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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:45
Barkhane : La 3e dimension, un rôle majeur dans l’opération Vignemale

Barkhane : La 3e dimension, un rôle majeur dans l’opération Vignemale

 

25/11/2015 Sources : EMA

 

Engagée pendant le mois de novembre 2015 dans le Nord de la Bande sahélo-saharienne (BSS) dans l’opération Vignemale, la force Barkhane a mobilisé l’ensemble de ses moyens pour cette opération majeure. Pour conduire des actions ciblées, la composante aéromobile a appuyé et soutenu plus de 1 000 soldats engagés au sol.

 

Combinée aux manœuvres terrestres, la composante aéromobile occupe une place incontournable dans la conduite des opérations, en conférant à la force la souplesse et les capacités d’élongation indispensables pour prendre l’ascendant sur l’adversaire et s’affranchir des distances. Répartis sur les bases de N’Djaména, Madama et Gao, Barkhane dispose ainsi de 17 hélicoptères de manœuvre, de reconnaissance et d’attaque.

 

Les hélicoptères de manœuvre permettent d’assurer le transport tactique de troupes et de matériels. Ils garantissent par ailleurs de pouvoir procéder à des évacuations sanitaires, 24 heures sur 24. Les hélicoptères de reconnaissance et d’attaque permettent quant à eux, de déceler et de neutraliser l’adversaire. 

 

L’opération Barkhane regroupe 3 500 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes pouvant agir dans la bande sahélo-saharienne.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:45
photo C-R. Veron - FFDj

photo C-R. Veron - FFDj

 

27/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Du 7 au 10 novembre 2015, le Service interarmées des munitions (SIMu) et l’équipe Neutralisation, enlèvement et destruction des engins explosifs (NEDEX) de Djibouti ont réalisé, avec le concours des unités des Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj), une campagne de désobusage des champs de tirs des complexes Koron et Maryam.

 

Dans le cadre du traité de coopération en matière de défense conclu entre la France et Djibouti, les FFDj peuvent déminer des zones polluées au profit de de la République de Djibouti.. Ainsi, près de 70 militaires du 5erégiment interarmes d’Outre-mer, de la base aérienne 188, de la base navale et du groupement de soutien ont dépollué les zones utilisées par les militaires pour leur entraînement. Ils ont été appuyés par des artificiers du SIMu venus de métropole et de Djibouti.

 

L’opération de désobusage a été réalisée en quatre étapes : les militaires ont d’abord procédé au ratissage et au balisage des déchets ou objets explosifs ; ensuite, les spécialistes artificiers et NEDEX ont assuré le déblayage et l’identification des différents éléments ; puis ils ont procédé au relevage et au déplacement des munitions et enfin à la destruction des munitions sur place ou par fourneaux.

 

Cette opération délicate a été réalisée sans incident par des équipes de spécialistes aguerries, bien équipées et détentrices d’un savoir-faire unique, prouvant une fois encore l’expertise des armées françaises dans ce domaine.

 

En conformité avec le traité de coopération de défense signé en 2011 avec la République de Djibouti, les FFDj constituent une base opérationnelle avancée en Afrique de l’Est. À ce titre, elles participent au dispositif militaire français prépositionné permettant de disposer d’un réservoir de forces pouvant être projetées rapidement en cas de crise. De plus, les forces françaises stationnées à Djibouti soutiennent l’armée Djiboutienne dans ses efforts pour renforcer ces capacités militaires en général, dont en particulier la capacité à participer aux opérations de maintien de la paix. Plusieurs fois par an, les FFDj contribuent ainsi à la formation de militaires africains dont les pays ont des accords bilatéraux avec la France.

photo C-R. Veron - FFDjphoto C-R. Veron - FFDj
photo C-R. Veron - FFDj

photo C-R. Veron - FFDj

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:45
photo EMA / Armée de l'Air

photo EMA / Armée de l'Air

 

27/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Malgré une zone d’action étendue sur cinq pays, la force Barkhane est en mesure de faire basculer ses efforts sur les différentes bases avancées en fonction des objectifs opérationnels. En effet, le Détachement de transit interarmées (DéTIA) basé à N’Djaména assure de façon permanente le soutien logistique aérien de l’opération Barkhane.

 

Articulé autour d’une vingtaine de femmes et hommes du 1er régiment du train parachutiste et de l’armée de l’Air, le DéTIA occupe un rôle clé dans la mise en œuvre des opérations de la force Barkhane. Sa mission consiste à soutenir la force en transportant le personnel et le matériel nécessaire au déroulement des opérations et des missions.

 

Le DéTIA assure la gestion des priorités de livraison par air entre les différentes emprises de la force mais également avec la France. Il met en œuvre la préparation et le conditionnement des palettes de matériels et de ravitaillement des unités.

 

Il assure aussi la formation du personnel militaire dans plusieurs domaines de spécialité, tels que la formation au posé d’assaut, l’instruction marquage au sol dans le cadre des livraisons larguées par air et le déconditionnement des colis.

 

Depuis le lancement de l’opération Barkhane, le DéTIA de N’Djaména a mis en place 1 400 vols, permettant le transport de 30 000 militaires et de plus de 6 000 tonnes de fret.

 

L’opération Barkhane regroupe 3 500 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes pouvant agir dans la bande sahélo-saharienne.

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photo EMA / Armée de l'Air

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

03/12/2015 Armée de Terre

 

Fête de famille fin novembre à Paris ; les militaires de l'arme du matériel se sont retrouvés pour célébrer leur jubilé de diamant, soit 75 ans d'existence !

 

L'arme des maintenanciers évolue dans un "milieu particulièrement favorable et privilégié pour assouvir à la fois son goût pour l'aventure, le bel ouvrage et l'acte technique". C'est en ces mots que le général de brigade Pascal Cavatore, commandant l’école du matériel, a évoqué les 75 ans de l'arme dont il est également le père.

 

 Célébrée à l'École militaire de Paris le 26 novembre 2015, la journée du souvenir du matériel était destinée à honorer la mémoire des maintenanciers morts pour la France ou décédés au cours de l'année. Ce moment privilégié de cohésion, de rayonnement et de mémoire était présidé par le général de division Patrick Hocquard, directeur du service de la maintenance industrielle terrestre (SIMTER), et par le général de division Daniel Gérard, président de l’association nationale du matériel de l’armée de Terre (ANAMAT).

 

 Découvrez également dans cette vidéo les différentes récompenses attribuées, ainsi que la remise de l'insigne à des blessés de guerre :

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

01/12/2015 armée de Terre

 

Le Saviez-vous ? Chaque année, les élèves de l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent (ENSOA) reçoivent un parrain de promotion.

 

Cette pratique vise à donner une identité et à susciter une cohésion chez les élèves sous-officiers par le biais d’une référence commune. Cette référence incarne l’exemple à suivre pour les futurs sous-officiers à travers des vertus essentielles à leur fonction : courage, honneur et sens du sacrifice. A travers cette vidéo, découvrez le nom du parrain de la 308e promotion de l'ENSOA au cours d'une cérémonie présidée par le général Bosser, chef d'état-major de l'armée de Terre.

 

Adjudant Yann HERTACH (13e RDP)
Âgé de 38 ans, l'adjudant Yann HERTACH s'était engagé comme sous-officier d'active à l'Ecole d'Application du Génie (Angers) en 1993. Durant ces 16 années, il avait d'abord servi au 6e régiment du génie (6e RG - Angers). Au cours de cette première affectation, il était intervenu à deux reprises en Ex-Yougoslavie (1995 et 1997) puis en Albanie en 1999.
Passionné par le métier des armes et plus particulièrement par la recherche aéroportée, il avait fait le choix de rejoindre le 13e régiment de dragons parachutistes à Dieuze à l'été 2001. Possédant un excellent esprit d'équipe et d'indéniables compétences techniques, il était très vite devenu un équipier de grande valeur.
Sous-officier au fort potentiel, il avait participé aux opérations les plus exigeantes dans lesquelles le 13e RDP avait été engagé.
Promu adjudant en janvier 2006, l'adjudant Yann HERTACH était titulaire de nombreuses décorations.
Père de deux petites filles, l'adjudant Yann HERTACH avait rejoint le détachement « Kapisa » en Afghanistan fin mai 2009.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:55
Immersion tir mortier - L'appui feu en action !

 

27/11/2015 Armée de Terre

 

Je pèse en moyenne 40 kilos et je peux parcourir plusieurs kilomètres. Pour assurer mon bon emploi, toute une équipe appelée « servants de pièce » est nécessaire. Je suis d'une robustesse extrême, léger et facilement projetable.

 

A travers cette vidéo tournée à l’occasion de l’exercice CERCES de la 27e BIM, découvrez mon parcours, de la bâche de stockage à la bouche des canons du 93e régiment d’artillerie de montagne.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:55
Le 268e numéro du magazine de l’armée de Terre est en ligne

 

03/12/2015 Armée de Terre

 

Il vous propose un panorama précis et complet de l’actualité récente de l’armée de terre et vous informe sur les activités majeures des régiments.

 

Au sommaire ce mois-ci, un saut en parachute au-dessus du Portugal, un point sur les nouveaux CCPM, un entraînement intensif avec le 2e REP et un dossier détachable sur la maintenance opérationnelle.

Retrouver également vos rubriques préférées (actualités, opex, entraînement, vie des unités, etc.) dédiées aux principales missions de l’armée de Terre.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:45
FFCI : Un nouveau chef à la tête du groupe tactique interarmes

 

01/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 25 novembre 2015, le colonel Girard, commandant le 1er régiment d’infanterie de Marine, a remplacé le colonel Putz, commandant le 2e régiment étranger d’infanterie, à la tête du Groupe tactique interarmes (GTIA) des Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI).

 

Le transfert d’autorité s’est fait au cours d’une cérémonie présidée par le colonel Michel Billard, commandant des FFCI. Le général Sekou Touré, adjoint opérationnel du chef d’état-major général des FFCI, le général de division L’Hôte, force commander de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire et l’attaché de défense étaient présents. La cérémonie a rassemblé l’ensemble des forces œuvrant sur le camp de Port-Boët, plaçant officiellement le GTIA-CI sous le commandement du colonel Girard. Elle a ainsi permis la passation des consignes entre les cellules montantes et descendantes des deux mandats.

 

Cette cérémonie a également été l’occasion pour le médecin en chef Padilla de prendre le commandement du centre médical interarmées de Côte d’Ivoire, à la suite du médecin en chef Bacquey.

 

Les FFCI, créées le 1erjanvier 2015, assurent la protection des ressortissants français et entretiennent la coopération militaire régionale, notamment bilatérale avec les Forces de la République de Côte d’Ivoire. Elles sont également en mesure d’appuyer les partenaires de la région, notamment l’ONUCI. En tant que base opérationnelle avancée, elles constituent le point d’appui principal de nos forces de présence sur la façade ouest-africaine, et sont un réservoir de force rapidement projetable en cas de crise dans la région.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:45
Tchad: 27 tués dans un triple attentat-suicide sur une île du lac Tchad

 

05 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

N'Djamena - Au moins 27 personnes ont été tuées et plus de 80 blessées samedi dans un triple attentat-suicide commis sur le marché de Loulou Fou, une île tchadienne du lac Tchad, a-t-on appris de source sécuritaire à N'Djamena.

 

Trois kamikazes se sont fait exploser dans trois endroits différents au marché hebdomadaire de Loulou Fou dans une île du lac Tchad, a indiqué à l'AFP sous couvert d'anonymat une source sécuritaire, ajoutant que ces explosions ont fait 30 morts, dont les trois kamikazes, parmi la population civile et plus de 80 blessés.

 

Cette région avait été placée le 9 novembre par le gouvernement tchadien sous le régime de l'état d'urgence, à la suite de précédents attentats-suicide perpétrés par les islamistes nigérians de Boko Haram, groupe qui a rallié l'organisation de l'Etat islamique (EI).

 

Depuis des mois, le groupe Boko Haram multiplie les attaques et les attentats-suicides sur les villages tchadiens du lac, situés à quelques kilomètres de la frontière avec le Nigeria.

 

L'attaque la plus meurtrière sur les rives tchadiennes du lac s'est produite le 10 octobre. Un triple attentat à l'explosif commis par des kamikazes à la sous-préfecture de Baga Sola s'était soldé par 41 morts et 48 blessés, selon le gouvernement tchadien.

 

Le lac Tchad est partagé entre Nigeria, Niger, Cameroun et Tchad. Même si sa superficie se réduit d'année en année en raison du réchauffement climatique, il abrite une multitude d'îles et îlots peuplés de pêcheurs, et ses abords sont rendus difficiles par une végétation dense, ce qui facilite les infiltrations des islamistes de Boko Haram en territoire tchadien pour y mener des attaques.

 

Depuis le début de l'année, l'armée tchadienne est engagée dans une opération militaire régionale contre Boko Haram dont les raids et attentats se sont étendus au-delà du nord-est du Nigeria, son fief historique, vers les pays limitrophes: Tchad, Niger et Cameroun.

 

Cette offensive a infligé de sérieux revers au groupe, mais les insurgés mènent toujours des attaques dans la région et se servent du lac comme lieu de repli.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
Mirage 2000N engagé dans l'opération Chammal armé de quatre GBU12 - photo EMA Armée de l'air

Mirage 2000N engagé dans l'opération Chammal armé de quatre GBU12 - photo EMA Armée de l'air

 

04.12.2015 par T.L. - JDD

 

Selon Le Monde, la France, qui a largement augmenté sa fréquence de frappes contre l'Etat islamique depuis les attentats de Paris, manque de munitions et a dû en commander en urgence.

 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle a permis à la France de démultiplier sa force de frappe en Syrie et en Irak. (Reuters)

L'intensification des frappes contre Daech pose un problème de taille à la France. Selon Le Monde, le ministère de la Défense a été contraint "de commander en urgence des munitions aux industriels américains qui les fabriquent – quelques centaines de bombes guidées GBU." Paris risque en effet de faire face rapidement à un déficit de munitions. Selon le quotidien, la France participe désormais à 20% des frappes totales de la coalition contre le groupe terroriste, contre 5% avant les attentats de Paris, les Etats-Unis assurant toujours la majeure partie des frappes.

