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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 20:55
Conseil national du renseignement

 

14 Janvier 2016 par  Elysee.fr

 

Le président de la République a convoqué, mercredi 13 janvier, au Palais de l’Elysée, un Conseil national du renseignement.

 

La sécurisation du territoire national face au risque terroriste est plus que jamais la première priorité assignée aux services de renseignements français.

 

Au cours de ce Conseil, il a été décidé d’approfondir l’intégration de l’action intérieure et extérieure des services de renseignement qui concourent à la prévention et à la lutte contre le terrorisme, aussi bien en France qu’à l’étranger, tout particulièrement à partir des zones de transit et des sanctuaires où se regroupent les terroristes qui veulent commettre des actes terroristes sur notre sol.

 

Il a également été décidé de renforcer la mutualisation des moyens dont ils disposent, tout particulièrement grâce aux lois sur le renseignement des 24 juillet et 30 novembre 2015, dont un premier bilan de l’application a été dressé.

 

Le pilotage opérationnel quotidien de la stratégie de lutte contre le terrorisme visant le territoire national est placé sous l’autorité directe du ministre de l’Intérieur, avec le concours de l’ensemble de la communauté française du renseignement.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:55
Bernard Squarcini : “Nous sommes entrés dans la terreur et le terrorisme de masse”

Pour l'ancien patron de la DCRI, devenue DGSI, "rien n'a été fait" pour coordonner les services de renseignements.

 

 

Bernard Squarcini. Directeur central du renseignement intérieur de 2008 à 2012, l’ancien préfet se livre sur l’état actuel de la menace terroriste. Pour lui, des décisions immédiates doivent être prises après les attentats.

 

Les services de renseignements français étaient-ils prêts ?

Clairement, oui. Il était prévu depuis les attentats de Bombay, en 2008, que de telles actions coordonnées et déterminées se produisent sur le territoire français et que la menace s’installe dans la durée. Nous savions que nous allions devoir monter en puissance pour faire face à ce type d’attentat. Il n’y a eu aucune surprise. En revanche, les services français paient les conséquences de certaines décisions politiques. Comme M. Hollande traite Bachar al-Assad de tous les adjectifs, les services syriens ne veulent plus coopérer avec les services français.

 

Comment travaillent nos services, alors ?

Nous sommes contraints de faire appel à des partenaires étrangers qui nous donnent les informations qu’ils souhaitent. Sans ces errements idéologiques, peut-être pourrions-nous éviter que des drames se produisent.

 

Vous avez proposé à votre ancien service il y a deux ans de lui transmettre une liste des Français qui combattent en Syrie. Pourquoi a-t-il refusé ?

Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. J’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques. C’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie. Résultat : on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret.

 

Vous considérez que nous venons d’en payer les conséquences ?

Conscients de ces erreurs politiques et diplomatiques, les islamistes de Dae’ch ont commis un attentat remarquable. Parce qu’il se passe à Paris dans une région ultraprotégée, juste avant la Cop21, avec des cibles travaillées et à l’occasion du concert d’un groupe américain qui revient tout juste d’Israël. Les djihadistes ont frappé monsieur Tout-le-monde. Face à de telles attaques et compte tenu des prises de position du gouvernement, il est difficile pour les services de renseignements d’anticiper de manière précise le passage à l’acte. Des attentats sont déjoués. Mais qui sait si les commanditaires souhaitaient véritablement passer à l’acte ?

 

Lors des attentats de Paris, n’y a-t-il pas eu des dysfonctionnements entre la DGSI et la DGSE ?

L’enquête révèle qu’on est bien sur la piste d’une filière francobelge, connectée à la Syrie, qui a frappé méthodiquement la France. Pour la DGSI, que je connais bien pour en avoir été le directeur central, je sais qu’entre les renseignements intérieurs français et belge, les relations sont étroites. Mais je m’interroge : quel a été le travail de la DGSE sur les filières syriennes composées de Français en Europe ? Certains acteurs français du renseignement ne l’ont pas encore compris : il n’y a plus de différence aujourd’hui entre la menace intérieure et celle qui vient de l’extérieur. Il faut impérativement renforcer la coopération entre ces deux services. Il y a plusieurs mois, nous avions identifié le formateur de Mohamed Merah qui avait séjourné en Belgique. Nous savions qu’il formait tous les commandos européens et avions demandé à la DGSE de le “neutraliser” mais rien n’a été fait… Heureusement, il a finalement été “droné” par les Américains, mais bien après.

 

Suite de l'entretien

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 18:55
photo Police Nationale

photo Police Nationale

 

16/11/2015 à 15:55 Par valeursactuelles.com

 

Attentats. L’enquête pour identifier les terroristes des attentats de Paris progresse. Cinq des sept kamikazes ont été identifiées et un des membres du commando serait lui toujours en fuite.

 

Salah Abdeslam

Inconnu des services de renseignement français, il pourrait être le cerveau des opérations. Comme ses frères il résidait à Molenbeek, en Belgique. Le véhicule retrouvé près du Bataclan aurait été loué à son nom. Salah Abdeslam aurait été dans le véhicule d'où tiraient les terroristes vendredi soir, affirme RTL. Ensuite, il aurait déposé son frère, Brahim, qui s'est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire. Après avoir garé son véhicule dans une rue de Montreuil,  il serait parti vers la Belgique. Selon France 2, il aurait été contrôlé par les gendarmes près de Cambrai mais son identification tardive n’a pas permis de l’arrêter. Son véhicule a été retrouvé à Molenbeek. L’homme de 26 ans est activement recherché en Belgique et est décrit par le ministère de l’Intérieur comme « dangereux ». La justice belge a émis un mandat d’arrêt international à son encontre et des opérations de police ont été menées ce lundi à Molenbeek, pour tenter de le retrouver, sans succès.

 

Abdelhamid Abaaoud

Belge de 29 ans, il est celui sur lequel les services de renseignement disposent du plus d’information. Il a rejoint les rangs de l’Etat Islamique depuis 2013 et a même la réputation d’en être un des principaux bourreaux. Il est notamment apparu dans une vidéo de propagande de l’Etat Islamique, à bord d’un véhicule trainant des cadavres. Proche des frères Abdeslam- il était notamment incarcéré avec l’un d’entre eux en 2010 pour des affaires de braquage- il serait un des premiers commanditaires des attentats de vendredi. Selon Le Monde, Les services de renseignement français le soupçonnent depuis plusieurs mois d’être un des principaux organisateurs d’attaques en France et en Belgique. Il serait ainsi impliqué dans l’attentat avorté contre une église à Villejuif, en avril 2015, l’attaque du Thalys en aout 2015 et les meurtres du musée juif de Bruxelles en mai 2014. Il aurait fait plusieurs allers retours en entre la Syrie et la Belgique depuis 2013 sans jamais être interpellé.

 

Sammy Amimour

Âgé de 28 ans, Samy Amimour qui s’est fait exploser au Bataclan, a séjourné en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique. Lepoint.fr révèle que la Direction centrale du renseignement Intérieur (DCRI) avait auditionné l’homme pendant 96 heures en octobre 2012. Selon le parquet Il avait été mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes « après un projet de départ avorté vers le Yémen ». Il avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire et devait régulièrement pointer dans un commissariat. Il est tout de même parvenu à quitter le territoire pour la Syrie avant de revenir pour préparer les attentats de vendredi. Un mandat d’arrêt international avait été publié à son encontre après son départ.

 

Omar Ismaïl Mostefaï

Premier terroriste à avoir été identifié, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, il avait déjà été condamné pour des délits de droit commun mais n’avait jamais fait de prison. Né à Courcouronnes dans l’Essonne mais résident près de Chartres, l’homme de 29 ans était connu pour sa radicalisation et faisait l’objet d’une « fiche S », renouvelée un mois avant les attentats, le 12 octobre 2015. Selon le procureur de Paris François Molins, il n’avait cependant jamais été impliqué dans un dossier terroriste. Ce lundi matin, France Info affirme que la police turque, "a informé la police française deux fois en moins d’un an »  de sa dangerosité. Il serait en effet passé par la Turquie avant de rejoindre la Syrie ou il aurait séjourné en 2014. Le Figaro rapporte que plusieurs membres de son entourage, dont son père et son frère, auraient été mis en garde à vue.

 

Ahmad Al Mohammad

Les enquêteurs ont retrouvé un passeport sur le corps du kamikaze qui s’était fait exploser à proximité du Stade de France. Des doutes subsistent sur l’authenticité du document. Plusieurs sources, dont la ministre de la justice Christiane Taubira et le ministre de la justice allemand Heiko Maas ont affirmé qu’il pouvait s’agir d’un faux passeport. Théorie renforcée par l’arrestation lundi,  en Serbie, d’un homme possédant un passeport au même nom selon le quotidien local Blic. Sur son passeport le kamikaze a 25 ans et est né à Idlib au Nord-Ouest de la Syrie. Les autorités grecques ont affirmé, de leur côté, que l’homme a transité par l’ile de Lesbos le 3 octobre en tant que migrant. Toujours selon le parquet, les empreintes papillaires prélevées sur l’homme correspondent bien à celles qui ont été enregistrées par les autorités grecques.

 

Brahim Abdeslam

L’homme de 31 ans, aurait agi au sein de la troisième équipe, qui a mené les  fusillades de l'Est de Paris. Le frère de Salah Abdeslam, a activé sa ceinture d’explosifs devant un bar du boulevard Voltaire mais n’a pas fait de victimes. De nationalité française, il aurait lui aussi résidé en Belgique. La Seat noire immatriculée en Belgique retrouvée à Montreuil aurait été louée à son nom. Elle contenait trois kalachnikovs ainsi que des chargeurs.

 

Bilal Hadfi

Agé de 20 ans, ce Français résidait lui aussi en Belgique, à Neder-over-Hembeek. Il s’est fait exploser aux abords du Stade de France, sans faire de victimes, après avoir été refoulé par la sécurité car il n’avait pas de billet. Selon le 20 minutes Le jeune homme connu des services belges aurait séjourné en Syrie.

 

Mohamed Abdeslam

Le dernier des trois frères résidant a été mis en garde à vue. Habitant comme ses deux frères à Molenbeek, fief de nombreux islamistes radicaux, son implication dans les attentats n’est pas attestée.  Le quotidien La Libre Belgique rapporte qu’il a été relâché lundi après-midi. Aucun chef d'inculpation n'a été retenu contre lui, en raison d’un « alibi très solide » pour le 13 novembre au soir.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 23:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

10 novembre 2015 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Un homme qui a reconnu avoir voulu attaquer des militaires français à Toulon (sud-est) au nom du jihad a été arrêté fin octobre, mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et écroué, a-t-on appris mardi de sources policière et judiciaire.

