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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 12:55
Un patrouilleur de haute mer dans l’ombre des SNLE

 

27/01/2015 Sources Marine nationale

 

Un dimanche de janvier, 22h. Le Commandant L’Herminier appareille de la base navale de Brest pour escorter un SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) de retour de patrouille. Quatre jours de mer dans des conditions difficiles. Une mission habituelle pour l’équipage. Une mission prioritaire également pour le commandement des opérations de la marine à Brest. La  crédibilité de la force océanique stratégique en dépend.

Cette mission de soutien à la FOST (force océanique stratégique) constitue aujourd’hui le quotidien de l’équipage de l’aviso Commandant L’Herminier. Une mission qu’il réalise depuis novembre dernier, à la suite d’une période d’entretien et d’un stage de remise en condition opérationnelle.

Du 14 avril au 11 octobre 2014, l’aviso Commandant L’Herminier a subi un arrêt technique majeur pour redonner du potentiel à ses installations et déployer le nouveau système de communication RIFAN 2. L’implication forte de l’équipage a permis de terminer cette phase d’entretien avec plusieurs jours d’avance sur le planning industriel.

Dès la fin de la période d’entretien, l’aviso Commandant L’Herminier a repris la mer pour retrouver sa disponibilité opérationnelle. Les créneaux d’entraînement individuel ont été particulièrement intenses : manœuvres AVIA avec le concours des flottilles 33F et 34F, exercices sécurité et de maîtrise des capacités opérationnelles avec le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme, mises en œuvre des procédures de lutte sous la mer ou encore tirs de tous calibres.

 

Un patrouilleur de haute mer dans l’ombre des SNLE

« Assurer la liberté d’action des SNLE »

 

La Marine nationale met en œuvre les moyens nécessaires pour assurer en permanence la protection et la sûreté des SNLE. Pour cela, un certain nombre d’unités, frégates ASM, avisos, chasseurs de mines, avions de patrouilles maritimes, vedettes de gendarmerie maritime, fusiliers marins et compagnies de l’Armée de Terre sont déployées, en mer, en l’air ou en alerte sous court préavis selon la situation des SNLE.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 17:56
Trois ouvrages sur les Forces Aériennes Stratégiques


15/01/2015 Armée de l'air

 

Dans la continuité de la cérémonie du 3 octobre à Istres et du colloque du 20 novembre à l’Ecole Militaire, la commémoration du cinquantenaire des forces aériennes stratégiques, se poursuit au-travers de trois ouvrages très différents, réalisés durant l’année 2014, et publiés récemment :

- « Forces Aériennes Stratégiques : missions au cœur du secret défense » de Robert Galan,

- « Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans de dissuasion nucléaire au service de la paix » de Hervé Beaumont,

- « Les Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans d’alerte nucléaire », d’Alexandre Paringaux.

 

Dans « Forces Aériennes Stratégiques : missions au cœur du secret défense », préfacé par le général de corps aérien Philippe Steininger, actuel commandant des forces aériennes stratégiques (FAS), Robert Galan, ancien pilote des FAS et ancien pilote d’essai, retrace les moments forts d’un demi-siècle d’opérations au service de la paix au-travers de récits et d’anecdotes racontés par ceux qui les ont vécu. Des expéditions des bombardiers Mirage IV et leurs missions aux Champs-Élysées, en Écosse et en Afghanistan aux missions de la force de transport stratégique des ravitailleurs C-135 en, passant par la naissance du plateau d’Albion et la mise en place des premiers missiles, ce livre compile en 218 pages des récits épiques dans lesquels se distingue le sens aigu du courage, du devoir et de la camaraderie qui unit les « aviateurs du nucléaire » aux mécaniciens d’exception en un seul corps : les forces aériennes stratégiques.

 

« Forces Aériennes Stratégiques : missions au cœur du secret défense », de Robert Galan, réalisé en collaboration avec l’Association Nationale des anciens des Forces Aériennes Stratégiques (ANFAS), aux éditions Privat (18 €).

Préfacé par le général d’armée aérienne Denis Mercier, actuel chef d’état-major de l’armée de l’air, « Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans de dissuasion nucléaire au service de la paix », ouvrage encyclopédique de 256 pages, retrace la genèse, l’histoire de la doctrine nucléaire française en lien avec les contextes géopolitiques, la création, la mise en place, le fonctionnement, l’évolution des forces aériennes stratégiques et de leurs missions nucléaires, de reconnaissance stratégique ou conventionnelles. En parallèle, Hervé Beaumont, expert aéronautique avisé et passionné de l’histoire des FAS, aborde très largement le développement, la mise en œuvre des vecteurs et des armes nucléaires françaises aéroportées constituant les systèmes d’arme : Mirage IV A/AN, Boeing C-135F, missiles Sol-Sol Balistiques Stratégiques, Mirage IV P/ASMP, Boeing C-135FR, Mirage 2000 N/ASMP/ ASMP-A et Rafale B F3/ASMP-A. Cette histoire en cours, assurée sans une seconde de discontinuité par le personnel au professionnalisme exceptionnel des forces aériennes stratégiques, est abondamment illustrée par de nombreux documents et par des témoignages inédits. D’ores et déjà un ouvrage de référence.

 

« Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans de dissuasion nucléaire au service de la paix » de Hervé Beaumont, aux éditions Histoire et Collections (55 €)

Troisième tome des ouvrages consacrés par les éditions Zéphyr aux avions et unités de l’Armée de l’Air, « Les Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans d’alerte nucléaire » réunit dans son style caractéristique de nombreuses photographies d’Alexandre Paringaux et des textes du journaliste de Défense Frédéric Lert et du spécialiste des FAS Hervé Beaumont. Préfacé par le général de corps aérien Philippe Steininger, cet ouvrage de 243 pages retrace en images l’exploit technique de la mise en vol de la composante pilotée de la dissuasion nucléaire française, et revient également sur l’extraordinaire aventure humaine que perpétuent depuis un demi-siècle les hommes et les femmes des FAS qui, dans l’ombre, accomplissent une mission opérationnelle incomparable, portant au plus haut le niveau d’excellence de l’armée de l’air.

Cet ouvrage est vendu seul ou en coffret « prestige » contenant, outre un insigne commémoratif en édition limitée, une maquette inédite de Rafale B, réalisée par Dassault Aviation à l’échelle 1/72ème, aux couleurs du « Gascogne » et porteur de l’ASMP-A.

 

« Les Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans d’alerte nucléaire » d’Alexandre Paringaux, aux éditions Zéphyr, (40 € seul, 99 € en coffret prestige avec maquette métallique de Rafale B).

Trois ouvrages de styles différents, complémentaires, destinés à tous ceux qui s’intéressent à une mission qui permet au Président de la République de garantir de manière ininterrompue depuis plus de 50 ans et en toutes circonstances la liberté d’appréciation, de décision et d’action de la France dans le cadre de ses responsabilités internationales.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 08:56
Au cœur d'une mission des forces aériennes stratégiques


5 déc. 2014 Armée de l'Air

 

Jeudi 20 novembre 2014, l’armée de l’air et le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ont organisé un colloque intitulé « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle ».
Lors de ce colloque une vidéo fut projetée illustrant les différentes phases de la mission des Forces aériennes stratégiques (FAS).

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 07:55
France Studies Nuclear Missile Replacement

Replacement Weapon: A Rafale flies with the air-sol moyenne portée-améliorée nuclear missile. The successor to the missile has been dubbed the ASN4G. (French Defense Ministry)

 

Nov. 29, 2014 - By PIERRE TRAN – Defense News

 

PARIS — France has launched studies for an airborne nuclear-tipped missile to replace the current weapon, with the focus on stealth and hypersonic technology on the next-generation atomic arms, Defense Minister Jean-Yves Le Drian said.

 

The Air Force flies the Dassault Mirage 2000N and Rafale F3 fighters armed with the air-sol moyenne portée-améliorée (ASMP-A) nuclear missile, respectively on the Gascogne and La Fayette squadrons. These are the airborne systems in addition to the four ballistic nuclear missile submarines.

 

“The studies for the successor to the ASMP-A missile, dubbed ASN4G, have already begun,” Le Drian told a high-level conference on the French nuclear deterrent on Nov. 20. ASN4G is understood to refer to air-sol nucléaire fourth-generation, an industry executive said.

 

The sensitivity of the deterrent was such that the conference organizer showed an extended video clip of a training mission that obscured an ASMP-A missile carried under the fuselage of a Rafale. A special edition of specialist magazine Air & Cosmos carried a cover picture of a weapon marked ASMP-A under a Rafale. The published pictures are understood to have been adapted by the Air Force to avoid giving too much detail. Air & Cosmos was not available for comment.

 

Copies of the magazine were distributed at the conference.

 

“The daring concepts, for example, based on stealth and hypersonic technologies, at the forefront of technological development, will be explored,” Le Drian said.

 

The projects are key to overcoming the enemy’s interdiction and also for the domestic industrial and technology base, he said.

 

“The choice of the future weapon system, comprising the ASN4G missile and a platform to be decided, is therefore a major issue for the services,” he said. The project is closely tied to the future format of the Air Force, he said.

 

Work began in the summer on the ASMP-A, intended to allow the air-breathing missile to defeat future air defense systems out to 2035, Le Drian said. The work consists of design and development studies for the mid-life upgrade, a source said.

 

Chief of the Air Staff Gen. Denis Mercier previously gave a glimpse of the technology studies on the future airborne weapon, which will call for a choice between stealth or speed.

 

A stealth study and one on hypersonic speed are underway for the successor to the ASMP-A, Mercier told the defense committee of the lower-house National Assembly in April. The hypersonic weapon might be capable of Mach 7 or 8, he said.

 

MBDA is prime contractor on the ASMP-A.

 

Mercier told the parliamentarians he preferred the hypersonic missile.

 

“It’s the second solution that I prefer,” he said. Mastery of the hypersonic is already a given factor, he said. The U.S., Russia, China, India are looking at the hypersonic technology as they consider a modernization of the airborne nuclear element, with experimental work conducted, he said.

 

On the future platform carrying the atomic weapon, a choice had to be made on the architecture and performance of the missile, he said. Two options are under study: a new generation fighter, and a bomber.

 

“The challenge is to select a system able to penetrate defense systems which will be deployed in 20 to 50 years,” he said. The work was also important for the industrial base, he said.

 

Anti-missile defense has made much progress against ballistic and cruise weapons, he said.

 

The work on the stealth or hypersonic missile technology will influence development of the future aircraft. For instance, if a hypersonic missile were capable of flying at Mach 7 and were 20 meters long, the aircraft would need to be a large plane, such an Airbus A400M, rather than a fighter such as the Rafale.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 08:56
Rencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle


24/11/2014  Armée de l'Air

 

Jeudi 20 novembre 2014, l’armée de l’air et le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ont organisé un colloque à l’École militaire intitulé « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle ».

 

Placé sous le haut patronage de monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense cette rencontre constituait le second volet du 50eanniversaire des forces aériennes stratégiques (FAS) qui assurent, de manière ininterrompue depuis 1964, la permanence opérationnelle de la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française. Le colloque ouvert par le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), réunissait autour de trois tables rondes, un panel de spécialistes du nucléaire militaire.

