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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:50
photo ECPAD

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Au large de la Libye, les marines française et britannique ont coopéré étroitement, avec une efficacité opérationnelle remarquée. photo Marine nationale

 

20.06.2014 Source Marine Nationale
 

Seuls pays d’Europe disposant de l’arme nucléaire, membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations unies, ayant des responsabilités et une crédibilité internationales et appuyés par des outils politiques et militaires adaptés, le Royaume-Uni et la France partagent souvent leurs ambitions au sein des organisations internationales, dont notamment à l’ONU. La crise libyenne a par exemple démontré des convergences de vues et d’analyse entre Paris et Londres[1]. En matière de Défense et de Sécurité, la coopération franco-britannique se concrétise par deux traités majeurs, dits « de Lancaster House » signés en novembre 2010. Ces traités portent sur les volets opérationnels, capacitaires, industriels de la coopération de défense. Une « entente au sommet » qui se décline entre les deux marines et que détaillent les chefs d’états-majors de la Royal Navy et de la Marine nationale.


[1] : La France et la Grande-Bretagne ont  pris l’initiative de l’action internationale avec notamment l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations unies. Cette crise a mobilisé en 2011 les deux diplomaties tout en permettant de rapprocher sur le plan opérationnel les deux armées, en première ligne dans les actions militaires engagées

 

Interview croisée du chef d’état-major de la Marine et du First Sea Lord. 

 

Cols Bleus : Amiral, en 2010, les traités de Londres - encore appelés accords de Lancaster House - ont été signés par la France et le Royaume-Uni. Quatre ans plus tard, pouvez-vous faire un rapide état des lieux des progrès réalisés dans ce domaine par la marine que vous commandez ?

Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine (CEMM) : Les accords de Lancaster House ont été très rapidement mis en pratique au travers de la coopération entre nos deux marines lors des opérations en Libye en 2011. Cela en a constitué en quelque sorte le baptême du feu, avec le succès que l’on sait, et a lancé une dynamique puissante que nous continuons à entretenir. Elle s’est poursuivie par l’exercice Corsican Lion 2012, qui a permis de mettre en place les premiers jalons de la CJEF (Combined Joint Expeditionary Force), prévu d’être opérationnelle en 2016. Il nous reste encore  certains axes d’effort, sur lesquels nous travaillons : je pense en particulier au partage du renseignement et à l’établissement de communications protégées communes. Nous avançons. J’en veux pour preuve l’affectation d’un officier britannique à l’état-major opérations de la marine, chargé de la programmation de l’activité de la marine française et d’un autre au poste de Battle watch captain à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Cet officier est au cœur de notre dispositif opérationnel.

Admiral Sir George Zambellas, First Sea Lord (FSL) : En les observant depuis mon poste de chef d'état-major de la Royal Navy, je pense que les traités de 2010 ont démultiplié la relation bilatérale entre la Royal Navy et nos bons amis de la Marine Nationale. La signature de ces accords de grande envergure a constitué une véritable déclaration d'ambition stratégique pour notre coopération navale future.
Avec quelques années de recul, ce que j’observe au quotidien, c’est la réalisation pratique de cette ambition - aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique. Notre coopération poussée au large des côtes de la Libye il y a 3 ans et le développement, la mise en place et la progression de la force expéditionnaire interarmées combinée (CJEF-Combined Joint Expeditionary Force) sont autant d’illustrations très médiatisées des progrès que nous avons accomplis ensemble. Mais il y a beaucoup d'autres exemples moins visibles de la maturité de notre partenariat, comme l’embarquement d’hélicoptères Lynx, les échanges de personnel et les avancées dans le domaine de l'équipement, autant d’aspects que j’aborderai plus loin. Et il y a encore plus à attendre de cette aventure conjointe - par exemple, la CJEF devrait être opérationnelle en 2016 et la coopération entre nos porte-avions s'intensifiera à mesure que les porte-avions de classe Queen Elizabeth seront mis à l’eau et commenceront à embarquer des groupes aériens en temps voulu.

 

ACCORDS DITS DE LANCASTER HOUSE

Les Traités de Londres ou Accords de Lancaster House sont les deux traités militaires signés lors du sommet franco-britannique de Londres, à Lancaster House, par le président français et le Premier ministre britannique le 2 novembre 2010. Le premier est « relatif à des installations radiographiques et hydrodynamiques communes » et concerne le développement et l'emploi des armes nucléaires. Le deuxième est une « coopération en matière de défense et de sécurité ». Il concerne « le déploiement et l’emploi des forces armées », les « transferts de technologies » entre les deux industries de l'armement, les programmes d'achats d'armements et les échanges d'informations.

 

Cols Bleus : La coopération dans les programmes navals n'a pas toujours été couronnée de succès. Y-a-t-il, dans les années à venir, des renouvellements de grandes capacités qui seraient plus en phase? Si oui, existe-t-il des possibilités de mutualisation ou de complémentarité?

CEMM : Parmi les programmes sur lesquels nous discutons, il y a en particulier le missile antinavire léger.  La France et le Royaume-Uni se sont par ailleurs engagés ensemble sur le programme SLAMF[1], dont le pilotage est confié à l’OCCAR[2]. Plus loin, nous réfléchissons à des programmes communs dans les domaines de la lutte sous la mer, des missiles de croisière ou antinavires futurs. Je crois que nous avons là des occasions prometteuses de coopération.

FSL : Permettez-moi de commencer en disant que, après un début de carrière aux fonctions d’aviateur naval, j'ai passé deux années très agréables en tant que pilote du Lynx. Cet hélicoptère qui sert de longue date a été le cheval de bataille aérien des flottes de destroyers et de frégates de la Royal Navy comme de la Marine Nationale. Ainsi, la réussite du Lynx démontre que la coopération mutuelle et l'alignement des capacités futures disposent déjà d’un terreau fertile où prendre racine et s’épanouir. En fait, pas plus tard que le mois dernier, une annonce a été faite concernant notre acquisition commune d'un futur système de missiles antinavires, qui, dans le cas de la Royal Navy, sera exploité via son nouvel hélicoptère Wildcat, notre remplacement pour le Lynx.

Et il existe d'autres opportunités futures très intéressantes pour aligner le renouvellement de nos capacités. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Nos systèmes ont de plus en plus besoin d’être ouverts, tant techniquement que commercialement. Pourquoi ? Parce que cela permet une connectivité et une mise à niveau rapides des technologies, ce qui, à son tour, nous permet de maintenir un avantage crédible, évolutif et gagnant au combat. Les opportunités à saisir grâce à l'architecture ouverte sont peut-être encore plus importantes dans l’univers commercial des systèmes commandés à distance, sans équipage. Pour la Royal Navy, notre futur programme MHC (Minecountermeasures and Hydrographic Capability - capacités antimines et hydrographiques) nécessite un examen précoce de l'utilité des véhicules sans pilote et des possibilités offertes par l'architecture ouverte. Notre programme anti-mines maritimes conjoint contribue à alimenter notre ambition mutuelle dans ce domaine.


[1] Système de lutte anti-mine futur

[2] Organisme conjoint de coopération en matière d’armement

 

Cols Bleus : Y-a-t-il des capacités majeures qui vous manquent ou qui viendraient à manquer dans les prochaines années? Quelles synergies seraient alors envisageables avec votre allié?

CEMM : Au-delà des programmes, je crois qu’il faut effectivement raisonner en termes de capacités. La France dispose d’un porte-avions. C’est un outil clef de notre défense, qui accroît considérablement nos capacités d’intervention. Nombreuses en effet sont les opérations qui ont montré tout l’intérêt de disposer d’une plate-forme permettant de mettre en œuvre sans contrainte des avions d’armes à proximité immédiate de la majorité des centres névralgiques dans le monde[1]. Mais notre porte-avions est unique : lors de ses périodes d’entretien, nous perdons cette précieuse capacité d’action. La marine nationale et la Royal Navy ont donc tout intérêt à posséder des outils interopérables. Ainsi, à l’horizon 2020, nous travaillons à la mise à disposition d’un groupe aéronaval commun, constitué autour d’un porte-avions et de son groupe aérien qui pourront être alternativement fourni par la France ou la Grande-Bretagne. C’est un projet ambitieux mais qui présente de nombreux avantages, pour nous comme pour nos alliés britanniques, me semble-t-il.

FSL : Nous travaillons dur, dans la Royal Navy, à régénérer notre capacité de frappe depuis nos porte-avions, le « Carrier Strike ». Ce qui est important, c’est qu’il ne s’agira pas de remplacer à l’identique une force d’attaque s’appuyant sur les porte-avions de classe Invincible, mais de retrouver l'ampleur des opérations des années soixante et soixante-dix avec des avions à réaction rapides - un retour à une force aéronavale d'attaque mature et crédible.
Ce programme naval phare crée une importante opportunité de collaboration au niveau maritime pour la France et le Royaume-Uni, notamment parce que ces porte-avions seront au cœur du volet maritime de la CJEF. En effet, au moment où le Royaume-Uni poursuit ses efforts pour reconstruire sa capacité en porte-avions, nous bénéficions déjà de l'assistance généreuse de nos alliés français et américains. D'ici à 2020, nous espérons commencer l'exploitation d'un groupe commun de force aéronavale d’attaque (Carrier Strike Group) – en utilisant un porte-avions britannique ou français. Il s'agit là d'un objectif précieux pour nos deux marines. Mais nous n'avons pas besoin d'attendre que le HMS Queen Elizabeth soit opérationnel pour réaliser cette vision. Nous explorons déjà le domaine du possible avec l'intégration d'une frégate de type 23 ou d’un destroyer de type 45 au sein du groupe de force aéronavale d’attaque français dans le courant de cette année.


[1] 80% des habitants de la planète vivent à moins de 100km du littoral

 

Guerre de Libye

L'intervention militaire de 2011 en Libye est la concrétisation de ce rapprochement. Les deux pays mènent conjointement 80 % des raids aériens contre l'armée de Mouammar Kadhafi. C'est leur première opération militaire commune, certes dans un cadre différent, depuis l’opération de Suez en 1956.

Cols Bleus : Des choix ont été faits pour le design des porte-avions qui ne vont pas dans le sens d'une plus grande interopérabilité, notamment pour les groupes aériens. Pouvez-vous commenter?

CEMM : L’interopérabilité peut prendre plusieurs formes et son niveau le plus abouti ne constitue pas un but en soi. C’est un moyen. Nous avons chacun nos contraintes et nos cultures. Ainsi, certains roulent à droite, d’autres à gauche. La question n’est pas de savoir de quel côté rouler mais de rouler de conserve vers la même direction et de coordonner les interactions. Il en va de même avec les outils navals.
En l’occurrence, le porte-avions, quel que soit son design, est un outil majeur mais indissociable d’un groupe aéronaval. De nombreuses combinaisons sont possibles à l’intérieur de celui-ci : au sein de l’état-major, dans la complémentarité des bâtiments ou des aéronefs, quelles que soient les nationalités. Le détachement d’un Lynx britannique sur le Surcouf en début d’année 2013 est un bel exemple d’intégration réussie. Les pilotes britanniques s’étaient vus confier les mêmes responsabilités et les mêmes règles d’engagement que ceux que l’on donne à nos pilotes français. Le moins que l’on puisse dire est que cela a été concluant. C’est ainsi que je vois la coopération de nos outils.

FSL. : Il est sans aucun doute vrai que le chasseur rapide français, le Rafale, ne sera pas en mesure d’opérer à partir de la nouvelle classe Queen Elizabeth. Mais ce serait percevoir l’interopérabilité des porte-avions franco-britanniques par le petit bout de la lorgnette. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. 
Tout d'abord, les porte-avions de classe Queen Elizabeth n’assumeront pas uniquement un rôle de plate-forme pour les appareils à réaction rapides. Ils posséderont également une capacité de manœuvre littorale. Cela signifie que même si les chasseurs rapides français ne peuvent pas opérer actuellement depuis un porte-avions de classe Queen Elizabeth, les hélicoptères français devraient, eux, pouvoir bénéficier de ce soutien.
Mais il y a un aspect plus important à souligner. Nous devons également prendre en compte l'interopérabilité future - et j’entends par là loin dans l'avenir - car un élément clé de ces plates-formes est leur longévité. Les porte-avions de classe Queen Elizabeth auront une durée de vie de plus de 50 ans. Notre horizon professionnel s'étend donc sur de nombreuses décennies à venir pour l’aviation navale qui opérera depuis ces terrains d'aviation flottants. C'est une longue période, qui offre donc de nombreuses opportunités pour une plus grande interopérabilité dans les années à venir. Peut-être pourrais-je préciser ma pensée en ces termes : étant donné que le dernier commandant de la nouvelle plate-forme HMS Queen Elizabeth ne naîtra qu’aux environs de 2023 - soit rejoindra la marine aux alentours de 2044 - la technologie qui sera alors à notre disposition ne connaît pour limite que notre imagination.