60 bombes en 3 jours sur Raqqa

Au lendemain des attaques du 13 novembre, les Américains ont livré des objectifs précis à la France pour lui permettre d'intensifier ses frappes le plus rapidement possible. "Le porte-avions Charles-de-Gaulle a fait passer ponctuellement le nombre de chasseurs engagés de 12 à 38", rappelle par ailleurs Le Monde. La France a concentré ses frappes sur Raqqa, le fief de l'EI, depuis trois semaines. Une dizaine d'avions y ont largué environ 60 bombes les 15, 16 et 17 novembre.

Toujours selon Le Monde, "Rafale et Mirage 2000 ont largué 680 bombes depuis le début de l’opération 'Chammal' en septembre 2014". Elle auraient fait "un millier" de morts dans les rangs de l'Etat islamique. François Hollande s'est rendu vendredi sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. Accompagné du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, il a notamment rencontré des pilotes de chasse de retour de mission.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
L'Irak appelle la Turquie à retirer ses troupes de son territoire

 

05.12.2015 Romandie.com (ats)

 

L'Irak a appelé samedi la Turquie à retirer "immédiatement" ses troupes de son territoire après le déploiement de soldats turcs dans les environs de Mossoul (nord). Quelque 150 soldats turcs sont arrivés vendredi dans cette zone.

 

Le déploiement turc est considéré comme "une sérieuse violation de la souveraineté irakienne", indique le communiqué officiel diffusé par le Premier ministre irakien Haider al-Abadi. Selon l'agence de presse progouvernementale turque Anatolie, quelque 150 soldats turcs sont arrivés vendredi dans les environs de Mossoul, deuxième ville d'Irak occupée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), dans le cadre d'une mission d'entraînement des troupes kurdes irakiennes.

 

Ce contingent turc, soutenu par 20 à 25 chars, s'est déployé dans la région de Bashika, a ajouté Anatolie. Des soldats turcs sont présents depuis deux ans et demi dans le nord de l'Irak dans le cadre d'un accord de coopération destiné à l'entraînement des "peshmergas", les troupes de la région autonome du Kurdistan irakien.

 

"Nous avons la confirmation que la Turquie a envoyé en territoire irakien des troupes estimées à près d'un régiment blindé, accompagnées de chars et d'artillerie prétendument pour entraîner des groupes armés, et cela sans la demande ou l'aval des autorités fédérales irakiennes", a protesté le communiqué officiel irakien.

 

Le mouvement militaire opéré vendredi l'a été dans le cadre d'une rotation des effectifs affectés à cette mission, selon l'agence Anatolie.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 16:30
La Turquie dément tout renforcement de ses opérations militaires en Irak

 

05 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Ankara - Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a démenti samedi que le déploiement de soldats turcs dans les environs de la ville de Mossoul (nord) constituait le préalable à une opération militaire en Irak, après les critiques de Bagdad appelant Ankara à les retirer immédiatement.

 

Le camp de Bashika, à 30 km au nord de Mossoul, est un camp d'entraînement établi en soutien des volontaires qui combattent le terrorisme, a déclaré M. Davutoglu lors d'un discours télévisé.

 

Selon l'agence progouvernementale turque Anatolie, quelque 150 soldats turcs, soutenus par 20 à 25 chars, sont arrivés vendredi dans les environs de Mossoul, deuxième ville d'Irak occupée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), dans le cadre d'une mission de formation.

 

Des soldats turcs sont présents depuis deux ans et demi dans le nord de l'Irak dans le cadre d'un accord de coopération signé avec les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien.

 

Ce n'est pas un nouveau camp, a-t-il ajouté, en rappelant que ses troupes y avaient déjà formé plus de 2.000 Irakiens. Le chef du gouvernement a qualifié le nouveau déploiement de rotation normale et de renfort pour faire face à des risques de sécurité.

 

Toute autre interprétation de ce mouvement de troupes ne saurait être qu'une provocation, a-t-il insisté.

 

Nous avons déjà formé et nous allons continuer à former nos frères irakiens qui combattent Daech (l'acronyme arabe du de l'EI) à Bashika et ailleurs, a poursuivi M. Davutoglu, nous allons continuer à renforcer notre coopération avec la République irakienne dans tous les domaines.

 

Nous n'avons aucune prétention sur aucun territoire. Le combat de la Turquie vise les organisations terroristes, a-t-il conclu.

 

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a dénoncé samedi dans un communiqué une sérieuse violation de la souveraineté irakienne et appelé la Turquie à se retirer immédiatement du territoire irakien.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 13:55
photo Marine nationale

photo Marine nationale

 

02/12/2015 Sources : Marine nationale

 

Magistrats, juges d’instruction : vendredi 27 novembre 2015, ils étaient une cinquantaine à bord de la frégate Surcouf pour la clôture d’un séminaire international sur la lutte contre le trafic de stupéfiants en haute-mer.

 

Organisé à Toulon par la direction des affaires criminelles et des grâces (ministère de la justice) avec le soutien de la marine nationale, ce séminaire visait à partager des retours d’expériences afin d’améliorer la coopération entre administrations mais également entre pays riverains (Espagne, Italie).

 

Au terme de deux journées d’échanges, une démonstration des capacités d’action de la marine nationale a été proposée aux participants. Un bâtiment suspecté de se livrer à un trafic de produits illicites a fait l’objet d’interrogations par la frégate Surcouf qui a envoyé son équipe de visite investiguer celui-ci. Le responsable de la lutte contre les activités illicites, fournit en temps réel de précieuses explications à un public attentif, qui découvre par cette démonstration « l’envers du décor » : rassemblement des présumés trafiquants, vérification des documents de bord, investigation. À bord du Surcouf, des ateliers complètent cette immersion, permettant aux participants du colloque de mieux appréhender les conditions de fouille, d’enregistrement mais aussi de rétention des personnes. « Nous comprenons mieux les méthodes mais aussi les contraintes rencontrées en haute mer par les marins » explique une magistrate nouvellement affectée à la juridiction interrégionale spécialisée de Fort de France.

 

En zone Antilles, ce sont plus de 8 tonnes de drogues qui ont été interceptées depuis le début de l’année, par l’action conjointe des services des services français dans la zone et des frégates de la marine nationale.

photo Marine nationale

photo Marine nationale

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 12:55
Au premier plan, aperçu du nouveau radar mobile GM 403, installé sur l'EAR de Nice Mont-Agel

Au premier plan, aperçu du nouveau radar mobile GM 403, installé sur l'EAR de Nice Mont-Agel

 

01/12/2015 Sources : Armée de l'air

 

Lundi 30 novembre 2015, l’état-major de l’armée de l’air (EMAA) a prononcé la mise en service opérationnel du radar Ground Master (GM) 403 T (transportable) sur le site de l’élément air rattaché (EAR) de Nice. Il s’agit d’une première en France pour ce radar mobile de nouvelle génération. Le GM 406, autre radar de dernière génération, équipe également le site de Kourou depuis novembre 2014.

 

L’EAR de Nice accueille désormais le dernier né de la famille des radars transportables de défense aérienne à moyenne et basse altitudes. Développé par Thales Raytheon Systems, ce système mobile améliore significativement la couverture radar dans le sud-est de la France. «Le GM 403T assurera la surveillance de l’espace aérien d’une grande partie de la côte méditerranéenne. Radar de haute technologie, il est entièrement numérique et capable de positionner en trois dimensions les mobiles aériens, y compris ceux de faible surface équivalente radar (SER)», détaille le commandant Thierry, du bureau expertise organique – programmes de l’EMAA.

 

Le déploiement du radar GM 403T, en remplacement d’un système d’ancienne génération, s’inscrit dans le cadre du programme SCCOA (système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales). «Enjeu majeur pour l’armée de l’air, SCCOA permet d’améliorer et de renouveler les capacités de 60 types de systèmes. Dans le domaine de la détection, l’arrivée de cette nouvelle génération de radars Ground Master représente un saut capacitaire déterminant, que ce soit en termes de performances, de couverture radar à basse, moyenne et haute altitudes, de disponibilité ou de maintenance», explique le lieutenant-colonel Philippe, chef de la division «Espace et systèmes d’information opérationnels» à l’EMAA.

 

Le système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales (SCCOA)

 

Vue aérienne du radar GM406 de Kourou

Vue aérienne du radar GM406 de Kourou

 

Lancé le 25 janvier 1993, le SCCOA représente un maillon essentiel du dispositif opérationnel de l’armée de l’air et de la préparation au combat des forces. Du contrôle aérien à la défense sol-air, en passant par le commandement et la conduite (C2) des opérations aériennes et la surveillance spatiale, il est au cœur des missions de l’armée de l’air.

 

Les systèmes qui le composent sont installés sur des bases aériennes et des centres militaires fixes pour les missions menées 24h/24 sur le territoire national. Certains systèmes mobiles permettent de disposer des mêmes capacités sur les théâtres d’opérations extérieures.

 

Appelée 4.2, l’étape en cours du programme SCCOA prévoit notamment le remplacement des radars de basse et moyenne altitudes, la modernisation du système GRAVES (surveillance de l’espace), le renforcement de la capacité de commandement et de conduite, le renforcement de la sécurité informatique des systèmes et le déploiement de l’Air Control and Command System (ACCS) qui concrétisera la pleine intégration de la France dans les opérations aériennes de l’OTAN. « Le SCCOA est la pierre angulaire du volet «air» de la posture permanente de sûreté, au titre de laquelle l’armée de l’air assure la protection de nos concitoyens », souligne le lieutenant-colonel Philippe.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 12:35
photo EMA

photo EMA

 

02/12/2015 Sources : Ministère de la Défense

 

Du 23 octobre au 23 novembre 2015, les Forces armées en Nouvelle Calédonie (FANC) et les Forces armées en Polynésie française (FAPF) ont participé à la seconde édition de l’exercice néozélandais Southern Katipo. Les FANC ont projeté dans la région de Marlborough, au Nord de l’île du Sud, un officier et une section du Régiment d’infanterie de Marine de Polynésie Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC). Les FAPF ont déployé la frégate de surveillance Prairial.

 

Southern Katipo est un exercice multinational organisé tous les deux ans par la Nouvelle-Zélande (en alternance avec l’exercice Croix du Sud organisé par les FANC). Pour cette édition, l’exercice a mobilisé environ 2 500 hommes issues de huit nations* du Pacifique. Le scénario retenu était basé sur l’intervention d’une coalition dans un pays dont la situation sécuritaire s’était dégradée suite à des problèmes communautaires. Cet exercice est l’occasion de développer l’interopérabilité avec les différentes nations présentes.

Après une semaine d'instruction sur les équipements et matériels qui allaient être utilisés, la section du RIMaP-NC a été intégrée à une compagnie du 2nd/1st Royal New Zealand Infantry Regiment pour effectuer des missions de contrôle de zone. Elle a ensuite été rattachée à une compagnie composée de sections de différentes nationalités (Fidjiens, Tongiens et Papous) sous commandement néo-zélandais, pour réaliser l’assaut final contre un camp d’entraînement de miliciens.

 

photo EMA

photo EMA

Après avoir quitté le 15 octobre 2015 son port d’attache de Papeete, la frégate de surveillance Prairial est arrivée en Nouvelle-Zélande le 24 octobre. Le 3 novembre au matin, après deux escales dans l’île du Nord, le Prairial a repris la mer de concert avec le chasseur de mines HMSNZ Manawanui, en vue de débuter une mission de Force Protection du HMNZS Canterbury au sein du Amphibious Task Force (ATF). Les 17 et 18 novembre, le Prairial a participé au VIP day au sein de l’ATF. Le 23 novembre, il a repris sa route vers Papeete qu’il devrait rejoindre le 4 décembre 2015.

 

photo EMA

photo EMA

Lors du VIP day, le général de division Philippe Léonard, commandant supérieur des FANC et le colonel Christophe Ysewyn, chef de corps du RIMaP-NC se sont entretenus avec différentes autorités militaires néo-zélandaises, dont le Major General Tim Gall, commandant le Joint Forces New-Zealand HQ (équivalent du CPCO) et Madame Jeanblanc-Risler, ambassadrice de France en Nouvelle-Zélande.

 

Les FAPF et les FANC constituent un dispositif interarmées à dominante maritime prépositionné qui a pour principale mission d’assurer la souveraineté de la France sur le « théâtre Pacifique ». Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale souligne l’importance stratégique du dispositif des forces prépositionnées. Il permet à la France de pouvoir assurer sa souveraineté, y compris sur ses territoires éloignés, d’intervenir en cas de catastrophe naturelle mais également de lutter contre les menace grandissantes comme les trafics illégaux et d’animer la coopération militaire régionale avec l’ensemble des pays riverains de la zone pacifique.

*Australie, Canada, Etats-Unis, Fidji, France, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tonga

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:55
Une cérémonie a rendu hommage à l'ancienne pensionnaire de l'école des pupilles de l'air

Une cérémonie a rendu hommage à l'ancienne pensionnaire de l'école des pupilles de l'air

 

02/12/2015 Sources : Armée de l'air

 

Le 23 novembre 2015, le capitaine Marjorie Kocher aurait eu 30 ans.

 

Ce même jour, une cérémonie a été organisée afin de rendre hommage à cette ancienne élève de l’École des pupilles de l’air (EPA) de Grenoble (promotion 56 des classes de l’air), tombée au service de la Nation à Albacete, le 26 janvier 2015, aux côtés de huit autres frères d’armes.

 

Un hommage collectif a ainsi été rendu en présence des membres de la famille de la capitaine Kocher, ainsi que d’une délégation de l’escadron de chasse 1/3 «Navarre», unité au sein de laquelle la capitaine servait. Des camarades de promotion, ainsi que des cadres l’ayant côtoyée à l’EPA ou à l’École de l’air de Salon-de-Provence, assistaient également à la cérémonie.

 

Le colonel Jean-Xavier Chabane, commandant l’EPA, a prononcé un ordre du jour dans lequel il est revenu sur le parcours exemplaire de la capitaine, engageant les «pipins» (élèves de l’EPA) à suivre son modèle, celui d’une femme dont la détermination sans faille lui ont permis d’atteindre son rêve, celui de rejoindre l’armée de l’air et de voler.