 

La première rencontre orientée sur « les exigences de la dissuasion au quotidien » était animée par le vice-amiral d’escadre Louis-Michel Guillaume, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique et le général Philippe Steininger, commandant les forces aériennes stratégiques (CFAS). La participation du lieutenant-general Stephen Wilson, commandant l’US Air Force Global Strike Command à cet échange, a apporté un éclairage international sur le sujet. Les propos étaient principalement basés sur des éléments du quotidien des hommes et des femmes de la dissuasion nucléaire. De la permanence opérationnelle, en passant par les explications des procédures et des entraînements, les intervenants ont démontré que cet univers ne laisse aucune place à l’improvisation.

 

S’en est suivi un échange sur les retombées de la dissuasion nucléaire. Un second débat ouvert par le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui a rappelé : « Depuis le 8 octobre 1964, date de la première prise d’alerte de dissuasion, en permanence, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, cette mission d’excellence se poursuit à un niveau opérationnel très élevé, permettant à la plus haute autorité de l’État de garantir en toutes circonstances la protection des intérêts vitaux de la France et conférant ainsi à notre pays un réel poids sur la scène internationale ». Animée par de grands spécialistes, cette table ronde a exposé quels étaient « les effets de levier de la dissuasion dans les domaines opérationnel, technique et scientifique ».

 

Ces allocutions ont été suivies d’un troisième éclairage consacré au thème « En quoi la dissuasion française reste-t-elle pertinente au 21ème siècle ? ». Plusieurs professeurs et chercheurs français et américain se sont exprimés à tour de rôle : Bradley H. Roberts, professeur consultant au centre pour la coopération et la sécurité internationale à l’université de Stanford, Philippe Errera, directeur de la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la défense et Bruno Tertrais, maître de recherche à la fondation pour la recherche stratégique.

 

12 MRTT « Phénix » pour la France

 

En guise de conclusion, le ministre de la Défense a souligné la pertinence de l’arme nucléaire et a confirmé les efforts de modernisation apportés à ses composantes aéroportée et embarquée à bord de sous-marin, « la dissuasion nucléaire française me paraît plus que jamais pertinente » a-t-il ajouté. Il a également annoncé l’acquisition de nouveaux aéronefs : « notre volonté de moderniser la composante aéroportée de la dissuasion se concrétise avec un contrat d’acquisition de 12 avions MRTT (multi-rôles de ravitaillement en vol et de transport) ». La livraison du premier appareil, d’ores et déjà baptisé « Phénix » est prévue pour 2018. Les MRTT permettront de remplacer les ravitailleurs Boeing C-135, utilisés depuis les années 1960 par les forces aériennes stratégiques.

 

Retrouvez en ligne les discours du ministre de la Défense et du chef d'état-major des armées.

Rencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècleRencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècleRencontre autour de « 50 ans de dissuasion nucléaire : exigences et pertinence au 21ème siècle
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 12:55
Le ministre de la Défense a annoncé la commande de 12 avions MRTT

 

20/11/2014 Ministère de la Défense

 

A l’occasion du colloque « 50eanniversaire des forces aériennes stratégiques et la dissuasion au 21esiècle » à l’École militaire, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a annoncé  que le contrat pour l'acquisition de 12 avions Multi-rôles de ravitaillement en vol et de transport (MRTT) est prêt à être notifié.

 

 Préparé par  la Direction générale de l’armement (DGA), le contrat vers Airbus Defence and Space couvre également l'acquisition des systèmes de soutien et de formation associés (rechanges, outillages, outils de simulation...) et des premières années de soutien et de formation. Le montant du contrat est d'environ 3 milliards d’euros. Conformément à la Loi de programmation militaire, la livraison du premier appareil est prévue en 2018, celle du second en 2019. Les livraisons se poursuivront ensuite au rythme de 1 à 2 appareils par an.

 « Notre volonté de moderniser la composante aéroportée de la dissuasion se concrétise avec ce contrat pour l’acquisition de 12 avions MRTT. » a indiqué Jean-Yves Le Drian. « Au-delà de cet engagement stratégique du Président de la République réaffirmé dans le Livre blanc et la Loi de programmation militaire, ce sont les capacités de transport à longue distance et d’évacuation sanitaire qui sont assurées sur le long terme ».

 Expliquant les missions futures de ce MRTT (ravitaillement en vol, transport de personnel et de fret, relais de renseignement et évacuation sanitaire de blessés graves en cas de situation de crise, le ministre a précisé : « Le nom qui a été retenu est « Phénix »,Airbus A330 « Phénix ». Ce choix n’est pas anodin. Il vient souligner la volonté d’associer le caractère légendaire de cet oiseau mythique avec un avion qui représente une avancée remarquable à tous les niveaux de performance. Ce sont de beaux et grands défis qui attendent les futurs équipages. »

 Ces avions sont réalisés à partir d’A330-200 assemblés par Airbus à Toulouse. Le projet fait intervenir Thales Avionics pour la conception et la réalisation du système avionique ainsi que Rolls Royce pour la fourniture des moteurs Trent 700. Outre la France et le Royaume Uni, le MRTT compte 4 clients export. C’est d’ores et déjà un succès commercial européen.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 07:55
La France modernise ses capacités de dissuasion nucléaire

Réalisés à partir d'A330-200, les nouveaux ravitailleurs A330 MRTT viendront remplacer des Boeing C-135 à bout de souffle. photo Airbus DS

 

21/11/2014 Par Alain Barluet - LeFigaro.fr

 

Jean-Yves Le Drian a annoncé jeudi la commande de douze avions ravitailleurs pour la composante aéroportée de la dissuasion et confirmé le renouvellement de plusieurs éléments clefs de l'armement nucléaire.

 

Jean-Yves Le Drian a saisi l'occasion d'un colloque à l'Ecole militaire sur «Cinquante ans de dissuasion nucléaire» pour souligner jeudi la «pertinence» de l'arme nucléaire et confirmer les efforts de modernisation qui concerneront ses deux composantes, aéroportée et embarquée à bord de sous-marins.

Le ministre de la Défense a notamment annoncé la commande de douze avions multi-rôles de ravitaillement en vol et de transport (MRTT). D'un montant de 3 milliards d'euros, «le contrat est prêt à être notifié (...) dans les tous premiers jours de décembre», a indiqué M. Le Drian. La livraison du premier appareil, déjà baptisé Phénix a t-il révélé, interviendra en 2018 et celle du second en 2019. Les livraisons se poursuivront ensuite au rythme de 1 à 2 appareils par an.

 

Suite de l’article

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 16:55
L’aéronautique navale prend la permanence opérationnelle


17/11/2014 Marine nationale

 

La base aéronautique de Landivisiau, par l’intermédiaire de sa flottille 12F, prend la permanence opérationnelle à partir du mercredi 18 novembre jusqu’au mardi 2 décembre 2014 pour la façade ouest du territoire. Elle poste pour cela, deux Rafale Marine et un troisième le week-end sur la base aéronautique navale de Lann-Bihoué.

Cette mission est normalement dévolue à l’armée de l’Air et émane directement du ministre de la Défense et du Premier ministre. La Marine nationale, avec ses Rafale, la prend alors à son compte une à deux fois par an ce qui permet le partage du calendrier.
La France étant découpée en plusieurs zones, la «chasse française» intervient pour protéger et sécuriser l’espace dès qu’un aéronef non autorisé est intercepté mais aussi pour porter assistance et secours aux aéronefs en difficulté.

Cette permanence opérationnelle permet la veille 24h/24h de l’espace aérien métropolitain, assure la continuité de la dissuasion nucléaire et intervient très rapidement dans les missions de service public.

La dernière permanence avait été assurée par la  flottille 11F du 20 février au 7 mars 2013.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:57
Euronaval - Le Rafale Marine

 

28/10/2014 Economie et technologie

 

Le RAFALE de la Marine nationale est un atout décisif dans la conduite des opérations. Ses missions : pénétration, attaque au sol et à la mer par tout temps. Défense et supériorité aérienne ; Reconnaissance tactique et stratégique ; Dissuasion nucléaire.

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 11:55
Le CEMA à l’inauguration du Laser Mégajoule

 

 

24/10/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Le 23 octobre 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) a accompagné monsieur Manuel Valls, Premier ministre, à l’inauguration du Laser Mégajoule (LMJ) sur le site du commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) situé sur la commune de Barp près de Bordeaux.

 

Avec la mise en service du LMJ, la France devient le premier pays au monde doté d’un programme de simulation de ce niveau. Cet outil technologique de très haute performance, permet d’assurer la modernisation de la dissuasion, tout en respectant l’engagement de notre pays lié à l’interdiction des essais nucléaires.

 

« La réalisation du Laser Mégajoule est une formidable vitrine technologique pour notre pays et un facteur de puissance industrielle, économique, diplomatique et militaire », a rappelé le Premier ministre. Ce dispositif constitue un élément essentiel dans le domaine de la dissuasion, axe stratégique majeur du Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale. Le CEMA, lors de son audition à l’Assemblée nationale, le 6 mai dernier, avait déjà souligné le niveau d’excellence que nous confère la dissuasion nucléaire, qui « nous positionne au « top niveau » sur la scène internationale ».

 

Ce projet d’envergure est aussi un symbole de la coopération scientifique entre civils et militaires. Au-delà de la seule sphère de la défense, la mise en service du LMJ profite à de nombreux chercheurs civils. Il signe ainsi l’excellence scientifique française. 

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 20:55
Horizon 2025 - Une Marine en mouvement

 

24 Octobre 2014 Dossier réalisé par Stéphane Dugast et L’EV1 Virginie Dumesnil.

 

À la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié en avril 2013, la loi de programmation militaire (LPM) a traduit les orientations de la politique de défense et l’évolution de la Marine pour les six prochaines années. Dans un contexte économique difficile et un environnement géopolitique incertain, la France a affiché la nécessité de moderniser ses équipements afin de maintenir un niveau d'ambition et de responsabilités élevées sur la scène internationale, tout en garantissant sécurité et protection à ses concitoyens. Rafale ASMPA, Caïman, frégates multimissions, missiles de croisières navals…
Le vrai défi pour la Marine consiste bien désormais à « conduire jusqu’à la fin de leur vie les bâtiments des années 80 tout en admettant au servie opérationnel des bateaux dont la technologie, la puissance et simplement la nouveauté sont autant de défis pour les équipages et les services de soutien ».
 

Assurer le continuum d’hier à demain.
 

Entretien avec le contre-amiral Jean-Philippe Chaineau, sous-chef Plans/Programmes (SC PL/PROG) à l’état-major de la Marine. Au titre de cette fonction, il est l’officier général qui propose au chef d’état-major de la Marine, puis conduit à son niveau, la trajectoire de la Marine dans les prochaines années.

 

Amiral, quel est le contrat opérationnel pour la Marine en cet automne 2014 ?

Globalement, le contrat opérationnel de la Marine est d’être capable de remplir des opérations permanentes : connaissance et anticipation, dissuasion, protection, prévention et intervention ; et des opérations non permanentes : opérations de gestion de crise, opérations majeures de coercition. Ce sont naturellement des opérations qui se conduisent en mer, du grand large jusqu’à la côte ou la frange côtière.

La dissuasion, qui à mon sens a un statut particulier tant sa signification politique est forte, repose sur la performance à la mer d’au moins un des quatre sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) et de la composante aéronavale nucléaire capable de conduire la mission à partir du porte-avions.