 

Grand port sur la Méditerranée, Toulon abrite la principale base navale française.

 

Âgé de 25 ans, le suspect était depuis plusieurs mois dans le viseur des services de renseignement français, ont précisé des sources policière et proche du dossier, confirmant une information de la chaîne Canal+.

 

Alors qu'il était surveillé, il s'est fait livrer un colis par la Poste, qui a éveillé des soupçons car il était éventré. A l'intérieur de ce colis, un couteau de combat et au moins une cagoule, ont rapporté ces sources.

 

Il est alors interpellé, le 29 octobre.

 

En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec un Français parti pour la Syrie dans les rangs du groupe jihadiste Etat islamique qui, par internet, l'a incité à passer à l'acte, selon une des sources proches du dossier. C'est ce jihadiste français qui lui conseille d'acheter une arme, a précisé une autre de ces sources.

 

Il a fini par admettre un projet d'attaque contre des marins de la base navale de Toulon. Selon une source policière, il n'avait pas encore de plan très précis.

 

Les attentats islamistes de janvier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives sur le territoire français.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 16:55
La liberté d'informer sacrifiée sur l'autel du secret-défense

 

 

Pour la première fois, des journalistes ont été condamnés pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Un arrêt dangereux.


La peine est légère, mais la condamnation insupportable. Pour avoir regardé sous les jupes du renseignement, Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, et Didier Hassoux, plumier du Canard enchaîné, ont été condamnés en septembre dernier par la cour d'appel de Paris à une amende de 3 000 euros avec sursis. Leur tort ? Avoir porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation en révélant l'identité réelle d'un agent secret. Une infraction introduite dans notre Code pénal en 2011 et qui n'avait, jusque-là, jamais été utilisée contre des journalistes. À l'origine du litige, un livre, L'Espion du président, paru aux éditions Robert Laffont en 2012. L'ouvrage, en grande partie consacré à Bernard Squarcini, le patron de la toute puissante Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd'hui devenue DGSI), lève le voile sur les très nombreux dysfonctionnements des services de renseignements français. Il avait fortement déplu en haut lieu.

 

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 15:55
Ministere de l Interieur photo DICOM Jean-Luc ZIEGLER

Ministere de l Interieur photo DICOM Jean-Luc ZIEGLER

 

07/10/2015 Par Christophe Cornevin – LeFigaro.fr

 

Une douzaine d'experts chevronnés dispose d'un fichier de 11.400 personnes radicalisées, dont 16% de mineurs.

 

L'affaire Yassin Salhi, chauffeur-livreur de 35 ans qui a décapité le 26 juin son ex-patron à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), a provoqué un électrochoc Place Beauvau. Le terroriste présumé qui avait fait l'objet d'une fiche S, pour «Sûreté du territoire», était en effet sorti des écrans radars du renseignement en raison d'une vie a priori rangée. Avant de passer à l'acte dans ce que les psychiatres ont appelé une «explosivité émotionnelle», l'homme s'était donc littéralement fondu dans le paysage sans qu'aucune unité ne suive plus sa trace. Fût-ce à distance.

 

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 11:56
Surveillance: Jean-Marie Delarue remplacé par un homme de la défense

 

15 septembre 2015 Par Jérôme Hourdeaux - mediapart.f

 

Le président de la CNCIS, l'actuel organisme de contrôle des activités des services qui doit être remplacé par la CNCTR dans le cadre de la loi renseignement, n'a pas souhaité être candidat à sa propre succession. Le nouvel organisme sera dirigé par Francis Delon, ancien secrétaire général de la défense nationale.

 

Jean-Marie Delarue, actuel président de la Commission nationale des interceptions de sécurité (CNCIS), ne survivra pas à son autorité administrative, chargée de contrôler les activités des services de renseignement, qui doit être prochainement remplacée par une nouvelle Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Dans un communiqué succinct publié mardi 15 septembre, Matignon a publié la liste des quatre premières personnalités à rejoindre la nouvelle institution. Parmi celles-ci, François Hollande a déjà annoncé par communiqué son intention de désigner comme président Francis Delon, ancien secrétaire général de la défense nationale (SGDN).

 

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 10:55
Sémaphore de Béar - photo MinDef FR

Sémaphore de Béar - photo MinDef FR

 

16.07.2015 LeFigaro.fr

 

Quatre suspects, âgés de 16 à 23 ans, projetaient de filmer la décapitation d'un haut gradé. Le plus jeune a été libéré, car il avait été écarté du projet.

 

Un projet d'attentat voulant frapper l'armée française d'une atroce manière a été déjoué à la veille de la fête nationale sur notre territoire. Cette visée terroriste, si elle avait été menée à terme, aurait été une première du genre, sachant que nos soldats ont déjà été pris pour cibles, notamment lors de gardes statiques devant un bâtiment juif à Nice en février dernier. En l'espèce, le commando islamiste mis hors d'état de nuire, lundi, voulait filmer, à l'aide d'une caméra portative de type GoPro la décapitation d'un haut gradé.

L'affaire est d'une telle gravité qu'elle a été éventée de façon inopinée, mercredi, par François Hollande, en marge d'une visite officielle à Marseille en compagnie de son homologue mexicain, Enrique Pena Nieto. Bernard Cazeneuve a révélé dans la soirée que le groupe des supposés djihadistes a été démantelé lundi 13 juillet à l'aube. Il est composé de quatre hommes de 16 à 23 ans, parmi lesquels figure un ancien militaire réformé de la Marine nationale, simultanément interpellés dans le Nord, le Rhône, les Bouches-du-Rhône et les Yvelines. Le plus jeune des suspects, âgé de 16 ans, a été remis en liberté mercredi soir, car il avait été écarté du projet. Lors de leur garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, les protagonistes ont reconnu, selon les dépositions, vouloir passer à l'action entre décembre 2015 et janvier 2016. Leur intention était de pénétrer sur une base qu'ils avaient repérée dans le sud de la France, de prendre en otage le chef de corps avant de filmer leur acte moyenâgeux et le diffuser sur les réseaux sociaux.

Sur la base d'informations précises de la DGSI, le parquet de Paris a ouvert dès le 23 juin dernier une enquête préliminaire pour «association de malfaiteurs en vue de procéder à un acte terroriste». Le principal instigateur avait été détecté en raison de son activisme sur les réseaux sociaux et, selon l'hôte de la Place Beauvau, dans le «relationnel de djihadistes français aujourd'hui incarcérés». Il avait été signalé aussi en raison de ses «velléités de départ vers la Syrie». Tracé à la loupe, il avait fait l'objet d'un «entretien administratif» mené par les services. En criblant son entourage, les policiers ont pu identifier ses trois complices, dont le marin réformé, présenté de source informée comme «l'un des deux meneurs de la cellule». Lors des perquisitions, les enquêteurs ont confisqué des ordinateurs ainsi que des téléphones mobiles dont le contenu est présenté comme «très intéressant». Les sources proches du dossier n'indiquaient pas si les islamistes présumés étaient en lien avec un groupe terroriste basé en zone irako-syrienne, voire téléguidés à la manière de Sid Ahmed Ghlam, principal suspect dans le projet d'attentats déjoués visant au moins une église à Villejuif (Val-de-Marne) en avril dernier.

 

Cinq attentats déjoués

«Toutes les semaines, nous arrêtons, nous empêchons des actes terroristes», a insisté Bernard Cazeneuve, confirmant les propos du chef de l'État lors de son traditionnel entretien du 14 Juillet. Manuel Valls avait annoncé le 23 avril que cinq attentats avaient été déjoués depuis janvier. Après avoir souligné qu'«aucun lien ne peut être établi à ce stade avec les faits qui se sont récemment déroulés dans les Bouches-du-Rhône», à savoir les explosions criminelles sur le site pétrochimique de Berre-l'Étang et le vol d'explosifs dans un dépôt de l'armée à Miramas, Bernard Cazeneuve a déclaré que «ce sont désormais 1850 Français ou résidents habituellement en France qui sont aujourd'hui impliqués dans des filières djihadistes, dont près de 500 présents en Syrie ou en Irak». Sur le plan de la prévention, 2500 radicaux, repérés depuis la création du numéro vert il y a près d'un an et demi, font tous l'objet d'un suivi spécifique. L'opération de lundi porte à 326 le nombre de suspects interpellés dans des filières djihadistes depuis 2012. Parmi eux, figurent 188 mis en examen, dont 126 écroués. C'est-à-dire autant de fanatiques qui allaient potentiellement frapper la France

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 07:55
Didier Le Bret, du centre de crise du Quai d'Orsay au renseignement à l'Elysée

 

03/06/2015 LePoint.fr (AFP)

 

Le diplomate Didier Le Bret, 52 ans, directeur du centre de crise du Quai d'Orsay, a été nommé mercredi en Conseil des ministres coordonnateur national du renseignement à l'Elysée, un poste créé en 2008 par Nicolas Sarkozy qui pourrait prendre un nouveau relief après les attentats jihadistes de janvier.

 

L'ancien ambassadeur en Haïti, révélé par sa gestion de l'après-séisme en 2010, remplacera à cette fonction à la présidence française le préfet Alain Zabulon qui est nommé directeur de la sûreté, du management des risques et de la conformité d'Aéroports de Paris (ADP).

 

Sous l'ère Sarkozy, le poste n'avait guère permis l'harmonie entre la cellule diplomatique de l'Elysée, la DGSE et le cabinet présidentiel, note-t-on de source proche du dossier sous couvert d'anonymat.

 

Le défi de cette fonction est de créer des liens étroits entre différentes administrations - Quai d'Orsay, Défense, services d'espionnage intérieur et extérieur - ainsi qu'au sein de l'Elysée entre le cabinet présidentiel, l'état-major particulier du président François Hollande et ses conseillers diplomatiques, selon la même source.

 

L'onde de choc provoquée par les attentats de janvier (17 morts) et le renforcement des moyens de renseignement qui a suivi devraient accentuer la nécessité d'une coordination poussée entre les différents acteurs du secteur, notamment pour éviter la "guerre des services".

 

Après Haïti, Didier Le Bret était devenu en 2013 directeur du centre de crise du Quai d'Orsay, organisme mobilisé lorsque des Français se trouvant à l'étranger sont victimes d'une catastrophe naturelle ou pris en otages dans des pays à risques.