 

Un internat de l'EPA porte désormais le nom de la capitaine Kocher

Un internat de l'EPA porte désormais le nom de la capitaine Kocher

 

Puis, au cours d’une cérémonie plus intime, le bâtiment de l’internat des filles a été baptisé «Internat capitaine Marjorie Kocher». Une plaque et des vitrines contenant des objets lui ayant appartenu ont été dévoilées dans son atrium. Des textes rédigés par des lycéennes de l’EPA lors d’un atelier d’écriture en hommage à Marjorie ont également été récités, renforçant l’émotion ayant rythmé cette journée.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:55
Médecin général Jean-Marc Debonne - photo DCSSA

Médecin général Jean-Marc Debonne - photo DCSSA

 

24.11.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées Compte rendu n° 20

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mes chers collègues, compte tenu des événements que nous venons de vivre, j’ai tenu à ce que notre commission entende le médecin général Jean-Marc Debonne. Nous savons en effet quelle a été la contribution du service de santé des armées au cours de ces heures tragiques et à quel point celle-ci a été importante. C’est aussi, pour l’ensemble des membres de la commission de la Défense, l’occasion d’exprimer notre gratitude envers les hommes et les femmes de ce service pour le courage et la disponibilité dont ils ont fait preuve dans des conditions très difficiles.

 

Je vous donne donc la parole afin que vous nous décriviez l’action qui a été celle des hôpitaux du SSA à Paris, mais aussi pour que vous établissiez un bilan de la situation des blessés aujourd’hui.

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées. Madame la présidente, Mesdames et messieurs les députés, je voudrais vous remercier très sincèrement de m’accueillir aujourd’hui au sein de votre commission, dans le contexte que nous connaissons. Vous le savez, le service de santé des armées (SSA) a une raison d’être, celle d’assurer le soutien opérationnel des forces armées, où qu’elles se trouvent. Il a aussi une vocation, qui se résume dans ce mot d’ordre inspiré du baron Percy : Pro Patria et Humanitate. Notre Patrie et notre Humanité, c’est bien ce que les attaques terroristes du 13 novembre dernier ont cherché à atteindre.

 

Vous avez souhaité que je vous présente la manière dont le service de santé des armées a fait face à ces attentats, et vous vous demandez s’ils auront un impact sur la transformation qu’il conduit. Je dois vous dire, en préambule, que je ne vous apporterai pas de réponse définitive sur ce dernier point : les réflexions en cours au sein du service, que je veux voir aboutir rapidement, ne sont pas encore stabilisées et n’ont donc pas été validées par le chef d’état-major des armées et le ministre de la Défense. Aujourd’hui, je souhaite donc plutôt partager avec vous mes réflexions sur ce que pourrait devenir sa contribution à la résilience de la Nation, au vu de l’évolution de la menace et des capacités dont il dispose.

 

J’articulerai mon propos autour de trois questions. Comment le service s’est-il mobilisé face aux attentats du 13 novembre ? De quelles aptitudes particulières cette mobilisation témoigne-t-elle ? Dans quelle mesure, enfin, le SSA pourrait-il demain contribuer à la résilience de la Nation, compte tenu des événements récents et des annonces relatives à l’évolution des effectifs de la défense ?

 

En premier lieu, je voudrais insister sur la forte mobilisation dont le service de santé des armées a fait preuve. Nombre de ses personnels se sont investis, instantanément, puis de manière continue durant près de trois jours. Je décrirai ici cinq aspects majeurs de l’engagement du service en cette dramatique circonstance.

 

Le premier aspect concerne la prise en charge des blessés physiques. Mis en alerte le vendredi dans les minutes qui ont suivi les premiers événements, les hôpitaux d’instruction des armées (HIA) Bégin et Percy de la plateforme hospitalière militaire d’Île-de-France ont déployé en moins de quatre-vingt-dix minutes leur capacité maximale de prise en charge simultanée de blessés, conformément au plan « Mascal », qui est la procédure d’afflux massifs de blessés éprouvée en opérations extérieures (OPEX). Dès minuit, les blessés sont arrivés par vagues successives de sept à huit ambulances, régulées efficacement pour limiter la saturation des capacités. Ces blessés ont bénéficié de stratégies de prise en charge largement utilisées en OPEX, mais non réservées à ce seul cadre.

 

Ainsi les blessés, qui avaient été préalablement catégorisés dès leur accueil hospitalier, ont pu bénéficier de techniques de damage control, mais aussi, lorsque cela était nécessaire, d’une transfusion de plasma lyophilisé (PLYO), qui est systématiquement utilisé en première intention en cas de traumatismes hémorragiques, dans tous les HIA comme en OPEX. Au total 52 blessés ont été pris en charge dans la nuit, dont dix-huit urgences absolues sur les 98 qui ont été dénombrées dans les hôpitaux franciliens. Cinquante interventions chirurgicales ont été réalisées en quarante-huit heures au profit de ces blessés, treize d’entre eux étant admis en réanimation.

 

En parallèle, ces hôpitaux ont contribué au réapprovisionnement de certaines ambulances de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et du service d’aide médicale urgente (SAMU) pour leur permettre de poursuivre leur mission. Ils se sont ensuite réorganisés, dès le lendemain après-midi, pour intégrer la prise en charge des blessés dans leurs activités habituelles, programmées et d’urgence.

 

Dans le même temps, le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) a mis en œuvre sa procédure de montée en puissance en cas d’urgence, ce qui a permis d’assurer sans faille le soutien transfusionnel des deux HIA. Dès sept heures trente le samedi, l’ensemble de son personnel militaire et civil a répondu présent pour accueillir 500 volontaires des communes environnantes, venus spontanément donner leur sang. Il s’est agi en effet d’identifier les 164 donneurs du groupe O, les plus immédiatement utiles comme vous le savez, puis de prélever les 132 personnes ne présentant pas de contre-indication. La préparation et la qualification des produits ainsi collectés ont pu démarrer immédiatement, le CTSA étant en capacité de qualifier les produits sanguins même le week-end. Les stocks du CTSA ont été reconstitués dès le dimanche soir : en cas de besoin, le centre était alors en mesure de proposer à l’Établissement français du sang (EFS) des poches de concentrés plaquettaires, qui sont des produits à très courte péremption.

 

L’établissement de ravitaillement sanitaire de Vitry-le-François a également été mobilisé en soutien des HIA, dont il a permis le fonctionnement continu ainsi que la régénération des moyens dans un délai extrêmement bref. Devant la forte consommation de produits anti-hémorragiques, il a constitué des stocks tampons pour pouvoir répondre aux éventuels besoins de nos structures chirurgicales actuellement déployées en OPEX. Anticipant la venue à Paris des renforts militaires de la force Sentinelle, l’établissement de ravitaillement a livré dès dimanche midi 2 000 garrots et 2 000 pansements compressifs pour en doter nos soldats. Il a également livré sans préavis des trousses de secours individuelles du combattant aux deux unités parachutistes arrivées à Paris en urgence, ainsi qu’à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

 

Le deuxième aspect de notre engagement a trait à la prise en charge des blessés psychiques, à la fois dans les HIA et au sein d’une cellule dédiée située à l’École militaire.

 

Dans les HIA, nos psychiatres et nos psychologues ont été présents dès l’arrivée de la première vague de victimes. Ils ont pris en charge à la fois les blessés conscients ne relevant pas de l’urgence vitale et les patients impliqués sans blessure physique, lesquels ont pu bénéficier d’échanges individuels dans un espace approprié, avec un souci permanent de traçabilité. Au cours de la nuit, les équipes ont progressivement été renforcées afin de prendre en charge les personnes venant retrouver un blessé, mais également pour soutenir les personnes profondément angoissées du fait de leur recherche infructueuse d’un proche dans tous les hôpitaux parisiens.

 

Passées ces premières heures de mobilisation immédiate, la cellule d’urgence médico-psychologique s’est réorganisée pour prendre en charge au plus tôt les blessés hospitalisés – dès que leur état clinique l’a permis – ainsi que leur entourage familial. En tout, plus de cent consultations ont été réalisées en moins de quarante-huit heures dans les deux HIA. Les assistantes de service social ont renforcé sous vingt-quatre heures ce dispositif de crise par la prise en compte globale des besoins des victimes et de leurs proches.

 

Dans le même temps, les équipes de soins ont fait l’objet d’une attention particulière. Des débriefings médico-psychologiques ont d’emblée été programmés ; ils ont ensuite été réalisés progressivement, pour permettre aux soignants d’aborder autrement l’expérience qu’ils ont traversée. Plusieurs de ces soignants diront que les scènes qu’ils ont dû vivre ici, à Paris, auprès de victimes civiles blessées par balle, ont parfois dépassé la charge émotionnelle qu’ils ont pu ressentir sur les théâtres d’opérations.

 

En parallèle et à la demande de la direction générale de la santé (DGS), une cellule d’aide médico-psychologique a été mise en place à l’École militaire pour armer un dispositif d’aide aux familles et aux impliqués. Des psychiatres et psychologues des hôpitaux Percy, Begin et Val-de-Grâce, ainsi que du service médico-psychologique des armées et du service de psychologie de la marine, ont apporté leurs compétences dans l’organisation du soutien psychologique aux familles et aux victimes. Ils ont mis en place une zone d’accueil et de priorisation des personnes en difficulté, comportant un premier niveau d’accompagnement médico-psychologique pouvant se prolonger dans des entretiens individuels. Cette organisation s’est révélée d’autant plus nécessaire que de nombreux professionnels civils, en particuliers psychologues, se sont présentés spontanément pour apporter leur aide, sans doute utile mais parfois dispersée. Nos personnels ont mené en tout plus de quatre-vingts entretiens individuels, sans compter les nombreuses autres rencontres informelles. À chaque fois, ils ont proposé un rendez-vous de suivi pour assurer la continuité de la prise en charge. C’est un principe fondamental que nous appliquons à chaque déploiement d’une cellule de soutien médico-psychologique.

 

Ainsi le service de santé des armées a été pleinement associé au soutien médico-psychologique qu’il a assumé sans discontinuer durant près de vingt-quatre heures, en étroite collaboration avec les personnels de santé civils, avant d’être relevé par d’autres équipes civiles mobilisées par le ministère de la Santé.

 

Le troisième aspect que je voudrais évoquer est l’accompagnement par le service de la montée en puissance de la force Sentinelle. Très rapidement, le personnel de tous les centres médicaux des armées de la région d’Île-de-France est passé en alerte et a organisé les appels et retours spontanés du personnel soignant. Dès le samedi matin, les antennes médicales concernées par l’arrivée de renforts militaires – à Vincennes, au Fort de l’Est, à Brétigny – ont anticipé le soutien médical du premier renfort de 1 000 soldats, et ont mis en place un accueil médico-psychologique spécifique aux armées. Deux équipes médicales ont soutenu au plus près les soldats de l’opération Sentinelle déployés sur le terrain, dont certains ont dû appliquer à des blessés le protocole de sauvetage au combat qui leur a été enseigné par le SSA. Enfin, l’HIA du Val-de-Grâce a organisé l’hébergement de 116 militaires de l’opération Sentinelle, en plus de ceux qu’il héberge déjà.

 

Le quatrième aspect de notre engagement est essentiel à rappeler. Durant tout ce temps, le SSA a continué de garantir la permanence du soutien des forces projetées en OPEX, où sept équipes chirurgicales sont actuellement déployées, deux d’entre elles provenant d’ailleurs des HIA d’Île-de-France. L’alerte MEDEVAC a été assurée, une évacuation médicale aérienne étant réalisée le jour même des attentats entre la Côte d’Ivoire et I’HIA Percy. L’approvisionnement de nos unités médicales opérationnelles déployées sur les théâtres d’opérations a été en permanence assuré durant cette période de forte tension sur le territoire national.

 

Enfin, le cinquième aspect de notre engagement que je tiens à rapporter ici est l’efficacité de notre chaîne de commandement. Une cellule de crise a été activée autour de l’état-major opérationnel santé dès le 13 novembre à vingt-deux heures trente. Elle a fonctionné en permanence durant le week-end, sous ma direction et celle de mes adjoints directs en charge des opérations et en charge des hôpitaux. Cette cellule a été associée à la montée en puissance des armées, qu’elle a renseignées sur les bilans et dispositifs médicaux en place. Elle a rapidement établi des liaisons avec les HIA, avec le directeur médical de Sentinelle et avec le coordonnateur national du service médico psychologique des armées ; elle s’est mise en relation avec les officiers de liaison du SSA présents dans la cellule interministérielle de crise et avec le Centre opérationnel de réponse et de régulation des urgences sanitaires et sociales (CORRUSS), qui relève comme vous le savez du ministère de la Santé. À ce titre, la qualité de l’interface entre le SSA et les autorités du ministère de la Santé mérite d’être particulièrement soulignée.

 

L’engagement du SSA se poursuit actuellement, car à ce jour dix-huit blessés sont encore hospitalisés dans nos HIA, et se poursuivra encore longtemps, car pour nombre de ces blessés s’ouvre un long chemin de soins et de réadaptation, de prise en charge psychologique mais aussi sociale, nécessitant de mobiliser des moyens coordonnés pour une approche globale de leurs besoins. C’est un domaine dans lequel l’expertise de nos HIA et de l’Institution nationale des Invalides (INI) sera grandement utile.

 

Mesdames et messieurs les députés, je voudrais devant vous saluer l’engagement, le dévouement et la compétence des personnels du SSA, qui ont certes fait preuve d’une exceptionnelle réactivité, mais aussi d’une efficacité difficilement égalable dans un tel contexte. Cette efficacité, ne l’oublions jamais, est le fruit d’une expérience, individuelle certes, mais avant tout collective, acquise sur les théâtres d’opérations, en soutien et au contact de nos forces armées.

 

Envisageons maintenant ces événements sous un autre angle : quelles sont les aptitudes particulières du SSA qui ont permis cette mobilisation immédiate de ses capacités ?

 

La réponse du service à cette crise met plus particulièrement en lumière cinq aptitudes dont la combinaison constitue un système opérationnel et cohérent.

