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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 19:50
Le drone de combat X-47B de Northrop Grumman (Northrop Grumman)

Le drone de combat X-47B de Northrop Grumman (Northrop Grumman)

 

23 juin 2014 par Benoît Maraval – 45e Nord.ca

 

Communément appelés « robots tueurs », les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) suscitent de nombreuses interrogations et inquiétudes sur lesquelles l’ONU travaille actuellement.

Une autonomie progressive qui pose question

 

Contrairement aux drones qui restent télé-opérés par l’homme, les SALA doivent permettre, une fois programmés – d’identifier, de sélectionner et d’engager n’importe quelle cible sans intervention humaine.

Si les SALA n’existent pas encore, des armes intègrent déjà des applications dotées d’un certain degré d’autonomie parmi lesquelles :

- “Phalanx” pour le système de combat Aegis (Etats-Unis) qui combine un radar de detection et d’acquisition de cible avec un calculateur de position associés à un canon multitube.

- Le système autonome « Harpy » de détection et de destruction d’émetteurs radars, développé par Israël.

-  Le drone britannique Taranis (toujours en stade de développement)

-  Le drone de combat X-47B de Northrop Grumman

-  Les robots de surveillance Techwin par Samsung, déployés dans la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

La multiplication de l’usage des drones ainsi que la progression de la robotique pourraient donc rapidement faire de ces technologies émergentes une réalité opérationnelle. Or, ces technologies soulèvent de nombreuses problématiques qui restent pour l’instant sans réponse :

-  Aucune définition précise et officielle des SALA n’a été agréée au niveau international

- Bien que de nombreux travaux sont en cours, le stade de développement technique des SALA est incertain

- La compatibilité de ces technologies avec le droit international (notamment avec le droit international humanitaire) est largement contestée

-  L’interrelation homme-machine et les questions éthiques – déjà problématiques dans le cas de l’utilisation des drones – soulevées par le développement des SALA n’a pas non plus fait l’objet d’études approfondies

- Les risques d’un recours à la force accru, d’une dissémination des technologies et d’une prolifération des SALA restent des sujets de réflexion théoriques.

 

Genève au travail

C’est justement pour tenter de répondre à ces questions que les Etats Parties à la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) adoptée en 1980, ont décidé fin 2013 d’organiser une réunion d’experts sur le sujet afin de progresser sur ces différents sujets. Cette réunion s’est tenue du 13 au 16 mai dernier au siège des Nations unies à Genève et constituait le premier rassemblement international officiel d’Etats consacré au SALA.

Si toutes les interrogations précitées n’ont bien entendu pas reçu de réponse précise et définitive, certains éléments potentiels d’une future définition ont été évoqués, notamment la nécessité pour l’homme de conserver une forme de contrôle sur le système d’armes. D’un point de vue technique, la question de la marge d’erreur d’un « robot tueur » a également été soulevée.

Sujet de désarmement potentiel, les SALA pourraient également, selon certains responsables militaires invités à s’exprimer, être encadrés par des mécanismes de contrôle des armements – à l’image de certains dispositifs existants : registre des armes classiques des Nations unies, document de Vienne, traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE) – ce dernier étant malheureusement loin de représenter un « modèle » comme évoqué dans une chronique précédente.

Le président de la réunion d’experts, l’Ambassadeur Jean-Hugues Simon-Michel, représentant permanent de la France auprès de la conférence du désarmement, doit désormais élaborer un rapport de compte-rendu des débats qu’il soumettra à la prochaine réunion des Etats parties à la CCAC, prévue en novembre prochain.

 

La société civile en première ligne

La réunion a également offert l’occasion aux représentants de la société civile de présenter leurs positions sur les SALA. Outre le comité international de la croix rouge (CICR), de nombreuses autres ONG ont pu faire valoir leurs inquiétudes quant à la perspective de voir ces technologies naissantes être utilisées sur des cibles humaines de manière incontrôlée et imprévisible.

Afin de mieux faire entendre leur voix, 53 ONG venant de 25 pays se sont rassemblées depuis avril 2013 au sein d’une coalition intitulée « Campaign to stop killer robots », répétant ainsi le mode d’action qui a fait le succès de négociations passées sur le désarmement ou le contrôle des armements (campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel, campagne « contrôlez les armes », etc.).

Leurs principales préoccupations portent sur le droit international et sur la dimension morale de l’utilisation de « robots » armés dont l’autonomie leur conférerait droit de vie ou de mort sur un individu. Les ONG impliquées craignent également que l’emploi de SALA modifie le rapport des autorités politiques au recours à la force. « Envoyer des robots plutôt que des personnes sur la ligne de feu […] reviendrait à faciliter la décision d’entrer en guerre, générant ainsi davantage de conflits » s’inquiète Ian Kerr, directeur de la Chaire de recherche en éthique, droit et technologie de l’Université d’Ottawa et membre de la coalition « Stop killer robots ». Pour la section canadienne du mouvement, le gouvernement canadien doit prendre une part active dans l’interdiction préemptive des « robots tueurs », notamment en décrétant un moratoire national sur leur utilisation et en s’assurant que les activités liées au développement de SALA respectent le droit international humanitaire.

 

Le droit international au cœur des débats

Le débat juridique et la question des droits de l’Homme sont sans doute les points centraux des discussions en cours et à venir dans la mesure où, en l’état actuel de la recherche, il semble difficile pour un système d’armes automatisé de respecter en toutes circonstances le droit international humanitaire, en particulier les principes de distinction (discrimination entre cible militaire et populations civiles), de proportionnalité et de précaution.

Il y a 11 jours, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires des Nations unies a présenté son rapport à Genève dans lequel il préconise au Conseil des droits de l’Homme de « rester saisi de la question des systèmes d’armes autonomes, et en particulier pour ce qui a trait aux droits à la vie et à la dignité », compte tenu du « risque que ces armes soient utilisées en dehors du champ géographique des conflits armés existants. ». En 2013, le Rapporteur spécial avait spécifiquement suggéré la mise en place de moratoires nationaux sur le test, la production, l’assemblage, le transfert, l’acquisition, le déploiement et l’utilisation de SALA.

En tout état de cause, une interdiction totale est sans doute difficilement envisageable. La nature duale de la robotique amène déjà de nombreux Etats à mettre en garde contre toute mesure ou décision trop ambitieuse sur les SALA susceptible de remettre en cause la recherche et le développement d’applications civiles potentiellement révolutionnaires dans les domaines de la santé, des opérations de sauvetage ou de l’agriculture.

Selon les sources, entre 4 et 8 pays développeraient actuellement des SALA ou auraient déjà déployé des systèmes aux degrés d’autonomie divers (Allemagne, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde, Israël, Royaume-Uni, Russie). Rappelons cependant qu’au titre de l’article 36 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949, un Etat partie à l’obligation de déterminer si l’emploi d’une nouvelle arme est interdit par ces engagements internationaux. L’Iran, le Pakistan et l’Inde, entre autres, ne sont pas tenus par cette obligation.

De son côté, le Canada est le seul Etat partie à la CCAC dont la déclaration liminaire n’a pas été rendue publique lors de la réunion d’experts à Genève. Un éventuel rôle de premier plan du Canada dans les discussions onusiennes mériterait en premier lieu un niveau de transparence accru sur ce sujet.

Nous sommes donc loin d’assister à la réalisation du « complexe de Frankenstein » et les « robots tueurs » restent du domaine du fantasme pour certains, du cauchemar pour d’autres. Sarah Connor peut encore dormir tranquille, mais pour combien de temps ?

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:55
Hercule V3 photo RB3D

Hercule V3 photo RB3D

 

20/06/2014 Par Julien Bergounhoux

 

Le premier exosquelette français, Hercule, est exposé en ce moment au salon Eurosatory 2014 par son fabricant RB3D. Il est décliné en deux versions : l'une civile, à destination de l'industrie, et l'autre militaire, développée en partenariat avec la DGA et conçue pour déployer plus de puissance et procurer une meilleure protection aux forces armées.

 

RB3D, une PME bourguignonne spécialisée dans l’assistance à l'effort, a présenté le prototype de la version militaire de son exosquelette Hercule au salon Eurosatory 2014. Aurélie Riglet, chef de projet exosquelettes chez RB3D, était présente sur place et nous en a appris un peu plus sur ce projet innovant 100 % français.

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:54
Défense. Le Salon de l'armement bien morose

 

20 juin 2014 Philippe CHAPLEAU – Ouest-France

 

À Eurosatory, le Salon de l'armement terrestre, les exposants tentent d'ignorer la crise qui touche les budgets militaires.

 

La signature de deux ou trois beaux contrats très médiatisés ne doit pas cacher la réalité : le marché de l'armement et de la sécurité est touché de plein fouet par la crise économique et la fin des grandes opérations en Irak et en Afghanistan.

 

Eurosatory, qui se tient jusqu'à ce soir à Villepinte (Seine-Saint-Denis), est, à ce titre, une double vitrine : de la morosité budgétaire d'une part, de l'inventivité technologique et commerciale d'autre part. Ainsi, le fabricant américain de blindés Oshkosh a eu beau présenter son tout nouveau blindé M-ATV et sa variante destinée aux forces spéciales, il n'a pas réussi à faire oublier ses mauvais résultats et le licenciement de centaines d'employés.

 

Baisse du budget

 

Globalement, tous les fournisseurs d'équipements et de services américains sont en récession. La faute à la baisse du budget de la Défense, aux retraits d'Irak et d'Afghanistan qui font chuter les commandes des armées américaines. Face à cette crise, les industriels ont pris des mesures pour défendre leurs revenus et leur compétitivité : suppression d'emplois, ventes de filiales en mauvaise santé, fusions..., et recherches de nouveaux marchés.

 

Clairement, les ambitions sont dirigées vers l'Afrique et l'Asie, théâtres de crises en cours ou anticipées, ainsi que vers les opérations onusiennes de maintien de la paix. « Là, il y a encore de l'argent », résume l'un des dirigeants de SGF, entreprise française spécialisée dans la formation militaire. D'autres groupes tricolores ont créé des filiales à Washington pour être au plus près des centres de décisions. « Mais il n'y aura pas des contrats pour tout le monde », a prévenu le patron de DynCorp (17 000 employés), entreprise spécialisée dans le soutien militaire et sécuritaire.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:40
Ukraine : la guerre pour le contrôle de la frontière avec la Russie

 

23/06/2014 Le Point.fr (AFP)

 

Des soldats ukrainiens étaient encerclés lundi par les rebelles pro-russes après une tentative de reprise du poste-frontière d'Izvarino, près de Lougansk.

 

Des soldats ukrainiens étaient encerclés lundi par les rebelles pro-russes après une tentative de reprise du poste-frontière d'Izvarino, près de Lougansk : la guerre pour le contrôle de la frontière avec la Russie continue dans l'est de l'Ukraine.

 

Les rebelles pro-russes, qui rejettent l'autorité de Kiev et ont proclamé l'indépendance de deux régions dans l'Est, se sont emparés de plusieurs postes à la frontière avec la Russie depuis le 5 juin et ont pris vendredi le contrôle d'Izvarino, à une cinquantaine de kilomètres de Lougansk, une place forte des séparatistes. "Les Ukrainiens comptaient sur une opération éclair pour reprendre Izvarino. Mais les choses ont tourné différemment. Maintenant, ils n'ont aucune chance de s'en sortir : ils sont encerclés, ils n'ont plus ni eau ni nourriture", a affirmé lundi à l'AFP un chef local des rebelles, Alexandre, 54 ans, qui se présente comme le commandant des forces de la région de Krasnodon, près d'Izvarino.

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:30
Stand MBDA

Stand MBDA


22 juin 2014 ambafrance-kw.org

 

Une délégation koweïtienne du ministère de la Défense a assisté à l’ouverture du salon EUROSATORY, le plus grand salon international de la défense et de la sécurité terrestre et aéroterrestre qui s’est tenu à Paris du 16 au 20 juin 2014.

 

Au cours de cette cérémonie d’ouverture qui a eu lieu en présence du ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian, la délégation conduite par le vice chef d’état-major des armées koweïtiennes, le général de corps d’armée Mohamed Khaled El Koudor et composée de sept officiers a rencontré les industriels de l’armement français et étrangers.

 

Ceux-ci ont des entretiens avec les autorités militaires françaises.