 

Fin 2014, il avait été pressenti pour prendre la tête de l'Institut français, organisme qui chapeaute les centres culturels français à l'étranger. Le diplomate Antonin Baudry, scénariste de la bande dessinée Quai d'Orsay, lui avait été finalement préféré au dernier moment.

 

Didier Le Bret avait entrepris alors une réorganisation du centre de crise du Quai d'Orsay, récupérant des bureaux et des services. Dans la foulée, il s'était vu attribuer le 29 avril dernier lors d'un Conseil des ministres sur proposition du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius le titre d'"ambassadeur à la gestion des crises".

 

Né le 25 mars 1963, Didier Le Bret est selon des articles de presse le compagnon de Mazarine Pingeot, fille de l'ancien président François Mitterrand (décédé en 1996) et d'Anne Pingeot.

 

Au cours de sa carrière, il a été entre autres en poste à Moscou (1993-1994), à New York auprès de l'Onu (1998-2002), à Dakar (2005-2007) et conseiller puis directeur adjoint au cabinet de l'ancien ministre UMP à la Coopération Alain Joyandet (2007-2009).

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 20:55
Didier Le Bret nommé à la tête de la coordination des services de renseignement

 

03.06.2015 par valeursactuelles.com

 

Renseignement. L’information a été avancée hier par Jean-Dominique Merchet. Didier Le Bret va être nommé coordonnateur national du renseignement (CNR) en Conseil des ministres ce mercredi 3 juin.

 

Ce diplomate de 53 ans était depuis janvier 2013 directeur du Centre de crise et de soutien du ministère français des Affaires étrangères. Cette cellule qui dépend du Quai d’Orsay est en charge de la coordination de l’action du Gouvernement lors de crises humanitaires et internationales.

 

Titulaire d’une Maîtrise de Lettres classiques, de Sciences Po Lyon et d’un DEA, il a occupé plusieurs fonctions diplomatiques à l’ambassade de France à Moscou, à Vilnius, à New York (Nations Unies), à Dakar et a été plus récemment ambassadeur de France en Haïti. Entre 2007 et 2009, il a été le collaborateur de deux ministres de Nicolas Sarkozy : Jean-Marie Bockel puis Alain Joyandet au secrétariat d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie.

 

Une mission compliquée après le départ d’Alain Zabulon

 

Didier Le Bret succède à Alain Zabulon, récemment nommé chez Aéroports de Paris (ADP). Le passage d’Alain Zabulon au Conseil national du renseignement a été très critiqué. N’ayant pas réussi à trouver ses marques dans cet univers, cet ancien préfet de Corrèze n’était pas apprécié de Bernard Bajolet (patron de la DGSE) et du général Benoît Puga (chef d’état-major particulier du président de la République). Des sources élyséennes, lui ont reproché son « absence totale » après les attentats du 11 janvier, ne cachant pas qu’Alain Zabulon « donnait souvent raison au dernier qui avait parlé ». Les spécialistes du domaine n’ont jamais accepté la nomination de ce préfet, directeur adjoint de cabinet de François Hollande à l’Élysée en 2012 et 2013. En cause, « son manque de recul, sa politisation et son parti pris systématique ». Des sources internes confient par ailleurs qu’après avoir « limogé son ancien adjoint Pierre Lieutaud », Zabulon était « incapable de prendre une décision, car il ne conna[issait] pas ses dossiers ».

 

Contactés par Valeurs actuelles, des acteurs du renseignement confient qu’ « Alain Zabulon a tué le poste » et que « la tâche de Le Bret est immense ». L’un d’entre eux qui apprécie Didier Le Bret pour ses « compétences professionnelles remarquables » émet toutefois quelques craintes : « Pourquoi François Hollande a-t-il choisi un diplomate à la tête de la coordination des services ? Pour envoyer un signal positif après le départ d’Alain Zabulon, il aurait été plus judicieux de nommer un militaire ou un policier ».

 

Le CNR assure la coordination entre la DGSE, la DGSI, la DRM, la DPSD, la DNRED et Tracfin.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 21:55
Le gouvernement veut légaliser certaines techniques du renseignement français

 

17.03.2015 Par Matthieu Suc - lemonde.fr

 

Les services français de renseignement vont pouvoir travailler en toute légalité sur le territoire national. Le projet de loi sur le renseignement, présenté jeudi 19 mars en conseil des ministres, rend légales et encadre des pratiques jusqu’ici utilisées sous le manteau par les agents des six services de renseignement. En dehors de toute enquête judiciaire, donc sans être placés sous le contrôle d’un juge, les agents pourront désormais sonoriser des véhicules, des habitations, des bureaux, y placer des caméras, poser des balises de géolocalisation, consulter le contenu des ordinateurs et des messageries sur Internet.

En réalité, ces méthodes étaient déjà couramment utilisées, mais sans que cela soit prévu par la loi, au risque de fragiliser l’action des services. Anticipant des critiques sur de possibles atteintes à la vie privée et au secret des correspondances, le gouvernement met en avant le rôle d’une nouvelle autorité administrative indépendante, qui sera chargée de contrôler « la proportionnalité » des moyens employés au regard de la menace encourue.

Comme un symbole de la priorité donnée au renseignement depuis les attentats de janvier, le projet de loi sera présenté en conseil des ministres et défendu sur les bancs de l’Assemblée nationale par le premier ministre, Manuel Valls, lui-même, et non par le ministre de l’intérieur. Une première sous ce gouvernement.
 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 08:55
photo LeFigaro.fr

photo LeFigaro.fr

 

16/03/2015 Par Christophe Cornevin – LeFigaro.fr

 

Le très attendu projet de loi sur le renseignement, dont Le Figaro dévoile le contenu, sera présenté jeudi en Conseil des ministres. Il détaille comment les services de police vont pouvoir infiltrer et surveiller les terroristes, via des écoutes téléphoniques, la pose de balises sur des véhicules ou de micros et des caméras espions.

 

Innovation majeure du projet de loi, qui sera présenté jeudi prochain en Conseil des ministres, les services de renseignements vont pouvoir infiltrer et surveiller les terroristes potentiels grâce à des autorisations administratives, sans passer par la case judiciaire. Moyennant une stricte règle de proportionnalité entre l'autorisation d'emploi de techniques spéciales du recueil de l'information et la défense des libertés individuelles, ils vont désormais bénéficier de toute la palette des outils mis à leur disposition. Dans son titre V, le projet de loi «définit les techniques spécialisées de recueil du renseignement» que les agents pourraient mettre en œuvre après autorisations. Outre les «accès administratifs aux données de connexions», notamment les fadettes où apparaissent les contacts téléphoniques et les échanges du nombre de SMS, ils pourront effectuer en toute légalité des «interceptions de sécurité» portant sur les contenus électroniques des mails et des conversations téléphoniques, dès lors qu'ils seront un lien direct avec l'enquête. «Les propos liés à la vie privée et n'intéressant pas la sûreté de l'État ne seront pas archivés», précise une source informée. Par ailleurs, le projet de loi prévoit aussi le «recours à des appareils enregistrant les paroles et les images de personnes ou à des logiciels captant les données informatiques». Ce qui permettra aux agents de renseignement de poser des micros et des caméras espions.

 

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 23:55
La captation récente de savoir-faire par une puissance étrangère, intervenue lors d’un salon international

 

source cdse.fr

 

Veuillez trouver ci-joint le treizième flash ingérence réalisé par la DGSI sur le thème de la captation récente de savoir-faire par une puissance étrangère, intervenue lors d’un salon international. Ce flash est destiné à être diffusé aux personnes susceptibles d’être intéressés au sein des entreprises.

 


telecharger IMG/pdf/Flash_ingerence_n13_-_mars_2015.pdf
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 21:55
photo DICOM Jean-Luc ZIEGLER

photo DICOM Jean-Luc ZIEGLER

 

04/03/2015 Par Eric Pelletier - L'Express.fr

 

Sur le modèle de la cellule de crise mise en place au moment des attentats de janvier, Bernard Cazeneuve préside désormais deux fois par mois une "réunion d'état-major élargie" aux représentants de la police judiciaire, du renseignement territorial et parisien et de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste.

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 12:55
Séminaire de sensibilisation à l’Intelligence économique à l’IPAG de Paris

 

23.02.2015 Marc CAZABAT, Responsable du comité de Défense économique de l’ANAJ-IHEDN

 

L’IPAG de Paris (CEDOCA), en partenariat avec l’ANAJ-IHEDN a le plaisir de vous inviter à son séminaire de formation aux enjeux de l’intelligence économique, animé par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (D.G.S.I)

 

Jeudi 19 mars 2015 - 9h30 à 12h30

IPAG de Paris – CEDOCA

122 rue de Vaugirard – 75006 PARIS

 

Avec la participation de deux intervenants de la Direction centrale de la Sécurité Intérieure (DGSI)

 

Programme :

1. Sécurité économique active : maîtrise informatique, adversaires et menaces, méthodes de protection et de contre-attaque.

2. Sécurité informatique : systèmes d’informations, cyber-menaces, utilisation des clés USB, Wi-Fi, protection des données personnelles.

 

Important : Séminaire réservé exclusivement aux étudiants. Une carte d’étudiant ou une pièce d’identité sera indispensable pour accéder à la salle.

 

Inscription obligatoire à : pierre-louis.laupies@u-paris2.fr

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 21:55
photo Armée de Terre

photo Armée de Terre

 

07 février 2015 Romandie.com (AFP)

 

Paris - L'agresseur présumé de trois militaires français en faction devant un centre communautaire juif mardi à Nice (sud-est), un mois après les attentats jihadistes à Paris, a été inculpé samedi pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire, a appris l'AFP de source judiciaire.

 

Un soldat avait été blessé au couteau à une joue, et un autre au bras, alors que le troisième avait maîtrisé l'assaillant, Moussa Coulibaly, 30 ans, une personne connue des services de renseignement après avoir donné des signes de radicalisation, selon l'expression du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

 

Durant sa garde à vue, il a rompu le silence mercredi pour évoquer sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs, selon une source proche de l'enquête.

 

Les enquêteurs cherchent dorénavant à déterminer le parcours et les motivations de Moussa Coulibaly, entre autres de déterminer s'il savait que les militaires surveillaient l'accès à un centre communautaire abritant discrètement, dans une cour en retrait de la rue, le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association juive.