 

 

Cols Bleus : Une coopération efficace passe par l'action sur le terrain des hommes et des femmes de vos états-majors et de vos équipages. Pouvez-vous faire nous dire comment cela se passe concrètement aujourd'hui entre les deux marines?

CEMM : Les échanges entre marins des deux bords de la Manche s’intensifient. Là encore, les résultats sont encourageants. 3 officiers britanniques travaillent à l’état-major de la marine dans des fonctions de direction, dont un dans mon propre cabinet, 5 sont en ce moment en opérations au sein du CTG français, notamment à bord du Charles de Gaulle. Ces officiers sont employés exactement comme leurs homologues français. Les relations de confiance sont très fortes.
En réalité, nous constatons à chaque fois que l’adaptation des officiers britanniques chez nous est immédiate : nous avons la même approche du combat, les mêmes procédures, ce qui facilite grandement les choses.

FSL : Oui, absolument. Permettez-moi de vous donner quelques exemples spécifiques. Tout d'abord, nous avons 14 postes d'échange. Pourquoi les mentionner ? En partie parce que ces échanges ont une réelle importance stratégique: ils influencent la communication politique au niveau intergouvernemental. Ils sont également stratégiques dans un autre sens. Ces postes d'échange se situent non seulement au niveau tactique et opérationnel, mais aussi aux plus hautes fonctions des états-majors. Par exemple, un capitaine de frégate français est l’un de mes officiers à l’état-major de la marine, ici, au ministère britannique de la Défense, et je compte sur lui pour m'aider à concrétiser les avantages stratégiques potentiels pour la Royal Navy et la Marine Nationale.
Un deuxième exemple est l’embarquement, l'année dernière, d'un Lynx de la Royal Navy pour une mission de l’escadron 815 de l'aéronavale à bord d’une frégate française, le FS Surcouf. Ce n'était pas une opération de façade. L'intégration d'un équipage de la Royal Navy a eu lieu lors d'un déploiement opérationnel exigeant au Moyen-Orient où le navire était engagé dans des opérations de lutte contre la piraterie. Notons par ailleurs que, dans l’autre sens, un observateur français est en cours de déploiement depuis le HMS Diamond
Je m'attends à ce que ces types d’échanges deviennent réguliers et systématiques.
Alors, quelle est l’utilité de toute cette activité ? Elle contribue à nous apporter une réelle interopérabilité, tout en nous aidant à promouvoir une prise de conscience culturelle instinctive et mutuelle. Elle n'est pas simplement utile, elle est essentielle

 

CORSICAN LION

Du 17 au 26 octobre 2012, près de 5 000 militaires, répartis sur 11 bâtiments de surface et un sous-marin, ont participé à Corsican Lion, le plus important entraînement naval de l’année à l’échelle européenne. Il s’agit du premier déploiement amphibie de la force expéditionnaire interarmées franco-britannique (CJEF). L’intervention au Mali, soutenue par les Britanniques, a démontré la qualité de notre coopération.

 

Cols Bleus : En termes d'activité, de préparation opérationnelle et d'opérations, on a beaucoup parlé de la CJEF (Combined Joint Expeditionnary Force). L'ambition étant posée, pensez-vous être au rendez-vous des différents jalons, et de l'échéance, dans le domaine des opérations aéro-maritimes?

CEMM : Oui, comme je le disais à l’instant, les objectifs identifiés lors de CORSICAN LION sont en bonne voie de réalisation. Nous rencontrons parfois des difficultés, dues aux contraintes budgétaires ou opérationnelles dans nos marines respectives, mais cela ne remet pas en cause l’avancement du projet. S’il l’on veut obtenir la validation du concept lors de l’exercice GRIFFIN STRIKE en 2016, nous avons le devoir de saisir toute occasion de s’entraîner ensemble, ce que nous faisons d’ores et déjà.

FSL : L'ambition de parvenir à un degré élevé de coopération et, autant que possible, à l'interopérabilité dans les porte-avions et l'aéronavale, est clairement exprimée dans les accords de Lancaster House. Mais, comme nous en avons déjà discuté, je perçois l'interopérabilité et la coopération comme quelque chose de beaucoup plus poussé que la simple utilisation de porte-avions alliés pour lancer des avions ; Il s'agit d'améliorer la planification conjointe à long terme et, le cas échéant, d’une mise en commun et d’un partage (du « pooling and sharing ») afin de parvenir à une utilisation plus efficace de nos capacités, tant individuellement que collectivement. Bien sûr, pour le Royaume-Uni, nos calendriers seront inévitablement assujettis au programme de mise en service du HMS QUEEN ELIZABETH, mais en attendant, nous travaillerons avec l’aéronautique navale pour assurer une capacité CJEF validée dès 2016.

CJEF

Les deux gouvernements ont décidé de créer une force expéditionnaire commune interarmées (en anglais, Combined Joint Expeditionary Force - CJEF). Le but de cette force est de permettre, d’ici 2016, de disposer d’une capacité conjointe pouvant être engagée dans des opérations bilatérales, mais également dans le cadre d’une coalition internationale (OTAN, UE ou ONU). Il y a aussi un objectif, à terme, de créer un état-major de force commun déployable (en anglais, Combined Joint Force Headquarters – CJFHQ)

 

Cols Bleus : Pensez-vous que le couple Marine Nationale-Royal Navy devrait servir de modèle ou de moteur potentiel pour l'émergence d'une force maritime européenne? Si oui, de quelle manière?

CEMM : Je crois qu’il faut utiliser la méthode des petits pas. Plutôt que de chercher à bâtir d’emblée une force commune à 28, il faut construire des briques, qui pourront ensuite s’agréger à d’autres. La coopération franco-britannique est une brique essentielle, qui pourra effectivement servir dans le cadre d’un projet plus ambitieux, auquel nous aspirons tous. Notons cependant que de nombreuses choses se font déjà. La plupart des marines européennes travaillent toutes avec les mêmes procédures, qui sont les procédures de l’OTAN. Dès lors que la volonté politique est commune, nous savons travailler ensemble. Dans le bas du spectre, l’opération européenne ATALANTA de lutte contre la piraterie en océan Indien  en est le meilleur exemple.

FSL : Eh bien, l'idée d'une force maritime européenne est, bien sûr, un concept politique plutôt que militaire, il ne serait donc pas approprié pour moi de m’étendre sur le sujet. Mais ce que je peux dire, d'un point de vue militaire, c’est que le partenariat franco-britannique forme le cœur des activités maritimes européennes. Il s’est, par exemple, manifesté dans les rôles de premier plan assumés par la France et le Royaume-Uni dans l’exécution de l'opération Atalanta. Notre patrimoine commun nous donne également un important rôle à jouer dans de nombreuses régions du monde. Par exemple, nous souhaitons développer notre coopération dans l'Atlantique, dans la ceinture tropicale qui s'étend du golfe de Guinée aux Caraïbes, et au début de cette année, le HMS PORTLAND et le FS BIROT ont opéré ensemble au large du Ghana. Et, comme la Libye l’a illustré avec force, les politiciens de nos deux nations reconnaissent l'utilité de la force militaire et ont été prêts à prendre des décisions difficiles quant au moment de sa mise en œuvre.

 

Cols Bleus : En pratique, l'OTAN est historiquement l'organisation de référence. Comment voyez-vous le positionnement de votre marine et du couple FR-UK dans les opérations maritimes de l'OTAN dont le commandement est désormais centralisé à Northwood? Quelle conséquence peut-on anticiper sur le développement d'une identité plus strictement européenne dans ce domaine?

CEMM : Il ne faut pas confondre but et moyens. L’OTAN est un moyen. Une force maritime européenne est un moyen. Ces moyens sont compatibles. C’est tout l’intérêt du standard commun, les procédures OTAN, qui permettent de relier différentes unités ou états-majors avec de faibles préavis. La question de l’objectif est quant à elle une question politique. C’est elle qui détermine les moyens qui sont mis en commun, et donc la coalition engagée pour arriver à ces objectifs. Il n’y a à mon sens pas de concurrence, mais bien une complémentarité.

FSL. : Ce qui est clair, c'est que, avec le rééquilibrage des États-Unis dans le Pacifique, notre principal partenaire stratégique attend de la Grande-Bretagne et de la France qu’elles convainquent les autres pays européens d’assumer conjointement le poids de la défense et de la sécurité en Europe et dans son voisinage. Au sens stratégique large, peu importe que nous agissions sous la bannière de l'OTAN ou de l'UE. L'effet stratégique obtenu sera le même. Par exemple, l'opération OCEAN SHIELD, une mission de l'OTAN, et l'opération ATALANTA, une mission de l'UE, ont toutes les deux le même objectif : tenir en échec l'anarchie que constitue la piraterie dans l'Océan Indien. 
Nous partageons ce fardeau non seulement par notre participation aux opérations maritimes de l'OTAN et de l'UE, mais également par notre leadership au sein de l'OTAN. Cela signifie que nous partageons une « voix maritime » qui résonne à travers toutes les zones internationales de la planète. Le commandement maritime de l'OTAN en donne une bonne illustration, depuis que la France a rejoint la structure intégrée de l'OTAN, puisqu’il possède un commandant britannique permanent et un commandant adjoint français (tous deux au niveau 3*). Cela donne à nos deux marines une autorité professionnelle en partenariat dans les cercles maritimes de l'OTAN.

 

Cols Bleus : La France et le Royaume Uni entretiennent chacune une relation bilatérale forte avec l'US Navy pour des raisons historiques ou dictées par les circonstances de l'engagement opérationnel. Comment voyez-vous le binôme FR-UK dans ce jeu à 3?

CEMM : Chacun des trois pays entretient des relations fortes avec les deux autres. C’est effectivement le cas entre la marine nationale et l’US Navy. Nos frégates de défense aérienne se sont encore vues récemment confier la responsabilité de la défense aérienne de groupes aéronavals américains et vice-et-versa. L’estime mutuelle est donc très haute et l’interopérabilité très forte.
Ces interactions sont essentielles. Nos trois pays partagent des ambitions politiques mondiales et une même vision du rôle des océans dans leur défense. Il est donc nécessaire qu’ils puissent s’allier et s’appuyer les uns sur les autres.
La relation entre les marines française et britannique s’inscrit dans cette ligne.

FSL : Pour moi, c'est un exemple d’« un pour tous et tous pour un ». Notre relation mutuelle avec les États-Unis est un facteur critique qui rend possible la relation entre la France et le Royaume-Uni. Un exemple récent classique est le soutien apporté par les États-Unis dans certains domaines très pointus, par exemple, la surveillance des zones et les avions ravitailleurs au cours des opérations en Libye en 2011. Nos capacités sont imbriquées sur le plan opérationnel. Une bonne illustration serait une frégate ou un destroyer britannique déployé dans le cadre du groupe aéronaval français dans un théâtre d'opérations commandé par les États-Unis. Et, comme je l'ai déjà évoqué, à la suite de son rééquilibrage vers le Pacifique, les États-Unis attendent à la fois du Royaume-Uni et de la France que nos deux nations l’aident à assumer la charge de l'OTAN.

 

Cols Bleus : Amiral, pour terminer, quel est l'intérêt de votre marine à cette coopération bilatérale franco-britannique? Quels bénéfices en retirez-vous ? 

CEMM : Essentiellement un intérêt opérationnel, notamment en cette période de crise économique qui tend à limiter le nombre de nos bâtiments et d’aéronefs. Il faut se serrer les coudes et essayer de multiplier les effets de nos différents outils.
Le tandem franco-britannique est un vieux couple, qui connaît des hauts et des bas. J’ai le sentiment que nous traversons une période favorable au développement d’une « Entente formidable », comme cela a été dit lors de la signature de Lancaster House. En quelque sorte, cette crise économique est une occasion de faire avancer encore cette entente de manière pragmatique. Saisissons-là !

FSL : Dans l'ère moderne, le partenariat et l'interopérabilité sont des précurseurs à une action d’envergure et de conséquence. C'est l’enjeu stratégique, et nous préparons aujourd’hui le mortier de l'interopérabilité pour cimenter ensemble les briques de notre partenariat.
Alors, si vous me demandez mon message global, ce sera le suivant : les accords de Lancaster House ont suscité une vague d'ambition, d’autorité et d’opportunité sur laquelle nous surfons maintenant ensemble. Cela signifie que j’attends avec impatience un partenariat toujours plus profond entre la Royal Navy et la Marine Nationale, pendant que nous développons nos structures, nos capacités et notre compréhension culturelle mutuelle afin d'être en mesure de travailler et de lutter plus efficacement aux côtés les uns des autres.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:35
Thales launches export version of the Hawkei at Eurosatory 2014

 

20.06.2014 Thales



During Eurosatory 2014, Thales is displaying its new export version of the Hawkei Light Protected Mobility vehicle. The highly innovative, next generation LPM vehicle, designed and
manufactured in Australia, was built with saving lives in mind. Based on the pedigree of the iconic Thales Bushmaster, the Hawkei provides class-leading protection, mobility and payload, while meeting customers' complex operational challenges.