 

Reportage photos

stand Nexter Systems

stand Nexter Systems

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 17:50
Destroyer deal boosts jobs in Portsmouth

A Type 45 destroyer enters Portsmouth Harbour (library image) [Picture Leading Photographer Dave Jenkins, UK MoD]

 

23 June 2014 Ministry of Defence and Defence Equipment and Support

 

A £70 million contract to support the Royal Navy's Type 45 destroyers will secure more than 100 engineering jobs.

 

The 2-and-a-half-year contract will protect around 100 highly skilled engineering jobs at BAE Systems in Portsmouth, the home port of the Royal Navy’s 6 Type 45 destroyers and future home of the Queen Elizabeth Class aircraft carriers. Further jobs will be sustained in the company’s wider supply chain.

The contract will ensure the effectiveness of these complex and capable warships is maintained, ensuring they are fit to operate effectively around the world.

Minister for Defence Equipment, Support and Technology, Philip Dunne, said:

This £70 million contract is good news for Portsmouth. It will protect the skills of around 100 expert engineers and makes clear that the future of the city’s ship support industry is bright.

Our Type 45 destroyers are the largest and most powerful the navy has ever had, featuring state-of-the-art equipment and weapons systems. It is essential that the ships receive top class support and Portsmouth has the skills needed to do this.

There is no question that the shipyard will continue to play an important role in the city’s future.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 17:50
Le groupe Arelis remporte un contrat Airbus Defence & Space

 

18 juin 2014 par  Jacques Marouani - electroniques.biz

 

Arelis va développer un système constitué de baies RF et de leur pilotage pour des applications liées à la défense.

 

Expert français dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense, le groupe Arelis vient d'annoncer la signature d’un contrat avec Airbus Defence & Space pour le développement de cartes électroniques, la conception de sous-ensembles ainsi que la fabrication et l’industrialisation de 4 modèles de baies différentes réalisant des fonctions de numérisation et de synthèse de fréquence.

 

Le groupe français réalisera, de plus, pour fin 2014, l’étude et les essais thermiques pour une baie ainsi que l’étude du rayonnement électromagnétique.

 

Membre du Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) et de Normandie Aerospace, le groupe français dispose d’une expertise de plus de trente ans dans ce secteur. Il dispose notamment d'un site, en Région Midi-Pyrénées, expert en traitement de signal et hyperfréquences pour des applications de télémesure et de transmission de données.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 17:50
Titus - photo Nexter Systems

Titus - photo Nexter Systems

 

20 juin 2014 Par Hassan Meddah – Usine Nouvelle



En marge du salon Eurosatory, le directeur général délégué de Nexter Systems, prône une stratégie de rapprochement à l’échelle européenne pour son groupe. Il y a des synergies possibles avec les allemands RheinMetall et Krauss-Maffei ou encore l'italien Oto Melara.

 

L'Usine Nouvelle - De quel plan de charge disposent vos usines de Roanne et de Bourges?

 

Jean-Patrick Baillet - Nous ne sommes ni à crouler sous la charge, ni à bâtir des plans sociaux ou des plans de sauvegarde de l’emploi. La charge industrielle de Roanne et de Bourges est assurée pour 2014 avec la livraisons des derniers VBCI (véhicules blindés de combat d'infanterie, ndlr) à l'armée française. Elle sera vraisemblablement plus hypothétique en 2015.

Il nous faudra compter sur d'autres contrats exports - nous sommes par exemple short-listés au Danemark - pour compléter 2016 et 2017. L'export a représenté l'an dernier 30% de nos prises de commandes, et ce sera de l'ordre de 50% cette année. C’est une situation satisfaisante dans l’industrie en France en 2014. L'ère des arsenaux où l'on avait une vision à cinq ans et plus est révolue. 

 

Au niveau mondial, comment évolue le marché du véhicule blindé ?

Le besoin des armées évolue parce que les conflits modernes évoluent. Le scénario historique c’était le déboulé de chars russes dans les plaines de Champagne, auxquels il fallait faire un contrefeu. Aujourd’hui, c’est plutôt de rentrer dans des villes et d’éviter le tir du snipper caché au quatrième étage. Dans le premier cas, vous avez besoin d’une puissance de feu à l’horizontale qui perce du blindage de 30 cm d’épaisseur. Dans le second, vous avez besoin d’un véhicule capable de franchir des barricades improvisées, de tirer à 60° vers les étages, et de résister à l’agression d’IED (engins explosifs improvisés, ndlr).

D'où des véhicules plus légers, modulaires, plus mobiles, intégrant beaucoup plus de capteurs pour prévenir des agressions ennemies. Quand il n'y a qu'une poignée de fabricants dans le domaine des chars blindés, il y a environ une cinquantaine d'acteurs dans les blindés légers. Chacun se positionne sur des niches pour se différencier. Dans ce segment, nous avons par exemple conçu il y a cinq ans le 4x4 de type Aravis sur le segment du véhicule ultra-protégé. Nous positionnons aujourd’hui le Titus sur le créneau de véhicules très manœuvrant, à fort emport

 

N'y a t-il pas un risque que le marché des blindés devienne un marché de commodité ?

Il ne faut pas réduire le blindé à son habitacle renforcé, ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La puissance de calcul et de traitement d’informations que vous trouvez dans ce type de véhicule est à peu près équivalente à celle d’un hélicoptère moderne ou d'un avion. Les systèmes de tracking des cibles en milieu terrestre sont plus sophistiqués car les cibles peuvent s’arrêter et faire demi-tour instantanément. Par ailleurs, la sollicitation en termes de vibrations et de contraintes thermiques de l’électronique dans un véhicule terrestre est bien supérieure à celle que subit un aéronef. 

 

Votre filiale Munitions vient de se renforcer avec les acquisitions des sociétés Mecar et Simmel du groupe Chemring. Pour quelles raisons ?

Il faut environ quinze ans pour développer un nouveau système d’armes, et Nexter consacre déjà près de 20% de son chiffre d'affaires à la R&D pour maintenir au meilleur niveau toutes les technologies intégrées dans un tel système. Aujourd’hui, l'échelle d’activités du groupe est un facteur de pérennité. Notre activité "munitions", soit jusqu’à présent 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, était vouée à un repli progressif sur des niches car nous n’aurions pas été capables, vu notre taille et le cash flow dégagé, de maintenir nos efforts dans tous les domaines technologiques munitionnaires, notamment la précision, l’insensibilité et la propreté des munitions. Avec ces acquisitions, le pôle Munitions affiche un chiffre d'affaires d'environ 350 millions d'euros et rejoint le groupe des trois grands munitionnaires européens : BAE, Namo et Rheinmetall. 

 

Etes-vous favorable à une consolidation dans le domaine des blindés?

Aujourd’hui, deux grands groupes internationaux General Dynamics et BAE/United Defense dominent le marché de l’armement terrestre avec un chiffre d'affaires supérieur à 3 milliards d’euros. Avec des ventes trois fois inférieures, Nexter ne pourra pas indéfiniment suivre. Soit nous décidons de nous replier et de devenir le champion de telle ou telle niche, soit nous voulons rester un acteur global et alors l’effet de taille est incontournable. C’est l’objet de notre cible stratégique de recherche de partenariats. 

 

Quels seraient les avantages d'un rapprochement?

Il y a clairement des synergies potentielles avec les industriels qui ont des positionnements analogues aux nôtres, par exemple les allemands RheinMetall et Krauss-Maffei ou encore l'italien Oto Melara. Ils ont le même métier que nous. Les économies d’échelle seraient évidentes, nous mutualiserions les investissements et nous consoliderions les empreintes commerciales.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 16:55
Thales provides effective protection for our troops, wherever they are in the world

 

230.06.2014 Thales

 

Thales has one objective: to design effective solutions to counter the threats

Protecting forces in the theatre of operations calls on a wide range of technologies — some of them simple, others much more complex. Thales has many years of experience in this field and has developed some particularly innovative solutions to protect soldiers against a broad array of threats.

These threats include improvised explosive devices, or IEDs. IEDs are low-cost weapons, but they are particularly devastating. Every year, many soldiers are wounded or killed by IEDs. With its ECLIPSE product for vehicles and STORM-H for dismounted soldiers, Thales offers effective solutions to counter the threat from remote-controlled IEDs.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 16:50
Kieler Woche - videos

 

23.06.2014 Bundeswehr

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 16:20
A Rochefort, le pavillon DCNS flotte désormais dans la mâture de l’Hermione

 

DCNS Group

 

Porté par sa passion de la mer et son attachement au patrimoine maritime, DCNS se porte partenaire du voyage américain de l’Hermione, prévu au printemps 2015. A l’occasion des festivités marquant l’arrivée à Rochefort, via la Charente, du dernier des 26 canons de l’Hermione, Max Hoarau – directeur du site DCNS d’Angoulême-Ruelle – et Benedict Donnelly – président de l’association – ont scellé un partenariat riche de sens.

 

Samedi 21 juin, en présence des équipes de l’association et d’un large public, le 26e et dernier canon de la frégate a fait son arrivée sur la Charente, avant d’être transbordé à bord du navire. A cette occasion, Max Hoarau, directeur du site DCNS d’Angoulême-Ruelle, a fixé sur l’affût de ce canon une plaque aux couleurs de DCNS, pour symboliser le soutien que porte le Groupe au défi de l’Hermione.

Engagé dans la sécurisation et la valorisation durable des océans, DCNS a toujours eu une longueur d’avance dans la conception de nouveaux produits. Déjà, sous Louis XVI, le Groupe assurait à la France sa suprématie technologique en réalisant des vaisseaux de 74 canons qui ont longtemps été considérés comme les meilleurs au monde.

En soutenant l’aventure de l’Hermione, DCNS a souhaité rendre hommage aux savoir-faire historiques de la construction navale. Un patrimoine avec lequel le Groupe entretient une ascendance indirecte.

« Concentrés aujourd’hui sur la conception et la construction de navires de défense de hautes technologies, les collaborateurs DCNS entretiennent une passion pour la mer et ses métiers », a souligné Max Hoarau. Le soutien, exprimé en ce jour où le dernier canon est embarqué, est donc riche de sens. « Il s’agit d’abord d’un salut à notre histoire : le site de Ruelle, aujourd’hui site équipementier de haute-technologie, était autrefois une fonderie qui alimentait en canons l’arsenal de Rochefort. Mais ce partenariat est aussi un témoignage d’admiration et de fierté pour tous ces hommes amoureux de la mer qui entreprennent avec passion une aventure qui les mènera à traverser l’océan. »

Benedict Donnelly, président de l’association Hermione-La Fayette a salué cet engagement : « je remercie très chaleureusement DCNS de son soutien au voyage américain de l’Hermione, programmé au printemps 2015. Ce grand événement approche à grands pas, chaque mois compte. Nous sommes donc heureux de pouvoir compter sur de nouveaux partenaires avec qui nous partageons la passion de la mer. »

 

A Rochefort, le pavillon DCNS flotte désormais dans la mâture de l’Hermione

 

L’association Hermione-La Fayette

Depuis 1997, à Rochefort en Charente Maritime, l’Association Hermione-La Fayette pilote la reconstruction de l’Hermione, la frégate qui en 1780 emmena La Fayette en Amérique. Le projet est désormais entré dans sa dernière ligne droite, en avril 2015, l’Hermione, ce grand voilier de plus de 65 m de long, portant 3 mâts et 2 200 m2 de voilure, prendra la mer, avec un équipage de 78 hommes à son bord, pour son voyage inaugural transatlantique, sur les traces de La Fayette.

Le voyage durera près de 3 mois avec une dizaine d’escales symboliques dans les ports historiques de la côte est américaine, depuis Yorktown sa première étape, jusque Boston et pour finir Halifax au Canada.

Pour le trajet retour, la frégate est attendue à  Brest, sa première étape sur les côtes françaises, avant de rejoindre Rochefort son port d’attache à la mi-aôut.

 

DCNS : Sea the Future

DCNS est convaincu que la mer est l’avenir de la planète. Le Groupe invente des solutions de haute technologie pour la sécuriser et la valoriser durablement. DCNS est un leader mondial du naval de défense et un innovateur dans l’énergie. Entreprise de haute technologie et d’envergure internationale, DCNS répond aux besoins de ses clients grâce à ses savoir-faire exceptionnels et ses moyens industriels uniques. Le Groupe conçoit, réalise et maintient en service des sous-marins et des navires de surface. Il fournit également des services pour les chantiers et bases navals. Enfin, DCNS propose un large panel de solutions dans l’énergie nucléaire civile et les énergies marines renouvelables. Attentif aux enjeux de responsabilité sociale d’entreprise, le groupe DCNS est l’un des premiers acteurs de son secteur à avoir été certifié ISO 14001. Le Groupe réalise un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros et compte 13 600 collaborateurs (données 2013).