Les autres opérations, plus souvent plus médiatisées, sont synonymes de porte-avions avec son groupe aérien (uniquement armé par des Rafales avec le retrait du Super Etendard Modernisé (SEM) en 2016 et de Hawkeye), de frégates et en particulier les frégates multimissions (FREMM) remplaçant progressivement les frégate anti-sous-marines (FASM) type F70 qui vont donner à notre pays, grâce à leur future capacité de lancement missiles de croisière navals (MdCN) une nouvelle capacité politique. Ce sont également les bâtiments de projection et de commandement (BPC) pour tout ce qui est action vers la terre, avec en particulier les moyens de l’armée de Terre et la composante amphibie embarquée. Enfin, ce sont les pétroliers-ravitailleurs, les frégates de surveillance, les patrouilleurs de tous types, les bâtiments de servitude ou encore les chasseurs de mines qui sont indispensables aux missions définies par le contrat opérationnel.

Je n’oublie pas, dans la réalisation de ce contrat, le rôle clé joué par les aéronefs de l’aéronautique navale basés à terre ou embarqués. Ils sont parties intégrantes des forces navals et des systèmes d’armes de nos bâtiments.

 

Quels sont vos motifs de satisfaction en tant que sous-chef Plans/Programmes ?

Le motif principal est certainement le fait de voir une série de réflexions menées depuis l’état-major de la Marine (EMM) en passant par l’état-major des armées (EMA) et la Direction générale de l’armement (DGA) se transformer en capacités matérielles et enfin en unités opérationnelles. Un autre qui n’est pas secondaire est de voir les équipages nouveaux - souvent jeunes - s’approprier ces nouvelles unités et commencer à écrire leur histoire.

 

Que signifie l’expression « le renouvellement de la Marine » ?

Le renouvellement de la Marine, ce sont d’abord des unités beaucoup plus modernes, plus complexes, plus automatisées, plus puissantes, certainement plus en prise avec les réalités du quotidien – je pense notamment aux systèmes d’information (SIO), aux systèmes de navigation… - et conduites par des équipages au format plus ramassé. On dispose désormais de technologies pointues qui se traduisent en termes de puissance accrue de détection (radar ou sonar) ou encore de frappes. Jusqu’à présent, on ne les avait qu’effleurées. Le renouvellement de la Marine, ce sont aussi de nouveaux marins qui mettront en œuvre ces nouveaux moyens. Ils travailleront probablement de manière différente de ce que l’on connaît aujourd’hui principalement de fait de l’optimisation des équipages. Je suis persuadé qu’ils y trouveront une certaine autonomie et de vrais champs de responsabilités et ce, du commandant au matelot.

 

Amiral, quels sont les défis majeurs ?

Pour l’année qui vient, la première priorité est la mise en service opérationnel des premières FREMM. L’objectif est que le triptyque FREMM – Caïman – missile de croisière naval soit pleinement opérationnel avant l’été 2015.

Bien entendu, l’armement du SNA Barracuda, actuellement en chantier à Cherbourg, sera l’autre évènement marquant. En parallèle, il faut continuer à travailler sur le modèle, pour déjà préparer la LPM suivante. C’est ce que j’ai abordé précédemment avec la relève des FLOTLOG ou encore avec les études du futur système de guerre des mines. De même, la relève des patrouilleurs, bâtiments souvent synonymes de présence à la mer ou encore de souveraineté, doit être étudiée avec précision. Ce segment naval sera certainement un des fils conducteurs de la prochaine LPM.

Finalement, le plus gros défi est d’assurer le continuum entre une marine qui date des années 1980 (frégates F70, SNA) et une marine de demain, celle des FREMM et Barracuda.

À nouveaux bateaux, nouvelles méthodes, nouveaux équipements et nouveaux équipages. Le vrai sujet est bien de savoir comment faire la transition, c’est-à-dire conduire jusqu’à la fin de leur vie ces bâtiments des années 80 tout en admettant au service opérationnel des bateaux dont la technologie, la puissance et simplement la nouveauté sont autant de défis pour les équipages et les services de soutien. Il faut donc savoir comment on recrute, comment on forme ou comment on transfère des marins des bateaux anciens vers ces bateaux modernes. Dans les faits, on construit la Marine de demain pour des jeunes qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans. Ainsi, passer d’un aviso à une FREMM nécessite pour certains une vraie remise en question personnelle et une volonté de changer de mode de travail. 

SC PL/PROG, c’est qui ?

Comme son titre l’indique, le sous-chef Plans/Programmes (SC PL/PROG) a deux casquettes. Une première « Plans » garantit aux forces de la Marine une vision à moyen et long termes. Sa seconde « Programmes » consiste à assurer le suivi des futurs programmes de la Marine : bâtiments futurs ou en cours d’armement et de suivre en particulier l’admission au service actif ou la mise en service opérationnelle de ces équipements et matériels. Il travaille ainsi au sein de l’état-major de concert avec la Commission permanente des programmes et des essais (CPPE)[1].Il est en lien avec l’amiral chargé des opérations, puisque les unités en court d’armement conduiront demain les opérations de la Marine. Le sous-chef Plans/Programmes travaille également avec le sous-chef Soutien/Finances pour s’assurer de la cohérence des moyens physiques et financiers entre ce qui relève de l’instant présent et du futur. Bien entendu, cet officier général travaille aussi en lien avec la DGA, en particulier avec la direction de la stratégie et son service d'architecture des systèmes de force (SASF) qui prépare les futurs systèmes et architectures capacitaires, ainsi qu’avec la direction des opérations et ses directeurs d’unités de management qui conduisent les programmes.

[1] :      La CPPE intervient au nom du chef d'état-major de la Marine (CEMM) lors de la préparation et du contrôle des essais les plus importants pour vérifier que les bâtiments en armement répondent bien aux exigences du besoin militaire exprimé par la Marine. Ultérieurement, après une période à la mer destinée à éprouver l'endurance des bâtiments, la CPPE propose au CEMM l'admission des bâtiments au service actif.

 

Trajectoire de la Marine 2015/2025

Inventaire - UNE MARINE AU BON FORMAT

 

Rapide panorama des moyens et des matériels d’une Marine en pleine évolution.

 

Central opérations (CO) : centre névralgique d’un bâtiment c’est depuis ce local qu’un écho radar est perçu, identifié et classifié. Les systèmes d’armes sont mis en œuvre afin de tromper ou d’anéantir l’ennemi. Photo de gauche, un CO d’ancienne génération, à droite de nouvelle génération.

4 SNLE de type Le Triomphant équipés du missile M51 formeront l’ossature de la composante de dissuasion océanique. Ils seront tous à terme équipés de cette nouvelle génération de missiles, au fur et à mesure de leurs indisponibilités périodiques d’entretien et de réparations (IPER) respectives.

 

1 porte-avions, le Charles de Gaulle. Son deuxième grand carénage est prévu avant la fin de la période de la loi de programmation militaire (2019). Au-delà de l’entretien majeur de ce bâtiment, il s’agit de traiter les obsolescences et de l’adapter à un groupe aérien « tout Rafale et Hawkeye ».

 

6 sous-marins d’attaque (SNA). La période va voir la transition entre les sous-marins de type Rubis et les nouveaux sous-marins Barracuda. L’arrivée du SNA Suffren, premier sous-marin type Barracuda, donnera à la France des capacités très importantes, comme de tirer le missile de croisière naval (MdCN). Il sera également capable de mettre en œuvre des nageurs de combat avec leur propulseur sous-marin à partir d’un Dry Deck Shelter[1]. D’ici 2020, deux bâtiments de type Suffren vont entrer en service pendant que les deux premiers SNA de type Rubis seront désarmés.

[1]Conteneur fixé sur le pont du sous-marin et communiquant avec ce dernier.

 

15 frégates de types Horizon, FREMM et La Fayette (FLF). Les Horizon resteront les deux bâtiments majeurs de défense antiaérienne, dotés de très grandes capacités militaires. D’ici 2019, 6 FREMM -  bâtiments à hautes capacités anti-sous-marine et aptes au lancement du MdCN - seront mises en service. Les trois premières sont l’Aquitaine, la Normandie et la Provence sur laquelle le premier équipage vient d’embarquer. Le premier semestre de l’année 2015 constituera une charnière importante puisque c’est à cette période que les essais du MdCN à partir de l’une des FREMM seront effectués. Ces bâtiments  remplacent les frégates F70 type Georges Leygues dont les dernières seront retirées du service actif dans les années 2022/2025. Par ailleurs, les FREMM remplaceront, dans une version aux capacités antiaériennes développées, les frégates antiaériennes Jean Bart et Cassard. Les FLF viennent compléter à 15 ce format de frégates prévu par le Livre blanc.

 

3 BPC de type Mistral. Ils recevront à partir de l’année prochaine des capacités accrues d’autodéfense et de veille optronique.

 

L’évolution de la flotte logistique fait l’objet d’une attention particulière. Aujourd’hui, 4 pétroliers-ravitailleurs sont en service, dont un qui sera prochainement retiré du service actif. Demain, le défi consistera à définir puis adopter le format définitif de la FLOTLOG.

Les livraisons des Rafales Marine en version F3 se poursuivent tout comme celles des hélicoptères Caïman et des Panther standard 2. L’Atlantique 2 (ATL2) entre quant à lui en chantier pour également le doter de nouvelles capacités militaires.

3 bâtiments multimissions (B2M). Actuellement en construction, ils remplaceront notamment  les bâtiments de transport léger (BATRAL). Ils seront basés à Fort de France, Papeete et Nouméa.

 

2 patrouilleurs légers guyanais (PLG). Ils remplaceront deux patrouilleurs de 400 tonnes (P400).

8 bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH), dont 2 devraient être livrés en 2017. Ils remplaceront les bâtiments de soutien, d’assistance et de dépollution (BSDAD), les remorqueurs de haute mer (RHM), les bâtiments de soutien de region (BSR) et les remorqueurs ravitailleurs (RR). La cible finale est de 4 bâtiments militaires et de 4 autres armés par un équipage civil.

 

 

DISSUASION

La dissuasion constitue l’assurance de la Nation contre toute menace d’origine étatique, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme, visant les intérêts vitaux de la France. La dissuasion est assurée depuis maintenant plus de 40 ans sans discontinuer par la permanence à la mer d’au moins un SNLE prêt à lancer ses armes. Un tel sous-marin entrainé, protégé lors de ses sorties et ses entrées au port, et assisté en cas de problème médical de l’un de ses membres d’équipage. C’est donc l’ensemble d’un dispositif d’accompagnement et de soutien, composé de frégates, d’avions de patrouille maritime, de chasseurs de mines d’hélicoptères, d’hommes à terre et de gendarmes maritimes qui est mobilisé. Cette dissuasion océanique se complète de la partie plus visible et plus graduée de la composante aéroportée, c’est-à-dire les missiles emportés sous les ailes des avions de l’armée de l’air et de l’aéronautique navale. 

2 patrouilleurs légers guyanais (PLG). Ils remplaceront deux patrouilleurs de 400 tonnes (P400).

› Des études sont en cours sur les bâtiments de guerre de mines en vue du remplacement des chasseurs de mines de type Eridan en service depuis les années 80.

› Le vrai défi de cette loi de programmation militaire (LPM) est de continuer à maintenir des unités anciennes, très importantes en termes de présence à la mer, en préservant au mieux leur potentiel. C’est  la composante « patrouilleurs » tant en métropole qu’outre-mer qui symbolise le mieux ce défi.