The 7-tonne, 4x4 Hawkei is designed for rapid airmobile deployment. Available in a variety of variants including Command, Reconnaissance, Liaison and Utility, it is a compelling choice for operations with limited point-of-entry options.

The Hawkei has already proven to be a success in Australia, where, in 2013, six Hawkei vehicles were delivered to the Australian Department of Defence under Stage 2 of the

Manufactured and Supported in Australia option of the Land 121 Phase 4 programme. The vehicles, comprising two Command, two Utility and two Reconnaissance vari... (plus)

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:56
Eurosatory 2014 : JT n° 4 - Jeudi 19 juin


 19/06/2014 Ministère de la Défense

 

Le journal télévisé en direct du salon Eurosatory 2014 est diffusé tous les jours à 14h du lundi 16 au vendredi 20 juin. Retrouvez l'édition du jeudi 19 juin en rediffusion.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:55
Puissance de feu / Crédits : ADC Drahi

Puissance de feu / Crédits : ADC Drahi

 

19/06/2014 MME BOISGELOT Actu Terre

 

Du 2 au 5 juin 2014, le groupement aéromobilité de la section technique de l’armée de Terre (GAM STAT) et un détachement du 1er régiment d’hélicoptères de combat (1er RHC) ont participé à une campagne d’expérimentation du Tigre HAD (hélicoptère appui-destruction) au camp de Suippes.

 

Les équipages du 1er RHC sont venus consolider, auprès du GAM STAT, leurs connaissances de la machine, avec laquelle ils seront projetés à l’automne. Ils effectuent, de jour et de nuit, des tirs de roquettes et d’obus et des entraînements aux tirs de missiles.

 

Le détachement est aussi présent à Suippes pour faciliter la future préparation opérationnelle du régiment doté de cet aéronef, et permet, par la même occasion, de valider la capacité d’effectuer des tirs air-sol Tigre à Suippes. A découvrir dans ce reportage vidéo.

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:55
Célébration des 20 ans des forces spéciales «air»

 

20/06/2014 Adj Jean-Laurent Nijean - Armée de l'air

 

Les deux unités des forces spéciales «air», l’escadron de transport 3/61 «Poitou» et le commando parachutiste de l’air n°10 (CPA 10) ont célébré leur vingtième anniversaire au sein du commandement des opérations spéciales (COS), le 12 juin 2014. Pour l’occasion, une cérémonie dirigée par le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, a été organisée sur la base aérienne 123 d’Orléans.

 

«Je suis heureux d’être là aujourd’hui car j’ai une grande admiration pour ces aviateurs, affirme le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA). Ces deux unités des forces spéciales font valoir toute la compétence dans la troisième dimension indispensable à l’exécution des opérations spéciales. Dans ces 20 ans, les nombreuses citations sont là pour démontrer toutes les qualités des unités, que ce soit le «Poitou», le CPA 10 et les unités d’hélicoptères. Aujourd’hui il n’ont rien à prouver, si ce n’est de qu’on les admire.»

 

Lors de cette commémoration, de nombreuses décorations ont été décernées à ces hommes et femmes de l’armée de l’air qui œuvrent le plus souvent dans l’ombre sous le commandement du COS. «Aujourd’hui, j’ai le sentiment que ces deux unités obtiennent la reconnaissance qu’elles méritent, déclare le colonel Gilles Besançon, commandant la base aérienne 123 d’Orléans. C’est vrai qu’elles font des choses extraordinaires que nous ne devons pas dévoiler pour les raisons évidentes de sécurité. Il est d’autant plus important que ces aviateurs soient reconnus devant leurs proches, devant leur famille, devant leurs anciens et devant leurs pairs de la base aérienne. La base aérienne s’est configurée dans son soutien qu’elle a mis en place pour les appuyer.» Les décorations étaient aussi bien à titre collectif qu’à titre individuel pour les opérations menées dans la bande sahélo-saharienne. Le «Poitou» et le CPA 10 ont reçu une nouvelle croix de la valeur militaire à titre collectif. «Cette cérémonie était un moment fort et intense, témoigne le lieutenant-colonel Éric Asselin, commandant le CPA 10. Légion d’honneur, médaille militaire, Croix de la Valeur militaire avec des citations extraordinaires… Autant de décorations qui ont permis aux anciens de se rendre compte que leur héritage est aujourd’hui vivace. À travers l’individu, quel que soit son grade ou sa spécialité (pilote, commando, mécanicien-navigant, officier renseignement) ce sont les unités des forces spéciales «air» qui ont été récompensées.»

 

Cette commémoration a été l’occasion pour l’escadron de transport des forces spéciales de recevoir officiellement le fanion de sa troisième escadrille nouvellement créée. «Nous avons atteint l’âge de la majorité avec l’arrivée de cette troisième escadrille F121 qui accueille des Twin Otter. Cette remise officielle montre la montée en puissance de l’unité et de l’armée de l’air au sein des opérations spéciales. Les aviateurs du «Poitou» sont des opérateurs forces spéciales, ils développent des capacités techniques du combattant et d’innovation et d’initiative quels que soient leur grade et leur spécialité», souligne le lieutenant-colonel Franck Didier, commandant l’escadron de transport 3/61 «Poitou».

 

La célébration des 20 ans s’est clôturée par une démonstration dynamique mettant en œuvre de nombreuses capacités des opérations spéciales dans la troisième dimension.

Un Caracal de l’escadron d’hélicoptères «Pyrénées» a assuré les différentes techniques de mise à terre, de récupération et d’appui-feu avec les commandos du CPA 10. «L’apport des hélicos cela se concrétise aujourd’hui par la formation «opérations spéciales» d’équipages de l’escadron d’hélicoptères 1/67 «Pyrénées», déclare le CEMAA. Nous avons des aviateurs affectés au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales, à Pau et nous formons aujourd’hui une partie du «Pyrénées», pour avoir une participation plus importante, conformément au Livre blanc. La formation ne va pas durer longtemps car nos équipages ont déjà toutes ces compétences requises. Je suis content car cela élargit notre domaine d’emploi, qui est lié à la troisième dimension. Nous avons besoins de grandir, spécifiquement pour les forces spéciales « air ».»

 

Célébration des 20 ans des forces spéciales «air»Célébration des 20 ans des forces spéciales «air»
Célébration des 20 ans des forces spéciales «air»

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:50
EATT 2014 : entraînement des unités des transports tactiques

 

 

19/06/2014 Armée de l'air

 

Sous l’égide de l’agence européenne de Défense, la 3e édition d’EATT (European Air Transport Training - entraînement européen du transport aérien) se déroule du 15 au 27 juin 2014 à Plovdiv, en Bulgarie.

 

Dix nations, soit près de 300 personnes se sont réunies pour participer à cette 3e édition. Parmi elles, l’armée de l’air met en oeuvre d’un Hercule C130. Deux équipages et des mécaniciens de l’escadron de transport 2/61 «Franche-Comté» de la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, ainsi que des instructeurs du centre d’instruction des équipages de transport (CIET) et trois aviateurs de l’escadrille aérosanitaire «Étampes» de la base aérienne 107 de Vélizy-Villacoublay sont déployés.

L’EATT est un exercice dédié à l’entraînement des avions de transport dans le domaine tactique. Il est basé sur la mutualisation et le partage des moyens «pooling and sharing». Son objectif principal est de promouvoir l'interopérabilité entre les nations participantes. Des entraînements communs dans un contexte international sont ainsi réalisés.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:45
Serval : point de situation du 19 juin 2014

 

 

20/06/2014 Sources : EMA

 

La semaine a été marquée environ 60 sorties aérienne, dont une vingtaine de missions réalisées par les avions de chasse, 10 missions de ravitaillement et de renseignement, et 30 missions de transport. Le dispositif français reste inchangé avec deux points d’appui principaux à Gao et Bamako, et quatre plots avancés à Tessalit, Kidal, Tombouctou et Ansongo.

 

Du 11 au 13 juin, le GTD DIO a mené une opération de surveillance et de contrôle du grand Gao et de la région d’Almoustarat - Djebok. Cette opération a permis d’affirmer la présence de la force Serval dans la région sud de Gao. Divers contacts ont été pris avec la population et les forces en présence.

 

Du 6 au 14 juin, le convoi du nouveau bataillon logistique Salamandre (BATLOG Salamandre) a effectué sa première boucle avant de ravitailler des emprises des DLAO dans le Nord. Ce premier convoi a permis aux soldats du BATLOG de se confronter aux dures réalités des pistes sablonneuses et rocailleuses du Mali. Malgré les difficultés mécaniques imputées au terrain et grâce aux efforts déployés par les diverses équipes du BATLOG, le convoi a pu mener à bien sa mission et apporter le matériel nécessaire à l’ensemble des détachements de la force sur les emprises de Gao, Kidal et Tessalit.

 

Le 18 juin 2014, deux hélicoptères Caracal et un hélicoptère Puma de l’armée de l’air ont été acheminés sur la base aérienne de N’Djamena par gros porteur Antonov 124. Ces hélicoptères appartiennent à l’escadron 1/67 (EH 167) « Pyrénées » de la base aérienne 120 de Cazaux. Dans le cadre des relèves, ils sont déployés pour un mandat de 4 mois au sein de la Force Epervier. Un deuxième hélicoptère Puma, complètera prochainement ce dispositif. Intégrés au groupement Air de la force Epervier, les équipages et les machines du « Pyrénées », ils reprendront les missions d’évacuation sanitaire (EVASAN), de sauvetage aéroterrestre (SATER) et de soutien et d’appui aux forces déployées sur le théâtre. Ils participeront également aux deux missions permanentes du dispositif Epervier: la protection des intérêts français (tout particulièrement la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad), et conformément à l’accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad, le soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation) aux forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes.

Serval : point de situation du 19 juin 2014
Serval : point de situation du 19 juin 2014Serval : point de situation du 19 juin 2014
Serval : point de situation du 19 juin 2014

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:45
Sangaris : point de situation du 19 juin 2014



20/06/2014 Sources : EMA

 

Point sur les opérations de la force Sangaris, engagée en République centrafricaine, du 12 au 18 juin 2014.

 

Les effectifs de la force Sangaris sont de l’ordre de 2 000 soldats.

Le 13 juin 2014, au terme de quatre mois de missions, le groupement tactique interarmes (GTIA) « Savoie» a été relevé par le GTIA « Acier ». Commandé par le colonel Didier Leurs, chef de corps du 16ebataillon de chasseurs, le GTIA « Acier » est composé de l’état-major tactique et de trois compagnies de combat, dont une provenant du 7ebataillon de chasseurs alpins, ainsi que de renforts.

Le 17 juin, le général de brigade Eric Bellot des Minières a pris le commandement de l’opération Sangaris (COMANFOR Sangaris). Il relève le général de brigade Francisco Soriano qui a commandé les forces françaises engagées en République Centrafricaine depuis le 5 décembre 2013.

Le dispositif français en RCA est réparti sur trois zones d’action principales : la région de Bangui, l’ouest du pays entre Béloko et Bossembélé, et l’est entre Sibut et Bria.

Les effectifs d’EUFOR RCAsont désormais de 700 hommes ; ils incluent 250 militaires français. Le 15 juin 2014, l’Union européenne a déclaré la pleine capacité opérationnelle de EUFOR RCA. Peu après, cette force a pris le relai de la force Sangaris pour poursuivre, en appui de la MISCA, la sécurisation des 3eet 5earrondissements de la capitale centrafricaine. Ce transfert de responsabilité a été rendue possible grâce à l’arrivée d’un contingent géorgien au sein de EUFOR RCA. Forte de 700 hommes, la force européenne est aujourd’hui composée de plusieurs nations dont la France, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande la Géorgie, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne et la Roumanie. La contribution française s’élève actuellement à environ 250 hommes.

La montée en puissance et l’engagement de la force de l’Union Européenne marque une étape supplémentaire dans la prise en compte de la problématique sécuritaire centrafricaine par la communauté internationale. Cette prise en compte a été rendue possible grâce à l’engagement initial de la force Sangaris le 5 décembre dernier.

