attachés de défense (AD) étrangers en poste à Paris à l’occasion du séminaire annuel qui leur est destiné.

 

Le CEMA a ouvert le séminaire avec un point sur les opérations. Il a fait part de son constat d’une situation sécuritaire qui se dégrade dans l’environnement proche et immédiat de l’Europe. Les menaces évoluant et se diversifiant, il a estimé qu’il est de plus en plus nécessaire de développer une logique de partage en matière de renseignement, de logistique ou encore de formation. Dans cet esprit, il a également estimé qu’il convient d’accroître les coopérations de Défense.

 

Ce séminaire a également permis d’expliquer la transformation des armées françaises aux AD et d’évoquer les deux enjeux majeurs que sont l’efficacité opérationnelle et le maintien de la cohérence capacitaire de l’outil de défense français. 

 

Enfin, le CEMA a souligné le rôle déterminant à ses yeux des attachés de défense dans les relations internationales militaires.

 

Le CEMA s’adresse aux attachés de défense étrangers

Regroupés au sein du corps des attachés militaires, navals et de l’air (CAMNA), les attachés de défense étrangers et leurs adjoints présents en France sont au nombre de 170 et représentent 97 pays.

 

Ce séminaire a donné l’occasion d’un contact direct entre les attachés et les plus hautes autorités militaires françaises, permettant ainsi, comme l’a souligné le CEMA,  « de partager une appréciation de la situation et de contribuer à la paix par le développement de coopérations efficaces ».

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:55
Pierre de Villiers : « L’Armée supporte les deux tiers des suppressions de postes de l’Etat »

Nommé en février 2014, Pierre de Villiers doit mener à la fois trois opérations extérieures et une profonde restructuration de l’armée - photo EMA

 

09/11 Par Alain RUELLO – LesEchos.fr

 

« Da materiam splendescam » - « Donne-moi les moyens et je resplendirai » - c’est la devise du 2e dragons, le premier régiment dans lequel a servi Pierre de Villiers. Au moment où elle est engagée sur trois fronts, où les crédits de la Défense sont sous pression et alors qu’elle doit encore supprimer 25.800 postes, l’armée française a-t-elle encore de quoi resplendir ? « Oui » répond son chef d’état-major en cette veille du centenaire de l’armistice de la grande guerre, même s’il ne nie pas l’ampleur du défi.

 

En cette veille du 11 novembre, l’armée française a-t-elle le moral ?

 

La commémoration du 11 novembre est tout à fait singulière cette année, et j’y attache une attention particulière. Début septembre, nous avons organisé une journée « Cent Villes, Cent Drapeau et Cent Héros » pour commémorer le centenaire, et plus particulièrement la transmission des valeurs militaires entre le poilu d’hier et le soldat d’aujourd’hui : le courage, la fraternité d’armes, la cohésion, le sens du sacrifice. Ces valeurs qui, finalement, ont traversé ces années, constituent le socle du moral. Le moral des armées est excellent en opération, il est à surveiller dans le temps de paix car nous menons une profonde transformation. La vie quotidienne aujourd’hui dans les armées n’est pas toujours facile.

 

Il reste encore 25.794 postes à supprimer de 2015 à 2019. Est-ce possible sachant que vous doutez que l’on puisse faire partir 1.000 départs officiers cette année ?

 

Bien sûr qu’on peut y arriver. On le doit. Nous allons tirer les enseignements de cette année durant laquelle nous aurons supprimé 7.500 postes. Un millier d’officier, c’est trois fois plus que ce que l’on a fait en 2013. C’est un énorme effort. Je ne peux pas forcer les gens qui ne le souhaitent pas à partir. Il faut adapter nos incitations au départ pour offrir des conditions de reconversion acceptables. La réforme des ressources humaines est une partie très importante de ma responsabilité puisqu’on touche aux hommes et aux femmes des armées qui sont exceptionnellement dévoués et qui obtiennent des résultats incroyables en opération. La facture est très importante. Ce qui est clair, c’est que nous ne ferons pas ces déflations d’effectifs sans restructurations, sans transfert d’unités, sans dissolutions.

 

Malgré cela, l’armée attire toujours ?