 

Nouveautés emblématiques - Demandez le programme
 

Qu’il s’agisse des FREMM et du Caïman pour la Force d’action navale (FAN), du Barracuda et du couple SNLE et missile M51 pour les forces sous-marines, des programmes propulseur sous-marin de 3e génération (PSM3G) et Dry Deck Shelter (DDS) concernant la force des fusiliers-marins et commandos ou de la rénovation des ATL2 et du couple Rafale Marine/missile ASMP-A pour l’aéronautique navale, la Marine s’est progressivement lancée dans le renouvellement de ses moyens et de ses équipements afin de tenir la posture opérationnelle.

 

FREMM / Caïman /MdCN: un trio gagnant

 

Le Caïman, qualifié lutte anti-sous-marine (ASM), va peu à peu remplacer les hélicoptères Lynx à bord des frégates. Radar panoramique à compression d’impulsions et agilité de fréquences, système acoustique à grande immersion et traitement autonome sonar/bouées, torpille MU90, système ESM, liaison tactique interalliées L11 et autoprotection… Ces standards industriels récents confèrent au Caïman des performances de détection, de poursuite, de classification et d’attaque des menaces modernes du milieu maritime qui décuplent les capacités de la FREMM. Son association avec les FREMM et le MdCN en fait un outil très prometteur au sein de la Force d’Action Navale (FAN). En plus d’être un chasseur de sous-marin, le Caïman est également un hélicoptère de combat embarqué de lutte antinavires et de contre-terrorisme maritime. Véritable hélicoptère embarqué multilutte, le Caïman est aussi capable de mener des missions de sauvetage en mer.

 

LES PLUS DU BARRACUDA

Le Barracuda constituera une composante essentielle des forces sous-marines pour les cinquante années à venir. Il prévoit la réalisation de six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). Les SNA actuels, de type Rubis, auront navigué pendant près de 35 ans lorsque leurs successeurs seront progressivement admis au service actif. Par rapport aux SNA actuellement en service, le SNA de type Suffren disposera d’une meilleure invulnérabilité, notamment  grâce à une discrétion acoustique accrue. Pour l’action sous la mer, la capitalisation des savoir-faire acquis lors de la réalisation des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de type Triomphant permet de bénéficier des performances en détection sous-marine et en discrétion acoustique du niveau des meilleurs des sous-marins étrangers. Le SNA de type Suffren emportera la future torpille lourde. Pour l’action au-dessus de la surface, les systèmes de transmission et d’acquisition du renseignement en feront un bâtiment apte à travailler   seul ou de façon parfaitement intégrée dans une force navale. Enfin, pour l’action vers la terre, le sous-marin mettra en œuvre le missile de croisière naval (MdCN) et améliorera les capacités d’opérations spéciales en surface et en plongée.

 

COMMANDOS : DES CAPACITÉS NOUVELLES

 

Parmi les capacités des forces spéciales expertes du milieu maritime, la projection à partir de sous-marins en plongée est l’une des plus complexes à maîtriser. La France, avec la Force Océanique Stratégique (FOST) et les commandos marine, fait partie des rares nations à posséder cette capacité qui assure une discrétion maximale à ce type d’action. Parmi les commandos marine, c’est le commando Hubert qui détient l’expertise de l’action subaquatique. Pour renforcer cette capacité, la Marine conduit deux programmes d’équipement qui sont complémentaires et compatibles avec le programme de sous-marins Barracuda : les programmes propulseur sous-marin de 3ème génération (PSM3G) et Dry Deck shelter (DDS). Le PSM3G est un vecteur de transport pour des nageurs de combat, qui permettra d’accroître la capacité d’emport (en équipement et personnel), d’autonomie et donc de rayon d’action. Le DDS est un compartiment de stockage (l’équivalent d’un hangar de pont) qui se fixe sur un sous-marin et peut accueillir un PSM permettant ainsi d’acheminer ce dernier d’une base de départ en métropole jusqu’au large de la zone d’intervention pour mettre en œuvre des nageurs de combat en toute discrétion. Le DDS comporte un sas connecté à l’intérieur du sous-marin pour l’accès des commandos et un hangar pour le PSM. Le développement et l’acquisition parallèle du PSM3G et du DDS permettra ainsi d’accroître sensiblement la capacité d’intervention de la Marine depuis la mer. 

 

ATL2 : la « Patmar » en action

Constituée d’aéronefs de type Atlantique 2 (ATL2) mis en service au début des années 90, la composante patrouille maritime (PATMAR) de l’aéronautique navale contribue à l’ensemble des missions de la Marine. Conçu pour garantir l’autonomie et la sûreté de la FOST - notamment pour la protection des SNLE dans les phases de début et de fin de patrouille - ou pour protéger une force navale à la mer (groupe aéronaval ou groupe amphibie) contre des menaces sous-marines et de surface, l’ATL2 contribue à la maîtrise du milieu sous-marin et à la connaissance des espaces maritimes. En plus de cela, l’ATL2 assure aussi des opérations de sauvegarde maritime et de sûreté des approches maritimes nationales, de la zone littorale jusqu’au grand large. Sa capacité de projection et son long rayon d’action lui permettent d’opérer seul ou en soutien en tous points de l’arc de crise comme défini par le Livre blanc.

 

LES NOUVEAUX ATOUTS DE l’ATL2

Le contrat de rénovation de l’Atlantique 2 signé en octobre 2013 pour 15 avions visait un objectif : permettre leur emploi opérationnel jusqu'en 2032. Grâce à cette rénovation, l’ATL2 améliore ses capacités de détection. Le radar Iguane voit ses obsolescences traitées et ses capacités de détection radar sur petit mobile (périscopes par exemple) par mer agitée ou forte augmentées. De même, le poste acoustique bénéficie des innovations de la dernière génération de bouées numériques. L’ensemble de ces informations est présenté sur de nouvelles stations de travail, développées par le service industriel de l’aéronautique (SIAé). Le logiciel opérationnel de traitement de l’information de nouvelle génération (Loti NG), réalisé par l’industriel DCNS, fusionne les données reçues par les capteurs de l’avion afin de  faciliter le travail des opérateurs. L’industriel Dassault Aviation est chargé de l’intégration de l’ensemble de ces nouveaux systèmes et des différents essais permettant la qualification par la DGA de ce nouveau système de combat. La complexité de cette opération tient principalement dans la nécessité de mêler le neuf à l’ancien. En effet, la cellule, les moteurs, les sous-systèmes navigation ou armement restent inchangés. À la fin du mois de septembre, la nouvelle architecture système a été figée par les industriels afin d’entamer les travaux sur le premier avion. D’ici à 2019, trois avions seront rénovés, les autres le seront pour 2023.

 

LE RAFALE ASMP-A : REDOUTABLE INNOVATION

Conçu pour être mis en œuvre par les Rafale de l'aéronautique navale (au standard F3) et de l'armée de l'Air, le nouveau missile ASMP-A (air-sol moyenne portée amélioré) peut suivre des trajectoires variées, adaptées à la menace, de manière autonome et discrète, avec des portées et une précision améliorées par rapport à son prédécesseur, le missile ASMP. Le nouveau missile ASMP-A peut être tiré à très basse altitude comme à moyenne altitude. Il est équipé de la nouvelle tête nucléaire aéroportée (TNA). 

 

SNLE / M51 : S’ADAPTER A LA MENACE

Dans le cadre de la modernisation de ses missiles embarqués, la France a doté en 2010 la Force océanique stratégique (FOST) d’un nouveau missile : le M51. En parallèle, le premier SNLE équipé de ce nouveau missile intercontinental à têtes nucléaires, le SNLE Le Terrible a été admis au service actif après son adaptation au M51. Conduit par la Direction Générale de l’Armement (DGA) au profit de la FOST, le programme M51 est indispensable pour s'adapter à la menace. Le M51 permet une amélioration significative de la portée et de la précision, tout en offrant une souplesse de mise en œuvre plus importante. Un même missile M51 a la capacité d'atteindre plusieurs objectifs éloignés Le M51 peut également s'adapter à une évolution de la menace d’interception. Doté pour le moment de têtes nucléaires TN-75, il doit recevoir, à partir de 2015, les nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO), plus furtives et disposant de capacités de pénétration accrues. 

 

DES MARINES EN PLEIN RENOUVELLEMENT

Auteur depuis plus de 20 ans de Flottes de combat, une véritable « bible» recensant, pays par pays, tous les moyens dont disposent les marines mondiales, le capitaine de vaisseau ® Bernard Prézelin est un observateur attentif des marines militaires et de leur renouvellement.

 

« Toutes les marines mondiales ont pris conscience de l’importance grandissante des enjeux maritimes et renouvellent, voire accroissent sensiblement leurs forces navales, notamment la quasi-totalité des marines asiatiques. L’exemple donné par les trois plus importantes, en matière de tonnage, est révélateur à cet égard.

Aux Etats-Unis les programmes concernent les porte-avions nucléaires  (classe Gerald R. Ford), les SNA (classe Virginia), les destroyers lance-missiles (relance du programme Arleigh Burke Flight II A  en attendant les Arleigh Burke Flight III et achèvement du très onéreux projet DDG 1000 limité à 3 unités en raison de son coût exorbitant), les frégates légères avec la poursuite du programme – parfois contesté - des deux modèles de LCS (Freedom et Independence), les grands bâtiments amphibies (porte-hélicoptères classe America et TCD classe San Antonio).

La Russie toutefois peine à mener à bien ses nouveaux programmes : SNLE du type Borey, SNA du type Yasen, sous-marins du type Lada, frégates des types Gorshkov et Steregushchiy, bâtiments de débarquement du type Ivan Gren, ceci expliquant en grande partie la commande des deux BPC Vladivostok et Sebastopol à la France.

Mais c’est assurément la Marine chinoise qui continue à progresser de façon très importante, si ce n’est inquiétante pour les autres marines asiatiques : SNLE du type Jin, SNA du type Shang, sous-marins du type Yuan, destroyers lance-missiles des types Lujang II (052C) et Lujang III (052D), frégates lance-missiles du type Jiangkai II (054A), corvettes lance-missiles du type JIangdao (056), pétroliers-ravitailleurs du type Fuchi et probablement nouveaux porte-avions et porte-hélicoptères en instance de construction. »

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:55
Interview : La modernisation des Forces Aériennes Stratégiques

Les C-135FR vieillissants doivent être remplacer par l'A330 MRTT - photo A.Courtillat/ Armée de l'Air

 

13/10/2014 par Emmanuel Huberdeau – Air & Cosmos

 

L'ingénieur Géneral de l'Armement Alain Guillemette, chargé de mission "Dissuasion" de la direction Générale de l'Armement a répondu à nos questions sur l'avenir des Forces Aériennes Stratégiques.

 

Le contrat MRTT doit être signé en 2014. Comment ces appareils vont-ils faire évoluer la mission des Forces Aériennes Stratégiques (Bénéfices par rapport au C-135F)?

 

Les ravitailleurs en vol sont un maillon incontournable de l’emploi de la composante nucléaire aéroportée. L’âge avancé de nos C135 fait pesé de très fortes contraintes de MCO pour garantir la disponibilité nécessaire aux missions des Forces aériennes stratégiques. Le MRTT va à la fois augmenter sensiblement la capacité de ravitaillement et donner à l’armée de l’air en dehors des missions au profit de la composante nucléaire aéroportée, une capacité accrue au profit des missions de transports logistiques et sanitaires.