Les effectifs de la MISCA sont de 5 800 hommes.

 

A Bangui, la semaine a été calme. Elle n’a été émaillée que par quelques incidents localisés au 3e  arrondissement et à PK12. Sans dommages pour la force, la réaction face à ces actes isolés a permis de parfaire les mesures de coordination entre le GTIA « Acier », la MISCA et EUFOR-RCA.

 

Dans l’ouest, le GTIA « de Boissieu » maintien la sécurité sur l’ensemble de l’axe routier reliant le Cameroun à Bangui. Au cours de cette semaine, 421 véhicules sont entrés en Centrafrique depuis la frontière camerounaise. Parmi ces véhicules, on compte près de 350 poids lourds, dont 180 ont circulé sans avoir demandé d’escorte à la MISCA ou à Sangaris.

Au nord-ouest de sa zone, le GTIA « de Boissieu » continue à faire face à une situation plus incertaine. Cette région fait en effet l’objet de fortes rivalités intercommunautaires et la population reste sous la menace de groupes armés. Du 15 au 18 juin 2014, suite à une action préalable de renseignement, le GTIA a engagé une partie de ses éléments dans une action de reconnaissance offensive pour faire cesser tout acte de violence et réaffirmer la détermination de la force Sangaris à faire appliquer les mesures de confiance. L’opération a été menée par des éléments positionnés à Bossangoa, 250km. Ils se sont engagés dans cette mission avec l’appui de blindés légers ERC-90 Sagaie.

L’objectif pour la force Sangaris était de mettre fin aux agissements de milices armées dans la région, de prévenir toute exaction et de rassurer les populations. Progressant en direction de Boguila et appuyé par des moyens aéromobiles, le détachement a atteint la localité de Nana Bakassa après une longue progression sur des pistes difficiles. Après renseignement auprès des autorités locales rencontrées dans les villages, l'effort a été porté sur les localités de Kouki, puis de Bodjobo, toujours plus au nord. Après la fouille du dernier village, vidé de sa population qui s’était réfugiée en brousse, la force a procédé au désarmement de « miliciens » surpris par la rapidité de sa manœuvre. Cette action a été suivie par une mission de contrôle de la zone. Déclenchée sur renseignement, cette opération de plusieurs jours a permis de contraindre un groupe armé qui menaçait la population.

 

Dans l’est, le GTIA Scorpion poursuit son déploiement dans le couloir central en direction de Kaga Bandoro qu’il a atteint le 17 juin. L’important travail de concertation et de dialogue mené par Sangaris auprès des acteurs locaux permet de faire appliquer les mesures de confiance sans rencontrer de résistance. La présence de la force, à Dekoa notamment, tend à rassurer les populations qui expriment clairement leur lassitude face aux agissements des groupes armés. Le repeuplement des villages de la zone se fait à un rythme rapide. La force poursuite son action de stabilisation, combinant patrouilles et réunions avec les autorités locales.

Parallèlement à ce déploiement, le GTIA Scorpion maintient son dispositif de sécurisation entre Sibut et Bria. Bambari demeure un point d’attention particulier suite aux incidents de la semaine passée et au regain de tensions que connaît la ville.

Le 17 juin 2014, la première « promotion » du CRIL (chantier de réhabilitation et d’intégration locale), a achevé sa formation à Sibut. Les ex-combattants qui ont choisi de déposer les armes et de participer à ces chantiers ont ainsi bénéficié d’un appui pour pouvoir amorcer leur réintégration dans le tissu économique local. Des cours ont été dispensés par les soldats du GTIA, ainsi que par la MISCA, qui ont mis leurs capacités au service de ce projet. La formation professionnelle dispensée aux « stagiaires » pendant un mois porte sur l’agriculture, la mécanique mais aussi le BTP (bâtiment travaux publics). Ce projet vise à favoriser la restauration de l’Etat, appuyer la réconciliation nationale et initier une reprise de la vie économique. Il renvoie à la nécessité pour la communauté internationale de mettre en œuvre au plus vite le processus de DDR (Désarmement Démobilisation Réinsertion).

Sangaris : point de situation du 19 juin 2014
Sangaris : point de situation du 19 juin 2014Sangaris : point de situation du 19 juin 2014

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:57
Sahel : Premier vol du drone Harfang depuis Cognac

 

20/06/2014 Armée de l'air

 

Le mardi 17 juin 2014, l’équipe de marque drones du centre d’expériences aériennes militaires (CEAM), l’escadron de drones 1/33 «Belfort» et le détachement drones en bande sahélo-saharienne (BSS) ont conduit une expérimentation visant à valider la capacité de pilotage d’un drone Harfang décollé de sa base de déploiement en opérations extérieures, depuis un cockpit en France.

 

Ce vol est une première et valide le concept dit de Reachback ou de Remote Split Operations (RSO). D’une durée d’une heure environ, ce vol expérimental réalisé en condition opérationnelle, a consisté concrètement au transfert des fonctions de pilotage du drone et de mise en œuvre de son capteur principal, depuis le cockpit en BSS d’où il avait été décollé, à celui de Cognac, pourtant situé à près de 5000 Km de distance. À l’issue de ce créneau de vol assuré par le cockpit de Cognac, le détachement du théâtre a repris le contrôle du drone Harfang et terminé la mission.

Cette nouvelle capacité peut offrir des avantages pour la conduite de la manœuvre des drones. Elle permet en effet de disposer de la capacité d’augmenter l’offre ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance - renseignement, surveillance, reconnaissance) en cas de surge sur le théâtre sans quitter le territoire national. Elle permet aussi de maintenir une activité aérienne à Cognac dans le cas de contraintes techniques ou météo en France. En fonction de la bande passante et du potentiel disponible, il serait même envisageable de piloter ainsi simultanément deux drones basés à Niamey, un depuis Cognac, un autre depuis Niamey.

 

Cette opération s’est parfaitement déroulée et a pleinement donné satisfaction. Un C4I (Command, Control, Communications, Computers and Intelligence) robuste sur le plan cybernétique, dont le centre nodal pour l’armée de l’air est  le CNOA/JFACC*, assure la connexion entre le théâtre et le territoire métropolitain et a permis de réaliser cette expérimentation sans encombre.

Cette nouvelle capacité prometteuse doit cependant amener à développer les réflexions sur la notion de distanciation et ses conséquences, phénomène rencontré par nos alliés notamment. Dans ce cadre, la doctrine d’emploi de l’armée de l’air demeure le déploiement du plot drones au plus près de l’action et des troupes soutenues, gage d’efficacité et de réactivité.

Cette réussite technique et opérationnelle démontre une nouvelle fois la compétence technique et la maturité opérationnelle des équipages et mécaniciens dronistes de l’armée de l’air.

 

 

* Centre national des opérations aériennes / Joint Forces Air Component Command – Commandement de la composante aérienne des forces interarmées.

 

Le drone Harfang au décollage

Le drone Harfang au décollage

Opérateur de drone aux commandes d'un Harfang depuis la base aérienne de Cognac

Opérateur de drone aux commandes d'un Harfang depuis la base aérienne de Cognac

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:55
Eurosatory 2014 : nouvelle roquette guidée à précision métrique

 

18 Juin 2014 Thales
 

Testé au combat depuis 2009, le système de roquette proposé par TDA Armements SAS est plus léger, plus sûr, et plus précis. Il est également capable d’équiper toutes les plateformes dans le monde et offre une empreinte logistique réduite.

 

Filiale de Thales, TDA Armements SAS équipe les versions française et espagnole de l’hélicoptère de combat Tigre avec un nouveau système d’armes, basé sur la technologie induction. Aujourd’hui, c’est la technologie la plus performante disponible dans le monde.

A l’occasion d’Eurosatory 2014, la Roquette à Précision Métrique sera présentée sur le stand de Thales, sur le stand du Ministère de la Défense et sur différentes plateformes, comme le LH10 de LH Aviation.

 

Technologie induction

Dans le sillage du développement de l’hélicoptère de combat franco-allemand Tigre, TDA Armements SAS a amélioré son système de roquette pour plateformes aériennes, afin d’offrir une nouvelle gamme de produits répondant aux exigences opérationnelles du XXIe siècle, et conforme aux normes et réglementations actuelles.

Basé sur une technologie induction, ce système d’armes de 2e génération est maintenant en service depuis plus de 10 ans, et éprouvé au combat depuis 2009, notamment en Afghanistan, en Libye et au Mali.

 

Précision sub-métrique

En janvier 2014, TDA Armements SAS a procédé à un tir de démonstration final de sa Roquette à Précision Métrique (RPM) à guidage laser, depuis un hélicoptère Tigre HAP, dans le cadre d’un programme mis en œuvre par la DGA.

Ce tir réussi, resté confidentiel, a été complété le mois dernier par une démonstration en présence de la Presse, au centre d’essais missiles de Biscarosse, dans les Landes. L’essai a été réalisé depuis un Tigre HAD équipé du sous-système roquette de nouvelle génération, intégrant la technologie induction. Cette nouvelle démonstration a confirmé la précision sub-métrique de cette munition guidée.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:55
Devoir de mémoire au 501e régiment de chars de combat

Devoir de mémoire / Crédtis : 501e régiment de chars de combat

 

19/06/2014 Mme BOISGELOT - Armée de Terre

 

Le 13 juin 2014,  moment d’émotion lors de l’inauguration du Mémorial des chars de combat.

 

Actuel et anciens chefs de corps du 501e régiment de chars de combat, généraux, colonels, militaires et invités, tous étaient réunis le 13 juin 2014 autour du général Hautecloque-Raysz, commandant la 2ème brigade blindée, de Monsieur Loncol, Maire de Mourmelon le Grand, de Monsieur Raphaël, président de l’Association Nationale des Anciens du 501 et de Monsieur Crosnier, ancien de la France Libre, pour inaugurer le Mémorial des chars de combat.

 

Il n’a fallu pas moins de deux ans au lieutenant-colonel Pagès, ancien commandant en second du 501e régiment de chars de combat et au brigadier-chef Sinisi, « mémoire vivante du régiment » pour retrouver les monuments aux morts liés aux différents régiments de chars de combat. Au final, plus d’une dizaine de plaques ont été rassemblées C’est au cœur même du quartier Delestraint à Mourmelon le Grand que ce mémorial a été inauguré, incarnant à jamais ce devoir de mémoire envers tous ceux qui sont tombés au champ d’honneur.  Des années de recherches et d’efforts animées par l’enthousiasme du 501erégiment de chars de combat ont ainsi donné naissance à ce monument qui a reçu le label de la Mission du Centenaire.  Les premiers chars de combats s’étaient déployés pour la première fois au cours de ce conflit mondial à la bataille de Berry au Bac en 1917.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:55
Transall C-160 : 50 ans de bons et loyaux services

 

19 juin 2014 par Philippe Chetail – Aerobuzz.fr

 

A travers des témoignages, Gérard Pons et Hervé Bertrand, deux anciens pilotes de Transall C-160, évoquent 50 années d’opérations de cet avion, du Tchad à la Mauritanie, au Zaïre ou plus récemment au Mali. Cet ouvrage à la gloire de cette machine emblématique des ailes françaises, est illustré par des photos de Gilles Bordes-Pages.

 

C’est le 24 septembre 1964, il y a donc tout juste cinquante ans, que les ministres de la défense, allemand et français, signaient les contrats portant sur 160 commandes (110 pour la RFA et 50 pour la France) d’un nouvel avion de transport destiné à remplacer "La Grise" comme on l’appelait dans l’Armée de l’Air, le célèbre N2501 Noratlas vieillissant.

 

Ce nouvel avion, le C-160 "Transall" avait effectué son premier vol un peu plus d’un an auparavant, le 25 février 1963. Il arrivait donc à point nommé pour équiper les deux pays et, grâce à sa polyvalence, se vit rapidement confier les missions les plus variées.

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:50
NATO capabilities

 

20.06.2014 NATO

 

We’ve added a new feature detailing Alliance capabilities on the NATO on Duty interactive map, which shows where the Alliance is working around the clock and around the world to keep our citizens free and safe now and for the future! 

The new button provides access to information about NATO’s key capabilities, such as air-, missile- and cyber-defence, special operations forces, precision munitions, maritime surveillance, etc. Click here, and then click on the Capabilities button above the map key.

NATO is a political and military organisation which allows the 28 nations of the Alliance to debate, decide and deploy quickly, seamlessly and effectively. From the skies of Iceland to the waters of the Indian Ocean, and from Afghanistan to the Atlantic, men and women from across the Alliance are engaged in operations and missions to keep our countries safe and make our world more secure.  #NATOonDuty!