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 15:55
JPO au 1er Régiment de Chasseurs

 

23.06.2014 Armée de Terre

 

Les journées portes ouvertes sont l'occasion pour les régiments de l'armée de Terre de faire vivre le lien armée-nation et également de faire rayonner une unité dans sa garnison. L'organisation des JPO au 1er RCH revêt un caractère particulier, car 2014 est l'année du centenaire de la 1re guerre mondiale et dans la ville de Verdun, ville historique, cette commémoration prend tout son sens. Ces journées permettent aux citoyens européens et internationaux en visite de se souvenir du sacrifice de nos anciens et d'aller à la rencontre des militaires français aujourd'hui engagés dans la défense du territoire national et aux quatre coins du monde sur les théâtres d'opérations extérieurs.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 12:56
Clôture de la session nationale de l’IHEDN - Allocution du général d'armée Pierre de Villiers

 

23/06/2014 Allocution du général d'armée Pierre de Villiers à l'Ecole militaire, le 19 juin 2014.

 

Note RPDefense : mise en gras, soulignement et ajout des liens/tags par mes soins.

 

Mon général, mon cher Marc,

 

Mesdames, messieurs,

 

C’est un réel plaisir pour moi d’être parmi vous aujourd’hui : je garde un excellent souvenir de mon année à l’IHEDN au sein de la 56èmepromotion, la meilleure bien sûr.

 

L’IHEDN, c’est une synthèse originale, entre des auditeurs venus de tous horizons professionnels, sans s’être choisis, pour croiser leurs expériences, confronter leur réflexion, remettre en cause leurs certitudes, et avancer ensemble. Le premier atout de l’IHEDN, c’est sa richesse humaine. C’est ce creuset singulier.

Mais l’IHEDN est bien plus que cela. Il a vocation à rayonner dans notre société, pour éveiller les esprits sur les enjeux de notre défense. Le second atout de l’IHEDN, c’est son potentiel de rayonnement, et ce potentiel, c’est chacune et chacun d’entre vous.

Pour ces deux raisons, sa richesse humaine et son potentiel, mis au service de notre défense, je crois en l’IHEDN. Continuez à partager vos analyses, à créer, à proposer, à faire vivre vos réseaux !

Aujourd’hui, je ne vais pas reprendre ce que vous avez reçu toute l’année. Je voudrais plutôt vous parler de mes préoccupations de chef d’état-major des armées.

 

Outre les relations internationales militaires, qui constituent une dimension transverse de mes activités, en tant que CEMA, j’ai en réalité deux grandes responsabilités.

 

La première est opérationnelle : je suis responsable de la planification et la conduite des opérations militaires et conseiller militaire du gouvernement. A ce titre, je valide les options militaires préparées par mon état-major et les soumets à l’autorité politique, puis j’en supervise la mise en œuvre, sous l’autorité directe du Président de la République. Cette responsabilité concerne l’ensemble de nos forces, nucléaires et conventionnelles, en métropole, outremer et sur tous nos théâtres d’opération : le soleil ne se couche jamais au centre de planification et de conduite des opérations de l’état-major des armées !

 

Ma deuxième responsabilité est capacitaire. Je suis responsable de la programmation militaire, c’est-à-dire de la préparation, de la mise en condition et du soutien des capacités de nos armées, en particulier du personnel, de l’équipement et des infrastructures. C’est une responsabilité qui m’engage au présent, et vis-à-vis de l’avenir. Je suis en effet chargé d’exprimer le besoin de nos armées en termes de capacités, de m’assurer de la prise en compte de ce besoin, puis de coordonner, avec la DGA et les armées, la mise en service des capacités dans les forces.

 

Au regard de ces deux responsabilités, je constate que nous avons encore de belles armées, des armées engagées, des armées qui protègent et qui gagnent, des armées reconnues à l’international. Nos alliés saluent notre leadership et nos capacités. Je peux vous le dire : depuis 4 mois que je rencontre mes homologues européens, américains, africains, arabes et asiatiques, c’est toujours une vraie admiration pour l’audace de notre stratégie, la qualité de nos soldats, et leurs prouesses sur le terrain. Mais, dans le même temps, nos armées abordent une nouvelle phase de leur transformation, une phase délicate au regard de l’ambition, des ressources, et de la situation présente de nos armées.

 

C’est de cela, les opérations et la transformation, dont je voudrais vous parler. Mon objectif est de vous donner la photo la plus exacte possible des armées telles que je les perçois, après 4 années en tant que major général des armées, et 4 mois après avoir pris mes fonctions de chef d’état-major des armées. Je le ferai de manière concrète, en partant des faits. A travers cela, vous comprendrez ma vision et mon ambition pour nos armées.

 

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Les opérations, d’abord.

Quelques chiffres, pour fixer les idées, et je m’en excuse, mais il faut bien planter le décor.

A l’heure où je vous parle, plus de 20 000 militaires sont déployés hors de la métropole, dont 7 500 dans 26 opérations extérieures, sur 4 continents et sur tous les océans. Ils y participent à la résolution des crises, à la protection des populations civiles et de nos ressortissants, et à la défense de nos intérêts. Les autres préparent et soutiennent ces opérations ou y contribuent directement, depuis nos bases prépositionnées, outremer et à l’étranger, en Afrique et aux Emirats arabes unis.

 

Dans le même temps, les armées tiennent la posture de dissuasion, protègent le territoire national et surveillent ses espaces aériens et maritimes. Elles recueillent du renseignement, contrôlent des espaces et des flux d’intérêt stratégique, et préparent les engagements futurs. En 2013, chaque jour, environ 2 500 militaires ont été engagés en permanence dans la protection du territoire national, dont environ 1 000 au titre du seul plan Vigipirate et 1500 pour les activités permanentes de protection du territoire : postures permanentes de sûreté aérienne et maritime, lutte contre l’orpaillage clandestin en Guyane, prévention des feux de forêt, et autres missions intérieures.

 

10 000 militaires en moyenne ont été engagés en opération extérieure sur les 10 dernières années, 13 500 au plus fort de l’année 2011, mais pour parer aux imprévus et agir, dans l’urgence si besoin, il faut disposer d’une réserve de forces identifiées, capables de monter en puissance à temps, et de se régénérer à temps. C’est le principe des contrats opérationnels des armées, qui définissent les capacités nécessaires à différents scénarios d’emploi ; contrats qui sont loin de se résumer à des effectifs mais qui englobent, plus largement, des capacités de projection et de soutien, notamment aériennes et navales. La réalité n’est jamais rigoureusement conforme aux probabilités, mais nos hypothèses de planification fournissent une base de travail réaliste et modulable. S’agissant du contrat dit « majeur », notre contrat le plus exigeant, nous l’avons approché en 2011, lors du pic d’activité dû au cumul des opérations d’Afghanistan, de Côte d’Ivoire et de Libye, sans oublier notre contribution à la gestion de la crise de Fukushima et à l’évacuation des ressortissants français et européens en Égypte, en Tunisie et en Libye.

 

Le volume et la nature des capacités correspondant à ces contrats intègrent le besoin de

relever les forces déployées, car les opérations modernes durent. Nous sommes au Liban depuis 1978, au Tchad depuis 1986, en Afghanistan depuis 2001. Enfin, les contrats opérationnels incluent des forces de réaction immédiate lorsqu’il faut s’engager très rapidement, en quelques heures ou en quelques jours, et d’autres forces, dont la montée en puissance peut se faire plus progressivement. Ce sont ces contrats qui déterminent le format de nos armées et les capacités nécessaires à leurs missions.

 

Plus que le nombre de forces déployées aujourd’hui, c’est leur dispersion qui met certaines de nos capacités sous tension. La multiplication des opérations impose en effet de dupliquer des capacités de renseignement, de commandement, de soutien technique et logistique, alors que plusieurs d’entre elles reposent sur des équipements et des effectifs très limités. C’est aussi le cas de certaines capacités de combat, les plus pointues, qui sont aussi souvent les plus sollicitées. Un exemple ? Les drones. Avant l’acquisition de 2 appareils supplémentaires à la fin de l’année 2013, notre capacité reposait sur 3 drones opérationnels. Il est difficile dans ces conditions d’intervenir sur deux théâtres en même temps, tout en continuant à former le personnel. Autres exemples : les linguistes arabisants, les atomiciens, les officiers d’appontage, qui ne représentent que quelques individus, pour autant indispensables.

 

Dans ce contexte, mon constat est simple : on ne peut plus prétendre tout faire, ni agir partout en même temps, avec la même intensité. Il faut être souple et adaptatif, mais il faut des objectifs clairs, hiérarchisés et réalistes.

 

D’abord, la défense du territoire national, en métropole et outremer.

C’est notre vocation première : le Code de la défense et le Livre blanc sont très clairs. C’est une mission fondamentale. Nous ne pouvons faire défaut : nous ne ferons pas défaut, c’est une question de légitimité. Nos concitoyens reconnaîtront d’autant plus la nécessité d’une défense forte et d’un budget exigeant qu’ils auront la certitude d’être eux-mêmes défendus, où qu’ils soient sur notre territoire.

La défense du territoire, c’est d’abord la dissuasion nucléaire, qui sanctuarise nos intérêts vitaux par la menace de dommages inacceptables qu’elle fait peser chez un agresseur potentiel. Notre stratégie s’appuie sur deux composantes, aéroportée et océanique, complémentaires en termes d’options et d’effets. Elle s’inscrit dans le cadre de la stricte suffisance, une stricte suffisance appréciée en fonction du contexte géostratégique et de la capacité des systèmes d’armes à causer des dommages inacceptables.

La défense du territoire, c’est aussi la surveillance de nos espaces aériens et maritimes, la police du ciel, l’action de l’État en mer. La lutte contre tous les trafics en mer est un enjeu, notamment outremer. C’est l’une des missions de notre marine. Je rappelle que la France possède la deuxième zone économique exclusive mondiale.

La défense du territoire, c’est enfin la contribution de nos armées aux plans gouvernementaux permanents et de circonstance, dont Vigipirate est le plus emblématique.

Ces missions sur le territoire national sont parfois méconnues des Français, parce qu’elles sont conduites dans la discrétion. Un exemple récent : le dispositif mis en place pour les commémorations du 6 juin, dirigé par les officiers généraux des zones de défense Paris et Ouest en coordination avec les préfets. 3 500 militaires ont été engagés, de manière complémentaire, dans des missions de contrôle terrestre, de protection des côtes et de sûreté aérienne : 2 400 pour la protection et 1 100 pour le volet mémoriel. 12 hélicoptères, 2 frégates et 1 Atlantique 2 furent également dédiés, aux côtés d’autres capacités, drones, NRBC, dont seules les armées disposent.

Votre rôle d’auditeurs de l’IHEDN est de nous aider à expliquer cet engagement sur notre territoire, auprès des élus, des administrations, des relais d’opinion et de nos concitoyens. C’est un véritable défi, dans un contexte où la communication sur les actions des uns et des autres est très concurrentielle. Je compte sur vous !

Vous le savez, la sécurité du territoire se joue aussi au-delà des frontières, dans tous les espaces – terrestre, maritime, aérien et cyber –, pour défendre nos intérêts, nos valeurs et agir aux avant-postes, avant que les menaces ne se concrétisent sur notre territoire.

 

En OPEX, une priorité : la bande sahélo-saharienne.

La lutte contre les groupes armés terroristes est notre préoccupation, et pour plusieurs années encore : cette lutte contribue très directement à la sécurité de la France et ses intérêts.

Sur la façade méridionale de notre pays, la stabilité de l’Afrique, singulièrement de la zone sahélienne, est notre première ligne de défense. Les groupes armés terroristes cherchent à déstabiliser la région, menacent directement nos compatriotes expatriés et nos intérêts économiques. Ils ont clairement désigné la France comme l’une de leurs cibles : ce sont nos ennemis, aujourd’hui les seuls au sens strict.

Depuis le lancement de Serval, en janvier 2013, nous avons remporté de réels succès : nous avons chassé les groupes armés terroristes, jusque dans leurs sanctuaires ; le Mali a retrouvé son intégrité territoriale et un gouvernement légitime. Aujourd’hui, l’ennemi est affaibli et désorganisé.