 

Quand sera lancé le programme de rénovation à mi-vie de l'ASMPA ? Qu'attend-on de ce programme en termes d'améliorations ?

 

La rénovation à mi-vie de l’ASMPA intègre essentiellement les travaux « classiques » de remplacement d’équipements pyrotechniques dont la durée de vie est assez sensiblement inférieure à la vie du système d’armes et de traitement d’obsolescences. Après une période d’analyse et d’évaluation des différentes solutions pour répondre au juste besoin, l’opération d’armement « rénovation à mi- vie de l’ASMPA » est à présent au stade de spécification des solutions retenues.

 

Interview complète à retrouver dans le numéro 2424 de Air & Cosmos, disponible en kiosques.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 13:55
Le CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FAS

 

06/10/2014 Sources : Etat-major des armées

 

Le 3 octobre 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a célébré les 50 ans des Forces aériennes stratégiques (FAS) à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulé sur la base aérienne 125 d’Istres. Il était accompagné des chefs d’état-major de l’armée de l’Air et de la Marine.

 

Fonction stratégique essentielle pour la défense de notre pays et de ses intérêts, la dissuasion est assurée sans discontinuité depuis le 8 octobre 1964, date à laquelle un mirage IV et un avion ravitailleur KC 135 ont effectué la première prise d’alerte.

La force de dissuasion nucléaire française a ensuite été complétée par la base aérienne du plateau d’Albion puis par la composante océanique.

 

Aujourd’hui, la permanence de la dissuasion française reste assurée par les hommes et les femmes des forces aériennes stratégiques (FAS) et de la force océanique stratégique (FOST) avec les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins qu’elle met en œuvre.

 

A l’occasion de cet anniversaire, le CEMA a voulu mettre à l’honneur les militaires qui permettent aujourd’hui à la France de disposer de cette capacité essentielle à sa sécurité, dans un monde où les menaces n’ont pas disparu.

 

Il a également voulu rappeler que la dissuasion nucléaire a été et reste aujourd’hui encore une aventure. Une aventure et un défi technologiques qui ont mobilisé la recherche et l’industrie françaises et les poussent, toujours aujourd’hui, vers l’excellence ; une aventure humaine tant la mise en œuvre de ces composantes est complexe et nécessite à la fois un haut niveau de formation et d’exigence, ainsi qu’une forte cohésion.

 

Avant d’aller à la rencontre des nombreux militaires présents à Istres ce 3 octobre, le CEMA a redis toute sa fierté quant à l’action des FAS : « Elle fait honneur à l’armée de l’Air et aux armées françaises, au service du succès des armes de la France. »

Le CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FASLe CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FAS
Le CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FASLe CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FAS
Le CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FASLe CEMA a présidé la cérémonie des 50 ans des FAS
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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 16:54
Naissance des Forces aériennes stratégiques 1964

« S’il faut que la France ait une épée, il faut que ce soit la sienne » - Charles de Gaulle, 1950

 

Source Forces Aériennes Stratégiques

 

14 janvier 1964 : création des Forces Aériennes Stratégiques

 

Quatre années à peine après l’opération Gerboise Bleue, l’explosion de la première bombe atomique française, le 13 février 1960 à 7 heures, à Regganne, dans le désert du Sahara, première démonstration de la maîtrise française de la puissance nucléaire, le décret n°64-46 signé par le président de la République Charles de Gaulle créait, le 14 janvier 1964, le Commandement des Forces Aériennes Stratégiques (CFAS).

Ce court document de huit articles, pris en Conseil des ministres, attribue au président de la République en sa qualité de chef de l’Etat le pouvoir d’engager les forces nucléaires mais également de pouvoir définir les objectifs de ces dernières en sa qualité de président du conseil de défense et de chef des armées. Concrétisation d’un long cheminement entrepris depuis mai 1939 pour doter la France d’une arme atomique, il officialise le vœu présidentiel d’une indépendance nationale au travers de sa force de frappe afin de redonner à la France « le rang qui est le sien ».

« Il nous faut faire comme Tintin, ce personnage célèbre dans le monde entier et qui m’est particulièrement sympathique parce que c’est un petit qui ne se laisse pas faire par les gros … », dit alors l’homme de l’appel du 18 juin à André Malraux.

Pour la plupart des commentateurs, c’est avec ce décret que le rôle prépondérant du président de la République dans la direction de la défense nationale est officiellement reconnu. Le général commandant les Forces Aériennes Stratégiques relève directement du président de la République, chef de l’Etat. C’est de lui qu’il reçoit les ordres de mise en posture et c’est de lui qu’il pourrait recevoir, si les circonstances l’exigeaient, l’ordre d’engagement pour l’ensemble des forces nucléaires. Inversement, c’est directement au Chef de l’Etat que le général commandant les FAS rend compte de l’état et de la disponibilité des forces et c’est également à lui qu’il rendrait compte de l’exécution de l’ordre d’engagement.

Ce décret transfigure l’Armée de l’Air, donnant naissance à une force moderne, voulue indépendante de toute source d’approvisionnement étranger par les instances politiques, libérée du jeu des alliances militaires et mettant en ligne le meilleur matériel de l’époque. Réduisant la chaîne de transmission des ordres au strict minimum, elle assoit sa capacité décisionnelle sur la décision d’emploi d’un seul homme : le président de la République. Grâce à la volonté affirmée de Charles de Gaulle qui leur confie la mise en œuvre exclusive de la première arme nucléaire conçue et expérimentée par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA, qu’il a également créé dès le 18 octobre 1945), les FAS, première composante de la dissuasion nucléaire, deviennent les garantes de la sécurité militaire de la France.

Un binôme indissociable va incarner cette « dissuasion à la française » : le Mirage IVA, appareil d’une haute technologie « made in France », et le Boeing C 135 F ravitailleur, appareil permettant de fournir l’allonge suffisante pour atteindre les objectifs les plus éloignés.

Ainsi dotées, les FAS sont alors prêtes, selon la formule d’Hervé Beaumont, à « redonner un destin à la France … »

 

 

Pour en savoir plus :

 

- Jean-Michel Guhl, dans « Forces Aériennes Stratégiques » d’Alexandre Paringaux, Zéphyr Editions, 1997 ;

- David Cumin, « L’arme nucléaire française devant le droit international et le droit constitutionnel », Université Jean Moulin, Lyon III, 2000-2005 ;

- Hervé Beaumont, « Mirage IV, le bombardier stratégique », Docavia, 2003 ;

- Serge Gadal, « Forces Aériennes Stratégiques », Economica, 2009.

Naissance des Forces aériennes stratégiques 1964
Naissance des Forces aériennes stratégiques 1964
Naissance des Forces aériennes stratégiques 1964
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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 19:55
Dissuasion nucléaire. Le débat est lancé

Pour le chef d'état-major de la marine, la dissuasion nucléaire doit être crédible et pour l'être, la permanence à la mer est indispensable. (photo Marine Nationale - Armée de l'Air)

 

7 juillet 2014 Catherine Magueur - LeTelegramme

 

Quel avenir pour la bombe ? Il n'y a jamais eu de débat contradictoire sur la dissuasion nucléaire, alors que l'arme nucléaire existe en France depuis plus de 50 ans ! La Commission de la défense a auditionné des « pro » et des « anti ». De l'inédit. Le Télégramme a pu se procurer la copie.

 

Les écologistes avaient déposé un amendement exigeant la suppression de la dissuasion nucléaire lors de débats sur la loi de programmation militaire. Il a - sans surprise - été rejeté mais a révélé une demande de débat contradictoire. La présidente de la commission de la Défense, Patricia Adam, a décidé de lancer une série d'auditions qui touchent à tous les aspects de la dissuasion nucléaire. Le résultat ? Un recueil que chacun pourra consulter dès aujourd'hui. Passionnant. Ce que l'on peut entendre : la guerre froide est loin, les citoyens ne voient pas de menaces qui nécessiteraient l'utilisation de la bombe. De plus, la dissuasion - un gros budget - fait des envieux, dans le contexte de rigueur.

 

« Un outil cohérent »

 

Qu'en est-il ? « Nous disposons d'un outil adapté cohérent et optimisé », a déclaré Pierre de Villiers, le chef d'état-major des armées. « La dissuasion nucléaire est aussi pertinente au XXIe siècle, qu'elle l'a été au XXe », assure-t-il. Les deux composantes (aérienne et océanique) sont, selon lui, complémentaires. Abandon de la dissuasion, suppression d'une composante pour faire des économies : le général de Villiers est persuadé que cela ne profiterait pas à l'armement conventionnel.

 

Cinq euros par mois et par Français

 

L'amiral Rogel, chef d'état-major de la marine est clair : la dissuasion est une stratégie politique avant d'être un outil militaire. Une chose est sûre selon lui : la dissuasion doit être crédible. « Si elle ne l'est pas, elle ne dissuade pas », dit l'amiral. Pour bien dissuader, il faut la permanence à la mer, ce qui signifie au moins quatre SNLE. L'amiral Rogel donne un calcul « simpliste mais nécessaire » : « Si l'on ramène le coût annuel de l'agrégat nucléaire, qui est de 3,5 milliards d'euros, au nombre de notre population, le coût de la dissuasion est de cinq euros par mois et par Français. Est ce trop cher pour notre sécurité ? ». De l'inédit encore : la commission a auditionné les aumôniers en chef des armées, un rabbin, un imam, un pasteur, un évêque. Selon eux, cette arme « qui tue sans distinction » doit rester « hors normes ». Un ancien militaire, ancien pilote de chasse et pro-nucléaire pendant la guerre froide, a changé de fusil d'épaule : le général Bernard Norlain se fait le chantre d'un désarmement nucléaire « général - multilatéral, progressif et contrôlé ».

 

Un « obstacle à la paix »

 

Jean-Marie Collin, auteur de « Arrêtez la bombe » s'interroge : « Pourquoi le débat est-il bloqué ? Quelles sont les économies possibles et l'utilité des armes nucléaires ? Qu'en est-il de l'obligation du désarmement et de l'élimination de ces armes ? ». La France qui a signé le TNP, le Traité de non-prolifération, « ne respecte pas, dit-il, ses engagements ». En fait, selon lui, « l'arme nucléaire est un obstacle à la construction d'un véritable monde de paix ». Le recueil des auditions ne présente ni synthèse, ni conclusions. Un seul constat : celui de la présidente, qui dans l'avant-propos souligne que « le monde d'aujourd'hui n'est pas moins dangereux ni moins incertain que celui d'hier » et que « la vocation de notre outil de dissuasion demeure ». Le débat est lancé.

Dissuasion nucléaire. Le débat est lancé

Note RP Defense : débat lancé quand les écologistes étaient encore au gouvernement. L'audition des représentants religieux à l'Assemblée Nationale doit [beaucoup] s'expliquer par l'influence du mouvement anti-nucléaire [protestant- anglo-saxon ?]. Curieusement, la menace est restée la même, loin de l'Est, mais plus proche de l'Europe. Quant au renégat macaronné ....il a sans doute le syndrome qui permet d'oublier les Pershing et les SS-20. Nul doute qu'il en restera quelques un(e)s (dont RP Defense) pour pour démontrer que l'indépendance du M-51 et de l'ASMP vaut mieux que l'asservissement du Trident.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:55
VAE Charles-Edouard de Coriolis, Commandant des forces sous-marines et de la Force océanique stratégique

VAE Charles-Edouard de Coriolis, Commandant des forces sous-marines et de la Force océanique stratégique

 

20 Juin 2014 propos recueillis par Cols Bleus auprès du VAE Charles-Edouard de Coriolis, Commandant des forces sous-marines et de la Force océanique stratégique

 

Faisant suite aux débats de ces dernières semaines sur la dissuasion nucléaire à l’Assemblée nationale, le vice-amiral d’escadre Charles-Edouard de Coriolis revient sur la mission des forces sous-marines et leur féminisation. Il présente le SNA Barracuda et souligne la qualité des équipages.