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:50
FN HUD (Head Up Display)

FN HUD (Head Up Display)

 

19.06.2014 Michel Gretry - RTBF.be
 

Le ministre Jean-Claude Marcourt a effectué mercredi 18 juin une visite-éclair au salon international de l'armement terrestre qui se tient, cette semaine, en région parisienne. Une visite en tant que ministre wallon de l'Economie, mais également en tant que ministre de l'Enseignement supérieur. Car les technologies militaires ne génèrent pas seulement de l'emploi, elles boostent également la recherche universitaire.

 

Nous avons rencontré à Paris le ministre Jean-Claude Marcourt: "L'industrie de l'armement est une industrie qui se développe, qui représente énormément d'emplois, mais qui représente aussi énormément d'innovations" explique-t-il. "Et quand on voit les compétences qui sont développées, notamment au travers du plan Marshall, et les retours que nous avons dans l'industrie civile, on peut se dire qu'il faut vraiment défendre notre industrie de la défense. Quand on est sur le stand de la FN, on voit, que ce soit en matière d'optique, d'optronique, mais aussi de tout ce qui est technologie de l'information, qu'on développe énormément de choses ici avec CMI. On voit aussi l'évolution de ce secteur de la défense qui intègre énormément de technologies et plus simplement de l'armement".

Comment faire pour que ces technologies militaires aient des retombées civiles ? "C'est justement l'intérêt du mélange de l'industrie et des universités" répond à cela le ministre. "Car quand les universités ont le know how technologique pour la défense, elles l'ont aussi pour le civil. On a énormément d'entreprises qui collaborent alors sur le transfert de ce qu'elles savent vers l'industrie civile et ça, c'est un point important".

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:50
Tigre HAP de la FAMET, équivalent espagnol de l'ALAT photo Airbus HC

Tigre HAP de la FAMET, équivalent espagnol de l'ALAT photo Airbus HC

 

18/06/2014 par Emmanuel Huberdeau – Air & Cosmos

 

L'ALAT (Aviation Légère de l'Armée de Terre) a organisé au salon Eurosatory une conférence sur les opérations air-sol dans les engagement récents. Cette conférence a été l'occasion pour le général commandant la FAMET, l'équivalent espagnol de l'ALAT, de présenter son corps et de revenir sur l'engagement des hélicoptères espagnols en Afghanistan.

 

La FAMET est composée de cinq bataillons pour un total d'environ 100 machines. La flotte de manoeuvre est composée de 34 Super Puma et 17 CH-47 Chinook. 24 Tigre ont été commandés et 6 ont été réceptionnés. L'Armée de terre espagnole devrait recevoir fin 2014 son premier NH-90. 19 NH-90 TTH ont été commandés.

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:45
FS Floréal completes another successful counterpiracy operation with EUNAVFOR

 

19.06.2014 EUNAVFOR

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:40
BPC Vladivostok photo T. Bregaris Ouest-France

BPC Vladivostok photo T. Bregaris Ouest-France

 

MOSCOU, 20 juin - RIA Novosti

 

400 marins russes vont embarquer sur le navire-école Smolny à Kronstadt, au large de Saint-Pétersbourg en mer Baltique, pour mettre le cap sur Saint-Nazaire en Bretagne, écrit vendredi 20 juin le quotidien Rossiyskaya Gazeta. Les marins russes suivront une formation de plusieurs mois sur le premier porte-hélicoptères Mistral construit en France pour la marine russe. Ce bâtiment, le Vladivostok, sera envoyé en octobre - au plus tard en novembre - sur le chantier naval de Saint-Pétersbourg pour y installer des armements russes.

 

Les États-Unis s'efforcent de ralentir la mise en œuvre du contrat russo-français, voire même de tirer un trait sur la coopération militaro-technique entre ces deux pays. Mais la machine américaine n'a pas réussi à faire plier la France. Paris est révolté par la pression transatlantique, dont l'obstination pourrait être utilisée à meilleur escient.

 

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a récemment fait comprendre aux Américains que son pays était une "nation indépendante" qui règlerait la question des Mistrals elle-même. De fait, il a repris les propos du président François Hollande lors du sommet du G7 à Bruxelles, quand le locataire de l'Élysée avait déclaré avec une irritation non dissimulée qu'il ne voyait aucune raison de ne pas livrer les porte-hélicoptères à Moscou à temps. "Si aucune sanction occidentale n'était adoptée d'ici octobre, les navires seraient transmis à la Russie. C'est très simple. De plus, il ne faut pas oublier que la rupture du contrat impliquerait des milliards d'euros de pénalités", avait expliqué le président français.

 

Selon Philippe Migault, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), les intérêts économiques de la France sont en jeu.

 

"Étant donné que le plus grand marché de l'armement, américain, nous est fermé, et que le marché européen est très limité, l'industrie militaire française doit s'orienter vers le reste du monde. Sinon elle sera tout simplement condamnée à disparaître. Nous n'avons pas d'autre choix. Et je pense que le gouvernement français en est parfaitement conscient", a déclaré le politologue français.

 

"Quant à la pression américaine, ce n'est pas une nouveauté. Washington poursuit ses propres intérêts qui, dans le cas présent, sont diamétralement opposés aux intérêts français et dans un sens plus large – européens. Ce n'est pas la première fois, et pour être franc on s'est habitué à cette pression. Aussi bien la France que d'autres pays de l'UE souhaitent coopérer avec la Russie, y compris dans le secteur militaire, énergétique et des hautes technologies. En ce qui concerne les Américains, ils veulent semer la discorde entre l'Europe et la Russie. D'autant que du point de vue économique cette dernière est loin d'être aussi importante pour les Américains que pour nous", conclut Philippe Migault.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 10:55
360Vue - photo Valeo

360Vue - photo Valeo

 

19/06/2014 ccfa.fr (autoactu.com 19/6/14)

 

A l’occasion du Salon de l’équipement militaire Eurosatory, Safran et sa filiale Sagem présentent un équipement de vision proximale à 360° pour véhicule militaire qui pourrait équiper le prochain VAB (véhicule de l’avant blindé) de l’armée française. Ce système composé de quatre caméras, offrant une image « sans couture » avec une résolution et un éclairage homogène, est directement issu du système « 360Vue » de Valeo. Il s’agit de la première application concrète du partenariat de recherche signé entres les deux entreprises en septembre 2013.

Sur le véhicule militaire, le système de vision à 360° permet d’avoir un « blindage transparent », c’est-à-dire de voir sans hublot, ni fantassin à l’extérieur qui assure la sécurité de proximité du véhicule. Il est couplé à une caméra à infrarouges et à un système de reconnaissance des silhouettes et des visages, deux technologies sur lesquelles Safran est leader européen et qui intéressent particulièrement Valeo. Les algorithmes de l’outil de reconnaissance faciale de Safran sont d’ailleurs d’ores et déjà utilisés par les équipes de recherche de Valeo pour développer un système de suivi de vigilance du conducteur qui pourrait être mis sur le marché dès cette année.

L’imagerie à infrarouges est une autre technologie que Valeo devrait utiliser à l’avenir, afin d’aider le conducteur à voir dans des conditions difficiles, de nuit ou dans le brouillard. Ce thème de recherche, sur lequel travaille les deux entreprises, a obtenu un financement par le fonds unique interministériel de la DGCIS dans le cadre de son 17ème appel à projets et est soutenu par les pôles de compétitivité Move’o, ViaMéca et Astech. Il doit déboucher sur le développement d’une caméra tout temps, à bas coût, capable de détecter les piétons, pour sécuriser la conduite de nuit et par mauvais temps, pour un usage civil et militaire.

« Par le passé, nous avons déjà équipé des Cadillac avec des caméras thermiques et même un écran à bord, avec le risque que le conducteur n’utilise que cet écran pour conduire », se rappelle Guillaume Devauchelle, directeur de la R&D de Valeo. « Aujourd’hui, l’infrarouge, et plus généralement le multispectral, s’inscrit dans un ensemble de source d’informations avec les systèmes de radars, d’ultrasons et de caméras, qui sont combinés pour fournir une analyse de la situation complète, fiable et sans fausse alarme, et alerter le conducteur du danger voir réagir à sa place, si sa vigilance est insuffisante. Tout cela à un coût compatible avec un véhicule de grande diffusion », ajoute-t-il.

« Ce système doit pouvoir équiper un véhicule premium dès 2016, à un prix de technologie divisé par 10, soit de l’ordre de 300 euros, puis d’ici à 2018-2020, un véhicule de moyenne gamme, avec un coût encore divisé par 10, soit de l’ordre de 30 euros », explique de son côté Thierry Dupoux, en charge du projet chez Safran. Ce calendrier s’inscrit dans le respect des objectifs de l’organisme EuroNcap, qui demande aux constructeurs d’équiper leurs véhicules de systèmes de freinage automatique d’urgence sur piéton de jour en 2016 et de nuit d’ici à 2018-2019.

Le dernier projet sur lequel les deux partenaires ont identifié des synergies est la « robotisation-dronisation » des véhicules. Sagem, numéro 1 européen des systèmes optroniques (associant optique et électronique) et des systèmes de drones tactiques, peut apporter son savoir-faire à Valeo dans le domaine de la voiture autonome, mais l’échange de technologie va aussi dans l’autre sens : « Nous avons testé, avec succès, sur notre drone, la dernière évolution du système de parking automatique de Valeo, qui sera très utile lors des phases de taxiing (roulage) des avions de ligne sur aéroport », indique M. Dupoux. Ce système de stationnement entièrement autonome de Valeo doit être proposé sur un véhicule de série dès l’année prochaine. « Nous avons encore bien d’autres sujets à explorer et d’échanges à opérer, comme par exemple sur la gestion des hautes températures ou les matériaux nouveaux », observe en conclusion M. Devauchelle, qui se réjouit de ce partenariat « pragmatique et simplifié par l’absence d’échanges financiers entre les deux partenaires ».

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 10:50
Titus - photo Nexter Systems

Titus - photo Nexter Systems

 

19.06.2014 par Vincent Lamigeon - Blog Supersonique

Une véritable armada. Comme tous les deux ans, le salon Eurosatory, grand raout de l’armement terrestre à Villepinte (16 au 20 juin), est l’occasion d’une saisissante exposition de blindés des Français Nexter et Renault Trucks Défense (RTD), des allemands Rheinmetall et Krauss Maffei Wegmann (KMW), du finlandais Patria ou du britannique BAE. Signe d’une industrie en pleine santé ? Symbole d’un éparpillement néfaste, plutôt : « L’industrie européenne est trop morcelée face aux géants américains et à l’émergence d’acteurs turcs ou sud-africains, souligne Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Iris. Les carnets de commandes fondent, une consolidation apparaît souhaitable. »

Créer une sorte d’Airbus des blindés : l’idée n’est pas nouvelle. Une fusion entre Nexter et son concurrent allemand KMW est évoquée depuis dix ans, pour mieux combattre des groupes américains cinq fois plus gros, comme General Dynamics. « Le projet reste sur la table », assure un proche du ministère de la Défense. Des discussions ont aussi régulièrement lieu entre Nexter, l’allemand Rheinmetall, l’italien Oto Melara et le finlandais Patria, sans qu’un projet de fusion n’ait jamais été finalisé. « Les Etats hésitent à lâcher les rênes d’une industrie qu’ils considèrent comme un facteur de souveraineté », explique Jean-Pierre Maulny.

L’autre option serait de se contenter, au moins au départ, d’une consolidation nationale. Une partie du chemin a été effectuée par RTD, qui avait déjà absorbé les français ACMAT en 2006 et Panhard en 2012. Le même RTD militait ainsi fin 2013 pour une fusion avec Nexter, qui permettrait de négocier en meilleure position un éventuel rapprochement européen. Le projet avait buté sur la volonté de RTD de ne reprendre que les blindés de l’ex-Giat, laissant de côté ses activités de munitions et d’armement, et sur l’actionnariat suédois de Renault Trucks Défense (filiale de Volvo). RTD assure aujourd'hui ne plus chercher à fusionner avec Nexter.

En attendant une hypothétique consolidation européennes, il est urgent d'avancer. Sur le plan national, d’abord, en lançant le programme Scorpion de modernisation des équipements de l’armée de terre au plus vite, ce qui permettra de remplacer les vieux VAB et autres antiques AMX-10RC et ERC-90 Sagaie, et redonnera de la visibilité aux industriels sur leurs plans de charge. Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian annonçait le 28 mai devant l’Assemblée nationale le lancement de Scorpion cet été, et l’a confirmé lors de l’inauguration d’Eurosatory. Le programme prévoit notamment le développement du VBMR, successeur du VAB, et de l’EBRC, qui remplacera notamment l’AMX-10 et le Sagaie.