Mais il n’est pas vaincu. Il reste déterminé et dangereux. Il s’est adapté, pour défier nos capacités de renseignement, de mobilité et d’action. Et la bande sahélienne ne devient qu’une partie d’un ensemble plus vaste, avec des ramifications au Nord et au Sud : du Sénégal à Djibouti en passant par le Mali, le Sud de l’Algérie, le Niger, le Sud de la Libye et le Tchad, cet autoroute du trafic en tout genre – narco, armes, êtres humains, prosélytisme – est aussi celui du djihadisme, qui se finance ainsi. La jonction opérationnelle avec Boko Haram, au Nigéria, ou les Shebabs somaliens qui frappent à Djibouti n’est pas avérée, mais les connexions existent. Nous sommes face à un défi majeur, qui concerne la sécurité de l’Europe.

Pour cela, nous sommes en appui de la MISMA au Mali, force africaine sous résolution de l’ONU. Et les Africains sont unis pour faire front. Ils viennent de lancer un « G5 du Sahel », auquel la France est associée : j’ai été invité à la première réunion des CEMA organisée les 17 et 18 avril à Niamey. Et nous faisons de nombreuses opérations conjointes avec nos amis africains, notamment le long des frontières tchadiennes, nigériennes et maliennes. Les Africains sont pleinement conscients des enjeux, au travers de ces opérations.

Le combat change donc d’échelle, et il faut faire vite. Il se régionalise, de la Mauritanie au Tchad, de la Libye au Burkina. Ce sont des distances considérables, une échelle inédite pour nos opérations. Imaginez, du Cap Finistère à Odessa, de Copenhague à Munich : c’est cela, notre zone d’action.

Les capacités de renseignement, de surveillance et de frappe de précision sont essentielles, pour neutraliser l’ennemi, là où il est. Aujourd’hui, on a moins besoin de forces de contrôle de zone, mais plus d’unités légères, en appui des armées des pays africains concernés, et de capacités de renseignement et de frappe contre les GAT : renseignement, suivi de la cible H24, neutralisation, c’est le triptyque du succès sur le terrain aujourd’hui dans la BSS.

Dans cette optique, nos objectifs sont au nombre de trois. D’abord, casser le potentiel de nuisance des GAT. Ensuite, désorganiser leurs réseaux, en s’appuyant sur la mobilisation de la communauté internationale. Enfin, transférer la sécurisation de la zone aux pays du champ, en accompagnant la montée en puissance de leurs capacités : c’est le rôle de nos détachements d’assistance opérationnelle.

En conséquence, nous adaptons notre dispositif : 3000 hommes environ fin 2014, engagés à partir de Gao, de Niamey, et de N’Djamena, avec le soutien de nos alliés américains. L’ensemble sera commandé depuis N’Djamena avec, dès que possible, le lancement d’une nouvelle opération pour marquer l’évolution de notre stratégie.

 

Autre opération majeure en Afrique : la République centrafricaine, ma deuxième priorité pour les OPEX.

Nous avons fait du bon travail depuis le début de Sangaris, il y a 6 mois. Nous avons évité le pire : le massacre interethnique. A Bangui, les milices peuvent encore être capables – et donc coupables – de pics de violence, mais elles n’agissent plus que de manière erratique. La situation sécuritaire et économique s’est nettement améliorée depuis 3 mois. Dans l’Ouest, le long du corridor économique, les convois reprennent. Dans l’Est également, nous avons réussi notre déploiement, dans un contexte sécuritaire très particulier, et conformément au plan d’opération approuvé par le Président de la République, qui consistait à s’installer avant la saison des pluies, soit avant la fin du mois de mai.

Mais 3 objectifs restent à atteindre pour remplir toute la mission ; leur réalisation est complexe, en l’absence de véritable leadership centrafricain et international pour organiser l’indispensable :

  • La restauration de l’État et la mise en place de l’administration ;
  • La réconciliation nationale, et en premier lieu le désarmement ;
  • Le déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations unies à partir du mois de septembre : c’est elle qui a vocation à prendre le relais.

Ces objectifs ne sont pas militaires : Sangaris y contribue, crée des conditions mais ne peut pas tout faire.

L’arrivée de la force européenne EUFOR-RCA est un plus, mais restons réalistes : une fois encore, dans son ensemble, l’Europe est militairement peu présente. Un exemple : le 2èmecontingent en effectifs de la mission européenne – après nous – sera constitué par des Géorgiens, non membres de l’UE… EUFOR-RCA comporte aujourd’hui 600 hommes environ, dont les deux tiers sont Français ou mis en place par des États non membres de l’UE : il n’y a donc pas vraiment de partage du fardeau.

La situation reste donc précaire. En attendant les renforts, qui tardent à venir, il faut être au four et au moulin. Je note sur ce plan la plus-value de nos gendarmes français, avec lesquels les armées sont désormais habituées à travailler en OPEX, notamment depuis l’Afghanistan. Une chose à garder en tête : tant que les forces internationales attendues ne sont pas déployées, nous restons le seul rempart contre le chaos. Conséquence : sans doute, pas de désengagement majeur de Sangaris avant la montée en puissance de la MINUSCA, fin décembre a priori.

 

Dernier sujet d’actualité : l’Ukraine.

Vous avez suivi les événements, et la mobilisation de l’OTAN pour « réassurer »certains alliés : la Pologne, la Roumanie, les pays baltes. L’Alliance a joué son rôle. Nous avons pris notre part, notamment avec : l’engagement de nos AWACS ; le déploiement de 4 Rafale, puis de Mirage en Pologne ; nos navires en Baltique et en Mer noire ; notre renforcement des effectifs pour la planification à SHAPE.

Au-delà de ces actions, cette crise amène l’Alliance atlantique à se poser des questions de fond, alors que le retrait d’Afghanistan la conduit également à actualiser son logiciel : que signifient l’article V, la sécurité collective, les partenariats ? Quelle posture vis-à-vis de la Russie ?

D’un point de vue militaire, la crise ukrainienne soulève d’autres interrogations : celle de l’appréciation de situation, et donc du partage du renseignement ; celles de la réactivité et de la modularité des forces, ceci pour apporter les bonnes réponses, des réponses ajustées, « ni tout, ni rien ». Il faudra en tirer les conséquences pour les exercices, la NRF, les dispositifs de forces, les capacités de déploiement, en particulier sur la réactivité de nos dispositifs d’alerte, qui a été un sujet dont nous avons parlé avec SACEUR lors du dernier comité militaire de l’OTAN, il y a quelques jours à Bruxelles.

La crise ukrainienne et ses conséquences seront probablement au cœur du prochain sommet de l’OTAN, les 4 et 5 septembre, à Newport, au Pays de Galles. Se posera encore la question du désarmement de la plupart des pays occidentaux, alors que le monde réarme : d’après le SIPRI, - 20 % pour les dépenses d’armement dans l’OTAN depuis 2008, dont - 23% pour les Américains ; et, dans le même temps, des dépenses inflationnistes ailleurs, en Russie et en Chine notamment, avec une augmentation à 2 chiffres en termes de pourcentage.

Ce parcours au cœur de nos opérations n’est pas exhaustif. Notre présence dans le Golfe arabo-persique, d’où revient le groupe aéronaval, illustre la dimension mondiale de notre stratégie. Pour la première fois, il y a eu une intégration totale, pendant 6 semaines, avec les Américains, pendant l’exercice Bois Belleau.

Ce parcours de nos opérations n’est pas exhaustif, mais il montre leur diversité : diversité des théâtres, diversité des missions, diversité des cadres d’engagement. Si nous savons faire face à cette diversité, c’est parce que nous disposons de 3 capacités majeures : celle d’apprécier les situations de façon autonome, et donc à décider de manière souveraine ; la réactivité, pour répondre dans les délais, facteur de plus en plus essentiel ; la polyvalence, maîtrise de l’ensemble des capacités militaires, sur tout le spectre des missions.

Et si nous savons faire face, c’est parce que nous disposons de ces capacités en propre. L’initiative politique, le leadership international n’ont de sens que s’ils peuvent se traduire en actes. Trop souvent à l’OTAN et à l’UE, la convergence des stratégies et des agendas nationaux est difficile, surtout quand il faut agir vite ou prendre part aux missions de combat. Trop souvent, les contributions des alliés sont appréciées, mais focalisées sur certaines capacités seulement. Ce que nous connaissons aujourd’hui en RCA est symptomatique. Ce n’est pas être pessimiste que de le dire, c’est être réaliste.

Disposer d’un tel outil militaire, souverain, réactif et polyvalent, c’est un capital précieux. Mais c’est un capital fragile par nature.

Pour être toujours en mesure d’apporter les bonnes réponses, à temps, il faut s’adapter et le faire en regardant loin devant : il faut plusieurs décennies pour concevoir, développer et mettre en service un programme d’armement moderne, et plusieurs années pour recruter et former le spécialiste qui le mettra en œuvre.

Il faut le faire en intégrant tous les milieux de la guerre : terrestre, aérien, maritime et cybernétique, voire spatial. Car c’est ainsi que se conduisent les guerres modernes, en interopérabilité interarmées. L’interopérabilité n’est pas une construction théorique, elle se développe et s’entretient dans les exercices et les opérations. C’est un processus d’ajustement permanent, au fil de l’évolution des doctrines, des organisations, des procédures et des équipements de chacune de nos armées, et de ceux de nos alliés et partenaires. Notre interopérabilité doit être interarmées et internationale.

Il faut s’adapter en synchronisant tous les composants de nos capacités : le matériel, le personnel et l’environnement. Et il faut le faire avec un budget toujours très contraint. Ce qui suppose une bonne coordination, une cohérence d’ensemble, ce qui me conduit à ma deuxième partie.

 

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La transformation des armées.

Elle est déterminée par deux documents cadres : le Livre blanc de 2013, qui exprime l’ambition nationale et définit un nouveau modèle d’armée à l’horizon 2025 ; et la Loi de programmation militaire 2014-2019, qui en est la traduction capacitaire, année après année, sur 6 ans.

Nos armées devront rester capables de réaliser 3 grandes missions : la protection des Français et du territoire national, la dissuasion nucléaire, l’intervention extérieure. Elles devront pouvoir le faire en garantissant autonomie d’appréciation et d’action, ce qui implique le maintien d’un modèle d’armée complet. Elles devront s’appuyer sur des soldats, des marins et des aviateurs bien équipés, bien entraînés, motivées et maîtrisant l’emploi de la force.

Or, la contrainte budgétaire est très forte : - 20 Md€ par rapport à ce que la trajectoire budgétaire définie par la Loi de programmation précédente prévoyait sur la période 2014-2019, soit les deux tiers d’une annualité budgétaire sur 6 ans.

Dans ce cadre, il s’agit en fait de garantir la cohérence à nos armées, autrement dit d’établir en continu l’adéquation entre les missions et les moyens.

Nos armées continueront à se moderniser, pour renouveler des capacités vieillies, usées ou lacunaires. L’âge moyen des véhicules de l’avant blindé déployés en RCA est de 31 ans, ceux de métropole ont 40 ans en moyenne. Nos avions ravitailleurs fêtent cette année leur 40èmeanniversaire et nos hélicoptères Puma leur 44èmeanniversaire. Qui, ici, monterait dans un véhicule de plus de 30 ans, dans un avion ou dans un hélicoptère de plus de 40 ans ?

Nos armées continueront également à se moderniser pour acquérir les capacités nouvelles nécessaires aux opérations futures : renseignement, espace, drones, forces spéciales, frappes à distance, entre autres.

Nous garantirons à nos forces une préparation opérationnelle conforme aux standards internationaux : il en va de leur efficacité et de leur sécurité. C’est est en outre, vis-à-vis de nos alliés, un gage de crédibilité opérationnelle, et donc de confiance.

Mais, sous forte contrainte de ressources, garantir la cohérence en continuant à se moderniser, c’est d’abord ajuster nos contrats opérationnels : certains ont été réduits jusqu’à 30%, en particulier le contrat d’intervention majeur, le plus exigeant mais le moins probable.

Garantir la cohérence en continuant à se moderniser, c’est aussi et en conséquence revoir nos formats, autrement dit réduire nos effectifs et nos dotations en équipement : la modernisation des capacités se poursuit, mais à plus petite échelle et plus lentement.