 

La première de ces aptitudes est notre savoir-faire technique en matière de chirurgie de guerre. La prise en charge des victimes, potentiellement « sous le feu », leur catégorisation, leur mise en condition à l’avant, en prenant toujours en compte le facteur temps et l’impératif sécuritaire, est l’aboutissement d’une très longue expérience du service de santé des armées français, expérience fortement éprouvée ces dernières années, vous le savez, sur de nombreux théâtres d’opérations. Au-delà des procédures et du sang-froid qu’elle suppose, cette prise en charge est fondée sur des techniques médico-chirurgicales spécifiques et parfois novatrices.

 

Prenons l’exemple du damage control, que j’ai évoqué : ce concept, complémentaire de celui de sauvetage au combat, donne la priorité à la correction des désordres physiologiques, et non à la réparation chirurgicale complète immédiate. Son intérêt est de réduire le temps opératoire initial en ne réalisant que les gestes vitaux strictement nécessaires. Cette technique permet une prise en charge rapide de réanimation, centrée sur la maîtrise du choc hémorragique par le biais de l’emploi précoce des dérivés du sang et de médicaments favorisant la coagulation ; elle autorise ensuite une reprise chirurgicale éventuelle à vingt-quatre heures chez un blessé stabilisé, donc dans de meilleures conditions.

 

Autre exemple : les gestes chirurgicaux d’urgence. Ils sont enseignés dans le cadre du cours avancé de chirurgie en mission extérieure (CACHIRMEX) de l’École du Val-de-Grâce, qui donne à nos chirurgiens, de différentes spécialités, la maîtrise des gestes simples et salvateurs, assurant ainsi la survie des blessés tout en préservant leur pronostic fonctionnel.

 

Vous l’aurez compris, la notion de chirurgie de guerre dépasse largement le simple cadre de la blessure par balle. Elle est une stratégie globale visant à adapter l’acte chirurgical aux conditions dans lesquelles il s’exerce. La nature des soins prodigués dépendra ainsi, par exemple, des moyens et des délais d’évacuation, et du caractère éventuellement hostile voire agressif de l’environnement.

 

La deuxième aptitude sollicitée a bien été notre réactivité, permise par notre posture permanente de veille. Le SSA fonde en effet son action sur trois principes : la permanence de ses capacités, la réactivité de ses moyens, et la disponibilité de ses équipes. Cette culture spécifique du service lui permet de mobiliser, sur court préavis, des équipes constituées et entraînées, notamment au travers du dispositif santé de veille opérationnelle (DSVO), qui comporte plusieurs niveaux d’alerte et de montée en puissance.

 

Du fait de cette posture permanente, le service est particulièrement réactif. Mais si nous intervenons certes rapidement, et de manière organisée, notre action n’a cependant pas vocation à durer : une fois le relais pris par d’autres acteurs institutionnels, nous devons nous désengager au plus vite pour régénérer notre capacité de réaction. J’insiste sur ce point : nos capacités nous permettent d’être, notamment sur le territoire national, une sorte de starter, dont l’action immédiate laisse le temps aux autres entités de monter en puissance. Pour employer un vocable militaire, je dirais que nous sommes l’amorce de la réponse à la crise.

 

La troisième aptitude est certainement notre soutien logistique intégré. Dès le temps de paix, il appartient au SSA de constituer et d’entretenir des stocks préconditionnés afin qu’ils soient immédiatement transportables et utilisables sur le terrain. Cet objectif implique d’entretenir en permanence, et de renouveler régulièrement, un stock « plancher » constitué de tous les produits pharmaceutiques, équipements médico-chirugicaux et produits sanguins labiles nécessaires au soutien des forces en France et en opérations. Il implique également de disposer d’équipes prêtes à conditionner et distribuer ces produits à tout moment. Cela nous permet d’être autosuffisants en contexte opérationnel afin de ne pas freiner l’action médicale. Je tiens à insister également sur la capacité de régénération immédiate et continue des moyens utilisés, qui nous permet de rester en permanence réactifs.

 

La quatrième aptitude est, vous l’aurez compris, notre capacité d’organisation dans la conduite des opérations. À la chaîne organique du service se superpose en fait une chaîne fonctionnelle tournée vers l’opérationnel. Cette chaîne de commandement est en mesure d’assurer une couverture globale des risques. Le pivot de cette chaîne est l’état-major opérationnel Santé (EMO Santé). Intégré au pôle opérationnel de l’état-major des armées, à Balard, l’EMO Santé dirige en permanence l’échelon opératif du service placé en OPEX, outre-mer ou en métropole. Il coordonne la projection des équipes et des structures, leur ravitaillement, et surtout l’évacuation et le rapatriement des soldats malades ou blessés. Il permet de commander et de contrôler la manœuvre santé dans tout son spectre et de conserver ainsi une autonomie de décision. Ce savoir-faire permet d’activer simultanément et instantanément un ensemble de compétences pour répondre à une problématique donnée dans sa globalité. C’est ce que nous avons fait durant tout ce terrible week-end. C’est aussi ce que nous avions fait lors de la crise Ebola.

 

La dernière des cinq aptitudes spécifiques que je tenais à signaler concerne la doctrine d’emploi, qui est in fine la clé de voûte de toutes nos aptitudes. Cette doctrine régit l’ensemble de nos activités opérationnelles et se nourrit en retour de l’analyse permanente de nos expériences en opérations. La doctrine d’emploi est le fondement de notre auto-résilience, car elle garantit le recours à des moyens adaptés à la situation, par des équipes médicales correctement formées et présentes au bon endroit et au bon moment.

 

En résumé, le service de santé, au-delà de son expertise, se singularise par une capacité d’action permanente et réactive, adaptable à son environnement, structurée par sa chaîne de commandement et sa doctrine d’emploi, qui intègre un soutien logistique autonome. Tout cela, encore une fois, est rendu possible par les fortes valeurs d’engagement et de cohésion qui caractérisent les personnels de notre service.

 

J’en viens à la dernière question : dans quelle mesure le SSA pourrait-il demain contribuer à la résilience de la Nation, compte tenu des événements récents et des annonces relatives à l’évolution des effectifs de la défense ?

 

L’ampleur et la nature des attaques que nous avons subies, ainsi que, malheureusement, la probabilité qu’elles surviennent à nouveau, nous amènent aujourd’hui à envisager d’approfondir notre rôle dans la capacité de résilience de la Nation. Même si notre raison d’être est de soutenir les forces armées, et même si ce sont les forces armées qui ont fait ce que nous sommes, notre expertise doit pouvoir être mise à la disposition de la Nation pour la participation à la gestion des crises sanitaires. Il apparaît logique que le SSA puisse épauler plus largement les structures publiques de santé, et soit ainsi amené à considérer la gestion des crises sur le territoire national comme une dimension de son action, et non plus seulement comme une contribution optionnelle.

 

Faudra-t-il pour cela remettre en cause notre nouveau modèle, dit « SSA 2020 », que vous connaissez et que nous avons commencé à mettre en œuvre ? Certainement pas, car ce modèle a été conçu pour être évolutif et adaptatif et a, du reste, anticipé l’évolution de sa contribution à la résilience, conformément aux orientations du Livre blanc de 2013 sur la défense et la sécurité nationale.

 

Il me semble que ce qui est en jeu aujourd’hui, ce sont plutôt le niveau et les modalités de la participation du SSA. Il ne s’agit pas pour nous de suppléer, et encore moins de supplanter, les acteurs institutionnels de la réponse aux crises : nous devons absolument veiller à ce que nos capacités et nos organisations ne soient ni redondantes ni – surtout – concurrentes. Le point crucial est la complémentarité de nos missions et de nos identités respectives. Il s’agit donc bien de partager avec l’ensemble de la communauté de santé nos compétences et nos aptitudes. Loin de remettre en cause notre modèle, cela conforte et prolonge les principes de concentration et d’ouverture de notre projet, qui sont vous le savez les deux principes majeurs de la transformation actuelle du service.

 

Ainsi, pour reprendre les propos tenus par le chef d’état-major des armées devant la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat le 18 novembre dernier, je pense aussi qu’« il faut une valorisation, et pas une banalisation » de l’action du SSA.

 

Comment conduire cette valorisation ? Tout d’abord, en renforçant notre coopération en direction des acteurs de la santé dans des domaines particuliers que nous maîtrisons. Il pourra s’agir, bien évidemment, du risque nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC), pour lequel l’expertise du SSA est largement connue et reconnue. Mais il pourra également s’agir du sauvetage au combat, du damage control que j’ai évoqué, ou de l’extraction de blessés en milieu hostile. Par ce partage de ses compétences propres, le SSA contribuerait à une « montée en gamme » des compétences des autres acteurs de la santé face à la menace terroriste.

 

Ce partage est nécessaire, mais non suffisant. Il nous faudra sûrement aller bien au-delà et considérer l’impact de la préparation à la crise sanitaire sur notre organisation. Cet impact aura des conséquences différentes sur les cinq composantes qui constituent le service de santé des armées.

 

En effet, les trois composantes « d’appui » que sont le ravitaillement, la recherche et la formation participent déjà depuis longtemps et de manière indiscutable à la gestion des crises sanitaires. Leur réorganisation en cours le prend déjà en compte et confirme pour elles cette mission.

 

S’agissant de la composante hospitalière, les événements récents prouvent la pertinence de la transformation actuelle. Car c’est bien la densification des hôpitaux de plateforme qui leur a permis de participer efficacement à la prise en charge des victimes des attentats, et cette densification a été rendue possible par la différenciation des missions confiées à nos hôpitaux et portée par le modèle SSA 2020. Cependant, vous le savez, nos HIA ne sont implantés qu’en quelques points seulement du territoire national, ce qui, à l’évidence, limite la portée de leur contribution.

 

Le véritable enjeu, j’en suis personnellement convaincu, est la valorisation du rôle de la médecine des forces. En effet il faut rappeler que nos centres médicaux des armées et leurs 250 emprises sont présents quasiment sur tout le territoire national, en zone urbaine comme en zone rurale, en métropole comme outre-mer. Ce maillage territorial, associé aux cinq aptitudes que j’ai décrites tout à l’heure, constitue un moyen solide de réponse à la crise. Rappelons-nous surtout que la prise en charge d’un afflux massif de blessés se joue d’abord à l’avant, au moment de la relève des victimes, de la régulation des interventions, de la médicalisation des évacuations, et le cas échéant de la mise en œuvre de protocoles spécifiques de prise en charge, comme particulièrement en cas de risque NRBC. Or ce sont exactement les compétences-clés des personnels de la médecine des forces. Ce sont bien eux qui, sur l’ensemble du territoire, peuvent apporter le complément indispensable pour une meilleure prise en charge par notre système de santé national d’un nombre élevé de victimes.

 

Mesdames et messieurs les députés, face à des groupes armés qui utilisent sur notre sol des modes d’action d’une extrême agressivité, le service de santé des armées est prêt à mettre à la disposition de la Nation ses aptitudes uniques en termes de réactivité, d’organisation et d’expertise. Nos savoir-faire et nos savoir-être sont le fruit d’une longue expérience sur les théâtres d’opérations extérieures, expérience à la fois difficile à acquérir et difficile à entretenir.

 

Le contexte sécuritaire actuel ne remet pas en cause le modèle SSA 2020, et montre au contraire qu’il y a sans doute urgence à accélérer sa mise en œuvre. Cela nous permettrait, si cela nous était demandé, de renforcer la concentration et l’ouverture du service, afin d’apporter une contribution nouvelle en cas de crise sanitaire majeure.

 

Mais, vous le savez, les moyens des armées restent définis au plus juste, et cela vaut aussi pour le service de santé des armées. Si nous devions prendre une part plus importante à la résilience de la Nation, c’est bien cette adéquation entre nos moyens et nos missions qui serait un point majeur de préoccupation.

 

Quelles que soient les circonstances et les décisions qui seront prises, nous ne baisserons pas la garde. Vous pouvez compter sur mon engagement personnel et la totale loyauté des femmes et des hommes du service de santé des armées.

 

Je vous remercie de votre attention. Je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci, général, de nous avoir présenté votre action de ces derniers jours. Nous mesurons bien la complémentarité du SSA avec les structures de santé civiles, tout comme la valeur ajoutée qu’il est à même d’apporter. Il est important que cela soit mieux connu.

 

Mme Marie Récalde. Je tiens à vous faire part de mon admiration et de notre gratitude envers les hommes et les femmes du service de santé des armées, dont nous apprécions la réactivité et l’implication, fruit d’une très longue expérience.

Dans le cadre de l’état d’urgence, les hôpitaux parisiens ont été les plus mobilisés. Vous avez cependant fait référence au maillage territorial et à la complémentarité du SSA avec le service public de santé. Je souhaite donc vous interroger sur les hôpitaux d’instruction des armées de province, notamment sur certains projets en cours qui les concernent. Plusieurs structures coopèrent déjà dans des groupements de coopération sanitaire (GCS) de moyens. Où en est-on ? Au-delà, comment évoluera ce maillage territorial ? Je fais en particulier référence au projet BAHIA en Gironde qui, je l’espère, devrait aboutir dans les délais annoncés, et qui résulte d’une étroite collaboration entre l’hôpital d’instruction des armées Robert-Picqué et la Maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle. Je pense que ce projet a du sens au regard du modèle SSA 2020, surtout depuis les derniers événements.

 

M. Olivier Audibert Troin. Mon général, nous avions eu, avec ma collègue Émilienne Poumirol, l’honneur de travailler, à vos côtés et avec vos services, sur le suivi et le traitement de nos blessés. Dès les premières pages de notre rapport, nous avions tenu à rendre hommage au service de santé des armées, en affirmant qu’il s’agissait très vraisemblablement d’un des meilleurs systèmes de santé au monde, si ce n’est du meilleur. Je veux vous dire ce soir à quel point nous sommes fiers de ce que vous avez fait pour accompagner, non seulement nos militaires, ce qui est votre devoir, mais aussi la population civile.

J’ai repris le compte rendu de votre audition du 13 mai 2015, qui sonnait déjà comme un cri d’alarme. En effet, à cette occasion, vous nous aviez expliqué que votre niveau d’engagement allait au-delà du contrat opérationnel : 938 militaires rapatriés en France en 2013, 786 en 2014 ; 248 équipes médicales déployées en 2013, 228 en 2014, et une trentaine d’équipes chirurgicales – sans compter votre soutien à l’opération Sentinelle, qui est venu alourdir la charge.