 

Amiral, quelles sont les missions dévolues aux forces sous-marines françaises ? En quoi participent-elles pleinement aux fonctions stratégiques de notre sécurité et de notre défense ?

 

Les opérations sous-marines couvrent un large spectre d'activités allant des missions de dissuasion aux missions de renseignement et d'intervention. Les SNLE avec leur permanence à la mer représentent une des pierres angulaires de la dissuasion française. Capables d'opérer discrètement et dans la durée, les SNA peuvent, grâce à la multiplicité de leurs capteurs, acquérir une perception détaillée d'un site, sans dévoiler notre présence.

 

Excellent chasseur de sous-marins, le SNA joue un rôle important dans la protection des SNLE. Il concourt directement à leur entraînement en permettant à leurs équipages de faire face à toute forme de menace sous-marine constamment en évolution. Les SNA sont également la vitrine des forces sous-marines et leur activité aussi bien en opération qu'en entraînement témoigne du niveau opérationnel de l'ensemble des forces sous-marines et contribue ainsi à crédibiliser la dissuasion.

 

Les forces sous-marines participent également aux autres fonctions stratégiques: connaissance et anticipation afin d'entretenir notre expertise des théâtres de crises potentielles; prévention grâce aux SNA qui, discrètement et dans la durée, recueillent du renseignement précieux en zone de crise; intervention enfin en soutien du groupe aéronaval ou dans le cadre des opérations spéciales (mise en œuvre discrète de forces spéciales).

 

photo Alain MONOT - Marine nationale

photo Alain MONOT - Marine nationale

 

La dissuasion a été au cœur des débats ces dernières semaines, notamment à l'assemblée nationale et parfois critiquée

 

Les SNLE sont en réalité en opérations extérieures permanentes pour porter une partie de la dissuasion française. En quoi concrètement la FOST conduit-elle une mission permanente d’importance vitale pour notre pays ?

 

Dans le cadre de la protection de nos intérêts vitaux, la mission principale des SNLE est de fournir une capacité de frappe en second délivrant des dommages inacceptables (réplique à une frappe massive sur le territoire français par exemple). Cette capacité est conférée par l'invulnérabilité du sous-marin qui est la somme de sa discrétion et de sa capacité de dilution dans les vastes espaces océaniques. Depuis le début des années 2000, la dissuasion a su s'adapter au contexte géostratégique en ciblant les centres de pouvoir (politique, économique ou militaire) d'un agresseur potentiel et non plus des populations en tant que telles. Elle peut aussi être employée dans le cadre d'un avertissement nucléaire.

 

La Marine va bientôt voir le SNA Barracuda rejoindre les forces. Qu'est-ce que ces nouvelles unités vont apporter de plus?

 

Crédits : Marine Nationale

Crédits : Marine Nationale

 

La série des Barracuda remplacera la série précédente des Rubis après plus de 35 ans de service à la mer. Ces sous-marins bénéficieront des développements déjà réalisés au profit de la chaufferie nucléaire et du système de combat des SNLE type triomphant ce qui leur redonnera du potentiel vis-à-vis des nouvelles générations de SNA russes et chinois par exemple. Bien sûr, ils escorteront toujours le groupe aéronaval.

 

Les nouvelles capacités du Barracuda (opérations spéciales et missile de croisière naval/MdCN) donneront une dimension supplémentaire aux SNA dans le cadre des missions de projection de forces et de puissance. Véritable capacité de frappe en profondeur, le MdCN fait du SNA un outil redoutable de gestion de crise en complément des unités navales et aéronavales. Certains secteurs de tir ne seront en pratique atteignables que par le SNA, apte à se déployer discrètement au plus prêt de la menace. La mise en œuvre du MdCN par un SNA répond à ce besoin de complémentarité des moyens et garantit un effet de surprise sur l'adversaire.

 

SNA ou SNLE, l’efficacité des sous-marins français ne repose pas uniquement sur des outils technologiques performants, mais avant tout sur l’excellence de ses équipages. Comment recrute-t-on dans ce domaine ? Quelles sont les qualités attendues pour faire un bon sous-marinier ? Comment forme-t-on et fidélise-t-on les équipages ?

 

La force de nos sous-marins repose, avant toute chose, sur la qualité de nos équipages qui doivent maitriser une unité particulièrement complexe. Tous volontaires, les sous-mariniers sont sélectionnés puis formés pour parvenir à un niveau de compétence élevé et enfin évalués régulièrement au travers de contrôles, tout d’abord sur simulateurs à terre puis à la mer. Ce cycle de formation/contrôle périodique accompagne le sous-marinier durant toute sa carrière : il est exigeant mais incontournable pour atteindre le niveau d’exigence attendu au sein de nos équipages.

 

Le recrutement se fait au sein d'un vivier d'hommes (et bientôt de femmes) ayant un bagage scolaire suffisamment solide pour répondre aux exigences de la formation et ayant un sens marqué de l'engagement dans la mesure où une carrière sous-marine s'inscrit dans la durée.

 

La fidélisation passe par une valorisation de la personne : adhésion à la mission de dissuasion, formation et promotion internes qui permettent une évolution plus rapide. La formation et l’expérience acquise sont d’ailleurs unanimement reconnues. Enfin prime "sous-marin" et annuités supplémentaires valorisent la condition par des compléments de solde.

 

La féminisation des sous-marins est également un sujet qui a beaucoup fait couler d'encre ces derniers temps. Comment va-t-elle se mettre en place dans votre force ?

 

Fort du retour d'expérience de l'US Navy et dans le prolongement des réflexions conduites par la marine, sur proposition du CEMM, le ministre de la Défense a décidé l'intégration, de deux à trois officiers féminins dans un ou deux équipages de SNLE à partir de 2017. Ces officiers féminins devront être recrutés sur la base du volontariat et suivre des parcours de qualification identiques à ceux de leurs homologues masculins. C'est bien le temps nécessaire à la formation qui donnera le tempo d'embarquement et notamment celui du médecin dont le complément de formation dure 18 mois environ. Un médecin ainsi formé est appelé à servir pendant trois ou quatre ans sur un sous-marin. Appelées à occuper prioritairement les responsabilités de médecin et d'officier de la filière «énergie», cds femmes pourraient occuper également les fonctions d'officier chef du quart (OCDQ).

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 11:55
Lettre d'information du G2S

 

Paris, juin 2014 La Saint-Cyrienne

 

"Finalement, à cette heure, nul ne sait si le budget des armées sera concerné par cette nouvelle vague d'économies imposée à l'Etat, alors que Bercy pèse de tout son poids pour qu'il le soit..."
(extrait du préambule du Général d'armée (2s) Jean-Marie FAUGERE, Président du G2S)
 

Vous trouverez la suite et le dossier relatif au budget de la Défense en lisant la "Lettre d'information du G2S, n°83"

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 21:55
L'entrée de l'Etat dans le capital d'Alstom valide l'offre de GE

 

23 juin 2014 par  Pascal Coutance - electroniques.biz

 

Ce week-end, un accord signé avec le groupe Bouygues permettra à l'Etat français de devenir le principal actionnaire d'Alstom à hauteur de 20% de son capital. Cet accord valide du même coup le rachat de l'activité Energie du groupe français par le géant américain General Electric et permet au gouvernement de "contrôler" cette activité jugée stratégique.

 

Ce weed-end, le groupe Bouygues et l'Etat français ont signé un accord qui permettra à ce dernier de devenir le principal actionnaire d'Alstom qui détiendra 20% de son capital. Par ailleurs, l'accord prévoit que Bouygues cède également à l'Etat son droit de vote au conseil d'administration, et cela sans attendre le rachat d'actions.

 

Grâce à cet accord signé après d'âpres négociations, c'est du même coup le rachat de l'activité Energie d'Alstom par le géant américain General Electric qui s'en trouve validé, le gouvernement français étant finalement favorable à l'offre de GE à condition justement de prendre part au capital du groupe français.

 

L'accord semble avoir les faveurs des quatre acteurs de cette saga politico-industrielle puisque chacun y trouve son compte : Bouygues n'a pas bradé ses actions Alstom malgré l'insistance du gouvernement (l'Etat se donne 20 mois pour procéder à ce rachat d'actions auprès de Bouygues ou sur le marché) ; Alstom voit le projet auquel il a toujours été favorable se concrétiser ; GE met la main sur l'activité Energie d'Alstom sans surenchérir ; l'Etat français garde un certain contrôle sur cette activité jugée sensible en entrant au capital d'Alstom.

 

Par ailleurs, hier, à la télévision, Arnaud Montebourd a assuré que les 27 sites français seront préservés et que 1000 emplois seront créer d'ici à trois ans.

A suivre donc...

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 11:05
BEM Monge : des mesures de modernisation

 

17/06/2014 Sources : Marine nationale

 

Le Bâtiment d’essais et de mesure (BEM) Monge est actuellement en arrêt technique dans le cadre du «Programme de Rénovation et d’Évolution  du MONGE» (PREM). Ce chantier d’une durée totale de sept mois, réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de la Direction générale de l’armement (DGA), a pour double objectif de redonner du potentiel aux installations de mesures existantes mais également de moderniser les plus anciennes.

 

Au cours de ce chantier, une partie des antennes de télémesures, qui servent à collecter des données provenant des objets instrumentés, ont été carénées et modernisées. Le radar «Gascogne» a été débarqué. Ce dernier, déjà en service sur le BEM Henri Poincaré, a été retiré du service après une trentaine d’années de mesures, dont 125 tirs mer-sol balistique stratégique (MSBS), au profit de la dissuasion.

 

Une part importante du travail d’évolution a porté sur la rénovation du Système informatique du dispositif (SID), véritable colonne vertébrale du Dispositif général de mesures (DGM) qui réalise l’interface entre toutes les installations de mesures du DGM.

De gros travaux d’entretien sont réalisés sur les antennes des deux radars de trajectographie «Armor». Il s’agit d’une opération de grande ampleur, effectuée sous la maîtrise d’œuvre de la société Thales, qui mobilise des moyens logistiques et humains conséquents (environ une trentaine de personnes). Tous les sous-ensembles mécaniques sont débarqués et contrôlés en usine, les antennes et leurs supports sont entièrement démontés, sablés, zingués et remis en peinture. Des tentes ont été mises en place sur le quai oblique de la base navale de Brest pour réaliser ces travaux dans des conditions d’hygrométrie et de température nécessaires pour garantir un travail de qualité et assurer le respect de l’environnement. Malgré leur taille (Æ10m), le remontage doit être réalisé avec une précision d’orfèvre pour retrouver leurs caractéristiques d’origine et les performances associées.

 

Le BEM Monge reprendra la mer fin juillet pour vérifier le résultat de ces travaux avant la requalification opérationnelle de l’ensemble du DGM dès la rentrée.

 

Il sera ainsi prêt pour mener à bien ses missions au service de la dissuasion.