C’est rationaliser nos implantations, en métropole et outremer, pour les rendre plus efficaces, pour améliorer le soutien, pour améliorer les conditions de vie et de travail. Autrement dit : fermer des sites.

C’est réduire la taille des états-majors centraux, pour mieux responsabiliser les acteurs de terrain : dans quelques mois, lors du transfert à Balard, l’état-major des armées sera réduit de 20%.

C’est continuer à coordonner nos efforts en interarmées et avec nos alliés et partenaires, pour partager et mutualiser ce qui peut l’être.

Que les choses soient claires : ces réductions de format, de personnel, d’équipements et ces étalements des livraisons de matériel sont la seule voie pour entretenir un outil de défense conforme aux grands objectifs du Livre blanc, compte tenu de la situation de nos finances publiques. Mais ils sont douloureux, et difficiles à mettre en œuvre : la LPM 2014-2019 a été construite sur des hypothèses de gains de productivité considérables, des diminutions d’effectif drastiques et un plan d’équipement ralenti mais indispensable !

Nous nous sommes mis en ordre de marche. Nous disposons d’un projet commun aux armées, directions et services interarmées, que j’ai baptisé CAP 2020, qui définit la transformation des armées pour les années à venir. C’est un projet à la fois ambitieux et exigeant, car fondé sur les hypothèses budgétaires volontaristes de la LPM, des hypothèses qu’il faudra confirmer année après année !

Vous avez sans doute suivi les discussions récentes à propos de la programmation budgétaire triennale 2015-2017. A Bercy, il fut question que les armées endossent plusieurs M € d’économies supplémentaires. Le Président de la République a confirmé l’engagement de la Nation pour sa défense, le 2 juin. C’est une bonne nouvelle pour les armées, parce que le costume est déjà taillé au plus juste !

Je m’explique. Le budget de la défense couvre 3 postes : les effectifs, rémunérations et charges sociales ; le fonctionnement, nécessaire à la vie des unités et à l’entraînement des forces ; les équipements – autrement dit : les investissements.

 

S’agissant des effectifs, le plan de déflation est déjà très ambitieux : 82 000 postes sur la période 2009-2019, soit 25% de l’effectif de départ, et, pour la LPM 2014-2019, environ 34 000 suppressions de postes sur la durée de la LPM, dont 1000 officiers par an. Je rappelle qu’en 2014, le ministère de la défense a assumé 60% des suppressions d’emploi de l’État.

On peut difficilement aller plus loin, quels que soient les leviers considérés : le recrutement, l’avancement, la condition du personnel.

Le recrutement coûte 170 M€ par an. Le tarir se traduirait mécaniquement par une augmentation du gain vieillesse-technicité, et donc par une augmentation de la masse salariale. Le supprimer pendant un an entraînerait une dégradation de la capacité opérationnelle : l’armée de terre recrute 8 700 personnels par an, l’équivalent de 10 régiments. Un gel complet de l’avancement pendant un an entraînerait un gain de 20 M€, dérisoire au regard des enjeux financiers et du risque social. Quant à la condition du personnel, qui concerne les mesures d’accompagnement de la réforme, elle représente 45 M€ dans cette LPM contre 90 dans la précédente. Et ces 45 M€ sont déjà gagés par des mesures inéluctables. En fait, concrètement, il n’y a pas de mesures nouvelles de condition militaire dans la LPM. Quel autre corps de l’État assumerait un tel effort sans compensation sociale, dans ces conditions ?

 

S’agissant du fonctionnement courant, je précise qu’il ne s’agit ni de « train de vie », ni de condition du personnel, mais de l’environnement dans lequel le personnel conduit son activité. Aujourd’hui, l’agrégat est déjà contraint au-delà du raisonnable en construction de LPM, pour permettre de moderniser les équipements a minima. Un effort supplémentaire de 100 M€ a été malgré tout imposé en 2014, malgré des signaux d’alerte. On se trouve à un niveau tel qu’il a fallu, l’an dernier, mettre en œuvre un plan d’urgence de 30 M€ en fin d’année pour satisfaire en partie les besoins les plus basiques, comme le chauffage. Comment aller plus loin dans les économies de fonctionnement, quand la hausse de la TVA n’est pas compensée et que les coûts de l’énergie et des fluides représentent 40% des dépenses des bases de défense ? Comment aller plus loin lorsque la carte des unités à regrouper ou à dissoudre n’est communiquée qu’année après année ?

 

S’agissant de la préparation opérationnelle, nous avons accepté en construisant la LPM un niveau d’entraînement déjà dégradé, 15 à 20% sous les standards fixés par l’OTAN. C’est un minimum, dans un contexte d’engagement opérationnel soutenu. Je le répète, la qualité de la préparation opérationnelle fait le succès des forces en opération et, en conséquence, garantit la liberté d’action du politique. Descendre sous le niveau visé augmenterait en outre le risque pour le combattant, en opération comme à l’entraînement, et augmenterait le risque social : en période de réforme, seule l’activité opérationnelle compense les sacrifices qu’il faut consentir au quotidien. Car c’est bien un paradoxe, oui, les soldats râlent… pour faire leur métier !

 

S’agissant des équipements, enfin, nous nous situons également à un plancher. Les ressources allouées aux grands programmes ont été réduites de 40% par rapport à ce que prévoyait la LPM 09-14. Les réductions et l’étalement des commandes entraîneront un vieillissement accru des matériels qu’ils sont censés remplacer avec, dans certains cas, des réductions temporaires de capacités : véhicules terrestres de combat, hélicoptères, aviation de chasse, de transport, de ravitaillement en vol et de patrouille maritime, frégates de tous types.

Quant à l’infrastructure, avec un flux annuel de 1 Md€, elle est sous-dotée d’environ 200 M€ annuels. Je rappelle sur ce plan que la plupart de nos jeunes soldats et de nos sous-officiers habitent dans leur enceinte militaire.

 

La dissuasion, dont on dit – un peu vite – qu’elle est « sanctuarisée », est aussi concernée par ces réductions et ces décalages, avec un abattement de plus de 10% des ressources par rapport à la LPM précédente, y compris dans la simulation. Et les programmes de moindre envergure mais tout aussi importants pour la cohérence d’ensemble – ce que nous appelons les « autres opérations d’armement » – sont également concernés : - 20% en construction. Toute réduction supplémentaire conduirait à décaler encore des programmes très attendus, dont l’arrivée a déjà été repoussée au maximum, comme le programme Scorpion pour la protection des forces, le MRTT pour le ravitaillement en vol, le sous-marin Barracuda. Elle conduirait à attendre encore l’acquisition de capacités qui nous font déjà cruellement défaut en opération, comme l’ISR, pour le suivi d’une cible, ou les drones.

 

Clairement, dans la construction de la LPM, nous avons déjà accepté d’aller au bout du bout du possible ! Et nous avons déjà intégré un niveau de coopération européenne et otanienne aléatoire, sans parler des hypothèses d’exportation d’équipements particulièrement ambitieuses.

Le modèle 2025 du Livre blanc et de la LPM est le dernier repli du modèle d’armée complet et cohérent dont la France a besoin pour assumer ses responsabilités au niveau affiché dans le Livre blanc. Toute encoche budgétaire à la LPM aurait des effets directs et immédiats. Elle impliquerait ni plus, ni moins de construire un nouveau projet et d’en assumer toutes les conséquences dans les domaines opérationnel, capacitaire, économique et social. Elle impliquerait ainsi de revoir l’ambition nationale.

Ne nous trompons pas : lorsque l’on abandonne une capacité, il est très difficile voire impossible de la reconstruire dans des délais compatibles avec les menaces. Les industriels le savent bien également : c’est une question de savoir, et de savoir-faire.

Nous nous situons aujourd’hui dans un contexte de dégradation sensible du moral, soulignée dans tous les rapports internes ainsi que dans le rapport que le haut comité d’évaluation de la condition militaire, autorité indépendante, vient de remettre au Président de la République. Ce moral est changeant, parfois fragile, parfois variable, mais globalement à surveiller. Dans son ensemble, le personnel ressent de la lassitude, de la résignation : il traverse une crise de confiance qui, d’ailleurs, n’est pas sans lien avec celle que traverse la société en général.

C’est un sujet de préoccupation majeure pour moi : dans notre organisation avant tout humaine, le succès repose d’abord sur les forces morales. C’est un sujet sur lequel j’alerte régulièrement l’autorité politique. Avec le ministre de la défense, j’ai fait accepter par le personnel le principe de nouveaux efforts, sans équivalent, en contrepartie d’une nouvelle perspective portée par CAP 2020 : le retour à plus de cohérence entre les missions et les moyens ; une meilleure adéquation entre l’âge, le grade et les responsabilités exercées ; une amélioration des conditions de vie et de travail. A l’évidence, comme je viens de le démontrer, toute économie supplémentaire demanderait d’autres efforts, avec le risque non maîtrisé de franchir le seuil de l’acceptabilité sociale.

J’en viens à ma conclusion : ce qui est essentiel à mes yeux.

 

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Ce qui me tient à cœur, au dessus de tout : tenir un discours de vérité, sans minimiser les difficultés, sans dramatiser à l’excès non plus.

 

La vérité, je le disais en introduction, c’est que nous avons de belles armées, des armées et des services aguerris et engagés. Qui, en Europe, est aujourd’hui en mesure de faire ce que nous faisons sur tous nos théâtres d’opération ? Personne. C’est un motif de fierté à partager, un appel à aller de l’avant.

La vérité, c’est que nous avons des armées transformées par presque 20 ans de réformes continues. Côté pile, elles n’ont cessé de perfectionner leurs doctrines, leurs tactiques, leurs équipements, pour être toujours au rendez-vous, toujours à la pointe. Les armées d’aujourd’hui, celles qui ont combattu en Afghanistan, en RCI, en Libye, au Sahel, en RCA ont peu de choses à voir avec celles de 1994. Leurs succès actuels sont la conséquence d’un aguerrissement continu. Cette mutation est à porter au crédit des hommes et des femmes des armées, qui ont su s’adapter avec créativité et détermination. C’est un autre motif de fierté.

Côté face, ces réformes ont été réalisées dans le cadre de ressources en constante diminution, alors que nos forces restaient très engagées en opération. Il s’en est suivi une érosion continue des conditions de vie et de travail, malgré des efforts considérables de rationalisation au sein de chaque armée et en interarmées : réduction des effectifs ; transfert ou dissolution d’unités et de bases ; création d’une chaîne interarmées du soutien ; mise en place des bases de défense, etc. Aujourd’hui, la cohérence globale de nos armées est fragilisée.

 

La vérité enfin, c’est que la LPM permet, en construction, de maintenir cette cohérence, et que nous disposons avec CAP 2020 d’un projet pour la mettre en œuvre dans des conditions difficiles, mais de façon cohérente. C’est mon ambition pour nos armées.

Deux conditions sont toutefois nécessaires.

La première est la mise à disposition effective de tous les crédits prévus en programmation, ressources budgétaires et ressources exceptionnelles. Dans la situation économique que traverse notre pays, c’est un défi. C’est un engagement collectif, derrière le ministre, avec les chefs d’état-major d’armée.

Deuxième condition :l’adhésion du personnel. J’en appelle à l’unité, au sens de l’intérêt commun, à la cohésion, à la détermination, à la combativité. J’en appelle à la responsabilité. L’adaptation est une nécessité. Elle impose de revoir nos raisonnements, nos manières de faire, nos organisations. Elle impose, dans notre monde qui change très vite, d’admettre que la stabilité est de plus en plus l’exception, et qu’il est difficile d’avoir des perspectives. Ce qui vaut dans la société civile vaut pour les armées. Cette réalité est comprise,mais elle est parfois difficile à assimiler : le personnel, mobile et dévoué par nature, aspire pourtant à une certaine stabilité et, surtout, à la reconnaissance par la Nation de son engagement et de ses efforts.

 

Vous avez été cette année des témoins actifs. Maintenant que vous vous apprêtez à quitter l’IHEDN, je vous invite à être des ambassadeurs dans votre environnement professionnel et personnel, auprès de nos compatriotes, pour leur faire connaître la nécessité d’une défense, ainsi que la qualité et les attentes de celles et ceux qui ont choisi de s’y consacrer sous les armes. La défense est un héritage de la Patrie. Elle ne vaut que par la volonté de la Nation.

Je compte sur vous !

Je vous remercie.