L’autre urgence est l’exportation. Faute de commande export rapide, Nexter verrait son plan de charge menacés dès le début 2015, du fait de la fin de la production des 630 VBCI livrés à l’armée française. Le groupe français se bat comme un beau diable, mais l’annulation de l’appel d’offres de blindés au Canada et le retrait du VBCI de la shopping-list du Liban (financée par l’Arabie Saoudite), dévoilé par les Echos, montrent la difficulté de la tâche. Outre le 4X4 blindé Aravis et le VBCI, Nexter a ajouté une corde à son arc avec le véhicule blindé Titus, plus léger que le VBCI et au prix offensif de 700.000 euros.

Même obligation de réussite à l’exportation pour Renault Trucks Défense, dont la part de l'activité à l'export est passée de 5% en 2011 à 60% en 2013, principalement du fait de la baisse des commandes françaises. Gérard Amiel, patron de RTD écarté depuis et remplacé par Stefano Chmielewski, expliquait fin 2013 que RTD réalisait un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros avec le ministère de la défense français en 2009, et que le chiffre était tombé à 180 millions d’euros en 2013, avec un impact équivalent à 250 emplois directs et 500 chez les fournisseurs.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 09:54
Défense : à quoi vont servir les 500 millions de ressources exceptionnelles

Avec les 500 millions de ressources exceptionnelles supplémentaires, Jean-Yves Le Drian compte lancer notamment le programme Scorpion

 

19/06/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian compte se servir de ces crédits extra-budgétaires pour lancer des commandes : avions ravitailleurs MRTT, programme Scorpion, drones MALE supplémentaires, quatrième Barracuda et, développement de la prochaine version du missile M51.

 

A quoi vont servir les 500 millions d'euros de ressources exceptionnelles (REX) supplémentaires si le ministère de la Défense les obtient de Bercy ? Selon Jean-Yves Le Drian, elles "conditionnent le lancement d'un ensemble de programmes structurants au cours de l'année 2014, à savoir : le programme d'avions ravitailleurs MRTT - Airbus A330 Multi Role Tanker Transport -, le programme Scorpion très important pour l'activité de l'industrie terrestre, l'acquisition de systèmes supplémentaires de drones Moyenne Altitude Longue Endurance - MALE -, la commande du quatrième sous-marin d'attaque Barracuda et, en ce qui concerne la dissuasion, le lancement des travaux de développement de la prochaine version du missile M51, le missile M51.3".

 

Un tour de passe-passe ?

Le ministère de la Défense avait déposé un amendement à l'article 3 de la loi de programmation militaire (LPM), qui "permettait de mobiliser 500 millions d'euros de recettes exceptionnelles au profit des investissements, pour le cas où cela se révélerait nécessaire en 2014 ou en 2015. Comme le projet de collectif budgétaire pour 2014 prévoit une encoche de 350 millions d'euros sur le budget de la Défense, j'ai demandé l'activation de cette clause", a-t-il expliqué lors d'une audition à l'Assemblée nationale fin mai.

Pour autant, ces 500 millions devaient initialement compenser les 650 millions d'euros annulés par Bercy fin 2013. "Sur le gel, qui a touché le ministère de la Défense au titre de la rigueur budgétaire (de 2013, ndlr), ces crédits sont bien annulés, avait expliqué fin novembre Jean-Yves Le Drian à La Tribune. Mais à l'issue d'une discussion avec Bercy, nous avons obtenu 500 millions d'euros de ressources exceptionnelles, sécurisant notamment le financement des équipements en fin d'année". Par un tour de passe-passe, Jean-Yves Le Drian explique maintenant que les 500 millions d'euros vont servir à compenser

 

Bataille budgétaire un peu "chaude"

Le ministre de la Défense a avoué que "les derniers jours" avant l'arbitrage du président de la République "ont été un peu chauds" mais "les déclarations du Premier ministre ont clarifié la situation". Et de rajouter que "de toute façon, soyez sans inquiétude : je maintiendrai, à long terme, une vigilance de tous les instants". D'autant que Jean-Yves Le Drian a conscience que la LPM est "tirée au cordeau". Mais selon lui, elle "n'en garantit pas moins les trois missions majeures de nos armées - dissuasion, intervention, protection du territoire -, aux termes d'un nouveau contrat avec elles, et permet de gérer du mieux possible nos capacités industrielles ainsi que l'emploi dans nos entreprises de défense". Dans le cas contraire, "si l'on veut faire d'autres choix budgétaires, à l'image de ceux de certains pays, nous n'aurons plus la même loi de programmation militaire. Voilà pourquoi je défendrai ce texte bec et ongles".

En revanche, Jean-Yves Le Drian est confronté aux aléas des recettes exceptionnelles. "Sur les 6,6 milliards d'euros de ressources exceptionnelles, nous avons un problème de tuilage : en attendant les produits de cessions que procurera la vente de la bande des 700 MHz, il faut trouver un dispositif transitoire. J'y consacre beaucoup de temps. Je le répète, je défends mon budget bec et ongles".

 

Le produit de la vente des fréquences pas avant 2016

Pour le ministre, "il faut encore sécuriser les ressources exceptionnelles dont le budget de la Défense doit impérativement bénéficier entre 2015 et 2017". Ce qui n'est pas encore le cas comme le reconnait le ministre : "un problème se pose, que j'espère toutefois pouvoir résoudre. Il apparaît peu probable que nous puissions compter pour 2015 sur le produit de la mise aux enchères de la bande des 700 MHz. Cette recette sera sans doute acquise, au mieux - mais il est possible de s'interroger là aussi - en 2016, pour des raisons liées à l'actualité et aux procédures nécessaires.

Pour trouver de nouvelles REX, le ministre discute actuellement avec Bercy, "dans le climat apaisé qui gouverne de nouveau nos relations, de la meilleure manière de dégager des solutions innovantes pour garantir les REX en 2015". Jean-Yves Le Drian a bon espoir d'y "parvenir".

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 09:30
Tawazun profitera de sa participation à Eurosatory 2014 pour présenter ses solutions innovantes et promouvoir l’industrie des E.A.U

 

source Tawazun

 

Spécialisée dans l’investissement stratégique, Tawazun est une entreprise dédiée au développement du secteur industriel des E.A.U (Émirats Arabes Unis) et plus particulièrement au secteur de la défense. L’entreprise se prépare à présenter ses innovations et produits de pointe en matière de défense à Eurosatory, le plus grand salon international de la défense et de la sécurité terrestre et aéroterrestres, qui se déroulera à Paris du 16 au 20 juin 2014.

Tawazun, présent sur le stand des Émirats Arabes Unis, présentera des produits émiriens conçus et fabriqués par un certain nombre d’entreprises du groupe Tawazun.

« Eurosatory est l’un des plus grands salons internationaux dans le domaine de la défense: c’est pour nous une occasion exceptionnelle de faire connaitre au monde entier nos solutions de sécurité intérieure et de défense, aussi innovantes que perfectionnées » a déclaré H.E Saif Mohamed Al Hajeri, CEO de Tawazun, qui dirigera la délégation représentant le groupe lors du salon.

Le stand EAU accueillera, aux côtés de Tawazun, les entreprises Mubadala, Thuraya, Emirates Advanced Investments (EAI), Sofia Trading, IDEX et le Nation Shield Journal.
« C’est une vraie chance d’être présent à l’Eurosatory en faisant partie d’un stand aussi important que le nôtre. Tout en présentant nos différents produits et services, nous nous efforcerons ensemble de montrer les progrès effectués aux niveaux économique et industriel et mettrons en avant les avantages que présentent l’investissement aux EAU» a ajouté .E Saif Mohamed Al Hajeri.

Saif Ali Al Marzooqi, Directeur adjoint Communication corporate, a confirmé que l’on pourra découvrir parmi les produits présentés au stand Tawazun, deux véhicules Nimr, de Nimr Automotive, fabriqués aux Émirats Arabes Unis (E.A.U). L’un de ces deux véhicules se trouvera exposé au stand E.A.U et l’autre servira à des démonstrations pendant la journée.

On compte parmi les entreprises de Tawazun Holding qui feront leurs débuts au salon, Tawazun Dynamics, une joint-venture entre Tawazun Holding et Dynamics. Tawazun Dynamics, branche du plus important acteur de l’industrie de la défense d’Afrique du Sud, Denel est piloté depuis ses locaux d’Abu-Dhabi pour tout ce qui concerne le développement, la fabrication, l’assemblage et l’intégration de systèmes à guidage de précision pour munitions aériennes classiques. « Nous avons hâte de présenter aux visiteurs et aux autres délégations nos dernières innovations et les nouveaux plans de développement que nous avons conçus» a ajouté Saif Ali Al Marzooqi.

Eurosatory est le salon leader au niveau mondial dans le domaine. En 2012, le salon a enregistré une augmentation du nombre d’exposants de 9,3 % ; 53 pays et organisations internationales y étaient représentés et plus de 450 nouveaux produits officiellement exposés.

L’évènement a aussi attiré des visiteurs en provenance de 130 pays différents, dont les 152 délégations officielles de 87 pays.

À propos de Tawazun
Le groupe Tawazun, né en 2007 du Tawazun Economic Council, un organisme établit de longue date, vise à développer des entreprises par le biais de partenariats industriels et d’investissements stratégiques permettant de valoriser le secteur de la production industrielle des E.A.U dans un certain nombre de domaines : défense et aérospatial, automobile, munitions, métaux et technologie. http://www.tawazun.ae
Tawazun s’est imposé comme un investisseur industriel dynamique, aussi bien au niveau local qu’international, en sélectionnant avec soin ses partenaires, des leaders mondiaux du marché, pour développer les compétences et l’expertise ainsi que pour fabriquer des produits et des systèmes dans les E.A.U. La stratégie d’investissement de l’entreprise est conçue de façon à amener un souffle nouveau sur le marché, tout en visant à inspirer les entreprises émergentes en leur procurant tout le soutien nécessaire à leur futur développement.


 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:55
Général Pierre de Villiers : " Avec le ministre, on a dit " stop ", ça devenait une question de justice sociale "


20.06.2014 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord- Défense Globale



Depuis sa prise de fonction le 15 février, le nouveau chef d'état-major des armées (photo ministère de la Défense), le général Pierre de Villiers, se fait rare dans les médias. Histoire de ménager sa monture pour un homme prudent, de prendre son temps pour appréhender toutes les facettes du large et lourd costume du CEMA (politique, diplomatique, économique, com interne, transformation, opérations...).

Ce jeudi 19 juin à Paris, en compagnie de deux confrères, nous avons pu mieux le découvrir, dans le rôle du premier communicant des armées. " La transparence, c'est la première des protections ", indique-t-il : " Quand un événement survient, ma première question est souvent " quand est-ce qu'on communique ? ". " Eh bien, maintenant... 

 

Les déclarations du général de Villiers réunies en quelques grands thèmes...

 

Soucis budgétaires

" Mon souci principal en phase avec le ministre est le respect intégral de la Loi de programmation militaire, sans lequel nous serions évidemment dans un autre projet. Compte tenu de sa tension, on ne peut se permettre la moindre encoche sur les trois postes principaux, la masse salariale, le fonctionnement et les équipements. Tout cela est tendu mais cohérent. Dans cette affaire, je suis déterminé, confiant mais vigilant. Le président l’a exprimé clairement. Je crois en la parole présidentielle.

Je ne suis pas naïf, je suis pragmatique et je connais les réalités. On sait les difficultés mais c’est d’abord un problème de gestion. Pour les ressources exceptionnelles (1,5 milliards), nous les avons en 2014 et le président a dit que nous les aurons en 2015 avec un comité d’audit constitué pour les trouver (...) Mais à l’intérieur de l’enveloppe, le président demande des gains de productivité, une meilleure utilisation des crédits. »

 

Economies tous azimuts

« Dans le projet CAP 2020, qui est une déclinaison de la LPM (Loi de programmation militaire), il y a trois mots-clés : ensemble car on n’a plus les moyens de perdre du temps, entre " Gaulois ", en interministériel et avec les alliés ; autrement car il faut une approche novatrice ; au mieux car il faut arrêter de dire qu’on fera mieux avec moins. Nous ferons au mieux avec toute notre bonne volonté, nos tripes. C’est notre culture. Nous ne sommes pas une armée de bouts de ficelle mais une armée imaginative qui fait avec ce qu’on lui donne. »

 

Efforts de rationalisation et aménagement du territoire, le cas du 126e RI de Brive

" La rationalisation des emprises est la seule solution pour faire des économies sur le fonctionnement. Je suis au courant des difficultés de cette solution puisque cela signifie des restructurations. Mais c’est la solution de moyen terme. Vous n’en sentirez pas les effets en 2015 ou 2016 mais des projets conduisent vers ça comme les regroupements des bases de défense, des bases aériennes, la réunion de régiments en structures bataillonnaires. Maintenant, il faut que les autorités acceptent de restructurer. Et je comprends tout à fait cette approche politique d’aménagement du territoire.

