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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 12:57
Général Pierre de Villiers : «Les armées françaises sont à 120 % de leurs possibilités»

 

13/07/2014 Par Alain Barluet - LeFigaro.fr

 

INTERVIEW - Chef d'état-major des armées (Cema) depuis février, le général Pierre de Villiers, 57 ans, a répondu en exclusivité aux questions du Figaro sur les enjeux ­actuels de la Défense.


 

LE FIGARO - Il y a deux mois, vous avez envisagé votre démission, solidairement avec les chefs d'état-major des armées de terre, de l'air et de la marine, si les engagements budgétaires pris envers vous n'étaient pas respectés. Où en êtes-vous aujourd'hui?

 

Général Pierre DE VILLIERS - Nous avons la chance d'avoir un projet cohérent et vertueux dans un livre blanc. Celui-ci a défini des scénarios d'emploi et des contrats opérationnels à partir d'une analyse géostratégique. En décembre dernier, la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 a consigné les moyens nécessaires à cette ambition. J'ai moi-même, avec les différents chefs d'état-major d'armées ainsi qu'avec les directions et les services des armées, constitué un projet appelé «Cap 2020». Le budget découle donc des objectifs fixés et répond aux attentes du président de la République, chef des armées. Au début du mois dernier, le chef de l'État a rappelé la sanctuarisation de la LPM. De son côté, le premier ministre a déclaré que «la Défense ne paierait pas deux fois». Je reste donc serein et déterminé.

 

Les armées n'échapperont pas à la fermeture d'un certain nombre d'unités…

Pour supprimer 34.000 postes, il faudra inévitablement en passer par là. Des suppressions, des transferts et des restructurations seront nécessaires. Comme le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, je suis conscient des difficultés que cela entraîne. Nous essaierons de limiter au maximum l'impact de ces déflations qui ne porteront sur les forces opérationnelles que pour un tiers. C'est une sage décision, car la raison d'être d'une armée, c'est sa capacité à s'engager. Nous devons être capables de projeter nos soldats là où le président de la République le demande.

 

Après cinq mois au poste de Cema, quel est votre état d'esprit actuel?

Je le résumerais en trois mots. Le premier, c'est «ensemble». L'union sacrée des différentes armées, des directions et des services de la Défense est plus que jamais nécessaire. Elle constituera un atout majeur dans cette période transformation. Le deuxième mot, c'est «autrement»: compte tenu de la profondeur des changements à réaliser, des difficultés au quotidien vécues par nos personnels, il faudra trouver des solutions novatrices en sortant des schémas habituels pour continuer de construire une armée moderne. Le troisième mot: «au mieux». On ne peut plus faire mieux avec moins, compte tenu de toutes les réformes que nous venons de vivre ces vingt dernières années. Comme d'habitude, nous ferons «au mieux», à 120 % de nos possibilités, avec notre cœur, notre sens du service, notre dévouement pour le succès des armes de la France.

 

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans l'édition abonnés sur le figaro.fr ou lundi 14 juillet dans votre Figaro.

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:55
Fête nationale du 14 juillet : touche finale au défilé dans une ambiance morose

 

14/07/2014 Le Point.fr

 

Cette année, le traditionnel défilé du 14 juillet se prépare dans une ambiance tendue. Le moral des troupes est loin d'être au beau fixe.


 

Après des mois de tension, le défilé de demain ne semble pas pouvoir faire oublier les difficultés que traverse l'armée française depuis plusieurs mois. L'Armée de l'air, la patrouille de France, l'Armée de terre, la Marine nationale, l'Aéronavale, la gendarmerie nationale et la garde républicaine se succéderont demain sur les Champs-Élysées, sous les regards de la France entière.

Alors que leur devoir de réserve leur impose une discrétion extrême, les militaires françaises sonnent l'alerte. "On n'a pas de balles à blanc. A l'entrainement, avec les Famas, on doit dire 'pan' au moment de tirer. Franchement, c'est la honte", confiait un caporal-chef au Parisien paru ce jour, et d'ajouter "on ne peut pas protester. Ils profitent du fait que nous n'avons pas le droit ni de manifester ni de nous mettre en grève. Ce n'est pas juste la déprime. On en a ras le bol".

 

Des moyens trop minces au regard des ambitions françaises ?

Une grosse déprime inquiétante, au point que les militaires ne puissent plus remplir leur mission ? Depuis 1960, le budget de l'Armée n'a jamais été aussi faible, rappelle le Journal du Dimanche. Une situation préoccupante qui n'épargne aucun corps de l'Armée et préoccupe jusqu'au sommet de l'État. En coulisse, le budget est évidemment en cause. Dans une enquête parue aujourd'hui, le JDD s'interroge même sur l'inadéquation entre les ambitions françaises et les moyens alloués à son armée actuellement.

Interrogé par le Figaro.fr, le général Pierre de Villiers - qui avait menacé le gouvernement de démissionner pour exprimer son désarroi - considère que "les armées françaises sont à 120 % de leurs possibilités (...) On ne peut plus faire mieux avec moins, compte tenu de toutes les réformes que nous venons de vivre ces vingt dernières années", assure-t-il.

Malgré tout, le défilé de demain aura bien lieu et sera l'occasion cette année de rendre hommage aux troupes alliées de la France dans la Grande Guerre. Elle débutera à 10 h 34 avec la patrouille de France pour se terminer à 11 h 22 au pied de l'Arc de Triomphe.

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 12:45
CEMA : entretien avec le chef du commandement régional américain pour l’Afrique

 

11/07/2014 Sources : EMA

 

Le 8 juillet 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a reçu le général d’armée David Rodriguez, chef du commandement régional des Etats-Unis pour l’Afrique (US AFRICOM).

 

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue militaire régulièrement entretenu entre les deux pays. Créé en 2007 et stationné à Stuttgart en Allemagne, l’AFRICOM a pour mission de coordonner les activités militaires des Etats-Unis sur le continent africain.

 

Au cours de leur entretien, le général de Villiers et le général Rodriguez ont fait le point sur la coopération militaire franco-américaine mise en œuvre au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et en Afrique centrale. L’état-major américain AFRICOM constitue un partenaire privilégié dans des régions où la France entretient une présence permanente à travers son dispositif de forces prépositionnées et en opération, comme au Sénégal, au Gabon, au Tchad, en République centrafricaine, à Djibouti, en Côte d’Ivoire ou au Mali.

 

Cette coopération opérationnelle régionale s’est en effet renforcée depuis le déclenchement de l’opération Serval. Les Américains apportent notamment à la France un appui en moyens aériens dans les domaines du ravitaillement en vol et du transport tactique et stratégique. De plus, des actions communes appuient la montée en puissance de la mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 16:55
CEMA : A la rencontre de la Marine nationale

 

08/07/2014 Sources : EMA

 

Le 7 juillet 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est rendu à Brest et à l’Ile Longue en compagnie de l’amiral Rogel, chef d’état-major de la Marine pour clore ses visites dans les armées.

 

Après s’être déplacé dans les forces terrestres, à Mailly-le-Camps, et dans l’armée de l’air auprès du commandement des forces aériennes à Lyon, le chef d’état-major des armées est allé au contact des marins dans l’une de nos plus importantes bases stratégiques.

 

En choisissant le site de Brest pour s’adresser à la Marine nationale, c’est l’expertise des marins et leur investissement quotidien que le CEMA a souhaité mettre à l’honneur. En effet, que ce soit par son action, partout dans le monde, ou par la performance et la diversité des moyens qu’elle met en œuvre, la Marine constitue un maillon essentiel de la capacité d’intervention, de protection, de dissuasion, de prévention, de connaissance et d’anticipation de la France.

 

A l’occasion de cette journée, la Marine nationale lui a présenté la force océanique stratégique (FOST) sur le site de l’Ile Longue, la frégate anti sous-marine (FASM) Latouche-Tréville et le centre de commandement des opérations en Atlantique (CECLANT). Le général de Villiers a ainsi pu apprécier trois facettes très diverses et complémentaires de la Marine nationale : la dissuasion nucléaire assurée par la FOST, la protection des approches et le règlement des crises avec la force d’action navale (FAN) et l’intervention au profit des missions de l’Action de l’Etat en Mer (AEM).

 

Avant son départ, le CEMA s’est adressé aux hommes et aux femmes de la Marine Nationale en soulignant que la France disposait là d’« un outil de puissance dans un monde où le rapport de force demeure au cœur des relations internationales ». Revenant sur les derniers engagements des forces armées françaises, le CEMA a aussi rappelé que : « (…) notre Marine nationale permet de renseigner, et donc d’anticiper ; de dissuader et d’agir, et donc de peser sur le cours des événements ». « On l’a vu récemment en Océan Indien, avec Agapanthe et Bois Belleau, au large de la Libye avec Harmattan, mais aussi chaque jour dans toutes ses missions. »

CEMA : A la rencontre de la Marine nationaleCEMA : A la rencontre de la Marine nationale
CEMA : A la rencontre de la Marine nationaleCEMA : A la rencontre de la Marine nationale
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 07:55
Le CEMA au chevet des blessés de guerre à l’hôpital de Percy


02/07/2014 Sources : EMA

 

Le 1er juillet 2014, le général de Villiers, chef d’état-major des armées s’est rendu au chevet de militaires hospitalisés à la suite de blessures en opération avant de participer à la pose de la première pierre de la Maison des blessés et des familles.

 

Après s’être rendu à Bourges pour l’édition 2014 des Rencontres militaires blessures et sport (RMBS 2014), le général de Villiers est allé une nouvelle fois au chevet des blessés hospitalisés à l’hôpital Percy à Clamart (Hauts-de-Seine). Comme il l’avait fait en février, il a rencontré les blessés physiques et psychologiques, échangeant avec chacun d’eux sur les sujets d’actualité et sur les conditions de leur réinsertion.

Le général de Villiers a ensuite participé à la pose de la première pierre de la « Maison des blessés et des familles » dont l’ouverture est prévue en 2015. Cette structure offrira une capacité d’accueil de cinq appartements de type F2-F3 destinés aux familles des blessés et de six studios pour les blessés revenant en consultation en hôpital de jour. Le Service d’infrastructure de la Défense (SID), maître d’œuvre du chantier, a donc travaillé avec les ergothérapeutes de l’HIA Percy afin que tous les logements soient accessibles aux blessés.

Engagé pour une meilleure prise en charge des blessés et de leurs familles sur le chemin de la reconstruction, le général de Villiers soutient une approche globale, dans la durée, alliant accompagnement médical, professionnel, psychologique mais aussi social. Au même titre que les actions menées dans le domaine sportif, la « Maison des blessés et des familles » illustre ainsi la dynamique dans laquelle sont engagés le Service de santé des armées (SSA), la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (CABAT) et le centre national des sports de la défense (CNSD) pour donner une seconde vie à ceux qui ont risqué la leur pour défendre la Nation.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:45
Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS

 

30/06/2014 Sources : EMA

 

Du 25 et le 26 juin 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a effectué une visite officielle au Sénégal.

 

Ce pays qui constitue à la fois un partenaire historique de la France, comme en témoigne la présence aujourd’hui encore de plus 20 000 ressortissants français, et un point d’appui stratégique avec l’implantation à Dakar des éléments français au Sénégal (EFS).

 

Pôle de stabilité régionale, le Sénégal est situé à proximité de deux zones principales : la bande sahélo-sahélienne (BSS), avec laquelle le Sénégal est particulièrement impliqué grâce à son engagement au Mali au sein de la MINUSMA ; le Golfe de Guinée, zone de concentration de trafics maritimes, ouverte au Sénégal, qui dispose de près de 700 kilomètres de côtes vers l’océan atlantique.

 

Le déplacement du général de Villiers a été marqué par une série d’entretiens officiels destinés à aborder l’ensemble de ces problématiques, ainsi que les questions liées à la coopération militaire bilatérale. Ce dernier point est d’autant plus important que les forces armées sénégalaises sont engagées dans une réforme de leur organisation interarmées qui doit les conduire à adopter un nouveau modèle baptisé « Armées 2025 ». Le général de Villiers a ainsi rencontré son homologue le général de corps d’armée Mamadou Sow, le ministre des Forces armées, M. Augustin Tine et a été reçu en audience par le Président de la République sénégalaise, M. Macky Sall, à son retour du sommet de l’Union africaine, à Malabo.