 

Oui, les armées attirent toujours. Nos personnels y trouvent ces valeurs, cette cohésion, cette camaraderie, cette communauté humaine, au service de la France.

 

Mais comment susciter les vocations d’officiers quand on supprime des régiments ?

 

Notre modèle de ressources humaines va évoluer face à cette nouvelle donne. A l’évidence, il faudra changer la pyramide pour mieux adapter le grade à la responsabilité et à la rémunération de façon à ce que chacun à sa place ait un sentiment d’essentialité dans l’édifice. Et que les carrières, dont la première partie est généralement vouée aux opérations tandis que la seconde l’est plus à des emplois d’Etat-major ou d’administration, demeurent attractives. Nous ne devons conserver que les effectifs nécessaires à l’institution, mais avec un dispositif juste et équitable, en conservant ce qui fait notre trésor : l’ascenseur social. Aujourd’hui, vous pouvez commencer deuxième classe et terminer colonel ou général.

 

Au sein de l’Etat, la Défense paye un tribu plus lourd que les autres ministères ?

 

Je ne me permettrai pas d’établir une comparaison. Ce que je note, c’est que nous représenterons cette années 60% des déflations d’effectifs de l’Etat, et 66% l’année prochaine. Nous prenons notre part dans la réorganisation de l’Etat. A ce titre, la loi de programmation militaire me semble un bon compromis entre la souveraineté financière et la souveraineté de la défense. On a donné.

 

L’opération Barkhane n’aligne « que » 3.000 hommes pour contrôler 5 pays du Sahel. C’est jouable ?

 

Cette opération répond à un concept transfrontalier car nous avons affaire à des groupes armés terroristes extrêmement mobiles, qui connaissent le terrain, et qui se jouent des frontières. L’objectif n’est pas que l’armée française contrôle l’ensemble de la zone. L’objectif c’est de neutraliser ces groupes en lien étroit avec nos amis Africains. Barkhane c’est d’abord le partenariat élargi. Nous coopérons avec cinq pays - Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad – j’y adjoins le Sénégal et l’Algérie. Je vous assure que cette coopération est efficace. Trois mille hommes aujourd’hui, peut-être un peu plus demain, c’est suffisant. On a mis en place une boucle vertueuse. Elle passe d’abord par le renseignement pour lever les cibles. Il s’agit ensuite de suivre ces cibles 24 heures sur 24, avec des drones notamment. Si on les lâche ne serait-ce qu’une heure, elles disparaissent dans le désert. Enfin, nous déployons les capacités pour les neutraliser au bon endroit et au bon moment. Le tout avec un facteur clé, la surprise. Un exemple, il y a trois semaines nous suivions depuis une semaine un convoi de 6 pick-ups au nord du Niger. Résultat : trois tonnes de munitions et d’équipements détruits, ving-et-un terroristes neutralisés ou prisonniers.

 

Malgré ces succès, l’opinion publique peut avoir le sentiment que ces groupes seront toujours là.

 

Cette opération sera longue. Mais la question est la suivante : veut-on que ces groupes arrivent chez nous ou pas ? Ma principale mission c’est de protéger les Français. Si on ne va pas les chercher sur place, ils viendront nuire chez nous. Les pertes chez l’adversaire, en particulier au niveau des têtes de réseaux, me font dire que Barkhane est un succès, même si ce n’est pas facile. Les récents combats au Nord Mali qui ont coûté la vie à l’adjudant Thomas Dupuy, le démontrent. Ils se déroulent au corps à corps.

 

De la même manière on peut vaincre Daech en Irak et en Syrie ?

 

Le terrorisme est global. C’est l’honneur de la France d’être intervenue en Irak au cœur de l’été. Si tel n’avait pas été le cas, Daech aurait pu entrer dans Erbil ou Bagdad. Nous avons été les premiers à fournir de l’aide humanitaire, à armer les Peshmergas, et à Bombarder avec les Américains. Mais la solution, c’est l’action terrestre menée par les forces locales. Les bombardements contiennent, mais ne suffisent pas. La deuxième phase ce sera la contre-attaque.

 

Dans combien de temps ?