 

Après les premières 48 heures de garde à vue, il a fait savoir jeudi qu'il ne souhaitait plus être assisté d'un avocat, a indiqué vendredi à l'AFP son avocate commise d'office pour les premiers interrogatoires, Me Caroline Laskar.

 

Cette attaque à Nice a été la première qualifiée de terroriste depuis les attentats perpétrés par trois jihadistes français à Paris du 7 au 9 janvier contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher, qui ont fait 17 morts. Les trois auteurs avaient été abattus par les forces de l'ordre.

 

Moussa Coulibaly n'a a priori aucun lien avec Amédy Coulibaly, l'un des trois auteurs des attentats de Paris, selon plusieurs sources proches de l'enquête. Amédy Coulibaly avait abattu une policière dans la banlieue sud de Paris le 8 janvier avant de tuer le lendemain un employé et trois clients juifs lors d'une prise d'otages sanglante dans un supermarché casher.

 

Dans l'hôtel proche de la gare de Nice où Moussa Coulibaly séjournait depuis le 29 janvier, les policiers ont trouvé un texte écrit de sa main adressé à Allah, mais où il ne mentionne aucun projet d'attentat, selon une source proche de l'enquête.

 

Il était déjà venu à Nice les 25 et 26 janvier, puis était parti en Corse où il s'était fait repérer par la police aux frontières en cherchant à acheter un aller simple au départ de Nice pour la Turquie, étape sur la route du jihad en Syrie.

 

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), alertée par la police aux frontières, avait demandé aux autorités turques de le refouler, ce qu'elles ont fait le 29 janvier. A son retour en France, il avait été placé sous surveillance policière.

 

Moussa Coulibaly est connu pour des faits de droit commun à Mulhouse (est) où il a résidé entre avril 2006 et novembre 2009: vol à l'étalage, violences, usage de stupéfiants, outrage à agents de la force publique.

 

Quelque 10.500 militaires ont été déployés en renfort en France depuis les attentats pour protéger les sites sensibles, notamment ceux de la communauté juive.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 07:30
Après les attentats à Paris, la France s'interroge sur sa politique syrienne

 

21/01/2015 Par Isabelle Lasserre - LeFigaro.fr


Depuis les attentats de Paris, les responsables politiques ont surtout mené la contre-attaque au niveau national. Dans ses vœux au corps diplomatique, François Hollande n'a pas esquissé de révision de la stratégie française au Moyen-Orient. La France ne pourra cependant faire l'économie d'une telle réflexion, si elle veut éviter de nouvelles attaques contre son territoire. Car le djihadisme prend en partie ses racines dans le chaos qui déstabilise cette région. Pour Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris et auteur de Je vous écris d'Alep, cela ne fait aucun doute: «Daech est au cœur des attentats de Paris, car les réseaux djihadistes qui les ont menés sont enkystés en Syrie.» Un spécialiste de la défense confirme: «Dans les affaires de djihadisme, presque toutes les filières de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) remontent à Daech.» La source du mal réside en partie au Moyen-Orient, où se trouvent les parrains des terroristes qui sèment la terreur en Europe. D'abord le régime de Bachar el-Assad, puis les djihadistes de Daech qui, depuis qu'ils ont consolidé leur assise territoriale au Levant, exportent leurs combattants en Occident. La France, qui participe aux frappes de la coalition en Irak et arme l'opposition dite modérée en Syrie, doit-elle revoir ses politiques dans la région?

 

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 22:55
Rapport relatif à l'activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l'année 2014

 

18.12.2014 source Assemblée Nationale

 

« Ni la bravoure de l’infanterie, ni celle de la cavalerie ou de l’artillerie, n’ont décidé d’un aussi grand nombre de batailles que cette arme maudite et invisible, les espions. »
Napoléon au Maréchal Soult.

 

Ce rapport annuel est le sixième que publie la Délégation parlementaire au renseignement (DPR). Pourtant, par bien des aspects, non seulement il ne ressemble pas à ses prédécesseurs, mais en sus, il correspond à une volonté affirmée d’entériner une véritable rupture avec les pratiques antérieures.

 

Ainsi ambitionne-t-il de retracer le plus précisément possible la totalité de l’action de la DPR. Or, comme l’écrivait Jean-Pierre Sueur dans son rapport pour avis pour la Commission des lois du Sénat lors du débat préparatoire à la Loi de Programmation Militaire (LPM), le 9 octobre 2013, dans les années qui suivirent sa création, la Délégation avait plutôt « choisi de s’en tenir dans son rapport public à des indications minimales et très générales sur son organisation et ses activités1 ». Cette différence vise à illustrer le changement profond de nature de la Délégation voulu par le législateur. En effet, si hier elle n’avait pour seule mission que de « suivre l’activité générale et les moyens des services spécialisés2 », depuis l’adoption de la LPM, sa vocation est dorénavant d’« exercer le contrôle parlementaire de l'action du Gouvernement en matière de renseignement et [d’]évaluer la politique publique en ce domaine3 ». C’est pourquoi les deux premiers chapitres retracent la mutation engagée dans l’organisation du travail afin de pouvoir rendre des comptes aux citoyens à l’image de ce que pratiquent toutes les autres démocraties occidentales. La France tourne ainsi une curieuse page où une structure parlementaire n’avait pour vocation que de produire une analyse à la seule destination du pouvoir exécutif.

 

Le chapitre 3 porte sur le renseignement économique et financier. Là encore, ce choix se veut symbolique. Historiquement, la recherche de renseignements concerna d’abord des objectifs militaires : il s’agissait de percer l’ordre de bataille d’adversaires potentiels et de le tenir constamment à jour. C’est d’ailleurs ce qui explique que le premier de nos services, la DGSE, est toujours imprégné de cette culture de la guerre que l’on retrouve aussi dans les deux autres services placés sous l’autorité du ministre de la Défense (la Direction du Renseignement Militaire et la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense). Mais aujourd’hui, leur mission est plus vaste puisque c’est l’État et ses citoyens qu’ils doivent protéger. Et s’il est un domaine où les services jouent pleinement leur rôle au service de la collectivité, c’est bien celui de la lutte contre l’économie souterraine, illégale et parfois mafieuse, et de la finance criminelle4. Nos impératifs de sécurité nationale s’étendent non seulement à la défense du territoire, de la population et des ressources nationales, mais aussi à la préservation des capacités économiques de la Nation. L’interdépendance et la concurrence économiques à l’échelle mondiale se sont accrues et se révèlent des sources importantes de tensions et de conflits possibles entre les États. Et de ce fait, l’information s’avère désormais une condition essentielle de la compétitivité. L’action des services - et pas seulement ceux du ministère de l’économie et des finances (Tracfin et la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) - comporte donc une orientation de plus en plus économique que la DPR a souhaité examiner. Elle en retire d’ailleurs la profonde conviction que l’organisation en la matière reste très perfectible et nécessite une orientation politique assumée.

 

Comme elle l’avait fait dans son rapport de 2013 – ce qui constitue donc l’un des rares éléments de continuité –, la DPR, dans son chapitre 4, poursuit ses réflexions sur « l’amélioration du dispositif juridique d’encadrement et de contrôle des services afin que, solide et bien accepté par nos concitoyens, il contribue à accroître la confiance de ceux-ci dans l’action des services de renseignement ». En effet, dans l’imagerie d’Epinal hexagonale, le renseignement renvoie à de noirs desseins et à une logique non démocratique et non républicaine. Comme le note Yannick Pech, « les vocables qui y sont associés sont bien souvent ceux d’indic, de délateur, de barbouze et ont trait à des traumatismes enracinés dans la culture historique nationale. Ces références renvoient presque systématiquement à des images négatives, mélanges d’éléments de culture policière et militaire dans leur dimension coercitive et intrusive5 ». Plus prosaïquement, pour la DPR, les services appartiennent à la sphère administrative. N’est-ce pas M. Michel Rocard, alors Premier ministre qui reconnaissait que « le renseignement est l’un des investissements les plus rentables de l’État. Il est l’une des fonctions fondamentales de la sécurité nationale de tout État de droit et constitue une condition nécessaire à la prospérité du pays »6 ? Les services sont donc des administrations reposant sur des fonctionnaires, civils et militaires, ce qui, conformément aux principes démocratiques, doit les conduire à être soumis à toutes les formes de contrôle nécessaires pour préserver les libertés individuelles et collectives. Cette appréhension du renseignement comme une politique publique explique aussi le choix des termes.

 

En effet, pour la DPR, les services ne sont ni « spéciaux » ni « secrets ». Certes la presse les qualifie souvent ainsi sans doute parce qu’ils perdent en précision ce qu’ils gagnent en capacité à susciter immédiatement un certain mystère7. Mais la DGSE ou la DGSI ne sont pas des institutions secrètes : les sites internet de leurs ministères respectifs leur dédient des espaces, leurs directeurs généraux publient parfois même des entrevues. De plus, comme on pourra le lire plus loin, leurs missions, assurément elliptiques mais tout à fait réelles, sont définies par des textes normatifs. Les services ne sont pas plus spéciaux, sauf peut-être en raison d’un rattachement fonctionnel à l’autorité politique quelque peu original en raison d’une architecture découlant de la dyarchie de l’exécutif que l’on doit à la Constitution de la Ve République. En définitive, la DPR a, d’une part, privilégié la notion de « services » pour affirmer clairement que ce sont des organes qui « servent » l’État8 et, d’autre part, « de renseignement » afin d’expliciter leur vocation : trouver ce qu’on veut leur cacher. Ou comme l’écrit l’un des auteurs de référence sur ce sujet aux États-Unis : « conduire un processus par lequel des informations spécifiques importantes pour la sécurité nationale sont demandées, collectées, analysées et fournies9 ».

 

Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié en 2013 en faisait la première des priorités, la DPR lui consacre son chapitre 5 : les ressources humaines. Les exigences inhérentes aux missions imposent que les services puissent disposer en permanence d’un personnel souvent jeune et nécessairement diplômé. Ces impératifs imposent un renouvellement important des effectifs notamment contractuels, avec une priorité portée sur le recrutement de linguistes et de scientifiques. Cela peut uniquement se concevoir grâce à un flux permanent et maîtrisé de recrutements et de départs. Il est donc crucial d’imaginer une politique de ressources humaines rénovée pour l’accompagnement social, humain et économique des évolutions à venir.