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 12:45
Côte d’Ivoire : fin du mandat 33 de la force Licorne

 

23/06/2014 Sources : EMA

 

Le 18 juin 2014, le mandat 33 de la force interarmées Licorne, placé sous le commandement du colonel Christophe Paczka, chef de corps du 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa) du Mans, s’est achevé après quatre mois de présence en République de Côte d’Ivoire.

 

Au cours d’une cérémonie sur la place d’armes du camp de Port-Bouët, le colonel Christophe Paczka a passé le témoin au colonel Paul Sanzey, chef de corps du 27e Bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) d’Annecy.

 

En présence des autorités politiques et militaires, le colonel Christophe Paczka a effectué une dernière revue des troupes avant de rendre les honneurs aux drapeaux puis de déposer une gerbe au monument aux morts du camp de Port-Bouët.

 

Durant ses quatre mois de mission, le mandat 33 de la force Licorne a participé à la reconstruction de l’armée ivoirienne. Près de 30 détachements d’instruction opérationnelle et technique (DIO et DIT) ont été mis en œuvre au profit de 600 militaires ivoiriens dans des domaines aussi variés que complémentaires : combat, instruction sur le tir de combat (ISTC), techniques d’intervention opérationnelle rapprochée (TIOR), systèmes d’information et de communication, maintenance ou encore sauvetage au combat.

 

Plusieurs actions civilo-militaires ont également été conduites au profit de la population, en particulier dans le domaine de l’éducation : rénovation d’écoles, distribution de kits scolaires…. Ces actions favorisent l’intégration de la force dans son environnement humain et contribuent à l’accomplissement de ses missions

 

Le colonel Paul Sanzey est accompagné d'un état-major tactique, d’une compagnie d’infanterie et d’une compagnie de commandement et de logistique issues du 27e BCA, d’un escadron de combat armé par le régiment d’infanterie de chars de marine (RICM) de Poitiers ainsi que de militaires issus de différentes entités, principalement dans le domaine du soutien.

 

Forte de ses 450 militaires, la force Licorne accompagne la réforme de l’armée ivoirienne et maintient une présence militaire en Côte d’Ivoire pour assurer la protection des ressortissants français.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 12:30
Défense. Quand les puces s'en mêlent

 

23 juin 2014 - Catherine Magueur - LeTelegramme

 

De petites puces électroniques compliquent la signature d'un gros contrat portant sur la vente de deux satellites espions à Abou Dhabi en raison d'un veto américain au titre du contrôle des exportations sensibles (Itar). Il aura fallu le feu vert d'Obama pour débloquer le dossier mais trop tard pour que la commande des Emirats arabes unis puisse être bouclée. La France est tragiquement dépendante en microélectronique de pointe, dangereusement affaiblie ces dernières années. Le secteur est mal en point. Il pourrait s'en sortir si Matignon et l'Elysée le veulent réellement. Explications.

 

Pas de pitié dans le monde de l'armement. C'est pire encore à l'export où les contrats font l'objet de très âpres et interminables tractations. De l'intox, du rocambolesque parfois, pour un travail qui se fait dans l'ombre sur ces dossiers sensibles que sont ceux de la Défense. Des millions, des milliards d'euros ou de dollars à la clé. Du lourd. Rappelons que notre industrie aérospatiale a un besoin vital d'exporter pour faire vivre ses bureaux d'études et ses 350.000 salariés. Rappelons aussi que l'espace français s'exporte à 100 %. Alors, on a du mal à comprendre comment de toutes petites choses, des semi-conducteurs, des « puces », peuvent gripper la machine. Pourtant, c'est bien le cas aujourd'hui.

Un terrible concurrent américain

Flash-back. Juillet 2013. Le contrat « Falcon Eye » (oeil de faucon) est signé à Abou Dhabi. À la clé, plus de 700 millions d'euros. Il porte sur la vente de deux satellites d'observation ou espions de très haute définition, construits par Airbus Defence and Space, ex-EADS, et Thales Alenia Space (Tas). Les industriels français ont réussi à arracher l'affaire de haute lutte avec, en face, un terrible et puissant concurrent, l'américain Lockheed-Martin. Un contrat sur lequel ont soufflé des vents contraires. La France n'avait rien signé dans les Émirats arabes unis depuis des années. L'enjeu était de taille. Un homme n'a pas hésité à mouiller le maillot dans cette affaire : le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Aux Émirats arabes unis, rien ne se décide sans la bénédiction du prince héritier, cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nathyan, le patron de la Défense. Jean-Yves Le Drian a réussi à nouer avec lui des relations de confiance. Ça a payé. Tout le monde ne pouvait que se féliciter. C'était signé. Et pourtant... rien n'était réglé, bien au contraire.

Le feu vert des États-Unis indispensable pour pouvoir exporter

L'administration américaine surveille son industrie, et notamment d'armement, comme le lait sur le feu. Elle ne fait pas de cadeaux. « Business is business ». Elle a sorti son arme fatale : la réglementation Itar (International Traffic in Arms Regulations). Il y a des composants américains dans les satellites. Il faut donc le feu vert des États-Unis pour pouvoir exporter. D'aucuns ont soupçonné les Américains d'avoir fait traîner les choses pendant des mois. Tant et si bien que le contrat a capoté. Les délais de validation du contrat ont été dépassés ! François Hollande en a parlé à Barack Obama lors de son voyage aux États-Unis en février dernier ! Tout cela à cause des composants électroniques qui, dit-on, n'étaient pas tous sensibles. Si c'est la guerre, elle est commerciale, explique un ancien d'EADS. Avec Itar, les Américains font la loi. Leur loi. De quoi s'arracher les cheveux pour les industriels français. « Comme par hasard, les listes Itar changent ou les composants changent de catégorie ! », souligne un industriel, partie prenante dans le dossier. C'est comme cela que la France, qui a vendu auparavant des satellites de télécommunications civiles à la Chine, ne peut plus le faire sans autorisation américaine. Ce qui est lourd de conséquences pour l'industrie d'armement française et européenne.

En jeu, la souveraineté industrielle de la France

Pourquoi accepter une telle dépendance qui touche aussi l'innovation dans notre pays ? Pourquoi ne pas faire avec des semi-conducteurs et autres puces « made in France », s'interroge le béotien ? C'est tout le problème. Le secteur de la microélectronique va mal en France et en Europe. Les concurrents américains et asiatiques lui dament le pion. Que peut faire un nain face à des géants ? C'est pourtant la souveraineté industrielle de la France qui est en jeu. C'est vrai sur le plan militaire. C'est vrai aussi pour le civil. Le destin de la puce est politique.

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:45
Forces navales : Le navire-école La Soummam accoste à Kiel en Allemagne

Le navire école La Soummam, n°de bord 937, a accosté, jeudi, au port de Kiel en Allemagne, avec à son bord des élèves officiers en formation "LMD", de l'École supérieure Navire de Tamentfoust, indique le ministère de la Défense nationale dans un communiqué.

 

21-06-2014 elmoudjahid.com

 

Lors de cette escale, qui entre dans le cadre de l'exécution de la campagne  d'instruction "Été 2014", le navire école représentera les forces navales à la manifestation des journées portes-ouvertes sur les marines, organisée par la marine allemande au port de Kiel, précise la même source. Cette manifestation sera suivie un programme culturel, touristique et sportif, afin d'enrichir les connaissances des élèves officiers et de l'équipage du navire école La Soummam, note le MDN. Il est indiqué, à cette occasion, que le haut commandement de l'Armée nationale populaire (ANP) vise, à travers cette campagne, la mise en application pratique des connaissances théoriques des élèves officiers, acquises lors du cursus de formation à l'École supérieure navale, et de leur permettre de s'adapter aux conditions de la navigation maritime durant le parcours du détroit de Gibraltar de l'océan Atlantique en passant par la manche, la mer du Nord et la mer Baltique. À noter que les élèves officiers et l'équipage du navire ont été accueillis  par l'ambassadeur d'Algérie en Allemagne, Aouam Nour-Eddine, accompagné de l'attaché de défense près de l'ambassade d'Algérie en Allemagne et des membres  du corps diplomatique algérien. Une visite de courtoisie sera rendue par le commandement du navire aux  autorités civiles et militaires de la ville Kiel, conclut-on.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:35
photo Defense Update

photo Defense Update

 

June 20, 2014 sd-magazine.com

 

Nexter Systems, Larsen & Toubro Limited (L&T) and Ashok Leyland Defence Systems have signed a consortium agreement to collaborate for the Mounted Gun System (MGS) artillery programme of the Indian Army.

 

The artillery system proposed for the MGS programme by the consortium led by L&T acting as prime contractor is a version of the well-known CAESAR® artillery system fitted onto a 6x6 Super Stallion chassis from Ashok Leyland. Unveiled for the first time at the DEFEXPO show in New Delhi in February 2014, the Indian version of the CAESAR® is also on display at the Nexter stand at Eurosatory 2014.

 

The partnership among the three companies is based on delivering the best solution and value to the Indian Army. The customization of the systems to fulfill specific Indian requirements will be done in cooperation between the three companies.

 

Nexter and L&T are already teaming for the Towed Gun System programme of the Indian ministry of defence, by proposing the TRAJAN® which is under evaluation in India.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:30
Iraq: Europe’s problem too

 

22nd June 2014  – by Sven Biscop - europeangeostrategy.org

 

If there was one piece of good news about the war in Syria, it was that it had not spilled over into neighbouring countries where the risk appeared the greatest: Lebanon and Turkey. It was a close-run thing, and an incident can still provoke escalation, which may require military intervention to contain the war within Syria’s borders. And there is of course the enormous refugee problem.

Then the war spectacularly hit Iraq, as the Islamic State in Iraq and the Levant (ISIS) group that was fighting Assad in Syria took everyone by surprise by capturing large parts of the country, together with its Baathist and tribal allies. With the Iraqi armed forces melting away before them, ISIS advanced rapidly to within striking distance of Baghdad.

Nobody had been looking much at Iraq. Not the Europeans, because they regard it as a mess that the United States (US) created (and who can blame them for that, though some Europeans prefer to forget on which side of the debate they stood back in 2003) and that therefore the US has to solve. And not the Americans either, who are happy to be rid of the Iraqi problem (or so they thought) and are focused on getting out of that other quagmire, Afghanistan.

The new crisis constitutes another proof of the error of invading Iraq in 2003 and of the failure of the policies subsequently pursued (as if more was needed). Everyone is now looking to the US to rescue the government in Baghdad, including militarily. But Europe can no longer consider this to be just an American problem, for the stability of the entire Middle East is at stake. Furthermore, ISIS is exactly the group that many fighters originating from Europe have joined, which might pose security risks if and when these eventually seek to return.

So what is to be done? What can be done?

There is no military solution, President Obama was quick to state, but if ISIS’ advance cannot be stopped there will be no political solution either. Military action is required to halt ISIS and to take back the initiative. Nobody can expect the US to send its ground troops back in, but American air support is probably vital. Yet even a massive air campaign (which it probably will not be) will be ineffective if the Iraqi army cannot hold its ground.

Simultaneously, thorough political change in Baghdad, as rightly called for by Obama, must aim to placate other actors that are clearly involved in the rising in the north of Iraq. Only a truly representative government can isolate marginalised Sunnis from the extremist ISIS. Waiting until the brutality of their methods will work against them is no option.

Meanwhile the European Union (EU) and the US, together with the United Nations (UN) and Russia, have no option but to keep putting pressure on all parties in Syria to bring them to the negotiating table and end the war that is now fuelling instability in Iraq as well. In view of the stalemate, any agreement might have to include a continued role for Assad, at least in a transitional phase, for it to be workable. However much we may dislike the idea on principle, the crisis in Iraq and the urgency of a cease-fire has probably tilted the balance in favour of realism.

Does the West have any allies in this fight? The Kurds are holding their own, but encouraging them will further stimulate the fragmentation of Iraq. For the moment Turkey cooperates well with Iraqi Kurdistan, but it remains to be seen how Ankara will react if the Kurds scale up their ambitions. Iran is greatly concerned by ISIS’ slaughtering of Shia, but at the same time wishes to see the Shia-dominated government in Baghdad continue.