 

L’excellence des relations entre les armées française et sénégalaise a été marquée par la remise, d’une part, des insignes d’officier de la Légion d’honneur au général de corps d’armée Sow, d’autre part, des insignes de commandeur du Lion d’Or, plus haute distinction sénégalaise, au CEMA français.

 

Cette visite à également permis au général de Villiers de se faire présenter les missions et les problématiques des éléments français au Sénégal (EFS). Il a aussi rencontré les militaires et les civils des armées qui font vivre ce pôle de coopération, ainsi que leurs familles.

 

Héritiers des Forces françaises du Cap Vert (FFCV), les EFS sont organisés, depuis le 1er août 2011, sur le modèle d’un pôle opérationnel de coopération (POC). Ce modèle est centré sur l’accompagnement des forces africaines dans le cadre de formations dispensées au travers de détachement d’instruction opérationnelle ou technique (DIO ou DIT). Il vient compléter le dispositif des forces de présence (FP) qui, comme à Djibouti et bientôt en République de Côte d’Ivoire, repose sur une logique de réservoir de forces.

 

Forts d’environ 330 militaires et civils des armées, les EFS mettent en œuvre une coopération opérationnelle bilatérale et régionale avec l’ensemble des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Près de 200 actions de formation sont planifiées au titre de 2014. Cet effort s’inscrit prioritairement en soutien direct de l’opération SERVAL et de la MINUSMA, à travers une contribution à la mise en condition opérationnelle des contingents africains destinés à s’engager au Mali. Il s’étend également aux questions de sécurité dans le Golfe de Guinée, avec la promotion de l’action de l’Etat en mer (AEM). Cette démarche explique les interactions fréquentes entre les EFS et la mission Corymbe déployée de façon quasi permanente dans la zone.

Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS
Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS
Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS
Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS
Le CEMA en visite officielle au Sénégal : entretiens officiels et rencontre avec les EFS
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 07:45
Le général d’armée Pierre de Villiers en visite officielle en Mauritanie

 

30/06/2014 Sources : EMA

 

Du 24 au 25 juin, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a effectué une visite officielle en Mauritanie, pays avec lequel la France entretient des relations militaires bilatérales étroites.

 

Située à l’extrémité occidentale de la bande sahélo-saharienne (BSS), la Mauritanie est un pays à la charnière du Maghreb et de l’Afrique noire, disposant d’une importante frontière commune avec le Mali et s’ouvrant largement sur l’océan Atlantique, avec une façade maritime de près de 700 kilomètres de long.

 

Membre de l’Union du Maghreb arabe et de l’Union africaine, dont elle assure actuellement la présidence, la Mauritanie est aussi à l’initiative de la création du « G5 du Sahel », cadre institutionnel « de suivi et de coordination régionale » crée à Nouakchott le 16 février 2014. Cette structure politique regroupe 5 des principaux pays de la BSS : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

 

C’est dans ce cadre que se sont réunis pour la première fois à Niamey, le 9 avril 2014, les chefs d’état-major des pays membres. Lors de cette réunion, à laquelle avait été convié le général de Villiers, les CEMA du G5 avaient alors convenu de la nécessité de conjuguer leurs efforts pour « apporter une réponse régionale et coordonnée aux défis sécuritaires liés aux menaces des groupes armés terroristes ».

 

La visité effectuée en Mauritanie par le général de Villiers visait à prolonger cette réflexion stratégique sur la lutte contre la menace que les groupes armés terroristes (GAT) font peser sur la région sahélo-saharienne.

 

Le CEMA français a rencontré le ministre de la Défense nationale mauritanienne, M. Ahmedou Ould Idey Ould Mohamed Radhi, ainsi que le chef d’état-major mauritanien, le général de division Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ghazwani, avec lequel il s’est entretenu à plusieurs reprises, témoignant des excellentes relations qui unissent les militaires des deux pays.

 

C’est d’ailleurs côte à côte que les deux CEMA se sont rendus à Atar, où leur ont été présentés l’école de formation des officiers des forces armées de la République islamique de Mauritanie (FARIM), ainsi le détachement militaire opérationnel français d’Atar (DAMO ATAR).

 

Fort d’une soixante d’hommes, le DAMO ATAR a pour mission de participer à la formation des bataillons d’infanterie des FARIM, en fonction des besoins exprimés par la Mauritanie. Il est actuellement armé par des éléments qui sont principalement issus du 126e régiment d’infanterie. Son action peut être complétée par la réalisation de détachements d’instruction opérationnelle ou technique (DIO ou DIT) conduits par les éléments français du Sénégal (EFS), sous le contrôle tactique desquels le DAMO ATAR est placé.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 06:50
Le CEMA rencontre le MGA britannique en amont du Senior Level Group

 

30/06/2014 Sources : EMA

 

Le 23 juin 2014, le général de corps d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est entretenu avec le général d’armée aérienne britannique Stewart Peach, major général des armées (MGA).

 

Cette rencontre a eu lieu en amont du Senior Level Group (SLG) qui se déroulait le jour même et auquel le général de Villiers participait.Organisée dans la continuité du sommet de Lancaster House de 2010, le « SLG » rassemble les représentants de la Présidence de la République et du Cabinet Office, les chefs d’état-major des armées et les directeurs « armement » français et britannique, ainsi que les représentants des deux ministères de la défense. Cette rencontre annuelle vise à évaluer la mise en œuvre de la feuille de route fixée par le traité de Lancaster House à l’horizon 2016. Elle permet de faire le point sur les objectifs intermédiaires atteints d’une année sur l’autre, conformément aux orientations données lors du sommet bilatéral. Le précédent « SLG » avait eu lieu le 13 juin 2013.

 

Au cours de cet entretien, le général Peach et le général de Villiers ont évoqué les principaux domaines de la coopération bilatérale franco-britannique, dont la montée en puissance de la force expéditionnaire commune interarmées (Combined Joint Expeditionary Force – CJEF). A ce titre, ils sont revenus sur l’exercice de composante terrestre Rochambeauqui s’est déroulé en Champagne du 10 au 23 mai dernier. Ils ont également fait le point sur l’avancée des projets de mutualisation capacitaire puis ont abordé la situation stratégique dans des zones d’intérêt commun, dont la région moyen-orientale, nord-africaine et la bande sahélo-saharienne.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 06:50
Le MGA s’entretient avec la ministre de la défense suédois

 

30/06/2014 Sources : EMA

 

Le 26 juin 2014, le Général d’armée aérienne Gratien Maire, major-général des armées (MGA), a reçu la ministre suédoise de la défense, madame Karin Enström.

 

Le général Maire a conduit cet entretien au nom du CEMA qui effectuait un déplacement en Afrique. A cette occasion, le MGA et madame Enström ont plus particulièrement évoqué la coopération militaire franco-suédoise dans le cadre d’engagements conjoints au sein de l’OTAN et de l’UE. En outre, les deux autorités sont revenues sur la montée en puissance du prochain Groupement Tactique de l’Union Européenne (GTUE), dont la Suède sera nation-cadre au premier semestre 2015. En cas de déploiement, ce GTUE opérerait depuis le Mont-Valérien.

 

Le général Maire et madame Enström ont ensuite fait le point sur les grands enjeux sécuritaires actuels, notamment la crise ukrainienne et la situation centrafricaine, avant d’évoquer la région du Sahel, qui constitue un sujet d’intérêt partagé. A l’occasion de cette rencontre et dans un contexte budgétaire communément contraints, les deux autorités ont pu échanger sur les réformes engagées dans le cadre du projet « cap 2020 ».

 

Enfin, le MGA et madame Enström ont salué les récentes coopérations opérationnelles franco-suédoises. Ils ont ainsi souligné l’engagement des forces suédoises qui, avec leur C17, ont soutenu les militaires français lors du déclenchement de l’opération Serval. Les deux autorités ont également évoqué le déploiement, début 2015, de 250 militaires suédois en RCA dans le cadre de la future MINUSMA.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 13:55
Economies : la Défense à l’heure des choix.

 

26 juin 2014 Par Roland Greuzat (Kerzagreu)

 

Un ministre totalement décomplexé

 

Le ministre de la Défense, Jean Yves le Drian, s’émeut à juste titre de la réduction des dépenses qui risque de lui être imposée et des coupes franches qu’il risque de devoir faire dans les programmes si d’aventure il n’arrive pas à faire fléchir Manuel Valls d’abord et Bercy dans la foulée…. Le Président, manifestement, il s’en charge. Et il ne manque pas d’arguments : ceux des autres et les siens propres. Premier avertissement la mise en garde accompagnée d’une menace de démission éventuelle des Chefs d’Etat Major des trois armes, du jamais vu, de l’impensable, ensuite celle que fait planer le ministre lui même. Et une menace de démission de Jean Yves le Drian est un élément crédible à mettre dans les plateaux de la balance : il garde, chevillée au corps, l’envie de retourner à la présidence de sa région bretonne (si tant est qu’il l’eut jamais quittée, Pierrick Massiot fait toujours figure d’intérimaire) surtout à l’heure où le « remembrement régional » se dessine à grand traits avec un accroissement territorial actuellement à géométrie variable selon les jours et les rumeurs et surtout un accroissement plus que certain des compétences.

 

Suite de la tribune

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:55
Le CEMA a rencontré les COMIA

 

23/06/2014 Sources : EMA

 

Le 12 juin 2014, le général d’armées Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a rencontré ses commandants interarmées (COMIA) : officiers généraux de zone de défense et de sécurité (OGZDS), commandants de zones maritimes (CZM) et commandant de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

 

Il a axé son message sur les opérations et la transformation des armées.

 

Il a tout d’abord souligné l’importance des missions opérationnelles réalisées dans le cadre du territoire national. A cet égard, il a tenu à saluer l’action de nos forces qui assure au quotidien la sécurité de nos ressortissants et la préservation de nos intérêts nationaux, en métropole comme outremer. Dans ce cadre, il a rappelé toute la place que tient et doit continuer à tenir le soutien dans ce dispositif. C’est à cette fin qu’il a appelé les COMIA à participer à l’optimisation de la nouvelle organisation du soutien en faisant valoir leur créativité.

 

Le général de Villiers est ensuite revenu sur les grands enjeux opérationnels du moment, plus particulièrement sur  la prise en compte régionale de la menace terrorise dans la bande sahélo-saharienne (BSS), ainsi que l’engagement des armées françaises dans le rétablissement de la sécurité en république Centrafricaine (RCA). Il a également évoqué la situation en Ukraine avant de faire un point sur les forces prépositionnées, pivots de nos engagements opérationnels.

 

Concernant la transformation, le CEMA a réaffirmé la mobilisation des armées, directions et services pour mettre en œuvre le projet « Cap 2020 » dans le cadre budgétaire préservé de l’actuelle LPM. « Le Président de la République a confirmé l’engagement de la Nation vis-à-vis de la LPM. C’est une bonne nouvelle pour les armées […] Mais, le combat budgétaire n’est pas terminé : c’est un combat de longue haleine, que nous gagnerons pied à pied, année après année, un combat que nous devons mener ensemble, chacun à notre niveau ». C’est dans cet esprit qu’il a clôturé son allocution en rappelant que les valeurs d’unité, de combativité et de détermination qui animent le soldat en opération sont aussi celles qui permettront à chaque militaire d’accompagner la transformation des armées vers leur nouveau modèle.

 

Les COMIA

 

En métropole, les COMIA se répartissent entre les OGZDS, les CZM et le CDAOA.

 

Dans le cadre de l’organisation territoriale interarmées de défense (OTIAD), les sept OGZDS (Nord, Est, Ouest, Sud-Ouest, Paris, Sud et Sud-Est) sont chargés, en liaison avec les autorités préfectorales, de la préparation et de la gestion des crises sur le territoire national. Ils assurent également le contrôle opérationnel des unités engagées en missions intérieures et sont responsables de la mise en œuvre, sur décision du gouvernement, de tout ou partie des mesures de défense opérationnelle du territoire (DOT) dans leurs zones. Enfin, les OGZDS exercent des responsabilités au titre de l’organisation interarmées du soutien (OIAS) à l’exception de l’OGZDS Sud et Nord. Dans ces dernières deux zones, le soutien est respectivement pris en compte par l’OGZDS Sud-Est et Nord-Est.