 

Évidemment, un chapitre, le 6ème, est entièrement consacré au suivi de la réforme du renseignement intérieur. La lutte anti-terroriste a peu à peu remplacé le contre-espionnage et les contraintes de la première se sont imposées comme la colonne vertébrale de l’organisation des services au point de structurer un modèle communautaire du renseignement. Le quotidien de nos services repose maintenant sur la coopération certes internationale mais aussi au niveau interne10. La naissance de la DGSI mais également du Service central du renseignement territorial (SCRT), qui dépend de la Direction centrale de la sécurité publique de la Police, ou encore celle de la Sous-direction à l’anticipation opérationnelle (SDAO) au sein de la Gendarmerie nationale, sont autant d’enjeux qui appellent une vigilance de la DPR sur l’articulation entre les missions et les moyens.

 

Comment faire l’impasse sur les conséquences des « révélations » d’Edward Snowden ? Cet administrateur de systèmes informatiques travaillant pour Booz Allen Hamilton, prestataire auprès du gouvernement des États-Unis, a fui en Russie à l’été 2013. Il a emporté avec lui, sous une forme numérisée, près de 1,7 million de documents classifiés volés principalement à la National Security Agency (NSA). Au moment de demander l’asile politique, il qualifiera son acte de défi politique en défense des libertés individuelles dans le monde entier. Son autojustification sera fortement contestée par le gouvernement américain pour qui il n’est qu’un voleur ayant enfreint la loi. Au-delà des mystères et des chausse-trapes qui entourent encore son acte et ses motivations, la publication de documents a créé un contexte « qui peut être utile » pour reprendre la formule du Président de la République le 25 octobre 2013. Utile pour rebâtir des partenariats d’occasion avec nos alliés de prédilection ? Utile pour revisiter lucidement les relations entre les consommateurs et les géants commerciaux de l’internet ? Utile pour s’interroger sur le cadre légal qui doit veiller à garantir l’équilibre nécessairement délicat entre surveillance, sécurité, vie privée ? La DPR apporte sa contribution dans le chapitre 7.

 

Le dernier chapitre est dédié à un retour plus factuel sur l’année 2014 au travers d’articles publiés dans la presse. Au fil des mois, la DPR a relevé des éléments qui l’ont conduite à procéder à des recherches. Ce rapport permet ainsi d’apporter quelques compléments qui vont souvent à rebours des affirmations.

 

Enfin, nonobstant son souci de répondre aux légitimes attentes de transparence des citoyens, les membres de la DPR ont également conscience que certaines informations portées à leur connaissance doivent être soustraites à la curiosité de nos rivaux comme de nos adversaires. C’est pour parvenir à concilier ces deux impératifs antagonistes qu’il a été décidé de masquer quelques passages sensibles au moyen d’un signe typographique (***), invariable quelle que soit l’ampleur des informations rendues ainsi illisibles.

 

Employé par le parlement britannique, ce procédé permet une synthèse entre les logiques ambivalentes. Nos concitoyens pourront ainsi apprécier le raisonnement déployé, sa cohérence, ses principales conclusions, tandis que certains détails resteront protégés sans que l’on puisse critiquer la vacuité du propos ou un « caviardage » excessif. Dans le cas du présent rapport, les passages occultés représentent moins d’une page de texte.

 

Indubitablement, les années à venir s’annoncent difficiles pour les services de renseignement : confrontés à une inéluctable raréfaction des ressources budgétaires, ils vont prendre en charge une menace plus diverse, plus technique et plus massive. Face à ce phénomène, le risque d’une dispersion des moyens, d’une mauvaise priorisation voire même d’hésitations opérationnelles guette ces administrations frappées des mêmes lourdeurs, des mêmes réticences au changement que toute organisation humaine.

 

En parallèle, l’exigence de réussite ne souffre aucun faux pas alors même que la très faible culture du renseignement de nos concitoyens rend l’appréhension des réussites quasi impossible.

 

En substance, les services de renseignement vont incarner des acteurs majeurs de préservation du contrat social, de réduction de l’incertitude, d’appui opérationnel et de réflexion prospective. Des attentes impatientes vont sans doute se concentrer sur eux en même temps que les soupçons vont s’aiguiser en raison de la nécessaire revalorisation de leur cadre d’action.

 

Nouvelle dissuasion nucléaire, tant en raison de ses bénéfices que des risques qu’il fait encourir à un Gouvernement, le renseignement occupera certainement une place croissante dans le débat public.

 

Cette nouvelle configuration va nécessiter la plus grande prudence et la plus grande déontologie de la part des observateurs et commentateurs, parlementaires, citoyens et journalistes inclus.

 

Confrontée à ces tiraillements démocratiques, la Délégation parlementaire au renseignement souhaite offrir un point de vue forgé par les rencontres, les auditions, la prise connaissance de documents, l’expérience acquise de la mission de contrôle. Les membres sont conscients de ce que, au-delà de l’affirmation de la légitimité de la structure à laquelle ils appartiennent, se noue un enjeu plus grand et plus noble ; un enjeu qui forge l’essence même d’une Nation.

 


Télécharger le Rapport relatif à l'activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l'année 2014 n° 2482 déposé le 18 décembre 2014 (mis en ligne le 18 décembre 2014 à 13 heures) par M. Jean-Jacques Urvoas

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 16:55
photo D2IE

photo D2IE

 

18/12/2014  Par Christophe Cornevin – LeFigaro.fr

 

INFO LE FIGARO - Un rapport choc de la délégation parlementaire au renseignement, dont Le Figaro  révèle le contenu, met en lumière les redoutables méthodes de nos «amis » américains.

 

Vol d'ordinateur dans des chambres d'hôtel, disparition de brevets dans le Thalys entre Paris et Bruxelles, pénétration d'agents à l'occasion d'une visite, piratage de technologies… Alors qu'une crise endémique tenaille le pays et réveille les appétits les plus féroces, des fleurons de l'économie française font l'objet d'un pillage vertigineux. Animé par un cynique théâtre d'ombres que ne renierait guère John le Carré, il prendrait même depuis vingt ans une forme industrielle. Cet édifiant état des lieux émane d'un rapport choc de la délégation parlementaire au renseignement, composée de parlementaires tous habilités au «secret-défense» et emmenés par le président de la commission des lois à l'Assemblée, le député (PS) Jean-Jacques Urvoas, qui vient d'effectuer une plongée au cœur des services de renseignements et de la sécurité nationale. Ce document de 175 pages, porté à la connaissance du Figaro, pointe une «plurivoracité de la prédation économique» liée à une «technicisation de l'espionnage» mais aussi l'«utilisation croissante du vecteur Internet».

Ainsi, l'année dernière, la seule Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a recensé des «cas d'ingérence», notamment dans le domaine de «la recherche fondamentale, où la culture de la protection est particulièrement faible, mais également dans l'aéronautique et la santé». Dès septembre 2011, les policiers spécialisés de la sous-direction de la protection du patrimoine économique, basée à Levallois-Perret, avaient révélé dans nos colonnes l'existence de près de 5 000 «cas» en quatre ans. Durant cette période, 3 189 entreprises ont été visées. À ce petit jeu, une cohorte de prédateurs occultes pilotée en sous-main par des agences étatiques ou des multinationales s'attaquait à la grande entreprise comme à la plus petite «pépite».

À ce titre, rappelle le rapport de la DPR [délégation parlementaire au renseignement - Assemblée Nationale / Sénat ] , «nos principaux partenaires peuvent aussi être nos meilleurs adversaires dans le domaine économique». Sans les citer, les spectres de grandes puissances comme la Chine ou la Russie se profilent entre les lignes. En février dernier, le groupe Safran a été contraint d'épaissir sa cuirasse après des cyberattaques des sites d'une de ses filiales, le motoriste Snecma. «D'une ampleur limitée» et vite décelée, l'intrusion d'origine indéterminée avait conduit les services de sécurité à neutraliser puis retirer une dizaine d'ordinateurs du réseau de l'entreprise. L'Île-de-France, où 144 cas d'ingérence ont été mis au jour en 2013, concentre près de 20 % des attaques. Les secteurs les plus ciblés étant l'aéronautique, l'énergie nucléaire, les télécommunications, l'aérospatiale, la robotique et les machines-outils.

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 12:56
L'exécutif présente pour la première fois la communauté du renseignement

 

05/12/2014 Jean Guisnel / Défense ouverte - Le Point.fr

 

C'est un petit pas pour nos gouvernants, mais nos concitoyens vont enfin disposer d'un document officiel et lisible sur ceux qui espionnent en leur nom...

 

Dans le monde feutré du renseignement français, la communication institutionnelle est rarissime. On ne s'étonnera donc pas qu'il ait fallu plus de six ans à la suite de la dernière réforme en date, en juin 2008, pour que les services officiels publient une plaquette d'information de 27 pages, sobrement titrée "La communauté française du renseignement". Illustration de l'éternelle dualité de la conduite du renseignement au sein de l'exécutif français, ce document édité par l'Académie du renseignement - créée elle aussi par la réforme de 2008 - porte en haut de sa page de couverture la sobre mention "Premier ministre". Mais la préface de ce document est bel et bien signée par le préfet Alain Zabulon, le coordonnateur national du renseignement, qui oeuvre sous l'autorité du secrétaire général de l'Élysée. Que l'on ne s'y trompe pas : aujourd'hui comme naguère, les manettes du renseignement français sont tenues par l'Élysée.

 

Chaîne courte

Faut-il pour autant penser que l'organigramme publié à la page 6 de la plaquette, dont on imagine sans peine qu'il a fait l'objet de longues tractations, ne serait pas conforme à la réalité ?

Il place, en effet, l'ensemble des services sous l'autorité directe du gouvernement et de Manuel Valls, alors que, dans les faits, au moins pour la DGSE et dans une moindre mesure pour la Direction du renseignement militaire, la chaîne de commandement est des plus courtes, entre les chefs de service et l'Élysée. On ne doit pas négliger les aspects personnels dans ces affaires. Dans le cas de la DGSE, pour ne citer qu'elle, plusieurs épisodes extrêmement tendus se sont produits ces derniers mois entre le directeur du service - l'ambassadeur Bernard Bajolet, qui, comme les mémés de la chanson, aime bien la castagne - et le directeur de cabinet du ministre de la Défense, Cédric Lewandowski, qui n'est pas mal non plus dans le genre ! Ce dernier estimait qu'il devait se trouver "dans la boucle", mais, Bajolet ayant une relation directe avec François Hollande, il ne l'a pas entendu de cette oreille. Néanmoins, Jean-Yves Le Drian est informé des missions de la DGSE. Quand il est à l'écoute...