Pour moi, des bases isolées n’ont pas lieu d’être. Citons un exemple connu, le problème de Brive (126e RI) qui réunit objectivement tous les critères qui conduisent à la dissolution : un régiment isolé avec des infrastructures en mauvais état. Dans l’optique de regroupements des bases de défense, ce serait aussi logique. Sur le plan politique, c’est plus délicat et nous nous intégrons dans un aménagement du territoire global. Donc la rationalisation est une bonne direction mais pas facile à prendre.

 

" Si on veut des gens dans la rue, coupons le chauffage "

« L’infrastructure est d’ailleurs un poste tendu. Sur un milliard d’euros, il manque 200 millions d’euros annuellement sur la durée de la LPM. Nous sommes bouffés par les grands programmes, par la mise au norme Fukushima des installations nucléaires, par les ports de Toulon et Brest… Si bien que les moyens revenant à la vie quotidienne sont très faibles. Quand Bercy dit, il y a du gras dans les armées dans le fonctionnement courant, je suis désolé ; on a essayé de « tirer sur la peinture » en 2013 et en octobre, nous n’avions plus de chauffage et le ministre a dû décréter un plan d’urgence de 30 millions d’euros. Il faut peut-être arrêter. Si on veut des gens dans la rue, coupons le chauffage… »

 

Les nouvelles déflations

« Il faut trouver 7 500 mecs à déflater par an, après 7 000 lors des six derniers exercices, la conduite de la transformation des armées est très difficile. Le ministre part d’un postulat auquel je souscris : on va éviter de toucher aux forces opérationnelles et plus à l’environnement dans une proportion d’1/3 – 2/3. C’est plus compliqué que de supprimer un régiment. Nous avons trente chantiers. Des analyses fonctionnelles vont être faites dans les directions, les commissariats, la chaîne du soutien, les états-majors, la formation, le maintien en condition opérationnelle… La DGA (Direction générale de l'armement) a deux ou trois chantiers, le SGA (Secrétariat général pour l'administration) une dizaine et moi, une vingtaine. Pour 2015, car nous manquons de temps pour les résultats des analyses fonctionnelles, c’est difficile. Le ministre doit annoncer fin juillet les mesures de restructuration pour 2015. »

 

Le moral des armées

« Le moral est stable ou en légère baisse par rapport à l’année dernière. Il est inégal en fonction des endroits et des moments de carrière. En OPEX, le moral est globalement excellent. Celui du gars qui est au quartier en pleine transformation n’est pas terrible. A Paris (20 000 militaires sur la grande région parisienne, 3 000 à l'îlot Saint-Germain), le moral n’est pas bon avec la baisse de pouvoir d’achat, les trajets… Comme la société, l’armée n’a pas trop le moral et la transformation à conduire est difficile. Elle a le sentiment d’avoir perdu de l’efficacité avec 60 % des suppressions de postes de l’ensemble de l’Etat. C’est pour ça qu’avec le ministre, on a dit « stop » ; ça devenait intolérable, une question de justice sociale. »

 

Réorganisation dans la bande sahélo-saharienne

« On va basculer le PCIAT (poste de commandement interarmées de théâtre) de Bamako à N’Djamena dans les prochaines semaines, d’ici le 14 juillet. Les travaux sont terminés. Nous sommes dans une situation assez paradoxale : nous avons tenu des objectifs difficiles de réalisation et c’est la date de bascule qui a glissé. L’art des opérations, c’est l’adaptation. Tout est prêt. Là encore, cette réorganisation va permettre d’économiser sur les effectifs, pas loin de 200 personnes. Rien n’est durable en ce bas-monde mais l’idée n’est pas de partir dans six mois, c’est d’être confortablement installé dans ce pays avec un commandement unique fusionnant avec un autre nom les opérations Serval et Epervier. »

 

Le soutien en opération extérieure

« Le soutien opérationnel s’est beaucoup amélioré depuis le Kosovo en 1999. Je le sais, j’y étais. Tout n’est pas parfait dans Serval ou Sangaris mais la fusion du Service du commissariat des armées va dans le bon sens. J’ai vu sur place Sangaris et aujourd’hui, chaque soldat prend une douche par jour, 75 % déjeunent chaud et 80 % ont des tentes climatisées. En premier mandat, c'est vrai, la priorité était la mission opérationnelle : éviter un massacre gigantesque. Il reste des choses à améliorer sur le paludisme notamment. Notre doctrine, c’est d’abord l’opérationnel et puis, c’est aussi un problème de moyens. Je suis très conscient de tout ça ; j’étais le premier à gueuler au Kosovo. Il faut améliorer les lieux de stockage et les besoins. On est en train de fusionner tout ça. C’est d’ailleurs valable pour les OPEX et aussi en temps de paix. »

 

2014  et les commémorations, une opération nationale le 6 septembre

« Je profite de ces commémorations du 70e anniversaire et du centenaire pour puiser dans les ressources morales des anciens pour conduire la transformation des armées et des opérations extérieures d’aujourd’hui. Au Mali, en Centrafrique, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye, le soldat a le même âge et les mêmes ressources. J'y vois un vrai parallèle.

Le 6 septembre, pour le centenaire de la bataille de la Marne, nous lancerons une opération nationale dans cent villes avec cent drapeaux et cent héros. Nous dévoilerons des plaques de régiments partis sur le front, en veillant à l’interarmées. Les armées doivent commémorer comme le pays et même plus que le pays. »

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:55
Patroller photo Peter Bastiaans - Safran

Patroller photo Peter Bastiaans - Safran

 

20.06.2014 Sagem

 

Conçu pour effectuer des missions de surveillance, le système de drone tactique Patroller de Sagem (Safran) bénéficie de vingt ans d’expérience. Jean-Pierre Rayssac, conseiller militaire chez Sagem, revient sur cette expertise aujourd’hui unique en Europe.

 

Quelles sont les caractéristiques du système de drone Patroller ?

Le Patroller est un système de drone tactique multi-senseurs, conçu pour des missions de surveillance terrestre ou maritime et de support d’opérations. Pesant près d’une tonne, il est capable de voler 24 heures, en emportant 250 kg de charge utile et sa boule optronique, fonctionnant de jour comme de nuit. Le décollage et l’atterrissage sont automatiques sur des distances inférieures à 600 mètres. Il ne nécessite pas de dispositif spécifique de freinage, comme des câbles d’arrêt et peut donc être déployé de n’importe quel aéroport, voire d’une simple piste en herbe. Deux mécaniciens suffisent pour le mettre en œuvre. Quant à son pilotage, il est assuré par deux opérateurs qui interviennent depuis une station au sol.


Quelles sont les principales qualités de ce drone ?

Son premier atout est sa modularité. Sagem a conçu un système évolutif multi-senseurs, adapté à chaque mission (voir "En savoir plus" ci-dessous). Autre qualité : sa discrétion. Le Patroller est équipé d’un moteur central, avec un échappement dirigé vers le ciel, ce qui atténue sa signature infrarouge, le rend très discret et surtout très silencieux, un point essentiel dans le cadre d’opérations de surveillance.

 

Quelle est l’expérience de Sagem dans le domaine des drones tactiques ?

Sagem fournit depuis plus de quinze ans des drones tactiques aux forces armées françaises et de pays étrangers. Notre expertise technologique et industrielle, et notre retour d’expérience de neuf ans de support en opération au profit de trois nations nous ont conduits à développer sur fonds propres le Patroller, drone tactique de nouvelle génération. Depuis 2010, nous avons réalisé en France de nombreuses campagnes d’essais pour valider les équipements embarqués et obtenir les autorisations de vol, ainsi que des démonstrations sur le territoire national et à l’exportation.


Le Patroller a été développé en France… Pouvez-vous nous en dire plus ?

En effet, ce sont plus de 100 collaborateurs de Sagem qui travaillent en France sur ce programme. Son développement est assuré dans le site d’Éragny, sa construction est réalisée à Montluçon, la boule optronique est assemblée à Dijon, et l’électronique à Fougères. Seule la cellule de l’aéronef a été fabriquée en Allemagne, par Ecarys, spécialiste allemand de cellules performantes en composite. La boule optronique de nouvelle génération, qui équipera bientôt le Patroller, est, quant à elle, le fruit d’une collaboration entre Thales et Sagem, au sein de leur coentreprise Optrolead.

L’offre multi-mission du drone Patroller

En savoir plus

Patroller, un drone multimission

La configuration du drone Patroller peut être déclinée en fonction des besoins des utilisateurs :

  • Pour la surveillance de théâtre d’opérations (opération de guerre électronique, interception et localisation de radiocommunications, détection d’activité, identification de menaces…)
  • Pour la surveillance maritime (détection de l’ensemble de l’activité marine, identification de bâtiments suspects...),
  • Pour la surveillance territoriale des Etats (frontières, côtes, routes, missions de police, protection des événements majeurs ou des sites sensibles, prévention ou gestion des catastrophes naturelles).

Sa conception multi-capteurs lui permet d’être équipé, selon la mission, de deux réservoirs supplémentaires, d’un radar à ouverture synthétique (SAR), d’un radar maritime, d’un télémètre laser, d’un désignateur laser, de capteurs de renseignement ou de guerre électronique (comint, elint), etc. Le drone pourra également être équipé d’un module « voir et éviter » qui lui permettra de s’insérer dans l’espace aérien civil.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:45
Le Sahel Africain - source Sénat r12-7201

Le Sahel Africain - source Sénat r12-7201

 

19.06.2014 par Jean-François Fiorina - notes-geopolitiques.com

 

 Mali, Tchad, RCA… Constitution d’un nouvel « arc de crises »

 

L’organisation d’Eurosatory 2014, le « salon mondial de la Défense et de la Sécurité terrestres et aéroterrestres », du 16 au 20 juin à Paris, fournit l’occasion de s’intéresser aux opérations militaires françaises du moment. Où il apparaît qu’entre Serval au Mali, depuis janvier 2013, et Sangaris en République centrafricaine, au mois de décembre de la même année, l’armée de Terre semble suivre la dynamique territoriale d’un « arc de crise » africain.

Si l’Afrique recèle un formidable potentiel de développement (cf. note CLES n°102, 28/03/2013), le continent reste déchiré par de profondes fractures géopolitiques. Fractures que l’africaniste Bernard Lugan trace à grands traits dans un récent numéro spécial de L’Afrique réelle : « De la zone nigéro-tchadienne jusqu’au Kivu, les deux principaux couloirs de communication de l’Afrique, – celui du Sahel qui met en contact le monde du désert avec celui des savanes et celui du rift africain -, sont menacés par une chaîne de conflits ».

Mali, Niger, Tchad, mais aussi Nigéria, Soudan du Sud, Centrafrique… les « points chauds » se multiplient, depuis les confins du Sahara et du Sahel jusqu’au coeur de l’Afrique centrale, au sein du vaste espace constitué par les 28 pays membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD).

S’intéresser à la déstabilisation de la zone comprise entre le Sahara et le Sahel suppose d’élargir la focale à un ensemble encore plus vaste. Comme le rappelle Bernard Lugan : « Après la région saharo-sahélienne, une nouvelle ligne de fracture s’est en effet ouverte en Afrique centrale. Elle court depuis le Nigeria à l’Ouest jusqu’à la région du Kivu à l’Est, touchant le nord du Cameroun, les deux Soudan et la RCA« .

 

Un espace de défaillance étatique

Le premier constat qui s’impose est celui d’une faillite de la construction étatique, illustrée par la dynamique des forces centrifuges qui conduisent à des sécessions de fait. En 2011, le Soudan du Sud obtient son indépendance après de nombreuses années de luttes. En 2012, le nord du Mali tombe aux mains de rebelles touaregs (MNLA) alliés à des mouvements islamistes armés (Aqmi, Ançar Dine, Mujao). Dans le nord du Nigéria, les différents États fédérés adoptent les uns après les autres la Charia, ce qui les soustrait en grande partie au droit commun de l’État central.