BEM Monge : des mesures de modernisation
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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 07:20
Nucléaire: le point sur le monde avec le SIPRI et sur la France avec Ph. Wodka-Gallien

 

16.06.2014 par Philippe Chapleau - Lignes de défense

 

Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) a diffusé ce matin ses données annuelles sur les forces nucléaires (voir le communiqué de presse ici). Les données montrent que, bien que le nombre total d'armes nucléaires dans le monde continue de baisser, aucun des États dotés d'armes nucléaires n'est prêt à abandonner ses arsenaux dans un avenir prévisible. Début 2014, neuf États — États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord — possédaient près de 4 000 armes nucléaires opérationnelles. Si toutes les ogives nucléaires étaient comptabilisées, l’ensemble de ces États posséderaient un total d'environ 16 300 armes nucléaires contre 17 270 début 2013 (le détail des données est à voir ici).

Selon le SIPRI, la France dispose de 300 ogives (un chiffre stable). Ces chiffres me donnent l'occasion de dire un mot du récent ouvrage de Philippe Wodka-Gallien (auteur du Dictionnaire de la dissuasion, paru chez Marines éditions).

 

 

Nucléaire: le point sur le monde avec le SIPRI et sur la France avec Ph. Wodka-Gallien

 

L'essai de Philippe Wodka-Gallien est intitulé Essai nucléaire. la force de frappe française au XXIe siècle: défis, ambitions et stratégie; il a été publié chez Lavauzelle (23,60 €, 220 pages).

Conçu durant la guerre froide, l'arsenal nucléaire français sert-il encore à quelque chose? La force nucléaire remet elle en cause l'équipement des forces conventionnelles ? Qu'en est-il des perspectives de désarmement ? Le petit livre du responsable des relations Presse de Sagem (qui n'imagine pas un seul instant qu'un responsable politique français puisse décider de remettre en cause cet acquis stratégique, politique et militaire) répond à ces interrogations.

Si cet ouvrage est destiné "au citoyen qui cherche à mieux comprendre l'ambition nucléaire militaire française", le ton de l'auteur est souvent celui du plaidoyer en faveur de la dissuasion. Mais l'angle choisi remet bien en perspective les fondements d'une politique de défense fondée sur la dissuasion : politiques, militaires, technologiques, industriels, voire culturels.

Le verdict est clair : la dissuasion à la française (avec un "format de stricte suffisance") se présente comme un réducteur d'incertitudes. Elle projette le concept français de défense loin dans l'avenir, compte-tenu d'un environnement international instable qui renoue avec les logiques de puissance et de course aux armements.

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 11:30
NRS n°9 : Vers une nouvelle posture nucléaire israélienne?

 

13/06/2014  IRSEM

 

La publication d'un article par un think tank israélien (le BESA), proche du Premier ministre israélien, qui recommande expressément qu’Israël sorte de l’ambiguïté pour s’affirmer ouvertement en tant que puissance militaire dotée de l’arme nucléaire, devrait faire date. La publication de cet article survient dans un contexte géopolitique régional très incertain. 

 

Numéro 9 - 2014
Vers une nouvelle posture nucléaire israélienne?
Auteur : Pierre RAZOUX

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 10:18
Démonstration tactique de la patrouille Ramex Delta - video

 

source Armée de l'air française

 

Resserrez le harnais, respirateur sur oxygène pur, branchez la post-combustion, vous pouvez cliquer sur lecture.

 

La patrouille Ramex Delta est composée de Mirage 2000N. En tant qu'ambassadrice, elle présente l'excellence et le savoir-faire tactique de l'armée de l'air. Les équipages qui effectuent la démonstration en vol sont issus des Forces Aériennes Stratégiques (FAS).

 

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 12:56
Dissuasion nucléaire : pourquoi l'essai d'un missile M51 s'est terminé par un échec

On en sait un peu plus sur les raisons de l'échec de l'essai d'un missile M51 le 5 mai 2013 à partir du sous-marin Le Vigilant

 

30/05/2014 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

La direction générale de l'armement pointe des insuffisances graves dans la maîtrise de la qualité des industriels de la filière missile balistique pour expliquer l'échec de l'essai du M51 en mai 2013. Au-delà, les réductions d'effectifs et de budgets pourraient être très préjudiciables à cette filière de très haute technologie.

 

On en sait un peu plus sur les raisons de l'échec de l'essai d'un missile M51 le 5 mai 2013 à partir du sous-marin Le Vigilant. Ce tir avait pour objectif de qualifier le couple formé par le M51 et ce sous-marin nucléaire lanceur d'engin (SNLE). Ce missile a connu "un fonctionnement erratique dès son lancement avant de se mettre en auto-sûreté et de se détruire après une trentaine de secondes de vol", a précisé le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, lors d'une audition à l'Assemblée nationale début mai. Un échec bien évidemment classé secret défense et qui est resté longtemps une affaire lavée dans la famille de la dissuasion française. Laurent Collet-Billon a bien voulu donner quelques explications à cet échec lors cette audition :

"Une commission d'enquête a recherché les causes de cette défaillance. L'intégralité des événements techniques enregistrés a été analysée par les experts les plus chevronnés de la DGA qui avaient à leur disposition la totalité des plans concernés. Nous estimons que la reconstitution opérée est fiable et permet d'apporter des mesures correctives efficaces. Elle a également mis en évidence des lacunes dans les plans qualité des industriels. Nous y remédierons, même si un nouveau dispositif est difficile à mettre en place compte tenu de la faible cadence de production des missiles".

 

Les industriels dans le collimateur

Un échec que la DGA impute clairement aux industriels de la filière en général, et à Airbus Space Systems, en particulier. Cet échec a donc provoqué le départ de quelques responsables du progamme M51 au sein d'Airbus Space Systems, selon nos informations. Seul point de satisfaction dans cette défaillance : "au moins avons-nous pu constater que le dispositif de sauvegarde, sinon le missile, a bien fonctionné", a souligné le Délégué général.

"La réappropriation des capacités d'ingénierie des systèmes complexes est en effet l'une des préoccupations de la DGA", a souligné Laurent Collet-Billon. Après l'échec du sixième tir expérimental du missile M51, la DGA a demandé "aux services concernés d'Airbus Defence & Space des efforts accrus tant en matière d'ingénierie qu'en maîtrise de la qualité et de leurs sous-traitants. Ces faiblesses, que nos propres services « qualité » ont constatées, doivent impérativement être corrigées".

Pour sa part, le nouveau chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a relativisé cet échec en rappelant que "nous avons connu cinq succès et un échec - certes regrettable". Il estime donc que la crédibilité du missile, et donc de notre dissuasion nucléaire, n'est aucunement remise en question".

 

Des mesures correctives

Le patron des activités missiles balistiques au sein d'Airbus Defence and Space (ADS), Alain Charmeau, a rappelé lors d'une audition à l'Assemblée nationale mi-avril, que ADS avait "dégagé les ressources humaines nécessaires pour analyser très rapidement l'origine technique de l'échec du précédent essai, sans conséquences sur notre contribution à la posture de dissuasion ou à l'activité spatiale". Il a également rappelé la mise en service opérationnel du missile M51 et l'embarquement du premier lot de missiles sur le SNLE Le Terrible en 2010 "en respectant précisément les performances, le calendrier et les coûts prévus contractuellement".

Le rôle de la DGA, a-t-il expliqué, est "de vérifier que les maîtres d'œuvre n'imposent pas aux:PME des contrats qui les étrangleraient, notamment financièrement. Nous donnons aux maîtres d'œuvre une visibilité à l'horizon 2030 et au-delà ; nous voulons qu'ils procèdent de la même manière, dans une parfaite transparence, avec les entreprises sous-traitantes". Et de faire un tableau inquiétant de la situation sur la filière industrielle de la dissuasion, qui comprend plus de 450 industriels français, dont 140 fournisseurs directs et 40 maîtres d'œuvre de sous-systèmes, dont 25 % d'entre eux sont des PME ou TPE.:

"S'agissant de la maîtrise de l'ingénierie système, je me rends compte que, DGA exceptée, peu nombreux sont ceux qui maîtrisent la technique du missile balistique ; ce n'est pas sans poser problème. Les enquêteurs chevronnés qui ont analysé les causes de l'échec du tir d'essai de mai 2013 appellent à des efforts, à la fois dans le management et dans l'attention portée aux outils d'ingénierie système. Seule l'ingénierie système - et ses outils informatiques associés - nous permettront de gérer la complexité des interfaces et des évolutions successive des équipements, et d'assurer la démonstration de la sûreté nucléaire. La question intéresse le domaine civil, le fabricant du M51 étant aussi le constructeur des fusées Ariane".

 

Quelles explications à ce défaut de qualité ?

Peut-être faut-il chercher ce défaut de qualité dans la baisse continue du budget de la défense de ces dernières années. Pour tenir compte des perspectives économiques générales de la défense, Airbus Defence & Space a réalisé "des efforts importants pour réduire les coûts tout en améliorant en permanence la qualité de ses travaux", a expliqué Alain Charmeau. Mais avec moins peut-on toujours faire plus ? Pas sûr. "Airbus adapte fortement son outil industriel pour accompagner la baisse des crédits de développement tout en préservant au mieux les compétences clés", a-t-il souligné. Et d'avouer que "le seuil critique du maintien des compétences est aujourd'hui atteint".

Ainsi, "un travail conséquent a été mené avec la DGA au cours des deux dernières années pour permettre d'atteindre dans les prochaines années une baisse des coûts de 30 % pour le MCO (maintien en condition opérationnelle) du système d'arme, une baisse de plus de 20 % étant déjà acquise jusqu'en 2016, a-t-il précisé. Ce travail de réduction des coûts a aussi été réalisé sur les activités de production des missiles".

En outre, le patron d'Airbus Group, Tom Enders, demande quant à lui des réductions de coûts (pour atteindre les fameux 10 % d'EBIT) qui passent sur les trois prochaines années par "15 % de réductions des effectifs" de l'activité lanceurs et missiles balistiques qui intervient après une réduction de plus de la moitié de ses effectifs depuis une dizaine d'années. "Il s'agit d'une conséquence directe de la politique de réduction de coûts que nous menons pour améliorer notre compétitivité, notamment face aux lanceurs américains, ainsi que de la diminution des budgets de défense", a fait remarquer Alain Charmeau.

 

Où en est le programme M51 ?

Le Vigilant a repris ses patrouilles opérationnelles dès l'été 2013. Et selon le PDG de DCNS, Patrick Boissier, la modernisation du Vigilant a été terminée en juillet 2013. "Nous avons achevé en juillet 2013 une opération majeure et complexe pour la modernisation du Vigilant, avec l'adaptation du sous-marin au nouveau missile M51 et la mise en place un nouveau système de gestion de combat. C'est maintenant au tour du Triomphant de connaître la même IPER adaptation",  a-t-il expliqué aux députés de la commission de la défense mi-avril.

Le prochain tir d'essai du M51 devrait intervenir d'ici à la fin de l'année. "Le prochain tir de M51 est prévu dans moins d'un an", a avancé mi-avril Alain Charmeau. Les coûts associés à cet événement ont été financés par un étalement de programme. Et le patron d'Airbus Space Systems, François Auque, avait rappelé lors d'une conférence de presse mi-mai que "le calendrier de lancement du prochain missile est inchangé donc ça veut bien dire que le sujet a été traité". Sous-entendu, les problèmes du M51 ont été corrigés.