 

Les commandants de zone maritime (CZM) sont chargés de la défense maritime du territoire au sein de leur zone maritime. Ils agissent depuis les trois bases navales métropolitaines (Brest, Toulon et Cherbourg).

 

Le COM DAOA est, quant à lui, responsable de la veille permanente et de l’intervention dans l’espace aérien national,  ainsi que de la planification, de la conduite et du suivi des opérations aériennes. Le commandement est implanté sur la base aérienne de Balard ; son état-major est basé à Lyon.

 

Hors territoire métropolitaine, les commandants des forces de souveraineté (COMSUP), basés aux Antilles, en Polynésie française, en Nouvelle Calédonie et dans la zone sud de l’océan Indien sont chargés, sous l’autorité du CEMA :

-  d’assurer la protection du territoire français et des intérêts de la France ;

- de contribuer au maintien de la souveraineté de l’Etat français dans la zone économique exclusive ;

- de soutenir l’action de l’Etat dans les départements et collectivités d’outre-mer (soutien aux missions de service public, soutien aux populations, etc.) ;

- de constituer des points d’appui pour lancer ou conduire des opérations éloignées de la métropole ;

- de mettre en œuvre la coopération militaire bilatérale avec les pays de leur zone de responsabilité.

 

Dans les outre-mer ces responsabilités sont exercées sous l’autorité des commandants supérieurs ou COMSUP.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:45
CEMA : entretien avec son homologue ivoirien

 

23/06/2014 Sources : EMA

 

Le 17 juin 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a reçu son homologue ivoirien, le général de corps d’armée Soumalia Bakayoko.

 

Lors de leur entretien, les deux CEMA ont évoqué la coopération militaire bilatérale mise en œuvre depuis la signature d’un accord de partenariat de défense en 2012. Cette coopération, qui vise à accompagner la réforme de l’armée ivoirienne, se concrétise par la réalisation de formations au profit des forces armées ivoiriennes (FRCI) et la réalisation d’entraînements conjoints, le plus souvent dans le cadre de l’ONUCI. En 2014, 45 actions de coopération ont ainsi été réalisées par les forces françaises.

 

La montée en puissance des forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI), qui remplaceront la force Licorne à partir du mois de janvier 2015, a été évoquée. Forces prépositionnées, les FFCI continueront à entretenir la coopération militaire bilatérale avec les FRCI et à maintenir une présence militaire pour assurer la protection des ressortissants français si besoin. En tant que base opérationnelle avancée, elles constitueront un important point d’appui sur la façade Ouest-africaine et formeront  un réservoir de force rapidement projetable en cas de crise dans la sous-région.

 

Le général de Villiers a ensuite présenté au général Bakayoko la réorganisation de notre dispositif en Afrique, dans le cadre, notamment, de la stratégie de régionalisation dans la bande sahélo-saharienne (BSS). Enfin, le CEMA a salué la coopération opérationnelle visant à appuyer le déploiement des forces armées ivoiriennes dans des opérations de maintien de la paix. Ainsi, en mars 2013, la force Licorne avait mis en œuvre des détachements d’instruction opérationnelle permettant le déploiement d’une unité logistique ivoirienne au sein de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA).

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 12:56
Clôture de la session nationale de l’IHEDN - Allocution du général d'armée Pierre de Villiers

 

23/06/2014 Allocution du général d'armée Pierre de Villiers à l'Ecole militaire, le 19 juin 2014.

 

Note RPDefense : mise en gras, soulignement et ajout des liens/tags par mes soins.

 

Mon général, mon cher Marc,

 

Mesdames, messieurs,

 

C’est un réel plaisir pour moi d’être parmi vous aujourd’hui : je garde un excellent souvenir de mon année à l’IHEDN au sein de la 56èmepromotion, la meilleure bien sûr.

 

L’IHEDN, c’est une synthèse originale, entre des auditeurs venus de tous horizons professionnels, sans s’être choisis, pour croiser leurs expériences, confronter leur réflexion, remettre en cause leurs certitudes, et avancer ensemble. Le premier atout de l’IHEDN, c’est sa richesse humaine. C’est ce creuset singulier.

Mais l’IHEDN est bien plus que cela. Il a vocation à rayonner dans notre société, pour éveiller les esprits sur les enjeux de notre défense. Le second atout de l’IHEDN, c’est son potentiel de rayonnement, et ce potentiel, c’est chacune et chacun d’entre vous.

Pour ces deux raisons, sa richesse humaine et son potentiel, mis au service de notre défense, je crois en l’IHEDN. Continuez à partager vos analyses, à créer, à proposer, à faire vivre vos réseaux !

Aujourd’hui, je ne vais pas reprendre ce que vous avez reçu toute l’année. Je voudrais plutôt vous parler de mes préoccupations de chef d’état-major des armées.

 

Outre les relations internationales militaires, qui constituent une dimension transverse de mes activités, en tant que CEMA, j’ai en réalité deux grandes responsabilités.

 

La première est opérationnelle : je suis responsable de la planification et la conduite des opérations militaires et conseiller militaire du gouvernement. A ce titre, je valide les options militaires préparées par mon état-major et les soumets à l’autorité politique, puis j’en supervise la mise en œuvre, sous l’autorité directe du Président de la République. Cette responsabilité concerne l’ensemble de nos forces, nucléaires et conventionnelles, en métropole, outremer et sur tous nos théâtres d’opération : le soleil ne se couche jamais au centre de planification et de conduite des opérations de l’état-major des armées !

 

Ma deuxième responsabilité est capacitaire. Je suis responsable de la programmation militaire, c’est-à-dire de la préparation, de la mise en condition et du soutien des capacités de nos armées, en particulier du personnel, de l’équipement et des infrastructures. C’est une responsabilité qui m’engage au présent, et vis-à-vis de l’avenir. Je suis en effet chargé d’exprimer le besoin de nos armées en termes de capacités, de m’assurer de la prise en compte de ce besoin, puis de coordonner, avec la DGA et les armées, la mise en service des capacités dans les forces.

 

Au regard de ces deux responsabilités, je constate que nous avons encore de belles armées, des armées engagées, des armées qui protègent et qui gagnent, des armées reconnues à l’international. Nos alliés saluent notre leadership et nos capacités. Je peux vous le dire : depuis 4 mois que je rencontre mes homologues européens, américains, africains, arabes et asiatiques, c’est toujours une vraie admiration pour l’audace de notre stratégie, la qualité de nos soldats, et leurs prouesses sur le terrain. Mais, dans le même temps, nos armées abordent une nouvelle phase de leur transformation, une phase délicate au regard de l’ambition, des ressources, et de la situation présente de nos armées.

 

C’est de cela, les opérations et la transformation, dont je voudrais vous parler. Mon objectif est de vous donner la photo la plus exacte possible des armées telles que je les perçois, après 4 années en tant que major général des armées, et 4 mois après avoir pris mes fonctions de chef d’état-major des armées. Je le ferai de manière concrète, en partant des faits. A travers cela, vous comprendrez ma vision et mon ambition pour nos armées.

 

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Les opérations, d’abord.

Quelques chiffres, pour fixer les idées, et je m’en excuse, mais il faut bien planter le décor.

A l’heure où je vous parle, plus de 20 000 militaires sont déployés hors de la métropole, dont 7 500 dans 26 opérations extérieures, sur 4 continents et sur tous les océans. Ils y participent à la résolution des crises, à la protection des populations civiles et de nos ressortissants, et à la défense de nos intérêts. Les autres préparent et soutiennent ces opérations ou y contribuent directement, depuis nos bases prépositionnées, outremer et à l’étranger, en Afrique et aux Emirats arabes unis.

 

Dans le même temps, les armées tiennent la posture de dissuasion, protègent le territoire national et surveillent ses espaces aériens et maritimes. Elles recueillent du renseignement, contrôlent des espaces et des flux d’intérêt stratégique, et préparent les engagements futurs. En 2013, chaque jour, environ 2 500 militaires ont été engagés en permanence dans la protection du territoire national, dont environ 1 000 au titre du seul plan Vigipirate et 1500 pour les activités permanentes de protection du territoire : postures permanentes de sûreté aérienne et maritime, lutte contre l’orpaillage clandestin en Guyane, prévention des feux de forêt, et autres missions intérieures.

 

10 000 militaires en moyenne ont été engagés en opération extérieure sur les 10 dernières années, 13 500 au plus fort de l’année 2011, mais pour parer aux imprévus et agir, dans l’urgence si besoin, il faut disposer d’une réserve de forces identifiées, capables de monter en puissance à temps, et de se régénérer à temps. C’est le principe des contrats opérationnels des armées, qui définissent les capacités nécessaires à différents scénarios d’emploi ; contrats qui sont loin de se résumer à des effectifs mais qui englobent, plus largement, des capacités de projection et de soutien, notamment aériennes et navales. La réalité n’est jamais rigoureusement conforme aux probabilités, mais nos hypothèses de planification fournissent une base de travail réaliste et modulable. S’agissant du contrat dit « majeur », notre contrat le plus exigeant, nous l’avons approché en 2011, lors du pic d’activité dû au cumul des opérations d’Afghanistan, de Côte d’Ivoire et de Libye, sans oublier notre contribution à la gestion de la crise de Fukushima et à l’évacuation des ressortissants français et européens en Égypte, en Tunisie et en Libye.

 

Le volume et la nature des capacités correspondant à ces contrats intègrent le besoin de

relever les forces déployées, car les opérations modernes durent. Nous sommes au Liban depuis 1978, au Tchad depuis 1986, en Afghanistan depuis 2001. Enfin, les contrats opérationnels incluent des forces de réaction immédiate lorsqu’il faut s’engager très rapidement, en quelques heures ou en quelques jours, et d’autres forces, dont la montée en puissance peut se faire plus progressivement. Ce sont ces contrats qui déterminent le format de nos armées et les capacités nécessaires à leurs missions.

 

Plus que le nombre de forces déployées aujourd’hui, c’est leur dispersion qui met certaines de nos capacités sous tension. La multiplication des opérations impose en effet de dupliquer des capacités de renseignement, de commandement, de soutien technique et logistique, alors que plusieurs d’entre elles reposent sur des équipements et des effectifs très limités. C’est aussi le cas de certaines capacités de combat, les plus pointues, qui sont aussi souvent les plus sollicitées. Un exemple ? Les drones. Avant l’acquisition de 2 appareils supplémentaires à la fin de l’année 2013, notre capacité reposait sur 3 drones opérationnels. Il est difficile dans ces conditions d’intervenir sur deux théâtres en même temps, tout en continuant à former le personnel. Autres exemples : les linguistes arabisants, les atomiciens, les officiers d’appontage, qui ne représentent que quelques individus, pour autant indispensables.

 

Dans ce contexte, mon constat est simple : on ne peut plus prétendre tout faire, ni agir partout en même temps, avec la même intensité. Il faut être souple et adaptatif, mais il faut des objectifs clairs, hiérarchisés et réalistes.

 

D’abord, la défense du territoire national, en métropole et outremer.

C’est notre vocation première : le Code de la défense et le Livre blanc sont très clairs. C’est une mission fondamentale. Nous ne pouvons faire défaut : nous ne ferons pas défaut, c’est une question de légitimité. Nos concitoyens reconnaîtront d’autant plus la nécessité d’une défense forte et d’un budget exigeant qu’ils auront la certitude d’être eux-mêmes défendus, où qu’ils soient sur notre territoire.

La défense du territoire, c’est d’abord la dissuasion nucléaire, qui sanctuarise nos intérêts vitaux par la menace de dommages inacceptables qu’elle fait peser chez un agresseur potentiel. Notre stratégie s’appuie sur deux composantes, aéroportée et océanique, complémentaires en termes d’options et d’effets. Elle s’inscrit dans le cadre de la stricte suffisance, une stricte suffisance appréciée en fonction du contexte géostratégique et de la capacité des systèmes d’armes à causer des dommages inacceptables.

La défense du territoire, c’est aussi la surveillance de nos espaces aériens et maritimes, la police du ciel, l’action de l’État en mer. La lutte contre tous les trafics en mer est un enjeu, notamment outremer. C’est l’une des missions de notre marine. Je rappelle que la France possède la deuxième zone économique exclusive mondiale.

La défense du territoire, c’est enfin la contribution de nos armées aux plans gouvernementaux permanents et de circonstance, dont Vigipirate est le plus emblématique.