 

Légitimité

L'actuel président de la République, comme son prédécesseur avant lui, a jusqu'à présent affiché une relation décomplexée avec les services. Ce sont les premiers dans ce cas sous la Ve République. Il ne faut donc pas s'étonner que ce soit seulement maintenant que l'édition d'une plaquette de présentation est possible. Alain Zabulon explique à ce propos : "Cette initiative s'inscrit dans une double démarche. Il s'agit tout d'abord de démythifier l'activité de renseignements. Les services de renseignements sont des administrations certes singulières, mais qui, conformément à l'article 20 de la Constitution, sont à la disposition du gouvernement pour la mise en oeuvre de la politique de la nation."

Mais c'est bien le président de la République qui "arrête les décisions qui permettent d'adapter notre appareil de renseignements pour garantir son efficacité", et qui a choisi de donner de la visibilité à cette communauté de six services de renseignements*. Les raisons en sont claires, écrit Alain Zabulon : "Il est indispensable que la légitimité de leur action soit reconnue par les citoyens et les représentants de la nation."

 

*Ministère de la Défense : DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). DRM (Direction du renseignement militaire). DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense).

Ministère de l'Intérieur : DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).

Ministère des Finances : DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières et Tracfin.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 12:56
source JDM

source JDM

 

Source Alain Establier - « SECURITY DEFENSE Business Review » n°115 du 04/11/2014

 

SDBR : Voilà 17 mois que vous avez été nommé au poste de CNR. Quel enseignement tirez-vous de cette période ?

 

AZ : Je dresse tout d’abord un constat, celui de la force du concept de «communauté du renseignement» laquelle repose sur trois principes bien identifiés: la coopération intensive entre les services de renseignements, la circulation de l’information et la mutualisation des ressources. Concernant la coopération entre services, je prendrai un exemple volontairement emprunté à l’actualité, la lutte contre le terrorisme. Tous les services de renseignement participent au combat contre ce fléau: la DGSI* sur le territoire national, la DGSE à l’extérieur des frontières, la DPSD qui surveille d’éventuels phénomènes de radicalisation au sein du ministère de la défense, TRACFIN qui s’intéresse aux aspects de financements du terrorisme, la DNRED qui recherche d’éventuelles connexions entre le milieu des trafiquants de produits illicites et le terrorisme, etc. Voilà un exemple de coopération transverse entre services qui donne du sens à la notion de communauté du renseignement. 

 

Vous avez évoqué la circulation de l’information. Est-ce vraiment une réalité ?

 

Oui, l’information circule. C’est un des enseignements des attentats du 11/09 où, comme vous le savez, une mauvaise circulation de l’information entre la CIA et le FBI n’avait pas permis d’éviter ce drame. Aujourd’hui, au sein de notre communauté, nous avons parfaitement conscience de l’importance d’échanger l’information, qui ne doit pas être un enjeu de pouvoir mais au contraire être partagée. Troisième principe identifié: la mutualisation. C’est une dynamique en cours, dans un contexte où la fonction technique du renseignement est en plein essor et les outils développés de plus en plus partagés entre les services, quel que soit le service hébergeur. Donc mon premier constat, c’est la force du concept de communauté du renseignement.

 

Et le deuxième constat ?

 

Le deuxième constat, c’est l’intensité et la multiplication des crises. Celles-ci s’additionnent les unes aux autres. En 2012 et 2013 nous étions mobilisés par la crise malienne et la République Centrafricaine, aujourd’hui il y a l’Irak et la Syrie avec Daesch**, mais nous sommes toujours investis sur le Mali et la RCA. Les crises s’additionnent, même si la loupe grossissante des médias ne met l’accent que sur la dernière crise. En conséquence, l’implication des services sur chacun de ces évènements est durable. En matière de renseignement, on ne s’investit pas pour 6 mois mais pour longtemps. L’apparition du conflit en Ukraine, qui nous ramène à l’époque de la guerre froide, nécessite le réengagement, peut être durable, des services de renseignement à l’Est de l’Europe. Il est de ce fait nécessaire de prioriser l’action des services sur les théâtres de crise en cours ou potentiels; c’est une mission essentielle de la coordination nationale du renseignement, sous l’autorité du Président de la République, du Premier ministre et en coordination avec les ministres concernés.

 

Quel autre constat avez-vous fait ?

 

Le troisième constat, c’est la reconnaissance par le pouvoir politique de la fonction de renseignement. Par le passé, on a souvent dit que le renseignement était une «matière sale», aujourd’hui plus personne ne tient ce genre de propos. Le renseignement a désormais sa place dans le livre blanc sur la défense et la sécurité, dans les grandes priorités stratégiques. Une grande part de ses moyens est adossée à la LPM et le renseignement est reconnu par le pouvoir politique comme une fonction stratégique essentielle qui contribue à la politique de sécurité globale de la France. Enfin, le dernier constat est la reconnaissance de la très bonne image de nos services par leurs homologues étrangers.

 

Vous parliez de mutualisation. Concerne-t-elle aussi bien les ressources que les moyens ?

 

La mutualisation est un processus piloté par le CNR. Quels en sont les enjeux ? D’abord nous faisons le constat que nous menons une course aux moyens technologiques, qui sont en plein essor dans tous les grands pays. Or la technique va plus vite que les hommes. Ce sont les avancées technologiques produites par la recherche qui obligent les organisations à évoluer, et qui poussent logiquement à une mutualisation du fait de la contrainte budgétaire. Historiquement, les moyens du renseignement électromagnétique sont concentrés à la DGSE et les moyens d’imagerie sont à la DRM. Ces deux services continuent de monter en puissance dans leurs domaines, mais la grande nouveauté réside dans le fait qu’ils peuvent mettre leurs moyens techniques à disposition des autres services, dans le cadre de leurs propres missions et dans le respect du cadre juridique applicable au territoire national. Plutôt que de créer une agence technique dédiée (comme la NSA), nous avons fait le choix d’intégrer les moyens techniques au sein des deux services précités mais ils sont désormais partagés avec les autres services de la communauté. Le CNR préside les instances de pilotage permettant la mise en œuvre effective de ce principe.

 

Où en est la mise en œuvre effective de cette mutualisation?

 

L’adhésion et la prise de conscience sont pleines et entières chez les directeurs des services et leurs proches collaborateurs. Au niveau des structures, nous progressons marche par marche car les enjeux sont complexes. Comme vous le savez, je viens de l’administration territoriale et, dans chacun de mes postes, j’ai eu à coordonner des politiques de l’Etat sur le terrain. Je peux vous dire que si le degré de coopération, de mutualisation et de partage, que j’observe dans  le monde du renseignement, était décliné dans tous les services de l’administration, nous franchirions un grand pas dans la modernisation de l’Etat. Ce qui ne veut pas dire bien entendu que tout soit parfait et qu’il n’y ait pas encore des marges de progrès.

 

La DRM cherche des spécialistes civils, la DGSI va en chercher…Où va-t-on trouver ces profils ?

 

Il y a objectivement une concurrence sur certaines spécialités, lorsque les services cherchent des compétences identiques, par exemple des ingénieurs informatiques. Une partie de la réponse réside dans la mutualisation dont nous avons déjà parlé. Concernant les langues rares, nous avons décidé d’en faire un nouveau champ de mutualisation entre les services. Ce processus de partage ne concerne donc pas que les moyens techniques mais aussi les compétences humaines.

 

Quels sont les défis du renseignement de demain selon vous ?

 

Je vois quatre défis pour l’avenir. Le premier c’est celui de l’incertitude, car nous vivons dans un monde qui n’a jamais été autant imprévisible et incertain. Les crises apparaissent de manière extrêmement brutale et la détection des signaux faibles est devenue le grand challenge des services. Jusqu’à la chute du mur de Berlin, nous avions une grille de lecture d’un monde bipolaire. L’ennemi était à l’est, c’était une puissance étatique, on connaissait ses méthodes et il y avait des règles du jeu. Les services de renseignement ont construit leur ADN sur une lecture du monde qui était celle de la guerre froide qui a pris fin avec la chute du mur. Puis, le drame du 11/09 a fait de la lutte contre le terrorisme une nouvelle priorité pour tous les services, même si la France avait déjà été frappée sur son sol dans la décennie précédente. Aujourd’hui, nous évoluons dans un monde complexe dans lequel les grandes puissances se voient obligées d’intervenir dans des conflits régionaux, qui auraient des conséquences extrêmement graves sur la sécurité collective du monde si elles n’intervenaient pas, par exemple la crise Irak/Syrie. Autre exemple avec le Mali, où la France intervient pour repousser des groupes djihadistes descendus depuis le nord, menaçant d’instaurer une république islamique. La France intervient en RCA pour éviter un génocide. Pour les services, le défi est désormais d’anticiper les crises dans un monde devenu volatile. Aujourd’hui, l’ennemi ce sont les groupes djihadistes au nord Mali et dans la bande saharo sahélienne, Daesch en Syrie, le régime d’Assad que la France condamne. Les grandes puissances sont obligées de se positionner par rapport à ces crises régionales et les services sont invités à fournir du renseignement géopolitique pour permettre au gouvernement de prendre des décisions. Il y a vingt ans nous luttions contre des groupes terroristes organisés et «professionnalisés»; aujourd’hui, des individus qui ont fait le djihad en Syrie reviennent en France et peuvent à tout moment passer à l’acte. Pour les services, ce caractère d’incertitude et d’imprévisibilité est la marque de ce début du XXIème siècle.

 

Quel est le deuxième défi ?

 

Le deuxième défi est celui du résultat exigé par nos concitoyens, en matière de sécurité individuelle et collective. Souvenez-vous de l’émotion légitime et de la polémique provoquées par les crimes de Merah. L’exigence de résultat, c’est l’injonction de protection adressée à l’Etat par nos concitoyens sans qu’il soit porté atteinte aux libertés individuelles. Le troisième défi est celui de l’information de masse, qui consiste à repérer la bonne information, au milieu des données que nous possédons et qui doit nous renseigner sur tel ou tel événement. Aujourd’hui, l’information est à la fois un défi sur le plan de l’analyse et de la capacité à rendre ces données massives intelligibles pour pouvoir mener à bien des opérations, mais c’est aussi un défi en termes de libertés, dès lors qu’on touche à la protection des données et à la protection de la vie privée. Enfin, le dernier défi est le défi démocratique. La transparence est exigée pour l’action de l’Etat dans tous les domaines, or transparence ne rime pas avec renseignement. Aucun service de renseignement ne communique sur ses opérations. Le défi démocratique est donc celui de la légitimité. Il faut pouvoir dire aux citoyens: nous ne pouvons pas tout vous dire de notre action, mais ce que nous faisons est légitime pour les intérêts vitaux de la France. Il ne doit y avoir aucun doute sur la légitimité de l’action des services.