In any case, the attempt to involve Iran in the Syrian negotiations has to be kept up, for a settlement has to take into account the proxy war with Saudi Arabia that is going on. The West’s role is not to take sides, but to strive for a regional arrangement in which all find their place. Hence the strategic importance of the broader negotiations with Iran itself. Care must be taken not to jeopardise the outcome of these negotiations by appearing so eager that Tehran would no longer see a reason to make many concessions – European energy companies are especially chafing at the bit. Yet a ‘normalisation’ of relations with Iran would be a breakthrough indeed.

‘Normalisation’ can only go so far, in view of the serious human rights issues in Iran (such as the hanging of homosexuals), though the situation in Saudi Arabia, the West’s ‘ally’ in the Gulf, is hardly any better. But even a limited shift towards constructive relations on an issue-by-issue basis would be a game-changer for the Middle East and the Gulf – and there probably is a much bigger chance of transition in Iran, which is in many ways a much more open society than in Saudi Arabia.

Europe and the US could thus try to maintain an equidistant position between Riyadh and Tehran, further diversify energy supply, and stabilise the Middle East. As the US role vis-à-vis Iran remains constrained, for domestic political reasons, the EU is best placed to imagine an ambitious diplomatic scheme to take this forward.

 



If there was one piece of good news about the war in Syria, it was that it had not spilled over into neighbouring countries where the risk appeared the greatest: Lebanon and Turkey. It was a close-run thing, and an incident can still provoke escalation, which may require military intervention to contain the war within Syria’s borders. And there is of course the enormous refugee problem.

Then the war spectacularly hit Iraq, as the Islamic State in Iraq and the Levant (ISIS) group that was fighting Assad in Syria took everyone by surprise by capturing large parts of the country, together with its Baathist and tribal allies. With the Iraqi armed forces melting away before them, ISIS advanced rapidly to within striking distance of Baghdad.

Nobody had been looking much at Iraq. Not the Europeans, because they regard it as a mess that the United States (US) created (and who can blame them for that, though some Europeans prefer to forget on which side of the debate they stood back in 2003) and that therefore the US has to solve. And not the Americans either, who are happy to be rid of the Iraqi problem (or so they thought) and are focused on getting out of that other quagmire, Afghanistan.

The new crisis constitutes another proof of the error of invading Iraq in 2003 and of the failure of the policies subsequently pursued (as if more was needed). Everyone is now looking to the US to rescue the government in Baghdad, including militarily. But Europe can no longer consider this to be just an American problem, for the stability of the entire Middle East is at stake. Furthermore, ISIS is exactly the group that many fighters originating from Europe have joined, which might pose security risks if and when these eventually seek to return.

So what is to be done? What can be done?

There is no military solution, President Obama was quick to state, but if ISIS’ advance cannot be stopped there will be no political solution either. Military action is required to halt ISIS and to take back the initiative. Nobody can expect the US to send its ground troops back in, but American air support is probably vital. Yet even a massive air campaign (which it probably will not be) will be ineffective if the Iraqi army cannot hold its ground.

Simultaneously, thorough political change in Baghdad, as rightly called for by Obama, must aim to placate other actors that are clearly involved in the rising in the north of Iraq. Only a truly representative government can isolate marginalised Sunnis from the extremist ISIS. Waiting until the brutality of their methods will work against them is no option.

Meanwhile the European Union (EU) and the US, together with the United Nations (UN) and Russia, have no option but to keep putting pressure on all parties in Syria to bring them to the negotiating table and end the war that is now fuelling instability in Iraq as well. In view of the stalemate, any agreement might have to include a continued role for Assad, at least in a transitional phase, for it to be workable. However much we may dislike the idea on principle, the crisis in Iraq and the urgency of a cease-fire has probably tilted the balance in favour of realism.

Does the West have any allies in this fight? The Kurds are holding their own, but encouraging them will further stimulate the fragmentation of Iraq. For the moment Turkey cooperates well with Iraqi Kurdistan, but it remains to be seen how Ankara will react if the Kurds scale up their ambitions. Iran is greatly concerned by ISIS’ slaughtering of Shia, but at the same time wishes to see the Shia-dominated government in Baghdad continue.

In any case, the attempt to involve Iran in the Syrian negotiations has to be kept up, for a settlement has to take into account the proxy war with Saudi Arabia that is going on. The West’s role is not to take sides, but to strive for a regional arrangement in which all find their place. Hence the strategic importance of the broader negotiations with Iran itself. Care must be taken not to jeopardise the outcome of these negotiations by appearing so eager that Tehran would no longer see a reason to make many concessions – European energy companies are especially chafing at the bit. Yet a ‘normalisation’ of relations with Iran would be a breakthrough indeed.

‘Normalisation’ can only go so far, in view of the serious human rights issues in Iran (such as the hanging of homosexuals), though the situation in Saudi Arabia, the West’s ‘ally’ in the Gulf, is hardly any better. But even a limited shift towards constructive relations on an issue-by-issue basis would be a game-changer for the Middle East and the Gulf – and there probably is a much bigger chance of transition in Iran, which is in many ways a much more open society than in Saudi Arabia.

Europe and the US could thus try to maintain an equidistant position between Riyadh and Tehran, further diversify energy supply, and stabilise the Middle East. As the US role vis-à-vis Iran remains constrained, for domestic political reasons, the EU is best placed to imagine an ambitious diplomatic scheme to take this forward.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:20
Drone Reaper de l’US Air Force – photo USAF

Drone Reaper de l’US Air Force – photo USAF

 

 22 juin Aerobuzz.fr

 

Au terme d’une année d’enquête, le Washington Post a recensé plus de 400 accidents de grands drones militaires américains depuis 2001. Les journalistes ont épluché plus de 50.000 pages de rapports d’enquête. Il en ressort que les causes essentielles de ces accidents qui ont entraîné la perte des engins sont liées à des problèmes mécaniques, à des erreurs humaines et aux conditions météorologiques. La plupart de ces crashs ont eu lieu lors de missions de guerre. Dans plus d’un quart des événements, l’accident est consécutif à une perte de contact avec le drone. Le ministère américain de la Défense fait remarquer, pour sa part, que le taux d’accident est en recul sensible au fil des ans.

 

Pour le Washington Post, les constructeurs de drones et les militaires ont une série de défis technologiques à relever pour améliorer la fiabilité de ces armes volants sans pilote. L’un des points faibles des drones est leur difficulté à détecter et s’adapter à une menace. Les caméras et senseurs embarqués ne remplacent pas les sens d’un pilote. Piloter un drone ne s’apparente définitivement pas à un jeu vidéo. C’est beaucoup plus complexe, d’où le taux des erreurs humains dans les causes d’accident. Des drones, conçus et fabriqués avec des tolérances moindre qu’un avion, présentent des défauts persistants. Enfin, la télécommunication entre le drone et son pilote demeure trop fragile.

 

Partant de son étude, le Washington Post estime qu’il est trop tôt pour ouvrir l’espace aérien aux drones.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:20
Confirmé: les Sea Kings retirés du service en 2015, assure encore Ottawa

Un hélicoptère CH-124 Sea King Canadien effectue des exercices d’appontage sur le USS Pearl Harbor (LSD 52) pendant PANAMAX 2007 (Photo: Archives/US Navy)

 

19 juin 2014 par Jacques N. Godbout  45eNord.ca

 

Ottawa confirme que toutes les modifications nécessaires ont été effectuées au contrat des de 28 hélicoptères CH-148 Cyclone avec la société Sikorsky Aircraft, permettant ainsi la livraison des hélicoptères ayant une capacité opérationnelle pour que l’on puisse commencer le retrait des hélicoptères Sea King en 2015.

 

Les modifications au contrat prévoient aussi l’élaboration d’un programme visant à améliorer cette capacité afin d’obtenir un hélicoptère maritime CH-148 pleinement fonctionnel en 2018.

«Dans sa configuration finale», dit le communiqué d’Ottawa annonçant les modifications, «le CH-148 Cyclone sera l’un des hélicoptères maritimes les plus performants au monde et il sera à la fine pointe de la technologie. Il pourra exécuter toute la gamme des missions de recherche et de sauvetage et des missions utilitaires dans des milieux exigeants. De plus, le CH-148 Cyclone sera entièrement interopérable dans un espace de bataille moderne et il pourra accomplir simultanément la gamme complète des missions de guerre anti-sous-marine et des missions de lutte antisurface dans un milieu hostile à menace élevée.»

«Le gouvernement du Canada a retenu les services d’un tiers indépendant – Hitachi Consulting – pour examiner et évaluer la viabilité du Projet des hélicoptères maritimes», prend la peine de préciser le gouvernement. «L’expert indépendant a confirmé que le projet serait viable avec une nouvelle structure de gouvernance et une livraison par étape des hélicoptères maritimes. Maintenant que le marché a été conclu, Hitachi Consulting continuera de surveiller des aspects du plan de mise en œuvre, veillant à ce que les dates de livraison promises à l’ARC soient respectées».

Le paiement à Sikorsky sera effectué seulement après livraison des hélicoptères.

 

La «saga» de projet d’hélicoptère maritime

Le projet d’hélicoptères maritime remonte au début des années 1990 lorsque le gouvernement Mulroney a passé commande de nouveaux hélicoptères CH-149 Cormorant pour remplacer les Sea King, mais en 1993, les libéraux de Jean Chrétien fraîchement élus ont annulé le contrat non sans un coût pour les contribuables de 478 millions $.

En 2004, c’est le gouvernement libéral de Paul Martin qui acheta finalement les Cyclones de Sikorsky pour un coût estimé de 5 milliards $, mais les problèmes ne faisait que commencer.

Bien que Sikorsky devait à l’origine commencer sa livraison en novembre 2008, et la terminer en 2011, pas un seul hélicoptère pleinement opérationnel n’a encore été produit. Seuls quatre ont été livrés à la base de Shearwater, en Nouvelle-Écosse, mais ont tous été rejetés par la Défense.

À automne 2013, le ministère des Travaux publics avait fait savoir qu’il envisageait acheter un autre appareil et n’avait pas caché qu’il examinait d’autres options, envoyant une équipe de l’armée de l’air en Grande-Bretagne pour examiner les hélicoptères HM-1 Merlin construits par AgustaWestland, écrit Murray Brewster. L’hélicoptère militaire bi-turbine européen de transport militaire NH-90 a aussi été envisagé.

Mais sortir du contrat avec Sikorsky aurait aussi coûter très cher, près d’un milliard disaient certains experts, et, finalement, le gouvernement du Canada a annoncé en janvier 2014 après l’examen de options qui s’offrait à lui qu’il continuerait avec Sikorsky, mais que la société aéronautique allait payer une amende de près de 90 millions $ pour le retard accumulé dans son programme de construction des CH-148 Cyclone.

«La décision de mener à bien le Projet des hélicoptères maritimes est conforme à notre objectif de fournir l’équipement nécessaire aux Forces armées canadiennes tout en protégeant l’investissement des deniers publics consacrés à ce programme», avait alors déclaré le ministre de la Défense nationale Rob Nicholson.

«Je suis heureuse que le marché ait été conclu et que nous puissions honorer l’engagement du gouvernement, à savoir commencer à retirer les Sea King du service en 2015 et à livrer à l’Aviation royale canadienne un nouvel hélicoptère maritime de pointe», dit aujourd’hui la Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Diane Finley.

Le budget total de 1,9 milliard de dollars pour l’acquisition des 28 hélicoptères Cyclone CH-148 n’a pas changé, dit Ottawa. Le budget total du contrat de soutien en service (y compris les modifications apportées au contrat) se chiffre à 5,7 milliards de dollars.

La modification apportée au contrat de soutien en service vise à prolonger la durée du contrat de 10 ans, tout en gardant les taux fixés en 2004. Cette modification permettra d’assurer l’entretien des hélicoptères Cyclone jusqu’en 2038.

Le projet sera mis en œuvre en fonction d’un nouveau modèle de gouvernance, qui comprendra des équipes intégrées de la société Sikorsky Aircraft Corporation et du Canada. Hitachi Consulting en assurera le soutien.

Avec cette confirmation cette semaine que les modifications apportés au contrat ont été bel et bien effectuées, devrait se terminer la «saga» du projet d’hélicoptère maritime avec la retraite des vénérables «Sea Kings» pour bientôt , à moins que, comme dans toutes les bonnes «séries télévisées», il y ait des rebondissements inattendues.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:55
Jean-Yves Le Drian annonce le transfert du commandement des forces aériennes à Bordeaux

 

21/06/2014 Par Hélène Chauwin

 

Le ministre de la Défense était à Cazaux en Gironde. Il a assisté au meeting aérien organisé pour les 100 ans de la BA 120. 