Certes, le président de la République a annoncé un arrêt de la déflation des effectifs prévue à partir de 2017. Mais comment, dans la situation actuelle, allez-vous faire face à cette nouvelle surcharge de travail ? Allez-vous, au-delà de cet arrêt de la déflation, demander des renforts supplémentaires ? Se poserait alors le problème de la formation : on ne devient pas médecin ou infirmier du jour au lendemain.

Ce plan de charge est-il de nature à affaiblir le savoir-faire du service de santé des armées, qui est une référence dans le monde entier ?

Enfin, l’ensemble des OPEX déclenchées en 2013 et en 2014 a-t-il eu une incidence sur la tarification à l’activité (T2A) dans nos hôpitaux d’instruction des armées ?

 

M. Jean-Jacques Candelier. Mon général, vous transmettrez mes sincères félicitations aux militaires du SSA. Je vous parlerai d’armes chimiques et bactériologiques, puis du plan de lutte contre la variole.

Le 19 novembre, le Premier ministre a parlé du risque d’attentats avec des armes chimiques et bactériologiques. Le Gouvernement a autorisé en urgence la Pharmacie centrale des armées (PCA) à distribuer un antidote aux armes chimiques à des services d’urgence civils en France.

S’agissant du plan de lutte contre la variole, j’observe que les vaccins français, étant de première génération, peuvent entraîner des effets secondaires, et qu’ils ne peuvent être utilisés de façon préventive pour vacciner nos troupes. Nous savons par ailleurs que le virus de la variole peut servir d’arme bactériologique.

Quels moyens ont donc été mis à votre disposition pour soigner efficacement et préventivement nos troupes contre le risque d’attaques bioterroristes en général, et contre le risque d’utilisation de la variole comme arme bactériologique en particulier ?

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Ma question rejoint celle de M. Candelier. Un arrêté du 14 novembre dernier a en effet autorisé l’approvisionnement du SAMU en sulfate d’atropine par la Pharmacie centrale des armées. Ce produit est en effet le seul antidote aux gaz toxiques comme le sarin, et la PCA est la seule à en posséder. Est-il possible d’en fabriquer rapidement ? Est-ce la première fois qu’un approvisionnement militaire a lieu ?

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. La question de Mme Récalde porte sur la place des hôpitaux des armées, et en particulier sur celle des hôpitaux hors plateforme, dans le contexte que nous connaissons.

 

Nous compterons quatre hôpitaux de plateforme : deux en Île-de-France – puisque le Val-de-Grâce va bientôt fermer – et deux en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA). En Île-de-France, les hôpitaux Percy et Bégin ont pris en charge plus de 55 blessés – dont dix-huit en urgence absolue. C’est assez inhabituel, et il n’est pas imaginable, pour des raisons de taille, que nos huit hôpitaux militaires le fassent. Cela a été possible pour plusieurs raisons.

 

Premièrement, ces hôpitaux ont une très forte culture de l’opérationnel, et ce n’est pas par hasard qu’ils deviendront demain des hôpitaux de plafeforme. Percy à Clamart, Bégin à Saint-Mandé, Sainte-Anne à Toulon, Laveran à Marseille sont en effet rompus à la pratique de la chirurgie de guerre.

 

Deuxièmement, ces derniers mois, Bégin et Percy ont bénéficié du renfort des équipes du Val-de-Grâce. Je tiens à le dire ici : nous avons commencé à procéder à des transferts, de chirurgiens en particulier. Ainsi, durant ce terrible week-end, des personnels du Val-de-Grâce, affectés nouvellement à Percy et à Bégin, ont tenu leur rang, contribuant à l’efficacité remarquable de ces deux hôpitaux.

 

L’évolution ne sera pas la même pour les quatre hôpitaux hors plateforme : Brest, Metz, Bordeaux et Lyon. Ces hôpitaux détiennent des compétences individuelles de même nature que les hôpitaux de plateforme, mais ils ne disposent pas du même panel global de ressources. Ils ne peuvent donc pas prétendre prendre en charge les blessés comme l’ont fait Percy et Bégin. Ils ne le pouvaient pas hier, ils ne le peuvent pas aujourd’hui, et ils n’ont pas vocation à le faire demain. En revanche, je suis personnellement convaincu qu’en y maintenant des personnels tels que des chirurgiens, des réanimateurs, des infirmiers anesthésistes, des infirmiers de bloc opératoire, des urgentistes et des psychiatres, nous pourrons contribuer, dans le cadre des partenariats que vont développer ces établissements, à l’amélioration de leur efficacité en cas de crise sanitaire. Cela me semble important, dans un contexte comme celui que nous avons vécu et que peut-être, malheureusement, demain, des villes de province auront à connaître.

 

Cette contribution ne sera pas celle d’un hôpital dans sa globalité, telle que Percy et Bégin l’ont apportée, mais celle d’équipes militaires, rompues aux opérations extérieures, insérées dans des équipes d’établissements partenaires. Ces hôpitaux joueront donc également un rôle important, le cas échéant, mais différent de celui qu’ont pu jouer Percy et Bégin.

 

Devons-nous modifier la réforme hospitalière en cours ? Selon moi, non. Mieux vaut continuer à densifier les quatre hôpitaux de plateforme, et développer les partenariats entre les quatre HIA hors plateforme et leurs partenaires. Le projet bordelais avec Bagatelle est toujours le projet prioritaire sur lequel travaille actuellement le ministère de la Défense – et pas seulement le SSA. Mais il ne faut pas oublier les projets menés à Brest avec le centre hospitalier universitaire (CHU), à Metz avec le centre hospitalier régional (CHR) et à Lyon avec les Hospices civils. Selon moi, le partenariat est une condition nécessaire au maintien et à la pérennité des hôpitaux militaires hors plateforme.

 

Je me réjouis de l’appui apporté par les autorités de santé, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) et les agences régionales de santé (ARS) à la construction de ces partenariats, ce qui n’est pas chose simple. Je crois que les événements dramatiques que nous avons vécus ont contribué à sensibiliser, s’il en était besoin, nos autorités de santé à l’intérêt de tels partenariats.

 

Enfin, le projet BAHIA à Bordeaux a encore plus de pertinence dans le contexte actuel. Nous maintiendrons des compétences chirurgicales projetables dans les établissements concernés, qui pourront, le cas échéant, participer à la gestion d’une crise sanitaire, quelle qu’en soit d’ailleurs la nature – attentats ou autres types d’agression.

 

Monsieur Audibert Troin, je vous remercie pour ce que vous avez apporté au SSA par votre rapport d’information sur la prise en charge des blessés. Au-delà de ce que vous avez pu écrire aimablement sur nous, nous avons beaucoup appris. Nous avons pris en compte vos remarques, notamment sur la continuité de la prise en charge des blessés ; en effet, en ce domaine aussi, il y avait beaucoup à faire. Enfin, grâce à ce rapport, nous savons que le service doit améliorer sa connaissance de l’ensemble des blessés des armées, à la fois à l’instant T et dans la continuité. Nous sommes en train de nous organiser à cette fin.

 

Lors de mon audition au mois de mai dernier, vous aviez bien perçu mon inquiétude devant un SSA qui arrivait au bout de son modèle et qui, compte tenu du contexte, était mis sous très forte tension. Bien sûr, depuis le mois de mai, la situation ne s’est pas améliorée. À l’extérieur, elle reste à peu près au même niveau, avec des fluctuations, mais à l’intérieur, elle se dégrade.

 

Quelle conséquence cela peut-il avoir sur le SSA ? Il se trouve que le service a fait récemment des choix très douloureux qui ont abouti, notamment, à la fermeture d’un hôpital, qui interviendra dans les mois qui viennent. Nous avons décidé en effet de nous concentrer sur les domaines d’expertise du service qui répondent aux besoins actuels des armées. Nous avons accepté de renoncer à certaines activités, qui ne sont plus conformes à ces besoins. Cela nous permet de dégager des ressources et de les réorienter vers les besoins des armées, actuels et à venir.

 

D’une certaine façon, nous avions anticipé ce qui allait arriver. Nous ne pensions pas que cela arriverait de cette façon-là, ni même aussi rapidement. Voilà pourquoi nous pouvons nous inquiéter du temps que nous aurons pour mettre en œuvre ce nouveau modèle de service. C’est ce que j’ai voulu dire dans mon propos liminaire : il faut accélérer le mouvement.

 

Monsieur le député, vous avez raison quand vous évoquez le temps de formation nécessaire – sans oublier que formation ne signifie pas compétence : la compétence, c’est l’expérience acquise, qui ne se décrète pas au bout de quelques années seulement.

 

Vous l’avez dit, les armées ont obtenu une atténuation de leur effort. Nous avons compris que cela devait d’abord bénéficier à l’opérationnel, au renseignement, à certaines fonctions vitales dans le contexte actuel. Mais le SSA est aussi une fonction vitale : nous avons à soutenir des forces, des effectifs militaires qui ne vont pas diminuer, et qui vont même se renforcer s’agissant de la force opérationnelle terrestre (FOT). Voilà pourquoi nous allons demander, et c’est une demande nouvelle par rapport à ce qui avait été prévu en 2013, le renforcement du soutien santé.

 

Par ailleurs, nous sommes confrontés à d’importantes problématiques en matière de protection et de sécurisation de nos emprises. C’est un besoin à prendre en compte. Nous allons donc également demander – la réflexion est en cours et vous comprendrez qu’aujourd’hui je ne puisse pas donner de chiffres exacts – que le SSA bénéficie d’un certain degré d’atténuation de son effort.

 

Enfin, je voudrais aller au-delà des besoins nouveaux que je viens d’évoquer, concernant la montée en puissance de la médecine des forces. En effet, cette composante est en première ligne au contact des forces armées. Elle est en difficulté et doit impérativement, et en urgence, être renforcée.

 

Ce sera le sens de notre stratégie auprès de l’état-major des armées et du ministère, en sachant que la question de la résilience que nous abordons ce soir peut avoir une incidence sur l’évolution des ressources du service de santé des armées. Si nous devions contribuer de manière significative à l’effort de résilience de la Nation dans un certain type de crise dans lequel nous sommes véritablement une valeur ajoutée, il faudrait le prendre en compte d’abord dans l’effectif de la médecine de premier recours. En effet, comme je l’ai dit, c’est la médecine de premier recours qui est la plus largement présente sur le territoire national.

 

Nous avons actuellement des contacts très étroits avec les ARS. Leurs directeurs étant responsables de la gestion des crises sanitaires dans leur région, ils prennent en compte les ressources du SSA. Ils nous interrogent sur ce que pourrait être notre contribution en cas de crise. Qu’allons-nous leur répondre ? Il est certain que nous ne pouvons pas détourner nos ressources du besoin opérationnel. Jamais nous n’avons mis en cause ni diminué notre soutien aux forces armées, sur le territoire comme en opérations extérieures. Et l’on comprend bien que ce que l’on peut faire de manière brusque, en quelques jours, ne saurait perdurer. Il y a donc vraiment, de mon point de vue, une décision importante à prendre de la part des armées.

 

Le service de santé des armées sait quelle est sa raison d’être : le soutien aux forces armées. On peut nous demander demain de contribuer à la résilience de la Nation de différentes façons – par la formation, la recherche, le ravitaillement. Mais nous pouvons aussi y contribuer de manière opérationnelle, comme nous l’avons fait le 13 novembre. Ce pourrait être le rôle de la médecine des forces, qui interviendrait en collaboration étroite avec les structures civiles.

 

Vous le savez, un des axes majeurs de notre projet est de faire en sorte que nos praticiens et nos infirmiers présents dans les forces, ainsi que nos auxiliaires sanitaires, soient fortement associés à la pratique de l’urgence pré-hospitalière et hospitalière. Avec les compétences détenues par ces personnels dans les domaines de crise particulière, comme les risques NRBC, nous pensons que le service peut apporter une plus-value à l’indiscutable capacité de réaction des structures civiles.

 

Mais vous comprendrez qu’au-delà des besoins que nous exprimons aujourd’hui, la montée en puissance de la force opérationnelle terrestre, les nouveaux besoins de protection et de sécurité, qui doivent être pris en compte et qui, je n’en doute pas, seront pris en compte par l’état-major des armées, la question de notre contribution à la résilience pourrait avoir également un impact sur l’évolution de la médecine des forces et de ses effectifs.

 

Nous ne demandons rien de plus. Nous poursuivons notre plan de restructuration et la contraction de notre modèle hospitalier. Mais nous ne pouvons pas faire cela tout seuls. Nous avons donc sollicité l’état-major des armées, pour bénéficier nous aussi d’une atténuation de nos déflations d’effectifs.

 

Aujourd’hui, et pour répondre concrètement à votre question, le service de santé des armées « assure ». Mais nous nous soucions de ce qui se passera demain. Je pense donc que le renfort que nous demandons – les personnels qui sont présents actuellement, sur les postes que nous n’aurions plus à supprimer – nous permettrait de continuer et de préparer la régénération. Il n’est pas trop tard, bien au contraire. Mais il est temps de faire quelque chose, et de le faire maintenant.

 

Les nombreuses opérations extérieures ont-elles eu une incidence sur la performance des hôpitaux militaires soumis à la tarification à l’activité ? Je répondrai que les coûts engagés par nos hôpitaux sont justifiés, et que le déséquilibre que ces hôpitaux pourront afficher est parfaitement légitime au regard de leur engagement, comme ce fut le cas pour la crise Ebola. À ce propos, je tiens à rappeler que le ministère des Affaires étrangères a contribué au financement et aux pertes de recettes générées par la prise en charge de malades Ebola. Nous ne demandons d’ailleurs que cela.

 

Vous m’avez également interrogé sur les risques NRBC, et plus particulièrement sur les risques biologiques et chimiques. C’est un sujet très vaste.

 

D’abord, le plan national de lutte contre la variole prévoit différents cercles concentriques de protection. Le SSA s’inscrit dans le plan national, mais il le décline selon les besoins spécifiques de nos armées. C’est pourquoi nous ne ferons pas monter en puissance de la même façon la prévention pour nos soldats. En pratique, dès que la menace sera avérée, nous vaccinerons systématiquement avec le vaccin de troisième génération nos soldats potentiellement exposés.