 

Est-ce la raison pour laquelle les contrôles parlementaires se sont mis en place ?

 

Absolument. Il y a le contrôle de la Délégation parlementaire au renseignement sur l’activité du gouvernement dans le domaine du renseignement et il y a la mise en place d’une inspection des services de renseignement, dont le décret constitutif est paru en juillet 2014. Pour qu’il n’y ait pas de doute sur la légitimité, il faut accepter les contrôles. Vingt-et-un sénateurs ont été désignés le 15 octobre pour participer à la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe. C’est totalement légitime de la part de la représentation nationale de s’investir sur ces sujets et de chercher à comprendre les ressorts d’un phénomène, sans précédent dans notre histoire, et qui est le plus redoutable défi de sécurité intérieure depuis ces dernières années.

 

Alain Bauer nous déclarait le 22 juillet dernier : «les services de renseignement et de police sont souvent excellents dans la collecte et le renseignement de terrain mais l’analyse des éléments recueillis est souvent défaillante». Qu’en pensez-vous ?

 

Le propre des sociétés démocratiques est de progresser à partir de ses erreurs, ou du retour d’expérience d’une affaire qui a eu des conséquences dommageables pour la société. La mutation de la DCRI en DGSI n’est pas qu’un changement sémantique, c’est une évolution importante dans la mission de ce service. Il s’agit de développer des compétences et des métiers qui ne sont pas exclusivement dans le périmètre de la police nationale. La réforme mise en place a pour objectif de disposer d’une grande Direction Générale de la Sécurité Intérieure, avec un plan de recrutement de 432 agents sur 4 ans pour la renforcer et qui pourra faire appel à des compétences diversifiées d’analyse, d’ingénieurs de haut niveau et de contractuels, tels que des spécialistes pays ou de langues rares. La DGSE a déjà ce type de compétences et la DGSI doit rattraper son retard dans ces domaines.

 

La France est-elle un pays menacé ?

 

Oui. Nous sommes un des pays occidentaux les plus directement ciblés par la menace terroriste des islamistes radicaux, compte tenu des positions de la France (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) sur un certain nombre de sujets: notre engagement dans la coalition en Irak, au Mali (perçu par les islamistes radicaux comme un engagement contre les musulmans) ou en raison, sur le plan intérieur, des lois sur le foulard ou la burka qui sont dénoncées par les islamistes radicaux comme des lois antimusulmanes. La menace existe contre les intérêts français (entreprises, ambassades, etc.) ou les communautés françaises installées dans les pays à risques. Mais la menace existe surtout sur le territoire national, du fait d’individus totalement radicalisés, qui ont participé au djihad en Syrie, où ils se sont livrés à des exactions, et qui reviennent désinhibés par rapport à la violence.

En conclusion, par leur action discrète et efficace, les services de renseignement assurent la protection de nos intérêts vitaux et contribuent au maintien du rang de la France dans le monde.

Merci de m’avoir permis de l’expliquer.

 

*DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) ; DGSE (direction générale de la sécurité extérieure) ; DRM (direction du renseignement militaire) ; DPSD (direction de la protection et de la sécurité de défense) ; DNRED (direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) ; TRACFIN (traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins)

**Daesch : Etat Islamique (EI)

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 16:30
Les renseignements français ont essayé de rétablir un lien direct avec la Syrie

 

06.10.2014 Par Jacques Follorou Le Monde.fr

 

Alors que l'Elysée et le Quai d'Orsay continuent de proclamer qu'il n'est pas question de coopérer avec Bachar Al-Assad, le dictateur syrien ayant causé près de 200 000 morts et perdu « toute légitimité », les services de police et du renseignement intérieur, pressés d'éviter que des djihadistes français partis en Syrie ne reviennent sur le sol national commettre des attentats, aimeraient relancer la coopération avec leurs homologues syriens.

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 13:30
Jihadistes présumés libérés: Le Drian critique une initiative malencontreuse d'Ankara

 

24 septembre 2014 Romandie.com (AFP)

 

Paris - Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a critiqué mercredi une initiative malencontreuse d'Ankara, après l'arrivée à l'aéroport de Marseille (France), sans être inquiétés, de trois présumés jihadistes français en principe attendus à Paris.

 

Parlant à la radio France Info de cafouillage, de couac, M. Le Drian assure qu'une solution sera vite trouvée, mais que l'initiative des autorités turques de changer (les jihadistes) d'avion a été malencontreuse.

 

Il a cependant reconnu qu'il y avait eu une défaillance du système de lecture des passeports à Marseille.

 

Il y a manifestement un gros cafouillage mais il est en grande partie dû aux difficultés, à l'absence de très bonne collaboration avec les services turcs. Ce cafouillage montre qu'il faut renforcer les relations, les méthodes et les actions avec les autorités turques, a dit le ministre.

 

Trois présumés jihadistes français de retour de Syrie via la Turquie sont rentrés mardi en France sans être inquiétés, alors que le ministère de l'Intérieur les attendait de pied ferme. Il avait même annoncé leur arrestation à l'aéroport parisien d'Orly, alors qu'ils ont débarqué à Marseille.

 

Parmi les trois hommes, se trouve le mari de Souad Merah, la soeur de Mohamed Merah, un jeune Toulousain, tué par la police en mars 2012 après avoir mené plusieurs expéditions au cours desquelles il avait tué sept personnes, dont plusieurs enfants dans une école juive.

 

Il n'empêche, a noté M. Le Drian, que depuis plusieurs jours, on arrête tous les jours des individus suspectés d'être dans ces filières jihadistes, ils sont arrêtés, mis en garde à vue, judiciarisés.

 

La vigilance est de tous les instants, selon lui.

 

Relancé sur une défaillance technique du système Cheops (Circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés), il a acquiescé : Il y a eu une panne à Marseille, je le sais.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 10:55
La France renforce son arsenal contre le djihadisme

Photo tirée du compte Facebook de Mourad Fares. Le cyberdjihadiste français se servait de ce réseau pour recruter. Il a été interpellé mercredi à Roissy.

 

14/09/2014 Par Christophe Cornevin – LeFigaro.fr

 

Un projet de loi antiterroriste, débattu à partir de ce lundi, prévoit de frapper les candidats au départ d'interdiction de sortie du territoire et d'accentuer la traque sur Internet.

 

Alors que la menace d'un attentat affole tous les compteurs et que l'État islamique vient d'orchestrer une troisième décapitation d'otage européen, il ne se passe plus une semaine sans que le spectre du djihadisme ne secoue l'Hexagone. Mercredi dernier encore, Mourad Fares, un sergent recruteur dépeint comme «particulièrement dangereux» et «proche des mouvements terroristes djihadistes Daech et Jabhat al-Nosra», a été cueilli à Roissy par les policiers spécialisés de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Originaire de Thonon-les-Bains, ce ressortissant français de 29 ans est soupçonné d'avoir enrôlé de jeunes Français dans les régions de Toulouse et de Strasbourg pour les précipiter dans le chaos syrien. Quelques jours auparavant, une famille entière abandonnait sans prévenir son domicile de l'Isère pour filer, avec deux fillettes de trois et cinq ans, vers les zones de combat via la Turquie.

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 11:55
« Le terrorisme pour les Nuls » - ITW d'Alain Bauer par @SDBRNews

 

par Alain Establier - lettre SECURITY DEFENSE Business Review n°110 datée du 22/07/2014

 

Interview d’Alain Bauer, Professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, New York et Beijing

 

SDBR : Pourquoi avoir publié, avec Christophe Soullez, « Le terrorisme pour les Nuls » qui vient de paraître ?

 

 

AB : Nous avions publié en 2012 « La criminologie pour les Nuls » et il s’agit là d’une demande de l’éditeur car j’avais aussi publié fin 2013, « Dernières nouvelles du crime », qui se penchait sur cinq sujets maltraités par les medias et les responsables politiques, faisant le désespoir des experts et des journalistes qui en ont une certaine perspective. J’y soulignais qu’on parle rarement de la perspective criminelle pour ne traiter que l’instant présent (le crime vient d’arriver, il n’y a pas de passé, il n’y a pas d’avenir, etc.), or le crime a une histoire relativement cohérente : la criminalité moderne est née à peu près au même moment en France (Paul Carbone et François Spirito à Marseille dans les années 1920) et aux Etats-Unis (Al Capone) ; la criminalité financière est née dans les années 80 aux Etats-Unis et au Japon avant de surfer sur la dérégulation du système financier. De même, on parle rarement de l’évolution des problématiques terroristes (hybridation, « lumpenterrorisme ») pour raconter des histoires de « loup solitaire », heureuse excuse à l’ignorance voire à l’inculture des services, qui sont très efficaces dans la collecte du renseignement mais relativement désemparés pour son analyse ! Cela est particulièrement vrai depuis la chute du mur de Berlin et l’apparition de ce qu’on nomme à tort Al Qaeda. Enfin, il existe une immense confusion sur le « Cyber », terme traitant de la complexité mais pas de l’informatique, tiré d’un ouvrage de science-fiction et utilisé à toutes les sauces : cyber-espionnage (qui veut qu’on ne se fasse pas voir), cyber-terrorisme (qui veut faire beaucoup de dégâts), cyber-criminalité (qui veut voler de l’argent ou des données), cyber-guerre, etc.

 

Ce nouvel opus est-il en fait un recueil de définitions du terrorisme ?

 

Sur la question pure du terrorisme, qui est une activité criminelle comme une autre, il fallait remettre un certain nombre de choses en perspective et expliquer qu’il n’y a pas de définition légale du terrorisme qui fasse consensus, pas même en France : le terme n’a pas de sens en lui-même et il n’y a ni classification cohérente ni listing commun des actes de terrorisme. Par exemple, on oublie un peu vite qu’il n’y a quasiment pas eu depuis deux ans d’attentat djihadiste en Europe, or les Etats et les medias se focalisent sur ce sujet en oubliant les autres. L’intérêt de cet ouvrage était donc de dire qu’il n’y a pas « un » mais « des » terrorismes, qu’il faut en comprendre la pluralité des problématiques sous-jacentes, intégrer la difficulté à la définition et donner des outils pour pouvoir discuter de ces sujets, en comprenant surtout de quoi on parle.

 

Le caractère générique du mot « terrorisme » n’arrange-t-il pas finalement les responsables de l’appareil d’Etat ?