 

"L'Armée de l'air est en train de mettre en application son plan stratégique, ce qui amènera à faire de Bordeaux le pôle majeur de l'organisation de l'Armée de l'air" a-t-il expliqué.

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:55
Les restructurations de 2015 seront annoncées fin juillet


23.06.2014 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

Le cabinet de Jean-Yves Le Drian a confirmé que le ministre de la Défense dévoilera fin juillet (la date ne serait pas encore définie) la liste des unités et emprises qui seront supprimées, transférées ou réduites au cours de l'année 2015.

Lors de la présentation des mesures de restructurations, le ministre s'était engagé à annoncer annuellement les mesures de restructuration.

L'an dernier, le ministre avait ainsi annoncé le départ d'Orange du 1er régiment étranger de cavalerie pour Carpiagne (Bouches-du-Rhône) où le 4e régiment de dragons allait être dissout. Ce transfert et cette dissolution auront officiellement lieu le 9 et le 11 juillet prochains.

 

110 ri.jpg

 

Par ailleurs, le sort du 110e RI était alors scellé et ce régiment promis à la dissolution. A noter que demain mardi 24 juin aura lieu la cérémonie de dissolution de cette unité.

 

110ri2.jpg

 

Cette année, les rumeurs les plus insistantes font état de deux annonces de dissolution: celle du 1er RAMa et celle du 126e Ri de Brive. Le ministre parlera-t-il aussi de la brigade appelée à disparaître?

Détaillera-t-il aussi la liste des unités/services/écoles etc où seront supprimés les quelques 7 500 postes à passer à la trappe en 2015? C'est peu probable puisque le processus est éminemment compliqué, en particulier dans le domaine du soutien (où sont supprimés les deux tiers des postes appelés à disparaître dans le cadre de la LPM).

Affaire à suivre.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 07:55
Les marins de Kronstadt à Saint-Nazaire

Le "Vladivostok", porte-hélicoptère de la classe Mistral construit pour la Russie à Saint-Nazaire. série d'essais à la mer en avril puis en mai. Photo Marine Nationale

 

20/06/2014 par François d'Orcival- V.A.

 

Mistral. Quatre cents marins russes vont s’entraîner sur le premier des deux bateaux commandés aux chantiers navals français. Même si les Américains ne sont pas contents…

 

Le pavillon de Saint-André flottera sur un quai de Saint-Nazaire, ce dimanche 22juin. Le Smolny, navire-école de la marine russe, y est attendu avec 400 marins à bord. Il devait appareiller, ce 18 juin, de son port d’attache de Kronstadt, situé sur la Baltique en face de la baie de Saint-Pétersbourg. Kronstadt est un symbole ancien de l’amitié franco-russe, car c’est dans ce port que le tsar Alexandre III accueillit pour la première fois une escadre française, commandée par l’amiral Gervais. Cela se passait le 22 juillet 1891 et ce fut le point de départ de l’alliance franco-russe. Les marins russes offrirent, selon la coutume de l’époque, le pain et le sel à leurs camarades français.

 

Il n’est pas sûr que les marins du Smolny aient eu connaissance de ces détails en se préparant à accoster à Saint-Nazaire ; il est aussi improbable que le nouveau maire de la ville portuaire, David Samzun, leur offre le pain et le sel. Les circonstances de cette visite sont un peu particulières, en effet. Ces marins venus de Kronstadt célèbrent pourtant la perpétuation de l’amitié franco-russe, puisqu’ils doivent prendre livraison du premier des deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) que les chantiers navals STX de Saint-Nazaire construisent pour la Russie. Mais si les circonstances sont particulières, c’est que les Américains ont tout fait pour empêcher cette livraison, au motif d’un embargo décidé par eux seuls sur les livraisons d’armes à la Russie de Vladimir Poutine, en raison de l’annexion de la Crimée. Les Français sont passés outre et les marins de Kronstadt vont s’entraîner à bord de ce bateau tout neuf qui est le leur.

 

Baptisé Vladivostok (le suivant s’appellera Sébastopol, du nom de la base navale russe de Crimée), ce bâtiment a effectué sa première sortie à la mer au début du mois de mars. Entre sa mise sur cale et sa mise à l’eau, il se sera écoulé à peine plus de deux ans ! Un record pour un bâtiment de ce tonnage (21 000 tonnes) et de cette dimension — il dépasse la hauteur du porte-avions Charles-de-Gaulle qui, lui, a été réalisé en quatorze ans. C’est d’ailleurs parce que cela avait trop duré que l’on a voulu aller bien plus vite pour construire un porte-hélicoptères.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 07:54
La défense, outil de puissance de la France

 

20.06.2014 Tristan Barbageleta & Jean-Maxime Dick - portail-ie.fr

 

A l’initiative de l’Ecole de Guerre Economique et de l’Association des Entreprises Partenaires de la Défense et en partenariat avec l’ANAJ-IHEDN, s’est tenue la conférence « La défense comme outil de puissance de la France » à l’Ecole Militaire mercredi 18 juin. Etaient conviés à débattre quatre invités d’horizons divers, dont la lecture du sujet a ainsi pu se faire sous différents prismes.

 

Au-delà de la défense, la puissance comme priorité maximale.

En premier lieu, Marie Récalde, députée de Gironde et membre de la commission de la défense nationale a notamment mis l’accent sur l’importance vitale que représente le secteur de la défense pour notre économie nationale, notamment d’un point de vue local.

Christian Harbulot, directeur de l’EGE et associé du cabinet Spin Partners, dont le dernier ouvrage, Sabordage, est récemment paru, est allé au-delà de la dialectique puissance/défense. Proposant comme grille de lecture la doctrine japonaise de l’ère Meiji, « un pays riche, une armée forte », Christian Harbulot a mis en exergue la nécessité dépasser la notion de puissance afin ne pas s’en contenter mais de chercher son « accroissement ».

S’en est suivie une intervention du colonel Goya qui a particulièrement insisté au cours d’un exposé rappelant des dates clés sur l’utilisation des forces armées, sur la difficulté des milieux politiques à ne pas sombrer dans des « gesticulations » quant à l’usage de celles-ci. En effet, la tendance depuis les années 90 est à « l’engagement de moyens » sans doctrine précise, donnant lieu à des « errements » stratégiques.

La conférence s’est enfin achevée sur une intervention du président de l’ANAJ-IHEDN, François Mattens, soulignant l’importance du regard de la jeunesse sur la défense et le rôle de l’ANAJ dans la transmission et le « rayonnement de l’esprit de défense ».

 

La défense, un enjeu vital pour la France.

Il est indéniable que la défense est un outil de puissance, tant sur la scène nationale qu’internationale. Les récents débats sur le budget des armées ne font que souligner la vivacité d’un tel outil. Mais là où Marie Récalde a particulièrement porté son attention, c’est sur un aspect a priori moins visible. Car si la défense est une arme de la puissance, elle en est également une face de la crise économique. Ainsi, l’Etat doit faire montre d’une volonté d’acier pour maintenir notre potentiel technologique, notre potentiel industriel, et militaire. En effet, l’industrie de défense représente 65.000 emplois, elle s’exporte davantage que celle du luxe et cela va croissant. Le budget de la dissuasion nucléaire également, souvent décrié, ne comprend pas seulement l’entretien des ogives mais permet de participer à l’ensemble de l’activité, contribuant ainsi à la recherche et au développement. De fait, préserver et renforcer le secteur de la défense permettra de conserver notre autonomie nationale.

Toutefois, le risque d’un « Mai 40 administratif » et d’entrer dans une « spirale de la démobilisation » pour reprendre les paroles du Colonel Goya, n’est pas loin. Si la nécessité de maintenir au sommet de la hiérarchie des priorités le secteur de la défense, il n’en demeure pas moins que les effectifs des forces armées fondent, que les matériels s’usent et que le moral s’affaisse. A titre d’exemple, selon Michel Goya, la division Daguet, mobilisée lors de la Guerre du Golfe, représentait 10% du potentiel militaire français. Aujourd’hui, mobiliser une division est un véritable casse-tête.

Il fait remonter à l’attentat du Drakkar la rupture de la France dans l’utilisation de ses forces armées et d’un manque de vision stratégique globale. Si les années 60 ont été marquées par un usage rationnel de celles-ci, les décennies qui ont suivi ont vu leurs missions se transformer. Misions de sécurité intérieure ou encore d’interposition, autant d’engagements de moyens qui ne permettaient pas de répondre à la question « pour quoi nous battons-nous ? ». Si l’opération Serval semble avoir annoncé la fin d’un usage en demi-teinte par la classe politique, le théâtre centre-africain risque de faire de l’intervention au Mali une exception.

Cependant, compte tenu du contexte actuel, il ne suffit plus de « maintenir » ou « préserver » le secteur de la défense, mais plutôt d’aller au-delà afin de ne pas simplement chercher à être puissant et s’en contenter.

 

Aller au-delà de la préservation de notre défense comme outil de puissance : chercher l’accroissement de la puissance.

Il est important de revenir sur le concept de puissance, trop longtemps dévalorisé ou trop cadré. En France la puissance est soit associée à la dissuasion nucléaire, soit perçue comme une notion rétrograde. Or aujourd’hui, et plus que jamais, celle-ci reprend tout sens et se doit même d’aller au-delà, comprenant non plus sa conservation, sa défense, mais son « accroissement ». C’est ce qui fait la force de pays comme le Brésil, la Russie ou encore la Chine, qui ne perçoivent pas que la défense dans la « construction de leur puissance » mais « voient plus loin ». Ils associent défense de leur souveraineté à l’accroissement de leur puissance et c’est là que réside leur force.

La France doit donc définir une stratégie claire pour entrer dans cette logique. Car actuellement, un tournant décisif est en train de se franchir, tant dans le monde « immatériel », celui que l’affaire Snowden nous a révélé, que dans le monde matériel. En effet, d’une part, ce monde immatériel est en train d’être intégralement conquis par les Etats-Unis, et aucun objectif français n’indique où nous devons nous positionner dans ce monde, ni quelle doctrine mettre en œuvre pour ne pas être relégué au rang de spectateurs. D’autre part, cette même « totale puissance » est en train de subir de cuisants revers dans le monde matériel. A ce titre, la situation irakienne d’aujourd’hui illustre les « lourdes fissures stratégiques » de sa doctrine, dont les premiers signes d’essoufflement sont apparus suite à la chute de Saigon.

Malheureusement, si la question de la défense comme  outil de puissance est posée, il y un « interdit en France » qui ne permet pas d’aller plus loin, brouillant la réflexion quant à une stratégie plus globale. Jean-Yves Le Drian note « qu’il n’y pas de menaces à nos frontières, cependant les menaces, elles, n’ont pas de frontières ». L’accroissement de la puissance ne devrait pas en avoir non plus, et ce afin de ne pas se limiter uniquement à la préservation de la souveraineté. Ainsi, comme a pu le conclure Christian Harbulot, il faut donc bien inscrire ce débat au rang de « priorité maximale ».

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion : la semaine de l'IE

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 07:30
stocks d'armes chimiques syriennes - source LdDef

stocks d'armes chimiques syriennes - source LdDef

 

MOSCOU, 19 juin - RIA Novosti

 

La Russie salue la coopération de Damas avec la Mission conjointe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l'Onu, a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch, précisant que 93% des composants d'armes chimiques avaient été transférés hors de Syrie.

 

"Nous sommes, somme toute, satisfaits de l'évolution de ce processus [l'évacuation d'armes chimiques] qui s'effectue avec le concours actif de la communauté internationale. Nous portons une appréciation positive sur le niveau actuel de coopération entre Damas et la Mission conjointe OIAC/Onu dans l'application des décisions ad hoc du Comité exécutif de l'OIAC et de la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l'Onu prévoyant le démantèlement des arsenaux chimiques qui sont aujourd'hui pratiquement réduits à zéro", a indiqué M. Loukachevitch.

 

Selon le diplomate, au 19 juin, "93% des stocks de précurseurs et de composants d'armes chimiques ont été transférés hors de Syrie dans un contexte politique et militaire extrêmement difficile".

 

M. Loukachevitch a en outre fait savoir que "tous les équipements nécessaires à la production d'armes chimiques avaient été détruits" et que les spécialistes de l'OIAC "avaient achevé l'évacuation d'ypérite, unique gaz de combat prêt à être utilisé".

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