 

L’atropine est un produit très utilisé par tous les acteurs de santé, mais un conditionnement particulier est nécessaire pour faire face à l’hypothèse d’une agression par un toxique chimique. À Orléans, la PCA produit et conditionne de façon adaptée l’atropine. Cette dernière n’est pas disponible ailleurs sous cette formulation sur le territoire national. Elle l’est, me semble-t-il, en Allemagne, mais pas de façon facilement accessible pour notre service public de santé.

 

Ce produit n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Nous sommes autorisés à utiliser des produits non titulaires d’une AMM dans le strict cadre d’un usage au bénéfice des armées. Alors qu’une AMM est en cours et sera obtenue dans les semaines qui viennent, le ministère a donc eu recours à une procédure particulière pour pouvoir délivrer, au profit des unités civiles de santé, de l’atropine dans le format adapté.

 

En résumé : oui, nous sommes les seuls à produire de l’atropine dans le conditionnement utile ; oui, nous le mettons à disposition. Mais, pour cela, nous devons faire jouer l’article L. 3131-1 du code de la santé publique, qui permet au ministre de la Santé à la fois de faire délivrer ce produit par la PCA et de l’utiliser, le cas échéant, alors qu’il n’est pas titulaire d’une AMM.

 

Enfin, le SSA a effectivement développé, pour le besoin des armées, des expertises, des compétences et des capacités pour prévenir les risques biologiques et chimiques.

 

S’agissant du risque biologique, nous avons des compétences particulières, avant tout dans le domaine de la veille sanitaire. Un risque biologique pouvant être insidieux, il faut disposer d’un système d’alerte permanent.

 

Nous avons des capacités de diagnostic qui vont du test rapide au laboratoire de haute sécurité – tel que celui mis en œuvre à Conakry. Nous avons des procédures de prise en charge en contexte dégradé de malades hautement contagieux. Nous les avons mises en œuvre en Guinée à l’occasion d’Ebola. Qui peut prendre en charge Ebola peut prendre en charge les malades les plus contagieux, à la réserve près qu’il n’y avait pas, pour Ebola, de transmission aérienne – laquelle constitue une véritable préoccupation.

 

Nous avons par ailleurs travaillé sur les évacuations médicales de ces patients. Le cas échéant, en effet, on nous demande de rapatrier un soldat qui serait contaminé. Cela nous a amené à faire d’importants efforts, avec l’armée de l’air, sur les conditions d’évacuation.

 

Nous pouvons enfin prendre en charge des malades hautement contagieux dans nos structures, mais en capacité adaptée aux besoins des armées. Il se trouve que ces capacités ont été suffisantes sur le territoire national, et ont donc été sollicitées.

 

Je tiens à dire maintenant, puisque vous vous inquiétez de notre relation avec l’organisation de la santé publique, que le 2 décembre, à l’École du Val-de-Grâce, aura lieu un retour d’expérience (RETEX) sur la prise en compte, par le système de santé national, de la crise Ebola. Il sera organisé sous l’égide de nos deux ministères et sous la conduite de la DGOS, de la DGS et du SSA. La DGOS et la DGS nous ont en effet demandé de participer à son organisation. J’en suis personnellement extrêmement fier, car cela constitue une vraie reconnaissance du service de santé des armées.

 

Nous avions pris en compte nous-mêmes les deux malades, mais nous avons contribué, avec les autorités de santé, à ce RETEX qui a été effectué de manière remarquable – j’ai pu en avoir connaissance – sur l’ensemble du territoire national. Et nous nous trouvons aujourd’hui associés à son appropriation collective.

 

Je pense que cela va dans le sens du rapprochement que nous avons souhaité, qu’il s’agisse d’organiser ou de regarder ce que nous avons fait ensemble. C’est à cette seule condition que, demain, si nous devions modifier notre action dans la résilience, nous pourrions être efficaces : en préparant en amont, et en faisant ensuite ensemble le retour d’expérience. Sinon, notre action ne pourrait être que supplétive, et très limitée en efficacité. C’est d’ailleurs un des principes du modèle « SSA 2020 » : pour être plus efficaces en cas de crise, il faut se préparer en amont.

 

En conclusion, j’ai voulu montrer, à propos du risque B, que le service contrôle – actuellement au profit des armées – l’ensemble de la problématique. Je ne pourrais pas donner ici la liste des agents qui sont effectivement concernés, et vous comprendrez pourquoi. Certains sont bien connus. Vous avez cité la variole. Mais il y en a d’autres, vous le savez.

 

M. Joaquim Pueyo. Monsieur le médecin général, j’allais vous poser les mêmes questions que mes collègues sur les risques d’attaque biologique ou chimique. Vous y avez répondu, s’agissant notamment du rôle des services de santé dans le domaine de la formation et de l’expertise.

Lors des récents attentats, l’identification des victimes a souvent pris du temps, ce que l’on comprend bien entendu compte tenu des circonstances. Il reste que pour certaines familles de victimes, à ce jour il n’y a guère d’information sur les circonstances et le moment du décès de leur proche. C’est très dur pour eux.

Je sais que, sur le coup, l’essentiel est de tenter de sauver des victimes, et que leur identification n’est pas la priorité. Mais il en va différemment dans les jours qui suivent. N’y aurait-il pas une réflexion à mener avec les hôpitaux militaires et civils sur les informations que l’on doit aux familles des victimes de ce qui s’apparente à un acte de guerre ?

 

M. Alain Marty. Un collègue de travail de ma fille a quitté le Bataclan avec une blessure assez importante au niveau du visage. Il semblait conscient, et il a été pris en charge par le service de secours. Mais il est décédé, sans que l’on sache quand ni pourquoi. Il est enterré aujourd’hui à Dôle, et ses proches ont du mal à faire le deuil. Cela se passait dans un hôpital de l’assistance publique, mais ma remarque rejoint celle de mon collègue : pour les familles, il est important de savoir ce qui s’est passé.

 

M. Michel Voisin. Monsieur le médecin général, je vous ai écouté avec beaucoup d’attention, et je voudrais vous exprimer moi aussi toute ma reconnaissance. Cela étant, vous nous avez dit que les hôpitaux susceptibles d’intervenir lors d’épisodes équivalents à ceux que l’on vient de connaître étaient concentrés dans la région parisienne et en région PACA. Les gens de la région lyonnaise, de Bordeaux, de Brest ou d’ailleurs peuvent se sentir laissés pour compte…

Je suis de la région lyonnaise, où nous avons l’honneur d’accueillir l’école de santé des armées de Bron, ainsi que le régiment médical de La Valbonne. Et comme vous nous avez parlé de la coopération entre l’hôpital civil et le SSA, je vous soumets le cas suivant : j’ai reçu dans ma permanence une jeune fille qui faisait sa médecine à Lyon, et qui s’est vu refuser un stage à l’hôpital Desgenettes, sous le prétexte que c’est un hôpital militaire. Il serait temps de mettre en place une coopération un peu plus poussée ! J’avais déjà fait savoir que je déplorais cette situation, mais je n’ai malheureusement jamais eu de réponse.

Encore une fois, monsieur le médecin général, la France « profonde » peut se demander ce qui se passerait si les mêmes événements se produisaient ailleurs, par exemple chez moi à Bourg-en-Bresse, où l’on n’a malheureusement pas les mêmes possibilités d’accueil qu’en région parisienne.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Mon général, je m’associe naturellement à ces témoignages de reconnaissance, qui sont justifiés.

J’observe que nous connaissons dans notre pays un manque de médecins. Le même phénomène se vérifie-t-il dans les services des armées ? Par ailleurs, le SSA est très sollicité à l’heure actuelle, notamment sur des théâtres d’opérations extérieures. Ne risquez-vous pas d’être confronté à une rupture de moyens humains ? Voyez-vous l’avenir sereinement ? Y a-t-il des dispositions à prendre ?

 

Mme Édith Gueugneau. Comme mes collègues, je veux absolument vous témoigner ma reconnaissance, et saluer le très grand professionnalisme et la très grande réactivité du SSA.

Ma première question concerne le projet de réforme du service, qui passe notamment par une ouverture vers les services de la santé publique. Cette ouverture n’est-elle pas l’occasion de mutualiser et de gagner en efficacité en matière de recherche médicale ? Si oui, de quelle façon ?

Par ailleurs, je siège au sein de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. J’aimerais savoir quels moyens de formation vous comptez mettre en œuvre pour attirer du personnel médical féminin, qui pourrait être rebuté.

Enfin, dans le contexte actuel, marqué par des événements dramatiques, nos armées sont très sollicitées. Comment s’organise le suivi et l’aide psychologique pour accompagner nos hommes et nos femmes ?

 

M. Guy Chambefort. Mon général, je m’associe à ce qu’a dit Edith Gueugneau. Je voudrais vous poser une question, à laquelle vous avez déjà un peu répondu. Va-t-on remettre en cause la décision de fermeture de l’hôpital du Val-de-Grâce ? Je pense qu’elle est irréversible. Mais, au vu des événements, est-ce une bonne décision ?

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Même si vous ne m’avez pas sollicité à ce propos, je voudrais au moins témoigner de notre tristesse, que nous partageons avec les familles des victimes, en particulier de celles qui sont décédées.

 

Nous sommes régulièrement confrontés à la question que vous avez soulevée vis-à-vis des familles des victimes de guerre. Il est en effet extrêmement difficile de reconstituer complètement une histoire, depuis la prise en charge jusqu’au rapatriement. Ici, tout s’est passé dans un espace clos, en plein Paris, et c’est peut-être un peu moins compliqué que lorsque cela se passe en Afghanistan ou au Mali. Néanmoins, nous devons le faire. Nous ne pouvons pas laisser de zone d’ombre, et j’y suis extrêmement attentif.

 

Ce que le SSA peut faire de très important, c’est d’expliquer ce qui s’est passé. J’ai confié cette mission au médecin-chef Clerc qui est à côté de moi. Il faut aller jusqu’au bout de ce qui est possible en matière de retour d’expérience – ce que l’on peut appeler, dans un hôpital civil, une revue de morbidité ou de mortalité.

 

Il est très difficile de comprendre ce qui s’est passé, et encore plus de le faire immédiatement. Après, le risque est que tout s’éparpille et que certains aspects très importants ne puissent être vérifiés, du fait de l’intervention de très nombreux acteurs. En outre, cela ne dépend pas du seul SSA, puisqu’il faut remonter toute la chaîne, depuis les lieux du drame jusqu’à l’hôpital. Cela étant, s’agissant des deux cas qui ont été évoqués, le SSA est totalement ouvert à la compréhension globale de ce qui a pu se passer. Même si nous n’avons pas tous les éléments d’information, nous mettrons à disposition ceux que nous avons.

 

La réponse que l’on peut faire à une famille sur ce qu’il s’est passé et sur les raisons d’une issue fatale dépend de nombreux éléments – qui se sont produits, dans la majorité des cas, avant l’arrivée à l’hôpital. Reste qu’il est très important de comprendre et d’informer les familles. Il n’est pas toujours possible de tout comprendre, mais il faut au moins savoir, quand il y a eu blessure, pourquoi l’évolution a été défavorable. Une telle question mérite toute notre attention.

 

Nous le faisons pour les blessés décédés en opérations chaque fois que c’est possible car, malheureusement, ceux-ci n’arrivent pas toujours directement au SSA, et nous ne pouvons pas toujours agir à temps.

 

S’agissant des cas particuliers qui sont survenus le 13 novembre et dans les jours qui ont suivi, nous participerons à ce que l’on nous demandera de faire. Et, dans tous les cas, nous essaierons de faire en sorte que des réponses soient apportées aux familles. Nous apporterons les réponses que nous pourrons. Mais nous ne pouvons pas nous prononcer pour l’ensemble de la chaîne de secours.

 

M. Jean-Paul Perez, médecin-chef de l’hôpital Percy. Le soir du 13 novembre, ce fut un véritable chaos dans Paris, en raison de l’afflux massif de blessés. Un des problèmes majeurs que nous avons rencontrés fut l’identification des personnes blessées et décédées.

 

Monsieur Pueyo, si une famille de victime le souhaite, qu’elle prenne directement contact avec mon secrétariat, et je la recevrai. Je verrai ce qu’il est possible de lui dire, comme l’a dit le général Debonne.

 

Cette identification a pris énormément de temps en raison des circonstances très particulières. Cela étant, dès trois heures du matin, nous avons commencé le processus de récolement des identités avec les identités provisoires.

 

Nous avons dû voir plusieurs centaines de familles, et répondre à quelque 600 coups de téléphone. Les familles ne savaient pas où étaient leurs proches. À partir de ces 600 coups de téléphone, nous n’avons réussi à identifier que deux blessés présents à Percy. Nous avons travaillé en complète collaboration avec la police, qui était présente dans l’hôpital dès le départ. Mais comment identifier quelqu’un qui n’a aucun papier d’identité et dont les signes distinctifs, dans un tel contexte, n’apparaissent évidents ni pour le soignant, ni pour la famille ? Il a parfois fallu attendre plusieurs jours pour pouvoir affirmer de manière certaine l’identité de telle ou telle victime.

 

J’étais sur place cette nuit-là et tout le week-end, et je puis vous dire qu’il était très pénible de dire à une famille que l’on ne pouvait lui répondre avec certitude. Je vous laisse imaginer la charge émotionnelle que cela pouvait représenter pour les soignants et les personnes de l’accueil.

 

Le dimanche soir, nous avons vu arriver à Percy des familles qui avaient fini leur « chemin de croix » de l’ensemble des hôpitaux parisiens et qui nous demandaient si nous avions accueilli leur fils, leur fille, leur père. Parfois, leur proche n’était pas sur les listes, mais nous ne les avons pas pour autant adressées à d’autres structures. Nous les avons prises en charge directement à Percy, même si leur proche n’y était pas hospitalisé.

 

Voilà un retour d’expérience immédiat…

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Monsieur Voisin, le cas de la stagiaire refusée à Desgenettes est inhabituel. À ma connaissance, nos hôpitaux accueillent de nombreux stagiaires civils. Ils sont très ouverts, et les terrains de stage militaires sont très largement utilisés.