Ces missions sur le territoire national sont parfois méconnues des Français, parce qu’elles sont conduites dans la discrétion. Un exemple récent : le dispositif mis en place pour les commémorations du 6 juin, dirigé par les officiers généraux des zones de défense Paris et Ouest en coordination avec les préfets. 3 500 militaires ont été engagés, de manière complémentaire, dans des missions de contrôle terrestre, de protection des côtes et de sûreté aérienne : 2 400 pour la protection et 1 100 pour le volet mémoriel. 12 hélicoptères, 2 frégates et 1 Atlantique 2 furent également dédiés, aux côtés d’autres capacités, drones, NRBC, dont seules les armées disposent.

Votre rôle d’auditeurs de l’IHEDN est de nous aider à expliquer cet engagement sur notre territoire, auprès des élus, des administrations, des relais d’opinion et de nos concitoyens. C’est un véritable défi, dans un contexte où la communication sur les actions des uns et des autres est très concurrentielle. Je compte sur vous !

Vous le savez, la sécurité du territoire se joue aussi au-delà des frontières, dans tous les espaces – terrestre, maritime, aérien et cyber –, pour défendre nos intérêts, nos valeurs et agir aux avant-postes, avant que les menaces ne se concrétisent sur notre territoire.

 

En OPEX, une priorité : la bande sahélo-saharienne.

La lutte contre les groupes armés terroristes est notre préoccupation, et pour plusieurs années encore : cette lutte contribue très directement à la sécurité de la France et ses intérêts.

Sur la façade méridionale de notre pays, la stabilité de l’Afrique, singulièrement de la zone sahélienne, est notre première ligne de défense. Les groupes armés terroristes cherchent à déstabiliser la région, menacent directement nos compatriotes expatriés et nos intérêts économiques. Ils ont clairement désigné la France comme l’une de leurs cibles : ce sont nos ennemis, aujourd’hui les seuls au sens strict.

Depuis le lancement de Serval, en janvier 2013, nous avons remporté de réels succès : nous avons chassé les groupes armés terroristes, jusque dans leurs sanctuaires ; le Mali a retrouvé son intégrité territoriale et un gouvernement légitime. Aujourd’hui, l’ennemi est affaibli et désorganisé.

Mais il n’est pas vaincu. Il reste déterminé et dangereux. Il s’est adapté, pour défier nos capacités de renseignement, de mobilité et d’action. Et la bande sahélienne ne devient qu’une partie d’un ensemble plus vaste, avec des ramifications au Nord et au Sud : du Sénégal à Djibouti en passant par le Mali, le Sud de l’Algérie, le Niger, le Sud de la Libye et le Tchad, cet autoroute du trafic en tout genre – narco, armes, êtres humains, prosélytisme – est aussi celui du djihadisme, qui se finance ainsi. La jonction opérationnelle avec Boko Haram, au Nigéria, ou les Shebabs somaliens qui frappent à Djibouti n’est pas avérée, mais les connexions existent. Nous sommes face à un défi majeur, qui concerne la sécurité de l’Europe.

Pour cela, nous sommes en appui de la MISMA au Mali, force africaine sous résolution de l’ONU. Et les Africains sont unis pour faire front. Ils viennent de lancer un « G5 du Sahel », auquel la France est associée : j’ai été invité à la première réunion des CEMA organisée les 17 et 18 avril à Niamey. Et nous faisons de nombreuses opérations conjointes avec nos amis africains, notamment le long des frontières tchadiennes, nigériennes et maliennes. Les Africains sont pleinement conscients des enjeux, au travers de ces opérations.

Le combat change donc d’échelle, et il faut faire vite. Il se régionalise, de la Mauritanie au Tchad, de la Libye au Burkina. Ce sont des distances considérables, une échelle inédite pour nos opérations. Imaginez, du Cap Finistère à Odessa, de Copenhague à Munich : c’est cela, notre zone d’action.

Les capacités de renseignement, de surveillance et de frappe de précision sont essentielles, pour neutraliser l’ennemi, là où il est. Aujourd’hui, on a moins besoin de forces de contrôle de zone, mais plus d’unités légères, en appui des armées des pays africains concernés, et de capacités de renseignement et de frappe contre les GAT : renseignement, suivi de la cible H24, neutralisation, c’est le triptyque du succès sur le terrain aujourd’hui dans la BSS.

Dans cette optique, nos objectifs sont au nombre de trois. D’abord, casser le potentiel de nuisance des GAT. Ensuite, désorganiser leurs réseaux, en s’appuyant sur la mobilisation de la communauté internationale. Enfin, transférer la sécurisation de la zone aux pays du champ, en accompagnant la montée en puissance de leurs capacités : c’est le rôle de nos détachements d’assistance opérationnelle.

En conséquence, nous adaptons notre dispositif : 3000 hommes environ fin 2014, engagés à partir de Gao, de Niamey, et de N’Djamena, avec le soutien de nos alliés américains. L’ensemble sera commandé depuis N’Djamena avec, dès que possible, le lancement d’une nouvelle opération pour marquer l’évolution de notre stratégie.

 

Autre opération majeure en Afrique : la République centrafricaine, ma deuxième priorité pour les OPEX.

Nous avons fait du bon travail depuis le début de Sangaris, il y a 6 mois. Nous avons évité le pire : le massacre interethnique. A Bangui, les milices peuvent encore être capables – et donc coupables – de pics de violence, mais elles n’agissent plus que de manière erratique. La situation sécuritaire et économique s’est nettement améliorée depuis 3 mois. Dans l’Ouest, le long du corridor économique, les convois reprennent. Dans l’Est également, nous avons réussi notre déploiement, dans un contexte sécuritaire très particulier, et conformément au plan d’opération approuvé par le Président de la République, qui consistait à s’installer avant la saison des pluies, soit avant la fin du mois de mai.

Mais 3 objectifs restent à atteindre pour remplir toute la mission ; leur réalisation est complexe, en l’absence de véritable leadership centrafricain et international pour organiser l’indispensable :

  • La restauration de l’État et la mise en place de l’administration ;
  • La réconciliation nationale, et en premier lieu le désarmement ;
  • Le déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations unies à partir du mois de septembre : c’est elle qui a vocation à prendre le relais.

Ces objectifs ne sont pas militaires : Sangaris y contribue, crée des conditions mais ne peut pas tout faire.

L’arrivée de la force européenne EUFOR-RCA est un plus, mais restons réalistes : une fois encore, dans son ensemble, l’Europe est militairement peu présente. Un exemple : le 2èmecontingent en effectifs de la mission européenne – après nous – sera constitué par des Géorgiens, non membres de l’UE… EUFOR-RCA comporte aujourd’hui 600 hommes environ, dont les deux tiers sont Français ou mis en place par des États non membres de l’UE : il n’y a donc pas vraiment de partage du fardeau.

La situation reste donc précaire. En attendant les renforts, qui tardent à venir, il faut être au four et au moulin. Je note sur ce plan la plus-value de nos gendarmes français, avec lesquels les armées sont désormais habituées à travailler en OPEX, notamment depuis l’Afghanistan. Une chose à garder en tête : tant que les forces internationales attendues ne sont pas déployées, nous restons le seul rempart contre le chaos. Conséquence : sans doute, pas de désengagement majeur de Sangaris avant la montée en puissance de la MINUSCA, fin décembre a priori.

 

Dernier sujet d’actualité : l’Ukraine.

Vous avez suivi les événements, et la mobilisation de l’OTAN pour « réassurer »certains alliés : la Pologne, la Roumanie, les pays baltes. L’Alliance a joué son rôle. Nous avons pris notre part, notamment avec : l’engagement de nos AWACS ; le déploiement de 4 Rafale, puis de Mirage en Pologne ; nos navires en Baltique et en Mer noire ; notre renforcement des effectifs pour la planification à SHAPE.

Au-delà de ces actions, cette crise amène l’Alliance atlantique à se poser des questions de fond, alors que le retrait d’Afghanistan la conduit également à actualiser son logiciel : que signifient l’article V, la sécurité collective, les partenariats ? Quelle posture vis-à-vis de la Russie ?

D’un point de vue militaire, la crise ukrainienne soulève d’autres interrogations : celle de l’appréciation de situation, et donc du partage du renseignement ; celles de la réactivité et de la modularité des forces, ceci pour apporter les bonnes réponses, des réponses ajustées, « ni tout, ni rien ». Il faudra en tirer les conséquences pour les exercices, la NRF, les dispositifs de forces, les capacités de déploiement, en particulier sur la réactivité de nos dispositifs d’alerte, qui a été un sujet dont nous avons parlé avec SACEUR lors du dernier comité militaire de l’OTAN, il y a quelques jours à Bruxelles.

La crise ukrainienne et ses conséquences seront probablement au cœur du prochain sommet de l’OTAN, les 4 et 5 septembre, à Newport, au Pays de Galles. Se posera encore la question du désarmement de la plupart des pays occidentaux, alors que le monde réarme : d’après le SIPRI, - 20 % pour les dépenses d’armement dans l’OTAN depuis 2008, dont - 23% pour les Américains ; et, dans le même temps, des dépenses inflationnistes ailleurs, en Russie et en Chine notamment, avec une augmentation à 2 chiffres en termes de pourcentage.

Ce parcours au cœur de nos opérations n’est pas exhaustif. Notre présence dans le Golfe arabo-persique, d’où revient le groupe aéronaval, illustre la dimension mondiale de notre stratégie. Pour la première fois, il y a eu une intégration totale, pendant 6 semaines, avec les Américains, pendant l’exercice Bois Belleau.

Ce parcours de nos opérations n’est pas exhaustif, mais il montre leur diversité : diversité des théâtres, diversité des missions, diversité des cadres d’engagement. Si nous savons faire face à cette diversité, c’est parce que nous disposons de 3 capacités majeures : celle d’apprécier les situations de façon autonome, et donc à décider de manière souveraine ; la réactivité, pour répondre dans les délais, facteur de plus en plus essentiel ; la polyvalence, maîtrise de l’ensemble des capacités militaires, sur tout le spectre des missions.

Et si nous savons faire face, c’est parce que nous disposons de ces capacités en propre. L’initiative politique, le leadership international n’ont de sens que s’ils peuvent se traduire en actes. Trop souvent à l’OTAN et à l’UE, la convergence des stratégies et des agendas nationaux est difficile, surtout quand il faut agir vite ou prendre part aux missions de combat. Trop souvent, les contributions des alliés sont appréciées, mais focalisées sur certaines capacités seulement. Ce que nous connaissons aujourd’hui en RCA est symptomatique. Ce n’est pas être pessimiste que de le dire, c’est être réaliste.

Disposer d’un tel outil militaire, souverain, réactif et polyvalent, c’est un capital précieux. Mais c’est un capital fragile par nature.

Pour être toujours en mesure d’apporter les bonnes réponses, à temps, il faut s’adapter et le faire en regardant loin devant : il faut plusieurs décennies pour concevoir, développer et mettre en service un programme d’armement moderne, et plusieurs années pour recruter et former le spécialiste qui le mettra en œuvre.

Il faut le faire en intégrant tous les milieux de la guerre : terrestre, aérien, maritime et cybernétique, voire spatial. Car c’est ainsi que se conduisent les guerres modernes, en interopérabilité interarmées. L’interopérabilité n’est pas une construction théorique, elle se développe et s’entretient dans les exercices et les opérations. C’est un processus d’ajustement permanent, au fil de l’évolution des doctrines, des organisations, des procédures et des équipements de chacune de nos armées, et de ceux de nos alliés et partenaires. Notre interopérabilité doit être interarmées et internationale.

Il faut s’adapter en synchronisant tous les composants de nos capacités : le matériel, le personnel et l’environnement. Et il faut le faire avec un budget toujours très contraint. Ce qui suppose une bonne coordination, une cohérence d’ensemble, ce qui me conduit à ma deuxième partie.

 

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La transformation des armées.

Elle est déterminée par deux documents cadres : le Livre blanc de 2013, qui exprime l’ambition nationale et définit un nouveau modèle d’armée à l’horizon 2025 ; et la Loi de programmation militaire 2014-2019, qui en est la traduction capacitaire, année après année, sur 6 ans.