 

Quand les forces locales seront en mesure de le faire. Il faudra des mois pour les rééquiper, les ré-entrainer, en Irak ou en Syrie. Nous gagnerons la guerre c’est certain, avec une coalition de 22 pays telle qu’elle s’est constituée. Mais il faudra derrière gagner la paix. Le chantier est politique, diplomatique ou psychologique avec les populations. Le plan de campagne doit intégrer tous ces facteurs.

 

La France s’accroche à son modèle d’armée complet et vous-même le défendez comme la meilleure réponse à la diversité des crises actuelles. Sauf que, LPM après LPM, ce modèle rétrécit et les budgets avec. Est-ce que l’on ne se ment pas ?

 

C’est une question que l’on s’est posée lors de la rédaction du livre blanc. Nous sommes capables de demeurer une puissance globale, avec parfois des moyens très comptés, à partir du moment où la loi de programmation, qui est un projet cohérent, est respectée. Elle a le grand mérite d’avoir été cousue main. Chaque agrégat a été étudié à la loupe. Tout est une question de rythme. Si les équipements n’arrivent pas comme prévu, nous aurons des trous capacitaires. Pour l’instant, la loi de programmation s’exécute normalement, et j’entends bien qu’il en soit ainsi l’année prochaine…

 

… il manque 2,1 milliards dans le budget de la défense 2015. Le projet de société de projet qui louerait du matériel à l’armée s’apparente à une usine à gaz…

 

Oui (sourire)

 

… vous y croyez ?

 

Ensemble, autrement, au mieux : ce sont mes trois mots clés pour la loi de programmation. Je voudrai insister sur le deuxième : si à chaque fois on ferme une piste nouvelle avant même de l’avoir ouverte, cela ne marchera pas. La LPM est calculée au plus juste. Elle tiendra à un certain nombre de conditions, dont une est que l’on accepte de faire autrement. Il faut avoir un esprit novateur, de défricheur. C’est comme cela que toutes les réformes sont conduites.

 

Sauf que ces sociétés de projet, ce n’est pas nouveau. Cela a été étudié maintes fois, sans succès…

 

Je ne suis pas expert en la matière. Je demande qu’on creuse la piste. Il y a une vraie volonté politique pour le faire, je m’en réjouis.

 

Quelles seront vos exigences par rapport au matériel qui pourrait être loué ?

 

Ce qui m’importe, c’est d’abord que cela ne coûte pas d’argent. Avec le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, nous voulons 31,4 milliards d’euros en 2015. Ensuite, je veux être associé au choix des équipements, car la location ne doit pas impacter les rythmes de livraisons. Enfin, il ne faut pas ajouter des conditions à leur utilisation en opération. Pour le reste, je suis extrêmement ouvert. Si cette piste s’avère impossible, nous en trouverons une autre. De toutes façons, j’ai l’assurance de la sanctuarisation des crédits militaires par le Président de la République qui l’a répété à de multiples reprises ces derniers mois. Nous avons 8.500 soldats engagés dans le monde. Les menaces ont augmenté depuis le vote de la LPM. Est-il raisonnable de penser que le budget de la défense ne soit pas respecté ? Les citoyens n’ont-ils pas besoin d’être protégés ?

 

Qu’est ce qui fait un bon chef d’Etat-major des armées ?

 

Je ne sais pas si je suis un bon chef d’Etat-major des armées, mais je pense avoir été bien préparé, avec une expérience interministérielle et quatre années comme major général, c’est-à-dire numéro deux avant d’être numéro un. Dans un grand groupe, c’est souvent un parcours similaire. Dans cette période qui n’est pas facile, ma principale préoccupation c’est la conduite des opérations militaires et de transformation. Je conduis la transformation comme une opération militaire. La finalité des armées c’est la conduite des opérations, et la finalité de la transformation doit demeurer la conduite des opérations.

 

L’Europe de la défense, quand vous y pensez - si vous y pensez - ça vous fait sourire, ça vous laisse indifférent, ou ça vous désole ?

 

L’Europe de la défense, ça me rend pragmatique. Elle se construit pas à pas, par des projets à géométrie variable. Nous avançons.

 

Quand on additionne tous les effectifs militaires en Europe, on aboutit à 2 millions d’hommes sous les drapeaux. On en fait quoi de ces deux millions de soldats ?