 

M. Michel Voisin. Il s’agissait d’une élève qui était en première ou en deuxième année. On lui a refusé son stage à Desgenettes, alors même qu’elle se destine à la médecine militaire !

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Évidemment, un incident est toujours possible. Mais je vous confirme que nos hôpitaux sont ouverts et que ces terrains de stage sont largement utilisés par les facultés de médecine : à la fois parce qu’il faut des terrains de stage et parce que la qualité des stages dans nos hôpitaux est reconnue. Bien sûr, les stages sont excellents dans les CHU comme dans les CH, mais les hôpitaux militaires ont une façon particulière de procéder, qui est appréciée et reconnue. C’est pourquoi nous accueillons de nombreux stagiaires, sans compromettre pour autant la qualité de l’encadrement pédagogique.

 

Il faut savoir que nous ne pouvons pas, que nous n’avons jamais pu, et que nous ne pourrons pas demain avoir le niveau collectif d’établissement suffisant dans tous nos hôpitaux pour prendre en charge des blessés comme nous avons pu le faire le vendredi 13 novembre dans les deux hôpitaux parisiens. Nous pourrions également le faire à Sainte-Anne et à Laveran, mais nous ne pouvions pas le faire ailleurs et nous ne pourrons toujours pas le faire demain.

 

Il ne serait pas raisonnable de maintenir ces hôpitaux au niveau où ils sont actuellement : ils ne pourront pas accueillir de polytraumatisés, malgré les compétences qu’ils hébergent. En effet, pour les accueillir, il faut davantage que des compétences humaines. Il faut des moyens techniques de haut niveau, que nous ne pouvons pas déployer dans tous nos hôpitaux. Aussi est-il important de nouer autant que faire se peut des partenariats avec les hôpitaux civils.

 

Nous sommes là dans un domaine totalement nouveau, où des praticiens militaires, avec des praticiens civils, se mobilisent dans des trauma centers, auxquels ils apportent la valeur ajoutée qui est la leur, en matière d’organisation et de prise en charge des blessures de guerre. Mais ils le font dans un contexte beaucoup plus large, ce qu’aucun hôpital militaire ne peut faire seul, en tout cas hors plateforme.

 

Personnellement, je suis totalement convaincu que c’est la voie qu’il faut suivre. Nous conserverons donc les compétences hospitalières militaires dans les villes où il y a des hôpitaux militaires. Ces hôpitaux ne ferment pas. Cela étant, il faut s’interroger sur leur pérennité et sur la façon dont ils pourront maintenir des compétences en traumatologie, en réanimation et en traitement de brûlés. Jamais Desgenettes, par exemple, ne pourra avoir un service de prise en charge des brûlés, alors que nous pourrions mettre certains de nos personnels dans la réanimation des brûlés de l’hôpital Édouard-Herriot. Ce serait une plus-value pour nos soldats. Et c’est d’ailleurs ce qui est en train de se mettre en place à Metz.

 

Telle est la stratégie hospitalière du SSA, dont la réorganisation repose sur un principe de différenciation. Les hôpitaux de plateforme devront être renforcés, on y concentrera les moyens, pour qu’ils puissent, en tant qu’entités, jouer un rôle de trauma center, y compris au cours d’épisodes dramatiques comme ceux que nous avons vécus. Cela ne signifie pas que nous ferons disparaître les hôpitaux hors plateforme, mais que les forces du SSA seront associées aux forces hospitalières civiles de notre environnement.

 

J’ai constaté, tant à Metz qu’à Brest, Bordeaux et Lyon, que cette vision était partagée. Le projet n’est pas simple à construire, mais je pense que chacun peut jouer un rôle dans son avènement.

 

Desgenettes pourrait ainsi accueillir les services de l’hôpital Henry-Gabrielle, spécialisé en rééducation, une discipline qui nous intéresse au plus haut point. On pourrait constituer un groupe hospitalier de territoire entre Édouard-Herriot, c’est-à-dire les Hospices civils de Lyon, et Desgenettes.

 

Desgenettes resterait ouvert, avec son plateau de consultation, notamment pour tous les personnels de la Défense. Ceux-ci bénéficieraient non seulement de ses compétences, mais aussi de celles de nos partenaires. Nous pourrions mettre au point des parcours de soins privilégiés et adaptés avec nos partenaires. Telle est la stratégie du hors plateforme.

 

L’une de vos questions portait sur la recherche. On aurait pu penser que dans un système qui se contracte, qui a des difficultés, la recherche aurait été considérée comme une préoccupation secondaire. Or c’est exactement l’inverse.

 

Selon moi, plus nous serions petits, plus nous devrions être excellents. Or, un des grands vecteurs de l’excellence, c’est la recherche. Nous avons beaucoup à apporter à la recherche médicale de défense, et pas seulement à l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) de Brétigny-sur-Orge. Les hôpitaux, les centres médicaux des armées et le ravitaillement doivent être intégrés dans l’effort de recherche. Cela suppose de leur donner les moyens et d’organiser cette démarche. C’est en cours, avec la création d’une direction de la recherche, qui n’est pas la direction de l’IRBA et qui intègre l’ensemble des composantes du service sous une même tête.

 

Madame la députée, je peux vous rassurer à propos de la féminisation du SSA, qui progresse. Et je peux dire à ceux qui s’inquiètent que cela se passe très bien, y compris sur les théâtres d’opérations extérieures. Il faut seulement admettre que les uns ne sont pas forcément les autres, que chacun a ses préoccupations et ses moments de disponibilité – parfois différents dans une vie. Et il faut savoir intégrer tous ces éléments dans notre modèle.

 

Il suffit de se rendre sur les théâtres d’opérations pour se rendre compte que cela fonctionne très bien. Quarante kilos sur le dos d’une jeune femme de quarante kilos, c’est possible ! Il faut dire que nous avons la chance d’avoir des personnels exceptionnels. Je précise que le SSA est féminisé à 60 %.

 

Sachez aussi que l’aide psychologique, sur laquelle vous m’avez interrogé, est un sujet d’importance. Le SSA, les armées et l’ensemble du ministère se sont fortement mobilisés, et l’effort se poursuit. Le 14 novembre, le service médico-psychologique des armées a été mis à contribution.

 

À un certain moment, nous nous sommes inquiétés, car nous ne savions pas jusqu’où nous pourrions aller. Mais nous avons réagi à temps et de manière opportune. Aujourd’hui, je crois pouvoir dire, avec beaucoup de précaution et de modestie, que grâce à l’engagement des armées en la matière, car le SSA n’est pas le seul concerné, la situation est parfaitement prise en compte. Les actions menées se poursuivent et les plans d’action se succèdent.

 

Nous avons acquis de l’expérience dans la prise en charge des blessés de guerre, qui malheureusement, pour la très grande majorité d’entre eux, sont des blessés jeunes. C’est une prise en charge globale, qui comporte toujours un volet psychologique. De la même façon, lorsque l’on prend en charge les victimes d’attentats, on doit se garder de sous-estimer les conséquences psychologiques que peuvent avoir ceux-ci, même si rien ne transparaît sur le moment. Voilà pourquoi nous portons une attention très particulière à cet aspect des choses. Des équipes de psychologues et de psychiatres étaient d’ailleurs en place dès le vendredi soir dans les deux hôpitaux militaires.

 

J’en viens à la transformation du service de santé des armées, et à la décision de fermeture du Val-de-Grâce. Cette décision est-elle pertinente ? Ma réponse sera double. Oui, parce c’est celle de notre ministre. (Sourires.) Oui, car les événements de vendredi soir nous l’ont démontré.

 

Le problème de cet hôpital tenait moins à l’importance des travaux de structure à réaliser qu’à l’inadaptation de son projet médical. Sans service d’urgences ni de traumatologie, il n’aurait d’ailleurs pu recevoir aucun blessé le 13 novembre. Son offre de soins ne répondait plus au besoin des armées. Reste que c’est grâce au personnel du Val-de-Grâce que Percy et Bégin ont été efficaces. La densification de Percy et de Bégin grâce aux équipes du Val-de-Grâce nous a permis de faire ce que nous avons fait le 13 novembre et dans les jours qui ont suivi.

 

Je ne pense pas qu’il faille remettre en cause cette décision. D’une part, il faudrait renforcer le Val-de-Grâce de plusieurs centaines de personnes. Ensuite, là où il est situé, il n’y a pas de place pour un nouveau service d’urgences. Bien sûr, les événements actuels nous font voir les choses autrement. Mais il faut prendre en compte la réalité du quotidien : on se retrouverait avec deux services d’urgences de part et d’autre du boulevard de Port-Royal, que l’on n’aurait même pas de quoi alimenter. Cela coûterait très cher, alors que nous avons le devoir de faire attention aux ressources que l’on nous donne et à leur emploi. J’y suis très attaché. Notre crédibilité en dépend.

 

Je terminerai par la question de M. Moyne-Bressand. D’une manière générale, nous n’avons pas de difficultés à recruter des personnels médicaux et paramédicaux. Mais il n’en va pas de même pour les spécialités que vous avez évoquées, particulièrement celles qui sont soumises à la projection sur les théâtres d’opérations. C’est même un sujet de tension important, compte tenu du niveau de projection des forces et de ce qui se passe actuellement.

 

Dans un tel contexte, nous ne pouvons pas être béatement sereins. Nous devons donc être très vigilants sur notre capacité, demain, à soutenir les opérations – et je ne parle même pas de notre capacité à contribuer à la résilience.

 

La tension est extrêmement élevée dans certaines spécialités, dont la chirurgie et, plus particulièrement, la chirurgie orthopédique. C’est d’ailleurs un phénomène général dans notre pays. La démographie médicale est telle que nous devons nous interroger sur notre attractivité dans ce type de spécialité.

 

Actuellement, le SSA porte une attention particulière aux conditions de travail et de vie quotidienne des chirurgiens dans nos structures hospitalières. Le rythme de leur sujétion opérationnelle a été extrêmement intensif, parfois trop intensif. Je l’avais dit, une telle situation n’était pas supportable à terme. Si elle devait perdurer, il faudrait reconsidérer un certain nombre de choses. Je pense notamment au rôle de la réserve, dont la défense et les armées se préoccupent tout particulièrement en ce moment.

 

Je tiens à dire ici que sur les théâtres d’opérations – comme par exemple à Gao, au Mali – les réservistes opérationnels font preuve d’une remarquable efficacité. Évidemment, on ne peut pas employer la réserve comme on emploie les personnels d’active, car elle n’a pas le même niveau permanent de préparation opérationnelle. Cependant, l’engagement de ces réservistes est très impressionnant. J’en ai fait l’expérience. Nous avons des praticiens de tous horizons, libéraux comme hospitaliers, qui vont à Gao et font du RETEX avec nous.

 

Ainsi, aujourd’hui, le SSA est confronté à une obligation, que je considère comme prioritaire : garantir un soutien aux forces armées, même si nous ne pouvons pas y parvenir à nous seuls. Comment nous y prendre alors ? En premier lieu, en organisant notre réserve. Nous avons des besoins. Il y a des volontaires. Nous devrons davantage intégrer la réserve dans les différentes fonctions du SSA, en opérations comme sur le socle.

 

Depuis trois ans, j’insiste sur le rôle que la réserve pourrait jouer dans le SSA. Les effectifs de la réserve ont été augmentés de 13 000 postes, dont certains seront attribués au service de santé des armées – qui compte déjà 3 000 réservistes opérationnels, dont beaucoup de praticiens et de personnels hautement qualifiés.

 

C’est une façon de répondre à ce manque de spécialistes. Il y a des missions pour lesquelles nous ne pouvons pas envoyer de réservistes. Mais il y a bien d’autres pour lesquelles nous pouvons y faire appel. Nous le faisons depuis longtemps, et ils nous répondent. Dans les conditions que nous connaissons, je sais que nous pourrons compter encore davantage sur eux. C’est intégré totalement dans notre schéma, et leur place va continuer à évoluer.

 

Les réservistes occupent déjà une place importante. Par exemple, 50 % des actes dentaires réalisés en OPEX le sont par des dentistes réservistes. Ce chiffre suffit à lui seul à nous rassurer sur l’état d’esprit de notre réserve.

 

On ne peut pas être totalement serein dans les temps actuels, mais on peut tout de même rester confiant. Ce sera ma conclusion.

 

M. Michel Voisin. Nous avons eu un bel exemple de réserviste dans notre commission : notre ancien collègue, Jean-Claude Beaulieu, qui était chirurgien, se mettait pendant cinq semaines par an à votre disposition sur les théâtres d’opérations.

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Nous le connaissions bien, et j’ai eu l’occasion de dialoguer à plusieurs reprises avec lui.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mon général, nous vous remercions.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Olivier Audibert Troin, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Jacques Candelier, M. Guy Chambefort, M. David Comet, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, Mme Edith Gueugneau, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Alain Marty, M. Damien Meslot, M. Alain Moyne-Bressand, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, M. Michel Voisin

 

Excusés. - M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, Mme Catherine Coutelle, Mme Geneviève Fioraso, M. Serge Grouard, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. rédéric Lefebvre, M. Jean-Claude Perez

 

Télécharger Audition du médecin général des armées Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:55
Les aviateurs du GAAO ont assuré l'installation et la protection de leur emprise - photo Armée de l'air

Les aviateurs du GAAO ont assuré l'installation et la protection de leur emprise - photo Armée de l'air

 

03/12/2015 Sources : Commandement des forces aériennes

 

La compagnie d’appui au déploiement des installations en opérations (CADIO) 13.513, l’une des trois compagnies du groupement aérien d’appui aux opérations (GAAO), a été déployée, du 16 au 27 novembre 2015, sur la base aérienne 120 de Cazaux pour un exercice de certification opérationnelle de niveau 3.

 

L’objectif: contrôler la capacité opérationnelle de la compagnie à déployer une base aérienne projetable (BAP) et valider les savoir-faire techniques et militaires d’entrée en premier en zone semi-permissive.

 

Durant 15 jours, la centaine d’aviateurs du GAAO a évolué dans des conditions quasi-identiques à celles rencontrées par ces spécialistes sur les théâtres d’opérations extérieures. La compagnie a été appuyée par une section de sapeurs du 25e régiment du génie de l’air (25e RGA) au cours des premiers jours.