Nos armées devront rester capables de réaliser 3 grandes missions : la protection des Français et du territoire national, la dissuasion nucléaire, l’intervention extérieure. Elles devront pouvoir le faire en garantissant autonomie d’appréciation et d’action, ce qui implique le maintien d’un modèle d’armée complet. Elles devront s’appuyer sur des soldats, des marins et des aviateurs bien équipés, bien entraînés, motivées et maîtrisant l’emploi de la force.

Or, la contrainte budgétaire est très forte : - 20 Md€ par rapport à ce que la trajectoire budgétaire définie par la Loi de programmation précédente prévoyait sur la période 2014-2019, soit les deux tiers d’une annualité budgétaire sur 6 ans.

Dans ce cadre, il s’agit en fait de garantir la cohérence à nos armées, autrement dit d’établir en continu l’adéquation entre les missions et les moyens.

Nos armées continueront à se moderniser, pour renouveler des capacités vieillies, usées ou lacunaires. L’âge moyen des véhicules de l’avant blindé déployés en RCA est de 31 ans, ceux de métropole ont 40 ans en moyenne. Nos avions ravitailleurs fêtent cette année leur 40èmeanniversaire et nos hélicoptères Puma leur 44èmeanniversaire. Qui, ici, monterait dans un véhicule de plus de 30 ans, dans un avion ou dans un hélicoptère de plus de 40 ans ?

Nos armées continueront également à se moderniser pour acquérir les capacités nouvelles nécessaires aux opérations futures : renseignement, espace, drones, forces spéciales, frappes à distance, entre autres.

Nous garantirons à nos forces une préparation opérationnelle conforme aux standards internationaux : il en va de leur efficacité et de leur sécurité. C’est est en outre, vis-à-vis de nos alliés, un gage de crédibilité opérationnelle, et donc de confiance.

Mais, sous forte contrainte de ressources, garantir la cohérence en continuant à se moderniser, c’est d’abord ajuster nos contrats opérationnels : certains ont été réduits jusqu’à 30%, en particulier le contrat d’intervention majeur, le plus exigeant mais le moins probable.

Garantir la cohérence en continuant à se moderniser, c’est aussi et en conséquence revoir nos formats, autrement dit réduire nos effectifs et nos dotations en équipement : la modernisation des capacités se poursuit, mais à plus petite échelle et plus lentement.

C’est rationaliser nos implantations, en métropole et outremer, pour les rendre plus efficaces, pour améliorer le soutien, pour améliorer les conditions de vie et de travail. Autrement dit : fermer des sites.

C’est réduire la taille des états-majors centraux, pour mieux responsabiliser les acteurs de terrain : dans quelques mois, lors du transfert à Balard, l’état-major des armées sera réduit de 20%.

C’est continuer à coordonner nos efforts en interarmées et avec nos alliés et partenaires, pour partager et mutualiser ce qui peut l’être.

Que les choses soient claires : ces réductions de format, de personnel, d’équipements et ces étalements des livraisons de matériel sont la seule voie pour entretenir un outil de défense conforme aux grands objectifs du Livre blanc, compte tenu de la situation de nos finances publiques. Mais ils sont douloureux, et difficiles à mettre en œuvre : la LPM 2014-2019 a été construite sur des hypothèses de gains de productivité considérables, des diminutions d’effectif drastiques et un plan d’équipement ralenti mais indispensable !

Nous nous sommes mis en ordre de marche. Nous disposons d’un projet commun aux armées, directions et services interarmées, que j’ai baptisé CAP 2020, qui définit la transformation des armées pour les années à venir. C’est un projet à la fois ambitieux et exigeant, car fondé sur les hypothèses budgétaires volontaristes de la LPM, des hypothèses qu’il faudra confirmer année après année !

Vous avez sans doute suivi les discussions récentes à propos de la programmation budgétaire triennale 2015-2017. A Bercy, il fut question que les armées endossent plusieurs M € d’économies supplémentaires. Le Président de la République a confirmé l’engagement de la Nation pour sa défense, le 2 juin. C’est une bonne nouvelle pour les armées, parce que le costume est déjà taillé au plus juste !

Je m’explique. Le budget de la défense couvre 3 postes : les effectifs, rémunérations et charges sociales ; le fonctionnement, nécessaire à la vie des unités et à l’entraînement des forces ; les équipements – autrement dit : les investissements.

 

S’agissant des effectifs, le plan de déflation est déjà très ambitieux : 82 000 postes sur la période 2009-2019, soit 25% de l’effectif de départ, et, pour la LPM 2014-2019, environ 34 000 suppressions de postes sur la durée de la LPM, dont 1000 officiers par an. Je rappelle qu’en 2014, le ministère de la défense a assumé 60% des suppressions d’emploi de l’État.

On peut difficilement aller plus loin, quels que soient les leviers considérés : le recrutement, l’avancement, la condition du personnel.

Le recrutement coûte 170 M€ par an. Le tarir se traduirait mécaniquement par une augmentation du gain vieillesse-technicité, et donc par une augmentation de la masse salariale. Le supprimer pendant un an entraînerait une dégradation de la capacité opérationnelle : l’armée de terre recrute 8 700 personnels par an, l’équivalent de 10 régiments. Un gel complet de l’avancement pendant un an entraînerait un gain de 20 M€, dérisoire au regard des enjeux financiers et du risque social. Quant à la condition du personnel, qui concerne les mesures d’accompagnement de la réforme, elle représente 45 M€ dans cette LPM contre 90 dans la précédente. Et ces 45 M€ sont déjà gagés par des mesures inéluctables. En fait, concrètement, il n’y a pas de mesures nouvelles de condition militaire dans la LPM. Quel autre corps de l’État assumerait un tel effort sans compensation sociale, dans ces conditions ?

 

S’agissant du fonctionnement courant, je précise qu’il ne s’agit ni de « train de vie », ni de condition du personnel, mais de l’environnement dans lequel le personnel conduit son activité. Aujourd’hui, l’agrégat est déjà contraint au-delà du raisonnable en construction de LPM, pour permettre de moderniser les équipements a minima. Un effort supplémentaire de 100 M€ a été malgré tout imposé en 2014, malgré des signaux d’alerte. On se trouve à un niveau tel qu’il a fallu, l’an dernier, mettre en œuvre un plan d’urgence de 30 M€ en fin d’année pour satisfaire en partie les besoins les plus basiques, comme le chauffage. Comment aller plus loin dans les économies de fonctionnement, quand la hausse de la TVA n’est pas compensée et que les coûts de l’énergie et des fluides représentent 40% des dépenses des bases de défense ? Comment aller plus loin lorsque la carte des unités à regrouper ou à dissoudre n’est communiquée qu’année après année ?

 

S’agissant de la préparation opérationnelle, nous avons accepté en construisant la LPM un niveau d’entraînement déjà dégradé, 15 à 20% sous les standards fixés par l’OTAN. C’est un minimum, dans un contexte d’engagement opérationnel soutenu. Je le répète, la qualité de la préparation opérationnelle fait le succès des forces en opération et, en conséquence, garantit la liberté d’action du politique. Descendre sous le niveau visé augmenterait en outre le risque pour le combattant, en opération comme à l’entraînement, et augmenterait le risque social : en période de réforme, seule l’activité opérationnelle compense les sacrifices qu’il faut consentir au quotidien. Car c’est bien un paradoxe, oui, les soldats râlent… pour faire leur métier !

 

S’agissant des équipements, enfin, nous nous situons également à un plancher. Les ressources allouées aux grands programmes ont été réduites de 40% par rapport à ce que prévoyait la LPM 09-14. Les réductions et l’étalement des commandes entraîneront un vieillissement accru des matériels qu’ils sont censés remplacer avec, dans certains cas, des réductions temporaires de capacités : véhicules terrestres de combat, hélicoptères, aviation de chasse, de transport, de ravitaillement en vol et de patrouille maritime, frégates de tous types.

Quant à l’infrastructure, avec un flux annuel de 1 Md€, elle est sous-dotée d’environ 200 M€ annuels. Je rappelle sur ce plan que la plupart de nos jeunes soldats et de nos sous-officiers habitent dans leur enceinte militaire.

 

La dissuasion, dont on dit – un peu vite – qu’elle est « sanctuarisée », est aussi concernée par ces réductions et ces décalages, avec un abattement de plus de 10% des ressources par rapport à la LPM précédente, y compris dans la simulation. Et les programmes de moindre envergure mais tout aussi importants pour la cohérence d’ensemble – ce que nous appelons les « autres opérations d’armement » – sont également concernés : - 20% en construction. Toute réduction supplémentaire conduirait à décaler encore des programmes très attendus, dont l’arrivée a déjà été repoussée au maximum, comme le programme Scorpion pour la protection des forces, le MRTT pour le ravitaillement en vol, le sous-marin Barracuda. Elle conduirait à attendre encore l’acquisition de capacités qui nous font déjà cruellement défaut en opération, comme l’ISR, pour le suivi d’une cible, ou les drones.

 

Clairement, dans la construction de la LPM, nous avons déjà accepté d’aller au bout du bout du possible ! Et nous avons déjà intégré un niveau de coopération européenne et otanienne aléatoire, sans parler des hypothèses d’exportation d’équipements particulièrement ambitieuses.

Le modèle 2025 du Livre blanc et de la LPM est le dernier repli du modèle d’armée complet et cohérent dont la France a besoin pour assumer ses responsabilités au niveau affiché dans le Livre blanc. Toute encoche budgétaire à la LPM aurait des effets directs et immédiats. Elle impliquerait ni plus, ni moins de construire un nouveau projet et d’en assumer toutes les conséquences dans les domaines opérationnel, capacitaire, économique et social. Elle impliquerait ainsi de revoir l’ambition nationale.

Ne nous trompons pas : lorsque l’on abandonne une capacité, il est très difficile voire impossible de la reconstruire dans des délais compatibles avec les menaces. Les industriels le savent bien également : c’est une question de savoir, et de savoir-faire.

Nous nous situons aujourd’hui dans un contexte de dégradation sensible du moral, soulignée dans tous les rapports internes ainsi que dans le rapport que le haut comité d’évaluation de la condition militaire, autorité indépendante, vient de remettre au Président de la République. Ce moral est changeant, parfois fragile, parfois variable, mais globalement à surveiller. Dans son ensemble, le personnel ressent de la lassitude, de la résignation : il traverse une crise de confiance qui, d’ailleurs, n’est pas sans lien avec celle que traverse la société en général.

C’est un sujet de préoccupation majeure pour moi : dans notre organisation avant tout humaine, le succès repose d’abord sur les forces morales. C’est un sujet sur lequel j’alerte régulièrement l’autorité politique. Avec le ministre de la défense, j’ai fait accepter par le personnel le principe de nouveaux efforts, sans équivalent, en contrepartie d’une nouvelle perspective portée par CAP 2020 : le retour à plus de cohérence entre les missions et les moyens ; une meilleure adéquation entre l’âge, le grade et les responsabilités exercées ; une amélioration des conditions de vie et de travail. A l’évidence, comme je viens de le démontrer, toute économie supplémentaire demanderait d’autres efforts, avec le risque non maîtrisé de franchir le seuil de l’acceptabilité sociale.

J’en viens à ma conclusion : ce qui est essentiel à mes yeux.

 

***

 

Ce qui me tient à cœur, au dessus de tout : tenir un discours de vérité, sans minimiser les difficultés, sans dramatiser à l’excès non plus.

 

La vérité, je le disais en introduction, c’est que nous avons de belles armées, des armées et des services aguerris et engagés. Qui, en Europe, est aujourd’hui en mesure de faire ce que nous faisons sur tous nos théâtres d’opération ? Personne. C’est un motif de fierté à partager, un appel à aller de l’avant.

La vérité, c’est que nous avons des armées transformées par presque 20 ans de réformes continues. Côté pile, elles n’ont cessé de perfectionner leurs doctrines, leurs tactiques, leurs équipements, pour être toujours au rendez-vous, toujours à la pointe. Les armées d’aujourd’hui, celles qui ont combattu en Afghanistan, en RCI, en Libye, au Sahel, en RCA ont peu de choses à voir avec celles de 1994. Leurs succès actuels sont la conséquence d’un aguerrissement continu. Cette mutation est à porter au crédit des hommes et des femmes des armées, qui ont su s’adapter avec créativité et détermination. C’est un autre motif de fierté.