 

Moi je construis l’armée des ambitions de la France et des besoins d’aujourd’hui, pas l’armée de mes rêves. La loi de programmation impose des économies par des coopérations bilatérales ou multilatérales à dominante européennes. Les choses avancent.

 

Elles avancent à quel rythme dans le cadre du traité franco-britannique de Lancaster House ?

 

Il se trouve que comme major général, avec mon homologue britannique de l’époque, Nicholas Houghton qui est devenu chef d’Etat-major comme moi, j’ai été désigné pour conduire ce projet. On en parle assez peu, et ça se déroule correctement. Le poumon de Lancaster House, c’est la force expéditionnaire commune. Nous avons réussi à rendre nos systèmes d’information compatibles. Nous serons au rendez-vous en 2016, j’en suis persuadé. Sur le reste du traité, certains projets ont bien avancé, comme les drones de combat ou la guerre des mines. Je crois beaucoup à la coopération avec les Britanniques qui n’est pas exclusive de la coopération avec l’Allemagne.

 

Vous voyagez beaucoup. Quelle image vos interlocuteurs vous renvoient-ils de la France ?

 

La France est un pays admiré, respecté et je le mesure partout où je vais. Une anecdote : à Washington, lors du sommet des chefs d’Etat-majors de la coalition anti-Daech, 22 pays étaient représentés. Barack Obama passe une heure et demie avec nous. Le général Dempsey, chef d’Etat-major américain, a choisi trois d’entre nous pour s’exprimer devant le Président américain. J’étais un des trois.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 08:50
CEMA : rencontre avec son homologue italien

 

08/11/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Le 7 novembre 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est rendu en visite officielle à Rome où il a été reçu par son homologue, l’amiral Luigi Binelli Mantelli.

 

Lors de ce déplacement, le général de Villiers a remis la croix d’officier de la légion d’honneur à l’amiral Binelli Mantelli, saluant ainsi ses actions en faveur de la coopération entre nos deux pays. Cette cérémonie a eu lieu au Palais Farnèse en présence de l’ambassadrice de France à Rome, madame Catherine Colonna.

 

 Les deux CEMA ont fait le point sur notre coopération qui s’illustre par un grand nombre d’engagements opérationnels multinationaux conjoints (Liban, RCA). Ils ont également indiqué leur volonté commune de renforcer l’interopérabilité de nos forces, en poursuivant notre coopération accrue sur les plans opérationnels et d’entraînements. Enfin, le général de Villiers a présenté l’actualité de l’opération Chammal, saluant l’engagement de l’Italie dans la coalition mobilisée aux côtés des forces armées irakiennes dans la lutte contre le groupe terroriste Daech.

CEMA : rencontre avec son homologue italien
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 11:55
CEMA : ouverture d’un séminaire Armées – Industries

 

06/11/2014 Sources : État-major des armées

 

Le 5 novembre 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) s’est adressé aux industriels de la Défense dans le cadre d’un « séminaire de retour d’expérience Armées – Industries » organisé à l’initiative de l’Etat-major des armées et de la Direction générale de l'armement.

 

Organisé à l’Ecole militaire, en présence du délégué général pour l’armement (DGA), l’ingénieur général hors classe de l’armement Laurent Collet-Billon, ce séminaire visait à réunir les acteurs de l’industrie de défense qui pourvoient à l’équipement de nos forces en opérations.

 

Dans un contexte d’engagement opérationnel particulièrement soutenu, alors que les contraintes budgétaires restent fortes, le CEMA a mis en avant l’importance du dialogue engagé avec les industriels, soulignant  « notre volonté commune d’offrir à notre pays le meilleur outil de défense possible ».

 

Ce séminaire a donc permis d’envisager les orientations possibles pour adapter au mieux les équipements de nos armées  aux missions opérationnelles qui leurs sont confiées.  A cette occasion le général de Villiers a tenu à rappeler la solidité de la plateforme industrielle française, mettant en avant l’étendue de ses savoir-faire et de ses compétences. Il a enfin rappelé  l’importance du trinôme Armées – DGA – Industrie, dont le fonctionnement doit permettre de « trouver les solutions les plus adaptées pour gagner en opération ».

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