De nombreux espaces de l’Afrique saharo-sahélienne basculent également dans la catégorie des « zones grises ». Ainsi, toujours au nord du Nigéria, en va-til des espaces où la secte Boko Haram est la plus active, ou encore des espaces sahariens situés aux confins du Mali, du Niger et de l’Algérie. La liste des groupes armés actifs en ces lieux est longue : Ansar Dine, Al Qaida au Maghreb islamique… Avec pour point commun des modes d’action mixant terrorisme et grand banditisme, qui conduisent à la contestation de la réalité d’un État de droit : enlèvements et demandes de rançons, enrôlement de la population, trafics en tous genres…

Comment expliquer cette décomposition ? Le cas de la Centrafrique est particulièrement éclairant. D’après les auteurs de l’ouvrage Centrafrique, pourquoi la guerre ?, édité chez Lavauzelle avec le concours scientifique du Centre de Recherches des Ecoles de Coëtquidan, « l’histoire contemporaine de la RCA, de 1960 à 2012, est résumée dans l’alternance des cycles ethno-politiques qui donnèrent tour à tour le pouvoir à des populations originaires des trois grandes régions du pays« .

Comme à peu près partout en Afrique, les frontières issues de la colonisation ont été tracées sans tenir compte des peuples, biaisant à la racine la notion même de représentativité – et donc de légitimité – des instances politiques. De plus, certains espaces transfrontaliers sont des zones grises « naturelles », de déstabilisation chronique, comme le « triangle de la mort » entre Centrafrique, Cameroun et Tchad, où Thomas Flichy de la Neuville, qui a dirigé la publication de l’ouvrage précité, rappelle l’ancienneté des exactions des « coupeurs de routes« .

L’impact économique de cette défaillance étatique est considérable (cf. note CLES n°123, La « guerre civile » centrafricaine, 30/01/2014). Pour Flichy de la Neuville, « la guerre qui secoue actuellement la RCA empêche l’exploitation des ressources souterraines du pays » : or, diamants (13 % des emplois locaux), pétrole (dans les régions de Dobo Doseo et Salamat), uranium.

 

Une extension des affrontements ethno-religieux

La plupart des conflits du moment voient la prégnance des facteurs ethniques. Au Nigéria, Bernard Lugan estime que tout le nord du pays est devenu une immense zone grise en raison des apparentements ethniques transfrontaliers. Les peuples haoussas, fulanis et kanouris s’entraident ou s’opposent au mépris des frontières étatiques. Ces affrontements ethniques pourraient conduire, par emboîtement d’échelles, à une totale fragmentation de la région.

Lugan rappelle que c’est ce processus qui a été observé au Soudan : « A une guerre raciale entre ‘Arabes’ nordistes et ‘Noirs’ sudistes, succéda en effet une guerre ethnique entre les deux principales ethnies nilotiques du Soudan du Sud« , rendant ce nouvel État pratiquement ingouvernable.

Mais les conflits de la région sont également de plus en plus de nature religieuse. La religion ne contribue-t-elle pas à « sanctifier » d’anciennes lignes de fractures ? Bernard Lugan rappelle ainsi que toute la bande sahélienne est marquée depuis le XVIIIe siècle par une expansion de l’islam, venu du Nord, en direction du Sud, où résident des populations d’ethnies distinctes et de tradition animiste. Aux époques médiévale et moderne, les musulmans accomplissent régulièrement des razzias de bétail mais aussi d’esclaves au sud du Sahel.

À l’époque coloniale, ces populations du Sud se convertissent en masse à la religion de leurs « protecteurs » européens : le christianisme. Lugan souligne l’importance de ce prolongement de l’ethnique vers le religieux pour le Nigéria : « Les fondamentalistes musulmans qui contrôlent le nord du Nigéria cherchent à exacerber la fracture entre le Nord et le Sud ; et cela afin d’imposer l’indépendance du Nord qui deviendrait ainsi un État théocratique« . Les Fulanis n’appellent- ils pas à la résurgence du califat Sokoto ?

L’action de la Seleka en Centrafrique relève du même processus : « Le conflit ethnique de RCA est donc peu à peu devenu religieux, engerbant en quelque sorte les composantes ethniques régionales avec tous les risques internationaux qu’une telle évolution implique« . Ainsi, au départ simple « coalition de plusieurs tribus nordistes, dont les Gula et les Runga, le Seleka fut rejoint par des pillards venus tant du Tchad que du Soudan« .

 

L’apparition d’un nouvel « arc de crises »

Cet incendie parti de l’Afrique saharo-sahélienne et qui est en train d’embraser plus largement l’Afrique centrale est au coeur d’un nouvel arc de crises. Les logiques à l’oeuvre ne sont pas strictement locales. En effet, plusieurs acteurs extérieurs à la région contribuent à y accentuer les facteurs de tension. En premier lieu, on doit mentionner ce que les auteurs de Centrafrique, pourquoi la guerre ? appellent « la cannibalisation de l’islam national par l’islam transnational« .

En effet, on assiste à une pénétration sur les marges sud du Sahara de mouvements armés qui associent la pratique traditionnelle du pillage à une logique d’islamisation radicale plus récente. Comme l’écrit Didier Giorgini dans la revue de géopolitique Conflits (n°1), « certains islamistes considèrent la lutte contre les chrétiens en Afrique comme une sorte de conflit à échelle réduite de ce que serait à l’échelle du monde la lutte Islam-Occident, une sorte de ‘conflit périphérique’ ou de conflit limité à défaut d’avoir la possibilité d’étendre leur champ d’action à toute la planète« .

Les victimes sont donc essentiellement les populations chrétiennes, comme au Nigéria, ou encore les musulmans relevant de l’ »islam des terroirs » (Omar Saghi). En effet, l’islam sahélien conserve des pratiques traditionnelles jugées scandaleuses pour les rigoristes wahhabites et autres salafistes, chaque partie s’accusant mutuellement d’activisme prosélyte. C’est ce qui explique, notamment, la campagne de destruction des mausolées de Tombouctou, lors de son occupation par les islamistes en 2012-2013.

S’ajoutent enfin les interventions des puissances étrangères. Celles menées par les États occidentaux sous mandat de l’ONU se font certes au nom de grands principes, mais viennent souvent se briser sur l’écueil de la complexité ethnoreligieuse. Comme le rappelle Didier Giorgini s’agissant de la RCA, « l’intervention française après le 5 décembre 2013 est accusée sur le terrain d’être, au choix, favorable aux musulmans ou aux chrétiens » : en mécontentant tous les acteurs du conflit, elle contribue involontairement à ralentir sa résolution.

Une situation d’autant plus délicate que, selon Flichy de la Neuville, les « puissances occidentales et émergentes » sont « concurrentes en Centrafrique« , comme le Canada, le Maroc et bien sûr la Chine – qui y finance logements sociaux et hôpitaux. Tandis qu’ici comme ailleurs, certaines pétromonarchies du Golfe soutiennent en sous-main les milices musulmanes…

Ce qui se passe en Centrafrique peut-il être élargi aux autres pays de la région ? Bernard Lugan invite à s’intéresser tout particulièrement au Tchad. Le « verrou tchadien » est en effet à l’articulation de zones de déstabilisation qui affectent aujourd’hui le Niger, la Libye, le Soudan du sud, le Nigéria et la Centrafrique. Le cas de cette dernière n’est peut-être que l’annonce d’un nouveau paradigme, l’ensemble de la région étant soumis au risque d’un terrible effet de dominos.

Lugan prévient que, « désormais, la priorité est d’éviter que l’anarchie centrafricaine ne se traduise par une contagion régionale« . C’est tout le sens de l’engagement des forces françaises sur place. Un engagement qui exige certes des moyens et de la détermination, mais plus encore peut-être du doigté et une certaine forme d’humilité. Il ne faudrait pas en effet apparaître comme l’ancienne puissance coloniale au moment précis où la construction coloniale se dissout devant le retour des structures politiques spécifiquement africaines. Une dynamique que nous avons insuffisamment mesuré au Mali, et que nous serions peu fondés à combattre, alors même qu’ici aussi, les vieilles structures historiques ressurgissent derrière une construction européenne jugée trop artificielle…

 

Pour aller plus loin :

  • Les guerres d’Afrique : des origines à nos jours, par Bernard Lugan, éditions du Rocher, 403 p., 32 € ;
  • L’arc de crise de l’Afrique centrale, in L’Afrique réelle n°53, revue mensuelle par Internet, 05/2014, http://bernardlugan.blogspot.fr/ ;
  • Centrafrique, pourquoi la guerre ?, dirigé par Thomas Flichy de la Neuville, éditions Lavauzelle, 110 p., 12,80 € ; Géopolitique de l’Afrique, par Philippe Hugon, éditions Armand Colin, 128 p., 9,80 €.

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 07:56
Le successeur du fusil d'assaut FAMAS de l'armée française sera-t-il étranger ?

Les nouveaux fusils d'assaut de l'armée française seront livrés à partir de 2017 - photo Sirpa Terre

 

19/06/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

A l'heure du "Made in France", Paris est contraint de lancer un appel d'offre européen pour remplacer les fusils d'assaut FAMAS, selon la réglementation européenne. Une transposition votée par l'ancienne majorité.

 

Ce qui devait arriver… est bien arrivé. Et ce ne n'est pas la première fois (Nexter au Danemark notamment), ni la dernière. Car ce qu'a dénoncé mercredi le député Philippe Meunier (UMP) lors des questions d'actualité - un appel d'offre européen portant sur l'achat des futurs fusils d'assaut de l'armée française - est la simple conséquence d'un vote de la majorité 2007-2012 (gouvernement Fillon). De quoi parle-t-on exactement ? A travers le décret du 14 septembre 2011, la France a transposé la directive européenne de 2009 qui modifiait certains articles du code des marchés publics, notamment des marchés de défense.

Un vote d'ailleurs sans aucune contrepartie. Car lors de l'élaboration de cette directive, la France préconisait la préférence communautaire. Or, une telle clause aurait impliqué d'acheter parfois un produit plus cher à un État membre. Un argument qui a été inacceptable pour des États mal dotés en industrie de l'armement et surtout pour le Royaume-Uni qui y a vu de l'anti-américanisme pur.

 

Éviter les marchés de gré à gré

Cette directive établit des règles communautaires pour l'acquisition d'armes, munitions et matériaux de guerre à des fins militaires. Elle clarifie également les conditions d'utilisation de l'article 346 du TFUE (traité sur le fonctionnement de l'UE) qui permet aux Etats de ne pas appliquer les règles communautaires si cela est nécessaire à la protection de leurs intérêts essentiels de sécurité.

Cette transposition est le résultat d'une longue réflexion de la commission européenne en vue de contraindre les Etats de conclure des contrats selon des procédures bien établies, et d'éviter le plus possible les marchés de gré à gré en profitant de l'exemption de l'article 346 du TFUE. Les Etats invoquaient beaucoup trop, au goût de la commission, cette exception des "intérêts essentiels de la sécurité".

 

Achat sur étagère pour le successeur du FAMAS ?

Trois ans plus tard, le député Philippe Meunier UMP, député entre 2007-2012, se réveille en posant une question au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, portant sur le successeur du FAMAS, fusil d'assaut de l'armée française, qui sera bientôt remplacé.

« Deux options sont envisageables, a-t-il expliqué sous les applaudissement des députés du groupe UMP : l'achat sur étagère d'un fusil d'assaut étranger ou la production en France de cette arme si importante pour nos fantassins (…). Aujourd'hui comme hier, l'industrie française est capable de produire ce type d'arme, notamment en Rhône-Alpes, dans le bassin industriel de Saint-Étienne, réputé pour la qualité de sa production. Malheureusement, tel qu'il est rédigé, l'appel à candidatures portant sur la fourniture d'armes individuelles publié en mai 2014 exclut de fait toute entreprise française. C'est la raison pour laquelle je vous demande instamment de revoir les deux clauses de cet appel à candidatures, qui, si elles n'étaient pas modifiées, empêcheraient nos armées de se voir doter d'un fusil d'assaut de qualité produit en France. En cette année de centenaire, rappelant le sacrifice de nos soldats armés de leurs fusils Lebel, ne soyez pas le ministre de la défense qui, pour la première fois de notre histoire, prendrait la décision d'équiper nos fantassins d'un fusil étranger ».

 

Livraison des fusils d'assaut en 2017

Le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, a répondu qu'il était tenu de "lancer un appel d'offres européen conformément à la réglementation". Et de préciser que le remplacement du "fameux FAMAS" est inscrit dans la loi de programmation militaire et devrait intervenir en 2016 pour des premières livraisons en 2017. Il porte sur un total de 21.000 armes individuelles du futur (AIF).De plus, le ministre a rappelé que "les entreprises françaises capables de produire directement ce type d'armement il y a une quinzaine d'années ne le font plus ou ont été fermées (manufacture d'armes de Saint-Étienne et à l'atelier munitionnaire du Mans de GIAT-Industries). Il n'y a plus en France ce type d'activités".

En revanche, a-t-il expliqué, "je suis très ouvert à ce que des entreprises françaises répondent d'une manière ou d'une autre à cet appel d'offres, et je les incite fortement à le faire".

 

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