Côté face, ces réformes ont été réalisées dans le cadre de ressources en constante diminution, alors que nos forces restaient très engagées en opération. Il s’en est suivi une érosion continue des conditions de vie et de travail, malgré des efforts considérables de rationalisation au sein de chaque armée et en interarmées : réduction des effectifs ; transfert ou dissolution d’unités et de bases ; création d’une chaîne interarmées du soutien ; mise en place des bases de défense, etc. Aujourd’hui, la cohérence globale de nos armées est fragilisée.

 

La vérité enfin, c’est que la LPM permet, en construction, de maintenir cette cohérence, et que nous disposons avec CAP 2020 d’un projet pour la mettre en œuvre dans des conditions difficiles, mais de façon cohérente. C’est mon ambition pour nos armées.

Deux conditions sont toutefois nécessaires.

La première est la mise à disposition effective de tous les crédits prévus en programmation, ressources budgétaires et ressources exceptionnelles. Dans la situation économique que traverse notre pays, c’est un défi. C’est un engagement collectif, derrière le ministre, avec les chefs d’état-major d’armée.

Deuxième condition :l’adhésion du personnel. J’en appelle à l’unité, au sens de l’intérêt commun, à la cohésion, à la détermination, à la combativité. J’en appelle à la responsabilité. L’adaptation est une nécessité. Elle impose de revoir nos raisonnements, nos manières de faire, nos organisations. Elle impose, dans notre monde qui change très vite, d’admettre que la stabilité est de plus en plus l’exception, et qu’il est difficile d’avoir des perspectives. Ce qui vaut dans la société civile vaut pour les armées. Cette réalité est comprise,mais elle est parfois difficile à assimiler : le personnel, mobile et dévoué par nature, aspire pourtant à une certaine stabilité et, surtout, à la reconnaissance par la Nation de son engagement et de ses efforts.

 

Vous avez été cette année des témoins actifs. Maintenant que vous vous apprêtez à quitter l’IHEDN, je vous invite à être des ambassadeurs dans votre environnement professionnel et personnel, auprès de nos compatriotes, pour leur faire connaître la nécessité d’une défense, ainsi que la qualité et les attentes de celles et ceux qui ont choisi de s’y consacrer sous les armes. La défense est un héritage de la Patrie. Elle ne vaut que par la volonté de la Nation.

Je compte sur vous !

Je vous remercie.

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 11:55
Le général de Villiers à l’Ecole polytechnique

 

19/06/2014 Sources : EMA

 

Le 14 juin 2014, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) a présidé la cérémonie de présentation au Drapeau de la promotion 2013 de l’Ecole Polytechnique.

 

Depuis 1970, l’Ecole polytechnique est un établissement public sous tutelle du Ministère de la Défense. Les élèves de nationalité française y effectuent leur scolarité sous le statut militaire.

 

C’est pourquoi, le général Pierre de Villiers a tenu à aller à leur rencontre, en présidant la cérémonie de présentation au drapeau des élèves officiers arrivés au terme de leur année de formation militaire.

 

Dans son adresse, il a engagé ces futures cadres de la nation à développer les vertus d’engagement, de service et de fraternité d’armes qui constituent depuis toujours le fondement de nos armées. Il les a invité à les partager avec ceux et celles aux côtés desquels ils seront amenés à relever les défis de demain.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:55
Général Pierre de Villiers : " Avec le ministre, on a dit " stop ", ça devenait une question de justice sociale "


20.06.2014 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord- Défense Globale



Depuis sa prise de fonction le 15 février, le nouveau chef d'état-major des armées (photo ministère de la Défense), le général Pierre de Villiers, se fait rare dans les médias. Histoire de ménager sa monture pour un homme prudent, de prendre son temps pour appréhender toutes les facettes du large et lourd costume du CEMA (politique, diplomatique, économique, com interne, transformation, opérations...).

Ce jeudi 19 juin à Paris, en compagnie de deux confrères, nous avons pu mieux le découvrir, dans le rôle du premier communicant des armées. " La transparence, c'est la première des protections ", indique-t-il : " Quand un événement survient, ma première question est souvent " quand est-ce qu'on communique ? ". " Eh bien, maintenant... 

 

Les déclarations du général de Villiers réunies en quelques grands thèmes...

 

Soucis budgétaires

" Mon souci principal en phase avec le ministre est le respect intégral de la Loi de programmation militaire, sans lequel nous serions évidemment dans un autre projet. Compte tenu de sa tension, on ne peut se permettre la moindre encoche sur les trois postes principaux, la masse salariale, le fonctionnement et les équipements. Tout cela est tendu mais cohérent. Dans cette affaire, je suis déterminé, confiant mais vigilant. Le président l’a exprimé clairement. Je crois en la parole présidentielle.

Je ne suis pas naïf, je suis pragmatique et je connais les réalités. On sait les difficultés mais c’est d’abord un problème de gestion. Pour les ressources exceptionnelles (1,5 milliards), nous les avons en 2014 et le président a dit que nous les aurons en 2015 avec un comité d’audit constitué pour les trouver (...) Mais à l’intérieur de l’enveloppe, le président demande des gains de productivité, une meilleure utilisation des crédits. »

 

Economies tous azimuts

« Dans le projet CAP 2020, qui est une déclinaison de la LPM (Loi de programmation militaire), il y a trois mots-clés : ensemble car on n’a plus les moyens de perdre du temps, entre " Gaulois ", en interministériel et avec les alliés ; autrement car il faut une approche novatrice ; au mieux car il faut arrêter de dire qu’on fera mieux avec moins. Nous ferons au mieux avec toute notre bonne volonté, nos tripes. C’est notre culture. Nous ne sommes pas une armée de bouts de ficelle mais une armée imaginative qui fait avec ce qu’on lui donne. »

 

Efforts de rationalisation et aménagement du territoire, le cas du 126e RI de Brive

" La rationalisation des emprises est la seule solution pour faire des économies sur le fonctionnement. Je suis au courant des difficultés de cette solution puisque cela signifie des restructurations. Mais c’est la solution de moyen terme. Vous n’en sentirez pas les effets en 2015 ou 2016 mais des projets conduisent vers ça comme les regroupements des bases de défense, des bases aériennes, la réunion de régiments en structures bataillonnaires. Maintenant, il faut que les autorités acceptent de restructurer. Et je comprends tout à fait cette approche politique d’aménagement du territoire.

Pour moi, des bases isolées n’ont pas lieu d’être. Citons un exemple connu, le problème de Brive (126e RI) qui réunit objectivement tous les critères qui conduisent à la dissolution : un régiment isolé avec des infrastructures en mauvais état. Dans l’optique de regroupements des bases de défense, ce serait aussi logique. Sur le plan politique, c’est plus délicat et nous nous intégrons dans un aménagement du territoire global. Donc la rationalisation est une bonne direction mais pas facile à prendre.

 

" Si on veut des gens dans la rue, coupons le chauffage "

« L’infrastructure est d’ailleurs un poste tendu. Sur un milliard d’euros, il manque 200 millions d’euros annuellement sur la durée de la LPM. Nous sommes bouffés par les grands programmes, par la mise au norme Fukushima des installations nucléaires, par les ports de Toulon et Brest… Si bien que les moyens revenant à la vie quotidienne sont très faibles. Quand Bercy dit, il y a du gras dans les armées dans le fonctionnement courant, je suis désolé ; on a essayé de « tirer sur la peinture » en 2013 et en octobre, nous n’avions plus de chauffage et le ministre a dû décréter un plan d’urgence de 30 millions d’euros. Il faut peut-être arrêter. Si on veut des gens dans la rue, coupons le chauffage… »

 

Les nouvelles déflations

« Il faut trouver 7 500 mecs à déflater par an, après 7 000 lors des six derniers exercices, la conduite de la transformation des armées est très difficile. Le ministre part d’un postulat auquel je souscris : on va éviter de toucher aux forces opérationnelles et plus à l’environnement dans une proportion d’1/3 – 2/3. C’est plus compliqué que de supprimer un régiment. Nous avons trente chantiers. Des analyses fonctionnelles vont être faites dans les directions, les commissariats, la chaîne du soutien, les états-majors, la formation, le maintien en condition opérationnelle… La DGA (Direction générale de l'armement) a deux ou trois chantiers, le SGA (Secrétariat général pour l'administration) une dizaine et moi, une vingtaine. Pour 2015, car nous manquons de temps pour les résultats des analyses fonctionnelles, c’est difficile. Le ministre doit annoncer fin juillet les mesures de restructuration pour 2015. »

 

Le moral des armées

« Le moral est stable ou en légère baisse par rapport à l’année dernière. Il est inégal en fonction des endroits et des moments de carrière. En OPEX, le moral est globalement excellent. Celui du gars qui est au quartier en pleine transformation n’est pas terrible. A Paris (20 000 militaires sur la grande région parisienne, 3 000 à l'îlot Saint-Germain), le moral n’est pas bon avec la baisse de pouvoir d’achat, les trajets… Comme la société, l’armée n’a pas trop le moral et la transformation à conduire est difficile. Elle a le sentiment d’avoir perdu de l’efficacité avec 60 % des suppressions de postes de l’ensemble de l’Etat. C’est pour ça qu’avec le ministre, on a dit « stop » ; ça devenait intolérable, une question de justice sociale. »

 

Réorganisation dans la bande sahélo-saharienne

« On va basculer le PCIAT (poste de commandement interarmées de théâtre) de Bamako à N’Djamena dans les prochaines semaines, d’ici le 14 juillet. Les travaux sont terminés. Nous sommes dans une situation assez paradoxale : nous avons tenu des objectifs difficiles de réalisation et c’est la date de bascule qui a glissé. L’art des opérations, c’est l’adaptation. Tout est prêt. Là encore, cette réorganisation va permettre d’économiser sur les effectifs, pas loin de 200 personnes. Rien n’est durable en ce bas-monde mais l’idée n’est pas de partir dans six mois, c’est d’être confortablement installé dans ce pays avec un commandement unique fusionnant avec un autre nom les opérations Serval et Epervier. »

 

Le soutien en opération extérieure

« Le soutien opérationnel s’est beaucoup amélioré depuis le Kosovo en 1999. Je le sais, j’y étais. Tout n’est pas parfait dans Serval ou Sangaris mais la fusion du Service du commissariat des armées va dans le bon sens. J’ai vu sur place Sangaris et aujourd’hui, chaque soldat prend une douche par jour, 75 % déjeunent chaud et 80 % ont des tentes climatisées. En premier mandat, c'est vrai, la priorité était la mission opérationnelle : éviter un massacre gigantesque. Il reste des choses à améliorer sur le paludisme notamment. Notre doctrine, c’est d’abord l’opérationnel et puis, c’est aussi un problème de moyens. Je suis très conscient de tout ça ; j’étais le premier à gueuler au Kosovo. Il faut améliorer les lieux de stockage et les besoins. On est en train de fusionner tout ça. C’est d’ailleurs valable pour les OPEX et aussi en temps de paix. »

 

2014  et les commémorations, une opération nationale le 6 septembre

« Je profite de ces commémorations du 70e anniversaire et du centenaire pour puiser dans les ressources morales des anciens pour conduire la transformation des armées et des opérations extérieures d’aujourd’hui. Au Mali, en Centrafrique, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye, le soldat a le même âge et les mêmes ressources. J'y vois un vrai parallèle.

Le 6 septembre, pour le centenaire de la bataille de la Marne, nous lancerons une opération nationale dans cent villes avec cent drapeaux et cent héros. Nous dévoilerons des plaques de régiments partis sur le front, en veillant à l’interarmées. Les armées doivent commémorer comme le pays et même plus que le pays. »

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 11:45
Le CEMA à la rencontre du GTIA Scorpion à Bambari (Est de la Centrafrique)

 

29/05/2014 Sources : EMA

 

Le 27 mai 2014, lors de sa visite officielle en Centrafrique, le général d’armée de Villiers, chef d’état-major des armées, s’est rendu à Bambari, à l’est de la République Centrafricaine, où est engagé le groupement tactique interarmes (GTIA) Scorpion.

 

Après le violent accrochage qui a opposé la force Sangaris à des éléments radicaux de l’ex-Séléka, le 24 mai à Bambari, le CEMA a décidé de se rendre sur cette zone de tension pour y conforter l’engagement des soldats du GTIA Scorpion.