Sur le plan opérationnel, "après Le Vigilant qui a repris ses patrouilles opérationnelles à l'été 2013, le SNLE Le Triomphant est en cours d'adaptation à Brest et reprendra ses patrouilles en 2016, au moment de la mise en service opérationnelle du M51.2. Le SNLE Le Téméraire sera adapté au M51 dans la période 2016-2018", a pécisé le chef d'état-major des armées. Ce que confirme Alain Charmeau. "Il est prévu prochainement la livraison du troisième et dernier lot de missiles M51 et la mise en service d'une nouvelle version du M51 (le M51.2) afin de pouvoir équiper le missile des nouvelles têtes nucléaires TNO", a-t-il précisé. 

 

Et après ?

Selon le général de Villers, le missile M51.3, "qui vise à maintenir les capacités de notre composante océanique face aux défenses antimissiles les plus sévères, devra entrer en service au milieu de la prochaine décennie lorsque le M51.1 arrivera en fin de vie". C'est un dossier important pour Airbus Defence and Space. "Le sujet le plus lourd pour l'ensemble de la division, c'est la prise de commandes sur le M51.3, le contrat de développement du M51.3 qui là aussi est sur un calendrier qui est respecté pour le moment", a confirmé François Auque.

Sur la base de ces engagements financiers définis avec la DGA et après une longue phase de conception initiale qui "a permis de mettre en œuvre les approches plus récentes en matière de « design to cost », le développement de version M51.3 va ainsi pouvoir débuter cette année avec toutefois une montée en puissance étalée", a précisé Alain Charmeau. Cette nouvelle version du M51, qui concerne l'étage supérieur du missile et les moyens sols associés a pour but, d'une part, de traiter les obsolescences et, d'autre part, de répondre à l'échéance des dix prochaines années aux évolutions des besoins opérationnels : adaptation du système aux nouvelles charges utiles, précision et souplesse d'emploi en portée et pénétration.

 

Notification du M51.3 imminente

Selon Alain Charmeau, "le M51.3 devrait être notifié rapidement et assurera pour notre bureau d'études des charges réparties sur les dix prochaines années". Un développement comporte schématiquement deux phases, la première concernant la conception initiale par des ingénieurs système travaillant sur la simulation et les spécifications du système et du sous-système. Elle est achevée pour le M51.3. Une seconde phase plus concrète est consacrée à la définition détaillée, le dessin des pièces, les prototypes, les essais, l'intervention des équipementiers. Airus Defence & Space se trouvera dans cette phase "à partir de 2016 pour le M51.3", a-t-il affirmé

À plus long terme, "les travaux concernant le SNLE de troisième génération ont démarré, et des avant-projets sont esquissés par l'industrie, en étroite coordination avec l'EMA, la DGA et le CEA. D'ores et déjà, des choix ont été faits par le président de la République : ce SNLE embarquera à sa mise en service prévue au début des années 2030 le missile M51.3", a expliqué le général de Villiers.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:55
SNLE dans la rade de L'ile Longue – photo  Alain Monot Marine nationale

SNLE dans la rade de L'ile Longue – photo Alain Monot Marine nationale

 

27/05/2014 Jean Guisnel - Défense ouverte / Le Point.fr

 

La technologie permettra bientôt de détecter les réacteurs nucléaires. Quand ? C'est toute la question, cruciale pour l'avenir de la dissuasion.


 

Le prochain débat sur les affaires militaires françaises concernera les forces nucléaires stratégiques. Les discussions sur leur modernisation ont déjà commencé en coulisse. Elles portent notamment sur la poursuite du programme de simulation des essais à l'aide du laser mégajoule et sur la modernisation du missile ASMP-A emporté par les Rafale dans leur mission nucléaire. La construction du premier sous-marin nucléaire lanceurs d'engins (SNLE) de troisième génération est envisagée à partir de 2020, et à la même époque, les actuels missiles M-51 seront rénovés pour emporter un troisième étage plus lourd, permettant une portée plus longue.

Un rapport sénatorial de juillet 2012 expliquait que "les options possibles pour les missiles des années 2050-2060 devraient donc être étudiées avant de figer l'architecture du SNLE de troisième génération (SNLE 3G) vers 2015". En décembre dernier, la loi de programmation militaire précisait que celle-ci serait le cadre "du lancement des travaux d'élaboration du sous-marin nucléaire lanceur d'engins de troisième génération et du lancement du développement de la future version du missile M 51 (M 51.3)". À ce jour, les vulnérabilités les plus connues des sous-marins concernent leur détection acoustique, que l'on "évite en rendant les sous-marins de plus en plus discrets".

 

Vulnérabilité de l'arme "ultime" ?

Or, le délégué général pour l'armement (DGA), l'ingénieur général Laurent Collet-Billon, a fait état le 30 avril, en termes sibyllins, d'une percée technologique qui pourrait changer la donne. Auditionné par la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, il a levé le voile sur un secret jusqu'alors bien gardé : "Les particules émises en nombre ridiculement faible par les réacteurs nucléaires embarqués seront peut-être un jour détectables dans les conditions tactiques." En d'autres termes, quand ils se trouvent dans les abysses, les SNLE ne jouiraient plus de cet avantage crucial de l'invisibilité, donc de l'invulnérabilité qui est leur meilleure protection. Une perspective d'autant plus inquiétante que la technostructure politico-militaire française envisage sérieusement de supprimer la composante aéroportée pour faire reposer la stratégie de dissuasion sur les seuls sous-marins. De la triade stratégique de naguère, qui comptait aussi les missiles du plateau d'Albion, la dissuasion passerait dans cette hypothèse à une composante unique : les sous-marins.

Sauf qu'il y a un problème, que Laurent Collet-Billon n'a pas évoqué par hasard. Il a choisi de lever, pour les députés, un coin du voile qui recouvre la possible détection de particules connues depuis les années 1930, les antineutrinos. Les réactions nucléaires dans un réacteur en produisent des milliards, la particularité de ces antineutrinos étant que rien ne peut les arrêter. Ni l'eau ni la roche, rien. Mais il était jusqu'à présent quasi impossible de les détecter. Or, des progrès récents permettent d'envisager ce repérage des antineutrinos, à tel point que l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) a lancé voilà dix ans des études visant à la mise au point de méthodes de détection à distance de l'activité d'un réacteur nucléaire. Et les travaux progressent vite, y compris en France. On mesure le progrès qu'une telle avancée permettrait, en rendant possible, par exemple, le contrôle d'une activité illicite. Ou des déplacements d'un sous-marin en plongée.

 

Pas de conséquence durant le siècle à venir

Pour étudier ces particules, le Commissariat à l'énergie atomique a lancé en 2009 l'expérience Double Chooz, installée à proximité de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes). Il s'agit d'un programme scientifique qui pèche par les dimensions énormes du détecteur, comparables à celles d'un petit immeuble. Les amateurs liront avec intérêt la thèse du chercheur Antoine Collin sur le sujet. En juillet 2013, une autre expérience de taille beaucoup plus modeste a donné ses premiers résultats. Installé à Saclay, dans la région parisienne, le détecteur Nucifer a été développé par le CEA, le CNRS et le Max Planck Institut für Kernphysik pour évaluer la pertinence d'un détecteur d'antineutrinos de petite taille et bon marché pour une application éventuelle à la non-prolifération. Pour cet expert en la matière que nous avons consulté : "Cet outil est conçu pour prendre les proliférants la main dans le sac." Et les sous-marins nucléaires en plongée ?

La question ne consiste plus aujourd'hui à savoir s'il sera possible de les détecter, mais quand. À la marine nationale, où le sujet est sous le boisseau, on estime que "cette question n'est pas d'actualité et n'aura pas de conséquence opérationnelle durant le siècle à venir". Mais les Français préparant aujourd'hui la force de dissuasion nucléaire qui sera en oeuvre dans une quarantaine d'années, cette interrogation sur la vulnérabilité de l'arme "ultime" de l'arsenal français est on ne peut plus légitime. Sur son site web, le labo APC de l'université Paris-Diderot/CNRS explique : "La détection des antineutrinos par les moyens développés par les physiciens ouvre des perspectives plus vastes. Ainsi, il est possible, en y mettant les moyens, de détecter des sous-marins (nucléaires s'entend) dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres autour de points sensibles. La forme du signal renseigne sur sa vitesse et sa distance."

 

Un détecteur de la taille d'un iceberg

Les réserves et les conditions mises par Laurent Collet-Billon au succès éventuel de tels moyens de détection ne sont pas des formules oratoires. À ce stade, il est encore bien tôt pour envisager - au moins en France - une détection des submersibles. Un bon connaisseur du dossier nous a expliqué que "détecter un sous-marin sera possible un jour si le détecteur se trouve à moins d'un kilomètre du navire. Et il faudra que ce détecteur contienne mille tonnes de matière sensible. Dans l'absolu, c'est possible. Dans l'immédiat, certainement pas !"

À l'état-major de la marine, on confirme n'avoir "aucune inquiétude sur la sécurité des sous-marins nucléaires, y compris ceux de l'avenir. Un détecteur pourrait éventuellement fonctionner avec une installation fixe, mais les réacteurs du sous-marin sont mobiles, beaucoup moins puissants que ceux d'une centrale à terre tout en n'utilisant qu'une petite partie de leur capacité. Nous estimons que le jour où l'on pourra remorquer sur la mer un détecteur de la taille d'un iceberg, il sera temps d'évoquer la question !"

Une chose est sûre : à ce stade, nous n'avons rencontré au cours de notre enquête que de très rares interlocuteurs connaissant et acceptant de discuter de ce sujet. Dans le monde politique, cette question n'a jamais été abordée dans un rapport parlementaire, et aucun membre de l'exécutif n'a jamais évoqué cette question pourtant cruciale pour l'avenir de la dissuasion.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 17:56
CEMA : audition sur la dissuasion à l’Assemblée nationale

 

16/05/2014 Sources : EMA

 

Le mardi 6 mai 2014, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA) a été auditionné à l’Assemblée nationale devant la commission de la défense nationale et des forces armées sur la question de la dissuasion. Cette intervention venait après celles des chefs d’état-major de la marine, l’amiral Bernard Rogel, et de l’armée de l’Air, le général d’armée aérien Denis Mercier.

 

Le CEMA a tout d’abord rappelé ses responsabilités spécifiques en matière de dissuasion.

 

Soulignant l’évolution du contexte stratégique des cinquante dernières années, il a ensuite mis en avant l’aptitude de la France à adapter son outil de dissuasion en respectant toujours le principe de stricte suffisance.

 

Décrivant une capacité développée en pleine autonomie et fondée sur deux composantes, il a par ailleurs souligné que la dissuasion confère à la France un niveau d’excellence qui « nous positionne au « top niveau » sur la scène internationale ». Les savoir-faire militaire et industriel de la France, son niveau de technicité sont de fait internationalement reconnus.

 

Enfin, le général de Villiers a mis en évidence la complémentarité entre forces stratégiques et forces conventionnelles – « l’une ne va pas sans l’autre », en soulignant que les réformes actuellement mises en œuvre dans le cadre de la transformation des armées et du projet CAP 2020 visait à en préserver la modernité et la crédibilité : « la France doit, au XXIe siècle, conserver une dissuasion crédible. Il en va de notre liberté d’action, de notre rang stratégique, dans un monde de plus en plus instable au présent et incertain au futur ».

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