 

Sur leur lieu d’exercice, aucune infrastructure n’existait, hormis un terrain en bordure d’une piste aéronautique, un lac et des bois. Le but assigné: accueillir une force aérienne internationale, après seulement quelques jours de travaux. En effet, le contrat capacitaire de l’armée de l’air implique que chacune des compagnies du GAAO puisse déployer une BAP en tout point du globe pour accueillir les aéronefs au plus près des zones d’engagement. La «13» a donc procédé à la réalisation des installations technico-opérationnelles et de soutien de l’homme adaptées, malgré le harcèlement d’une population locale hostile.

 

De nombreuses réalisations étaient au programme des militaires techniciens de l’air et de leur encadrement. Durant une phase intiale, un camp de toile sommaire a dû être installé, complété par des dispositifs d’autoprotection pour contenir les agressions. Puis, le détachement a mis en place les structures nécessaires à la création d’une zone technico-opérationnelle au profit d’un détachement «chasse» et «sol-air». Des structures métallo-textiles ont été érigées pour accueillir et protéger les avions de chasse et drones, ainsi que des bungalows et un hangar métallique dédiés au soutien technique aéronautique. Une station de traitement d’eau potable a aussi été implantée, réplique d’une installation réalisée récemment durant l’opération Barkhane. Enfin, le détachement a déployé une centrale électrique haute tension, ainsi qu’une station de traitement des eaux usées.

 

«L’intérêt de cet exercice de grande ampleur n’est pas seulement de tester les savoir-faire techniques de la CADIO 13, explique le commandant Yannick, commandant en second du GAAO. Encore faut-il réaliser la mission sous la pression d’un contexte sécuritaire particulièrement tendu.»

 

Rusticité, mouvement de foule hostile, présence d’engins explosifs improvisés, tentatives d’intrusion, sabotage des machines et même une attaque chimique étaient en effet au rendez-vous dès les premières heures de la mission.

 

Ces deux semaines ont enfin permis de contrôler le nouveau matériel acquis par l’unité et de l’estampiller «bon de guerre». Une dernière génération d’abris-avions peut ainsi dès à présent être déployée sur les théâtres d’opérations.

Les spécialistes du GAAO en préparation opérationnelle - photo Armée de l'air

Les spécialistes du GAAO en préparation opérationnelle - photo Armée de l'air

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

03/12/2015 armée de Terre

 

Souvenez-vous. Il y a deux semaines, Renault Trucks Défense recrutait un blessé psychique de l’armée de Terre. Aujourd’hui, c’est l’entreprise Michelin qui décide de relever le défi en signant une convention pour le recrutement de deux autres blessés atteints d’un syndrome post-traumatique.

 

Pour monsieur Jean-Dominique Senard, président-directeur général du groupe Michelin, cette convention est  « une façon de rendre hommage à l’armée française et d’offrir une nouvelle perspective à ses blessés en les intégrant à l’entreprise. » Le sergent-chef Pierre et le 1re classe Maxime sont actuellement en stage d’immersion au sein des usines Michelin à Clermont-Ferrand. Un nouvel exemple concret de la prise en compte des blessés de l’armée de Terre, du moment de la blessure jusqu’à la réinsertion socio-professionnelle.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:50
« Notre mission est de démanteler les réseaux criminels fondés sur le désespoir des migrants et d’enrayer ainsi les pertes de vies humaines en mer. »

« Notre mission est de démanteler les réseaux criminels fondés sur le désespoir des migrants et d’enrayer ainsi les pertes de vies humaines en mer. »

 

02/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le contre-amiral Bléjean est l’adjoint du commandant de l’opération EUNAVFOR MED Sophia. Inséré depuis le mois de juin 2015 au sein de l’état-major européen de niveau opératif à Rome, il a répondu à nos questions après cinq mois d’opérations.

 

Amiral, en quoi consiste l’opération EUNAVFOR MED Sophia ?

EUNAVFOR MED est une opération européenne qui a été lancée le 22 juin 2015 suite à la noyade en Méditerranée de 700 migrants le 18 avril 2015 au large de l’île de Lampedusa. Cette année encore, près de 150 000 migrants, en majorité Africains, ont rejoint l’Italie par la Méditerranée centrale dans des conditions périlleuses. 2 800 hommes, femmes et enfants y ont perdu la vie depuis le mois de janvier 2015. Cette vague migratoire, principalement au départ de Libye, est organisée par des réseaux criminels. Notre mission est de démanteler ces réseaux fondés sur le désespoir des migrants et d’enrayer ainsi les pertes de vies humaines en mer. Elle participe aussi indirectement à l’effort global de lutte contre le terrorisme en le privant d’un apport financier illégal dont il profite.

 

Pouvez-vous nous parler des différentes phases de cette opération ?

L’entrée sur le théâtre en phase 1 s’est faite par le recueil de renseignements, notamment auprès des migrants recueillis en haute mer. Depuis le 9 octobre 2015, la phase 2 permet en haute mer, la visite et la fouille des moyens utilisés par les réseaux criminels ainsi que l’appréhension des présumés passeurs. Une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies a été votée en appui de cette phase active. Les phases suivantes, lorsque les conditions juridiques seront réunies, nous permettront d’agir au plus près des réseaux criminels, dans les eaux territoriales puis sur la bande côtière. Elles nécessiteront un accord et une coopération étroite avec les autorités libyennes et régionales ainsi qu’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Quels sont les moyens français impliqués dans cette opération et quel est son bilan à ce jour ?

La France participe à tous les niveaux et de façon importante à cette opération interarmées en déployant des militaires dans les états-majors opératifs et de force, ainsi qu’en mettant à disposition aéronefs et navires. Elle se situe également au deuxième rang pour la fourniture de renseignements opérationnels. Un Falcon 50 réalise des vols réguliers de surveillance et de recueil de renseignement en mer et le long des zones habituelles de départ des migrants. La frégate légère furtive Courbe ta été intégrée pendant sept semaines, en octobre et novembre 2015, dans la force Sophia. Elle y a démontré brillamment les capacités et les savoir-faire français. Depuis son lancement, l’opération a permis de sauver directement près de 6 000 migrants et de transmettre aux autorités italiennes une quarantaine de présumés passeurs ; le Courbet a pris part à ces actions.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:45
photo Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

 

02/12/2015 Armée de l'air

 

Du 21 au 29 novembre 2015, des membres du commando parachutiste de l’air n°20 (CPA 20) de Dijon, ainsi que des équipages de la 64e escadre de transport de la base aérienne 105 d’Évreux, ont réalisé une période d’instruction commune à Djibouti.

 

Sur place, les aviateurs ont bénéficié du soutien, des infrastructures et de la participation des forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj), notamment de l’escadron de chasse 3/11 «Corse» et de l’escadron de transport 88 «Larzac».

 

Au programme: posés d’assaut de jour comme de nuit, exercice de largage de la chaîne SATER (kit complet de sauvetage terrestre), séances de tir, aérocordage, manœuvres d’appui aérien avec les appareils de l’escadron 3/11 «Corse»…

 

Ce type d’entraînement commun permet d’assurer la préparation des forces et de favoriser les synergies entre navigants et commandos, dans un environnement très proche de la réalité opérationnelle.

photo Armée de l'Airphoto Armée de l'Air

photo Armée de l'Air

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:45
Al-Qaïda au Maghreb islamique annonce le ralliement des Mourabitoune

 

04 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Alger - Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a annoncé le ralliement du groupe Al-Mourabitoune et revendiqué conjointement la prise d'otages de novembre à Bamako, selon un message audio diffusé vendredi sur de sites jihadistes.

 

Dans cet enregistrement, l'Algérien Abdelmalek Droukdel annonce à la nation musulmane le ralliement des lions d'Al-Mourabitoune à l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour faire alliance contre la France croisée.

 

Cette alliance des jihadistes des deux groupes s'est concrétisée lorsque deux martyrs ont signé par le sang cette unité en attaquant l'hôtel Radisson en plein coeur de la capitale de l'ennemi à Bamako, indique Droukdel, évoquant la prise d'otages qui a fait 20 morts dans la capitale malienne le 20 novembre.

 

Dan un message audio diffusé par SITE, un centre américain de surveillance des sites islamistes, Al-Mourabitoune a confirmé avoir rallié l'Aqmi et souligné la nécessité d'unifier les rangs des jihadistes.

 

S'adressant par ailleurs à la France, le chef de l'Aqmi a affirmé que les attentats de Paris qui ont fait 130 morts le 13 novembre --revendiqués par le groupe Etat islamique-- étaient le prix à payer pour les crimes commis par ses gouvernements (successifs) et son armée.

 

Le groupe Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar avait revendiqué la prise d'otages de Bamako le 20 novembre, dans un document sonore diffusé par la chaîne qatarie Al-Jazeera.

 

Nous les Mourabitoune, avec la participation de nos frères (...) d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, revendiquons l'opération de prise d'otages à l'hôtel Radisson, avait-il indiqué.

 

En mai dernier, Mokhtar Belmokhtar, un des chefs jihadistes les plus redoutés du Sahel, avait réaffirmé la loyauté de son groupe au réseau Al-Qaïda et démenti l'allégeance à l'EI proclamée par un autre dirigeant des Al-Mourabitoune.

 

Belmokhtar milite pour une grande coalition avec les jihadistes du Niger, du Tchad et de Libye. Donné plusieurs fois pour mort, notamment en juin dernier et en avril 2013, son décès a chaque fois été démenti.

 

Un groupe jihadiste du centre du Mali, Le Front de libération du Macina (FLM), avait également revendiqué l'attaque de Bamako.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:30
La contrebande de pétrole de l'EI vers la Turquie est insignifiante

 

04 décembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Washington - La quantité de pétrole introduite en contrebande vers la Turquie depuis des zones contrôlées par le groupe Etat islamique en Syrie est économiquement insignifiante, a estimé Washington vendredi après des accusations de la Russie affirmant qu'Ankara profite de ce commerce illégal.

 

Des responsables américains ont expliqué que la campagne de bombardements aériens a considérablement endommagé les infrastructure pétrolières des jihadistes qui contrôlent de larges pans de territoires en Syrie et en Irak.

 

Le pétrole extrait et exploité par l'EI, ajoute-t-ils, est de toute façon largement absorbé en Syrie.

 

La Russie accuse depuis plusieurs jours la Turquie de tirer profit de la contrebande d'or noir en provenance des jihadistes, allant même jusqu'à porter des accusations qui visent directement le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille. La poussée de fièvre sur ce sujet vient alimenter la tempête diplomatique entre les deux pays après que l'aviation turque eut abattu un bombardier russe à sa frontière syrienne le 24 novembre.

 

La quantité de pétrole introduite en contrebande est extrêmement faible, a décru avec le temps et est insignifiante en terme de volume, à la fois en volume de pétrole et en volume de revenus, a précisé Amos Hochstein, coordinateur sur les questions d'énergie à l'international au sein du département d'Etat américain.

 

La diplomatie américaine avait démenti mercredi les accusations russes visant sans aucune preuve le président turc et sa famille.

 

Certes, ont reconnu des responsables américains vendredi, des petites quantités de pétrole passent la frontière turco-syrienne dans des camions-citernes, mais pas dans des proportions qui peuvent concerner les plus hauts niveaux de l'Etat.

 

Le pétrole est plutôt raffiné avant d'être revendu sur le marché noir dans les zones de guerre en Syrie et en Irak.

 

La contrebande pétrolière représente l'une des principales sources de financement de l'organisation ultra-radicale, qui en tire, selon des estimations, 1,5 millions de dollars de revenus par jour.

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 21:45
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

03/12/2015 armée de Terre

 

Dans le désert du Qaïd, un paysage semi-montagneux, aride, des langues de sable et des températures avoisinant les  40°C.

 

Djibouti représente un contexte très proche des opérations actuelles. C’est là que se déroule l’exercice interallié Ouerka. Si vous souhaitez en savoir plus sur cet exercice, retrouver le TIM 269 en ligne mi-décembre sur Calaméo.

 

Note RP Defense: voir OUERKA 2015  - Marines et 5e RIAOM au contact dans le désert Djiboutien.

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 21:20
Arrivée des Rafale aux États-Unis pour un exercice trilatéral inédit

 

03/12/2015 ADJ J-L Nijean à Langley (E-U) - Sources :Armée de l'air

 

Mardi 1er décembre 2015, six Rafale des bases aériennes 118 de Mont-de-Marsan et 113 de Saint-Dizier sont arrivés sur l’Air Force Base (AFB) de Langley (Virginie), convoyés par deux avions ravitailleurs C135 d’Istres.

 

Les avions français sont déployés pour la première édition du Trilateral Exercise Initiative (TEI), qui a lieu du 2 au 18 décembre 2015 et réunit l’armée de l’air française, la Royal Air Force et l’US Air Force. Les trois pays (France, Royaume-Uni et États-Unis) mettent respectivement en œuvre les avions de chasse Rafale, Eurofighter Typhoon et F22 Raptor.

 

Arrivée des Rafale français sur la base aérienne de Langley (Virginie)

Arrivée des Rafale français sur la base aérienne de Langley (Virginie)

Après une ultime étape de 6h40, depuis Lagès (Açores), les huit aéronefs se sont posés sur le sol américain. « C’est une grande fierté pour moi d’atterrir sur la base aérienne de Langley, témoigne un pilote français à son arrivée sur le tarmac américain. Cet exercice trilatéral est une formidable occasion de s’entraîner avec des avions de chasse de dernière génération. Il renforcera l’interopérabilité entre nos forces aériennes. »

 

Au premier plan, un C135 FR ayant convoyé des Rafale français. A l'arrière plan, un A330 MRTT britannique, avion qui succèdera au C135FR.

Au premier plan, un C135 FR ayant convoyé des Rafale français. A l'arrière plan, un A330 MRTT britannique, avion qui succèdera au C135FR.

L’activité aérienne de l’exercice débutera véritablement vendredi 4 novembre 2015 avec les premiers vols de familiarisation. Ces derniers permettront aux pilotes britanniques et français d’appréhender les procédures en vigueur et les zones dévolues à cet exercice de haut niveau en Virginie.

 

Revivez ici l'arrivée des avions français en vidéo:

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