 

Accueilli par le colonel Jean-Bruno Despouys, chef de corps du GTIA Scorpion, il a bénéficié d’un point de situation tactique qui lui a permis de mieux appréhender la complexité des rapports de force locaux. A cette occasion, il a mesuré l’extrême réactivité du dispositif, qui permet d’alterner détermination face aux éléments radicaux et dialogue dans la mise en œuvre des mesures de confiance. Sans ne jamais rien concéder face à la violence, l’objectif de Scorpion lui est clairement apparu comme: « convaincre plutôt que contraindre ».

 

Très vite après ce point de situation, le CEMA s’est porté à la rencontre des soldats qui sont déployés dans cette région depuis la fin du mois de mars 2014. Lors des différents échanges qu’il a provoqués, il a pu mesurer d’une part leurs difficultés, faites parfois de contraintes matérielles évidentes, mais surtout  leur détermination et la faculté d’adaptation dont ils font preuve face à des situations mouvantes et souvent délicates. Avant d’embarquer dans un avion CASA à destination de Bangui, il leur a rendu un hommage appuyé en leur disant combien « leur maîtrise de la force et leur professionnalisme » font honneur aux armées et au pays tout entier.

 

Lors de ce déplacement à plus de 400km de Bangui, le CEMA a également souligné l’immense effort logistique accompli par la force pour lui permettre de contrôler cette zone reculée avant l’arrivée de la saison des pluies. L’exécution de ce déploiement, en à peine deux mois, constitue un exploit en réponse à l’objectif qu’il avait fixé au général Soriano lors de sa dernière visite.

 

Environ 2000 militaires français sont actuellement déployés dans l’opération Sangaris, aux côtés des 5800 hommes de la MISCA. Lancée le 5 décembre 2013 par le Président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir une sécurité minimale en République Centrafricaine et à faciliter la montée en puissance de la MISCA, ainsi que son déploiement opérationnel.

Le CEMA à la rencontre du GTIA Scorpion à Bambari (Est de la Centrafrique)Le CEMA à la rencontre du GTIA Scorpion à Bambari (Est de la Centrafrique)
Le CEMA à la rencontre du GTIA Scorpion à Bambari (Est de la Centrafrique)Le CEMA à la rencontre du GTIA Scorpion à Bambari (Est de la Centrafrique)
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 06:50
Le général de Villiers participe aux comités militaires de l’UE et de l’OTAN

 

27/05/2014 Sources : EMA

 

Les 20 et 21 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) a participé pour la première fois aux réunions des chefs d’état-major de l’Union européenne et de l’OTAN, qui se déroulent régulièrement à Bruxelles.

 

Le comité militaire de l’Union européenne (CMUE) est une enceinte de consultation et de coopération militaire entre les Etats membres de l’Union européenne. Les chefs d’état-major des armées de chacun des pays membres s'y retrouvent pour étudier les questions relevant du domaine de la prévention des conflits et de la gestion des crises. Le 20 mai, leurs discussions ont ainsi  porté sur les opérations militaires et civiles en cours de l’Union européenne, sur les suites du sommet européen de décembre 2013, ainsi que sur la situation en Ukraine.

 

Le lendemain, lors de la 168ème réunion du comité militaire en session des chefs d’état-major de la défense (CEMD) de l’OTAN, le CEMA a pris part aux échanges qui étaient principalement centrés sur les opérations de l’OTAN et la préparation du sommet de Newport en 2014. La situation en Ukraine et les mesures de réassurances mises en œuvre par l’Alliance ont également été au centre des discussions. À cette occasion, le général de Villiers a retrouvé le général d’armée aérienne américain Philip Mark Breedlove, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), ainsi que le général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros, commandant suprême allié Transformation (ACT), deux officiers généreux qu''il avait reçu quelques semaines auparavant pour   partager avec eux son appréciation de la situation sécuritaire.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 06:45
Le général d’armée Pierre de Villiers en visite officielle au Tchad

 

28/05/2014 Sources : EMA

 

Le 26 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) s’est rendu en visite officielle au Tchad.

 

Cette visite a été marquée par une série d’entretiens destinés à prolonger la dynamique de coopération militaire bilatérale entre le Tchad et la France. 

 

Les discussions ont porté sur l'installation prochaine à N’Djamena du poste de commandement des opérations dans la bande sahélo-saharienne, ainsi que sur les missions conjointes qui seront conduites  par les armées partenaires dans le cadre de cette régionalisation des opérations de lutte contre les groupes armés terroristes (GAT).

 

C’est dans ce cadre que le général d’armée Pierre de Villiers s'est longuement entretenu avec son homologue, le général de division Mahamat Brahim Seid, chef d’état-major général des armées tchadien (CEMGA), avant de rencontrer son excellence Madame Evelyne Decorps, ambassadeur de France au Tchad. Lors de ce dernier entretien, les discussions ont porté plus largement sur la coopération opérationnelle en Afrique.

 

Cette visite visait également à décorer les militaires tchadiens qui se sont engagés aux côtés des soldats français dès les premières semaines de l’opération Serval au Mali, notamment dans l’Adrar de Ifoghas.

 

Lors d'une cérémonie à l’état-major des armées, le général de Villiers a promu le général de division Mahamat Brahim Seid au grade d’officier de la Légion d’honneur. Il a également décoré de la croix de la valeur militaire avec étoile de vermeil le général de division Idris Déby Itno Mahamat, commandant adjoint des forces armées tchadiennes d’intervention au Mali (FATIM), le général de brigade Youssouf-Miri Abderaman, officier général chargé des opérations de la FATIM et le général de brigade Misse Nassoure Tdijiani, officier général chargé des opérations  et premier adjoint de la FATIM. Enfin, le général de brigade Mahamat Djoui Moussa, commandant de la Force Tchadienne au Mali a été décoré de la médaille de la défense nationale, échelon or.

 

Dans le discours qu'il a  prononcé à l'issue de la prise d'armes, le général  de Villiers a souligné qu’au travers de cette cérémonie, la France rendait hommage à l'engagement de l'ensemble des soldats  tchadiens au Mali. Il a ainsi rappelé que lors des combats de l'hiver 2013, soldats français et tchadiens ont partagé des valeurs communes de courage, d'audace, d'excellence et de fraternité d'armes, autant de vertus qui doivent continuer à les animer dans la perspective des engagements à venir.

Le général d’armée Pierre de Villiers en visite officielle au TchadLe général d’armée Pierre de Villiers en visite officielle au Tchad
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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 06:45
Le général de Villiers en visite auprès des soldats français du camp Koseï (Tchad)

 

28/05/2014 Sources : EMA

 

Le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) était en visite au Tchad le 26 mai 2014.

 

Après une série d’entretiens officiels, il s’est rendu sur la Base aérienne « Adji Kosseï » à N’Djaména, pour y mesurer l’avancée des travaux qui permettront la bascule prochaine du poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) à partir duquel seront conduites l’ensemble des opérations françaises dans la bande sahélo-saharienne.

 

Après une visite des installations, il s’est adressé à l’ensemble des militaires présents sur la base. Il a tout d’abord replacé les efforts actuellement consentis dans leur finalité opérationnelle. Rappelant l’impact des opérations en cours dans sur lutte contre les groupes armées terroristes (GAT), il a souligné la nécessité d’en prolonger les effets en renforçant la sécurité sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne. A ce titre, il a réaffirmé le caractère régionale de cette manœuvre, rappelant qu’elle était conduite  en liaison étroite « avec nos frères d’armes engagés au Mali, au Niger ; aux côtés de nos amis africains, avec l’appui de nos alliés américains et européens ».

 

Il a ensuite tenu à saluer la qualité du travail accompli pour rendre possible la bascule : « En quelques semaines seulement, vous avez conduit l’adaptation de notre dispositif au Tchad, avec la préparation de l’installation d’un nouveau PC, à N’Djamena, et la réorganisation de nos capacités de combat et de soutien ». Grâce à ce travail collectif, les forces françaises sont désormais prêtes à basculer leur poste de commandement de Bamako vers N’Djamena.

 

Enfin, le général de Villiers est allé à la rencontre des militaires de la force Epervier pour recueillir directement auprès d’eux leur appréciation du terrain.

 

Les militaires de la force Épervier assurent deux missions permanentes : ils apportent un soutien aux forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes, conformément à l’accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad et sont en mesure de garantir, si nécessaire, la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad. Depuis le 31 mars, la force Epervier est sous le contrôle opérationnel de la force Serval dans le cadre de la régionalisation des opérations dans la bande sahélo-saharienne.

Le général de Villiers en visite auprès des soldats français du camp Koseï (Tchad)Le général de Villiers en visite auprès des soldats français du camp Koseï (Tchad)
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 11:50
Le général de Villiers et son homologue britannique en visite à l’exercice Rochambeau

 

23/05/2014 Sources : EMA

 

Le 19 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) et son homologue britannique, le General Sir Nicholas Houghton, se sont rendus à Mourmelon et Mailly où se déroulait, depuis le 10 mai, un exercice majeur pour les armées de Terre britanniques et françaises : Rochambeau 2014.

 

En se rendant conjointement sur l’exercice Rochambeau, le général de Villiers et le général Houghton ont tenu à mettre en valeur un exemple concret de la coopération militaire bilatérale engagée depuis 2010 avec le traité de Lancaster House. Ayant l’un et l’autre exercé la fonction de major général des armées avant de devenir CEMA, le général de Villiers et le général Houghton ont été étroitement impliqués dans la transformation de leurs armées respectives. Cette expérience leur a permis de mesurer l’importance des coopérations bilatérales et multilatérales dans le domaine opérationnel, capacitaire et industriel. Pour le général de Villiers, « c’est à travers des concrétisations comme celle de la CJEF que nous préparons l’avenir des armées ».

 

Au cours de cette visite, effectuée aux côtés des chefs d’état-major de l’armée de Terre français et britannique, le général d’armée Bertrand Ract Madoux et le General Sir Peter Wall, le CEMA a déclaré que les armées françaises et britanniques étaient « au rendez-vous de la feuille de route de la CJEF qui vise en 2016 la pleine validation de notre capacité à planifier et conduire une opération avec les forces britanniques ». Après la validation de la composante maritime de la CJEF en 2012, lors de l’exercice Corsican Lion et celle de la composante aérienne avec Joint Warrior en 2013, Rochambeau était centré sur l’armée de terre, marquant une étape décisive dans montée en puissance de la dimension interarmées de la CJEF. Cet objectif devrait être atteint en 2015 et 2016, avec deux exercices qui engageront l’ensemble des trois composantes au cours d’un déploiement interalliés.

 

Dans le contexte stratégique actuel et au vu des contraintes budgétaires pesant sur les armées, le général de Villiers et le général Houghton ont conclu cette journée en rappelant l’importance de développer des outils polyvalents et interopérables, tels que la CJEF, permettant de faire face rapidement aux crises. « Avec 15 nationalités et 3200 hommes rassemblés aujourd’hui, cet exercice est la démonstration de notre volonté, avec Sir Houghton, de développer notre interopérabilité pour être plus forts ensemble lorsque les intérêts communs français et britanniques sont en jeux, mais aussi au service d’un cadre plus large, de l’OTAN, de l’UE ou de l’ONU », a précisé le général de Villiers.

Le général de Villiers et son homologue britannique en visite à l’exercice Rochambeau
Le général de Villiers et son homologue britannique en visite à l’exercice RochambeauLe général de Villiers et son homologue britannique en visite à l’exercice Rochambeau
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:50
CEMA : le général de Villiers reçoit le DSACEUR

 

21/05/2014 Sources : EMA

 

Le 13 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a reçu le commandant suprême adjoint des forces alliées en Europe (DSACEUR), le général britannique Adrian Bradshaw.

 

Le DSACEUR est plus particulièrement chargé de recenser les capacités requises pour les opérations de l’Alliance et d’organiser la génération de force auprès des pays membres. Il est également le commandant stratégique des opérations de l’Union européenne menées dans le cadre de l’arrangement de « Berlin + », à savoir l’opération ALTHEA.

 

Parmi les sujets d’actualité opérationnelle, le CEMA et le DSACEUR ont fait le point sur la crise ukrainienne et son traitement au sein de l’Alliance.