 

C’est certes une facilité d’utilisation, mais je crois surtout que la faute en revient aux medias télévisés qui ont tendance à tout simplifier à l’extrême : tout doit être simple, tout doit s’expliquer en 15 secondes, tout doit être nouveau et tout doit se gérer dans l’instant. La question terroriste date des zélotes ou des haschischins, pourtant déjà on ne savait pas bien qualifier ces courants mercenaires violents. La terreur politique, née sous la Révolution française, tout comme la terreur anarchiste révolutionnaire contre l’Empire russe, ne sont pas identiques, pas plus certains mouvements de libération nationale utilisant le terrorisme. Prenons l’exemple d’ETA, plus récent : avec une bombe, ils font sauter le 20/12/1973 la voiture de l’amiral Carero Blanco (ministre de Franco) et font des morts et des blessés ; cet attentat est considéré comme « légitime », car il y a une dictature en Espagne, ETA est considéré comme un mouvement de libération nationale, etc. Avec une bombe comparable, ETA fait sauter une caserne de la Guardia Civil, à Saragosse fin 1987, après le retour à la Démocratie et des enfants sont tués. Cet attentat est-il du terrorisme ou non ? Du point de vue criminologique, ce qui est important c’est la cible : est-elle ou non légitime ? Les basques sont dans une démarche d’indépendance nationale, la cible représente l’occupant espagnol, nous pouvons dire que cet attentat est honteux et scandaleux, mais que la cible est encore légitime. Enfin, le 19 juin 1987 une voiture piégée par ETA explose dans un centre commercial de Barcelone (21 morts, 45 blessés) : la cible est illégitime, rien ne la justifie et on pourra là parler enfin de terrorisme au sens vrai du terme. Nous pourrions faire la même démonstration avec les actions de l’IRA, en Irlande et en Angleterre. Ce qui fait la différence, ce n’est ni l’origine ni l’outil mais la cible. Donc, attention à ne pas trop utiliser un terme galvaudé, car on arrive toujours à être le terroriste de quelqu’un…

 

Pensez-vous que l’expression « loup solitaire » soit beaucoup trop employée ces temps-ci ?

 

Absolument. Dès qu’un problème se pose (Merah, Kelkal, etc.), le loup devient « solitaire » dans les medias et on frise l’absurde lorsqu’on en trouve qui sont « solitaires » à deux, comme les frères Tsarnaïev à l’origine de l’attentat contre le marathon de Boston, en 2013. Un loup solitaire a été expulsé de la meute et vit seul, ce n’est pas un autonome envoyé par sa centrale, tout comme un « envoyé spécial » a été envoyé en reportage par sa rédaction, avec une feuille de route, et n’a pas été licenciée par celle-ci. Par contre, Breivik était un loup solitaire en Norvège en 2011, comme Ted Kaczynski (surnommé Unabomber) dans les années 90 aux Etats-Unis ou Dekhar, le « tireur » de Libération. Mais l’auteur présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, n’est pas un loup solitaire ; il semble faire partie des unités formées à l’extérieur et projetées avec des missions clairement définies. Il y a donc confusion de l’utilisation des mots. En l’espèce ce n’est pas la faute des politiques, mais surtout celle des journalistes de l’information en continu qui sont souvent les principaux propagateurs de tout et n’importe quoi, pour meubler.

 

Quel sens donnez-vous à l’attentat du musée juif de Bruxelles ?

 

Il y a deux catégories de gens qui partent en Syrie (comme avant en Tchétchénie, en Algérie, au Kosovo ou en Bosnie) : ceux qui vont se battre, devenir des soldats, qui reviendront cassés et ne feront en général plus rien une fois revenus de l’enfer ; et il y a ceux qui ne se battent pas sur le terrain, mais qui vont en camp d’entrainement, pour être formés à l’attentat, pour un djihad au retour. Depuis les années 80, des centaines des premiers sont partis et sont revenus, aucun ou presque jusqu’à présent n’a jamais tenté de commettre un attentat. Par contre, ceux qui ont été formés au djihad à l’export sont revenus avec l’idée de faire le djihad. Merah n’avait jamais porté les armes pour faire la guerre, tout comme Kelkhal et Nemmouche. Beaucoup imaginent que les terroristes doivent ressembler à ce qu’on pense, sans prendre en compte la réalité de ce qu’ils sont. Nous avons un problème de classification et d’interprétation. On peut penser que Bruxelles était un objectif symbolique dû à sa nature, sa localisation et son manque de sécurisation.

 

Voulez-vous dire que les services de renseignement et de police ne sont pas à la hauteur de l’enjeu ?

 

Au contraire. Ils sont souvent excellents dans la collecte et le renseignement de terrain. Mais ensuite, souvent l’analyse des éléments recueillis est défaillante et parfois combattue par l’arrogance de certains responsables du siège central. Après une grande catastrophe terroriste, au bout d’un certain nombre de mois, la commission d’enquête dit toujours : premièrement « on savait tout », deuxièmement « on n’y a pas cru », troisièmement « ça ne se reproduira pas »…jusqu’à la commission d’enquête suivante. Pourtant les terroristes ne se cachent pas totalement (ils parlent, ils annoncent, ils proclament) et souvent les bureaucraties publiques font tout ce qu’il faut pour ni les entendre ni les comprendre. Enfin, lorsqu’un fonctionnaire perspicace souligne un indice de menace, il y a toujours un chef pour enterrer le dossier, sous prétexte de ne pas risquer de bousculer l’ordre établi (le savoir descend, il ne remonte pas).

 

Il y a deux ans, vous plaidiez dans nos colonnes pour la revitalisation des RG au sein d’une DGSI. Etes-vous satisfait de ce que vous observez aujourd’hui ?

 

Du point de vue de ce qui a été compris par le ministre de l’Intérieur en 2012 et mis en œuvre depuis, la réponse est plutôt oui. Pour ce qui est de la réalisation, la réponse est plutôt incertaine. Conceptuellement, le ministre de l’Intérieur, le patron de la DGSE (Bernard Bajolet) et le directeur général de la sécurité intérieure / DGSI (Patrick Calvar) sont parfaitement conscients et assez proches de l’analyse du sujet. L’idée était de revaloriser les anciens Renseignements Généraux (RG), devenus un sous-service de la Police Nationale, parce que le Renseignement ne peut s’appuyer seulement sur de la technologie, des satellites et des drones, et n’existerait pas sans le renseignement humain. Le retour à l’humain est donc essentiel. Aujourd’hui, la compréhension par les Services de cette problématique est réelle, mais la logique bureaucratique de transmission interne de l’information, de compartimentage et de gestion des priorités est encore fonctionnellement défaillante. Le meilleur exemple est qu’il n’y a toujours pas de retour d’expérience interne de l’affaire Merah et d’explications crédibles, pour comprendre où et pourquoi ce dossier a planté. Il n’y a eu, à ce jour, ni retex politique, ni retex administratif, au vrai sens du terme.

 

Donc l’ambition de départ, il y a 10 ans, a été ratée si je comprends bien…

 

Je suis un ferme soutien de la création de la DCRI[i], mais elle a été polluée par la culture de l’ancienne maison DCRG (police politique) qui ne sait pas dire non au pouvoir politique, ce qui est regrettable. A coté de cela, la DGSE a su prendre ses distances avec le pouvoir politique. Quant à la DGPN[ii], tout devrait y être revu, à commencer par son existence même, au profit d’un secrétariat général de la sécurité intérieure qui soit la maison mère, coordonnant la gendarmerie nationale et la sécurité publique. Une bonne police c’est un territoire, une ou des missions, un ou des objectifs, enfin seulement des effectifs. Nous faisons tout à l’envers, puisque nous gérons d’abord des effectifs et des tableaux de services. Il nous faudrait dire, à l’exemple de l’ancienne SOCA[iii] britannique, que le renseignement criminel, intégrant la problématique terroriste, est le sujet central d’une mission centrale, devant couvrir l’ensemble du champ opérationnel des services de police et de gendarmerie. Revaloriser et développer SIRASCO[iv].

 

En avril 2012, à propos de l’affaire Merah, vous disiez « certaines motivations du criminel font écho dans une partie des populations des quartiers... ». Diriez-vous que le phénomène a empiré ?

 

Il s’est moins enraciné qu’étalé au sein de la population. Il suffit de voir le nombre de jeunes filles séduites par le djihad aujourd’hui, alors même qu’elles vivent dans des familles pas du tout inféodées à l’islam radical.

 

En 2012, vous disiez aussi : « il faut que les gouvernants fassent des politiques publiques qui correspondent à ce que souhaitent les électeurs qui, après tout, ont le dernier mot dans notre pays». Pensez-vous que les gouvernants actuels mènent une politique de sécurité qui correspond à ce que souhaitent les électeurs ?

 

En matière électorale, 2014 vient de fournir quelques indications…Paradoxalement, à de très rares exceptions près, j’ai toujours rencontré en France des ministres de l’Intérieur plutôt lucides et plutôt compétents, et des organisations syndicales policières plus ou moins prêtes au changement, alors même que le ministère de l’Intérieur est celui qui a du subir le plus grand nombre de réformes et de changements depuis les quarante dernières années. Le vrai débat consiste à comparer le ministère de l’Intérieur / ministère de l’aménagement du territoire et le ministère de l’Intérieur / ministère de la police. On constate alors que ce même ministère vit avec deux territoires complètement différents : l’un avec les agglomérations, l’autre avec les circonscriptions de sécurité publique et les brigades de gendarmerie. Le ministère de l’Intérieur n’a pas encore réussi à vivre de façon coordonnée avec ces deux réalités : les préfets vivent une vie, les directeurs départementaux de la sécurité publique et les généraux de gendarmerie en vivent une autre. Pour une fois, ce ne sont pas chez les politiques que l’on trouve des résistances au changement, mais dans le système bureaucratique de l’administration préfectorale qui refuse souvent le changement de vision territoriale.

Il y a encore beaucoup à faire…

 

                                                                            

[i] DCRI : Direction Centrale du Renseignement Intérieur, née en 2008 de la fusion de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG), devenue en mai 2014 la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure)

[ii] DGPN : Direction Générale de la Police Nationale

[iii] SOCA : “Serious Organised Crime Agency” (Government of the United Kingdom) a existé d’avril 2006 à octobre 2013

[iv] SIRASCO : Le Service d'Information de Renseignement et d'Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée dépend de la Direction Centrale de la Police Judiciaire

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