 

Les deux autorités ont également abordé les engagements opérationnels de l’OTAN et de l’Union européenne (l’Afghanistan pour la première et la Bosnie pour la seconde), ainsi que les points relatifs à la préparation du sommet de l’Alliance à l’automne prochain. La complémentarité des actions conduites par l’OTAN et par l’UE a été soulignée.

 

Le général de Villiers est revenu sur les réformes actuellement conduites par nos armées et sur la mise en œuvre de la loi de programmation militaire (LPM).

 

Cet échange a confirmé la qualité des relations que les armées françaises entretiennent avec l’OTAN et le rôle majeur que la France tient au sein de l’Alliance.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 17:56
CEMA : audition sur la dissuasion à l’Assemblée nationale

 

16/05/2014 Sources : EMA

 

Le mardi 6 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) a été auditionné à l’Assemblée nationale devant la commission de la défense nationale et des forces armées sur la question de la dissuasion. Cette intervention venait après celles des chefs d’état-major de la marine, l’amiral Bernard Rogel, et de l’armée de l’Air, le général d’armée aérien Denis Mercier.

 

Le CEMA a tout d’abord rappelé ses responsabilités spécifiques en matière de dissuasion.

 

Soulignant l’évolution du contexte stratégique des cinquante dernières années, il a ensuite mis en avant l’aptitude de la France à adapter son outil de dissuasion en respectant toujours le principe de stricte suffisance.

 

Décrivant une capacité développée en pleine autonomie et fondée sur deux composantes, il a par ailleurs souligné que la dissuasion confère à la France un niveau d’excellence qui « nous positionne au « top niveau » sur la scène internationale ». Les savoir-faire militaire et industriel de la France, son niveau de technicité sont de fait internationalement reconnus.

 

Enfin, le général de Villiers a mis en évidence la complémentarité entre forces stratégiques et forces conventionnelles – « l’une ne va pas sans l’autre », en soulignant que les réformes actuellement mises en œuvre dans le cadre de la transformation des armées et du projet CAP 2020 visait à en préserver la modernité et la crédibilité : « la France doit, au XXIe siècle, conserver une dissuasion crédible. Il en va de notre liberté d’action, de notre rang stratégique, dans un monde de plus en plus instable au présent et incertain au futur ».

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 14:55
Baisse du budget : «Ce sera sans nous» avertissent les chefs d'état-majors

 

22 mai par Jean-Dominique Merchet - lopinion.fr

 

Dans une démarche rarissime, les quatre chefs d’états-majors (Armées, Terre, Air, Marine) font savoir qu'en cas de baisse des crédits militaires, ils pourraient déposer leurs képis et leurs casquettes.

 

Un témoin les a vus « calmes, raisonnés et sereins », mais « déterminés ». Les quatre chefs d’états-majors (Armées, Terre, Air, Marine) n’entendent pas avaler une nouvelle réduction du budget de la défense, réclamée par Bercy dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros. « Ce sera sans nous », ont assuré au moins deux des quatre hauts gradés, sachant que le troisième est sur le départ. Et le quatrième, « très grognon », pourrait lui aussi poser sa casquette… Les quatre hommes – les généraux Pierre de Villiers (chef d’état-major des armées), Denis Mercier (air), Bertrand Ract-Madoux (terre) et l’amiral Bernard Rogel – se sont vus le mardi 13 mai à 17 heures, lors d’une réunion du Comité des chefs d’état-major (Cocem) qui s’est tenu à l’îlot Saint-Germain à Paris. Selon un proche du dossier, une vingtaine d’autres officiers généraux – dont de nombreux quatre étoiles – ont fait part de la même détermination. Du jamais vu, même s’il y a un fossé entre une menace de démission et une démission effective.

 

Baisse du budget : «Ce sera sans nous» avertissent les chefs d'état-majors

 

Le président de la République, chef des Armées, en a été informé dès le lendemain, mercredi 14 mai. Depuis lors, le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet, peu familier de ces dossiers, s’est saisi du problème et consulte beaucoup. L’Elysée semble avoir compris que l’affaire était sérieuse – « ce n’est pas pour rire » confie une source – et qu’une parole présidentielle, la seule qui compte vraiment en la matière, était attendue par la communauté de défense.

 

Qu’on ne s’y trompe pas : même s’ils désapprouvent farouchement une nouvelle réduction des moyens et des ambitions militaires de la France, les chefs d’états-majors ne contestent pas au pouvoir politique élu le droit de prendre une telle décision. Tous ces officiers sont républicains et l’ont prouvé à maintes reprises. Ils jouissent de la confiance du gouvernement : Pierre de Villiers vient même d’être nommé chef d’état-major des armées, le 15 février. Le problème n’est pas là : ils estiment, à raison, qu’une nouvelle baisse des crédits remettrait en cause les arbitrages de l’an dernier, formalisés dans un Livre blanc, et la Loi de programmation militaire votée par le Parlement en décembre 2013, il y a moins de six mois.

 

Après avoir participé à l’élaboration de ces deux textes, les chefs d’états-majors considèrent s’être engagés personnellement auprès de leurs troupes et de leurs subordonnés pour les convaincre, non sans mal, d’accepter les nouvelles réductions de format et de budget. Depuis des mois, ils font la tournée des garnisons, pour porter la bonne parole dans un climat morose, assurant aux militaires que cette fois-ci, les promesses seraient tenues. « On a donné notre parole » expliquent-ils. Ils ne veulent pas se trahir, d’autant qu’ils savent que leur légitimité serait immanquablement mise en cause par la troupe.

 

Il ne s’agit pas non plus d’une fronde contre le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Bien au contraire. Les chefs militaires savent combien, en 2013, celui-ci s’est battu pour obtenir des arbitrages de l’Elysée favorables à la Défense contre les projets de Bercy et de Matignon. Dans le contexte politique et budgétaire d’alors, les décisions de l’an dernier sont « certes, les pires depuis de nombreuses années, mais dans le même temps, les moins mauvaises que l’on pouvait espérer » nous confie un général cinq étoiles. A la base, Jean-Yves Le Drian est un ministre populaire, qui passe bien dans la troupe, où l’on apprécie qu’il ait mouillé sa chemise pour tenter de régler le problème du paiement aléatoire des soldes.

 

Selon nos informations, Jean-Yves Le Drian n’aurait pas été mis dans la boucle des premières réunions entre Bercy et Matignon. Le ministère du Budget réclamerait une réduction des crédits de la défense d’au moins six milliards sur trois ans, certains évoquant même 9 milliards avec la suppression des recettes exceptionnelles. Un coup de rabot de 7 % environ sur un budget de plus de 31 milliards d’euros. Bercy reformule ainsi le « modèle Z », qu’il souhaitait imposer fin 2012 lors de la préparation du Livre blanc, avant que l’Elysée ne retoque cette idée en mars 2013, la jugeant incompatible avec les ambitions stratégiques de la France. Mais Bercy ne renonce jamais et s’emploie à obtenir le soutien de l’Hôtel Matignon, où Manuel Valls n’a pas de conseiller Défense à son cabinet.

 

Le Premier ministre est resté très flou, lors de son interview du 16 mai à Europe 1 : « La loi de programmation militaire reste totalement valable » mais « ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir ici ou là des ajustements », a-t-il avancé. «C’est un peu tout et son contraire » juge un proche du dossier. Le 17 mai, une réunion à l’Elysée entre François Hollande et Manuel Valls, n’aurait débouché sur aucun arbitrage.

 

Après la sortie, le 11 mai, du député UMP Xavier Bertrand, dénonçant une baisse des crédits militaires, puis les propos ambigus et peu rassurants du ministre des Finances Michel Sapin et ceux du chef du gouvernement, Jean-Yves Le Drian semble avoir été personnellement « affecté » voire « déstabilisé », selon des témoins. Très impliqué dans les dossiers internationaux, il serait reparti à l’offensive pour son budget, avec un goût amer dans la bouche. On se souvient du rôle important qu’il a joué dans la nomination de Manuel Valls à Matignon, ne serait-ce qu’en refusant le poste que lui proposait le chef de l’Etat, dont il est l’un des plus proches depuis plus de trente ans.

 

Dans le même temps, les grands patrons de l’armement (Airbus, Dassault, DCNS, MBDA, Nexter, Safran, Thales) ont mis en garde l’Elysée des conséquences « dramatiques » que de nouvelles coupes budgétaires auraient sur leurs activités et l’emploi, sachant avoir un allié important en Arnaud Montebourg. Les milieux parlementaires, notamment les deux présidents des commissions de la défense de l’Assemblée et du Sénat, Patricia Adam et Jean-Louis Carrère, sont montés au créneau. Tous ont expliqué à l’Elysée que l’on était « au bord de la rupture ». Un proche du dossier explique : « On veut être certain que le Président est bien informé de la gravité de la situation : dans le contexte politique actuel, est-il prêt à assumer la démission de ses chefs d’états-majors ? »

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 07:55
CEMA : rencontre avec les commandants de formation

 

07/05/2014 Sources : EMA  

 

Le 06 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a reçu une dizaine de chefs de corps et commandants d’unité des trois armées certains exerçant également la fonction de commandant de base de défense. Il s’agissait de la première rencontre de ce type.

 

Elle avait pour objectif à la fois de recueillir les observations et préoccupations des commandants de formation sur la vie quotidienne des armées et de les tenir informés des évolutions liées à la transformation en cours et au projet CAP 2020. Parmi les différents thèmes abordés, le CEMA est plus particulièrement revenu sur la question du maintien en condition opérationnel des équipements, rappelant qu’il s’agissait d’une priorité pour les cinq prochaines années. Le général de Villiers a également fait un point sur le soutien et la condition du personnel, en précisant qu’ils restaient au cœur du futur modèle d’armées.

 

Fort des échanges qu’il avait déjà eu l’occasion d’engager à ce sujet avec les grands commandeurs en mars dernier, le CEMA a rappelé la nécessité de simplifier les modes de fonctionnement au sein des armées, organisations et services, pour obtenir une organisation plus souple, plus affûtée, moins lourde dans l’exercice des missions quotidiennes. Enfin, conformément à la logique d’efficacité fondée sur le principe d’« un chef, une mission, des moyens », le général de Villiers a indiqué qu’il était essentiel de renforcer le commandant des bases de défense dans ses prérogatives.

 

Cette rencontre traduit la volonté du CEMA d’établir un contact direct avec ses subordonnés. Il a d’ailleurs conclu cet échange en rappelant aux commandants de formations qu’il compte bien agir avec eux pour conduire la transformation des armées.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 11:20
Visite officielle du CEMA aux Etats-Unis : cérémonie au cimetière national d’Arlington

 

29/04/2014 Sources : EMA

 

Le 23 avril 2014, dans l’Etat de Virginie aux Etats-Unis, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), s’est recueilli au cimetière d’Arlington aux côtés de son homologue, le général d’armée américain Martin Dempsey.

 

Situé en face de Washington DC, à côté du Pentagone au sud du fleuve Potomak, le cimetière national d’Arlington (Arlington National Cemetery) est un lieu de recueillement de la nation américaine.

 

Au cours d’une cérémonie hautement symbolique, le général de Villiers et le général Dempsey ont rendu hommage aux soldats américains morts en opérations, alors qu’ils affrontaient les défis auxquels sont confrontées nos démocraties, souvent aux côtés de leurs compagnons d’armes français.

 

Il s’agit d’une étape importante, à laquelle tenait tout particulièrement le général de Villiers à l’occasion du voyage officiel qu’il effectue aux Etats-Unis du 22 au 25 avril 2014

 

Ce voyage constitue le deuxième déplacement du CEMA aux Etats-Unis depuis sa prise de fonction, le 15 février dernier. Centré sur les opérations en cours et les crises auxquelles sont confrontés les deux pays, il lui permet de partager une appréciation de la situation sécuritaire et des planifications en cours avec son homologue, le général Dempsey, mais également avec les principaux responsables du conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison Blanche. Il lui donne enfin l’occasion de rencontrer les principaux commandeurs américains : US Strategic Command(USSTRATCOM) au Nebraska, US Central Command(USCENTCOM) et US Special Operations Command(USSOCOM) à Tampa en Floride.

Visite officielle du CEMA aux Etats-Unis : cérémonie au cimetière national d’ArlingtonVisite officielle du CEMA aux Etats-Unis : cérémonie au cimetière national d’Arlington
Visite officielle du CEMA aux Etats-Unis : cérémonie au cimetière national d’Arlington
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